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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 11:12

Partout les inégalités explosent. Est-ce la fin de la théorie du ruissellement ?

La " théorie du ruissellement ", fable des années 1980, moteur de la politique à Macron

Donner de l'argent aux riches n'a jamais aidé à l'activité. Même le FMI, considéré comme le temple du néolibéralisme, le constate.

 

En effet, une étude d'économistes du FMI présentée le 15 juin met en cause la théorie du « ruissellement », fondement depuis des dizaines d’années du libéralisme économique, et qui veut que l’enrichissement des plus riches profite à la croissance générale et par ruissellement à l’ensemble des couches sociales. A cette occasion, « Marianne » revient sur quelques théories économiques vendues comme implacables par le FMI et qui se sont révélées de parfaites supercheries, reconnues par le FMI lui-même. Ainsi, par exemple, de l’austérité basée sur une erreur de calcul…

En économie, la " théorie du ruissellement " n'existe pas !

 

Car aucun économiste n’a jamais développé l’idée selon laquelle il serait bon pour l’économie d’augmenter la richesse des plus fortunés (sous forme de baisse d’impôts par exemple). Et il est très étonnant de voir les lieutenants d’Emmanuel Macron tel Bruno Le Maire sur BFMTV, depuis leur forteresse de Bercy, justifier la quasi-suppression de l’ISF en recourant à ce type de logique.

<< Nous disons : 'l'économie française a besoin de capital', eh bien, on taxe moins le capital. Nous disons 'l'économie française doit investir', nous lui donnons les moyens d'investir. >>

 

Même si le mot " ruissellement " n’est pas prononcé, c’est bien l’idée. On allège la fiscalité des riches, ils investiront, et cela développera l’emploi et au final le bien-être de tous les Français.

 

Cette idée, qu’il serait plus " efficace " pour l’intérêt général d’alléger les charges fiscales des plus riches, était à la mode au début des années 1980, à l’époque du triomphe de Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Le mot de " ruissellement " (traduction de " trickle down ") est apparu dans le débat public lorsque, fin 1981, le jeune (et critique) directeur du Budget de Reagan, dans une célèbre interview à " The Atlantic ", avait expliqué que la politique du président était en fait le retour de "la vieille doctrine républicaine" :

<< Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets " ruisseler " à travers l'économie pour atteindre tout le monde.>>

 

La "théorie du ruissellement". (Mehdi Benyezzar/''l'Obs'')

La "théorie du ruissellement". (Mehdi Benyezzar/''l'Obs'')

Le mot est devenu péjoratif. Plus personne ne s’en réclame aujourd’hui officiellement, y compris ceux qui – de plus en plus rares à mesure que croissent les inégalités de patrimoine – prônent un allègement de la fiscalité sur le patrimoine et les revenus du patrimoine. Mais l'idée n'a jamais disparu. En 2015, le FMI a voulu en avoir le cœur net. Des économistes du fonds (considéré comme le temple du néolibéralisme) ont étudié de près les effets sur la croissance de changements de revenus, selon leur niveau. Résultat, ils ont tordu le cou à la prétendue " théorie du ruissellement " :

<< Nous constatons que l'augmentation de la part du revenu des pauvres et de la classe moyenne augmente la croissance, tandis qu'une augmentation de la part du revenu des 20% supérieurs entraîne une croissance plus faible – c'est-à-dire que lorsque les riches s'enrichissent, les avantages ne se répercutent pas sur le revenu. >>

 

Dans la zone euro, force est de constater qu'il existe beaucoup d’épargne et pas assez d’investissement. Jamais l’écart n’a été si grand entre l'une et l'autre. L’excédent du compte courant de la zone a atteint 360 milliards d'euros en 2016, soit plus de 3% du PIB ! Le sous-investissement ne vient donc pas du fait qu’il n’y aurait "pas assez d’argent qui ruisselle". Il est lié à d’autres facteurs : la faiblesse de la demande, le vieillissement de la population, etc. La faiblesse des taux d’intérêts à long terme reflète cet excès d’épargne : si la demande de crédits pour investir est faible et l’offre est forte, le prix d’équilibre de l’argent est bas.

 

De même, les augmentations de capital et les introductions en Bourse sont rares, comparées à d’autres périodes. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif, dit le proverbe. L’épargne file donc à l'étranger ou se déverse sur des marchés d’actifs (actions, immobilier…) dont les prix grimpent de façon stérile. S’ils en avaient la volonté, les pouvoirs publics pourraient résoudre ce problème de déséquilibre entre l’épargne et l’investissement, par de l'investissement public par exemple. Les projets ne manquent pas : transition énergétique, modernisation numérique... Mais cela passe par une explication franche avec l’Allemagne, qui est pour l'heure la principale productrice d’excédents.

 

La &quot; théorie du ruissellement &quot;, fable des années 1980, moteur de la politique à Macron

- Élysée et Matignon : des sorciers à la manœuvre

Le gouvernement français a un deuxième argument pour justifier la baisse de la fiscalité sur le patrimoine et les revenus de ce dernier : le " choc de confiance ". Aucune étude économique sérieuse ne vient non plus corroborer l’existence d’un tel phénomène, mais bon, pourquoi pas ? L’idée est que la baisse des impôts des gens riches – qui se trouvent être ceux qui tiennent les commandes de l’économie – changera leur attitude : ils auront confiance. Les exilés fiscaux rentreront, les chefs d’entreprises embaucheront, les familles d’actionnaires s’entendront, les gros épargnants prendront des risques… Et l’économie repartira.

 

 

- L'issue passe par le partage des richesses

C'est ce que propose la France insoumise avec son programme L'AVENIR EN COMMUN en son chapitre " PROTÉGER ET PARTAGER " :

<< La France est le pays d'Europe qui compte le plus de millionnaires (plus de deux millions de personnes). Conséquences : la pauvreté gagne du terrain, le chômage se généralise, l'État se disloque, les services publics reculent. Comment sortir de cette spirale ?

L'appauvrissement des classes moyennes et les misères du peuple n'ont rien de fatal. Notre pays n'a jamais été aussi riche. Il est donc temps de se donner les moyens de partager la charge de travail nécessaire.

Protégeons de la finance les salariés et la production en France. Révolutionnons les impôts pour que tout le monde paye, et que chacun le fasse selon ses moyens réels. >>

 

Pour en savoir plus :

- Partout les inégalités explosent. Fin de la théorie du ruissellement ?

- La "théorie du ruissellement", fable des années 1980

- Le ruissellement ne fonctionne pas, vive le ruissellement !

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Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Si on parlait ECONOMIE vidéos Macron
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