Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 15:42
9 septembre : rentrée politique des insoumis de Charente Maritime

La période politique qui s'est déroulée depuis les élections a été particulièrement porteuse d'annonces de mauvais coups pour la majorité de nos concitoyens.

 

Certains, comme la poursuite de la remise en cause de 100 ans de conquêtes sociales, ont été adoptés et ce malgré le travail remarquable de nos élus à l'Assemblée nationale notamment contre la loi travail et qui, en dépit de leur nombre limité, ont mis le gouvernement en difficulté sur ses projets.


C'est dans ce contexte que les insoumis de Charente Maritime ont décidé de faire du Samedi 9 septembre un temps politique fort, tremplin pour reprendre l'action politique de terrain permettant de rassembler les citoyens notamment à l'occasion des journées de lutte des 12 septembre et 23 septembre.

 

 

- Ce sera la rentrée politique des insoumis de la Charente Maritime

  • le lieu : Centre Richard 3 avenue de Gaulle, Tonnay-Charente 17 430
9 septembre : rentrée politique des insoumis de Charente Maritime

Elle se tiendra en deux temps :
- Le matin, de 11H à 13H l'instant des insoumis à huis-clos temps de discussion interne

- Ensuite ouverture au public : auberge espagnole à partir de 12H30 (invitez vos amis !)
  • avec à partir de 14H : Rencontre, débats, moments de convivialité...
  • Nous voulons aussi faire de l’après midi,  un moment de rencontre avec des acteurs associatifs.

 

- Pour s'inscrire à l'initiative du 9 septembre, c'est ICI

 

Repost 0
16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 15:41
Le macronisme est un autoritarisme : « projet de société global »

Quatre mois après le premier tour de l’élection présidentielle, on y voit désormais plus clair quant aux modalités d’exercice du pouvoir à la sauce Macron, à propos desquelles il avait maintenu un certain flou durant sa campagne, à grands renforts de « et en même temps ».

Si les premières mesures de Macron et de son gouvernement ont donné le ton concernant les orientations générales du nouveau président et de sa majorité, d’autres décisions annoncent la couleur au sujet du type de pouvoir que Macron entend construire.

 

Sources : Le NPA par Julien Salingue

- Concentration des pouvoirs
Depuis son élection, Emmanuel Macron organise une concentration des pouvoirs qui, si elle est grandement facilitée par la nature même des institutions de la 5e République, n’en prend pas moins des formes inédites. L’épisode des investitures d’En marche pour les élections législatives a été l’un des premiers révélateurs de cette « méthode Macron ». Les futurs députéEs ont en effet été recrutés sur CV, après un appel à candidatures, par une « commission » composée de proches de Macron, soit une méthode à peu près similaire à celles employées dans les grandes entreprises privées. Un mimétisme qui ne surprend guère lorsque l’on connaît le pedigree de Macron et de son entourage, mais dont la portée politique est loin d’être anodine.


Ce n’est certes pas la première fois que des partis politiques importent des techniques du privé. Toutefois, cette présélection des députéEs ne peut être réduite à un simple phénomène d’importation de ces méthodes. En effet, du fait de ce processus de « recrutement », la légitimité des députéEs macronistes ne vient pas de leur éventuelle base locale ou d’un parti qui les aurait investis, mais de leur « sélection », d’en haut, par l’entourage de Macron. Des « sélectionneurs » qui sont majoritairement des technocrates sans implantation politique, appelés à être conseillers de l’Élysée, membres des cabinets des ministres, voire ministres. En d’autres termes, c’est le futur exécutif qui a sélectionné à l’avance le futur législatif.

 
 
-Macron, un libéral-autoritaire
Autre innovation avec la réduction considérable de la taille des cabinets ministériels (dix collaborateurs au maximum par ministre), que l’Élysée justifie par une volonté d’accorder une plus grande place aux administrations et donc aux hauts fonctionnaires qui, fait nouveau, participeront aux réunions avec les ministres et seront associés aux discussions budgétaires. Un pas de plus dans la technocratisation, qui se double de la volonté affichée de Macron d’« évaluer » près de 200 hauts fonctionnaires pour s’assurer de leur loyauté et, le cas échéant, de ne pas les renouveler. Il s’agit donc, dans un double mouvement, de renforcer le poids de la technocratie d’État tout en renforçant le contrôle de l’exécutif sur les technocrates.
 

À propos de l’élection de Macron, Alain Badiou évoquait récemment un « coup d’État démocratique ». Une formule paradoxale mais pertinente, confirmée par la posture « libérale-­autoritaire » du nouveau président qui, sous couvert de « modernisation » et de « rationalisation », vocable typique de la novlangue libérale, se donne les moyens institutionnels d’un exercice du pouvoir hyper concentré et ne tolérant aucune remise en question. Le récent épisode du « recadrage » du chef d’état-major Pierre de Villiers, qui a conduit à la démission de celui-ci, illustre cette tendance : le conflit n’avait pas pour racine les moyens attribués à l’armée (puisque Macron a fini par céder) mais la volonté de Macron d’affirmer publiquement son autorité.

 
 
-Une main de fer dans un gant d’acier chromé
L’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun et les postures martiales de Macron lors de ses premières rencontres internationales ne sont pas des accidents. L’autoritarisme est une composante du macronisme, dont les projets d’adaptation brutale des structures économiques et sociales françaises aux nouvelles configurations du capitalisme mondialisé passent par une caporalisation de la société, une marginalisation des corps intermédiaires et une mise sous tutelle des contre-pouvoirs. Macron, c’est une main de fer dans un gant d’acier chromé, et les artifices communicationnels du président ont déjà fait long feu, comme le montrent les critiques de plus en plus nombreuses venues d’éditorialistes rapidement revenus de leur Macron-béatitude.
 

À la tête d’un exécutif mal élu et disposant d’une base sociale particulièrement réduite, le manager Macron et ses chefs d’équipe, pour la plupart issus de la « nouvelle économie » et des grandes écoles de commerce, entendent exercer le pouvoir comme s’ils administraient une start-up ou un cabinet d’avocats de Wall Street : une vitrine décontractée et moderne, mais une gestion brutale et autoritaire des « ressources humaines ». Le macronisme n’est pas seulement une nouvelle étape de la contre-révolution libérale, mais bien un projet de société global auquel il est indispensable, au-delà des nécessaires résistances, d’opposer un contre-modèle social, économique, écologique et ­démocratique tout aussi global.

 

Pour en savoir plus :

- Réflexions sur le confusionnisme et le néofascisme

- La crise de la démocratie et le néolibéralisme

- Le néolibéralisme est un fascisme
Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Macron Analyse
commenter cet article
9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 20:34
FI – FN : deux conceptions diamétralement opposées du peuple

La lecture de la totalité de l’article montre que Diderot avait aussi une vision classiste du peuple.

Extrait :

"Il ne reste donc dans la masse du peuple que les ouvriers et les Laboureurs. Je contemple avec intérêt leur façon d’exister ; je trouve que cet ouvrier habite ou sous le chaume, ou dans quelque réduit que nos villes lui abandonnent, parce qu’on a besoin de sa force. Il se lève avec le soleil, &, sans regarder la fortune qui rit au-dessus de lui, il prend son habit de toutes les saisons, il fouille nos mines et nos carrières, il dessèche nos marais, il nettoie nos rue, il bâtit nos maisons, il fabrique nos meubles ; la faim arrive, tout lui est bon ; le jour finit, il se couche durement dans les bras de la fatigue.

 

Le laboureur, autre homme du peuple, est avant l’aurore tout occupé à ensemencer nos terres, à cultiver nos champs, à arroser nos jardins. Il souffre le chaud, le froid, la hauteur des grands, l’insolence des riches, le brigandage des traitants, le pillage des commis, le ravage même des bêtes fauves, qu’il n’ose écarter de ses moissons par respect pour les plaisirs des puissants. Il est sobre, juste, fidèle, religieux, sans considérer ce qui lui en reviendra. Lucas épouse Colette, parce qu’il l’aime ; Colette donne son lait à ses enfants, sans connaitre le prix de la fraicheur et du repos. Ils grandissent ces enfants, et Lucas ouvrant la terre devant eux, leur apprend à la cultiver. Il meurt, et leur laisse son champ à partager également ; si Lucas n’était pas un homme du peuple, il le laisserait tout entier à l’ainé. Tel est le portrait des hommes qui composent ce que nous appelons peuple, et qui forment toujours la partie la plus nombreuse et la plus nécessaire de la nation."

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées texte de base par Hervé Debonrivage

Avec l'élection de Macron, l’élection présidentielle de 2017 n'a pas permis à un peuple français fragmenté et démoralisé de se reconstruire en une République nouvelle au service de l’intérêt général.

Rien n'est réglé, bien au contraire.

 

 

- Nous vivons une crise globale

  • 1 – Une crise politique

Les élections de 2017 ont pris un caractère exceptionnel car après 40 ans d’alternance droite – gauche PS, la situation sociale et économique de notre pays n’est guère brillante et pour la première fois, il n’est pas assuré que nos enfants aient de meilleures conditions de vie que nous. Dans un pays considéré comme sixième puissance mondiale par son PIB, la précarité et le chômage touchent toutes les catégories sociales, les services publics, notamment dans la santé, se sont dégradés et dans le même temps les inégalités de revenus et de patrimoine battent des records historiques. Notre pays compte 9 millions de pauvres. Ainsi, les partis et la représentation politiques ont perdu leur crédibilité pour un nombre considérable de nos concitoyens. La social-démocratie européenne est en crise et le PS, qui a détruit la notion même de gauche et se trouve éclaté, écartelé, en est un des symptôme éloquent.

 

  • 2 – Une crise systémique du mode de production capitaliste.

Les politiques néolibérales successives arrivent à une impasse : il suffit de regarder la courbe et le tableau de croissance du PIB depuis 1950. Pour lisser les fluctuations annuelles, on peut calculer les moyennes par tranche de 10 ans. On constate une décroissance de la progression du PIB qui atteint maintenant un taux compris entre 0 et 2 %. Cela veut dire que le mode de production capitaliste qui a été pendant longtemps favorable au développement des forces productives ne l’est plus : il a perdu de son efficacité dans la production de richesses pour des raisons trop longues à expliquer ici. Ainsi, le mode de production capitaliste actuellement fortement financiarisé entre en contradiction avec le développement des forces productives nécessaires à la satisfaction des besoins diversifiés de la population. On assiste ainsi à une paupérisation de larges franges de la société. Un examen de l’histoire économique mondiale depuis les quatre derniers siècles nous indique alors que nous sommes dans une situation prérévolutionnaire.

 

Tel est le fondement de la crise économique, sociale et politique actuelle. Voilà pourquoi les partis traditionnels mettant en œuvre ces politiques économiques plus ou moins ultra–libérales ont perdu de leur crédibilité, sauf pour ceux évidemment qui en font un instrument d’enrichissement personnel ou un système de croyances.

 

  • 3 – La crise de l’État-nation comme matrice constitutive du peuple.

Ce n’est pas tout. Cette crise politique se traduit aussi par une crise de l’État-nation qui est le fondement de la cohérence nationale depuis la mise en place d’un pouvoir royal centralisé, le roi incarnant dans l’ancien régime la souveraineté du peuple. Avec la révolution française, l’État-nation prend son appui sur la République et la souveraineté devient plus abstraite avec la référence à l’intérêt général et à la volonté générale. Le libéral Bertrand De Jouvenel dans son ouvrage "Le Pouvoir" a bien expliqué cela .

 

- a) Crise de l’État

Mais cet État censé représenter l’intérêt général ou du moins arbitrer entre les intérêts privés des possédants et la puissance publique au service du peuple démuni se trouve de plus en plus privatisé. La notion d’homme d’État qui avait un sens pendant les 30 glorieuses (1945 – 1975) finit par se vider de son sens par la soumission de l’État aux intérêts des multinationales. La dette publique envers les puissances privées constitue "la chaîne d’or" de cette soumission selon l’expression de l’économiste Ernest Mandel. Les politiques de privatisation successives font que maintenant le patrimoine public ne représente que 2 % du patrimoine de la France. Par exemple, 95 % de nos rivières, trois quarts de nos forêts sont privés. Crise de l’État et de sa puissance donc.

