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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 12:37
L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?
Appel aux rochelais à se mobiliser dans le cadre l'enquête publique du PPRT !
 
▶️ ▶️ La Rochelle : où trouve-t-on du nitrate d’ammonium, responsable présumé de l’explosion de Beyrouth, et l'interview de Raymond Bozier[6]
 
Source : le site du Comité Ouest17 du Parti de Gauche | mis à jour le 21/08/2020
Défense de l'environnement, des intérêts des populations, cohabitation entre industries et populations.... PICOTY, HOLCIM, GRATECAP, SEVESO.... LALEU - LA PALLICE, et au delà, LA ROCHELLE même sont au cœur d'un débat qui va franchir une nouvelle étape, avec l'enquête publique dans le cadre du PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques).
La parole est donnée à Raymond BOZIER président de l'association RESPIRE
 
 
- Le Parti de Gauche : quel est votre combat ?
Raymond Bozier : D'avril à septembre à août 2009 l'air de La Pallice déjà passablement encombré de poussières générées par le port et les silos de la SICA, a été empuanti par des odeurs d'hydrocarbures. Malgré une pétition, des lettres recommandées à la préfecture et à la mairie, nous n'arrivions pas à savoir d'où provenait cette pollution et pourquoi.

 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

C'était silence radio du côté des pouvoirs publics et des industriels pétroliers. Notre mobilisation nous a permis de découvrir, avec stupéfaction, que l'industriel Picoty avait obtenu un permis de construire (accordé tacitement par la mairie) 4 cuves supplémentaires là où sont déjà stockés, à parfois moins de 30 mètres des maisons, 450 000m³ d'hydrocarbures [500 000 en 2020). Nous avons alors décidé de créer une association qui s'est intitulée Rassemblement d'Eco-citoyens pour Sensibiliser, Protéger et inciter au Respect de leur Environnement. Nous sommes donc attentifs aux questions environnementales, mais aussi au rôle des citoyens et des citoyennes dans la cité. J'ajoute qu'il nous a fallu saisir la Commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir, plus d'un an après la réponse à notre question : la pollution de l'air d'avril à septembre 2009 avait été provoquée par un défaut sur une cuve de l'entreprise SDLP...

 

 

- Le Parti de Gauche : La Rochelle vivrait-elle sur une bombe sans le savoir ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : Il y a aujourd'hui sur Port Neuf et La Pallice, dans un périmètre plutôt restreint, cinq sites classés Seveso seuil haut : Rhodia, Gratecap, Envirocat/Sisp, Picoty et Sdlp. Ce n'est pas rien. Aujourd'hui l'accent est mis sur les dépôts d'hydrocarbures Picoty/Sdlp, mais nous n'oublions pas, par exemple, que GRATECAP stocke de l'ammonitrate, le produit industriel qui a produit les dégâts que l'on sait à AZF Toulouse, mais aussi tout dernièrement à West au TEXAS. Pour ce qui concerne l'entreprise Gratecap le PPRT a écarté le risque d'explosion, si tel n'avait pas été le cas il aurait fallu exproprier un nombre important de maisons et la Sirène, voire même la crèche implantée boulevard Denfert-Rochereau n'auraient pas pu être implantées. Ne nous reste donc plus qu'à espérer qu'aucune étincelle ne viendra jamais perturber l'activité de Gratecap...

 

Pour ce qui concerne les dépôts pétroliers oui il y a un danger extrême de surpression liée aux cuves stockant de l'essence. Dans le projet de PPRT la préfecture se satisfait d'avoir fait reculer le risque en transférant les essences stockés chez Picoty dans les quatre nouvelles cuves en cours de construction, cuves qui seront dotées d'une double coque. Certes, mais il n'empêche que les essences stockées sur le site SDLP (très proches et faisant partie du même PPRT), elles, ne sont pas protégées par des doubles coques. Si ça saute chez SDLP ce sont les deux dépôts qui seront touchés avec des effets terribles sur l'habitat.

