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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 11:55
Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]
Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]

Nathalie Sarles, députée LREM, pointe du doigt la dérive autoritaire et la suppression des libertés individuelles qui découlent de ce texte[18]

Jean-Luc Melenchon : " Si je suis élu en 2022, cette loi sera abrogée ![1bis] "

 

Dernière heure ! Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, sur le projet de Loi "sécurité globale" déclare : " Dans le droit pénal français, on ne peut pas poursuivre des gens pour une intention mais pour un acte ou pour un fait ".
Stupéfiant ! Éric Dupond-Moretti explique que le Projet de Loi "sécurité globale" est, en l'état, contraire au droit pénal, mais qu'il n'a pas pu le faire entendre au gouvernement et qu'il espère que le sénat l'amendera
[17].

Entre tyrannie et absurdie, Macron conduit notre pays au chaos. Vivement la fin !

 

Sources : La Sociale | mis à jour le 21/11/2020

- La loi dite « sécurité globale » que le gou­ver­ne­ment est en train de faire voter est révélatrice d’une orientation déjà bien engagée depuis des décennies

On se sou­vien­dra des « lois anticasseurs[1] » de feu Marcelin, de la loi « sécurité liberté[2] » de Peyrefitte, des très nombreuses lois antiterroristes, de l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de l’état d’urgence, etc. Toutes ces lois mettent progressivement en pièces les libertés publiques fon­da­men­ta­les, dans l'indifférence de la classe politique et de la plus grande partie de nos concitoyens. En fait, on étrangle la liberté, lentement, un clic après l’autre, la corde se resserre. La loi présentée au Parlement en cet automne (proposition 3452[3]) ne présente donc pas une grande nouveauté, mais fait de nouveaux pas vers l’ins­tau­ra­tion d’un État policier, c’est-à-dire d’un État où le pouvoir exécutif et sa police peuvent agir sans contre-pouvoir et sans contrôle de quelque ins­ti­tu­tion républicaine que ce soit.

 

 

- Typique de l’état d’esprit de ce genre de loi et des classes dirigeantes et de leur « Parlement » croupion, l’exposé des motifs définit… un champ indéfini de la loi

Il s’agit en effet de répondre à la menace que font peser toutes les formes d'insécurité, « depuis les invincibilités dans les transports jusqu’aux violences graves sur les personnes en passant par les trafics - notamment de stupéfiants - en bas des immeubles, les violences urbaines ou les rixes entre bandes. » Le législateur écarte d’emblée ce fait majeur que la première insécurité » qui touche tous les Français est l'insécurité sociale, la dégradation de la santé publique, les menaces sur les retraites, la précarité de l’emploi et le chômage galopant.... Voilà un premier point qui méri­te­rait à lui seul toute une réflexion.

 

 

- La notion d'insécurité est elle-même peu définie.

L'impolitesse, stricto sensu, est une incivilité, mais on se souvient aussi que le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait qualifié d'invincibilité le meurtre d’un chauffeur de bus par une bande de voyous[4]. Concernant les violences graves sur les personnes le législateur a-t-il en vue les violences exercées contre les manifestants Gilets jaunes, gazés, éborgnés, amputés par des forces de police déchaînées[5], à qui un ministre de l’intérieur, qui connaît bien les méthodes des voyous, avait lâché la bride.

 

Deuxième remarque concernant l’exposé des motifs. On n’y parle pas seulement de l’autorité de l’État ni de l’ordre public. Désormais, selon les normes du jargon à la mode, les « acteurs de la sécurité » sont considérés à l’égal des agents de l’État, ainsi les 165 000 agents privés de sécurité. C’est parfaitement révélateur de la pri­va­ti­sa­tion en cours des fonctions dites « régaliennes ». Et les députés LREM ajoutent : « toutes ces forces échangent et coo­pè­rent entre elles. Or, ce sont leur articulation et les conditions de leur col­la­bo­ra­tion qui font une partie importante de la qualité de la coproduction de sécurité dans notre pays et donc, de la sécurité de toutes et tous.[6] »

 

 

- La sécurité est donc bien une sorte de PPP (partenariat public/privé) d’un nouveau genre.

Demain ce sera le tour de la justice - ici le « cheval de Troie » est l’informatique, puisque l’on teste des programmes d’aide à la décision (IA)[7]. Dans la défense, les choses sont déjà bien engagées, même si officiellement des opérations de guerre ne sont pas encore sous-traitées à des agences privées. Le cadre « sécurité globale » permet donc maintenant de déléguer des tâches de maintien de l’ordre à des sociétés privées de sécurité qui doivent être « articulées » aux forces de l’ordre étatiques et municipales.

 

De là découle l’objectif de la loi : « savoir être inventif et innovant afin de renforcer le continuum de sécurité, tout en respectant pleinement les identités et les missions de chacun des acteurs qui y contribuent. » Là encore le vocabulaire, propre à l’époque, est entièrement issu du monde de LREM, c’est-à-dire le monde du marketing - car la victoire de LREM a été le triomphe des commerciaux sur les énarques et, plus anciennement, les ingénieurs de la Ve république encore jeune. Mais le mot important est « continuum[8] ».

 

Ceux qui attendaient que soient réglés les graves problèmes posés par l’usage incontrôlé d’armes létales contre les manifestants ou par les abus de pouvoir de la police en seront pour leurs frais : ce qui est visé est « une sécurité plus efficace, en traitant également la question du recours à de nouveaux moyens tech­no­lo­gi­ques pour les forces ». Efficacité et technologie, là encore les mots clés sont clairs et foin des considérations de droit et de liberté. Le maintien de l’ordre n’est pas au service de la liberté, mais il devient une fin en soi, ce qui est carac­té­ris­ti­que de l’État policier.

 

D’ailleurs dans ce texte, la liberté et les libertés sont à peine évoquées sinon sous l’angle (on y revient) des restrictions à apporter à la liberté de la presse[9]. Ou encore, concernant la possibilité de filmer par drones les manifestations, le texte « prévoit d’autoriser les services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale et les forces de sécurité civile à filmer par voie aérienne pour des finalités précises, ce en fixant les garanties qui assurent le respect des libertés publiques. » Il s’agit bien de limiter « pour des finalités précises », les libertés publiques. Et tout est à avenant.

 

 

- Le premier titre commence par un élargissement des pouvoirs des polices municipales.

Pour l’instant, il ne s’agit que d’une expérimentation qui n’a donc pas valeur pour l’ensemble du territoire et ne concerne que les communes employant plus de vingt agents dans leur police municipale. Là encore, c’est un mouvementent en cours depuis longtemps, l’armement des polices municipales a été un tournant[10]. Cela s’inscrit dans le désengagement de l’État central et de la mise en place d’un véritable plan « police partout ». Jadis, les élégantes « auber­gi­nes » venaient coller des papillons sur les pare-brise des voitures mal garées. Désormais des patrouilles patibulaires, à qui ne manque que le casque intégral pour avoir l’air de tortues ninjas, font régner l’ordre sur la voie publique. On étend leur champ d’inter­ven­tion à toutes sortes de délits réels ou supposés, notamment ceux concernant le trafic de drogue. Pour la répression du trafic de drogue, il est possible que ce ne soit pas très efficace et contribue à semer la pagaille, mais l’effet « police partout » est la seule chose vraiment recherchée.

 

Concernant les sociétés privées de sécurité, les pouvoirs de leur agents sont étendus. Ainsi sous certaines conditions, ils peuvent retenir (c’est-à-dire arrêter) une personne suspecte d’un délit. Si de nouvelles dis­po­si­tions réglementaires encadrent les activités de ces sociétés, c’est seulement pour prendre en compte l’extension de leurs pouvoirs et de leurs domaines de compétence.

 

Eric Coquerel, député France insoumise " Je m'oppose à la privatisation de la sécurité publique, via le renforcement des compétences de la sécurité privée et de son utilisation de la sous-traitance.... "

 

- Le titre III du projet de loi porte sur la vidéosurveillance et la captation d’images.

On peut résumer d’un mot ce que propose celui qu’on appelle encore « le législateur » : « en avant vers le modèle chinois ! » On commence par étendre à des « agents individuellement désignés et dûment habitabilités » la possibilité d’exercer des missions de surveillance réservées jadis aux forces publiques.

  • La légalisation de dispositifs de vidéosurveillance aujourd’hui plus ou moins légaux est actée ainsi que la possibilité de la surveillance par drones. Là encore, tout était anticipé dans la pratique : la surveillance des plages par drones a été mise en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. La loi « sécurité globale » vient ainsi pour entériner extension indéfinie de la surveillance policière déjà mise en œuvre sous couvert d’état d’urgence, de lutte contre le terrorisme, etc. Un article d’une tartuferie singulière d’ailleurs nous prévient : « Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de cap­ta­tion d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’inter­di­sent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis. » (art. L242-3[11]).

 

  • Vient ensuite le très controversé article 24[12] qui modifier article 35 de la loi 1881 sur la liberté de la presse[13] : « Est puni d’un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. » Autrement dit, filmer et diffuser des images de policiers en train de tabasser des manifestants peut coûter un an de prison[13bis] ! Poutine et Xi Jinping ont fait des émules.

On nous objectera que c’est seulement si on filme un policier « dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique », mais la formulation est si vague qu’elle per­met­tra s’envoyer tout audacieux sous les verrous pour un an.

 

  • Une autre modification n’est pas moins inquiétante : « II. - L’arti­cle 35 quin­quies de la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la com­mu­ni­ca­tion, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des pro­cé­du­res qu’elles diligentent, d’images et éléments d’iden­ti­fi­ca­tion d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale. » Autrement dit : les journalistes devront communiquer les images qui pourraient être diffusées et la police est investie d’un droit de censure ces images.

 

  • L’arti­cle 25 dont on a beaucoup moins parlé est tout aussi inquiétant[14]. Il modifie ainsi le code de la sécurité intérieure : « “Art. L. 315 - 3. - Le fait qu’un fonctionnaire de la police nationale ou un militaire de la gendarmerie nationale porte son arme hors service, dans des conditions définies par arrêté du ministre de l’Intérieur, ne peut lui être opposé lors de l’accès à un établissement recevant du public. » ” On a bien lu : “ hors service ”. Un policier n’est plus un citoyen ordinaire qui accomplit un office public. En tant qu’homme privé (ce qu’il est « hors ser­vice »), il possède un droit exorbitante du droit commun. Tout cela confirme bien notre diagnostic : marche forcée vers l’État policier.

 

Les dispositions par­ti­cu­liè­res concernant la SNCF et la RATP et per­met­tant d’assu­rer la surveillance des ces réseaux sont étendues à la route, c’est-à-dire d’abord aux sociétés privées exploitant les autoroutes en attendant la pri­va­ti­sa­tion des routes nationales qui est maintenant possible légalement et techniquement[15].

 

L’arti­cle 30 nous indi­que que l’achat de pétards du 14 juillet sera soumis à un examen de compétence (c’est inclus dans le code l’envi­ron­ne­ment). Et enfin le coût de cette loi sera financé par une hausse des taxes sur tabac et les alcools…

 

D’autres points méritaient d’être analysés....

 

 

- La défenseure des droits, nommé par Macron, en la personne de Claire Hédon, s’exprime sans ambages dans un communiqué en date du 5 novembre[16]

La Défenseure des droits, Claire Hédon, considère en effet que cette proposition de loi « sou­lève des ris­ques consi­dé­ra­bles d’atteinte à plu­sieurs droits fon­da­men­taux, notam­ment au droit à la vie privée et à la liberté d’infor­ma­tion. »

  • Elle est par­ti­cu­liè­re­ment préoccupée par les restrictions envisagées concernant la diffusion d’images des agents des forces de sécurité dans l’exercice de leur fonction.
  • Elle demande à ce que ne soient, à l’occa­sion de ce texte, entravés ni la liberté de la presse ni le droit à l’infor­ma­tion.
  • Elle tient en effet à rappeler l’impor­tance du caractère public de l’action des forces de sécurité et consi­dère que l’infor­ma­tion du public et la publication d’images relatives aux interventions de police sont légitimes et nécessaires au fonctionnement démo­cra­ti­que, comme à l’exer­cice de ses propres missions de contrôle du com­por­te­ment des forces de sécurité.

 

Dans son avis, la Défenseure des droits souligne également les points suivants comme étant susceptibles de porter atteinte à des droits fondamentaux : 

  • La possibilité pour les policiers municipaux et les agents de la ville de Paris de consulter les images des caméras de vidéo protection — habilitation jusque-là strictement encadrée — porterait une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée. Ces images étant de nature à permettre l’identification des personnes, cette disposition serait contraire à nos engagements européens comme à nos obligations constitutionnelles ;
  • L’exploitation en temps réel des images des caméras-piéton des policiers, sans objectif explicite dans le texte, est susceptible de porter une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée.
  • Enfin, le recours aux drones comme outil de surveillance ne présente pas les garanties suffisantes pour préserver la vie privée. En effet, les drones permettent une surveillance très étendue et particulièrement intrusive, contribuant à la collecte massive et indistincte de données à caractère personnel. 

" La Défenseure des droits suivra avec la plus grande vigilance la suite des discussions parlementaires.”

 

Ine fine, comme le dit la chro­ni­queuse Anne-Sophie Chazaud, ce serait une faute cri­mi­nelle de lais­ser à l’extrême gauche mono­pole de la lutte contre cette loi.

 

Notes :

[1La première Loi Anti casseur

[1bis] Jean-Luc Melenchon en 2022 : " Si je suis élu en 2022, cette loi sera abrogée ! "

[2] JUIN 1980 : LA DÉFENSE DES LIBERTÉS

[3] Proposition de loi nº 3452 relative à la sécurité globale

[4] Jean-Baptiste Djebbari, avait qua­li­fié d’inci­vi­lité le meur­tre d’un chauf­feur de bus

[5] Gilets jaunes : près de 400 enquêtes visent les forces de l’ordre

[6] RAPPORT DE LA MISSION PARLEMENTAIRE

[7] Genetec lance Citigraf : un nouveau système d’aide à la décision pour la sécurité publique

[8] Définitions : continuum

[9] L’article 24 « risque d’entraîner sur le terrain des comportements attentatoires à la liberté de la presse »

[10] « Pourquoi il ne faut pas armer les policiers municipaux » par Madjid Messaoudene

[11] TITRE III VIDÉOPROTECTION ET CAPTATION D’IMAGES

[12] arti­cle 24 qui modi­fier l’arti­cle 35 de la loi 1881 sur la liberté de la presse

[13] Article 35 de la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse

[13bis] Mme Schiappa confirme que tout journaliste qui diffusera l'image d'un policier en train de commettre une violence policière pourra être renvoyé devant un Tribunal. Journalistes et directeurs de chaines, préparez vous au menottage, GAV 48H puis dépôt.

[14] L’arti­cle 25 dont on a beaucoup moins parlé est tout aussi inquiétant

[15] Un décret publié au Journal officiel en août permet aux sociétés concessionnaires d'autoroutes de privatiser des sections de routes nationales

[16] PROPOSITION DE LOI « SÉCURITÉ GLOBALE » : L’ALERTE DE LA DÉFENSEURE DES DROITS

|17] Éric Dupond-Moretti : " Dans le droit pénal français, on ne peut pas poursuivre des gens pour une intention mais pour un acte ou pour un fait "

[18] Sécurité globale : une députée macroniste s’inquiète d’une dérive « vers un État autoritaire »

 

Pour en savoir plus :

- La loi de 1881 détricotée, la démocratie mutilée

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 13:34
Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne
Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne
Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne
Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne

Jean-Luc Mélenchon : « La construction d’un peuple révolutionnaire n’est pas un dîner de gala[1] »

 

Que dire de l'entrée en campagne de Jean-Luc Mélenchon ? Elle a été beaucoup commentée pour sa forme, sa nouvelle plateforme, son nouveau look, etc. Mais ce serait mal connaitre Mélenchon que de ne voir que de la com'. L'homme s'appuie depuis des années sur ce qu'il a théorisé pour construire sa stratégie électorale. Il s'agit ici d'une nouvelle étape de sa stratégie de révolution citoyenne.


Sources : LE BLOG DE ANTOINE SALLESPAPOU | mis à jour le 18/11/2020

-Jean-Luc Mélenchon est entré en campagne.
Le 8 novembre, il s’est fixé comme condition le fait d’atteindre 150 000 signatures sur la plateforme noussommespour.fr. Cet objectif a été atteint quatre jours plus tard, le 12 novembre. Le Président du groupe parlementaire La France Insoumise lui-même s’est déclaré surpris de la vitesse de cette collecte. Pour donner un élément de comparaison : ce qu’il avait atteint en 9 mois en 2016, il le réalise en 4 jours en 2020. Ce qui ne signifie pas que la campagne de récolte des signatures est terminée. Elle se poursuit, a affirmé le candidat. Il a d’ailleurs proposé une nouvelle étape baptisée « deuxième couche » visant les 300 000 signatures

 

 

-La séquence de l’entrée dans l’eau semble donc plutôt réussie.
Le leader insoumis a été jugé très bon lors de ses deux performances télévisées, sur TF1 le dimanche 8 novembre puis sur BFMTV le 12 novembre. La semaine a été ponctuée par deux sondages[3] montrant sa dynamique dans les catégories clés pour lui (jeunes, ouvriers, électeurs de gauche) et sa prééminence parmi les sympathisants de gauche[2]. La communication autour de « Nous sommes pour » a été appréciée et saluée.

 

Mais les campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon sont davantage que des opérations de communication et des bon plans médias - même si ces deux aspects sont essentiels dans la bataille. L’homme, en plus d’être un praticien du combat politique en est un théoricien. Ses campagnes reflètent une analyse théorique de la société et de ses dynamiques politiques. Ceci a été décrit très précisément par Alexis Galès dans son livre « Mélenchon, de la gauche au peuple[4] ». Il y raconte les évolutions théoriques et leurs applications pratiques chez Mélenchon entre 2012 et 2017. Il s’agit du passage à une stratégie qui a parfois été appelée « populisme de gauche » et qui est en fait l’application du livre publié en 2015 « l’ère du peuple[5] ». 

 

 

-

« En campagne permanente »
Pour moquer l’annonce de candidature de Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal (le porte-parole du gouvernement) a dit le 8 novembre qu’il était en « campagne permanente[6] ». Cette accusation est risible. Jean-Luc Mélenchon est un militant politique depuis ses 16 ans. Il est en effet engagé dans un combat permanent pour faire progresser des idées que cela soit par le syndicalisme étudiant, en soutenant le programme commun, par l’opposition parlementaire ou en menant une campagne présidentielle. Seul quelqu’un qui conçoit la politique comme une lutte des places peut imaginer qu’il soit insultant d’être dit en campagne permanente. 

 

Mais il faut reconnaître à l’expression une part de vérité particulière dans la période récente qui relie la précédente campagne présidentielle à celle qui débute maintenant. Début 2016, Jean-Luc Mélenchon pose un diagnostic : la France s’apprête à entrer en révolution citoyenne[7]. Cette expression décrit un processus politique de type nouveau, propre à notre époque. Son acteur n’est pas une classe sociale particulière mais le peuple. Si cet ensemble est hétérogène, dispersé, fragmenté dans son état initial, il a comme dénominateur commun une dépendance absolue aux réseaux collectifs pour produire et reproduire son existence matérielle. Ces réseaux sont ceux de l’eau, de l’énergie ou des transports pour les plus évidents. Mais c’est aussi la santé, l’éducation ou le logement. 

 

La possibilité révolutionnaire s’ouvre lorsque les élites ne parviennent plus à satisfaire un accès correct à ces réseaux pour un nombre croissant de personnes. Ces coupures d’accès aux réseaux essentiels se produisent par le prix, la ségrégation géographique, la détérioration des services publics. Cette dégradation est précisément celle qui résulte, en France et dans un grand nombre de pays dans le monde de la crise du néolibéralisme ouverte en 2008 et jamais refermée depuis. Elle explose sous les yeux de tous avec les conséquence de la destruction du réseau hospitalier alors que sévit la crise du covid.  Cette décennie fut donc aussi celle de nombreux mouvements renversant l’ordre politique dans une forme d’un type nouveau : les révolutions citoyennes.

 

 

-

Leur observation permet de discerner quelques traits typiques.
Les organisations politiques ou syndicales traditionnelles sont soit absentes soit largement dépassées. Il s’agit souvent de mobilisations de parties de la population qui ne sont pas habituées des mouvements sociaux. Ces gens développent des formes d’auto-organisation fluides, notamment en utilisant les réseaux sociaux. Ils ne se revendiquent pas d’un camp politique mais d’une forme d’unité du peuple contre une petite oligarchie. 

 

Ces formes politiques s’observent en France, au moins depuis le début de la campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon. On a commencé à les voir faire irruption à l’intérieur du mouvement contre la loi El-Khomri en 2016 chez la jeunesse de classe moyenne des centre-ville avec « nuit debout[8] ». On les a aussi vu dans le mouvement historique des soignants organisé par une coordination inter-hôpitaux ad hoc ou dans le mouvement des « stylos rouges[9] » chez les profs. À chaque fois, les organisations traditionnelles, si elle ne sont pas rejetées sont au moins mises à distance ou assimilées par une autre forme d’auto-organisation. À chaque fois, la base s’élargit à des personnes n’ayant pas l’habitude de participer à des mouvements sociaux. À chaque fois, elle exprime une grande radicalité face au pouvoir. 

 

Mais l’irruption la plus importante d’un mouvement de type révolution citoyenne en France est évidemment celui des gilets jaunes[10], déclenché en novembre 2018. Jean-Luc Mélenchon a largement expliqué sur son blog en quoi cette révolte populaire correspondait à la grille de lecture proposée par « l’ère du peuple ». Dans tous les cas, l’analyse qui sous-tendait son entrée en campagne en 2016 ne s’est pas démentie démentie depuis. En fait, la « campagne permanente » de Jean-Luc Mélenchon depuis lors correspond à un état permanent du pays. C’est comme si nous vivions une sorte de révolution citoyenne rampante. Toutes les caractéristiques politiques sont là mais elles ne s’expriment dans un événement unique et définitif aussi longtemps qu’un événement fortuit ne vient pas provoquer l’embrasement général. C’est un fond jamais absent, un état d’esprit général qui produit des éruptions de manière sporadiques. 

 

-Un phénomène mondial 
L’élaboration de la théorie de la révolution citoyenne par Jean-Luc Mélenchon, tant dans sa version initiale dans « L’ère du peuple » que dans les nombreuses notes de blog publiées depuis, est le fruit de l’observation des phénomènes politiques révolutionnaires dans le monde entier. Ce cycle politique avec ses caractéristiques particulières a été repéré pour la première fois en Amérique latine dans la décennie 2000. Puis, il a véritablement explosé il y a 10 ans. Tunisie, Egypte, Burkina Faso, Soudan, Hong-Kong, Equateur… La liste des peuples qui sont passés par ce processus n’a cessé ces dernières années de s’allonger.

 

 

-

L’année 2019 a été l’occasion d’une nouvelle vague de révolutions citoyennes.
Après le déclenchement en France à la fin 2018 du mouvement des gilets jaunes, le Chili, l’Algérie, le Liban, l’Irak et d’autres ont connu ces mouvements populaires d’un type particulier. Ce renouveau des révolutions citoyennes a démenti l’opinion selon laquelle 2017 aurait été la queue de comète et que ce type de réaction populaire à la crise du néolibéralisme était terminée. Cette analyse aurait pu justifier un retour à d’anciennes stratégie de conquête du pouvoir. 

 

 

-

De nouveau, en 2020, la fin de cette période a pu être décrétée par certains.

La pandémie de coronavirus aurait pu tout écraser et tuer les aspirations révolutionnaires démocratiques. Presque arrivés au bout de cette année si longue, on peut constater le contraire. Le mouvement s’est poursuivi dans de nombreux endroits. Au Liban, la révolution est loin d’être éteinte après avoir connu un nouvel épisode chaud au coeur de l’été. Au Chili, la revendication d’une assemblée constituante a abouti à un référendum gagné par une majorité écrasante. En Bolivie, l’auto-organisation populaire su typique des peuples en révolution citoyenne a permis de déjouer un coup d’Etat et le retour au pouvoir du MAS. Au-delà de la France, donc, tous les signaux indiquent que depuis 2017, la lame de fond de la révolution citoyenne a continué de travailler les peuples à travers le monde

 

 

-

Les différentes phases 
Il est donc possible de comprendre l’évolution du Mélenchon 2016-2017 au Mélenchon 2020 en se référant à la description du processus de révolution citoyenne fait dans « l’ère du peuple ». La théorie explique que la révolution citoyenne comporte différentes phases auxquelles correspondent plusieurs états du peuple. Après la phase instituante, où il s’agit essentiellement pour le peuple de se donner à voir, vient la phase destituante. C’est le moment où les gens réclament le départ de l’ensemble de l’élite politique, économique et médiatique. Elle est exprimée à la perfection par le slogan latino « qu’ils s’en aillent tous ! » qui a été complété par les libanais : « tous, ça veut dire tous ![11] ». 