 

- b) Crise de la Nation.

En même temps, on assiste à une crise de la Nation . Les institutions financières internationales, les institutions européennes remettent profondément en cause la souveraineté nationale et par leur caractère antidémocratique la souveraineté populaire. La mondialisation des échanges, la segmentation de la production d’un groupe industriel dans différents pays font éclater les cadres nationaux.

 

- c) Crise de la République.

Il en résulte une crise de la république elle-même, les intérêts privés dominant l’intérêt général : lobbying, corruption, paradis fiscaux en sont les éléments les plus spectaculaires. Cela s’accompagne d’une crise de la démocratie représentative.

 

 

- Le peuple fragmenté par la crise
Le peuple n’existe pas en soi : seule existe une population sur un territoire donné. Le peuple est une construction politique.

Ainsi la notion de peuple et du vivre ensemble qui reposait depuis longtemps sur l’État-nation républicain est en train de se désagréger sous nos yeux, mais pour le voir, encore faut-il qu’ils soient ouverts. Et la perte des repères républicains pour bon nombre de nos concitoyens devient une menace pour la démocratie. La crise de la politique actuelle dans ses dimensions institutionnelles ne se réduit donc pas simplement à une crise de la Ve République comme on l’entend souvent.

 

À ce délitement du contrat social s’ajoute une fragmentation socio-économique de la société en raison de la diversification et de la multiplication de nouveaux métiers, de l’hétérogénéité des conditions de vie et de travail dans les classes populaires, de la segmentation de production au niveau mondial et tout cela sur un fond de développement de la précarité, du chômage et de la pauvreté contrastant avec l’augmentation du nombre de grandes fortunes.

 

 

- Redéfinir le peuple.
Comment peut ou va se résoudre cette période de crise pré-révolutionnaire à court ou moyen terme ? Par une redéfinition du peuple puisque la matrice d’État-nation ne joue plus son rôle.

 

Se présente alors à la population française le choix suivant de reconstruction :

  • Soit par une révolution brune fondée sur un populisme de droite qui risque de déboucher sur une guerre civile : c’est le choix du FN et et de sa représentante Marine le Pen (MLP) ;
  • Soit par une révolution pacifique citoyenne fondée sur un populisme de gauche. C’est la voie proposée par le mouvement de la France insoumise représenté par Jean-Luc Mélenchon (JLM) auteur du livre "L’ère du peuple". Une telle révolution citoyenne nécessitera l’implication d’un grand nombre de nos concitoyens pour refonder le peuple dans une sixième république mettant en œuvre une assemblée constituante permettant de renouveler la quasi-totalité du personnel politique et de refonder les institutions.

 

La petite bourgeoisie et l’intelligentsia en perdition idéologique n’ont pas compris cette évidence : la neutralisation du populisme de droite ne peut se faire que par la mise en œuvre d’un « populisme » de gauche

 

 

-Mais le terme « populisme » est un mot fourre-tout et souvent péjoratif qu’il faut préciser.
Répétons-le : un peuple est une construction politique. On appellera donc ici " populisme " le processus de construction politique d’un peuple.

 

Mais, évidemment entre ces deux alternatives, il y a la poursuite et l'aggravation de la politique existante (avec quelques correctifs éventuels en fonction des rapports de forces) s’appuyant sur ce qui reste des appareils politiques traditionnels la soutenant directement ou pas (Le PS, L R...) mais surtout sur le mouvement "En marche" d’Emmanuel Macron financé et porté à bout de bras par un réseau important d’hommes d’affaires (voir l’article du Monde diplomatique sur Macron de mars 2017).

 

Une fois les élections passées, il n'en demeure pas moins vrai que jamais en France la probabilité pour qu’un parti d’extrême droite puisse accéder au pouvoir (à plus ou moins long terme) n’a été aussi grande (la politique de macron ne peut qu'accentuer le phénomène de rejet), ce qui explique la nécessité de clarifier la situation.

 

 

-Deux conceptions du peuple à l’ordre du jour.
Pour être plus précis, quelles sont ici les deux conceptions qui s’affrontent ? Deux conceptions antagoniques du Peuple. Un peuple, comme une tribu implique un Eux et un Nous.

 

On assiste actuellement à la confrontation entre des visions du peuple.

  • Pour Marine Le Pen et le FN, le Eux, ce sont les immigrés, les étrangers, les musulmans. Le Nous ce sont les Français de souche avec nos ancêtres les gaulois, les traditionalistes, les catholiques. Une telle vision est diabolique au sens étymologique (diable, du grec diabállô, celui qui divise) puisqu’elle introduit une division au sein de la population entre différentes catégories sociales en tentant de les opposer et cela peut aller jusqu’à la désignation d’ennemis intérieurs pouvant entraîner des "chasses aux sorcières". Cette conception s’appuie sur un terrain favorable : délitement des liens sociaux et une montée de l’individualisme, l’ affaiblissement des organisations syndicales, la diversification des conditions de travail et de vie des classes populaires et aussi, de manière conjoncturelle, sur la peur du terrorisme. Cet esprit de division s’applique aussi à l’absolutisation de la notion de nation placée en opposition avec d’autres : c’est le nationalisme. Celui-ci se nourrit des dégâts sociaux occasionnés par une politique économique néolibérale de l’union européenne . Les principes d’égalité et de fraternité sont alors écrasés par les notions d’identité et de repli sur soi, nourries la peur des autres.

 

Peuple et classes sociales pour l’extrême droite.

Pour l’extrême droite, comme l’ont bien montré différents sociologues , la division en classes sociales dominants/dominés est absente de leur représentation du monde. Pour elle, il n’y a pas les patrons d’un côté et les salariés de l’autre mais simplement "l’économie réelle" où collaborent les uns et les autres sans conflit fondamental d’intérêts. Mais cette conception est plus généralement celle de la droite. La terminologie "élite" pour le FN peut désigner tout à la fois technocrates, intellectuels, journalistes au service de "l’establishment".

 

  • Pour Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, le Eux ce sont les capitalistes des grands groupes industriels et financiers (mais pas les entrepreneurs de PME, TPE, artisans, petits commerçants), les actionnaires fortunés les grandes fortunes. Le Nous ce sont d’abord les salariés, les classes populaires et les travailleurs indépendants dont les les petits entrepreneurs, les artistes, etc.

 

Peuple et classes sociales pour JL M.

On retrouve une conception d’origine marxiste ou issue de la révolution française (voir la notion de peuple chez Diderot en annexe ) : classe dominante et classe dominée mais corrigée et augmentée : l’exploitation de la force de travail par extraction directe de la plus-value n’étant plus le seul critère. Par subordination réelle, le sous-traitant d’un grand groupe industriel ou financier fait partie de la classe dominée.

 

La classe dominante comprend deux pôles : celui de la propriété et celui de l’organisation – compétence (le savoir) : experts en tous genres à très hauts salaires. Ces gestionnaires sont spécialisés et sont affectés dans les différents secteurs de la société : gestion du capital, gestion industrielle, socioculturelle et idéologique, gestion politique. La classe dominée est constituée des salariés du public et du privé et travailleurs indépendants dont les petites entreprises, professions libérales etc.. On n’introduit pas dans cette optique des divisions entre les salariés en les opposant : entre les salariés du public et les salariés du privé par exemple.

 

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon n’est rien d’autre qu’un socialiste jaurèsien toujours attaché à cette représentation d’une société divisée en 2 grandes classes qui se sont certes complexifiées mais d’intérêts toujours antagoniques. Ce qui est en cause, ce ne sont pas des capitalistes en particulier, des individus mais un système. La finance n’est pas un bouc émissaire comme le serait l’arabe, le fonctionnaire, l’immigré, etc pour un adepte du FN.

 

En revanche, comme dit plus haut, l’extrême droite n’a pas du tout cette vision " classiste ". En cas de remise en cause du fonctionnement capitaliste, elles ne voit les choses qu’en terme individuel de patrons voyous, de cliques d’affairistes associés en bandes de malfaiteurs pervertissant ainsi un capitalisme à visage humain, un bon capitalisme patriote… Cette manière de voir peut déboucher sur la théorie du complot et des boucs émissaires usuriers comme cela a été le cas avec le nazisme à l’antisémitisme nauséabond et meurtrier.

 

Ainsi pour les classes populaires, au-delà de la confrontation superficielle sur des programmes (d’autant plus que le FN ne se gène pas de pratiquer le copier-coller d’une partie du programme de ses adversaires de gauche. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon en ont fait les frais en 2017 sans expliquer comment le financer), il y a confrontation entre deux conceptions du peuple.

 

 

-Une conception républicaine contre une conception ethno-nationaliste du peuple.
Il découle de ce qui a été dit précédemment, que le populisme de gauche de Jean-Luc Mélenchon valorise la solidarité entre les salariés par exemple, alors qu’un populisme de droite va au contraire mettre en exergue les différences diverses entre les salariés et voire leur couleur de peau et leur filiation génétique par le sang qui fait alors disparaître le droit du sol.

 

  • Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise défendent l’égalité des droits inscrit dans la déclaration des droits de l’homme alors que Marine Le Pen et le FN défendent la préférence nationale.
  • Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise s’opposent aux dispositions restreignant les libertés (à l’instar de la ligue des droits de l’homme ) comme comme la loi renseignement et le prolongement excessif de l’État d’urgence par exemple, alors que Marine Le Pen et le FN sont favorables à ces restrictions.

 

En bref, le populisme de gauche républicain de Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise défend les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et le droit du sol constitutifs de la république française alors que le populisme de droite de Marine Le Pen et le FN défend une conception nationale-étatiste ethnicisée

 

Fédérer le peuple autour des valeurs de la république, de l’écologie et du progrès social.

Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise n’ont pas une conception nationaliste des droits et de l’intérêt général. Ce "penser global " se déploie simultanément sur plusieurs axes :

  • celui des droits avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 héritière de celle de1789 ; l’ONU notamment pour le règlement des conflits, l’OIT pour le droit des travailleur au niveau mondial.
  • celui de la solidarité-fraternité avec la notion d’intérêt général humain dans la protection de l’écosystème global (couche d’ozone, enjeux climatiques, risque nucléaire…) et des écosystèmes locaux (biodiversité, pollution des villes,…)
  • celui de l’harmonie des échanges économiques entre les peuples avec la charte de La Havane reprise par le programme L’avenir en commun. Il s’agit de rompre avec un libre échange sauvage et de concevoir une économie ouverte régulée par une harmonisation fiscale, sociale et environnementale tout en protégeant les productions locales.

 

 

-Entre ces deux pôle populistes, une sphère politique en décomposition
Il est évident que les libéraux, comme Macron ou Bayrou et autres Républicains ne partagent pas non plus la vision classiste de la société de Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Il en est de même pour Cambadélis, Hamon et autres PS ou PRG, mais ils partagent un socle de valeurs commun : celui de la République et de la démocratie dans leurs principes..

 

Ce n’est pas le cas du FN. Ainsi, Valls est plus proche du FN que Macron car il a utilisé les mêmes techniques que l’extrême droite pour diviser les salariés, et on se rappelle aussi de sa chasse aux Roms…

 

Pour eux tous, les super riches, les patrons du CAC 40 font partie du peuple puisque pour eux il n’existe pas d’antagonisme irréductible de classes.

 

Macron est à l’image de la crise politique qui l'accompagne : prototype du technocrate arriviste et manipulateur, promu par Attali et Minc, il est soutenu par le monde de la finance. Toujours les mêmes recettes néolibérales dans la continuité aggravée de Hollande et Sarkozi. Pro-européen, l’application de ses recettes économiques conduira en réalité à l’explosion de l’union européenne. Des économistes comme Piketty et Généreux sont d’accord sur ce point.