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Dernièrement le maire de La Rochelle, soutien constant des intérêts de l'industriel Picoty (il serait intéressant de savoir pour quelle raison, un maire préfère soutenir un industriel pétrolier plutôt que ses administrés pollués et menacés par ce dernier ?), le maire donc a déclaré dans une interview à Sud-Ouest, sans jamais citer les quartiers de Laleu et de La Pallice, qu'il ne laisserait pas de bombe à retardement à son successeur. Comment peut-il oser dire cela sachant ce qu'il sait de la réalité, les pompiers déclarant eux-mêmes que "...s'il y a une déflagration majeure.... le centre de secours actuel (celui de Mireuil) peut-être impacté et il faut qu'on soit sauvegardé » ?

 

 

- Le Parti de Gauche : Qui est responsable de quoi ?

Raymond Bozier : La loi Bachelot qui a conduit, suite à AZF, à la mise en place des PPRT indique qu'il faut réparer les erreurs du passé. A La Rochelle les erreurs du passé sont particulièrement lourdes. Les industriels pétroliers portent la première responsabilité. Ce sont eux qui en 1974 puis en 1989 sont venus s'installer sous les fenêtres des habitants. Jamais ils n'auraient dû s'approcher si près des maisons. Il y avait d'autres terrains plus à distance de l'habitat. En second lieu l'Etat et les collectivités locales ont été complices des industriels, ce sont eux qui ont donné les autorisations, sans jamais consulter les populations ni s'inquiéter de la proximité des stockages avec l'habitat. Les habitants quant à eux ne sont responsables de rien. Il est scandaleux d'entendre dire ici ou là que les m_bonohabitants n'avaient qu'à pas à faire construire près des cuves. C'est faux, les maisons étaient là bien avant, nous l'avons démontré maintes et maintes fois. D'autre part, les industriels, l'Etat et les collectivités n'ont jamais informé les populations qui ont toujours été mises devant le fait accompli. Et il est probable que sans la pollution d'avril à septembre 2009, nous aurions découvert, comme en 1989, les quatre nouvelles cuves de Picoty seulement après leur sortie de terre.

 

 

- Les autorités sont-elle défaillantes ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : Je viens déjà de répondre à cette question. J'ajoute cependant que nous sommes désolés de constater que la majorité des élus au conseil municipal de La Rochelle a voté sans hésiter en faveur du projet de PPRT présenté par la préfecture. Il est même ahurissant de constater que la majorité des élus du Parti communiste soient devenus d'une certaine manière des soutiens des pétroliers rochelais, c'est sans doute une première dans l'histoire de ce parti... Fort heureusement il y a tout de même eu 11 voix contre : Europe écologie les verts, deux élus communistes, le Modem et le directeur de Léa nature.

 

 

- Le Parti de Gauche : Quelle issue pour en sortir ?

Raymond Bozier : RESPIRE a réussi à arracher à la préfecture une deuxième étude sur le recul des cuves. L'Ineris a été chargée de cette étude. D'après elle, il serait tout à fait possible de supprimer toute zone de délaissement (les gens peuvent partir et alors leur bien est acheté par la collectivité, ou rester, mais alors ils doivent bunkériser leur maison...) en enlevant sept cuves de chez Picoty. Ce serait un progrès. Malheureusement le projet de PPRT ne retient pas cette solution au prétexte que le coût, estimé par l'industriel, serait largement supérieur à celui des mesures foncières. C'est un comble, l'Etat dont le rôle premier est d'assurer la sécurité des citoyens se défausse au prétexte du coût trop élevé de la mise en sécurité des riverains !. Le fric (comprendre le budget de l'Etat et la défense des intérêts de l'industriel qui se réfugie derrière le défaut majeur de la loi Bachelot : à savoir qu'il peut refuser des travaux permettant de réduire le risque dès lors qu'ils ne sont pas, pour lui, économiquement acceptables) prime tout...

 

RESPIRE s'appuie sur la deuxième étude Ineris.

Nous demandons un recul des cuves et l'installation d'une zone tampon du côté de l'industriel Picoty.

C'est possible, puisque ce dernier dispose de terrains (chose qu'on nous a cachée pendant longtemps, le maire de La Rochelle ayant même argumenté un jour qu'on ne trouvait pas des terrains comme ça...) sur le site de La Pallice pour installer ses nouvelles cuves.



 

 

 

 


 

 

 

- Le Parti de Gauche : une enquête publique va avoir lieu : pourquoi ? Quels espoirs pour vous ?