 

La campagne présidentielle de 2017 de Mélenchon a été conçue pour accompagner et embrasser ce moment essentiel de la constitution politique du peuple par la délimitation de la frontière entre « eux » et « nous » et la désignation de ce que l’on ne veut plus.

« Dégagisme[12] » est probablement le mot qui a été le plus retenu des commentateurs politiques de cette campagne. Il faut dire que le mot, importé en France par Mélenchon s’est avéré s’appliquer particulièrement bien aux événements. Tour à tour, furent éliminés de la course le Président en exercice, empêché de se présenté, son premier ministre, battu dans une primaire, le grand favori des sondages, perdant lui aussi d’une primaire et un ancien Président condamné au même sort. 

 

Dans les meeting de Jean-Luc Mélenchon, le public criait « dégagez ! ». La campagne d’inscription sur les listes électorales du mouvement naissant s’appelait « je vote, ils dégagent ». Cela ne veut pas dire que la campagne de 2017 n’était pas propositionnelle. C’est le contraire. La marque laissé par le programme l’Avenir en Commun[13] bien après la fin de la campagne en est la preuve. Mais sa forme, sa tonalité, ses mots d’ordre s’inscrivaient dans la puissante vague destituante autant qu’ils l’accompagnaient.

 

 

-

La construction des causes communes du peuple 
Mais il faut bien avouer que le dégagisme de 2017 était encore confus. C’est lui qui a permis paradoxalement l’élection de Macron qui se présentait comme une « revolution dont le mot servi de titre a son ouvrage de campagne. Mais bien sur ce n’était rien de plus qu’une reconduction de l’ancien monde sous une forme radicalisée. Depuis, l’histoire ne s’est pas figée. Le peuple français, entré dans une phase d’auto-construction politique, n’a pas arrêté de cheminer. C’est ainsi que l’on aborde la campagne pour l’élection présidentielle de 2022 dans un état différent, qui est tout sauf un retour au monde d’avant.

 

Pendant le premier confinement, Jean-Luc Mélenchon a publié une brochure numérique intitulée « L’Engrenage[14] ». Il s’agit d’une lecture du moment politique créé par la pandémie de coronavirus à l’aune de la théorie de l’ère du peuple. Il y explique pour la première fois la « stratégie des causes communes ». Il ne dit pas que la conflictualité est obsolète ou bien qu’il n’y aurait plus de lignes de démarcation dans la société. Au contraire.

  • Mais il affirme une nouveauté : dans le moment politique dans lequel nous sommes, le travail principal n’est plus de provoquer soit-même la conflictualité en porte voix du par « le bruit et la fureur ». La construction populaire d’un camp adverse est déjà là. C’est le résultat de plusieurs années de crise du néolibéralisme et de mobilisations populaires.

 

Affirmer en positif des solutions à la crise selon la méthode des radicalités concrètes est suffisant pour montrer le clivage avec l’oligarchie. Les causes communes sont premières par rapport à la conflictualité, contrairement à la phase précédente. L’incapacité du pouvoir à se saisir des solutions collectivistes évidentes met ensuite en évidence sa distance vis-à-vis des consensus populaires. Dans ce schéma opérationnel, la conflictualité résulte de la non application des causes communes. Ce renversement de parcours des conscience s’appuie sur le constat fait des phénomènes d’entraide générale comme constante anthropologique observée dans les situations de détresse communes. La trajectoire des événements change de forme. Pas le fond. À partir du rejet de l’élite établie et du dégagisme, ces consensus ont en effet commencé à se construire. La campagne de 2017 elle-même y a participé avec la phase d’écriture puis de diffusion de l’Avenir en Commun. Le mouvement des gilets jaunes a amplifié la construction d’un programme de la révolution citoyenne. Les ronds-points furent de véritables assemblées citoyennes où les gilets jaunes élaborèrent une série de revendications. Beaucoup d’entre elles rejoignaient d’ailleurs l’Avenir en Commun : référendum d’initiative citoyenne, justice fiscale ou la volonté de lier la bifurcation écologique et l’égalité de traitement de tous. 

 

Autrement dit, il s’est produit depuis 2017 un basculement des consciences.

Si la campagne de 2017 était celle de la phase destituante d’un processus de révolution citoyenne, celle de 2022 sera celle de la phase constituante. Voilà la signification du Jean-Luc Mélenchon « plus rond », comme l’a dit un journaliste de BFMTV, du titre de son site « Nous sommes pour » et de sa charte graphique apaisée. Cela ne veut pas dire que « dégager » un certains nombre de gens au pouvoir n’est plus au programme. Il s’agit cette fois pour le tribun d’incarner l’aboutissement positif d’une période de turbulences du peuple français. Ce n’est pas un artifice de communication mais bien une nouvelle étape dans une stratégie menée depuis 2016 : la stratégie de la révolution citoyenne. 

 

Notes :

[1] Jean-Luc Mélenchon : « La construction d’un peuple révolutionnaire n’est pas un dîner de gala »

[2] Sondage : c’est Mélenchon qui incarne le mieux l’avenir de la gauche

[3] Sondage – Mélenchon s’envole : +7 points

[4] Alexis Galès : « Mélenchon, de la gauche au peuple »

[5] L'ère du peuple, par Jean-Luc Mélenchon

[6] Gabriel Attal https://twitter.com/Europe1/status/1325375786413678592/photo/1

[7] J.L. Melenchon " Qu'ils s'en aillent tous ! : Vite, la révolution citoyenne "

[8] Nuit debout est un ensemble de manifestations sur des places publiques, principalement en France, ayant commencé le 31 mars 2016 à la suite d'une manifestation contre la loi Travail.

[9] Le collectif des stylos rouges : tous ensemble pour l'Ecole de demain !

[10] Mouvement des Gilets jaunes

[11] " Tous, ça veut dire tous ! "

[12] Le « dégagisme » est un néologisme politique fondé à partir du verbe « dégager » et popularisé à partir de 2011 lors du Printemps arabe. 

[13] Programme de la France Insoumise 2017 " L’avenir en commun "

[14] « Covid-19 : L’Engrenage» – Brochure numérique »

 

Pour en savoir plus :

- Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature à l’élection présidentielle par Bastien Lachaud

- De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long

- Jean Luc Melenchon : " Agir en politique maintenant "

- Jean-Luc Mélenchon : Meilleur choix pour 2022 ?

- Mise au point sur les chances à "gauche" pour 2022 et la mauvaise idée d'une primaire

Mélenchon 2022 : nouvelle étape dans la stratégie de la révolution citoyenne
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 13:34
La politique de Macron et Véran : un fléau pour la santé publique et pour les libertés démocratiques
La politique de Macron et Véran : un fléau pour la santé publique et pour les libertés démocratiques

La stratégie macronienne de gestion du COVID :

- Dans la Constitution de la 5ème République, le Président est irresponsable devant les tribunaux...

- Le Conseil de défense est lui aussi irresponsable...

En exécutant ses ordres, le gouvernement se protège de la Cour de Justice de la République.

 

Sources : L'insurgé | 

-Atteinte aux libertés démocratiques sous couvert de lutte contre un coronavirus
Jour après jour, s’appuyant sur une législation d’exception adoptée à l’occasion de l’épidémie de Covid[1] qui a débuté en mars 2020, O. Véran[2] annonce des décisions qui sont autant d’atteintes à des droits élémentaires...

 

Et toutes les villes et régions sont soumises aux aléas d’une carte sanitaire dont les critères ont été, en six mois, modifiés officiellement cinq fois. Et le gouvernement prépare d’autres mesures pouvant aller jusqu’à la remise en cause de la liberté de circuler. La première fonction de ces mesures confortées par une propagande visant à enraciner la peur et l’obéissance, c’est de camoufler la réalité de la politique gouvernementale : dislocation de la recherche scientifique sur les épidémies, destruction des stocks de masques, fermetures de lits d’hôpitaux et manque de personnels soignants, absence de tests au début de l’épidémie puis multiplication de tests peu fiables, entraves à la liberté de prescrire... ; le tout étant couronné par le « Ségur » de la santé.

 

 

-Une recherche scientifique asphyxiée financièrement
Tous les spécialistes le disaient depuis des années : une future pandémie serait, de manière quasi certaine, provoquée par un nouveau coronavirus, l’une des hypothèses les plus probables au côté de celle d’un flavivirus[3]. C’est au point qu’un romancier sud africain, après avoir consulté divers scientifiques, en avait fait le point de départ de son roman (Deon Meyer : L’Année du lion[4]. Fort logiquement, des scientifiques avaient commencé à travailler sur cette famille des coronavirus. Mais le gouvernement français – toujours soucieux d’économies sur le dos de la recherche publique – avait brisé le financement de cette recherche.

 

De même l’Union européenne (voir le témoignage édifiant de Bruno Canard, virologue au CNRS, lu lors du départ de la manifestation de l’enseignement supérieur et de la recherche - 9 mars 2020[5]). Et quand le coronavirus à l’origine de la maladie Covid 19 a surgi en Europe début 2020, la Recherche était désarmée. Or, il faut des années pour mettre au point un vaccin, qui devient obsolète si le virus mute. Et il faut de nombreuses années si l’on veut créer des médicaments à large spectre dans une famille virale, car cela implique de longues recherches scientifiques préalables sur l’ensemble de cette famille de virus.

  • Or ces recherches furent asphyxiées. C’est un premier crime impardonnable.

 

 

-L’hôpital public au bord de la dislocation
Durant toute l’année qui a précédé le début de l’épidémie, les personnels hospitaliers n’ont cessé de se mobiliser contre les fermetures de lits[6] et le manque de personnels, en particulier de soignants[7]. Le gouvernement a tourné le dos à ces revendications (notamment pour les personnels des services d’urgences : 300 euros par mois, ainsi que des embauches massives et l’ouverture de lits).

 

Lorsque l’épidémie a surgi, les services d’urgences ont donc immédiatement été submergés. Dans nombre de villes, à Paris par exemple, les malades étaient renvoyés chez eux, sans soin. On demandait aux malades de rester chez eux tant qu’ils ne suffoquaient pas ; mais alors, il était souvent trop tard : certains moururent à domicile[8], d’autres en arrivant à l’hôpital tardivement. Et nombre de personnes âgées moururent dans les Ehpad[9].

Plus encore : durant des semaines, le gouvernement a été incapable de fournir au personnel des masques et des blouses. Certains, contaminés, en sont morts.

 

 

-

Stocks de précaution détruits ou périmés

Antérieurement, à l’occasion d’une précédente épidémie, un important stock de masques avait été constitué sous le contrôle du ministère de la Santé. Mais à l’ouverture de l’épidémie de 2020, on découvrit que la quasi totalité des masques, jugés périmés, avaient été détruits et que le stock n’avait pas été renouvelé[10]. Imperturbable, le ministre Véran expliqua le 4 mars que « l’usage des masques était inutile » en dehors des règles d’utilisation définies, pour les professionnels en particulier[11]. (Le 18 mars 2020, Jérôme Salomon, Directeur général de la santé, indique de son côté : « Il ne sert à rien de porter des masques dans la rue »[12]).

 

Et rapidement, nombre de médicaments vinrent également à manquer, notamment des produits nécessaires aux anesthésistes. On apprendra quelques mois plus tard, en septembre, que ce n’était pas seulement les masques, mais la totalité des stocks dit stratégiques de médicaments qui avaient été mis à mal avant même le début de l’épidémie. Ainsi, pour les antibiotiques, les stocks s’étaient effondrés (à 12 millions d’unités au lieu de 86 millions[13]). Or, nombre de médecins jugeaient efficace le recours à certains antibiotiques pour réduire l’impact du virus.

 

 

-Le confinement : une parade de pauvre
C’est parce que le système de santé était asphyxié avant même l’apparition de l’épidémie, la Recherche désarmée, les stocks stratégiques défaillants que le gouvernement imposa cette mesure de confinement catastrophique sur le plan économique, sanitaire et humain, et profondément attentatoire à la liberté de circuler. Et, alors que certains médecins prônaient le dépistage systématique, le gouvernement s’y refusa des mois durant[14]... Pourtant, les laboratoires vétérinaires avaient offert leur aide dès le début de la crise[15]. La France, comme d’autres puissances impérialistes, n’eut ainsi comme recours qu’une réponse de pays pauvre.

 

 

-

Toute puissance des trusts pharmaceutiques

Bien évidemment, du fait des colossaux enjeux financiers, tous les grands laboratoires pharmaceutiques se lancèrent dans la course au vaccin, à de nouvelles molécules médicamenteuses, quitte à brûler les étapes (en particulier la recherche sur les effets secondaires) ou à bafouer les règles qu’ils ont eux-mêmes contribué à institutionnaliser (essais randomisés, type d’étude au demeurant soumis à bien des critiques, notamment parce que cela impliquait de renoncer à soigner une partie des malades).

 

En attendant la découverte d’un traitement miraculeux (miraculeux pour les profits de « Big pharma »), nombre de médecins tentèrent de sauver leurs malades en réutilisant (comme cela se fait depuis des décennies) des médicaments anciens déjà en usage pour d’autres pathologies (ou des pathologies proches) et dont les éventuels effets secondaires étaient parfaitement maîtrisés. Ce fut le cas avec le recours à l’hydroxychlorochine[16] ou/et à des antibiotiques. Il en résulta une formidable querelle, comme l’histoire de la médecine en connaît peu souvent, les désaccords entre spécialistes étant envenimés par les médias et des journalistes souvent incompétents sur le plan scientifique, et envenimés par des enjeux politiques et financiers.

 

Car les laboratoires pharmaceutiques veillaient au grain, inquiets de l’usage possible de médicaments déjà existants et peu coûteux. Et nombre de chercheurs et revues scientifiques dépendant des financements assurés par Big Pharma se sont faits les relais de leurs intérêts. Dans ces conditions, il est parfaitement compréhensible que, bien souvent, ceux qui observaient cette querelle furent, et demeurent, dubitatifs quant à l’intérêt ou l’inutilité de ce type de traitement (que l’on qualifie de « compassionnel » quand son efficacité est sujette à caution). Mais en cette affaire il y a au moins un point qui ne devrait guère prêter à débat et qui engage la responsabilité du ministre de la Santé, qui est la question de la liberté de prescription.

 

 

-

Remise en cause de la liberté de prescription
Dans le cadre du serment d’Hippocrate, la liberté de prescription du médecin selon la maladie et l’état du malade est une question fondamentale[17]. Or, c’est ce droit à prescrire qu’Olivier Véran a remis en cause. On ne souvient que la revue The Lancet publia une étude selon laquelle l’hydroxychloroquine était dangereuse pour la santé. Dans les heures qui suivirent, sans même vérifier quoi que ce soit, Véran renforçait l’interdiction de l’usage de ce traitement[18]. Peu de jours après, fait rarissime, The Lancet retirait l’article publié tant étaient grossièrement fausses les données utilisées par cette prétendue « étude ». Et plusieurs des chercheurs associés à cette publication présentèrent leurs excuses. Mais pas Olivier Véran, qui refusa de retirer son interdiction de prescription[19].

 

Pourtant, il est reconnu que ce médicament banal ne présente à minima aucun danger particulier s’il est utilisé contre le Covid sous contrôle médical. De même les pressions se multiplièrent conte les médecins qui voulaient prescrire des antibiotiques pour faire face à ce virus (certains antibiotiques ayant des propriétés antivirales). Ces pressions furent exercées en particulier par l’ordre des médecins, qui alla jusqu’à convoquer deux médecins mosellans qui avaient prescrit un antibiotique à des malades du Covid (au lieu de se contenter de paracétamol...) et l’avaient fait savoir[20].

 

 

-

Deuxième vague ou Ségur de la Santé ?
La vague épidémique une fois passée, et la population partiellement dé-confinée, les personnels hospitaliers et nombre de scientifiques, soutenus par l’immense majorité de la population, demandèrent des comptes au gouvernement sur l’état d’impréparation totale du système de santé et de sa déliquescence due à des années de rigueur budgétaire. Des commissions d’enquête furent lancées[22], des plaintes déposées, contre des membres du gouvernement notamment[23]. Et les rassemblements, puis des manifestations, reprirent devant les hôpitaux.

 

Certains s’imaginèrent que le gouvernement allait enfin satisfaire les revendications des personnels, sauvegarder l’hôpital public... d’autant que le ministère de la Santé multipliait les annonces sur l’arrivée d’une future deuxième vague. Si une deuxième vague menaçait, ne fallait- il pas de toute urgence pourvoir les postes non pourvus, financer des créations de postes, rouvrir des lits, renforcer les services d’urgences ?

 

Il n’en fut rien : le seul souci de Macron et Véran était de désarmer la mobilisation renaissante et de détourner la colère populaire. Le gouvernement convoqua une vaste concertation, le « Ségur de la santé[24] » : cette opération de dialogue social (lire : de déminage de la colère sociale) fut cautionnée par les organisations syndicales qui toutes, participèrent à son lancement. Puis les discussions s’éternisèrent. Il en ressortit des conclusions, entérinées par certaines organisations syndicales (ce qui ajouta la division à la confusion).

 

Les personnels eurent droit à des miettes, très loin de ce qu’ils revendiquaient[25]. Le gouvernement obtint des contreparties (renforcement de la gestion locale, projet de création d’une sous-catégorie de médecins..). Il obtint surtout le reflux de la mobilisation, au moins pour un temps. Sur cette base, les fermetures de lits purent reprendre[26].

 

 

-

Deuxième vague ou répliques ?
L’hôpital plus que jamais en difficulté Durant tout l’été, le gouvernement redoubla de propagande pour créer une situation anxiogène : car la peur est un outil pour entraver les mobilisations. Pourtant, au moins jusque fin septembre, la reprise des hospitalisations et décès pour coronavirus fut extrêmement limitée. Rien à voir avec la croissance exponentielle enregistrée en mars. Mais outre que le gouvernement, alors que s’annonce une authentique vague de licenciements, préfère jouer d’une forme de « stratégie de la peur » pour prévenir des mobilisations contre ces licenciements, ce gouvernement sait que le système hospitalier est incapable de faire face à un rebond même ténu des hospitalisations.

 

Et que nombre de soignants sont en congé maladie ou démissionnent, écrasés par la surcharge de travail. Or, si l’on prenait au sérieux les discours du ministère de la Santé se disant capable de disposer de 12 000 lits en réanimation, il aurait fallu pourvoir 24 000 postes d’infirmières et 10 500 postes d’aides soignants supplémentaires. Le répit de l’été n’a pas été mis à profit pour donner à l’hôpital les moyens nécessaires en personnels, bien au contraire, ce dont le gouvernement est seul responsable.

 

Cette situation est à elle seule un pur scandale, qui nourrit un regain de protestations, comme Macron put le mesurer lui-même le 6 octobre à l’hôpital Rothschild face à la colère des personnels[27]. Le gouvernement cherche donc à éviter que le plus petit surcroît d’hospitalisations ne fasse paraître aux yeux de tous le scandale de la situation : c’est là, pour le gouvernement, l’une des principales déterminations de ses discours anxiogènes et de ses mesures coercitives.

 

 

-

État d’exception, et stratégie de la peur « à géométrie variable »
L’inconvénient d’une « stratégie de la peur », c’est qu’elle n’incite pas à la reprise du travail. Or la priorité du gouvernement, c’est de remettre tous les salariés au travail. C’est la première détermination de sa politique. Ce qui ne va pas sans incohérences : ainsi les terrasses de café deviennent des dangers publics... quand les transports en commun sont déclarés tout à fait sûrs !

 

Le discours change ainsi du tout au tout. Il en est de même des écoles, dont l’ouverture est fondamentale pour que les parents puissent aller au travail. Les protocoles ne cessent de s’adapter à cet objectif. Car, en termes de moyens, rien n’a été fait pour garantir de quelconques mesures sanitaires : où sont donc les dizaines de milliers d’agents qu’il aurait fallu recruter pour aider à l’hygiène, les enseignants nécessaires à la réduction des effectifs par classe, les locaux supplémentaires ?

 

Pour atteindre l’objectif général de reprise du travail et éviter l’explosion du système de santé, pour gérer les incohérences de leur politique, Macron et son nouveau Premier ministre ont donc prolongé les mesures d’exception qui permettent au pouvoir de poursuivre les mesures liberticides et aux préfets d’individualiser ces mesures. Ainsi, en dépit de la réalité des données publiées, Marseille fut frappée fin septembre par des mesures générales (dont la fermeture totale des cafés et restaurants) jugées inacceptables par une grande partie de la population au vu du nombre réel des hospitalisations et décès[28]. Mais Véran pouvait ainsi régler quelques comptes avec une ville où il avait été durement critiqué...

 

Puis les mesures imposées à Marseille furent atténuées en même temps qu’elles étaient imposées dans d’autres villes, etc. Et, pour justifier ces mesures ajoutées de semaine en semaine, le gouvernement choisit de s’appuyer sur des critères qui font débat, en particulier sur les résultats des tests qui se sont multipliés à la fin de l’été.

 

 

Des tests très politiques-

Au début de l’épidémie, le gouvernement n’a pas réalisé le dépistage systématique des personnes sympto-matiques. Puis a annoncé, à la fin du printemps, des tests massifs, mais il a alors choisi ou été incapable de les organiser. Finalement, à la fin de l’été, le nombre de tests pratiqués s’est envolé, dans une indescriptible pagaille : quiconque, asymptomatique ou non, pouvant se faire tester, il fallait attendre des jours pour passer un test dont les résultats n’étaient connus ensuite que des jours plus tard, et de ce fait inutiles, les personnes testées ayant alors souvent cessé d’être contagieuses.

 

Mais cela contribue à ruiner la Sécurité sociale, le gouvernement lui imposant de rembourser tous les tests (on parle de 10 milliards d’euros[29]). Et cette explosion du nombre de tests même inutiles se traduit par une hausse du nombre de « cas » dits « positifs », et permet toute une propagande gouvernementale pour justifier les mesures liberticides[38].

 

Or, facteur lourdement aggravant, l’hypersensibilité des tests pratiqués en France conduit à juger « positives » des personnes qui ne sont plus contagieuses depuis belle lurette, ou n’ont jamais été (ni ne sont) malades même à leur insu, sous une forme bénigne. En mettant l’accent sur les cas dits « positifs », en laissant croire que cela est synonyme de « cas contaminants », le gouvernement et les médias organisent la confusion, mêlant personnes pouvant contaminer et personnes ne le pouvant pas.

 

 

-

Un conseil fort peu scientifique
Ce conseil, installé par le gouvernement, est censé apporter un avis scientifique pour « aider » le gouvernement à prendre des décisions. En réalité, ses avis sont bien plutôt politiques. En témoigne l’avis du 14 avril[30], constitué exclusivement d’un catalogue de considérations politiques parmi lesquelles domine la crainte que s’affirme une résistance à la politique du Pouvoir, dans une section intitulée « Éviter que ne se forme une « contre-société » sur Internet en période de crise ».

 

Ce qui conduit la Commission à un long développement titré : « Propositions pour « garder la confiance ». En témoigne l’avis rendu le 22 septembre[31], fondé sur une série de paramètres dont la crédibilité est jugée douteuse y compris par l’un des membres de la commission, Simon Cauchemez[32] : « il y a beaucoup d’incertitudes autour de ces paramètres » et précisant : il y a aussi « pas mal d’incertitudes liées à l’âge des patients hospitalisés, à la sévérité des cas admis à l’hôpital, et à l’évolution de la prise en charge ».

 

Ce qui n’empêche pas ce même conseil « scientifique » d’échafauder différents scénarios plus ou moins catastrophiques et de formuler un certain nombre de propositions tout en s’inquiétant que des « mesures fortes et précoces » puissent être « difficiles à accepter ». Parmi ces propositions, le confinement contraint de toutes les personnes jugées à risques, dont l’ensemble des personnes âgées, soit... 22 millions de personnes (celles jugées inutiles pour la production capitaliste). Le conseil reprend ainsi la proposition déjà formulée au printemps par J. F. Delfraissy[33], son président, et qui avait fait scandale, ce qui avait conduit ce monsieur à prétendre qu’il avait été « mal compris »...Et ce sont ces « avis » qui cautionnent et justifient les décisions les plus brutales et autoritaires que prend ensuite le gouvernement. Dissoudre un tel conseil est donc une revendication légitime[34] (d’autant que nombre de ses membres ont des liens financiers avec Big Pharma).