 

Aux Etats-Unis nous avons récemment assisté à une confrontation Saunders/ Trump entre deux populismes mais les médias ont tout fait pour effacer Sanders et favoriser Clinton. Le résultat a été l’élection de Trump : le populiste de droite.

 

En France, les médias ont, lors de la campagne des élections présidentielles, tenté d'effacer, de caricaturer, d'écraser Jean-Luc Mélenchon en le prenant en étau par la promotion de Hamon et de Le Pen avec le surplomb écrasant de Macron, puis en tentant de le rallier en vain à Macron contre le Pen. Nous avons, cette fois ci, eu Macron.

 

A nous d'œuvrer pour, lors des prochaines échéances électorales, faire triompher le populisme de gauche en rassemblant le peuple.

 

Pour en savoir plus :

- La gauche et le peuple. Chantal Mouffe. La grande table du 28/03/2017. France culture

- Conférence de Jean-Luc Mélenchon et Chantal Mouffe intitulée "L’heure du peuple" Le 21/10/2016

- Débat entre Jean-Luc Mélenchon et Jacques Julliard. France Culture le 31/12/2011 Le peuple a-t-il toujours raison ?

- La fable du nationalisme de Mélenchon. On trouvera dans cet article quelques développements sur le concept de nation et de nationalisme.

- Construire un peuple de Chantal Mouffe. Editions du Cerf . (paru le 07/04/2017). 248 p . 19 €

- L’ère du peuple par Jean-Luc Mélenchon.. Éditions Pluriel. (Février 2016)

- LFI : de l’Avenir en commun à la reconstruction du Peuple.

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Analyse France insoumise Extrême droite Populisme
commenter cet article
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 09:27
Jean-Luc Mélenchon : Seul le cas par cas peut fonctionner.

Le << rassemblement de l'opposition de gauche >> ne peut pas avoir lieu avec des gens qui ont choisi de ne pas s'opposer.

 

Tirant le bilan de la cession parlementaire qui se termine, Jean-Luc Mélenchon revient notamment sur ce que certains souhaitent remettre sur la table : « l’union de l’opposition de gauche » ou qui voient au travers de la saisine du Conseil constitutionnel sur la loi travail, un " acte fondateur " pour la gauche.

 

Sources : Penser après l'hémicycle  par Jean-Luc Mélenchon

- La méthode des additions ponctuelles
Pendant cette session extraordinaire de l’Assemblée, nous avons été conduits à tester beaucoup de méthodes de combat politique. Certaines notamment que nous n’avions jamais pratiqué dans le passé. On connait notre refus absolu de tout retour à la tambouille mortifère du « rassemblement de la gauche ». Il s’est renforcé quand nous avons vu pour quelle réponse nous avons pris au mot le PS qui prétendait que devait se rassembler « l’opposition de gauche ». Nous avions dit : « il y a un ticket d’entrée, le vote contre la confiance au nouveau gouvernement d’Edouard Philippe ».

 

La réponse est venue en deux temps. D’abord cinq membres du groupe PS ont voté la confiance pour trois seulement qui ont voté contre et vingt-quatre autres se sont s’est abstenus. Ensuite, sans un mot d’argumentation, le secrétaire général du PS, Jean-Christophe Cambadélis, toujours en poste, a dénoncé mon « gauchisme autoritaire » et mon « populisme échevelé » en réponse à une question passe plat du « Monde » qui demandait si on pouvait « encore » parler avec moi quand on est socialiste. Le final est arrivé quand est venue l’heure de voter sur les ordonnances contre le code du travail. Quatorze députés PS ont voté contre mais la majorité du groupe, soit dix-huit députés, n’a pas participé au vote. En toute hypothèse, le « rassemblement de l’opposition de gauche » ne peut donc avoir lieu avec des gens qui ont choisi de ne pas s’opposer.

 

Ce tour d’horizon de « l’opposition de gauche » étant achevé, j’en viens à la tactique de combat adoptée à l’assemblée pour unir des efforts quand cela est possible. Car la ligne d’action reste de dénouer par l’action tout ce que les intrigues de Palais quelles qu’elles soient embrouillent et clouent au sol. Sans complexe et sans a priori passer à guet en s’appuyant sur chaque point de passage disponible.

 

 

- Seul le cas par cas peut fonctionner.
Nous l’avons testé avec un amendement pour faire « sauter le verrou de Bercy ». Nous avions vu qu’à une voix près, un amendement pour le faire avait été repoussé en commission après un épisode assez rocambolesque de trois votes confus, conclu par « assis/debout » d’anthologie. L’initiative fut donc prise de proposer à tous ceux qui le voudraient de déposer ensemble un amendement commun en séance plénière. Six groupes sur sept, c’est-à-dire tout le monde, de LR à FI en passant par le Modem, le PS et les communistes, tout le monde sauf « La République en Marche » se retrouva sur un amendement commun. Une conférence de presse commune a même eu lieu pour présenter l’initiative. C’est d’ailleurs pour effacer l’impression d’isolement total de la majorité que le président de séance se lança dans des manœuvres de présentation des amendements qui tourna à la foire d’empoigne généralisée. Mais l’expérience nous a parue efficace.

 

Nous l’avons donc renouvelée pour déposer un recours constitutionnel contre l’ordonnance sur la loi travail. En effet pour déposer un tel recours il faut disposer de soixante signatures de députés ou de sénateurs. Aucun de nos groupes ne les a. Et la somme des insoumis et des communistes ne réunit que trente-trois signatures. L’accord a pu se faire du PS à des autonomistes corses incluant les insoumis et les communistes.

 

En vain cherchera-t-on à en faire un accord « d’union de l’opposition de gauche ». Les raisons que j’ai évoquées suffisent pour comprendre pourquoi ce ne peut être le cas. Mais de même que nous signons avec LR pour « faire sauter le verrou de Bercy », nous signons avec le PS quand bien même la majorité de ses membres n’a pas voté contre l’ordonnance sur le code du travail. Telle est la méthode des « additions ponctuelles ». Elle n’a pas valeur d’accord politique global. Elle ne préjuge d’aucune suite. Elle existe pour un objet clairement délimité. Et conforme à notre programme.

 

Comme ce sont des étapes spectaculaires et significatives, je les cite. Mais il faut savoir que la même méthode a été appliquée à des dizaines d’amendements de LR ou du PS : nous les avons appuyés de nos votes quand ils étaient conformes à notre programme. La méthode des « additions ponctuelles » doit être lue pour ce qu’elle est : le refus des attitudes sectaires, la volonté de ne pas s’en tenir aux étiquettes pour avancer dans l’action que nous avons choisie. Et d’un autre côté, c’est le refus de donner des blancs-seings ou des amnisties à qui que ce soit. Et nous admettons évidemment qu’il en aille de même pour ceux qui sont ponctuellement nos alliés dans une bataille. Je veux dire qu’ils ne doivent se sentir lié à rien d’autres nous concernant quand ils agissent avec nous.

 

Pour en savoir plus :

- Saisine du Conseil constitutionnel sur la loi travail : Chassaigne (PCF) évoque "un acte fondateur" pour la gauche

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Analyse PCF PS France insoumise
commenter cet article
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 18:27
Le verrou de Bercy toujours bloqué par la force politique du Capital

La soumission de " la République en marche "

Rejet de la suppression du verrou de Bercy : une occasion ratée de lutter contre la fraude fiscale !

 

Sources : ATTAC France  le 21 juillet 2017

Pour lutter réellement contre la fraude et l’évasion fiscales, Attac propose une série de mesures concrètes, parmi lesquelles la suppression du verrou de Bercy.

 

Le « verrou de Bercy » désigne le monopole du ministère du Budget sur les décisions de poursuites judiciaires pour fraude fiscale : en France, seul Bercy peut engager des poursuites pénales pour fraude fiscale, sur avis de la commission des infractions fiscales, qui filtre les dossiers de fraudeurs susceptibles d’être transmis à la justice. De ce fait, chaque année, seulement 2 % des infractions fiscales sont transmises à la justice, un ratio à faire pâlir d’envie tous les autres délinquant·e·s ! Il faudrait au contraire permettre à la justice et au fisc d’agir en toute indépendance par rapport au pouvoir politique. Faire sauter le « verrou de Bercy », c’est supprimer le monopole du ministre du Budget en matière d’ouverture de poursuites pénales et supprimer la commission des infractions pénales. Cette revendication a une portée symbolique forte. Elle est portée largement par la société civile.

 

Le Parlement a failli voter cette suppression. Le 11 juillet, le Sénat avait adopté – contre l’avis du gouvernement – un amendement demandant la suppression du verrou de Bercy. Mercredi 20 juillet les députés de la « République en marche ! » ont rétabli de justesse en commission des lois ce verrou (25 voix contre 24).

 

Plutôt que de chercher à économiser quelques milliards d’euros en gelant le point d’indice des fonctionnaires, en remettant en cause les APL ou en dégradant encore les services publics, le gouvernement ferait mieux de s’attaquer à l’évasion fiscale : rappelons qu’elle ampute chaque année les budgets publics de 60 à 80 milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit public. Pourquoi le gouvernement ne donne-t-il pas la priorité à la lutte contre l’évasion fiscale ? Ne devrait-il pas renforcer les effectifs du fisc et de la justice, notoirement insuffisants pour lutter contre l’évasion fiscale ?

 

Attac se félicite que les débats parlementaires aient fait apparaître un large soutien à cette mesure (votée par des députés de la France insoumise, du Parti communiste, du Parti socialiste, du MoDem, du groupe Les Constructifs et de Les Républicains), qui n’a donc été rejetée que par la volonté du gouvernement suivie par la majorité LREM. Cela montre que les revendications que nous portons ne demandent qu’un peu de volonté politique.

 

Attac poursuivra dès la rentrée ses actions afin d’obtenir de nouvelles avancées concrètes dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.

 

ATTAC France

 

Pour en savoir plus :

- Quelques rappels sur l’évasion fiscale par Attac France

 

 

- Les députés de la France insoumise font feu de tout bois pour obtenir la suppression du " verrou de Bercy "

Le 25 juillet 2017 dans le cadre du débat sur le projet de loi pour redonner confiance dans la vie publique, les députés insoumis ont lancé le débat sur le verrou de Bercy. Un débat houleux dans lequel la ministre et la rapporteuse En Marche ont défendu ce verrou qui permet au ministre des Finances de bloquer une enquête sur des fraudeurs du fisc. Sont intervenus pour les insoumis : Alexis Corbière, Éric Coquerel,

Le verrou de Bercy toujours bloqué par la force politique du Capital
Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Macron Si on parlait ECONOMIE Analyse vidéos
commenter cet article
30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 15:46
Les députés macronistes pires que les moutons de Panurge

A l'Assemblée, la majorité rejette un article par inadvertance, le président de séance est consterné

 

Sources : Huffigtonpost par Benedicte Magnier.

- Voilà comment fonctionne l’Assemblée godillote en marche.

Le président de séance annonce le vote d’un article approuvé en commission par la majorité. Mais comme le député Cocquerel, de la France Insoumise, intervient pour l’approuver également, les chèvres de la Macronie confondent article et amendement... et finalement votent contre !

 

Cet article avait pourtant été validé en commission.

Nouveau couac dans l’hémicycle, et cette fois, ce n’est pas une simple histoire de tenue vestimentaire. Dans ce passage, repéré par LCP ce jeudi 27 juillet, la majorité LREM rejette un article, et plus précisément l’article 7 ter du projet de loi pour la confiance dans la vie publique. Il concernait les dispositions relatives au financement de la vie politique, applicables aux partis et aux groupements politiques.

 

Cette mesure, présentée comme un barrage contre les cas comme celui de Thomas Thévenoud, avait pourtant été validée en commission. Elle prévoyait l’élargissement des obligations de transparence fiscale de l’exécutif. En plus de l’ISF et de l’impôt sur le revenu (les seuls concernés pour le moment), auraient pu être ajoutés les impôts locaux ou encore la redevance audiovisuelle.