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Raymond Bozier : L'enquête publique fait partie du processus normal d'élaboration du PPRT. Elle se tiendra du 30 septembre au 30 octobre. A la suite de cela le commissaire enquêteur aura un mois pour rendre son rapport et la préfète, ou le préfet, un an pour produire un arrêté instituant le PPRT. Nous appelons les Rochelais et les Rochelaises à se rendre à la mairie de Laleu ou à utiliser internet pour s'exprimer sur ce sujet et faire les remarques qu'ils, ou elles, jugeront utiles. En allant sur le site de RESPIRE, vous trouverez en première page le lien vers l'enquête publique qui vous donnera tous les détails (horaires, lieux, lien vers le site officiel internet....).

 

  • Je profite également de cette tribune pour appeler à la solidarité concrète avec RESPIRE. Nous allons engager des frais d'avocat pour contester l'installation des 4 nouvelles cuves Picoty et très probablement le PPRT une fois qu'il sera arrêté. Les frais d'avocat sont très élevés et nous ne disposons que des seules ressources de nos adhérents. La ville de La Rochelle a systématiquement rejeté nos demandes de subvention...

 

  • Nous avons besoin de vous !
    Soutenez-nous en adhérant ou en versant une participation, si modeste soit-elle
    (modalités en ligne). Nous vous en remercions par avance.

 

Mobilisons-nous pour obtenir le recul des cuves et participons à

l'enquête publique sur le projet de PPRT !

 

 

 

 

 

 
- Vous pouvez participer à l'enquête publique :
- soit directement par internet sur le site de la Préfecture ;

 

 

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- 4 Août 2020, le nitrate d'ammonium fait exploser Beyrouth et ravive l'inquiétude rochelaise

Présenté comme l'origine des explosions dévastatrices à Beyrouth[1], le nitrate d'ammonium est, en France et dans le monde, principalement employé comme engrais «azoté» pour un usage agricole. En France, stocké sur différents sites[2], il est à l'origine de la catastrophe d'AZF[3] de triste mémoire.

 

▶️ Sur La Rochelle/La Palice des entreprises travaillent avec ce produit explosif (voir l'image ci-dessous). Et si, en 2013, l'ouest de La Rochelle était posé sur une bombe…..... cela reste vrai aujourd'hui.

 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

- En France aussi, nous ne sommes pas à l’abri d’un autre AZF ou Lubrizol[4]

Pratiquer l’austérité budgétaire, supprimer les postes d’agents publics tels les postes d’inspecteurs des installations classées est contraire à l’intérêt général. Entre 2009 et 2018, 12 % des effectifs du ministère de la transition écologique ont été supprimés.

 

Par manque de moyens, seulement un tiers des 44 000 sites industriels français les plus dangereux sont contrôlés tous les ans, et le nombre des visites d’inspection a diminué de 36 % en dix ans.

 

 

- L'Etat doit changer de politique

Elle doit en effet, tout à la fois se doter des moyens humains nécessaires au contrôle des installations et, comme le propose la France insoumise[5], s'engager résolument dans une planification de la bifurcation écologique visant à retrouver notre souveraineté agricole et alimentaire ce qui nécessite :

  • de créer des chèques alimentaires pour les 30 % les plus pauvres fléchés vers des produits locaux et écologiques ;
  • de réorienter les aides publiques pour développer l’agriculture écologique et paysanne ;
  • la mise en oeuvre d'une loi foncière pour faciliter l’installation de nouveaux paysans et arrêter l’artificialisation des sols ;
  • d'instaurer des prix planchers pour garantir un revenu agricole décent et des coefficients multiplicateurs limitant les marges de la grande distribution et des intermédiaires...

et donc, ine fine de diminuer, voire supprimer la consommation de nitrate d'ammonium.

 

 

- L'association RESPIRE La Rochelle interpelle le Préfet 

L'ouest de La Rochelle posé sur une bombe ?

Monsieur le Préfet,

L’incendie de Lubrizol à Rouen et tout dernièrement l’explosion dramatique à Beyrouth, nous interpellent. Depuis 2009, date de sa création, notre association n’a cessé de dénoncer la dangerosité que représentent, à La Rochelle, la forte proximité entre l’habitat et les sites Seveso, la primauté de l’intérêt économique (le rapport de la commission d’enquête du Sénat parle de complaisance de L’État vis-à-vis des industriels Seveso), la faible représentation des riverains dans les CSS, etc... (Pour lire la suite et télécharger le document, cliquez ICI).