 

 

-

Perpétuation de l’état d’exception (sanitaire)
En France comme quasiment partout ailleurs, l’épidémie permet d’imposer des mesures d’exception attentatoires aux libertés individuelles, et la pérennisation de ces mesures ; après avoir fait voter, au printemps, une loi instaurant un « régime transitoire » de « sortie de l’état d’urgence » applicable jusqu’au 30 octobre, le gouvernement a fait voter le 1er octobre sa prolongation jusqu’au 1er avril 2021[35].

 

Cette loi permet au gouvernement d’interdire les déplacements, de limiter les rassemblements, de fermer les établissements, de conserver les données individuelles collectées... Mieux encore : le gouvernement annonce pour janvier un projet de loi qui instituera un « dispositif pérenne de gestion de l’urgence sanitaire ». Même un député LREM s’inquiète : « on glisse progressivement vers davantage de restrictions sur les libertés individuelles ».

 

D’autres redoutent qu’en réaction contre ces mesures surgisse « une énergie contestataire potentiellement non maîtrisable ». De fait, tant que la mobilisation ne mettra pas en échec cette politique, le gouvernement continuera d’avancer, à l’instar du gouvernement du très « démocratique » du Québec qui vient d’interdire que l’on puisse recevoir ami ou famille à son domicile, et qui autorise la police – sur simple dénonciation – à pénétrer dans ces domiciles et infliger des amendes équivalant à un millier d’euros[36] !

 

 

-

Domestiquer la jeunesse et la population, faire passer de nouvelles réformes
L’un des fils conducteurs de cette politique gouvernementale, dont témoigne l’obligation, dans les principales agglomérations, de porter un masque même dans une rue déserte, c’est la volonté de domestiquer la population[21]. Cette discipline, cette soumission de tous les instants à l’autorité de l’État, est une nécessité pour faire accepter le développement du chômage, l’extension imposée du télétravail à domicile, la remise en cause des statuts (dont celui des enseignants qui devraient accepter de travailler à distance comme en « présentiel »), et toutes les réformes prévues par le gouvernement (dont celle, maintenue, des retraites). Complément indispensable à cette politique coercitive : le dialogue social, auquel se prêtent les directions syndicales. Ainsi, comme il y a eu le « Ségur » de la santé, il doit y avoir bientôt le « Grenelle » de l’enseignement[37]. Une exigence principielle est donc le boycott de ce Grenelle.

 

 

-

Pour en finir avec cette politique
Mettre fin à cette politique contre la santé publique implique de combattre à la fois pour les revendications formulées par les personnels hospitaliers, contre la soumission du ministère aux trusts pharmaceutiques, pour le financement massif de la Recherche publique et pour son indépendance, pour en finir avec les pseudos conseils scientifiques (qui sont très politiques), et en même temps d’imposer la rupture du dialogue social. Mais la politique du gouvernement forme un tout : la destruction de la Santé publique s’inscrit dans ce cadre.

 

Fondamentalement, gagner sur ces revendications n’implique pas seulement d’en finir avec Véran et sa politique. Elle implique tôt ou tard d’en finir avec toute cette politique, avec ce gouvernement. Ce qui implique la formation d’une alternative politique, qui passe en particulier par l’unité sur les revendications des salariés, de toute la population laborieuse. Sur cette perspective, mettre fin au le dialogue social serait un point d’appui décisif.

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-Pour les insoumis, il faut des alternatives au confinement général

Le 3 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon intervenait à l’Assemblée nationale pour s’opposer à la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Il a dénoncé une situation où la pandémie est « hors de contrôle » et où les consignes sanitaires ne sont pas pleinement obéies du fait de l’absence de consentement de la population aux mesures prises. Il a aussi expliqué que la multiplication des situations d’état d’urgence passant ensuite dans le droit commun posait un problème démocratique. Une position également défendue dans un document rendu public ce même jour sur la « dérive autoritaire de Macron[21] ».

 

Le président du groupe parlementaire « La France insoumise » a appelé à créer les conditions du consentement aux mesures sanitaires en trouvant des alternatives au confinement général. Il a notamment proposé de ré-ouvrir les commerces de proximité et à faire un roulement dans les classes d’école.

Notes :

[1] LOI n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 

[2] Olivier Véran

[3] Le virus Zika L’émergence d’une menace

[4] L'année du lion

[5] Témoignage de Bruno Canard, virologue au CNRS, lu lors du départ de la manifestation de l’enseignement supérieur et de la recherche - 9 mars 2020

[6] Grève des urgences : « On a fermé 100 000 lits en 20 ans »

[7] Hôpital public : 10 000 personnes ont manifesté à Paris

[8] Covid-19 : on connaît dorénavant le nombre de personnes décédées à domicile en France, au moins 1 800.

[9] 12 079 décès en Ehpad, au 03/11/2020

[10] 2017-2020 : comment la France a continué à détruire son stock de masques après le début de l’épidémie

[11] Olivier Véran: "L'usage des masques est inutile" en dehors des règles d'utilisation définies

[12"Il ne sert à rien de porter des masques dans la rue", a déclaré ce mercredi Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

[13] Les stocks stratégiques de médicaments de la France étaient au plus bas au début de l’épidémie de Covid-19

[14] La France compte parmi les pays effectuant le moins de tests de dépistage.

[15] Pourquoi l'Etat a-t-il refusé l'aide de labos vétérinaires pour fabriquer des tests Covid-19 ?

[16] Hydroxychloroquine

[17] Conseil national de l‘Ordre des médecins : Article 8 - Liberté de prescription

[18] Coronavirus - Olivier Véran demande une révision urgente des règles de prescription de l'hydroxychloroquine 

[19] La France interdit l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19

[20] Des médecins mosellans sommés de se taire

[21] Macron à la dérive autoritaire

[22] France insoumise enquête sur la gestion du Covid-19 : Mensonges et fiascos

[23] Coronavirus : déjà 63 plaintes contre des membres du gouvernement français pour leur gestion de la crise sanitaire

[24] Ségur de la santé

[25] Ségur de la Santé, la CGT ne signe pas, explications !

[26] Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation : la carte des hôpitaux concernés

[27] Covid-19. Macron interpellé par des soignants lors de sa visite dans un hôpital à Paris

[28] Marseille-Aix. Bars et restaurants totalement fermés à partir de samedi 26/09/2020 ressenti comme un coup de massue et comme une injustice.

[29] La crise du Covid-19 a déjà coûté 10 milliards d’euros à la Sécurité sociale

[30] Réunion du Conseil pour l’engagement des usagers (CEU)

[31] Note d’Alerte du Conseil scientifique COVID-19 22 septembre 2020

[32] Il y a beaucoup d'incertitudes autour de ces paramètres », rappelle Simon Cauchemez, membre du conseil scientifique

[33] Coronavirus : 18 millions de Français « à risque » resteront confinés après le 11 mai

[34] Coronavirus. Des médecins et des chercheurs appellent à « dissoudre » le Conseil scientifique

[35] Projet de loi prorogeant le régime transitoire institué à la sortie de l’état d’urgence sanitaire

[36] Covid-19. Au Québec, la police peut entrer chez les habitants pour vérifier qu’ils ne reçoivent pas d’invités

[37] Le gouvernement lance un « Grenelle de l'éducation »

[38] J.L. Melenchon : Dette de la Sécu.... un trop beau prétexte pour Macron

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 13:57
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui
Du « Judéo-bolchévisme » des fascistes d'antan... à « l’islamo-gauchisme » des forces réactionnaires d’aujourd’hui

L’accusation d’islamo-gauchisme : un nouveau terrorisme idéologique issu de l’extrême droite relayant celui de Judéo-bolchevisme et porteuse de l'islamo-lepénisme[11]

En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous[12] ?

 

Après la déclaration de Darmanin à l'Assemblée nationale du 6 octobre[1], on assiste depuis plusieurs jours à une charge des médias comme appareil idéologique de combat contre La France Insoumise et même le PCF considérant ces organisations comme ayant une sympathie non avouée pour l’islam politique.

Cette charge est une construction politicienne fondée sur des fausses informations ou informations tronquées comme nous allons le voir ci-dessous.

Elle a plusieurs fonctions :

-  affaiblir la gauche populaire remettant en cause le système économique actuel ;

-  faire diversion à la crise économique, sociale et sanitaire ;

- valoriser le PS pour le faire renaître de ses cendres ;

- favoriser l’influence du RN en relayant ses thématiques pour construire un face-à-face entre Macron et Le Pen en 2022 ;

Que des gens manifestent leur réprobation contre l’attaque d’une mosquée occasionnant deux blessés est une démarche naturelle pour tout républicain respectant les droits de l’homme et du citoyen.

La réprobation de ces mêmes gens serait identique s’il c’était agi de l’attaque d’une église, d’une synagogue ou d’un temple bouddhiste.

Sur le fond, pour tout démocrate républicain attaché à la laïcité, il n’y a pas de controverse en la matière : les choses sont simples.

Mais malheureusement, dans un pays où la république est malade et la démocratie moribonde, ce genre de réaction humaniste « naturelle » pose problème.

Nous traversons une période de polycrises (sanitaire, économique, sociale, sécuritaire) durant laquelle la peur devient un instrument de manipulation politique et de gouvernement.

Une telle période nécessite de la rigueur, de la précision, de la raison pour ne pas se trouver asservi par l’émotion et surtout par le flou.

La formation des journalistes ne favorise pas la rigueur et le raisonnement. Il suffit simplement de savoir parler et écrire avec fluidité, de savoir commenter des comportements.

EN DÉFINITIVEcomme l’écrit Shlomo Sand, le terme « islamo-gauchisme » est une « symbiose propagandiste » redoutablement efficace, comme le fut le « judéo-bolchévisme » en son temps. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de faire croire à l’existence d’un complot contre le mode de vie fantasmé de Français essentialisés.

 

Sources : par Shlomo Sand, Historien, complément de Hervé Debonrivage | mis à jour le 08/11/2020

/-« L’islamo-gauchisme », voilà l’ennemi.

C’était le message envoyé régulièrement par Manuel Valls en 2016 dans ses différentes prises de parole publiques. Un concept assez flou dans lequel le Premier ministre englobe à la fois Clémentine Autain et Tariq Ramadan[2]. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s’interroge sur l’utilisation de cette rhétorique.

 

Dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de « judéo-bolcheviks ». Ainsi, par exemple, mon père qui, avant la Seconde Guerre mondiale, était un communiste polonais, était considéré par les autorités et la presse du pays comme faisant partie de la « Zydokomuna ».

 

Étant donné que plusieurs dirigeants de la Révolution d’Octobre, tout comme nombre de communistes et de défenseurs de l’URSS, dans toute l’Europe, étaient d’origine juive, l’association langagière entre judaïsme et menées subversives était très populaire parmi les judéophobes.

 

 

-Une symbiose propagandiste très efficace

D’Adolf Hitler[3] à Carl Schmitt[4] et Martin Heidegger[5], de Charles Maurras[6] à Louis-Ferdinand Céline[7] et Pierre Drieu-La Rochelle[8], l’identification rhétorique entre juifs et bolcheviks a toujours été empreinte de tonalités effrayantes puisées dans une vieille tradition religieuse, mêlée à des menaces pleinement modernes et laïques.

Cette symbiose propagandiste s’avéra très efficace, et elle conduisit, entre autres, à ce que plus de 5 millions de Juifs croyants, et leurs descendants, ainsi que 2 millions de soldats soviétiques furent exterminés, en même temps, dans les camps de la mort nazis. Hitler avait ainsi espéré enrayer le « danger » d’une conquête judéo-bolchévique de l’Europe.

 

Si, à la fin du XXe siècle, la judéophobie n’a pas totalement disparu, elle a, cependant, très notablement régressé dans les centres de communication des capitales européennes. Les élites intellectuelles et politiques ont voulu oublier et ont aspiré à se fondre dans leur civilisation blanche, à l’aide d’une nouvelle politique des identités. À toutes fins morales utiles, cette civilisation a même troqué son appellation de « chrétienne » en « judéo-chrétienne ».

 

Les juifs survivants et les bolchéviks, quasiment disparus, ont cessé de constituer une menace pour la position et l’identité des élites dominantes, mais l’état de crise permanent du capitalisme, et l’ébranlement de la culture nationale, consécutif à la mondialisation, ont incité à la quête fébrile de nouveaux coupables.

 

 

-Une appellation qui émerge dès 2002

La menace se situe désormais du côté des immigrés musulmans et de leurs descendants, qui submergent la civilisation « judéo-chrétienne ». Et voyez comme cela est étonnant : de nouveaux incitateurs propagandistes les ont rejoints ! Tous ces gens de gauche qui ont exprimé une solidarité avec les nouveaux « misérables » ont fini par s’éprendre ouvertement des invités indésirables venus du sud.

 

Ces antipatriotes extrémistes trahissent une nouvelle fois la glorieuse tradition de la France dont ils préparent l’humiliante soumission « houellebecquienne ». L’appellation « islamo-gauchiste » a émergé parmi les intellectuels, avant de passer dans l’univers de la communication, pour, finalement, être récupérée par des politiciens empressés.

 

Pierre-André Taguieff[9], futur conseiller du CRIF, fut, semble-t-il, le premier à recourir à la formule « islamo-gauchisme » (dans le sens actuel de terme), déjà en 2002. Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy s’emparèrent du terme et veillèrent à lui assurer une diffusion à longueur d’interviews et d’articles. Des figures comme Alain Gresh, Edwy Plenel, Michel Tubiana et Raphael Liogier devinrent des « islamo-gauchistes » archétypiques.

 

Une marche supplémentaire vient cependant d’être franchie. Cela a commencé avec Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, qui, au nom du républicanisme universel, dans un article intitulé : « La gauche qui vient[10] », s’en est pris à la gauche de la gauche, accusée de soumission au pluralisme culturel. Il a particulièrement ciblé Clémentine Autain, la porte-parole d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche.

 

 

-La lourde charge de Manuel Valls
Mais c’est de Manuel Valls qu’est venue la charge la plus lourde, dans la vague de stigmatisation de « l’islamo-gauchisme ». À l’occasion d’une interview accordée, le 21 mai, à Radio J, une radio communautaire juive, n’a-t-il pas déclaré[2] :

  • « Il y a ces capitulations intellectuelles… Les discussions entre Madame Clémentine Autain et Tariq Ramadan, les ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de cette violence et de cette radicalisation. »
  • Et Manuel Valls de ne pas hésiter à ajouter : « Il n’y a aucune raison pour que M. Tariq Ramadan obtienne la nationalité française ».


Il convient tout d’abord de préciser que Clémentine Autain n’a jamais rencontré Tariq Ramadan, dont, évidemment, elle n’approuve pas le discours idéologique. Il faut ensuite se féliciter qu’en France, le droit d’obtenir la citoyenneté relève de la loi, et non pas d’une décision d’un chef du gouvernement. Tariq Ramadan réside en France où il est actif ; il est marié, depuis plusieurs années, avec une citoyenne française, ses enfants sont français, et, à ma connaissance, il n’a pas enfreint la loi ni prêché la violence.


Enfin, les auditeurs de Radio J, à Paris et à Jérusalem, ont certainement apprécié cette flatteuse interview, et si d’aventure, elle a été diffusée en Arabie saoudite, il est probable qu’elle y aura également été reçue avec sympathie, puisque Tariq Ramadan y est interdit de séjour. Après cette interview passionnée de Manuel Valls, je suis persuadé que Tariq Ramadan n’a aucune chance de se voir décerner la Légion d’Honneur, contrairement au prince héritier du roi d’Arabie saoudite.

 

 

-Une formule qui permet de faire diversion

Lorsque j’ai entendu ces propos de Manuel Valls, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur ce qui se serait passé si Tariq Ramadan avait été un fidèle juif et non pas musulman.

 

Si, par exemple, comme l’ensemble des fidèles juifs (mais non pas juives), il avait dû dire, dans sa prière du matin : « Sois béni de ne pas m’avoir fait femme, et sois béni de ne pas m’avoir fait goy (non-juif) ». Autrement dit : un authentique fidèle juif, dont les valeurs fondamentales diffèrent totalement de ma conception du monde républicaine et laïque.

 

Malgré tout, même s’il s’agissait d’un juif conservateur, porteur d’un système de valeurs réactionnaire, je me serais, sans aucun doute, employé de toutes mes forces pour que lui soit attribués des droits d’égalité citoyenne. Je l’aurais combattu au plan de la réflexion théorique, mais j’aurais vu en lui un compagnon politique légitime, dans la lutte contre toute forme de judéophobie et de discrimination raciale, sous le masque d’une laïcité culturelle.

 

J’ai, envers la philosophie de Tariq Ramadan, une vision fortement critique, tout comme, pour d’autres raisons, envers celle d’Alain Finkielkraut. Mais exploiter des positions conservatrices de l’intellectuel musulman afin de salir ceux qui luttent contre la propagation du racisme, en faire un dangereux épouvantail pour utiliser le terme stigmatisant d’islamo-gauchiste, n’est pas à l’honneur d’un chef de gouvernement socialiste, qui, par ailleurs, commet une erreur en assimilant antisionisme et antisémitisme (je suis quasiment sûr que le républicain Manuel Valls ne soutient pas la politique communautaire d’un État qui, par principe, appartient, non pas à tous ses citoyens mais aux juifs du monde entier, qui n’y résident pas).

 

Certes, le terme d’ »islamo-gauchisme » n’est pas encore identique ni proche de la vieille appellation du « judéo-bolchévisme ». Il est destiné, pour le moment, à clouer le bec, et à faire diversion dans le débat public, par rapport à d’autres problèmes sociaux et politiques un peu plus sérieux. Toutefois, qui peut affirmer que le recours à la formule « islamo-gauchisme » n’est pas promis à un sombre futur imprévu ? Il se pourrait qu’elle constitue une contribution rhétorique, non marginale, vers l’approche d’un trou noir supplémentaire dans l’histoire moderne de l’Europe.

 

Notes :

[1] Pour Darmanin, LFI est liée à l'« islamo-gauchisme » qui « détruit la République »

[2] Valls, Autain, Tariq Ramadan et l'axe "islamo-gauchiste" : polémique en 4 actes

[3] Adolf Hitler ; [4] Carl Schmitt ; [5] Martin Heidegger [6] Charles Maurras [7] Louis-Ferdinand Céline ;  [8] Pierre Drieu la Rochelle ; [9] Pierre-André Taguieff 

[10] "Islamo-gauchisme": Autain "porte plainte politiquement" contre Le Guen

[11] Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : deux amis de Le Pen en lien avec l'islamiste Sefrioui

[12] En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous ?

 

Pour en savoir plus :

Après le Judéobolchevisme proféré par les fascistes d’antan, voici maintenant l’islamogauchisme proféré par les forces réactionnaires d’aujourd’hui

- Islamo-gauchisme, le nouveau judéo-bolchevisme

- Gérald Darmanin et l'«islamo-gauchisme», qualificatif usé jusqu’à la corde

- Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !

- Ce que l’unité du pays veut dire

- Quand Jaurès parlait des " fanatiques de l'Islam "

- En réponse à l’extrême droite et à l’islamisme, une seule question : qui sommes nous ?

- Jean-Luc Melenchon : Ce que l’unité du pays veut dire

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 14:29
Vous avez dit “ islamo-gauchisme " ?... et si nous parlions de l'islamo-capitalisme !

Le concept d’islamo-gauchisme est « un épouvantail créé pour unir ceux et celles qui veulent stigmatiser les musulmans, s’opposer à la gauche et délégitimer les sciences sociales[6] ».

 

L’assassinat de Samuel Paty, les victimes de l'attentat de Nice par des terroristes islamistes nous a tous bouleversés, profondément, intimement, dans notre chair. 

La lutte contre le terrorisme est une chose sérieuse : elle appelle à des débats sur les moyens humains et techniques du renseignement, la capacité de la police et de la Justice à remplir effectivement leurs missions, la politique étrangère et les alliances militaires de la France, etc. Elle demande aussi à une réflexion plus globale sur les manquements de notre République et le terreau qui permet aux fondamentalistes de “recruter” : la misère, la relégation, les inégalités, les discriminations, exacerbées par des décennies de politiques néolibérales. 

Mais rien de tout ça n’a été discuté. A la place, nous avons eu droit à des débats nauséabonds imposés par les droites et appuyés par les médias qui ne peuvent rester sans réponse. 

En commençant par répondre aux attaques en “ islamo-gauchisme[6] ” portées contre la France insoumise, coordonnées directement par l’Elysée et relayées par une extrême-droite qui n’en demandait pas tant. Que veut dire ce terme ? Personne ne le saura. Que reproche-t-on aux insoumis ? Personne ne nous le dira. Le but est de salir, d’insinuer un doute, pour intimider et empêcher toute critique des discours et des politiques du gouvernement (Manon Aubry, députée européenne France insoumise).

C'est pourquoi, moi, je vais vous parler de l'islamo-capitalisme, vous savez ce que c'est ? " C'est faire du business avec des monarchies réactionnaires, qui fouettent les opposants (Alexis Corbière député France insoumise) " !

 

Sources : Manon Aubry - Alexis Corbière | mis à jour le 31/10/2020

-Le point sur les échanges de la France avec les pays islamistes

  • Koweït[1] :
    • La France compte une vingtaine d’entreprises implantées au Koweït, telles que : Accor, Air Liquide, BNP Paribas, Bureau Veritas, CMA CGM, DCI, Egis, Eiffage, Engie, Ipsos, Saint-Gobain, Schneider Electric, Thalès, TechnipFMC, Veolia. Par ailleurs, plus de 50 autres entreprises françaises sont présentes au travers d’accords de franchise, parmi lesquelles Carrefour, Dior, Lactalis, L'Oréal, LVMH, Michelin, PSA, Renault.
    • En 2019, l'excédent commercial de la France avec le Koweït triple et s'établit à 312 M€, le 31ème à l'échelle mondiale, le Koweït gagnant 30 places par rapport à 2018. L'émirat koweïtien est notre 74ème partenaire commercial et demeure notre 4ème partenaire au sein de la péninsule arabique.

 

  • Quatar[2] :
    • A ce jour, plus de 120 implantations françaises sont recensées au Qatar (majoritairement des grands groupes, mais les PME/ETI se font plus nombreuses) ainsi qu’environ 80 franchises.
    • Les entreprises françaises affichent une forte présence au Qatar. Selon les données de la Banque de France, le stock d’IDE français au Qatar a été multiplié par trois depuis 2008, pour atteindre 2,7 Mds EUR en 2018 (0,2% du stock d’investissements français à l’étranger). Mesurés en flux, nos investissements directs au Qatar, négatifs en 2017 (dans un contexte de prix bas des hydrocarbures et de ralentissement économique), sont de nouveau positifs en 2018 à 1 Md EUR. Ces investissements sont principalement dirigés vers l’industrie pétro-gazière, l’industrie manufacturière et les services financiers.
    • En 2019, les échanges de biens entre la France et le Qatar ont poursuivi leur expansion et se sont élevés à 4,5 Mds EUR, en hausse de 28% par rapport à 2018. Notre solde vers le Qatar est largement excédentaire (3,2 Mds EUR en 2019), en progression de 24% par rapport à l’année 2018. Le Qatar constitue ainsi le 6ème excédent commercial de la France en 2019, devant les Emirats Arabes Unis.

 

  • Arabie saoudite[3] :
    • Délégation d’entreprises menée par MEDEF International en Arabie saoudite (27-29 janvier 2020) : l'importante délégation d’entreprises françaises menée par le MEDEF International en Arabie saoudite du 27 au 29 janvier 2020 a pu recueillir de nombreuses informations sur les opportunités qu’offre le marché saoudien, notamment liées aux grands projets, et sur la meilleure manière d’aborder ce marché. Elle a permis aussi aux sociétés participantes de nouer des contacts avec des décideurs publics et privés de haut niveau.

 

  • Émirats arabes unis[4] :
    • ​​​​​​​Malgré une légère baisse des échanges bilatéraux en 2017, les EAU demeurent le deuxième partenaire commercial de la France dans le Golfe
      Le volume des échanges commerciaux bilatéraux s’est établi à 4,5 Mds € en 2017, en repli de 3,3 % par rapport à l’exercice précédent. Ces chiffres placent la Fédération au 2ème rang de nos partenaires commerciaux au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), derrière l’Arabie Saoudite (8,6 Mds €).
    • Une présence économique forte et diversifiée[5]Les EAU accueillent le plus grand nombre d’implantations françaises au Moyen-Orient avec plus de 600 filiales employant environ de 30 000 collaborateurs (parmi lesquels près de 200 Volontaires Internationaux en Entreprise), dont la plupart relèvent de grands groupes du CAC 40 (qui implantent leur siège régional à Dubaï, notamment dans des zones franches) mais aussi de nombreuses ETI et PME. 

 

 

-L'islamo capitalisme, vous savez ce que c'est ?