 

Sacha Houlié, président de la séance, en est resté bouche bée, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. Il semble d’ailleurs que son micro ait été coupé quelques secondes, peut-être involontairement ? En tout cas, celui-ci n’a pas hésité à reprendre ses collègues de la majorité, leur rappelant la différence entre un article et un amendement.

 

Alors, que s’est-il passé dans les rangs de l’Assemblée pour que la majorité revienne sur cet article qui mettait tout le monde d’accord ? C’est sans doute précisément là que se trouve la réponse. En effet, Éric Coquerel (député de la France Insoumise), venait de prendre la parole pour approuver cet article. Cela a peut-être déstabilisé les députés LREM, plutôt habitués à être en opposition avec eux.

 

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Macron vidéos
commenter cet article
25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 13:33
« La France Insoumise » ni refuge ni donneuse de leçons. Une construction en devenir pour le peuple

Françis Parny nous livre son bilan au bout de Dix-huit mois « d’apprentissage » de la France insoumise. Treize ou quatorze de pratique en son sein. Sa réflexion a évoluée au cours de ces mois passés avec d’autres militant-e-s. Aujourd’hui il éprouve le besoin de dire où il en est, à titre individuel bien sûr, mais pleinement dans la France insoumise pour discuter de ce qu’elle est, de ce qu’elle doit rester et de l’objectif qu’elle se donne.

 

Sources : Le blog de Françis Parny par Françis Parny ex membre du CN du PCF

- Un mouvement se dessine autour de la France insoumise (FI).

Il est le fait de personnes qui, individuellement ou collectivement, veulent la rejoindre.

 

Beaucoup de socialistes ont rejoint la « Nouvelle gauche socialiste » à l’intérieur de la FI tout comme de nombreux et nombreuses communistes rejoignent l’association « communistes insoumis et insoumises » qui se créée au sein, toujours, de la FI. Le 26 juin dernier l’espace politique national du mouvement a accueilli la coopérative politique « écologie sociale ». Et le 13 juillet des dirigeants de l’organisation « Ensemble » ont rendu public un texte dans lequel ils annoncent leur souhait de rejoindre cet espace.

 

 

- Bienvenus !

C’est la reconnaissance du résultat obtenu par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Le résultat c’est-à-dire 7 millions de personnes qui se sont prononcées principalement sur un programme, 7 millions de personnes conscientes de leur acte politique. Et c’est aussi, bien sûr, la reconnaissance que la FI va jouer un rôle important dans la recomposition politique à laquelle nous assistons.

 

Mais ce rassemblement nécessite une réflexion sur son organisation. La FI ne peut pas être le refuge de tous les gens de gauche et de l’écologie qui ont été déçus par leurs organisations et le positionnement de celles-ci dans la dernière période.

 

La France insoumise a déjà une histoire.

 

Un scrutin a validé la proposition politique et les formes nouvelles de celle-ci. Il s’agit d’en tirer les enseignements.

 

 

- La révolution à partir de la réalité concrète

Jean-Luc Mélenchon n’est pas entré en campagne sur un coup de tête. Pas plus qu’il aurait navigué a vue en fonction de ses humeurs. Il a annoncé, très tôt, la théorie révolutionnaire à laquelle il croyait. Il l’a écrit dans un livre « L’ère du peuple » revu dans une nouvelle édition publiée à nouveau en 2014. Sans théorie révolutionnaire pas de révolution.

 

Et la base de cette théorie part d’une analyse marxiste de la société. Une analyse concrète de la réalité concrète comme disait le philosophe, qui débouche sur le constat de dérives sans précédent à ce jour, de nos sociétés qui rendent impossible leurs poursuites sans catastrophes sociales, économiques et écologiques, sans mises en cause des valeurs humanistes de notre République.

 

Le discours prononcé par Jean-Luc Mélenchon au théâtre Déjazet le 15 février 2016 avait décrit le paysage dans lequel nous sommes : une financiarisation sans répit de notre économie, de notre société et du monde qui remet en cause notre écosystème et développe une géopolitique agressive à l’égard des peuples.

 

Et, pour celles et ceux qui en douterait, cette analyse débouchait sur des engagements s’inscrivant dans la lutte des classes : définanciariser l’économie et la société, mettre la main sur une bonne partie des richesses produites pour domestiquer la production et libérer la consommation afin de créer les conditions d’une vie digne, émancipatrice dans le respect du seul écosystème compatible avec ces objectifs.

 

Toutes les institutions de notre pays se sont mis au service de la doxa néolibérale, de ce « capitalisme absolutisé » comme le dénommait Jacques Rancière en réfléchissant au phénomène de nuits debout. Oui tous les partis dès lors que François Hollande obligeait le PS à la rejoindre. Et dès lors aucune voix ne voulait plus s’élever « à gauche » pour dénoncer ce néolibéralisme préférant se rallier aux faux fuyants de la dite politique d’austérité menée par Bruxelles qui n’en est que la conséquence.

 

Jean-Luc Mélenchon faisait remarquer, comme d’autres philosophes ou sociologues, combien cette domination idéologique sans partage, avait créé les conditions d’une « servitude volontaire » des gens à l’égard de ce système qui était arrivé à leur faire croire à la fois qu’ils pouvaient satisfaire leurs désirs dans un modèle consumériste qui passait son temps, à coup de publicité, à choisir pour eux ces désirs ; et en même temps que la performance dans la concurrence était le nec plus ultra de toute activité humaine.

 

Il ne s’agît nullement d’enfermer les personnes dans cette dépendance mais de mener la bataille idéologique afin de conforter celles qui refusent cette main « invisible » qui veut les guider et qui pressentent que ce refus constitue un acte d’insoumission nécessaire à leur liberté comme l’est celle d’un fils à l’égard de son père.

 

Oui insoumis. Et voici un mot qui va à la rencontre du désir des gens.

 

 

- Fédérer le peuple

Cette réflexion « grand angle » dans laquelle je m’excuse d’avoir sans doute résumé les idées qu’elle porte, avec le risque de ne pas en rendre compte telles qu’elles le méritent, nous éloigne-t-elle des questions de l’organisation aujourd’hui et demain de la France insoumise ?

 

Je ne le crois pas, car « fédérer le peuple » et non pas rassembler la gauche, refuser le populisme ou réfléchir à son contenu, mettre les gens en action, compter sur la décentralisation de l’initiative sans intermédiaires sont autant de choix qui « fondent » la France insoumise.

 

Par exemple ce fût une campagne pour fédérer le peuple et non pour rassembler la gauche.

 

Certains objectent que peut-être les deux ne sont pas contradictoires ? Mais la vie a tranché, le peuple sait sur quoi débouche le rassemblement de la gauche : sur François Hollande et le néo libéralisme dont son successeur va développer la logique terrifiante. Toute initiative qui se serait adressée à la gauche aurait désavoué l’engagement de faire autrement.

 

Si nous sommes aujourd’hui dans l’ère du peuple ce n’est pas par décret de qui que ce soit, c’est le résultat de la déroute des partis. Droite et gauche, car Macron procède aussi de cette déroute.

 

Et cet effacement des partis supposait l’émergence d’une alternative sans laquelle l’abstention se serait encore développée. Il fallait faire une proposition politique au peuple de France, et dans cette 5ème république, oui, elle devenait possible par les excès même de la place que prend cette élection présidentielle.

 

Il ne s’agit pas d’égo, on se comprend bien, pas de solo non plus - encore que le solo donne au jazz le sel de l’invention qui en fait toute notre joie - il s’agit de l’utilisation de cette institution, notre république à ce jour, pour la retourner contre elle-même et mettre le peuple au centre du débat. Et c’est ce qui s’est passé, pendant quinze mois ; sans pause ; inlassablement ; expliquer le monde que nous proposions : alternatif à celui qui nous écrase ; redonner de l’espoir.

 

C’est le peuple qui a détruit l’autre voie, celle du rassemblement de la gauche, celle des primaires, celle du rassemblement des candidats de gauche à la présidentielle. Et ce choix a été la conséquence de l’expérience car tous ces rassemblements ont échoués par le passé et ce sont terminés dans le maintien du système.

 

Et les promoteurs des alliances « les plus larges » n’ont jamais imaginé la décision qui aurait pu conduire Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, éliminant l’hypothèque Le Pen et gagnant l’élection. Où sont les égos déplacés, incapables de s’effacer devant l’intérêt général ?

 

 

- Un peuple dans l’espoir

Oui un homme a incarné l’espoir. Et alors ?

La grande délibération nationale que constitue cette élection a eu le dernier mot. C’est le peuple qui a choisi.

 

Un choix en pleine conscience. Quel plaisir nous avions d’aller au-devant des citoyens et citoyennes pour leur proposer « L’avenir en commun » et de les entendre nous énumérer toutes les propositions principales qu’il contient avant même de l’ouvrir : la sixième république, une nouvelle répartition des richesses, la transition écologique, l’économie de la mer, l’indépendance de notre pays pour une politique de paix, une république ouverte à toutes et tous… etc…

 

Et ce peuple a repris confiance en lui, il a acquis sans doute l’espoir que demain personne ne peut plus tenir la main de personne et que cet acte d’insoumission génère pour chacun et chacune, l’avènement d’une conscience individuelle engagée dans un projet commun sans intermédiaires.

 

Tout cela ne peut pas se mettre entre parenthèse jusqu’à la prochaine échéance. Et la forme d’organisation que va se donner La France insoumise est sans doute décisive pour développer une « révolution citoyenne permanente ».

 

 

- Un mouvement pas un parti

C’est pourquoi l’espace politique de la France insoumises ne peut ressembler progressivement à un front gauche rénové, complété, mais toujours caractérisé comme un cartel d’organisation.

 

Il ne s’agit pas de faire des procès d’intention a toutes celles et tous ceux que nous accueillons avec plaisir. Un espace politique national rassemblant tous ces courants d’idées c’est bien. C’est un gage de pluralisme et d’enrichissement de la pensée collective. A l’image de notre groupe à l’Assemblée Nationale.

 

Mais cela ne peut être « la » forme d’organisation principale. Imaginez, à chaque échelon territorial la reproduction de tels cartels à l’intérieur de la FI, dans les communes, les départements, les régions, avec une préparation des municipales où chacun comptera le niveau de sa présence. Ce serait l’enfer dont nous sortons !

 

La démarche suivie par ces différents groupes est critique sans doute de l’expérience que les personnes qui les composent, ont vécus dans leur organisation. Mais leur réaction est tout naturellement de penser que leur apport spécifique d’écologiste, de communiste, d’anti capitaliste… est indispensable à la force de la FI et qu’ils sont les porteurs de cette spécificité.

 

Un tel raisonnement pousse à la quantification de chaque composante.

Justement le contraire de ce que doit être un mouvement où les enjeux de pouvoir doivent être réduit au maximum.

 

 

- Délibération et action

Alors quelle France insoumise voulons nous ?

Pas un parti mais un mouvement, disons-nous. Ça veut dire quoi ?

Il faut revenir à notre boussole : quelle forme pouvons-nous donner à notre mouvement pour que le peuple prenne ses affaires en main.

 

Il faut des lieux de délibération collective auxquels participent toutes les composantes du mouvement. L’espace politique national est un de ces lieux. Sa réflexion doit permettre de vérifier que les décisions, les actions, les bilans que nous tirons de nos activités sont conformes à nos objectifs. Cela ne se juge pas sur chaque décision mais d’un point de vue global sur l’ensemble de notre activité dans une période donnée.

 

La confiance doit prévaloir dans un mouvement. Cela n’exclue pas le contrôle, mais il peut se faire à postériori.

 

Et le plus grand nombre des insoumis et des insoumises doivent participer à ces délibérations et ces moments de recul sur notre activité. Notamment avec celles et ceux qui ne veulent pas être dans un groupe politique de la FI.

 

Cela nécessite des rencontres nationales régulières comme l’ont été dans la campagne présidentielle, le rassemblement de Lille sur le programme, ou celui de Villejuif pour le lancement de la campagne législative. Un nouveau rassemblement se fera avant la fin de l’année pour réunir deux à trois mille membres de la FI.