 

 

 

- [6] L'interview de Raymond Bozier président de l’association RESPIRE La Rochelle qui appréhende une catastrophe comme celle de Beyrouth[7]

 

« Il faut agir maintenant »

 

Le président de l’association Respire (Rassemblement d’écocitoyens pour sensibiliser, protéger et inciter au respect de leur environnement), Raymond Bozier, porte la voix des habitants de la Pallice et de Laleu, jusqu’à Port Neuf, tous voisins de sites Seveso. L’explosion survenue à Beyrouth le 4 août dernier interpelle l’association.

 

 

-  Redoutez-vous une catastrophe comme celle qui a eu lieu au Liban, à La Rochelle  ?

Raymond Bozier : À La Rochelle, il y a deux sites Seveso qui stockent du nitrate d’ammonium, comme c’était le cas dans l’usine qui a explosé à Beyrouth : Borealis, classée en seuil haut, et Poitou-Charentes Engrais, classée en seuil bas. Ces deux entreprises sont mitoyennes. On estime ainsi qu’il y a, au minimum, 6250 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sur quelques centaines de mètres. Nous n’avons aucune idée des quantités exactes. Mais à titre de comparaison, 2700 tonnes de ce produit étaient stockées sur le site qui a explosé au Liban. À la Pallice, le problème est qu’il y a à la fois des activités industrielles et des gens qui vivent juste à côté. Le jour où il y a un accident, c’est clairement mortel.

 

 

-  Mais si on se fie à l’État, ces endroits sont sécurisés….

Raymond Bozier : C’est toujours pareil, si on écoute l’État, il ne se passera jamais rien. À Lubrizol (l’incendie survenu à Rouen), le risque était aussi soit-disant infime. Ici, ils tiennent le même discours. Mais nous, en tant que citoyens, on est dans la réalité et on voit bien qu’un jour, il peut se produire quelque chose de grave. Les multiples incendies qui surviennent, entre autres, peuvent en être l’une des causes. On réclame depuis longtemps d’avoir une vision d’ensemble de tous ces sites et un plan global de prévention.

 

 

-  Vous craignez un effet domino ?

Raymond Bozier : Tout à fait. La trop forte proximité entre les sites Seveso, qui vont de Port Neuf à la Pallice, est à nos yeux un vrai souci. S’il y a une explosion de nitrate d’ammonium sur l’un des deux sites qui en stockent, il est évident que les autres dépôts de liquides inflammables, tels que les dépôts carburants de l’usine Picoty, par exemple, vont être touchés. Tout le quartier peut alors exploser.

 

 

-  Qu’attendez-vous des pouvoirs publics, des industriels, et des collectivités territoriales ?

Raymond Bozier : D’abord, nous reprochons à ces acteurs d’avoir instauré entre eux une certaine connivence. À Respire, nous sommes persuadés qu’un certain nombre d’activités peuvent être délocalisées très rapidement en zones hors urbaines. Ce genre de sites n’a plus rien à faire dans un port à côté d’habitations. C’est le cas pour Borealis et Poitou-Charentes Engrais. Quand on veut, on peut. Il faudrait faire comme avec la pyrotechnie, où les sites qui en stockent sont à l’écart des habitations. Arrêtons d’attendre qu’une catastrophe se produise. Il faut agir maintenant, de manière à ce qu’il y ait le moins de conséquences pour les populations, mais aussi pour les personnes qui travaillent sur les sites. Quant aux autres sites, il faut réfléchir à ne plus accroître leur quantité de stockage, et pourquoi pas, les réduire lorsque cela est possible. Cessons d’implanter des sites ICPE et Seveso sur ce secteur, il est saturé.

 

 

-  Pensez-vous que les choses vont évoluer tel que vous le souhaitez dans les années à venir ?

Raymond Bozier : Non, malheureusement, je ne suis pas du tout optimiste concernant l’avenir. Tous les exemples d’incidents qui surviennent nous prouvent que rien ne change. On espère simplement que, la prochaine fois, ce ne sera pas notre tour. Car, s’il y a une explosion, ce n’est pas uniquement les quartiers de la Pallice ou de Port Neuf qui seront touchés. Mais toute la ville de La Rochelle voire plus loin encore.

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