Invité d'Audition publique ce 26 octobre 2020, le député La France insoumise Alexis Corbière a répondu aux accusations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, selon lequel LFI serait liée à un « islamo-gauchisme ».

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 18:56
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !

Il y a nécessité de remettre les choses dans l'ordre, ce n'est pas l'Europe qui fixe la politique européenne,... mais les gouvernements des États qui la compose !

 

L'Europe au quotidien, c'est dans les territoires qu'elle se vit : agriculture, aménagement du territoire, pêche, cohésion sociale, services publics, etc....
Donc " Tout le monde parle de l'Europe ! Mais c'est sur la manière de faire cette Europe que l'on ne s'entend plus ! ". Jean Gabin dans " Le Président " (1961)
Et si, en fait, l'Europe n'avait pour rôle que :
- de faire adopter des mesures que les États membres ne peuvent pas faire passer ;
- de servir d'alibi à ces États pour leur permettre de dire :... " C'est pas nous, c'est Bruxelles " !

Et si la désobéissance aux traités et directives européennes était conçue et popularisée comme un outil capable d’accélérer l’émergence d’une communauté politique, un embryon de peuple européen ?


Sources : Eric Durand |

-C'est la commission européenne qui en fait dirige l'Europe
Rappel sur son rôle :

  • Instituée par le traité de Rome de 1957, la Commission européenne est l'une des principales institutions de l'Union européenne, avec le Conseil de l'Union européenne, le Parlement européen et le Conseil européen. Elle est la seule institution en mesure de proposer de nouveaux textes législatifs. Ceux-ci sont, dans la plupart des cas, soumis au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne puis appliqués dans les Etats membres[1] ;
  • Elle constitue surtout l'organe "exécutif " de l'Union européenne. Une fois les actes législatifs adoptés, la Commission européenne veille à leur application, sous le contrôle de la Cour de justice de l'UE (CJUE). De surcroît, elle gère les politiques de l'UE et alloue les financements européens : elle fixe les priorités budgétaires de l'UE, établit les budgets annuels (qui doivent être approuvés par le Parlement et le Conseil), et contrôle la façon dont les fonds sont utilisés. Enfin, à l'exception de la politique étrangère et de sécurité commune, elle assure la représentation extérieure de l'UE[1].

 

Composition :

  • Elle est composée d'un commissaire européen par État membre, soit 27 commissaires[2] ;
  • Ceux-ci sont proposés par les chefs d'État ou de gouvernement des États membres réunis au sein du Conseil européen, et approuvés par le Parlement européen[2] ;

 

-La commission, la politique qu'elle mène, sont la traduction de la situation politique de chaque pays (de la gauche à l'extrême droite)

Question : qui imaginerai qu'un pays propose à Bruxelles un commissaire qui ne soit pas en adéquation avec l'orientation politique de ce pays ?

  • Quand les pays sont politiquement, socialistes (sociaux démocrates), à droite ou à l'extrême droite, ils désignent un commissaire pour porter une politique libérale, ultralibérale.... et l'Europe mène une politique libérale ou ultralibérale ;
  • Si les pays étaient à gauche, ils désigneraient un commissaire pour porter une politique de gauche.... et l'Europe mènerait une politique.... de gauche (on ne va pas débattre de la notion de " gauche ") !

 

-La politique menée par l'Europe est donc celle que les pays membre de l'Europe demandent aux commissaires qu'ils ont désignés... de mener
Ainsi, à votre avis, quelle politique les commissaires désignés par la France (voir liste ci dessous) ont-ils eu pour mandat de mener : une politique de gauche ? Evidemment que non !.... et il en est de même dans chaque pays !

 

Robert Marjolin SFIO Raymond Barre UDF
Jean-François Deniau UDF Claude Cheysson PS
François-Xavier Ortoli Parti gaulliste Edgard Pisani PS
Jacques Delors PS Christiane Scrivener Parti républicain
Édith Cresson PS Yves-Thibault de Silguy Parti gaulliste
Michel Barnier UMP Pascal Lamy PS
Jacques Barrot UMP Pierre Moscovici PS
Thierry Breton Grand patron et homme de droite    

 

 

Derniers points :

  • Les traités adoptés par Bruxelles doivent être ratifiées par les parlement de chaque pays[3]..... ce qui est fait quasi systématiquement en France ;
  • Les règlements et les décisions deviennent automatiquement contraignants dans toute l’UE à la date de leur entrée en vigueur. Les directives doivent être transposées par les pays de l’UE dans leur législation nationale[5] ;
  • Inscrite depuis un demi-siècle dans la jurisprudence, le principe de « primauté » du droit européen signifie que le droit de l'Union prévaut sur les droits nationaux des États membres. Il bénéficie à toutes les normes de droit européen disposant d'une force obligatoire et s'exerce à l'égard de toutes les normes nationales[4].

 

-Aujourd'hui.... quitter l'Europe (Frexit) pour changer de politique en France ?

D'une manière récurrente, cette demande revient sur les réseaux sociaux, or :

  • affirmer que c'est l'Europe qui dirige la France est.... FAUX, car Bruxelles mène la politique que les pays membres lui demande de mettre en oeuvre (via le parlement et la commission) !
  • Et quand Bruxelles mène une politique de droite (néolibérale), et qu'en France nous avons un gouvernement néolibéral, le « capitalisme populaire [7] » prôné par Emmanuel Macron, affirmer qu'il conviendrait de quitter l'Europe via un Frexit pour mettre en oeuvre une autre politique est.... ARCHI FAUX !

 

-Alors qu'elle issue ?

Pour mener une autre politique, il faut d'abord œuvrer à ce que le peuple prenne le pouvoir en France, comme en Bolivie[8], au Chili[9].

 

C'est tout le sens de la stratégie politique mise en oeuvre par la France insoumise, pour, au travers de la " Fédération populaire[10] " rassembler sur les causes communes autour de l'avenir en commun[11].

 

Et une fois le pouvoir pris, la Constituante[12] lancée  pour changer de fond en comble la Constitution, abolir la monarchie présidentielle et restaurer le pouvoir de l'initiative populaire (La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même), la question de l'Europe sera posée !

 

 

-  Pas de frexit, mais au pire, une sortie des traités comme le propose la France insoumise

En effet, lorsqu'il y aura un gouvernement France insoumise, trois issues seront devant nous[13] dans les discussions avec nos partenaires européens. Toutes d'ailleurs reviennent à une sortie des traités.

  • Première possibilité : nous proposons un nouveau traité. La négociation se passe bien, et le nouvel accord est adopté ;
  • Autre possibilité : c'est non, ou plutôt c'est nein, et nous employons une option de retrait, c'est ce qu'a fait pendant longtemps le Royaume-Uni, qui consiste à se mettre d'accord avec nos partenaires pour ne pas appliquer certaines règles ;
  • Enfin, si c'est encore nein, il ne nous resterait plus que la désobéissance unilatérale concernant les traités

 

🔴 FONDAMENTAL : Beaucoup de gens ignorent que désobéir aux traités européens, c’est légal[14].

  • En droit, l’Union européenne n’est ni un super-État, ni un État fédéral. C’est une organisation internationale. Autrement dit, contrairement par exemple aux États-Unis d’Amérique, elle n’a pas de souveraineté. Il n’existe que la souveraineté des États membres, dont la France, qui consentent, uniquement parce qu’ils ont souverainement signé des traités, à en appliquer les règles ;
  • Par conséquent la France a parfaitement le droit, en exerçant sa souveraineté, de décider qu’elle n’applique plus telle ou telle disposition des traités. Cela s’appelle « l’option de retrait[15] ». Elle peut le faire de façon négociée : par exemple, le Danemark a négocié avec les autres pays de l’Union qu’il ne participerait pas à l'Euro (l'accord d'Édimbourg), alors que Schengen est prévu par les traités. La France peut aussi le faire unilatéralement : par exemple, la Suède a voté « non » par référendum sur l’adhésion à l’euro et depuis, elle n’utilise pas cette monnaie alors que cette dernière est prévue par les traités.

 

Il faut donc arrêter les réactions hystériques quand la France insoumise parle de désobéir aux traités européens : c’est légal, ça s’appelle « l’option de retrait ». Quant à savoir avec quels autres pays membres la France lancerait une grande « option de retrait », tout dépend quels gouvernements seront en place en Europe quand les insoumis auront pris le pouvoir par les urnes.

 

🔴 EN DÉFINITIVE...

 la désobéissance aux traités et directives européennes peut aussi être conçue et popularisée comme un outil capable d’accélérer l’émergence d’une communauté politique, un embryon de peuple européen[16].

 

 

-Concrètement que veut mettre en oeuvre la France insoumise...

  • Plan A. Proposer une refondation démocratique, sociale et écologique des traités européens par la renégociation (c'est la sortie concertée des traités européens par l'abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent et la négociation d'autres règles.)
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !
  • ​​​Plan B. en cas d'échec des négociations (c'est la sortie des traités européens unilatérale par la France pour proposer d'autres coopérations. L'UE, on la change ou on la quitte. Le mandat de négociation de ces plans sera soumis au préalable à l'Assemblée nationale. La validation de ce processus passera nécessairement par une décision du peuple français par référendum).
C'est la faute à l'Europe, c'est la faute à l'Europe..... STOP !

 

-  Il faut sortir des traités européens (Jean-Luc Melenchon)

Intervention de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale le 20 février 2018 dans le cadre du débat sur l'élection des représentants au Parlement européen. Il a dénoncé la construction d'une Europe dans laquelle les peuples n'ont pas la capacité de s'exprimer puisque le Parlement européen n'a aucun pouvoir.

 

Il a expliqué que l'Union européenne ne permettait pas la solidarité entre les peuples puisqu'elle refuse l'harmonisation sociale et fiscale et donc la fraternité, à l'heure où l'extrême droite progresse à l'Est de l'Europe et est désormais donnée comme la deuxième force politique en Allemagne. Face à cette impasse, Jean-Luc Mélenchon a appelé à sortir des traités européens actuels et à « refonder l'Europe de la cave au grenier ».

 

Précision :

Je n'ai volontairement pas parlé du rôle du parlement européen qui s'inscrit dans la même logique. Car même si parfois il est est amené à adopter des décisions dont nous ne pouvons que nous satisfaire ( ex : la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité !), globalement sa composition politique allant des conservateurs aux libéraux leur donne 546 sièges sur 751[6].

 

Notes :

[1Rôle de la Commission européenne

[2] la Commission européenne compte actuellement un commissaire par Etat membre

[3] les résolutions prises par Bruxelles doivent être ratifiées par les parlement de chaque pays

[4] Primauté du droit de l'Union européenne

[5] Appliquer la législation européenne

[6] Evolution des rapports de force au Parlement européen

[7] Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

[8Le 18 octobre, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Luis Arce, a été élu président de l’Etat plurinational de Bolivie dès le premier tour

[9] Fin de l’ère Pinochet et début de la Constituante, une nouvelle page de l’histoire du Chili s’ouvre aujourd’hui !

[10] De la nécessité de la fédération populaire

[11] L'Avenir en commun : Le programme de la France insoumise

[12] L'Avenir en commun : La constituante

[13] PAS DE FREXIT MAIS UNE SORTIE DES TRAITÉS: LA FRANCE INSOUMISE EXPLIQUE SON DISCOURS SUR L'EUROPE

[14] Beaucoup de gens ignorent ceci : désobéir aux traités européens, c’est légal

[15] Le Danemark a un opt-out (« option de retrait ») pour l’euro

[16] « Rompre avec le néolibéralisme en désobéissant aux traités européens »

 

Pour en savoir plus :
-
Pour Jacques Généreux : "Le seul moyen de faire bouger l’Europe, dit-il, c’est de violer les traités » 

- « L’Avenir en commun, en Europe aussi ! » (document programmatique de la France insoumise pour les élections européennes)

- Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »

- Suite au refus de ratification du CETA par Chypre, l'accord entre l'Union européenne et le Canada ne ne devrait plus être appliqué

- La Pologne et la Hongrie bloquent le plan de relance européen

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 10:46
Face à toutes les haines : la laïcité... “ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”
Face à toutes les haines : la laïcité... “ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”
Face à toutes les haines : la laïcité... “ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”

Comment la France, jadis régie par une monarchie de droit divin, est-elle devenue une République laïque ?
Exposé des principales dates qui ont marqué la laïcité en France depuis 1789.
Dans le même temps, la laïcité est attaquée de toutes parts et instrumentalisée par ses adversaires historiques, intégristes religieux et racistes qui veulent aussi en faire un prétexte pour flétrir les musulmans. La laïcité est la condition de la liberté de conscience de chacun, de l'égalité et de la fraternité entre tous les citoyens quelle que soit leur option philosophique ou spirituelle. Elle rend possible une action de l'État au service de l'intérêt général.

 

Sources : Vie publique, la France insoumise | mis à jour le 12/11/2020

🔴 Texte en deux parties : 

[A] - La laïcité en France depuis la Révolution : chronologie...
[
B] - Et la France insoumise, elle en dit quoi ?

 

-  [A] La période révolutionnaire
👉 1789 : La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen reconnaît la liberté de conscience : "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi".

👉 Novembre 1789 : Un décret met les biens du clergé à la disposition de la Nation. En contrepartie, l’État s’engage à "pourvoir d’une manière convenable aux frais du culte, à l’entretien de ses ministres des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et reconstructions des églises, presbytères, et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres".

👉 Décembre 1789 : Les protestants sont reconnus en tant que citoyens et sont admis à tous les emplois.

👉 1790 : Adoption de la Constitution civile du clergé. L’Assemblée constituante assigne aux diocèses les limites des départements et brise la hiérarchie de l’appareil ecclésiastique. Les desservants de l’Église reçoivent un salaire de l’État et doivent prêter serment à la Constitution civile du clergé. La moitié des ecclésiastiques environ refuse de prêter serment et, bientôt, deux Églises s’opposent, l’une traditionnelle et fidèle au pape et l’autre constitutionnelle.

👉 Septembre 1791 : L’Assemblée constituante accorde le statut de citoyen aux juifs. Cette qualité avait déjà été reconnue aux juifs séfarades des régions de Bordeaux et d’Avignon en 1790.

👉 29 novembre 1791 : L’Assemblée législative adopte un décret qui déclare suspects et privés de leur pension les ecclésiastiques réfractaires qui ont refusé de prêter serment. Les édifices religieux ne peuvent être utilisés que par le clergé salarié par l’État.

👉 1792 : Institution de l’état civil séculier. Les registres d’état civil, jusqu'alors tenus par l’Église, sont transférés aux communes. Celles-ci consignent désormais naissances, mariages et décès. Le mariage civil devient la forme légale du mariage.

👉 7 mai 1794 : Un décret du 18 floréal an II, adopté par la Convention sur le rapport de Robespierre, institue un calendrier de fêtes républicaines, se substituant aux fêtes catholiques, ainsi que le culte de l’Être Suprême.

👉 21 février 1795 : Un décret du 3 ventôse an III établit un régime de séparation des églises et de l’État. Tout en affirmant le principe du libre exercice des cultes, le décret précise que l’État n’en salarie aucun, ne fournit aucun local et ne reconnaît aucun ministre du culte.

 

 

- Le concordat
👉 15 juillet 1801 : Conclusion d’un concordat avec le pape Pie VII (concordat du 26 messidor an IX) : reconnaissance du culte catholique par l’État et prise en charge d’une partie de son fonctionnement par les finances publiques en échange de la renonciation par l’Église aux biens qu’elle possédait avant la Révolution. La religion catholique n’est pas la religion officielle de la France mais celle de "la grande majorité des Français".

👉 18 mars 1802 : Adoption de la loi du 18 germinal an X sur le concordat. Bonaparte ajoute à la loi des articles organiques qui réglementent l’exercice du culte catholique en France, reconnaissent et organisent les cultes luthérien et réformé. Ces articles sont rédigés par Jean-Étienne Portalis.

👉 17 mars 1808 : Un décret organise le culte israélite sur la base d’un consistoire central et de consistoires départementaux.

👉 15 mars 1850 : Publication de la loi relative à l’enseignement ("loi Falloux") dont les principales dispositions sont les suivantes : les écoles libres peuvent tenir lieu d’écoles publiques, pour les religieux le principe de la lettre d’obédience les dispense du brevet de capacité, les communes de plus de 800 habitants sont tenues d’ouvrir une école de filles.

👉 26 mars 1852 :  Création par décret du Conseil central de l’Église réformée.

👉 28 mars 1882 : La loi sur l’enseignement primaire obligatoire substitue l’éducation morale et civique à l’éducation morale et religieuse.

👉 30 octobre 1886 : La loi Goblet exclut la possibilité pour les communes de subventionner une école libre pour satisfaire à l’obligation d’entretien d’au moins une école primaire. La loi interdit tout nouveau recrutement de congréganistes dans les écoles primaires publiques.

👉 1904 : Rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

👉 7 juillet 1904 : Une loi sur les congrégations leur interdit d’enseigner et confisque les biens et propriétés des communautés.

 

 

-  La séparation des Églises et de l'État
👉 9 décembre 1905 : Loi de séparation des Églises et de l’État. L’État cesse de reconnaître, salarier et subventionner les cultes. La loi prévoit la création d’associations cultuelles "pour survenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public d’un culte".

👉 2 janvier 1907 : À la suite du refus de l’Église catholique de constituer des associations cultuelles qui devaient succéder aux établissements publics du culte mis en place sous le concordat, promulgation de la loi concernant l’exercice public des cultes. L’article 1er dispose : "l’État, les départements et les communes recevront à titre définitif la libre disposition des archevêchés, évêchés, presbytères et séminaires qui sont leur propriété". Les édifices affectés aux cultes sont laissés à la disposition des fidèles ; la jouissance en est confiée aux associations cultuelles.

👉 13 avril 1908 : Une nouvelle loi consacre la perte du patrimoine immobilier de l’Église catholique. Les édifices affectés au culte lors de l’adoption de la loi de 1905 sont confiés aux communes. L’article 5 de la loi établit que l’État, les départements et les communes sont également responsables de l’entretien et de la conservation de ces édifices.

👉 17 août 1911 : Un décret supprime officiellement la direction générale des cultes, remplacée par un simple bureau des cultes.

👉 1918 : À la fin de la Première Guerre mondiale, l’Alsace-Moselle, qui avait été annexée à l’Empire allemand en 1871, revient à la France. Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle demeurent sous le régime concordataire de 1802 modifié par l’Empire allemand (notamment sur les attributions des conseils presbytéraux et des consistoires ainsi que sur le statut des ministres des cultes).

👉 1921 : Reprise des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Un protocole est établi pour la nomination des évêques.

👉 Janvier 1924 : Signature des Accords Briand-Cerretti entre la France et le Vatican. La République reconnaît la soumission des associations diocésaines à la hiérarchie épiscopale tout en les considérant conformes à la loi de 1905.

👉 8 avril 1942 : Une loi supprime le délit de congrégation et prévoit que toute congrégation religieuse peut obtenir la reconnaissance légale par décret rendu sur avis conforme du Conseil d’État.

👉 4 octobre 1946 : Inscription dans la Constitution de la IVe République du principe de laïcité.

👉 31 décembre 1959 : Loi Debré sur la liberté de l’enseignement qui fixe les règles de fonctionnement et de financement (subventions) des établissements privés sous contrat.

👉 23 novembre 1977 : Décision du Conseil constitutionnel reconnaissant la liberté de l’enseignement comme un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

 

-  Nouveaux débats sur la laïcité
👉 Octobre 1989 : Après l’interdiction faite à trois adolescentes musulmanes du collège de Creil d’assister aux cours si elles continuent à porter un "foulard islamique", une polémique s’engage.

 

➡️ Pour lire la suite sur cette thématique (Nouveaux débats sur la Laïcité) c'est ICI

 

 

- [B] Et la France insoumise, elle en dit quoi ?

La laïcité est attaquée de toutes parts et instrumentalisée par ses adversaires historiques, intégristes religieux et racistes qui veulent aussi en faire un prétexte pour flétrir les musulmans. La laïcité est la condition de la liberté de conscience de chacun, de l'égalité et de la fraternité entre tous les citoyens quelle que soit leur option philosophique ou spirituelle. Elle rend possible une action de l'État au service de l'intérêt général.

 

“ L’Eglise chez elle, et l’État chez lui ”

Les mots de Victor Hugo sont notre meilleur guide par Bastien Lachaud, député France insoumise (texte du 25 janvier 2020 extrait)

 

  • Pourquoi parler aujourd’hui de liberté de conscience, de blasphème ?

A l’heure où Emmanuel Macron mène une offensive sans précédent contre nos droits sociaux et cherche à imposer par la force une réforme qui détruit notre système de retraites fondé sur la solidarité, il peut sembler curieux de voir une partie de l’opinion s’engager depuis une semaine dans la polémique qui a entouré les propos de Mila, une adolescente qui a exprimé en des termes crus son rejet de l’Islam sur les réseaux sociaux. L’unité de notre famille politique et de tous les français dans le combat social, plutôt que les querelles intestines autour des questions religieuses, devrait être à l’ordre du jour. Il faut toutefois en dire quelques mots simples, loin des tourments de la polémique. Car ne rien dire, c’est risquer d’abandonner la parole aux tartufes et aux malfaisants, qui instrumentalisent sans cesse la question religieuse ou le discours sur la laïcité pour provoquer la confusion. Et c’est risquer, à terme, de semer les germes de la division que l’on veut précisément éviter. 

 

  • Rappelons donc simplement les choses : la République garantit la liberté de conscience.

Cette liberté est absolue. La liberté d’expression, elle, n’est pas absolue, elle est limitée par la loi. Et seulement la loi. La loi interdit l’apologie des crimes, l’incitation à la haine, par exemple. Mais tout ce qui n’est pas interdit par la loi est protégé par la liberté d’expression. La liberté de critiquer, la liberté de caricaturer, la liberté de satire, la liberté artistique. C’est ce que d’innombrables personnes ont exprimé en reprenant le mot d’ordre “Je suis Charlie” en janvier 2015. La République est laïque, ce qui signifie qu’elle ne reconnaît aucun culte. Elle respecte et garantit la liberté des cultes, mais ne reconnaît aucun de leurs dogmes. Libre aux croyants de les suivre. Libre aux autres de ne pas les suivre. Libre donc de critiquer une religion ou ses dogmes. Libre de la caricaturer, même grossièrement. Il n’y a aucun blasphème en République.

 

Ces principes – la liberté de conscience et de culte, l’égalité des citoyens en tous domaines sans discrimination aucune, la séparation du politique et du religieux et la neutralité de l’Etat à l’égard de toutes les convictions – sont une condition fondamentale de la liberté de tous, croyants ou non croyants, de la paix civile, de ce que l’on a coutume d’appeler, même si l’expression est galvaudée, le vivre ensemble. Or, ils sont aujourd’hui presque quotidiennement mal compris, malmenés, bafoués, instrumentalisés. Cette confusion sème les germes de la division, d’un affrontement fratricide entre les français.

 

  • La confusion et l’équivoque règnent au plus haut sommet de l’Etat, et les principes laïques y sont malmenés.

Le président Macron a fait des déclarations inacceptables et contraires à la laïcité en prétendant que le lien entre l’Etat et l’Eglise aurait été abîmé. C’est une faute politique autant qu’une erreur historique, parce que ce lien a précisément été rompu, délibérément :  l’Etat est neutre, laïque, ce qui permet la liberté de conscience et de culte. 

 

Mais Macron ne s’est pas arrêté là dans ses outrages à la laïcité. Il a voulu nommer spécifiquement une “personnalité catholique” pour mener le chantier de Notre-Dame, commettant une discrimination religieuse patente et une atteinte directe au principe de laïcité.

 

Et que dire des récentes pitreries où le Président, toujours en visite officielle, donc en représentant de l’Etat, s’est affublé d’un signe religieux pour une visite. La France insoumise a toujours refusé un tel mélange des genres : le représentant d’une République laïque n’a pas à arborer de signes religieux ; les représentants de l’Etat n’ont pas à se plier aux exigences vestimentaires de telle ou telle religion – notre programme précise ainsi que nous refuserions “de rencontrer d’État à État ceux qui obligent nos ministres femmes à porter des accoutrements contraires à la dignité républicaine”.

 

Avant Emmanuel Macron, les présidents Sarkozy et Hollande ont déjà pratiqué ce mélange des genres, en acceptant le titre de chanoine de Latran, c’est-à-dire curé d’honneur du pape. Accepter cela est indigne d’un Président d’une République laïque, et contrevient encore directement à la laïcité, en acceptant, en tant que représentant de l’Etat, une distinction religieuse.

 

  • Non seulement le président et le gouvernement attentent à la neutralité de l’Etat, mais ils utilisent une laïcité à géométrie variable pour tantôt cajoler les uns, tantôt condamner les autres.