 

Nos décisions doivent être prises en fonction de ces délibérations collectives. Mais elles ne le seront pas à la suite d’un vote majoritaire dans je ne sais quel nouveau comité directeur. Elles doivent porter sur l’actualité du moment comme sur les objectifs à moyen et long terme de la FI.

 

Elles seront portées par la personnalité qui dans la campagne présidentielle l’a fait sans être contestée. Porté également à l’assemblée nationale par un groupe qui ne cesse d’affirmer sa richesse collective.

 

Toutes ces décisions – aujourd’hui - doivent s’inscrire dans la volonté tenace, opiniâtre, de combattre ce pouvoir et tournées vers les actions les plus large possible. Mais elles doivent aussi s’appuyer sur notre patrimoine programmatique « l’avenir en commun » dans un processus d’éducation populaire qui le fera devenir largement majoritaire.

 

Nous n’avons pas la vue courte et partisane. Ce n’est pas à l’horizon de trois ans ou de cinq que nous combattons. Il faut être dans l’action qui rassemble le plus largement possible pour conforter chacune et chacun dans son choix que l’avenir dépend de chacun et chacune d’entre eux.

 

Ainsi en est-il de la récente proposition d’une grande manifestation à la bastille le 23 septembre contre le coup d’état social.

 

 

- Et voilà nos détracteurs habituels de nouveau au front !

Et bien non, pas plus que sa candidature aux présidentielles cette décision est une décision solitaire de Jean-Luc Mélenchon. Encore moins maintenant. 500 000 personnes peuvent réagir et valider ou pas cette proposition et les autres qui viendront.

 

Mais comme pour la présidentielle nous n’attendrons pas la mise en place de cartels d’organisations dont le rassemblement est toujours soumis à la négociation sans fin du niveau de revendication qu’il faut exprimer.

 

Nous respectons les syndicats et leurs actions, nous soutenons celles-ci, mais que tout le monde prenne les initiatives de la France insoumise comme s’ajoutant aux autres avec la volonté de s’adresser au peuple tout entier.

 

Ce rapport direct au peuple nécessite qu’aucun intermédiaire n’existe entre la structure nationale de la FI et toutes ses organisations locales.

 

Pas d’empilage d’échelons territoriaux qui sont le fait des partis et qui sont le lieu d’enjeux de pouvoir loin des préoccupations d’intérêt général. Les groupes locaux peuvent très bien se concerter s’ils estiment nécessaire une réflexion ou une action plus large. Cela s’appelle la coopération.

 

- Nos idées en commun

Il y a une démarche de tous ces « groupes » que nous comprenons bien parce que nous-mêmes, communistes insoumis, nous l’avons exprimée.

 

Ils veulent entrer dans l’espace politique de la FI comme porteur, à juste titre, d’idées spécifiques telles que l’écologie, l’anticapitalisme, le socialisme, le communisme, le féminisme ou l’altermondialisme.

 

Mais n’y-a-t-il pas quelque chose qui unit toutes ces orientations ?

 

Il n’y a pas d’écologie qui ne soit anticapitaliste, pas de communisme non plus, et l’éco socialisme mis en place par le parti de gauche constitue elle-même une doctrine clairement anticapitaliste. Bref ce qui nous unit c’est l’anticapitalisme.

 

Nous n’avons pas peur de nommer le monde dont nous ne voulons pas. Et nous disposons avec « L’avenir en commun » d’un projet alternatif, améliorable sans doute, qui nous unit.

 

Et nos « groupes » sont-ils dépositaires des idées spécifiques dont ils se réclament ? Toutes ces idées sont déjà présentes dans la FI par les centaines de milliers de personnes qui constituent ce mouvement.

 

Alors pourquoi nous-mêmes avons-nous constitué un tel groupe : « l’association des communistes insoumis et insoumises ».

 

Parce que ces groupes peuvent être des lieux de transition fraternelle pour celles et ceux qui hésitent à faire le pas.

 

Nous pouvons témoigner, nous communistes insoumis, que notre présence depuis des mois à l’intérieur de la France insoumise est non seulement reconnue mais toujours plus importante selon le degré d’engagement de notre part au service de ce collectif.

 

C’est pourquoi nous proposons dans nos statuts que notre association rassemble celles et ceux qui se réclament des idées communistes et qui, indissociablement, s’engagent tout de suite dans la FI, dans ses actions, dans ses réflexions.

 

 

- Pas de spectateurs, des acteurs en mouvement.

Je crois pour ma part, que les groupes constitués dans l’espace politique existeront de façon transitoire. Ils sont appelés à disparaître. La condition étant que le mouvement soit suffisamment fort pour que chacun y reconnaisse les idées qu’il porte.

 

Et puis ces groupes ne peuvent représenter ceux qui sont sans partis et qui sont sans doute immensément majoritaire dans les 500 000. Ceux-là, celles-là, ne veulent pas passer par le tamis de partis. Ils veulent porter eux-mêmes leurs ambitions et leur « représentation » dans les moments de délibération comme dans l’action et cela est indispensable pour le mouvement. J’ai déjà évoqué que cela passe, pour moi, par des assemblées, au plan national, réunissant des milliers d’insoumises et d’insoumis.

 

 

- Le populisme, l’extrême droite

La campagne présidentielle a également été marquée par un débat - qui n’a pas bien été approfondi - sur le populisme.

 

Puisque le peuple voulait « dégager » les partis il était nécessaire qu’une autre proposition lui soit faite. Et, comme nous l’avons déjà dit, dans la 5ème république c’est un homme candidat ou une femme candidate qui peut le faire. Le peuple « prend » ou il ne prend pas. Ou bien il se laisse berner par le chantage au renoncement de son choix le plus profond pour cause de vote utile. Mais s’il est séduit, une espérance collective peut naître. Un peuple politique peut se construire pour le meilleur et non pour le pire.

 

Marine Le Pen s’est adressée directement au peuple, on l’a dite populiste. Et donc tous les populismes seraient à rejeter. Le populisme serait « nécessairement » de droite.

 

Mais alors tout d’abord, mettons-nous d’accord : le FN est-il une organisation fasciste ou un parti populiste d’extrême droite ?

 

Que madame Le Pen aie fait 21% au lieu des 27% annoncés dans les premiers sondages de la campagne n’est pas le résultat de la démobilisation de son électorat. Une partie de ses électeurs ont trouvé un vote de contestation du système dans la personne de Jean-Luc Mélenchon et du programme qu’il portait qu’ils ont trouvé plus positif.

 

Jean-Luc Mélenchon a permis une mobilisation plus grande dans les quartiers populaires mais aussi de regagner dans le monde ouvrier et salarié en général, des voix sur Mme Le Pen, même si celle-ci est restée en tête parmi les ouvriers. L’anti système du FN ne fonctionne que si les autres partis confirment dans leurs pratiques ce système.

 

S’ils le dénoncent clairement ils ouvrent une autre voie aux votes de mécontentements. On s’est moqué du populisme de gauche sans examiner son contenu réel.

 

Et le comportement habituel de « la gauche » est une nouvelle fois apparu sous forme d’appel au « rassemblement le plus large » pour rejeter « la menace fasciste » que représenterai le FN contribuant ainsi à la légende du vote utile.

 

D’abord je n’ai jamais trouvé remarque plus convaincante que celle d’Edgard Morin à ce propos. Il disait qu’il ne sert à rien face à l’extrême droite, de se rassembler pour crier « No passaran ! » et que la seule solution c’est, « tout simplement », de proposer une autre voie.

 

Le FN est-il aujourd’hui un parti fasciste ? Ceux qui ont essayé au travers de cette assertion de le faire reculer n’y sont pas arrivé. N’est-ce pas la preuve que ce terme ne traduit pas la menace bien réelle que représente ce parti ?

 

Le FN déploie sa xénophobie dans le cadre d’un populisme de droite qui se développe dans de nombreux pays proches de nous et le plus souvent, par rejet de l’Europe libérale.

 

Alors il y a bien un populisme de droite porté par le FN. Il s’adresse aux pulsions les plus obscures et les moins « sociables » d’une partie de la population : il prône la haine de « l’autre », le repli sur soi dans la concurrence, le repli de la France sur elle-même. Il tient un discours sur l’Europe aujourd’hui non stabilisé car son discours n’est conduit par aucune conviction profonde mais seulement par la perception de sa rentabilité électorale. Tout cela porte un nom : la démagogie.

 

Quand Jean-Luc Mélenchon s’adresse au peuple il n’y a jamais aucune démagogie dans ses propos. Il tient un discours exigeant qui s’adresse à la raison et au cœur et qui trace cette « autre voie » dont parle Edgard Morin. S’il y a populisme – et pourquoi pas - le contenu des propos lui donne une autre nature.

 

Le front populaire en 36 s’est fait d’ailleurs à la fois contre le fascisme et pour un programme social sans précédent. La tâche du jour est de réaliser un front populaire pour une alternative à cette société capitaliste, pour prendre le pouvoir et le rendre au peuple.

 

 

- « Majorité politique ? »

Cette conquête du pouvoir dépend-elle d’un « majorité politique » ou d’une majorité populaire ? Là encore j’entends qu’il faudrait les deux ?

 

Si majorité politique veut dire rassemblement d’organisations qui se « mettent d’accord » sur un programme de gouvernement pour demander au peuple de leur faire confiance, alors je ne vois pas en quoi cela serait différent de ce qui était proposé avant 2017 et qui a été rejeté par le peuple.

 

Le « forum » est le lieu où se décide la gestion de la cité. C’est l’acte politique le plus fort du peuple. C’est seulement ensuite que l’on désigne celles et ceux qui auront la tâche de gouverner.

 

D’ailleurs si nous voulons changer de République c’est aussi pour revenir à un régime parlementaire dans lequel les choix de majorité se feront après le choix du peuple.

 

L’opposition à la politique de Mr Macron et la construction de son alternative n’ont pas besoin de préalables. Si nous pensons que les « cartels » ont démontré leur inefficacité dans la vie publique, il n’y a pas de raison d’en faire un modèle à l’intérieur de la FI.

 

Nous pensons que la prise de pouvoir se construit dans l’action populaire et le rôle que la France insoumise entend bien y jouer avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, fort de leurs diversités.

 

L’opposition au « monde » que défend le président Macron existe, elle se fait entendre à l’assemblée nationale. Bien sûr toutes les forces, toutes les contributions qui vont dans le même sens sont les bienvenues.

 

Mais ne laissons pas croire que l’enthousiasme du peuple dépend d’une « alliance la plus large possible » d’organisations diverses ; c’est le rassemblement le plus large qui sera produit par l’enthousiasme du peuple.

 

 

- Le critère de l’action

L’opposition au gouvernement Macron se construit à la fois dans la rue, à l’assemblée nationale et par les actions concrètes d’élus-e-s et de pratiques renouvelé-e-s.

 

Notre groupe à l’assemblée en donne une première forme intéressante. Les députés FI parlent au nom du peuple. Certains par leur origine en témoignent plus que d’autres mais toutes et tous, par leur parlé et le contenu de leurs interventions, « sont » le peuple. Femmes et hommes. Même les médias doivent le reconnaître.

 

Et ces députés ne sont pas dans un rapport de clientèle avec celles et ceux qui les ont élus. Ils parlent à l’assemblée et vont ensuite là où il y a des luttes. A « Notre dame des landes » ce ne sont pas des députées FI du 44 qui y sont allés, comme à la place de la République, comme partout où le peuple se mobilise. Ils ne préparent pas leur réélection, ils se mettent au service du peuple. Ils iront aussi là où ils et elles ont été élus, bien sûr. Ils seront présents partout où c’est nécessaire et les électeurs et électrices qui les ont élus leur seront gré d’une telle attitude.

 

 

- La présence dans la société

Cette présence doit se faire dans des formes renouvelées. Il ne s’agît pas d’être « moderne » mais de prendre en compte que les conditions mêmes du combat changent et vont continuer de changer.

 

La société française se délite sous les coups de boutoirs de la finance et de ses représentants. Mr Macron va aggraver cette situation. En particulier l’intervention publique se réduit comme peau de chagrin. Le peuple attendra-t-il la disparition complète de cette intervention ou bien n’est-il pas déjà en train de rechercher des formes nouvelles d’organisation sociale qui se substituent à « rien » ?

 

La question se pose dans les entreprises comme dans les quartiers ou dans les campagnes. Les actions pour la reprise d’une entreprise, pour la défense ou la création d’une petite exploitation agricole, pour le maintien ou le remplacement d’un service public de proximité, toutes ces actions et d’autres qui s’imaginent dans les nouvelles pratiques sociales ne peuvent être l’objet d’un combat victorieux sans imposer des choix nouveaux de gestion débarrassés de la financiarisation de toute action d’intérêt général. C’est un champ d’expérimentation pas complètement nouveau mais qui va s’amplifier et l’efficacité des actions entreprises n’est pas gagnée d’avance.

 

Constatons que de telles luttes sont au cœur de notre programme.

 

N’oublions pas non plus la solidarité à l’égard des « minorités » de toute nature et des plus démunis, qui sont le critère de l’humanité d’un projet de société social, écologique et culturel.

 

L’utilisation du crowdfunding est intéressante car elle est utilisée par de simples citoyens et citoyennes dans des domaines très divers pour subvertir l’incapacité publique à servir des projets d’intérêt général. Il peut s’agir de l’organisation de circuit court de distribution qui combattent la malbouffe et la cherté de la vie ; de la réalisation de jardins vivriers en zone urbaine ou pas ; de la concrétisation de projets artistiques de compagnies ou artistes divers, las de tendre leur sébile aux princes indomptables … etc…

 

Toutes ces formes d’action solidaires, nouvelles, s’ajoutent bien sûr et ne s’opposent pas à celles plus anciennes du mouvement associatif.

 

La présence au cœur de tous ces rassemblements ouvriers, paysans et populaires est sans doute le défi de l’action des insoumis et des insoumises. Il ne s’agît pas de tenir la main à qui que ce soit, bien sûr, mais d’être présent dans toutes leurs luttes et dans toutes ces expérimentations d’auto organisation sociale.

 

Et si nous pouvions tous écouter en direct les débats de l’assemblée nationale nous y constaterions l’opiniâtreté avec laquelle les député-e-s de la FI relaient et la souffrance sociale, et les luttes, et les espoirs de toutes les composantes de notre peuple. Notre honneur et notre fierté.

 

Vivement notre propre chaine d’information.

 

Pour en savoir plus :

- Francis PARNY : NOUS CREONS « LES COMMUNISTES INSOUMIS & INSOUMISES »

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Analyse France insoumise PCF
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 21:08
Table ronde. Comment raviver la démocratie sociale  ?

Après les premières rencontres concernant la réforme du Code du travail, la méthode de concertation des organisations syndicales, représentantes légitimes des salariés, interroge. Entretiens croisés de :

- Sophie Béroud Maître de conférences en science politique

- Jean-Claude Mailly Secrétaire général de Force ouvrière (FO)

- Philippe Martinez Secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT)

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées entretiens croisés réalisés par Pierre Chaillan pour L’Humanité

-

L'Humanité : Le président de la République, Emmanuel Macron, a confirmé la méthode par ordonnances concernant la réforme du Code du travail  ; comment réagissez-vous  ?

Sophie Béroud : Cela s’inscrit dans la suite de la campagne menée par Emmanuel Macron, avec une très forte mise à distance des outils et des dispositifs du dialogue social. Le nouveau président et aujourd’hui son gouvernement font comme si la loi Larcher du 31 janvier 2007 (sur la modernisation du dialogue social) n’existait pas. Elle prévoit pourtant une phase de concertation avec lesdits «  partenaires sociaux  » pour tout projet gouvernemental impliquant des réformes dans le domaine des relations de travail et de l’emploi, dans le but d’ouvrir des négociations. De négociations, il n’en est pas question aujourd’hui dans le discours d’Édouard Philippe. Celui-ci a évoqué tout au plus des «  discussions  » avec les syndicats. On le voit, c’est un très fort recul par rapport à la reconnaissance du rôle et de la place des syndicats dans le fonctionnement du régime démocratique  : alors même qu’ils devraient être considérés comme des institutions centrales de représentation des travailleurs. C’est un déni de démocratie, comme si l’exécutif à lui seul incarnait l’ensemble des institutions démocratiques. Ce n’est pas le cas, une démocratie a besoin de contre-pouvoirs, avec le Parlement, mais aussi les organisations dont se dotent différents groupes sociaux. La volonté affichée du gouvernement est «  d’aller vite  », sans doute pour profiter des divisions syndicales encore bien présentes après la bataille contre la loi travail, et surtout achever l’entreprise de démantèlement du droit du travail et des protections sociales bien entamée avec les lois Macron et El Khomri.

 

Jean-Claude Mailly : L’ordonnance est un outil constitutionnel mais pas démocratique en ce sens où elle prive le Parlement de débat de fond. Ce qui compte, c’est le contenu de l’ordonnance. Si nous le partageons, cela ne pose pas de problème. Mais cela suppose une réelle concertation et une prise en compte des analyses et positions syndicales. Je rappelle par exemple que l’ordonnance fut utilisée en 1945 pour la création de la Sécurité sociale ou au début des années 1980 pour la cinquième semaine de congés payés. Par contre, si l’ordonnance est imposée pour passer en force, alors il y a un problème majeur.

 

Philippe Martinez :  Le problème pour la CGT, ce ne sont pas les ordonnances. C’est leur éventuel contenu. Si le gouvernement décide d’une ordonnance mettant en place le Smic à 1 800 euros ou établissant la semaine des 32 heures, il n’y aura aucun problème  ! Un certain nombre d’ordonnances ont d’ailleurs déjà été dans le sens du progrès social. Cela s’est fait en conjuguant mobilisation sociale et volonté politique. Alors qu’est-ce qui oblige le gouvernement à une telle urgence, si ce n’est une volonté de passage en force  ? Pourquoi ne pas prendre le temps d’un véritable échange  ?

 
 

-

L'Humanité : Cette réforme qui concerne notamment les accords et les conventions collectives, pose donc aussi la place des organisations syndicales dans la démocratie sociale. Quels en sont les enjeux  ?

Jean-Claude Mailly : Le premier enjeu est la conception en matière de dialogue social et de liberté de la négociation collective. Ainsi, dans l’esprit du président de la République, quelle place et quel rôle envisage-t-il pour les confédérations syndicales  ? Pour Force ouvrière, le syndicalisme comme la négociation collective doivent être articulés et coordonnés entre les différents niveaux, de l’interprofessionnel national à l’entreprise. C’est pour cette raison notamment que nous nous sommes opposés à la loi travail, qui, en matière de temps de travail, donne priorité au niveau de l’entreprise, au détriment de la branche. La valeur républicaine de l’égalité, ou la République sociale, suppose un minimum d’égalité de droits, ce qui passe par la négociation au niveau national. Je rappelle que si la France a un taux de couverture conventionnelle élevée, c’est grâce à l’existence des conventions collectives nationales dans le privé et des statuts dans le public.

 

Philippe Martinez : Toutes les études ont montré qu’en aucun cas un marché du travail «  assoupli  », un Code du travail au rabais et une facilité de licenciement accrue pour les entreprises n’étaient des facteurs créateurs d’emplois. Affaiblir les droits et la protection des salariés revient à autoriser purement et simplement le dumping social et à affaiblir également les entreprises notamment les plus petites, mises de fait en concurrence. La nouvelle réforme XXL annoncée par Emmanuel Macron n’a donc aucun sens et conduirait au contraire à fragiliser encore plus les petites et moyennes entreprises, donc la majorité du salariat, en les rendant encore plus dépendantes des exigences de rendement financier des donneurs d’ordres. Il s’agit de brouiller totalement tous les repères collectifs des travailleurs, les enfermer dans un droit du travail minimal sans cesse remis en cause. Cette précarité et cette individualisation des garanties collectives sont de nature à changer profondément la nature de la démocratie sociale, en favorisant un syndicalisme de résignation, qui valide les régressions sociales. La volonté affichée par le président de la République de plafonner les indemnités prud’homales en cas de licenciement s’inscrit dans la même logique de régression sociale.

 

Sophie Béroud : On voit se dessiner depuis une série de lois la volonté de réduire l’activité syndicale à la seule négociation d’entreprise, et ce de façon fractionnée, entreprise par entreprise. Les projets d’Emmanuel Macron s’inscrivent complètement dans cette optique. La conception qui semble être la sienne des syndicats fait d’eux des organisations intégrées à l’ordre managérial, avec la valorisation d’une seule communauté d’intérêts, celle de l’entreprise. L’un des enjeux est ainsi de rappeler que l’activité syndicale ne se réduit pas à la seule négociation, mais intègre la production de revendications et de solidarités transversales et qu’il faut donner aux syndicats les moyens – accords de branche, lois – pour accomplir ces tâches. Émietter la représentation syndicale, l’enfermer dans l’entreprise et ne lui donner que celle-ci comme horizon, c’est contribuer à l’affaiblir plus encore en tentant de la dépolitiser. D’autant plus qu’on sait combien les syndicalistes qui portent une autre conception que celle-ci subissent des formes de répression.

 
 

-

L'Humanité : Comment peut-on aujourd’hui raviver la démocratie sociale  ? Quelles sont les alternatives  ?

Sophie Béroud : Sous les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, une partie du discours dominant sur la démocratie sociale tendait à réduire celle-ci, d’un côté, à des procédures de consultation au sommet et, de l’autre, aux activités de négociation dans l’entreprise. C’était là une façon de récupérer un idéal présent depuis longtemps au sein du mouvement ouvrier – celui de forger une véritable démocratie économique et sociale – en changeant le contenu de ce référent. Il me semble important de mener la bataille sur le sens des mots. Penser les conditions d’une démocratie sociale, c’est avant tout partir de la possibilité des salariés d’intervenir sur leur travail, de pouvoir participer à son organisation, de pouvoir discuter des façons de produire et des usages ou de la finalité de cette production, que ce soit des biens ou des services. Si l’on investit véritablement cette notion de démocratie sociale, on soulève bien des enjeux  : comment renforcer les droits d’expression et d’intervention des travailleurs  ? Comment reconnaître véritablement l’apport que représente leur travail  ? Comment restreindre le pouvoir unilatéral des actionnaires  ? Cela pose aussi l’exigence d’un souci permanent de démocratie dans les syndicats  : en termes de rotation des mandats, de parité, de représentation des plus précaires et des plus exploités.

 

Jean-Claude Mailly : On peut raviver la démocratie sociale en respectant l’articulation des niveaux de négociation et la liberté de négociation, en respectant la hiérarchie des normes, en élargissant l’article L.1 du Code du travail concernant les obligations d’un gouvernement quand il veut modifier les règles dans le champ social. Par exemple sont exclus du champ la protection sociale et les cas d’urgence. Renforcer la démocratie sociale, c’est aussi respecter la liberté syndicale, ce qui passe par la libre désignation du délégué syndical par les adhérents, contrairement à ce que prévoit la représentativité. Sur ce point, nous sommes d’ailleurs suivis par le Bureau international du travail (2). C’est aussi prendre des dispositions pour assurer un bon déroulement des négociations à travers des accords, obligatoires, de méthodologie et des moyens suffisants pour les délégués. C’est respecter le paritarisme dans tous les secteurs autour du contrat de travail, ce qui constitue une garantie pour l’ensemble des travailleurs. Ce ne sont là que des exemples. D’une manière générale, il ne faut plus que le social soit la variable d’ajustement des dogmes économiques.