Le même pouvoir qui se félicite de la nomination d’une “personnalité catholique” – espérant peut être complaire à on sait quel électorat supposé – se raidit par ailleurs lorsqu’il prétend régenter la pratique des croyants d’une autre religion à travers le projet d’un supposé “ Islam de France ” organisé par l’Etat : délire gallican, bien loin de la laïcité, et qui porte atteinte à la liberté des croyants.  De même, un ministre, Jean-Michel-Blanquer, se permet de s’affranchir de la neutralité de l’Etat pour donner un avis sur le port du voile qui ne serait “ pas souhaitable dans la société ” – non pas seulement chez les représentants de l’Etat ou à l’école, comme le prévoit la loi, mais dans l’ensemble dans l’espace public : un propos qui porte directement atteinte à la liberté de culte des musulmanes, alors qu’elle devrait être protégée, de la même manière que tous les autres choix spirituels et philosophiques.

 

  • Nous voilà ramenés quelques années en arrière, au moment de la funeste polémique sur le burkini !

La laïcité est malmenée par ceux qui l’instrumentalisent pour semer la haine contre les musulmans, tentant ainsi de cacher sous le masque d’un discours prétendument laïque ce qui n’est rien d’autre que du racisme à l’égard d’une partie de la population. 

 

Ce procédé est habituel à l’extrême-droite, qui en a fait son fond de commerce. Mais il est à présent repris au sein même de la majorité présidentielle. Les représentants de la République En Marche n’hésitent pas à introduire sciemment le vocabulaire religieux dans le champ politique pour discréditer leurs adversaire, et à surfer sur la haine des musulmans propre à l’extrême droite. S’en prenant au mouvement social contre la réforme des retraites, un député de la majorité a ainsi tweeté : “ islamistes et syndicalistes radicaux, même combat contre la République et la démocratie ”. Pur fantasme ! On se demande bien quels “ islamistes ” le député en question a pu voir parmi les manifestants rassemblés devant le théâtre des Bouffes du Nord pour contester le président Macron ! A moins qu’il ne joue sur un sentiment raciste, qui lui fait imaginer de prétendus “islamistes” à la seule vue de personnes dont l’apparence lui déplaît, racisme qu’il cherche à exciter chez ceux à qui il s’adresse.

 

  • Ce discours finit par imprégner toute la société.

D’aucuns feignent de parler de laïcité ou de religion pour stigmatiser une population et un territoire entier. Dans ma propre circonscription, la ville d’Aubervilliers a été victime de ce procédé scandaleux. Une chaîne d’information en continu c’est ainsi permise de décrire la ville comme une “enclave islamiste”, sur la base de faits tronqués, de généralisations hâtives et sans fondements. “Enclave islamiste” ? Les priorités des habitants sont tout autres ; elles sont les mêmes que celles de tous les français : l’emploi, le logement, l’accès au services publics. Ceux d’entre eux qui croient vivent leur foi de façon pacifique et privée. Qu’ont-ils fait pour être suspectés et mériter la vindicte gratuite de quelques faiseurs d’opinion, si ce n’est ne pas avoir la soi-disant “bonne” origine, la bonne couleur de peau, le bon patronyme, la bonne religion ! Et l’on se permet d’accuser la maire communiste de la ville, de lui reprocher une prétendue complaisance. Elle, militante humaniste de toujours, qui a précisément quitté l’Algérie au début des années 1990 pour échapper aux menaces des fondamentalistes qui voulaient imposer la loi religieuse dans la société. Qu’a-t-elle fait pour mériter un tel traitement, si ce n’est de porter un nom algérien ? Ne soyons pas dupes : ceux qui stigmatisent et répandent ainsi la haine ne sont pas préoccupés par la laïcité et la liberté de conscience ; il ne font que dévoyer ces principes pour mieux cacher leur rejet d’une partie de nos compatriotes pour ce qu’ils sont. Militants antiracistes, nous n’accepterons jamais cela. Nous l’avons signifié en défilant le 10 novembre contre la haine anti-musulmans, tout comme nous l’avions fait contre l’antisémitisme. 

 

  • Nous devons combattre ces faux semblants, ces mésusages des principes laïques.

Car dès lors que de toutes parts – y compris du côté du chef de l’Etat et de la majorité au pouvoir – l’on entretient la confusion, l’on pratique une laïcité à géométrie variable, il n’y a pas à s’étonner que les boussoles perdent le nord et que toutes les dérives soient permises. En invitant le religieux dans le débat public et en l’utilisant à des fins politiciennes, les apprentis sorciers ouvrent une boîte de pandore. Ils ouvrent grand la porte aux minorités agissantes les plus infimes et intolérantes, qui donnent à nouveau libre cours à leur ambition de voir le religieux régenter l’espace public.

 

C’est pourquoi il importe de répéter encore une fois des principes simples : on a le droit de critiquer une religion, comme on a le droit de critiquer un propos ou une chanson la critiquant. Mais on ne peut pas vouloir censurer la critique d’une religion, qui est protégée par la liberté d’expression. Libre à chacun de ne pas aimer un texte, une chanson, un dessin, de le trouver stupide ou obscène, mais libre aussi à l’auteur de les faire. Rien ne justifie que ceux qui se sentent offensés réagissent par la menace, la violence. Libre à eux de saisir la justice s’ils estiment qu’il y a incitation à la haine. En l’espèce, une telle plainte ne déboucherait vraisemblablement pas, car critiquer une religion n’est pas appeler à la haine raciale. Condamner la critique d’une religion, d’un Dieu – même quand elle utilise des termes vulgaire – ce serait rétablir un délit de blasphème. Ce serait accepter que la religion régente l’espace et la parole publiques. Ce serait n’être plus dans une République laïque. 

 

Il est du devoir des militants de l’émancipation, des humanistes épris de concorde sociale et de tolérance que nous sommes de rejeter tout mélange du politique et du religieux, quelle que soit l’intention et d’où qu’il vienne – d’une religion ou d’une autre, d’un camp politique ou de l’autre. “ L’Eglise chez elle, et l’Etat chez lui ” : les mots de Victor Hugo sont notre meilleur guide. Là est le seul principe qui garantit la liberté de conscience et de culte de tous et l’harmonie entre nous. L’écrasante majorité de nos concitoyens, qu’ils soient croyants ou pas, ne demande pas autre chose !

 

 

-  Communautarisme, séparatisme, laïcité : Mélenchon répond à Macron

Le mardi 18 février 2020, Jean-Luc Mélenchon répondait en direct à l'intervention d'Emmanuel Macron sur le communautarisme, le séparatisme et la laïcité. Il a expliqué que parler de laïcité dans un territoire concordataire était une bien étrange idée et a dénoncé une prise de parole qui revenait encore une fois à montrer du doigt l'islam et la religion musulmane. Il a appelé sur ces questions à agir avec discernement et d'abord à vérifier, avant de mettre en place des dispositifs particuliers, que la loi existante ne permettait pas de répondre aux enjeux posés par le communautarisme. Jean

 

Luc Mélenchon a expliqué également que pour être forte, la laïcité ne devait pas être appliquée à géométrie variable. Il a donc appelé à arrêter les cérémonies religieuses officielles et la participation de représentants de l'État à ces cérémonies. Il a, enfin, dénoncé une nouvelle diversion dans les propos du président de la République.

 

-  Pour ALLER PLUS LOIN…

Qu'en dit l'Avenir en commun ?
La laïcité est attaquée de toutes parts et instrumentalisée par ses adversaires historiques, intégristes religieux et racistes qui veulent aussi en faire un prétexte pour flétrir les musulmans. La laïcité est la condition de la liberté de conscience de chacun, de l'égalité et de la fraternité entre tous les citoyens quelle que soit leur option philosophique ou spirituelle. Elle rend possible une action de l'État au service de l'intérêt général.

 

👉 Cliquez sur l'image ci dessous ⬇️

 

Ce livret détaille la vision particulière de la France insoumise sur la laïcité en tant qu'outil d'émancipation politique et sociale et les mesures nécessaires pour en assurer le respect.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité à Lyon le 20 juin 2008

- Laïcité et démocratie par Jean-Luc Mélenchon (Remue-Méninges du PG le 28 août 2010)

- Laïcité et Paix Civile : Conférence de Jean-Luc Mélenchon au Théâtre Déjazet à Paris le 12 janvier 2015

- Mélenchon, hier à Toulouse, annonce l'abrogation du concordat Alsace-Lorraine, s'il est élu Président de la République

- Défense de la laïcité au Parlement européen 9 juin 2016 

- Ce que l’unité du pays veut dire

- Jean-Luc Melenchon : Religion et liberté de conscience

- Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité: "Nous avons eu 3 siècles de guerre de religions, il ne faut pas mettre le doigt là-dedans"

- Liberté de culte : Jean-Luc Mélenchon, l'allié inattendu des catholiques ?

- Reconstruire la République laïque UFAL : Reconstruire la République laïque

- Assassinat de Samuel Paty

- La France insoumise appelle le peuple de France à se regrouper ce dimanche autour du corps enseignant

- Éradiquer le terrorisme islamiste, c’est possible

- Les tartuffes de l’antiterrorisme : au sujet des contempteurs de « l’islamo-gauchisme »

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 20:26
En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !
En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

Appel pour faire advenir une alternative populaire et démocratique ;

Appel pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant·es de Nouvelle-Aquitaine

 

Cet appel, dont vous retrouverez le texte complet ci-dessous, s'inscrit dans la démarche nationale de la France insoumise[1] appelant des programmes communs se traduisant par la mise en place dans un cadre national des coalitions, identifiées par un label, représentatives dans la composition des listes et le choix des têtes de listes de la diversité de celles et ceux qui les soutiennent pour mettre en œuvre des programmes de rupture sociale, écologique et démocratique dans les départements et régions du pays. 

Les insoumis de la Nouvelle-Aquitaine souhaitent que l’avenir de la région s’articule autour d’un programme atteignable, concret, partagé et concerté répondant à trois grandes priorités :
- La mise en place d’un bouclier social immédiat ;
- La bifurcation écologique ;
- La rénovation démocratique au service de l’intérêt général...

A cette fin, ils vous invitent à signer et faire signer l’appel pour un cap commun en Nouvelle-Aquitaine ! ⬇️

 

Sources : La France insoumise | mis à jour le 05/11/2020

En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

La Nouvelle Aquitaine face aux défis sociaux et écologiques : Appel pour un cap commun, citoyen et populaire

 

Les faillites, les licenciements, le chômage : la réduction des moyens de subsistance frappe une grande partie d’entre nous du fait de politiques anti-redistributives aggravées par l’épisode de confinement face au coronavirus. Les loyers ne cessent d’augmenter et ainsi ce sont 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté aujourd’hui en France. La crise sociale ne se réglera pas en faisant encore des cadeaux aux 0.1 % les plus riches.

 

La crise climatique sans précédent apparaît aujourd’hui non pas comme une perspective plus ou moins lointaine mais comme une réalité tangible pour tous. Que ce soit la perte de biodiversité, les enchaînements climatiques majeurs (sécheresses, canicules, inondations), ou les épisodes de pollution, jusqu’alors réservés aux grandes villes du sud maintenant étendus à nos campagnes, tout démontre l’emballement climatique et la responsabilité de nos activités sur celui-ci. La crise sanitaire actuelle est aussi une conséquence de ces dérèglements écologiques.
Tous ces bouleversements ont révélé l’incapacité du gouvernement à s’organiser pour y faire face.

 

En mars 2021 auront lieu les élections régionales et départementales. Face à ces inconséquences du pouvoir macroniste elles sont une opportunité pour faire face à l’urgence sociale et pour planifier les grandes bifurcations écologiques aujourd’hui indispensables dans le cadre des compétences dévolues aux collectivités territoriales.

 

C’est sur une nouvelle trajectoire que nous proposons aux organisations et mouvements politiques  et citoyens, aux associations, syndicats s’inscrivant dans la résistance aux réformes néo-libérales d’Emmanuel Macron, d’accorder nos forces et nos démarches, parce que nous faisons séparément les mêmes constats et que globalement nous apportons des réponses convergentes. Il s’agit d’organiser la planification pour la satisfaction de l’intérêt général face aux défenseurs des intérêts privilégiés. Il est nécessaire de programmer ensemble l’avenir de la Nouvelle Aquitaine avec ces trois priorités :

  • La mise en place d’un bouclier social immédiat pour préserver la santé, l’emploi, les droits sociaux en imposant des conditions sociales et environnementales  aux aides publiques dispensées par la région aux entreprises et aux associations, et en programmant des mesures d’aide et de solidarité pour les personnes et les familles en difficulté. L’accès à la culture est évidemment inclus dans cette stratégie régionale.
  • La bifurcation écologique pour des transports propres, une alimentation saine et une agriculture paysanne, locale et biologique : stopper l’artificialisation des terres agricoles et les grands projets inutiles et imposés, organiser une filière alimentaire scolaire bio et locale, préserver la ressource en eau, donner la priorité aux transports ferroviaires, voyageurs et marchandises, et à leur maillage équilibré.  La situation géographique particulière de notre Région nous impose aussi d’agir face au recul du trait de côte et à la hausse du niveau des océans.
  • La rénovation démocratique au service de l’intérêt général en s’appuyant notamment sur l’implication citoyenne et la souveraineté populaire avec l’outil du référendum d’initiative citoyenne locale, avec l’application effective du mandat révocable de nos élu.e.s, et la mise en place d’une commission citoyenne de contrôle des budgets et financements.

 

A cela s’ajoute la crise sanitaire majeure à laquelle l’organisation de l’état n’a pas su ou pas voulu répondre, laissant l’auto-organisation aux hôpitaux publics et aux systèmes de santé faire face seuls, sans investissements techniques et en personnels à la hauteur des enjeux sanitaires. Cet exemple montre, s’il en est besoin, la nécessité de services publics suffisamment dotés et organisés, justement répartis à travers nos territoires, pour un égal libre accès à tous nos concitoyens.

 

Ces services publics seront encore plus précieux pour faire face à l’aggravation de la crise sociale et économique qui s’avance dans les centres urbains comme en zone rurale.

 

 

-  En mars 2021, tourner enfin la page !
Le président Rousset à une vison sur tous ces sujets , elle lui est propre et nous ne la partageons pas. Nous ne souhaitons pas continuer la voie qu’il a tracé durant ces nombreuses années, qui n’est finalement qu’une voie sans issue.
Il  est aujourd’hui indispensable de répondre aux enjeux en fixant non pas un horizon, mais bien un objectif avec des points d’étapes, atteignables, concrets, partagés et concertés.

 

La complémentarité et l’égalité entre les trois anciennes régions fusionnées, Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin est une voie juste pour un développement équilibré de la Région Nouvelle Aquitaine, fondé sur la valorisation des atouts et des savoir-faire de chaque territoire. S’appuyer sur la coopération des territoires plutôt que sur la concurrence doit être la nouvelle méthode de travail.

 

  • Nous voulons engager les bifurcations nécessaires pour répondre aux enjeux de l’urgence écologique, de l’urgence sociale et de l’urgence démocratique et nous devons le faire avec les forces progressistes, humanistes, écologistes, féministes, avec les paysans, les artisans et PME, avec les citoyennes et les citoyens engagés pour l’écologie populaire  et les droits sociaux, avec les membres des syndicats, associations, ONG, Gilets jaunes
  • Nous avons des objectifs sociaux, économiques et écologiques communs. Nous appelons à former des  listes  communes pour les élections départementales et régionales, à même de faire advenir une alternative populaire et démocratique pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant.e.s de Nouvelle Aquitaine.

 

En Nouvelle-Aquitaine, les insoumis·es écrivent et lancent un appel pour un cap commun, citoyen et populaire !

- A nous tous ensemble d'agir

  • Pour faire advenir une alternative populaire et démocratique ;
  • Pour changer ensemble la vie et l’avenir des habitant·es de Nouvelle-Aquitaine

👉 Signez et faites signer l’appel pour un cap commun en Nouvelle-Aquitaine !

​​​​​​​

👉 👉  Je signe l'appel ICI

 

 

Notes :

[1Départementales, régionales : La France insoumise appelle à des programmes communs

 

Pour en savoir plus :

- Charente : la France Insoumise joue la carte citoyenne

 

La fédération populaire, ça avance :

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 16:39
La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise, fruit de l’impasse des politiques néolibérales
La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise, fruit de l’impasse des politiques néolibérales

Le bal des hypocrites : Regarder les pleurer sur Bridgestone !

..., il faut reprendre le pouvoir, plutôt que de pleurer sur les conséquences du renoncement à tout pouvoir.

 

Depuis 30 ans ils regardent les usines partir. Depuis 30 ans ils laissent faire : zéro protection de l'industrie, zéro quota d'importation, zéro taxe aux frontières et aujourd'hui ils viennent faire les pleurnicheurs sur le parking de Béthune... Mais, comme le dit François Ruffin les traîtres, c'est eux !

 

Sources : Europe Solidaire Sans Frontières par GODIN Romaric, JARDINAUD Manuel

- La fermeture de l’usine Bridgestone : tout sauf une surprise
Le fabricant de pneus a annoncé la fermeture de son usine de Béthune avec 863 licenciements à la clé. Des politiques de tous bords s’émeuvent de cette « trahison ». Mais en contrepartie des aides publiques déversées depuis des années, (entre 2008 et 2016 620 000 d'€ d'aides régionales, en 2008, la CDA de Béthune a versé presque 1,2 million d'€ au groupe japonais, en complément du versement de 620.000 euros de la Région mentionné précédemment. A cela s'ajoute 500.000 € du FEDER (fonds européen) ainsi que 320.000 € de l'Etat. Au total, les aides publiques depuis 2008 avoisinent donc 2,6 millions d'euros et ce n'est pas tout. , 1,8 million d'€ de CICE en 2017[1] et autant en 3018[4]), rien n’était exigé de l’entreprise.

 

La fermeture annoncée, le 16 septembre, de l’usine de Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais) risque de priver d’emploi 863 salariés. Soit la totalité de l’effectif. Face au désastre social à venir, chacun y va de son cri d’orfraie. Et découvre une nouvelle fois les limites des politiques publiques de subventions et d’aides aux industriels.

 

 

🔴 Pour la direction du fabricant japonais de pneus, les données sont simples : le site de Béthune n’est plus adapté au marché des véhicules de tourisme.

Dans un communiqué au ton compassionnel pour les salariés concernés, elle met en cause une tendance économique mettant une pression sur les prix alors que « l’usine de Béthune est la moins performante parmi toutes les usines européennes de Bridgestone ».

 

Cette dernière phrase dit évidemment tout du dumping social en marche dans l’Union européenne (UE) où Bridgestone continue de développer ses implantations au détriment de territoires historiques comme dans le Nord.

 

Le député communiste Fabien Roussel a immédiatement dénoncé les millions d’euros investis par l’industriel en Europe de l’Est au détriment de l’usine française [2]. Selon lui, Bridgestone a dépensé 140 millions d’euros en Pologne et 190 millions d’euros en Hongrie pour moderniser sa production.

 

« Avec de l’argent de l’UE », précise l’élu. De fait, dans un exercice de vérification, le site du Figaro confirme que l’un des investissements a bénéficié d’une large subvention européenne. En Pologne, accepté en 2013, le projet « a bénéficié d’une subvention européenne à hauteur de 24 millions d’euros ». Bruxelles participe à la création de déséquilibres au sein de l’Europe en déversant une manne quand, de l’autre côté du continent, l’outil de production se meurt à petit feu.

 

La course aux subventions et aux aides diverses est devenue une spécialité de ces industriels qui bénéficient des largesses des pouvoirs publics pour maintenir l’emploi au maximum, dans des territoires souvent sinistrés. En jouant le chacun pour soi, au-delà des frontières.

 

Aujourd’hui, les politiques de tous bords s’émeuvent, de tribunes en interviews, d’une supposée trahison de Bridgestone qui n’aurait pas respecté ses engagements en contrepartie des aides publiques touchées au fil des ans. Contreparties qui, dans les faits, n’existent pas.

 

  • " L’État ne doit plus verser d’aides publiques aux grandes entreprises sans contrepartie. L’État doit exiger le remboursement des aides publiques de la part des licencieurs en série. L’État ne doit pas hésiter à envisager la nationalisation des sites industriels que les financiers désintègrent pour leurs profits ", déclare la France insoumise[3].

 

Selon plusieurs médias reprenant des sources syndicales, Bridgestone a récupéré 1,8 million d’euros en 2018 au titre du CICE. Depuis, c’est sous forme d’allégements de cotisations sociales que l’entreprise a pu bénéficier de cette forme de subvention que vient de largement étriller, quant à son efficacité, un rapport d’évaluation.

 

 

🔴 Mais comme toute société éligible, l’industriel n’avait aucune obligation en terme d’emploi.

Il avait d’ailleurs décidé de se passer des services d’une centaine d’intérimaires en 2019 sans que cela n’émeuve aucun personnel politique.

 

En outre, et cela a provoqué la colère de Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, l’équipementier a récupéré une subvention régionale de 120 000 euros en 2017 pour financer de la formation. L’ex-ministre du travail, pourtant au fait de la liberté laissée aux entreprises aidées, a eu des mots très durs : « Une fermeture complète de ce site, c’est un assassinat. Et c’est un assassinat prémédité, prévu de longue date. […] On a affaire à des menteurs. »

 

Malgré cela, et pour ne pas perdre sa crédibilité d’élu aux côtés des salariés, il a indiqué que, si le groupe est prêt à « discuter d’un projet d’investissement sur ce site », l’État et les collectivités mettront alors de l’argent sur la table.

 

  • Au risque que l’histoire se répète ?

Car c’est exactement ce qui s’est déroulé pour l’ancienne usine Whirlpool à Amiens (Somme), devenue WN, qui a été vendue en licenciant à nouveau en juillet 2019 après avoir mobilisé énergie et fonds publics pour sauver le site industriel. « Un fiasco généralisé pour ce qui devait être la reprise pérenne du site de Whirlpool », écrivait Mediapart à l’époque [5].

  • Du côté du gouvernement, même aveuglement, où l’on feint la surprise face à une telle pratique de la part de Bridgestone et où l’on ne retient pas les leçons du passé.

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’industrie, et Élisabeth Borne, ministre du travail, ont été dépêchées sur place le 21 septembre. Pour Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, il s’agit d’une « trahison ». Pour le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, c’est une décision « révoltante ».

La première, au micro d’Europe 1 [6], indiquait peu après l’annonce de Bridgestone : « Je trouve incroyable que dans ce moment particulier, où il y a des moyens pour investir dans les salariés, dans de nouveaux équipements, on ne donne pas un avenir au site de Bridgestone. » Elle faisait ainsi allusion au dispositif d’activité partielle longue durée (APLD) notamment, censé être l’arme antichômage au cœur de la crise. L’entreprise a déjà bénéficié du chômage partiel, en fermant momentanément son usine pendant le confinement.

 

 

🔴 Pourtant, et quand bien même le fabricant de pneus accepterait de surseoir provisoirement à fermer son usine en recueillant de l’argent public, ses déclarations sont claires

« Il n’existe pas d’alternative qui nous permettrait de surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en Europe. Cette étape est nécessaire pour pérenniser les activités de Bridgestone à long terme », a déclaré Laurent Dartoux, le président de Bridgestone EMIA. Façon de dire que l’avenir est bien ailleurs, en Asie par exemple[6 bis].

 

  • Le député François Ruffin (La France insoumise), qui a vu les mêmes causes produire les mêmes effets dans l’Amiénois (Goodyear, Continental, Whirlpool), a quant à lui vertement critiqué les outrances du pouvoir local et du gouvernement. « Ces politiques qui viennent jouer les pleurnicheurs […], il n’y en a pas un qui a commencé à mettre en œuvre une solution protectionniste. [...] Je considère que les traîtres, les cyniques, les menteurs, c’est le gouvernement. Ce sont les anciens ministres, les ministres qui ont ces propos-là », a-t-il dénoncé sur RMC (Voir ci dessous " Regarder les pleurer sur Bridgestone ").

 

À l’issue de la rencontre entre les ministres, la direction de Bridgestone et l’intersyndicale, un accord de méthode a été conclu afin d’expertiser des pistes alternatives à la fermeture du site. S’il échoue, l’usine éteindra définitivement ses machines avant l’été 2021.

 

- L’impasse des politiques néolibérales

Les mêmes qui prônent la liberté d’action pour les entreprises feignent de se lamenter de ses effets sur l’emploi. L’incapacité de lier les deux reflète l’aveuglement de cette politique de l’offre, version managériale du « ruissellement[7] ».

 

 

🔴 Derrière les larmes de crocodile et les indignations de façade, l’affaire Bridgestone révèle la faillite des politiques économiques menées depuis plus de 30 ans.