 

Philippe Martinez : La CGT est convaincue que la démocratie doit s’appliquer dans les entreprises et les services. C’est pourquoi il faut renforcer le droit à la négociation. C’est à la fois un moyen de lutter contre l’inégalité des droits entre les salariés, selon l’entreprise, voire le territoire où ils travaillent et de lutter contre le dumping social. Nous avons été auditionnés, il y a quelques mois, en période de campagne présidentielle, par une commission sénatoriale formée à la demande de l’UDI sur «  comment faire une réforme du droit du travail sans soulever de mouvement de contestation  ». Eh bien, la CGT recommande au gouvernement de s’appuyer sur le travail mené par le groupe de chercheurs GR-Pact (3) à la rédaction d’un nouveau Code du travail. Cette proposition de Code du travail démontre, à l’opposé des objectifs de la réforme voulue par le gouvernement, la possibilité, pour peu d’en avoir la volonté, d’allier une réécriture complète du Code du travail pour le simplifier tout en proposant de nouvelles protections aux travailleurs, à toutes les personnes en contrat de travail quelle que soit leur nature et même à celles et ceux qui n’ont pas de contrat de travail et subissent un lien de subordination commercial sans aucune protection. C’est pourquoi nous avons une proposition d’un nouveau statut du travail salarié, assorti d’une sécurité sociale professionnelle, qui doit être élargi aujourd’hui à l’ensemble des travailleurs. Nous devrions travailler sur une démocratie sociale fondée sur le progrès, la justice sociale, la redistribution des richesses, l’emploi de qualité pour toutes et tous, avec notamment la réduction du temps de travail, des salaires décents, la possibilité d’exercer pleinement ses droits et libertés syndicales et aller vers une «  démocratisation  » réelle des lieux de travail. Cela doit s’accompagner d’un renforcement des prérogatives des institutions représentatives des salariés, chacune dans leur mission respective.

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Analyse Social Politique Ordonnances Macron 2017
commenter cet article
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:31
J.L. M. : À propos du mouvement « La France Insoumise »

Sources : Site de la France Insoumise par Jean-Luc Mélenchon le 10 juillet 2017

- Je voudrais donner des nouvelles du développement du mouvement « la France Insoumise ».

On me pose en effet beaucoup de questions sur ce sujet. Il est vrai que l’incroyable surcharge de travail et de nouveautés qui a succédé immédiatement à la campagne électorale des élections législatives ne nous a guère laissé le temps d’en traiter. J’ai dû réagir au débotté parfois. En effet j’ai dû constater des tentatives de création sauvage de structures collectives par secteur d’activité telle que « jeunesse », « syndicalistes », « élections sénatoriales », etc. Il s’agissait à l’évidence de tentatives d’appropriation du mouvement et de son label. Elles n’ont aucune légitimité, aucun accord de ma part ni de celle d’aucun des membres de l’équipe nationale qui a animé le mouvement jusqu’à ce jour.

 

 

- Une situation particulière existe concernant les élections municipales 2020.

Je dois dire que je me suis aussi inquiété de la propension constatée dans de nombreux endroits à passer directement de l’élection législative à la préparation des élections municipales. Il me parait très discutable d’enjamber trois ans de combats concrets contre la politique d’un gouvernement spécialement féroce en réduisant la perspective politique a une élection dans trois ans, en supposant que sa date ne soit pas déplacée. Pour autant, je crois cependant que la préoccupation est légitime ! Elle peut donner lieu à des activités de terrain extrêmement fécondes. Ce point-là ne fait pas de doute dans mon esprit. Mais c’est mon devoir de prendre toutes les dispositions possibles pour éviter là encore une appropriation qui conduirait inévitablement à un rétrécissement du mouvement autour de ceux qui se sentiraient d’ores et déjà investis d’une responsabilité de candidat. J’ai trop vu dégénérer de grands élans en petits marigots et chefferies locales pour ne pas me sentir aujourd’hui en devoir de nous en prémunir.

 

Une fois ceci posé, il va de soi qu’il y a une façon de préparer les municipales qui est conforme à l’esprit dans lequel « La France insoumise » a été constituée et a remporté ses succès électoraux. Cette façon de faire, c’est celle qu’avait illustrée Danielle Simonnet et ses équipes à Paris. Elle consiste à investir les mobilisations locales qui ont une signification d’intérêt général. Le travail des volontaires de la France insoumise est alors double. Il s’agit d’une part d’apporter de l’aide à ces mobilisations et d’autre part d’en rendre visible la signification politique implicite. Encore une fois, il ne s’agit pas de « récupérer » un mouvement, ou d’essayer stupidement de lui apposer notre étiquette. C’est le contraire. Il s’agit de conforter son indépendance, son autonomie, sa dynamique propre parce que c’est de cette façon qu’il peut être le plus « contagieux ».

 

J’ai connu par exemple une mobilisation contre l’installation d’une supérette dans un quartier qui en comptait déjà plusieurs. Ou bien des batailles pour la création de régies municipales de l’eau, ou bien pour l’ouverture d’un bureau de poste, la création d’un arrêt sur une ligne de bus, la rénovation d’une école et ainsi de suite. Toutes ces luttes avaient évidemment un ancrage que l’on peut même qualifier de « micro local ». Mais chaque fois, elles comportaient des enseignements d’ample portée. Elles contiennent donc un potentiel de politisation des consciences extrêmement ample. Il y a fort longtemps déjà qu’à mes yeux, dans le cadre de la vision de la société que porte mon livre L’Ère du peuple, les luttes urbaines, dans leur champ particulier, et pour les populations en dehors des lieux de travail, sont comparables aux luttes syndicales. Elles contiennent le plus souvent et spontanément des contenus anticapitalistes, écologistes et d’approfondissement démocratique. Elles ont une autre vertu. Elles créent des liens entre tous ceux qui s’y impliquent, quelles que soient leurs opinions et leur situation. Des lors, elles construisent un sentiment d’identité collective et des solidarités qui en font une véritable école de cette fameuse « auto-construction du peuple » comme sujet politique. En ce sens, elles sont tout à fait centrales et déterminantes pour le sens même de notre projet politique.

 

Je crois donc en effet que, dès la rentrée de septembre-octobre, il faudra proposer une réflexion, une méthode, un mode d’emploi sur le thème. On peut d’ores et déjà en préfigurer le schéma général. D’une part, il s’agira avant tout de s’impliquer dans toutes les luttes locales existantes. Puis, bien sûr, de mettre en place un processus collectif de production d’un programme local de gestion alternative. Il va de soi sur ce point que la démarche s’inscrit dans la longue durée. Enfin, il faudra innover radicalement en s’impliquant et en proposant toutes sortes de mesures d’auto-organisation de la population. Elles préfigurent en effet les « communes populaires » du type de celles qui ont toujours émergé dans l’histoire profonde de notre pays chaque fois que l’État s’est montré défaillant. Et c’est peu dire qu’il l’est aujourd’hui puisqu’il a pratiquement disparu d’amples zones du territoire, laissant en panne tous les réseaux pourtant essentiels à l’existence de la population.

 

Cette étape de notre travail commun viendra en son temps. Il va de soi qu’il ne saurait être question de procéder de quelque manière que ce soit à des investitures de candidature. La priorité reste à l’action, c’est-à-dire à ce qui peut nous rassembler sans compétition de personne ni bataille de pouvoir.

 

À mes yeux, la légitimité à représenter « La France insoumise » ne peut venir d’autres choses que de son rôle dans l’action et à son service. Pour les élections législatives, nous nous sommes efforcés partout d’investir des femmes et des hommes qui symbolisaient un parcours d’engagement personnel. Le résultat est sous nos yeux : le groupe parlementaire de la France insoumise est composé de militants qui ont une expérience du traitement de dossiers très divers, de la prise de parole, et du maniement d’une pensée globale. Même nos « spécialistes » sont aussi tous des généralistes. Le contraste absolu que vous pouvez observer entre nos députés « professionnels » dès leur arrivée et l’amateurisme sidéré des élus de « La République en marche » ne doit rien à la qualité des personnes. Sur ce plan, toutes se valent. La différence, c’est le niveau et le degré de politisation et d’implication dans la vie citoyenne avant l’élection. Il me semble que le moment venu, pour nous, le critère de sélection des candidats se devra encore être celui-là.

 

Dans ces conditions, tout le processus qui nous conduira dans ces élections doit rester aussi longtemps que possible ouvert à tout ce que la vie fera surgir de luttes, de combattants et ainsi de suite. Naturellement, on pourra envisager bientôt la mise en place de cadres d’action pour réaliser ce travail, et même de « référents » pour les coordonner. Mais ni ces cadres ni ces personnes ne sauraient résumer toute l’existence de « La France insoumise ». Et ils n’impliqueront aucun droit lié à l’ancienneté. Le mieux sans doute sera que l’on constitue un groupe de travail national sur ce sujet comme nous l’avons fait pour les élections législatives.

 

 

- Le calendrier de notre mouvement ne peut se limiter à des prévisions électorales.

Des tâches urgentes se présentent devant nous. J’ai déjà indiqué dans mon précédent post qu’il ne saurait être question de se perdre en bavardages à propos de l’organisation, et des prochaines élections, dans un tel contexte. Cet été doit demeurer un temps de mobilisation concret. Il faut partout remettre à l’ordre du jour les caravanes des droits sociaux. Personne ne comprendrait qu’elles n’aient lieu que les années électorales, comme ce fut le cas l’été précédent. Au contraire, la méthode simple de ces caravanes avec l’utilisation de la plate-forme d’identification des droits sociaux de chacun est plus que jamais nécessaire avant une rentrée qui s’annonce très difficile sur le plan financier pour les familles. À cette occasion, les caravanes doivent faire aussi le travail d’éducation populaire et de diffusion de l’information concernant les ordonnances sur le code du travail. En effet nous avons besoin d’avoir un socle large à la rentrée de personnes informées pour engager l’action avant la publication le 21 septembre du texte définitif des ordonnances.

 

À la fin du mois d’août, enfin, nous nous retrouverons à Marseille pour une sorte de « déboulé estival ». On s’y retrouvera dans un méli-mélo de conférences, de débats et de présence sur le terrain évidemment. Il ne faut pas croire que ce moment soit purement rituel. Il correspond à une attente, un besoin de se retrouver après le repos et avant l’assaut. Naturellement, tout le monde ne sera pas là. Je connais d’avance toutes les difficultés qui peuvent se rencontrer à ce propos. Mais elles ne doivent pas nous conduire à annuler systématiquement tout ce qui est possible au motif que tout n’est pas possible. Ces deux rendez-vous, celui des caravanes de l’été et de la rencontre nationale fin août, sont très concrets. Ils représentent un plan de travail déjà bien assez fourni. Devront surgir des bilans, des propositions, des idées qu’il faudra mettre en forme en vue de la tenue au mois d’octobre de la deuxième Convention nationale du mouvement « La France insoumise ». Sans doute cette deuxième Convention devra, bien sûr, prendre des dispositions pour l’organisation dans la durée de la vie du mouvement. Mais aucune urgence n’impose de figer les choses. Il faut se donner du temps, de l’expérience, du savoir-faire.

 

 

- Avant toute chose je veux rappeler qu’il ne saurait être question de transformer « La France insoumise » en parti politique.

Il s’agit d’être et de rester en mouvement. Une sorte de label commun. Mais personne dans notre pays n’a l’expérience d’un mouvement qui compte 500 000 personnes venues en appui d’une campagne politique ! Toutes les propositions que j’ai entendues ou vu arriver jusqu’à moi ne font que reproduire les anciennes structures et préoccupations du passé, liées à la forme spécifique d’un parti politique. Comme je l’ai déjà écrit ici, nous somme nombreux, dans l’expérience de l’élection présidentielle puis de celle des législatives à avoir bien compris qu’un « mouvement » n’existe que dans et par l’action, c’est-à-dire par des campagnes. Celle-ci fédère les personnes sans exiger rien d’autre d’elles que leur participation, quel que soit leur motif de le faire.