Des politiques soutenues, conçues et imaginées par les politiques qui se lamentent aujourd’hui sur le sort du site du fabricant de pneus japonais et qui pourraient se résumer en une seule phrase : faire confiance aux choix des entreprises.

 

Toute l’action publique a été fondée sur cette idée que, puisque ce sont les entreprises qui « créent des emplois », il faut leur donner les moyens de le faire, soit par des subventions directes, soit par de généreuses exonérations de cotisations sociales, soit par la baisse de la charge fiscale.

 

  • Cette vision était logique au regard de l’idéologie dominante et des méthodes qui en découlaient.

Tous les modèles macro-économiques sont « microfondés », autrement dit, ils sont la projection des comportements individuels des acteurs économiques au niveau d’une économie. Pour créer des emplois, il faudrait donc donner plus de moyens financiers d’embaucher aux entreprises. C’est, dans la vulgate politique, le fondement de la « politique de l’offre », qui consiste à penser que rendre le travail moins cher pour les employeurs les conduira à créer des emplois.

  • Cette pensée n’est donc rien d’autre qu’une forme de la théorie du « ruissellement[7] », qui s’appuie sur les entreprises.

Le calcul était le suivant : les exonérations, subventions et autres crédits d’impôts devaient retomber sur la population sous la forme d’une pluie d’emplois. Mais rien ne s’est produit comme prévu.

 

Dans un monde où la mobilité des capitaux est un totem, où la financiarisation des entreprises est généralisée, où la valeur actionnariale domine et où la production est un mal nécessaire, ces politiques, qui ne sont rien d’autre qu’une version naïve de la « main invisible » d’Adam Smith, sont vouées à l’échec. Les groupes internationaux agissent selon les « opportunités ». Ils viennent pour s’emparer de savoir-faire ou profiter de certaines « opportunités », et repartent dès qu’ils ont l’occasion d’accroître ailleurs leurs profits. Derrière le mirage de « l’attractivité » (la France a toujours été dans le trio de tête des pays les plus attractifs du monde), il y a une constante déception. Ces flux de capitaux repartent aussi vite qu’ils arrivent ; ils ne viennent pas pour assurer un développement mais pour opérer des razzias.

 

 

🔴 Jamais les promesses de ces politiques n’ont été tenues, ni le CICE, ni les exonérations de cotisations, ni les baisses d’impôts aux entreprises ni les réformes du marché du travail n’ont stoppé la dégradation de l’outil productif français.

Cette dégradation n’est pas une spécificité française, du reste. Malgré une politique fiscale et sociale ultra-agressive, le Royaume-Uni a connu le même phénomène de désindustrialisation massive depuis 40 ans.

 

  • On peut, certes, comme le font certains, prétendre que tout cela n’est pas suffisant.

Ce n’est pas assez d’avoir dépensé entre 2013 et 2019 134 milliards d’euros de CICE, d’avoir dépensé autant par an de subventions, d’avoir les taux de financement les plus bas de l’histoire, de promettre la baisse des impôts de production pour 10 milliards d’euros par an et celle de l’impôt sur les sociétés d’autant. Le tout dans un contexte où « l’optimisation fiscale » reste une pratique courante des grands groupes. On peut toujours le penser. Mais est-ce sérieux ?

  • En réalité, l’affaire Bridgestone vient appuyer à l’endroit précis de l’échec de ces politiques.

Car, enfin, voici une entreprise qui, non contente d’avoir bénéficié de toutes les aides, subventions et exonérations passées, pouvaient compter sur des promesses alléchantes : baisse des impôts sur la production et du taux d’impôt sur les sociétés, nouveau round de réforme du droit du travail, nouvelles aides directes dans le cadre du plan de relance. Mais rien n’y a fait. Les « anticipations rationnelles » de la multinationale l’ont conduite à fermer l’usine.

 

 

🔴 La vraie source de la colère des membres du gouvernement et de l’exécutif régional est donc avant tout la révélation de l’inanité de ces politiques qu’ils défendent depuis des décennies et qui sont prétendument créatrices d’emplois. 

En transférant aux entreprises seules la tâche de créer des emplois dans un contexte de mondialisation financiarisée, ils se retrouvent régulièrement les dindons de la farce. Car si les entreprises sont libres, dans leur intérêt, de créer des emplois, elles sont tout aussi bien libres d’en détruire.

 

 

🔴 Le piège se referme alors sur ces dirigeants qui touchent du doigt cette réalité que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts des entreprises.

Lorsque l’on accepte le chantage à l’emploi comme un pilier de la politique économique, on transfère aux entreprises les principaux choix économiques et sociaux. On peut ensuite venir s’en plaindre, mais il y aurait là de quoi rire si la situation n’était pas aussi dramatique pour les salariés. Car ce sont bien les mêmes qui, par temps calme ou lors des grands discours théoriques, prétendent que l’économie, cela consiste à soutenir les entreprises.

  • N’est-ce pas Emmanuel Macron qui avait promis dans Forbes [8], le 1er mai 2018, la fin de « l’exit tax », cette taxe contre les fuites de capitaux, parce qu’elle découragerait les investissements ?
  • N’est-ce pas Jean Castex qui, lors de son discours de politique générale le 15 juillet, prétendait que « l’économie, c’est l’entreprise et l’initiative » [9] ; et que donc il fallait laisser faire ?
  • N’est-ce pas Bruno Le Maire qui refusait toute demande de contreparties aux baisses d’impôts sur la production parce que, comme il l’a dit aux Échos [10], « imposer des conditionnalités nous ferait perdre du temps pour la relance et conduirait à un échec » ?

Mais s’il n’y a pas de contreparties, c’est bien que les entreprises font toujours les bons choix. Pourquoi ensuite venir blâmer Bridgestone ? Parce que l’entreprise japonaise prouve déjà l’inefficacité du plan de relance par l’offre du gouvernement, venant démentir directement Bruno Le Maire, qui affirmait dans cette même interview que ce plan « produisait déjà ses effets » ?

 

 

🔴 Il est vrai que, parfois, ces choix ne sont pas désintéressés.

Que penser du délégué interministériel aux restructurations Marc Glita, qui a participé aux négociations avec Bridgetone et qui, soudainement, selon le site Contexte, devient conseiller [11] du patron de Plastic Omnium et de l’AFEP, l’association des grandes entreprises, Laurent Burelle, par ailleurs un des plus farouches partisans du refus de toute contrepartie au plan de relance ? Peut-on sérieusement la veille prétendre défendre les emplois contre une entreprise « voyou » et le lendemain défendre la liberté totale des entreprises d’utiliser les cadeaux fiscaux à leur guise ? Et peut-on croire à l’engagement de l’État dans ce cas pour défendre réellement les emplois menacés par sa propre politique ?

 

 

🔴 Concrètement, cette politique est un désastre.

Elle désarme la puissance publique, décrédibilise l’action syndicale et ne stoppe nullement la désindustrialisation. Il n’y a là rien d’étonnant. La désindustrialisation est un phénomène assez général en Occident, la production à faible valeur ajoutée ayant été transférée dans des pays à bas coûts. Quant au haut de gamme, l’Allemagne s’en est assuré le monopole par sa politique mercantiliste fondée sur la modération salariale. Les autres en sont réduits à des expédients : bulle immobilière, destruction de l’État-providence ou encore fuite en avant financière.

 

 

 

🔴 Pendant longtemps, on a pensé que tout cela n’était pas si grave.

C’était le discours sur la « destruction créatrice ». Sauf que, là encore, la promesse a perdu de sa superbe. En théorie, cette destruction créatrice concerne l’industrie : les emplois les moins productifs sont remplacés par des emplois plus productifs, plus nombreux grâce aux investissements. Mais le schéma n’est plus pertinent dans le capitalisme contemporain. Les gains de productivité sont minimes et le bas de gamme industriel, comme le haut de gamme, repose très largement sur une baisse relative du coût du travail. Comment en serait-il autrement ? Les investissements productifs sont coûteux et incertains, tandis que les marchés financiers et l’immobilier affichent de beaux rendements.

 

Le résultat de tout cela, c’est que les emplois créés ont été souvent d’assez mauvaise qualité : soit mal payés, soit précaires, soit fragmentés dans le temps. Les réformes du marché du travail, les subventions aux entreprises et autres baisses de cotisations sur les bas salaires ont encore aggravé le phénomène. Mais, progressivement, la numérisation et la destruction du droit du travail ont transformé pour beaucoup la tertiarisation en un cauchemar de précarité. On comprend que ces perspectives ne fassent pas rêver les ouvriers de Bridgestone et que même les hommes politiques n’osent plus défendre un tel mythe.

 

D’autant que la crise sanitaire est venue donner le coup de grâce à ce beau modèle. Les services connaissent avec les mesures sanitaires et les changements de comportement un choc négatif de productivité qui laisse présager de nouvelles pressions sur le travail. Parallèlement, les entreprises industrielles, elles, cherchent à maintenir leurs marges en accélérant les délocalisations, et ce ne sont pas les cadeaux fiscaux du gouvernement qui pourront freiner le phénomène.

 

 

🔴 Le cas Bridgestone est donc un nouveau symptôme de l’échec flagrant d’une politique économique qui transfère entièrement aux entreprises la création d’emplois et identifie leurs intérêts avec l’intérêt général.

Mais les choix micro-économiques ne sont que les conséquences des choix macro-économiques. La naïveté de la pensée du libre-échange, de la financiarisation et de la libre circulation des capitaux a produit des effets que les ouvriers de l’équipementier japonais peuvent amèrement constater, après tant d’autres. C’est bien pour cette raison que les rodomontades de politiques qui, partout, défendent le libre choix des entreprises comme créateur d’emplois ne sont pas sérieuses.

 

 

 

🔴 Le vrai enjeu, c’est bien celui du pouvoir.

Qui décide de quels emplois une société a besoin et de la manière d’assurer un niveau de vie décent à tous ? Le transfert de ces choix au seul marché, par ailleurs pas réellement libre dans les faits, tant la tendance oligopolistique du capitalisme contemporain est forte, conduit à un double effet : l’affaiblissement d’un État désarmé devenu l’idiot utile du capital et le creusement des inégalités de revenus et de conditions sociales.

 

Il semble donc urgent d’en finir avec ce « ruissellement » par les entreprises et le chantage à l’emploi. Et pour cela, il ne faut pas des hochets comme cette « charte des contreparties » proposée par Bruno Le Maire. Il faut un changement complet de logique.

 

Plutôt que de déverser des dizaines de milliards d’euros sur les entreprises, il faut assurer la création directe d’emplois dans la production et les services en rapport avec une définition démocratique des besoins, rendre l’intérêt de la délocalisation de certains sites moins attractif en renonçant à une mondialisation naïve et briser tout chantage à l’emploi par une vraie garantie de l’emploi et une assurance-chômage élargie. Bref, il faut reprendre le pouvoir, plutôt que de pleurer sur les conséquences du renoncement à tout pouvoir.

 

 

- Que faire contre les ayatollahs de la concurrence ?

Par François Ruffin, député France insoumise. Bridgestone, 5G, néonicotinoïdes, même combat ! Vous me croyez pas ? Vous allez voir : derrière tout ça, il n’y a qu’une seule et même injonction, à la concurrence. La course en avant, qui devient une course au néant.

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 20:00
Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille
Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille

Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2012 – discours pour la sixième République place de la Bastille

Je rentre fraîchement des AMFiS de Valence[1], après quatre jours denses et extrêmement enrichissants. Pour commencer, il est nécessaire de remercier les organisatrices et organisateurs, militantes et militants bénévoles pour l’excellente tenue de nos universités d’été de la France insoumise. Ceci étant dit, je vais passer directement au cœur de ce que m’a inspiré cette édition 2020 de nos AMFiS à Valence. Mon avis est qu’avec dix ans d’implication et de recul sur la théorie et la pratique politiques, la révolution citoyenne s’inscrit dans un temps long.

 

Je me souviens comme si c’était hier de mon premier grand meeting politique : c’était le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon le 29 juin 2011 à Paris, place Stalingrad[2]. A cette époque, tout jeune militant de 24 ans, je n’avais pas pris la mesure de ce qui allait être germé par le primo-candidat d’alors : les graines de la révolution citoyenne. La victoire de François Hollande n’avait pas permis de comprendre ce qui s’était passé lorsque pour la première depuis des décennies, une gauche radicale atteignait 11% à l’élection présidentielle. Les analyses de l’époque étaient centrées sur la personnalité du candidat Mélenchon. Pas sur ce qu’il portait à l’époque.

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM |

- La théorie de l’ère du Peuple est absolument nécessaire et centrale pour comprendre qu’une révolution citoyenne se traduit sur un temps long.

Et les 11% de Jean-Luc Mélenchon sont la première étape de ce processus de révolution qui ne va pas s’arrêter. L’ère du Peuple décrit comment une révolution citoyenne passe par plusieurs étapes, parfois distinctes entre elles, parfois mêlées : ce sont les phases destituantes et constituantes. 2012 a été la première étape de la phase destituante du processus. Il s’agissait à l’époque de se redéfinir comme un « nous ». En cela, l’introduction du discours pour la 6ème République en 2012 place de la Bastille[3] est une illustration parfaite du mon propos. Je cite : « Et où on était passés ? Où on était disparus, tout ce temps ? On se manquait, on s’espérait, on s’est retrouvés ! Génie de la Bastille, qui culmine sur cette place, nous voici de retour ! Le Peuple des révolutions et des rebellions en France ! ». Ainsi, le « nous » était constitué.

 

 

- La deuxième phase du processus destituant a donc été de lancer ce « nous » contre le « eux ».

C’est la période mondiale des Indignés, du mouvement des 99%. Elle se matérialiste par le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon le 5 juin 2016 à Paris[4] avec le défilé de la France insoumise. Toutes les professions ont défilé pour affirmer qu’ensemble, nous avons un « Avenir en Commun ».

 

La construction du programme a été faite avec les citoyens, les experts de tous les domaines, les associations et que sais-je encore. Cette nouvelle étape s’était voulue constituante, bien que la phase destituante était encore à l’œuvre. François Hollande en incapacité de se présenter, effondrement des partis traditionnels, émergence et élection d’Emmanuel Macron, le pays a continué à être traversé par le dégagisme de la phase destituante, alors même que le programme l’Avenir en Commun et Jean-Luc Mélenchon réunissaient 7 millions de voix et presque 20% à l’élection présidentielle de 2017. 

 

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2016 au défilé de la France insoumise à Paris

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2016 au défilé de la France insoumise à Paris

- Chacun le sait, ces deux phases sont encore et toujours à l’œuvre.

Le mouvement des Gilets Jaunes est passionnant en ce sens qu’il concentre, en son sein, les deux phases entremêlées de la révolution citoyenne qui adviendra dans les deux prochaines années. Pourquoi ? Une part immense du Peuple français a soutenu les GJ, même dans les phases les plus aigües de la crise. Les mots étaient sensiblement les mêmes que ceux que l’on retrouve partout où des révolutions citoyennes ont lieu : « Macron démission ! », « Dégage ! », et ainsi de suite. La phase destituante est donc bel et bien en cours entre 2018 et aujourd’hui alors que dans le même temps, la conscience de changer de république, de mode de pratiques politiques, allant vers plus de participation et de démocratie fait corps au sein des catégories de la population étant les plus éloignées de la politique. C’est la phase constituante qui est à l’œuvre.

 

 

- Nous sommes en résonance avec ces deux phases.

Chacun a bien compris depuis l’élection d’Emmanuel Macron que LFI était la principale opposition, mais dans le même temps, à chaque fois que le Peuple est entré en scène, par l’intermédiaire des Gilets Jaunes ou des manifestations pour le climat, nous sommes sortis renforcés. La débat médiatique se trompe totalement en mettant en avant les faibles scores aux européennes et aux municipales, pour plein de raisons, et finalement, il faut les en remercier. Ils n’ont pas conscience de ce qui se joue pour la présidentielle de 2022.

 

Nous sommes en résonance, disais-je. En effet, quand Macron convoque un grand débat, ou une convention citoyenne pour le climat, nous nous rendons compte que les résultats de ces travaux sont toujours à 90% en accord avec le programme l’Avenir en Commun. Nous gagnons des batailles idéologiques et concrètes depuis quelques années et cela ne va que dans le sens de ce que nous théorisons depuis plus de 10 ans maintenant. Tout cela, Mélenchon l’a bien détaillé lors de sa conférence sur l’ère du Peuple aux AMFiS de 2020.

 

 

- Passons maintenant à 2022.

Le discours de clôture des AMFiS d’été de Valence est un discours de campagne, quoi qu’on en pense. Radicalités concrètes, eau, énergie, propositions de fond et précisions tactiques, ce discours doit être vu par le plus grand nombre. D’ailleurs, l’intérêt a été grand puisque 3 chaînes d’informations en continu l’ont diffusé, 51 000 vues sur Youtube[5], 262 000 vues du meeting sur la seule page de Mélenchon sur Facebook, bref, l’audience a été large, et il faut l’amplifier !

 

Jean-Luc Mélenchon, le 23 août 2020 aux AMFiS d’été de la France insoumise à Valence

Jean-Luc Mélenchon, le 23 août 2020 aux AMFiS d’été de la France insoumise à Valence

2022 s’inscrira donc dans la fin de la phase destituante et l’avènement de la phase constituante du Peuple français sera rendue possible avec l’ambition de créer des « causes communes », comme le dit Jean-Luc Mélenchon. Après avoir construit patiemment le « nous », après avoir identifié le « eux », il s’agira maintenant de redéfinir collectivement les règles qu’on voudra se voir appliquées, bref refonder le Peuple français. C’est la convocation d’une assemblée constituante, le passage à une 6ème République, le partage de la richesse, la réappropriation des biens communs, le déploiement des services publics grâce aux outils de planification (écologique et économique), la réindustrialisation des secteurs clés de notre économie, et l’affirmation d’une souveraineté populaire retrouvée !

 

Quelle que soit la décision de Jean-Luc Mélenchon d’être notre candidat, ce que je souhaite, le mois d’octobre sera essentiel comme étape du processus de révolution citoyenne dans notre pays.

 

Alors que les partis traditionnels pensent que notre courant politique est isolé et essoufflé du fait des résultats aux européennes et aux municipales, nous pouvons continuer d’avancer sous les radars. Ils sont, comme les médias mainstream, incapables de replacer la politique dans le temps long. Ils sont déconnectés du Peuple français, du fait de ne pas considérer les révolutions comme des constructions sociales et politiques, dans un continuum, avec des temps chauds et des temps froids. Faut-il leur rappeler qu’en 2017, Mélenchon tutoie le second tour avec LFI alors que les municipales et les européennes de 2014 ont été mauvaises, de même que les cantonales et les régionales de 2015 ?

 

Ce Peuple constituant ne se déplace que lors de la seule élection susceptible de renverser la table : l’élection présidentielle. Et c’est exactement à cela qu’il faut continuer de travailler pour 2022.

De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long
De 2011 à 2022, la révolution citoyenne est un temps long

- Retrouvez la conférence des AMFiS 2020 « Des droits nouveaux pour une 6e République » avec :

  • Jean-Luc Romero-Michel (président de l’ADMD)
  • Raquel Garrido (Avocate)
  • Pierre-Yves Cadalen (groupe 6e République LFI)
  • Antoinette Baujard (CNRS)

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 17:57
Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017
Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017

Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2017

Chaque élection présidentielle voit ses manœuvres d’appareil et ses stratégies bancales se mettre en place. Ce sont souvent les mêmes modes de fonctionnement, les mêmes arrangements de coin de table. Les lignes politiques ne sont finalement jamais mises en discussion et c’est la course de petits chevaux qui se lance. On est bien loin de l’implication populaire que chacun brandit comme un mantra.

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | Mis à jour le 09/09/2020

- Lors de la campagne de 2017, l’alpha et l’oméga de la réflexion politique pouvait se résumer à cela : lutter-et-faire-barrage-à-la-droite-et-l’extrême-droite.

De réflexion, en définitive, il s’était agit plus de postures pour empêcher qu’une gauche plus radicale ne s’installe dans le pays. Pourtant, cela n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon  de réunir près de 20% des suffrages à l’élection présidentielle[1].

 

 

- Pourquoi ?

Parce que le choix des électeurs ne s’est pas porté sur des postures anti-droite-et-extrême-droite, mais bien sur des visions politiques, des propositions concrètes. Nous avions beaucoup travaillé en amont, et sous les radars médiatiques sur les questions économiques, sociales, démocratiques et européennes. L’attelage Hamon-Jadot[2] s’est fracassé parce que les gens ne voyaient pas vraiment la différence entre ce qui sortait du quinquennat Hollande et la candidature d’une personne du PS, membre du gouvernement Hollande, soutenue par des écologistes eux-mêmes membres du gouvernement Hollande. Ils étaient atones sur les questions essentielles que sont la géopolitique, le rapport aux institutions européennes et sur une vision clairement anti-libérale de l’écologie.

 

 

- Si 2017 avait son mantra contre la droite et l’extrême-droite, on voit maintenant que la tendance est sur la question écologique.

Pour l’heure, chacun avance ses pions. Génération.s de Benoît Hamon a compris qu’il ne serait qu’une force d’appoint. Le sens de la candidature d’Hamon aux européennes en 2019 avait son sens. Se compter pour voir où son mouvement se situait sur l’échelon politique. L’échec fût cuisant. Et ce n’est pas faire injure aux camarades de Génération.s que de le dire. Ils se mettent dans la roue d’EELV[3], qui sort a priori renforcé de la séquences européennes/municipales. Je dis bien a priori car aux européennes, le peu de gens qui ont voté ne l’ont pas fait sur des questions d’orientations politiques et pour les municipales, là où les verts sont partis seuls, ils n’ont pas fait de miracles[4]. L’enracinement local de leurs partenaires a joué à plein et tirer des plans sur la comète pour une élection si particulière qu’est l’élection présidentielle semble franchement présomptueux.  

 

A cette heure, la presse en fait des tonnes sur la candidature de Jadot[6], les ambitions présidentielles d’Eric Piolle[6], le fait que Macron ne se sentirait menacé que par Anne Hidalgo, que Jean-Marie Bigard[5] sera candidat ou que Michel Onfray[5] prendrait la tête des « souverainistes des deux bords ».

  • Dans la vraie vie, tout ça, c’est de la littérature.
  • A l’heure où nous parlons, que ce soit le PS[7] ou EELV, aucune de ses forces ne dispose d’une ligne politique claire. Ils n’ont pas de programme, personne ne connait leurs orientations, et tout le monde sait que les liens avec le libéralisme, le marché, la flexibilité du marché du travail et autres ne seront pas coupés. L’écologie de marché, c’est le même tarif. On peut présenter sous l’angle que l’on veut, avec un joli papier cadeau, cette ligne politique reste minoritaire et les français n’en veulent pas[8].

 

 

- A chaque élection, c’est la même chose.

La seule question qui vaille et à laquelle tout ce petit monde ne veut surtout pas répondre est la suivante :

  • le tout sauf Mélenchon[8bis], pour faire quoi ?

 

Il ne s’agit pas ici de faire les victimes des méchants camarades qui ne veulent pas travailler avec la France insoumise. C’est une réalité. A de nombreuses reprises, le PS ou les Verts ont expliqué que la gauche réunie, c’est sans Mélenchon. La posture d’exclusion de base, avec de l’expérience, chacun le sait, ça ne rassemble pas grand-chose. Les sondages sont ce qu’ils sont, mais en août 2020, Jean-Luc Mélenchon est crédité de 13%[9] des intentions de votes, (le seul qui franchit la barre des 10 % d'intentions de vote malgré tout ce qu’il a subi depuis 2017), quand Jadot monte tout juste à 8%[9] et le PS à 3%[9]. Qui plus est, en politique, les pourcentages ne s’additionnent pas forcément et malgré cela, un attelage PS/EELV resterait malgré tout derrière Mélenchon.

 

Malgré les déconvenues européennes et municipales, la France insoumise reste, qu’on le veuille ou non, le moteur de la révolution citoyenne dont le pays a besoin. En 2015, Mélenchon émargeait à 8% dans les sondages. En 2020, à deux ans de l’élection, il est déjà à 13%. S’il y a un attachement des français, jeunes, précaires ouvriers et salariés pour sa candidature, c’est parce qu’il incarne une ligne constante, claire et cohérente avec ses engagements de longue date.

 

 

-  2022 sera un tournant pour notre pays.

Trois options s’offrent aux français :

  • le repli xénophobe ;
  •  la logique ultra-libérale ;
  •  et enfin la mise à plat et la redéfinition du cadre collectif.

Je reste persuadé que nous avons besoin d’une sixième République, d’un président avec moins de pouvoirs, d’une règle verte et d’une planification écologique, d’une réindustrialisation du pays, d’un réel partage de la richesse, et d’apaiser les tensions qui s’exacerbent dans la société.

 

Pour cela, nous avons besoin de clarté et de cohérence...

Pas de ces jeux de petits chevaux et d’accords de coin de table.

 

Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée
Présidentielles 2022 : la course des petits chevaux est lancée

Notes :

[1Jean-Luc MÉLENCHON : 7 059 951 voix et 19,58% des exprimés

[2] Présidentielle : Jadot et Hamon fêtent leur alliance approuvée par les écologistes

[3] Les Verts attirent Génération.s dans leur sillage

[4En l'absence d'étude sur les municipales, voir les ressorts du vote EELV aux élections européennes de 2019

[5LE POTENTIEL ÉLECTORAL DE JEAN-MARIE BIGARD ET MICHEL ONFRAY

[6] Présidentielle 2022: Jadot contre Piolle, la nouvelle guerre des "Verts"

[7] Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

[8] Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV ?

[8bis] Pour sauver la gauche, faut-il sacrifier Mélenchon ?

[9] Juin 2020, IFOP Les intentions de vote à la prochaine élection présidentielle

 

 

Pour en savoir plus :

- De la nécessité de la fédération populaire

- Jean-Luc Melenchon : Notre programme contre le piège de l’union nationale

- Jean-Luc Melenchon voit « des divergences sérieuses » entre EELV et LFI, notamment sur la nation, l’État ou encore le partage des richesses, « cela ne concerne pas les élections départementales ou régionales ».... « La voie est donc libre en 2021 pour s’entendre », tandis qu’« en 2022, le peuple tranchera sur l’orientation générale »

- Rouges, verts et recomposition : ce dont il est question.

- Yannick Jadot roue de secours du MEDEF à la tête de la Ripoublique en 2022 ?

- En réponse à Jospin, Mélenchon évoque une « nouvelle force politique » pour 2022 – Interview dans L’Obs

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 13:28
De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire
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De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire
De la nécessité de la fédération populaire

" Celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui " Eric Coquerel 

 

Eric Coquerel (député France insoumise) : " Nous avons du travail ! Pour que des mobilisations sociales viennent opposer une résistance à un exécutif qui prépare à un retour vers le passé en remettant sa réforme de retraite sur la table. Sur le terrain des mobilisations comme des urnes, qui ne peuvent s’opposer dans une perspective de transformation radicale, il est urgent de proposer une alternative au retour d’une union de la gauche dont le centre de gravité serait une ligne « socialécolo- libérale ».

C’est notre proposition de fédération populaire. Un cadre d’unité social et électoral capable de réunir des forces politiques mais aussi, syndicales et associatives, et plus largement citoyennes, pour une stratégie politique de rupture et de conquête du pouvoir. Ce cadre pourrait agir dans les mobilisations et se présenter à toutes les élections qui nous séparent des présidentielles et législatives tout comme dans les mobilisations sociales.

Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone. Je le dis, car la vie politique ne se résume pas à une analyse froide de résultats éléctoraux. Nous ne gagnerons pas sans la mobilisation populaire, et nous n’exercerons pas le pouvoir correctement si nous ne sommes pas un débouché politique concret à la résistance du peuple. C’est au fond, aussi, l’avertissement que je formule sur ces municipales : " celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui ".

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | mis à jour le 08/11/2020

- L’institut de sondages IFOP a sorti une enquête très intéressante au sujet de la perception des français quant à leur propre positionnement politique.
L’enquête menée sur 2041 personnes du 7 au 10 juillet 2020, tout de même, montre que les français s’auto-positionnent de moins en moins à gauche sur un axe Gauche-Droite[1]. En effet, seuls 13% des français se définissent comme de gauche dans cette étude (dans la même enquête produite en juin 2019, seulement 15% des Français déclaraient se reconnaître dans la notion de " Gauche "[2]). Dans le même temps, ils sont respectivement 32% et 39% à se positionner au centre et à droite de l’échiquier politique. Notons quand même que 16% des personnes interrogées ne se prononcent pas quant à leur auto-positionnement sur cet axe. Le journal droitier Le Point, ayant commandé le sondage, y voit que c’est le signe d’une droitisation de la France. A mon sens, le journal fait une erreur d’analyse de la situation politique de notre pays.

 

Question : On classe habituellement les Français sur une echelle qui va de la gauche à la droite, où - est la position la plus à gauche et 10 la position la plus à droite.

Vous personnellement, où diriez-vous que vous vous situez sur cette échelle ?

De la nécessité de la fédération populaire

 

- L’effondrement du concept de Gauche dans la tête des gens n’est dû qu’à la politique menée par les gens se réclamant de la Gauche
Autant le dire tout de suite, dans l’esprit de beaucoup, François Hollande a été le dernier Président de la République de gauche que la France ait connue. Ce constat est malheureux, mais la moindre diffusion de tracts sur les marchés donne la température de cet ancrage très vivace dans les têtes de nos concitoyens. Et disons-le, le Parti Socialiste avec Hollande Président, ce fût un long chemin de croix. Toutes les trahisons y sont passées. L’ANI (accord national interprofessionnel), le CICE, les lois sécuritaires, la loi El Khormi, les lois Macron, la fermeture de Florange,  la déchéance de nationalité, Manuel Valls Premier Ministre, l’absence de renégociation de TSCG et la promesse non tenue d’amnistier les syndicalistes condamnés pour leurs luttes de défense des emplois, et ainsi de suite. Bref, chacun connait le réquisitoire. Ces gens ont tué l’idée de gauche dans notre pays pour des dizaines d’années.

 

 

 

- Si le concept de gauche est mort et enterré dans la tête de nos concitoyens, les idées de gauche n’ont jamais eu autant le vent en poupe.
Pensons à la relocalisation de l’industrie, le développement l’agriculture paysanne, biologique et zéro déchet, le partage des richesses, la planification écologique, l’investissement fort dans un système de santé universel, le RIC, la sixième république et que sais-je encore. Néanmoins, vue la défiance qu’ont les citoyens, à tort ou à raison, chacun pourra se faire son idée, envers la représentation politique de façon générale, et de la gauche en particulier, ânonner sans cesse à l’union de la gauche peut apparaître comme un formidable repoussoir à l’arrivée au pouvoir des idées pourtant bien ancrées à gauche. C’est pourtant ce que n’ont et ne cessent de faire les thuriféraires de la social-démocratie mollassonne et eurobéate.

De la nécessité de la fédération populaire

 

- C’est dans ce contexte que Jean-Luc Mélenchon, depuis 2018, a proposé l’émergence de ce que les insoumis appellent une « Fédération Populaire[3] ».
Nos camarades de la GRS (Gauche Républicaine et Socialiste) avec Emmanuel Maurel parlent quant à eux de « Front Populaire du XXIème siècle ». Si les appellations sont différentes, nous sommes fondés à penser que le fond est relativement proche.  Il s’agit donc de fédérer les forces associatives, syndicales, politiques et citoyennes. Pas dans un but électoraliste, mais avec l’idée qu’à partir de là peut s’auto-organiser la société et la constitution d’un véritable front populaire. La chose n’est pas aisée, et la formule, loin d’être magique.

 

A mon échelle, en septembre 2019, j’ai eu le plaisir de répondre favorablement à l’invitation de mon camarade Denis Lamard, conseiller régional GRS de Bourgogne-Franche-Comté à leur rentrée politique. Durant un court discours, j’y avais défendu devant des représentants d’EELV et de Génération.s l’impérieuse nécessité de fédérer les luttes afin de gagner des batailles culturelles et politiques. J’ai donc parlé de fédération populaire[4], pensant à cette époque, comme aujourd’hui, qu’elle serait la seule voie à une prise de pouvoir en 2022. Non pas juste une prise de pouvoir institutionnelle, mais avec un réel soutien populaire et ancré profondément dans la société. Car prendre le pouvoir sans les forces vives du pays, c’est risquer des échecs terribles.

 

 

- Mais pour fédérer le Peuple, encore faut-il commencer par s’adresser à lui dans son ensemble.
C’est par exemple en cela que Jean-Luc Mélenchon est présent sur YouTube, mais aussi plus récemment sur Twitch et TikTok. Il est absolument inenvisageable de manquer de s’adresser à une foultitude de personnes qui ne seront jamais exposées, de près ou de loin, aux propositions que nous pouvons faire pour le pays. Avec seulement 13% de français se définissant de gauche (contre 15% en 2019), il semble illusoire que tout miser sur la réactivation du mot de gauche soit d’une aide quelconque pour la prise du pouvoir. A y regarder de plus près, l’auto-positionnement des sympathisants de la France insoumise est intéressant : alors que 41% d’entre eux se définissent de gauche (c’est beaucoup), 59% ne se positionnent pas là, et se répartissent entre le centre, le non-choix et la droite. Nous observons le même phénomène avec les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Je vous incite à regarder également où s’auto-positionnent les électeurs de Benoît Hamon et les sympathisants EELV.

De la nécessité de la fédération populaire

Celles et ceux qui se définissent de gauche savent pertinemment que la France insoumise porte un projet fondamentalement ancré dans l’histoire de ce courant politique : l'AVENIR EN COMMUM[5]. Le problème n’est donc pas là.

 

Le plus ardu réside dans le fait d’amener la masse de nos concitoyens sur un programme de gauche sans agiter le repoussoir de la Hollandie et ses queues de comètes gesticulantes. C’est bel et bien la constitution d’une Fédération Populaire qui doit nous occuper. Demain, ce n’est pas si loin…

 

-------------------------------------

 

- Débat aux universités d’été de la France insoumise à Valence : Fédération populaire ou union de la gauche ?

  • Avec : Olivier Besancenot (ancien candidat à l'élection présidentielle, NPA, visio) - Aurélie Trouvé (porte-parole d'Attac) - Benoit Teste (secrétaire général de la FSU) - Pierre Lacaze (responsable des élections au PCF) - Jérôme Gleyzes (ex-membre de la direction d'EELV) - Claire Monod (porte-parole de Génération·s) - Eric Coquerel (député LFI) - Sarah Legrain (coordination des espaces LFI)

 

-  Présidentielle 2022 : pour une investiture populaire de 150 000 parrainages citoyens
Le mardi 27 octobre 2020, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour présenter une proposition de loi qu’il déposait ce jour pour permettre un parrainage citoyen à l’élection présidentielle.

 

Le président du groupe « La France insoumise » a expliqué qu’il s’appuyait sur la proposition de la commission Jospin sur la rénovation et la déontologie de la vie politique créée en 2012 par François Hollande. Il a dit que cette proposition serait une deuxième voie qui pourrait exister à côté du parrainage par les 500 signatures de maires. Il a appelé à en discuter dans le cadre de la commission Debré qui étudiait la possibilité d’un report des élections départementales et régionales.

 

Jean-Luc Mélenchon a mis en garde contre une abstention qui pourrait être record pour l’élection présidentielle de 2022, comme le montrait un sondage récent. Il a appelé à permettre une implication citoyenne renforcée dans cette élection.

[5] Le monde d’après peut commencer maintenant - « L’Avenir en commun » mis à jour

L'Avenir en commun édition mise à jour novembre 2020

Cliquez sur l’image pour voir le document PDF mis à jour

 

👉  L’avenir en commun est le programme porté par Jean-Luc Mélenchon. Co-écrit par des milliers de citoyens, il a été choisi par 7 millions d’électeurs en 2017. Cette version est actualisée pour tenir compte de 3 années de mobilisations sociales et de travail parlementaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Refonder la gauche ? Méfions nous des évidences de " l'union "

- J.L. Melenchon : Notre programme contre le piège de l’union nationale

- Le << rassemblement de l'opposition de gauche >> ne peut pas avoir lieu avec des gens qui ont choisi de ne pas s'opposer.

- Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

- La fédération populaire VS l’unité de la gauche ? par Eric Coquerel 

- Rouges, verts et recomposition : ce dont il est question.

- En réponse à Jospin, Mélenchon évoque une « nouvelle force politique » pour 2022 – Interview dans L’Obs

- Alexis Corbière : Nous devons nous adresser aux milieux populaires qui dans ce temps brouillé ne savent plus vers qui se tourner. Parlons du fond et du programme.

- Manifeste : une Bretagne en commun, une Bretagne pour demain

- 2022 : « J-L Mélenchon propose un horizon heureux pour le pays »

La fédération populaire, ça avance :

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 13:31
Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...
Coronavirus : J.L. Melenchon, transformer la dette,... en dette perpétuelle...

Jean-Luc Melenchon : " Autant le dire clair : la crise sociale va être terrible ! " 


Si l’économie productive n’est pas réanimée, le choc de la récession va détruire des millions d’emplois dans le monde, désorganisant les chaînes longues d’interdépendances des capacités productives.

 

À conditions et méthodes capitalistes égales, la violence du choc économique va donc avoir un impact social de très grande magnitude. Ce qui s’est toujours traduit dans l’Histoire par de grosses secousses politiques. Je ne développe pas ici. Je veux attirer l’attention sur autre chose. Les observateurs sans naïveté savent que la compétition pour que la sortie de crise donne un avantage comparatif est commencée. C’est dire l’état d’esprit qui règne. La date de sortie de confinement des Allemands en est une illustration des plus criantes.

 

Il faut donc tenter deux opérations en même temps : retrouver du crédit en grande quantité et faire bifurquer le modèle de production pour écologiser et relocaliser les appareils de production pour réduire les bien trop longues chaînes d’interdépendance qui les constituent d’un bout à l’autre de la planète. Le contexte aura été utile si nous le faisons car il n’y a pas de meilleure préparation aux chocs qui vont suivre : celui d’autres épidémies désormais certaines, et celui du changement climatique. Sinon, souvenons nous que des deux précédentes impasses de l’économie capitaliste mondiale sont sorti deux guerres mondiales qui ont failli emporter la civilisation humaine (pour lire l'intégrale[2]) .

 

Ainsi, le 17 avril 2020 à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la dette des États ne pourrait pas être remboursée et qu’il fallait « abattre le mur de la dette ».

Il a aussi soutenu que face à une situation aussi dangereuse qui peut mener les États à la guerre ou à la banqueroute, l’Europe se dérobait. Il a dénoncé l’échec subi par notre pays sur la question des eurobonds et a expliqué que la banque centrale du Royaume-Uni prêtait directement au gouvernement britannique et que la banque centrale américaine avait carrément aboli le risque en rachetant les dettes publiques et privées.

 

Jean-Luc Mélenchon a infine proposé que la dette des États soit rachetée par la Banque centrale européenne pour être transformée en dette perpétuelle à intérêt nul afin que les États retrouvent leurs capacités de financement et préparent la transition écologique[1].

 

Source : Eric Durand | mis à jour le 21/11/2020

-

Commençons déjà par dresser l'état des lieux de la dette en 2020

Car aujourd'hui, elle est à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise... alors que Le ministre du Budget a annoncé l'installation d'un groupe de travail chargé de réfléchir au redressement, à terme, des finances publiques françaises, c'est à dire au retour de l'austérité[6] :

  • On nous dit en effet : la dette atteindra 2 798 Mrd d'€ en 2021 soit 116,2% du PIB. Du jamais vu depuis la 2iéme guerre mondiale[4]
  • C'EST FAUX !... TAUX D'ENDETTEMENT 2020 de la France 14,5 % du Pib annuel[5] !

 

-La dette perpétuelle, une vieille idée qui a déjà fait ses preuves

Le principal avantage d’une obligation perpétuelle est de ne pas avoir à rembourser le capital de la dette vu qu’il n’y a pas d’échéance, mais seulement à verser des intérêts calculés sur le capital (dans le cadre de la proposition de J.L. Melenchon à intérêt nul) et ce, théoriquement de façon illimitée.

  • L’idée d’une dette perpétuelle est loin d’être nouvelle.

En plus d’être un spécialiste des obligations à très long terme (50 voire 100 ans), le Royaume-Uni a déjà émis, à plusieurs reprises, des obligations perpétuelles. Certains titres de dette datant du 18ème siècle sont ainsi toujours actifs mais l’inflation a depuis rendu leur remboursement quasi-insignifiant. Lors de la première guerre mondiale, le gouvernement britannique a aussi émis le « War Loan », qui reste la plus importante dette perpétuelle du Royaume aujourd’hui, estimée à 2,5 milliards d’euros. Mais plus pour longtemps, puisque le Trésor britannique a décidé de racheter le 9 mars prochain l’intégralité de cette dette, qui versait 5 puis 3,5% d’intérêt par an. La majorité des 120,000 détenteurs en détiennent toutefois pour moins de 1.000 livres. Le gouvernement britannique veut en effet profiter des taux extrêmement bas à l’heure actuelle pour racheter ses vieilles dettes et n’exclut pas d’émettre de nouvelles obligations perpétuelles, qui deviennent encore plus intéressantes dans ces conditions.

  • La France n’est pas non plus une débutante dans le domaine.

Le premier véritable emprunt public émis en 1535 sous François 1er était une dette perpétuelle, alors appelée « rente ». En 1825, l’Etat français a émis une obligation perpétuelle de 3% qui a couru jusqu’en 1987, date à laquelle ces titres de dette, mis en Bourse, ont tous été rachetés par le Trésor. De la même manière, une dette perpétuelle émise à la Libération a été définitivement rachetée à la fin des années 80.

 

Samedi 18 avril à l'occasion de la première manif numérique en ligne Jean-Luc Mélenchon expliquait que la dette des États doit être rachetée par la Banque centrale européenne pour être transformée en dette perpétuelle à intérêt nul.

 

-Jean-Luc Melenchon : coronavirus, « Il faut annuler la dette »

Comment annuler la dette pour redémarrer l’économie : " Plutôt que de racheter aux banques privées des titres de dettes des États , la BCE les achèterait directement aux États. Elle les stockerait en dette perpétuelle à intérêt négatif (c’est le cas des emprunts de long terme aujourd’hui). Les États retrouveraient leur capacité de financement pour de nouveaux emprunts et l’ancienne dette fondrait petit à petit, au fil de l’inflation dans les coffres de la Banque Centrale Européenne. Et ne serait jamais payée. Car bien sûr ces dettes ne seront jamais payées " déclare J.L. Melenchon le 11 avril.

 

-Décryptage de la solution Melenchon (par LE BON SENS - Antoine Léaument)

Pour faire face à la crise économique provoquée par la crise sanitaire du coronavirus, le gouvernement a décidé de creuser la dette. Celle-ci va maintenant dépasser les... 115% du PIB. Elle est devenue impayable, sauf à vouloir y consacrer tous les moyens de l'État pendant les cent prochaines années. Impensable alors qu'il nous faut engager au plus vite la transition écologique et développer de nouveau nos services publics. C'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon propose de l'annuler.

 

Dans cette vidéo, j'explique pourquoi la dette est d'abord un outil politique utilisé par les libéraux pour détruire les services publics et les remplacer petit à petit par le privé. Je montre aussi comment ils l'utilisent pour faire toujours plus de cadeaux fiscaux aux plus riches alors qu'il faudrait au contraire les imposer davantage. 

 

Je parle également de la politique dite de « quantitative easing » mise en place par la BCE pour racheter aux banques privées une partie de leurs titres de dettes, y compris des dettes d'État. Je présente enfin la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'une annulation de la dette des États qui passerait en sa transformation en une dette perpétuelle à taux nul. Une proposition de bon sens désormais partagée même par des libéraux comme Alain Minc. 

Notes :

[1Coronavirus : le mur de la dette doit tomber !

[2] Pourquoi et comment annuler la dette des États européens ?

[32020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

[4] Covid-19 : la France et le piège de la dette

[52020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

[6] Le ministre du Budget a annoncé l'installation d'un groupe de travail chargé de réfléchir au redressement, à terme, des finances publiques françaises, c'est à dire au retour de l'austérité

 

Pour en savoir encore plus :

Quand on parle de rapport dette/PIB (produit intérieur brut) de quoi parle-t-on ?

- En 2014 : La dette agitée pour que le peuple ait peur : STOP à l'enfumage ! Le principe de calcul de la dette par rapport au PIB est toujours d'actualité

- " maturité de la dette " : Bruno Lemaire donne raison à J.L. Mélenchon

- 2020 : La dette à nouveau agitée pour que le peuple ait peur et se taise...

- Coronavirus : cause unique de la crise économique et financière, ou déclencheur et accélérateur d’une crise majeure du système capitaliste ?

- Comment annuler la dette pour redémarrer l’économie ?

- J.l. melenchon : En Europe, le mur de la dette doit tomber – Tribune dans « Les Echos »

- Excellente tribune qui démontre qu'il n'y a pas obstacle juridique à l'annulation des dettes publiques par la BCE.

- Annuler les dettes ? Un choix politique, pas magique

- 2020 : Emmanuel Macron appelle à son tour à «annuler» les dettes des pays africains ,.... elle est seulement suspendue 

- Pour la Sécurité sociale aussi, l’avenir ne peut pas être consacré au remboursement de la dette.

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 10:15
Retraites : analyses de la CGT sur le projet de loi instituant un système universel de retraite

Sources : Eric Durand | Mis à jour le 15/11/2020

-   Retraite : stop à la duperie du gouvernement

Dès les premières lignes de son courrier, le message du Premier ministre est clair : « Je confirme la volonté du gouvernement de construire un système universel de retraites, par répartition et par points comportant un âge d’équilibre. »


En d’autres termes : aucune concession n'est faite sur le contenue du projet de loi, pas même sur l’instauration d’un âge pivot nommé ici « âge d’équilibre ». Il s'appliquera pour tous dès l'entrée en vigueur du régime à point.

  • Alors, de quel compromis nous parle-t-on ?

Le gouvernement avait évoqué, dès cet automne, sa volonté de reculer l’âge de départ à la retraite sans attendre la mise en place du nouveau système à point pour résorber la prévision de déficit, opportunément annoncée par le Conseil d'orientation des retraites pour 2025.

 

Une volonté traduite dans le texte du projet de loi par l'instauration d'un « âge d’équilibre » qui devait débuter dès 2022, pour tous. C'est uniquement ce dernier point que le gouvernement propose provisoirement de suspendre. Charge à la « conférence de financement » que le Premier ministre propose de mettre en place de faire des propositions alternatives.

  • Comme nous en avons pris l’habitude, le gouvernement reprend vite d’une main ce qu’il a fait semblant de donner de l’autre.

En effet, peut-être pour que l’on ne se fasse pas trop d’illusion, il ne laisse à cette commission aucune marge de manœuvre. Le Premier ministre précise dans son courrier que « les mesures destinées à rétablir l'équilibre ne devront entraîner ni baisse des pensions pour préserver le pouvoir d'achat des retraités, ni hausse du coût du travail pour garantir la compétitivité de notre économie ».

 

 

- Pour prendre connaissance de l'analyse de la CGT sur le projet de loi instituant un système universel de retraite

  • Lire ou télécharger le document ci dessous :

 

-   Retrait de l'âge pivot : résultats des courses, on en est où ?
Après les annonces d'Edouard Philippe sur la conférence de financement, décryptage avec Régis Mezzasalma, dirigeant CGT.

 

 

- Et aussi : " Le retrait provisoire de l’âge pivot, c’est du pipeau ! " par Adrien Quatennens, député France insoumise

Retraites : analyses de la CGT sur le projet de loi instituant un système universel de retraite
Retraites : analyses de la CGT sur le projet de loi instituant un système universel de retraite
Retraites : analyses de la CGT sur le projet de loi instituant un système universel de retraite

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 16:25
Nous mettre au service de l’innovation populaire

...ceux qui crient « unité, unité », sont prêts très vite à crier « tout sauf Jean-Luc Mélenchon ».

 

La donnée sociale va dominer dans les jours qui viennent. Mais la nécessité d’une perspective politique est un élément favorable à la réussite des mouvements populaires et sociaux. La France insoumise est à la croisée des chemins entre deux élections présidentielles. Elle doit choisir délibérément d’être aux côtés du peuple dans ce qu’il construit de plus judicieux.

 

Sources : Blog médiapart | le 15 novembre 2019

-  Les sondages d’intentions de vote sur la future présidentielle de 2022 ont ravivé nos sourires.

Jean-Luc Mélenchon est le « troisième homme[1] ». Et il est loin devant le candidat EELV comme des autres candidats de gauche.

 

C’est une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle qui confirme que Jean-Luc Mélenchon est l’alternative la plus crédible au duo cauchemardesque du LREM/RN. Au-delà des campagnes menées contre lui, il continue toujours d’être reconnu comme un homme talentueux, d’expérience, apte à concourir pour la fonction présidentielle.

 

 

-  Mais 13 % ne suffisent pas pour accéder au deuxième tour d’une élection présidentielle. Alors que fait-on ?

On se rassure ? : « La dernière fois on est parti de 9 % » « celle d’avant de 3% ou 5 % », « la troisième fois c’est la bonne regardez Mitterrand ou Chirac » Et on attend le moment de mener campagne avec la certitude que celle-ci nous permettra de gagner.

 

Ou bien alors on réfléchit, on cherche comment se déployer pour créer les conditions d’une candidature qui soit acceptée largement et qui gagne.

 

Dans le sondage « présidentiel », les 7 % annoncés pour Yannick Jadot confirment que l’électorat répond dans les élections en fonction des questions qui lui sont posées. Pour les européennes la question d’un changement de pouvoir n’était à l’évidence pas posée alors on vote « écologie ». Mais s’agissant du choix d’un futur président de la république c’est autre chose. Et pourtant EELV continue de vouloir un candidat à l’élection présidentielle, comme le PCF, comme le PS. Et ceux qui crient « unité, unité », sont prêts très vite à crier « tout sauf Jean-Luc Mélenchon ».

 

Bien sûr ils ont droit à leur point de vue. Comme nous avons le droit de considérer que les sondages montrent que Jean-Luc Mélenchon est sans doute la meilleure candidature pour une alternative politique dans notre pays. Comment faire partager ce sentiment, voilà la question.

 

Faut-il pour cela que Jean-Luc Mélenchon sorte du cadre de l’affrontement quotidien avec le gouvernement ? Doit-il prendre du recul, être le « sage », le recours ? Lui-même le veut-il ?

 

 

-  Rassembler sur les contenus

Tout le monde s’accorde à dire que pour créer les meilleures conditions il faut « rassembler ». Pour cela, deux combats sont à mener : celui des contenus est celui de la fédération du peuple[2].

 

  • Réfléchissons aux contenus.

On entend beaucoup dire aujourd’hui que l’écologie serait le meilleur dénominateur commun de l’union et de la transformation sociale. Qu’il y aurait une sorte d’obligation morale à tout un chacun, qui alimenterait la nécessité d’unité.

  • Mais alors quid de la sociale ?

De la sociale c’est-à-dire : le SMIC, les salaires et plus particulièrement le salaire des femmes, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, la fin des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises du CAC 40, la gratuité de certains biens communs, la circulation de la richesse, la désobéissance à l’égard des traités européens lorsqu’ils entravent tout changement ?

  •  Et quid de la démocratie ?
    • De la démocratie c’est-à-dire de la défiance par rapport aux « politiques », par rapport aux représentants de la démocratie institutionnelle, parlementaires et corps constitués ?
    • La démocratie c’est-à-dire les gilets jaunes, les marcheurs pour le climat, « Extinction rébellion » (XR), les luttes sociales coordonnées hors syndicats, les grèves sans préavis, la violence du pouvoir dans la rue, dans les quartiers, les procureurs mis au service du pouvoir politique ?
    • La démocratie c’est-à-dire la sixième république les contre-pouvoirs la constituante etc. etc.

 

 

-  Social, écologie et démocratie inséparables

Les sondages pour les présidentielles ne nous renseignent-ils pas également sur les motivations de nos concitoyens et de nos concitoyennes.

L’inversion des chiffres entre la FI et EELV est spectaculaire : aux européennes FI= 6 % et EELV est à 13 %, dans le sondage pour 2022 Jean-Luc Mélenchon est à 13 % Yannick Jadot à 7 %

 

  • Alors l’écologie base principale du rassemblement unitaire ?
    • Il n’y a aucun doute sur l’urgence écologique sur le fait qu’elle est ressentie populairement mais il est de notre responsabilité de démontrer que sans rupture avec les logiques financières à court terme sans un contrôle « révocatoire » sur les élus il n’y a aucune garantie d’obtenir une belle révolution écologique. Et c’est la meilleure façon de nous distinguer de tous ceux qui vont vendre l’écologie à notre peuple comme il vendait la sociale auparavant.
    • « L’avenir en commun » fonctionne sur trois pieds : social écologie démocratie. Il convient d’actualiser le contenu de ces trois piliers mais pas de subordonner les uns aux autres.
    • Rassembler par les contenus c’est aussi poursuivre tous les combats menés par la gauche dans notre histoire sur la base des valeurs qui restent un patrimoine populaire commun dans la continuité de la devise de notre république « liberté égalité fraternité ». Dans la continuité aussi de l’humanisme d’un Jaurès qu’il faut combiner sans aucun doute à un marxisme vivant car ces deux philosophies fondent la république humaine et sociale que nous souhaitons.

 

...Et donc poursuivre, notamment, notre combat antiraciste sans faiblesse sans hésitation.

La marche du 10 novembre nous a rétabli dans une logique de solidarité avec toutes les victimes de racismes et dans la période la plus récente toutes les victimes de la haine anti musulmans. Mais le débat à gauche est plus que sensible. Sachons le maîtriser pour unir.

 

Toutes les victimes du racisme doivent être traitées de façon égale, en particulier par les pouvoirs publics. Mais cette reconnaissance ne s’est pas manifestée à l’occasion de l’attentat de Bayonne. Aucun ministre ne s’est déplacé.

 

  • Ce sentiment qu’il y aurait « deux poids deux mesures » est délétère et révoltant.

 

...Le combat contre le racisme est rassembleur quand il se mène contre tous les racismes.

Aucune victime ne doit être oubliée. Mais aucun ensemble de victimes ne peut seul prétendre au rassemblement le plus large à partir de ses seules discriminations et stigmatisations. Et la récupération politique doit être bannie.

 

Alors travaillons à favoriser le dialogue entre toutes les associations qui défendent les droits de l’homme et du citoyen, qui combattent tous les racismes, pour qu’elles coordonnent les actions communes proposées à toutes et tous.

 

Quant à la république elle sera le cadre du rassemblement de tout notre peuple quand tout notre peuple se sentira accueilli par elle notamment en termes d’égalité.

 

 

-  Fédérer le peuple

Nous l’avons dit rassembler n’est pas seulement une question de contenus.                                                   

La place du peuple est décisive pour la transformation sociale. Elle pourrait aussi l’être pour permettre de faire grandir la candidature la meilleure pour 2022.

 

La France insoumise n’a pas été créée pour être une organisation politique de plus. Elle se veut un outil au service de l’auto-organisation du peuple. Mais ce que nous avons souhaité d’autres l’ont fait. Tant mieux et sachons être humble face à l’imagination de notre peuple, essayons de lui être utile à partir de ce qu’il crée de meilleur.

 

Ce sont d’abord les gilets jaunes qui pendant un an ont expérimenté l’auto-organisation populaire. Mais d’autres mouvements, aussi, ont été marqués par leur refus de toute représentation autoproclamée. Les forces qui luttent pour un monde meilleur ou tout simplement pour se faire respecter comptent aujourd’hui principalement sur elles-mêmes. C’est le cas des marches pour le climat, de XR, mais aussi des nombreuses actions menées en dehors des cadres syndicaux comme dans le mouvement des urgences hospitalières dans celui des ateliers de maintenance de la SNCF, chez les pompiers et dans d’autres lieux encore.

 

Avec celles et ceux qui sont en « pole position »

Personne n’est à mettre en accusation mais tout le monde doit réfléchir à cette nouvelle donnée commune à toutes les luttes. En ce sens le communiqué de la CGT annonçant une intersyndicale au niveau national et des assemblées générales dans les entreprises le 6 décembre est une avancée que nous devons saluer comme telle.

 

Nous devons être dans la suite de nos efforts de 2017 et du premier semestre de 2018 au cours desquels nous appelions à la convergence des partis qui veulent transformer notre société, des syndicats et du mouvement associatif dans le respect du rôle de chacun. Nous sommes toujours prêts à nous mettre derrière 1 million de manifestants et en soutien comme toujours à toutes les luttes. Les gilets jaunes, les jeunes sur l’urgence climatique, les membres de XR, les coordinations qui animent des luttes ont gagné le droit d’être devant. Et nous sommes prêts à faire la grève, à la soutenir, dans la semaine et à manifester le plus nombreux possible le week-end.

 

La « fédération populaire » n’a de sens que si elle ne désigne pas un nouveau cartel de formations politiques. Le regroupement des partis est possible bien sûr mais la condition c’est qu’ils soient tous unanimes à être tout le temps au service des citoyennes et des citoyens jusqu’à leur donner la « pole position » de tout rassemblement.

 

C’est le sens des efforts de la France insoumise dans le cadre des élections municipales pour essayer dans le plus de villes possibles de porter cette implication citoyenne dans les listes qui seront constituées jusqu’à demander que 50 % des sièges soient réservés à ces militants sans parti.

 

Partout où nous pouvons faire cela, nous sommes observés. Des gilets jaunes nous l’ont dit.  Nous pourrions participer, en janvier, à Commercy, là où nous avons cette démarche, à leur nouvel évènement regroupant des listes et des initiatives citoyennes. 

 

 

-La constituante

Après tout si nous voulons fédérer le peuple constatons qu’ensemble, les syndicalistes, les gilets jaunes, les marcheurs pour le climat, les X R, ne sont pas loin sociologiquement d’être le peuple tout entier. La belle alliance ne se choisit pas entre les classes, elle fédère tout le peuple contre la caste qui profite de ce système. La conscience qu’il faut tout remettre à plat en politique grandit plus vite peut-être, que nous ne le croyons nous-mêmes.

 

Elle s’illustre dans une revendication : celle de repenser les règles démocratiques tous ensemble pour redéfinir l’intérêt général et les formes de pouvoir qui doivent le servir. Cela s’appelle un processus constituant.

 

L’heure est peut-être à engager un tel processus sans attendre la conquête du pouvoir. Beaucoup de gilets jaunes le proposent dans leurs assemblées. La jeunesse le souhaite par ses actes.

 

Toutes celles et ceux qui sont attachés à la protection de notre planète, de ses écosystèmes et à leurs devenir sont disponibles pour repenser la définition de l’intervention publique et individuelle afin de garantir leur devenir comme celui de leurs enfants.

 

Même s’il est difficile d’engager un tel processus constituant décentralisé et fédéré, avec le pouvoir actuel qui y est hostile ne s’agit-il pas d’un défi à relever ?

  • Nous pourrions appeler les groupes d’actions de la France insoumise à jouer un rôle dynamique dans cette élaboration populaire collective.
  • Dans ce processus le peuple qui nous manque peut se constituer. Et qui sait, il y reconnaîtra peut-être l’avenir en commun ou l’ère du peuple.

 

Notes

[1] SONDAGE – Mélenchon, meilleure chance de battre le duo Macron-Le Pen en 2022

[2] Fédération populaire : comment ça marche ?

 

Pour en savoir plus :

C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

- Jean-Luc Mélenchon : De la marée populaire à l’unité populaire

- Jean-Luc Mélenchon : le rêve du Front populaire

Jean-Luc Mélenchon : «Je lance un appel à la création d’une fédération populaire»

- Mélenchon veut unir la gauche : "La gauche, ça n'est pas le populisme", lui répond Faure du PS

- Jean-Luc Mélenchon : « L’imperium allemand a déséquilibré l’Europe » (Die Welt)

Pour l'amour des nôtres : La fédération populaire pour résister à l'air du temps

- Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie- Jean-Luc Mélenchon ou « la hautaine leçon du réel ».

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 09:41
&quot; Non à une Histoire officielle&quot;, réécrite et dictée par le Parlement européen... et...
&quot; Non à une Histoire officielle&quot;, réécrite et dictée par le Parlement européen... et...
&quot; Non à une Histoire officielle&quot;, réécrite et dictée par le Parlement européen... et...

... honte au révisionniste qui se cache derrière l'écologiste Benoît Biteau... élu européen EELV de Charente Maritime !

 

Côté " face " un engagement au service d'une agriculture paysanne[1] que je salue et soutiens.... et, côté " pile ", un positionnement politique plus que contestable, au travers du vote d'une résolution qui déshonore le parlement européen, ceux qui l'on voté[4], et insulte les peuples d’Europe et de l’ex-URSS !

 

Source : Eric Durand | mis à jour le 2 novembre 2019

-  Indignation générale

En effet, c'est l'indignation générale après le vote révisionniste du parlement européen, réécrivant l’histoire, réhabilitant le fascisme[2] avec, en arrière pensée, de justifier la construction d'une Europe de la défense supranationale et le maintien dans l'OTAN !

 

 

-  4 eurodéputés français courageux

Il n’y aura donc eu que 4 eurodéputés français courageux et digne pour voter contre la résolution révisionniste du parlement européen, criminalisant le communisme et réhabilitant de facto le nazisme et ses régimes fascistes alliés... 4 euro députés de la France Insoumises.

 

...Et EELV ?

  • Contrairement à d’autres députés verts européens qui ont également voté contre, les députés EELV se sont … abstenus... sauf un Benoît Biteau qui mêlant sa voix à la droite la plus réactionnaire, au PS et à l'extrême droite a voté POUR[3] !
  • Tous ceux qui en Poitou/Charente ont voté Benoît Biteau et EELV, ont-ils voté pour ça ? J'en doute !
  • J'attends sans illusion un désaveux des EELV locaux.... ! Leur silence est lourd de sens !

-  Explications des enjeux de ce scrutin par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

Le Parlement européen a voté il y a quelques jours une résolution scélérate censée souligner l’« importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». En réalité, cette mémoire est bafouée ligne par ligne, laissant présager un « avenir » sombre pour l’Europe. Visant à mettre un trait d’égalité entre communisme et nazisme, ce texte mobilise des considérants qui sont chacun des modèles de propagande et de révisionnisme historique.

  • La signature du pacte germano-soviétique est ainsi obsessionnellement désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Ce grossier raccourci historique permet d’absoudre cyniquement aussi bien le national-socialisme, son idéologie de mort et les régimes fascistes des années 1930 que l’atermoiement meurtrier et parfois connivent des chancelleries occidentales avec le nazisme, et la complicité active de puissances d’argent avec les régimes fascistes et nazi.

  • Silence est fait sur le traité de Versailles et ses conséquences.

 

  • Aucun mot n’est consacré aux accords de Munich d’octobre 1938, ce « Sedan diplomatique » qui a livré les peuples européens au « couteau de l’égorgeur », ce « début d’un grand effondrement, la première étape du glissement vers la mise au pas », comme l’écrivait dans l’Humanité le journaliste et député communiste Gabriel Péri, fusillé par les nazis.

 

  • Tout le faisceau de causes mobilisées par des générations d’historiens pour tenter d’expliquer le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale est bazardé au profit d’une bouillie antirusse sans aucun égard pour le sacrifice immense des Soviétiques dans l’éradication du nazisme.

​​​​​​​

  • S’il ne fait aucun doute que le régime stalinien fut bel et bien un régime sanglant et criminel, il est moralement et historiquement inconcevable de faire de l’Union soviétique, de son armée et de tous ceux qui s’engagèrent avec elle, communistes de tous pays acteurs décisifs du combat libérateur, des équivalents des nazis et de leurs supplétifs collaborateurs, sauf à sombrer dans « l’obsession comparatiste », névrose idéologique dénoncée par l’historien Marc Ferro.

Les communistes furent, dans de nombreux pays et avec l’appui de différentes forces, gaullistes et socialistes en France, les artisans du redressement national, créant un rapport de force qui permit l’édification d’institutions républicaines et sociales sur les cendres du nazisme et des collaborations. Est-ce un hasard si cet héritage fait parallèlement l’objet de violentes attaques dans tous les pays de l’Union européenne ?

 

  • Les pays d’Europe orientale furent, quant à eux, des points d’appui décisifs dans les combats anticoloniaux qui essaimèrent après guerre. Noyer dans le concept de totalitarisme des réalités historiques aussi dissemblables ne peut apparaître que comme une escroquerie intellectuelle. Une telle entreprise ne sert en aucun cas à poser un regard lucide et apaisé, pourtant indispensable, sur les contradictions, crimes et fautes des régimes influencés par le soviétisme et qui ont pris le nom de socialisme.

 

-  Cette résolution :

  • s’appuie sur un considérant aussi grotesque que l’interdiction formulée dans certains pays de l’Union de « l’idéologie communiste », semblant acter des dérives revanchardes des extrêmes droites du continent en incitant tous les États membres à s’y plier. Signe qui ne trompe pas, l’inféodation à l’Otan est ici désignée comme gage de liberté pour les peuples de l’Est européen.

 

  • fait la part belle au révisionnisme d’extrême droite quand les pays baltes sont désignés comme ayant été « neutres », alors que ces derniers ont mis en place bien avant le pacte germano-soviétique des régimes de type fasciste laissés aux mains de « ligues patriotiques » et autres « loups de fer », suscitant un antisémitisme viscéral qui connaîtra son apogée sanglant dans ces pays lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

-  Mais encore

Incidemment, la Shoah, sa singularité intrinsèque, et les logiques d’extermination méticuleuses et industrielles du régime nazi sont fondues dans le magma des meurtres du XXe siècle et ainsi relativisées. L’odieuse équivalence entre nazisme et communisme permet d’exonérer les régimes nationalistes d’inspiration fasciste des années 1930 que des gouvernements et ministres actuels d’États membres de l’Union européenne célèbrent ardemment.

 

 

-  Viserait-on, par ce texte politicien, à réhabiliter ces régimes qui gouvernèrent de nombreux pays d’Europe orientale avant de sombrer dans la collaboration en nourrissant l’effort de guerre nazi et son projet d’extermination des juifs d’Europe ?

Ce texte est une insulte faite aux 20 millions de Soviétiques morts pour libérer l’Europe du joug nazi, aux millions de communistes européens engagés dans la Résistance et les combats libérateurs, un affront fait aux démocrates alliés aux mouvements communistes contre nazis et fascistes, avant et après la Seconde Guerre mondiale.

 

Au moment où Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, propose de nommer un commissaire à la « protection du mode de vie européen[5] », célébrant un culte que l’on croyait révolu à la pureté continentale, les thèses historiques révisionnistes des droites extrêmes et réactionnaires, qui ont de toute évidence inspiré ce texte, font leur entrée fracassante au Parlement européen. Pendant ce temps, aucun commissaire n’est nommé sur les questions d’éducation ou de culture…

 

 

-  Thomas Mann, vigie morale d’une Europe décomposée, écrivait

« Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »

 

Si l’expérience qui a pris le nom de communiste au XXe siècle ne peut être, pour tout esprit honnête, résumée à la personne de Staline ou à une forme étatique, tel n’est pas le cas du nazisme, intrinsèquement lié à un homme, à un régime. Et si le communisme propose un horizon d’émancipation universelle, quoi qu’on pense des expériences qui s’en sont réclamées, tel n’est pas le cas de l’idéologie nazie, qui se revendique raciste, réactionnaire et exclusive, portant la mort en étendard. Ces simples arguments de bon sens disqualifient l’odieuse comparaison de cette résolution.

 

C’est bien la visée communiste, dont nous maintenons qu’elle ne fut jamais mise en pratique dans les pays du bloc soviétique, qui est la cible de ce texte indigne et inculte, et avec elle, la possibilité d’une autre société. Que des voix sociales-démocrates et écologistes aient pu soutenir pareille résolution, mêlant leurs voix au Rassemblement national (ex-FN) et aux extrêmes droites continentales, est le signe désolant de la lente dérive d’une frange trop importante de la gauche européenne qui largue les amarres d’une histoire et d’un courant, ceux du mouvement ouvrier, dans lesquels elle fut elle aussi forgée, qui prête également le flanc aux pires tendances qui s’expriment dans le continent.

 

 

-  Demain, un maire, un élu, un député pourra-t-il se dire communiste sans enfreindre la docte délibération du Parlement européen ?

Et l’Humanité pourrait-elle un jour passer sous les fourches Caudines de la censure imposée des droites extrêmes coalisées ? Ne plane-t-il pas là comme un parfum munichois, justement, face à une offensive idéologique dont certains pensent pouvoir se satisfaire en rasant les murs ?

 

Tous les démocrates, toutes les personnes attachés à la libre expression des courants qui se réclament du communisme et d’une alternative au système capitaliste devraient au contraire se lever contre cette inquiétante dérive qui nous concerne tous. Au risque d’y laisser eux aussi un jour leur peau.

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 12:40
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE

Un procès politique en France !

 

Depuis l'Amérique Latine, Jean-Luc Mélenchon écrit sur la politique, l'actualité et son procès à venir.

 

 

-En savoir plus

« Je ne dois pas accepter de me faire couper la gorge dans le vacarme confus de l’information spectacle qui va prévaloir. Je prends donc la plume.

 

Je vais prendre ma part du témoignage de notre époque puisque j’ai l’honneur d’être parmi les trois premiers députés Insoumis inculpés politiques depuis la guerre d’Algérie. Mais je vais le faire à ma façon. Sans m’en obséder. Sans assommer les lecteurs du livre que je prévois de faire avec ces lignes.

 

Et sans sombrer dans le juridisme qui est toujours l’engloutissement de la parole des victimes.


Je vais le faire au fil du clavier et parfois des rêveries qui m’atteignent chaque jour. Je vais écrire "à saut et gambades" comme disait Montaigne. Une chronique "consubstantielle à son auteur" comme il le disait de ses propres chroniques consignées dans Les Essais. Et je compte, de cette façon, réunir au moins une fois noir sur blanc quelques-unes de nos raisons de dénoncer ce qui nous est infligé.

 

Nous avons trop tardé à le faire. » Jean-Luc Mélenchon

 

 

-  Par : Jean-Luc Mélenchon

Éditions : Les Editions Plon

Date de parution : 19 septembre 2019

Pages : 192

Disponibilité : chez l'éditeur Les Editions Plon

Format : 132 x 201 mm

Prix papier TTC : 10,00 €

 

 

-  « Et ainsi de suite. Un procès politique en France » - Conf de presse de J.-L.Mélenchon sur son livre

Le jeudi 12 septembre 2019, Jean-Luc Mélenchon était en conférence de presse à la maison de l'Amérique latine pour faire dans un premier temps un retour sur son déplacement au Mexique (où il a rencontré le président Andrés Manuel López Obrador dit AMLO), en Argentine (où il a rencontré l'ex-présidente Cristina Kirchner), en Uruguay (où il a rencontré l'ex-président Pepe Mujica) et au Brésil (où il a rencontré l'ex président et prisonnier politique Luiz Inácio Lula da Silva).

 

Il est ensuite revenu en détail sur son nouveau livre « Et ainsi de suite. Un procès politique en France » et a détaillé les raisons pour lesquelles il estimait que la justice de notre pays ne pouvait plus être digne de confiance. Il a en particulier expliqué que la France insoumise avait subi un régime juridique et policier d'exception.  

 

 

-  40 minutes d’images cachées : le coup monté médiatico-judiciaire contre La France Insoumise

Capture d'écran de la vidéo de Quotidien

Capture d'écran de la vidéo de Quotidien

Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis, a levé un gros lièvre à propos d’une lourde manipulation médiatique dans l’affaire des perquisitions contre le siège de la France Insoumise. Au cours de la conférence de presse du groupe parlementaire[1] il a révélé que depuis un an « Quotidien » joue le jeu de la police politique. Ce sont les images de la caméra de cette émission qui servent à illustrer (en boucle) la scène des perquisitions sur toutes les chaînes de télé. Nous y figurons dans le rôle des méchants violents. Ces images servent d’ailleurs dans le générique de l’émission, tous les soirs, depuis presque un an. Mais ce sont aussi ces images qui servent de base à nos accusateurs. Barthès s’était bien gardé de le dire au public jusque-là.

 

Au cours des auditions qui nous ont été imposées pendant des heures, chacun des six députés et des quatre militants d’abord convoqués ont été confrontés à l’une ou l’autre des images de « Quotidien » enregistrées ce jour-là. Pourtant, ces images, le juge a refusé de nous les transmettre. C’est là encore une des innombrables violations des droits de la défense dans cette affaire. Encore un des non moins nombreux vices de procédures de cette histoire si lamentablement menée par la police politique du pouvoir. Les champions de l’investigation et autre implacables redresseurs de tort se sont bien gardés d’en dire jamais un mot. Ils se sont contentés de recopier servilement les morceaux choisis fournis par ceux qui s’occupent dans les milieux judiciaires de « vendre » des fuites de presse à la criée.

  • Nous n’avons donc jamais pu prouver notre version des faits.

Maintenant, grâce aux révélations de Corbière, la vérité éclate. Il y a quarante minutes d’images cachées[2], pas moins ! Et ces images sont parlantes. Depuis un an « Quotidien » cachait ces moments où Corbière et moi rassurons les policiers et appelons au calme. C’est le contraire de ce que montrent depuis octobre derniers les 30 secondes que diffusent « Quotidien » et tous les moutons de Panurge de l’officialité médiatique.

 

 

-" Le temps des procès politiques doit cesser "

 

Non, la justice ne doit pas servir d’arme de persécution politique !

Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE
Jean-Luc Mélenchon : ET AINSI DE SUITE

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