 

Les questions que je viens d’aborder relèvent d’un registre particulier à mes yeux. C’est celui de la théorie :

La thèse centrale de L’Ère du peuple est que le peuple est le « nouvel » acteur de l’histoire. Il est défini par sa situation sociale réelle, c’est-à-dire son mode d’existence quotidien autour des réseaux. De même que le parti est la forme d’organisation vouée à une classe sociale, le mouvement est la forme d’organisation liée à l’existence du peuple, aux pulsations de son activité, aux formes spécifiques de son auto-organisation.

Encore faut-il placer ces notions abstraites dans le contexte particulier dans lequel nous évoluons dorénavant.

 

La grève politique froide qu’a été l’abstention massive aux élections législatives après celle déjà remarquée à l’élection présidentielle signale la permanence d’un haut niveau de « dégagisme ». La fin de « l’envoûtement macroniste » sera bien plus rapide que beaucoup l’ont cru. Ce processus est engagé. Il détermine la forme et le mode de travail d’une opposition politique telle que la nôtre. Je l’ai annoncé sans fard à la tribune de l’Assemblée nationale au nom de notre groupe parlementaire : nous ne voulons pas seulement être l’opposition au gouvernement mais l’alternative au monde qu’il incarne. Cela signifie que nous avons la certitude de voir s’écrouler sous nos yeux non seulement un gouvernement mais davantage encore le « monde » qu’il incarne c’est-à-dire tout ce catéchisme libéral qu’il veut porter à son comble. Le Macronisme se présente comme une tentative générale de passage en force. Mais la base sociale des bénéficiaires de ce passage en force est extrêmement étroite. À supposer qu’elle lui soit vraiment acquise, ce qui n’est pas démontré, la France des start-ups et de l’uberisation, représente en réalité un secteur social marginal du pays. Le harcèlement médiatique et la « communication » ne peuvent suffire à compenser la faiblesse intrinsèque d’un tel groupe social.

 

Notre projet doit donc être d’être clairement à la hauteur d’une situation totalement mouvante. Il va falloir s’adapter et rebondir sans cesse sans se laisser enfermer par des cadres d’action qui se tromperaient d’époque ou bien, plus simplement, ignorerait que l’action est première. Nous disposons à cette heure d’un dispositif tout à fait exceptionnel. 7 millions de personnes ont voté pour nous et elles savaient pourquoi. 500 000 personnes nous ont rejoint pour former le mouvement en réseau « la France insoumise ». Nous disposons d’un groupe parlementaire qui nous permet d’être le brise-glace permanent sur tous les fronts qu’ouvrira l’action du gouvernement. Le souci essentiel doit rester d’être capables de se rendre disponibles. Les milliers de volontaires des groupes d’appuis, la disponibilité de ceux qui nous ont déjà rejoints dans les votes à la présidentielle et aux législatives, tout cela doit pouvoir sans cesse entrer en résonance et en cohérence sans être entravé par les blocages traditionnels.

 

Bien sûr, je le sais bien, d’ores et déjà de nombreux militants politiques, parfois même des groupes entiers, ont tiré la leçon de ce qu’ils ont vu et du travail que nous avons accompli. Nombreux sont ceux qui ont décidé d’ores et déjà de rejoindre « La France insoumise ». Ils éprouvent alors la même difficulté que nous : comment faire ? En effet « La France insoumise » n’est pas un cartel de partis et ne le sera jamais car nous avons fait l’expérience cruelle des limites d’un tel système. Elle ne sera pas non plus elle-même un parti comme je viens de le dire. Il faut donc accepter qu’existe un temps de transition dont on ne connaît pas à cet instant la date de la fin. Pour la convention de Lille, nous avions innové avec pragmatisme. « L’assemblée représentative du mouvement » qui était alors naissant était composée de divers collèges. Il y avait, on s’en souvient, la moitié de participants tirés au sort.

 

Mais dans l’autre moitié il y avait notamment ce que nous avions appelé « l’espace politique ». Celui-ci réunit depuis le premier jour des représentants des groupements politiques qui voulaient appuyer la campagne et le développement de « la France insoumise ». Ce cadre nous a apporté ce que le mouvement n’était pas en état de produire et qu’il eût été dangereux pour sa cohésion de solliciter. Je pense ici à la capacité d’expertise politique, de propositions d’actions, et de mise à disposition de militants et de cadres politiques chevronnés. Cet « espace » continue son travail. Vous avez lu dans ma précédente publication son petit texte de synthèse de fin de campagne. C’est donc dans ce cadre que nous pouvons continuer à accueillir les regroupements politiques, les revues et les bulletins qui veulent « s’associer » à « La France insoumise ». Le dernier en date a été celui de l’ex député Sergio Coronado et de ses amis venus de EELV ! Ainsi, au total, je nous crois disposés correctement pour le trimestre qui vient. À chaque jour suffit sa peine.

 

Pour en savoir plus :

- Francis PARNY : NOUS CREONS « LES COMMUNISTES INSOUMIS & INSOUMISES »

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique France insoumise Elections municipales 2020
commenter cet article
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 10:00
Olivier Falorni : la culture de l'ambiguité pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante

L'illusionniste de " gauche " se dévoile !

 

- Les citoyens de gauche, à Evry ont mis quasiment Valls à la porte et c'est Olivier Falorni qui tente de venir à son secours

Ainsi, à peine élu, selon Le labpolitique Europe1 Falorni annonce avoir réuni "plus d'une vingtaine de députés" autour de Valls.

Et de huit. Après la création du groupe parlementaire des "constructifs" LR-UDI indépendant du groupe LR, voici venir le groupe des *progressistes*, coincé entre LREM et le PS. Rien d'officiel pour l'instant, mais le député Olivier Falorni (divers gauche, ex-PS depuis sa candidature dissidente face à Ségolène Royal aux législative de 2012) annonce dans Le Parisien, ce dimanche 25 juin, avoir réuni "plus d'une vingtaine de députés" afin de former un groupe à l'Assemblée nationale, autour de la personne de Manuel Valls :

" Je suis confiant car nous avons déjà réuni plus d'une vingtaine de députés. "

 

Le Parisien révèle que le député de Charente-Maritime est à l'initiative de la formation de ce huitième groupe, avec Sylvia Pinel (PRG) et, plus surprenant, François-Michel Lambert, député LREM. Olivier Falorni en explique le but :

" Nous voulons être le troisième pilier de cette majorité, avec La République en marche, le MoDem au centre droit et nous au centre gauche. "

 

Les "constructifs" de droite apprécieront. Dans le JDD du 25 juin 2017, on apprend également que l'ancien Premier ministre a été vu à une réunion au siège du PRG où certains se disent "prêts à l'intégrer".

 

En tout cas, pour que Manuel Valls ne siège pas avec les non inscrits aux côtés de Marine Le Pen, par exemple, il faut trouver au moins 14 élus. Pour cela, il est allé chercher du côté des divers gauche, des radicaux de gauche mais aussi des radicaux de droite, à en croire François-Michel Lambert. Selon lui, "même des radicaux valoisiens" ont vocation à rejoindre le groupe, fâchés qu'ils seraient avec Jean-Christophe Lagarde de l'UDI. Et aller réunir à nouveau les radicaux des deux rives, comme à la création du Parti radical en 1901, ça sent bon le *renouveau*. Mais après tout, pourquoi pas. La réunification des radicaux était déjà en cours.

 

L'entreprise est un échec ! Après s'être fait élire sous l'étiquette " Majorité présidentielle " il siégera parmi les non inscrits !

 

 

- Les actes du député Falorni depuis sa réélection en juin 2017: en parlera t-il à l'heure du bilan ?

  • 4 juillet 2017 : Vote de la confiance au gouvernement. C'est confirmé, Olivier Falorni député de La Rochelle/Ré, en votant la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe, s'est mit au service d'une politique... de droite. Il l'a fait en toute connaissance du programme d'En Marche, de Macron, du 1er Ministre (généralisation de l'état d'urgence, casse du Code du travail, baisse des pensions des retraités...). Tout ce qu'il pourra dire ou faire à dater de ce jour sera de la gesticulation médiatique pour rassurer l'électorat qui lui reste à gauche ! La France insoumise est le seul groupe parlementaire à voter unanimement contre la confiance.
  • 6 juillet 2017 : Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence (première lecture).Olivier Falorni est absent. La France insoumise, a défendu une motion de rejet préalable sur la prorogation de l'état d'urgence et voté contre le texte du gouvernement.
  • 13 juillet 2017 : Vote de la loi d'habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance pour casser le code du travail. Après quatre jours de débat, le projet de loi d'habilitation a été approuvé par 270 voix contre 50. La majorité ainsi que les Républicains et les Constructifs LR-UDI ont voté pour alors que la Nouvelle gauche (ex-PS), les Insoumis et les communistes ont voté contre. Sur ce dossier pourtant essentiel pour les salariés.... Olivier Falorni est absent se rendant complice par défaut de coup d'état social en cours.
  • 24 juillet 2017 : Début pour l'Assemblée nationale de l'examen des projets de loi visant à redonner "confiance dans l'action publique" par la moralisation de l'action publique. Casier judiciaire vierge (de tout crime ou délit atteignant à la probité) obligatoire pour se présenter à une élection ; maintien ou suppression du verrou de Bercy ; conflits d'intérêts chez les fonctionnaires pour limiter la pratique du "pantouflage" ; activité de conseil et mandat électif ; " conflits d'intérêts " pour les ministres ; interdiction que les collaborateurs parlementaires soient rémunérés par les lobbys.... qu'aurait voté Olivier Falorni ? Nous ne le saurons pas Olivier Falorni est absent des débats.
  • 28 juillet 2017 : Fin du débat et scrutin public sur l'ensemble du projet de loi organique pour la confiance dans la vie publique (première lecture). Qu'en pense Olivier Falorni ? Nous ne le saurons pas Olivier Falorni est absent des débats.
  • 01 août 2017 : vote final sur l'ensemble du projet de loi habilitant le gouvernement à casser le Code du Travail par ordonnances (texte issu de la commission mixte paritaire). Olivier Falorn est absent lors du vote de la motion de rejet préalable, déposée par M. Jean-Luc Mélenchon et s'abstient sur le vote final du texte après avoir boudé les débats. Quel courage politique ! C'est vrai qu'il est plus prompt à s'en prendre aux députés de la France insoumise quand il s'exprime.
  • 09 août 2017 : vote final sur l'ensemble du projet de loi organique pour la confiance dans la vie publique (seconde lecture). Pour la France insoumise "la loi de moralisation est un échec" car ne s'attaquant pas aux causes de la corruption "l'argent ". Les députés de la France insoumise s'abstiendront, Olivier Falorni vote pour.

 

Pour en savoir plus :

- Assemblée nationale : Olivier Falorni ne rejoint pas la "caserne" En Marche

- Tous les votes d'Olivier Falorni

- Bilan mensuel du député Olivier Falorni : https://www.nosdeputes.fr/olivier-falorni

Repost 0
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 20:17
Ils mettent en musique la contre révolution sociale

Ils mettent en musique la contre révolution sociale

... contre tout ce qui de près ou de loin combat la contre-révolution sociale que préparent Emmanuel Macron et son gouvernement.

 

On pouvait croire au lendemain des élections présidentielles et législatives que les attaques souvent infondées contre la « France Insoumise » et ses militants connaitraient un répit. Il n’en est rien.

 

Sources : La Sociale par Jacques Cotta

Les derniers développements concernant Jean Luc Mélenchon lui-même dénotent un regain d’énergie de la part de tous ceux qui font du « Mélenchon Bashing » leur fonds de commerce. Danièle Obono et Mathilde Panot, élues « France Insoumise », respectivement dans la 17éme circonscription de Paris et la 10ème du val de marne, témoignent malgré elles d’un acharnement redoublé contre le seul pôle qui revendique et affirme son indépendance vis-à-vis d’Emmanuel Macron et qui s’oppose radicalement à la politique de régression sociale que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre. Ce qui ici nous occupe, ce sont évidemment les arguments utilisés par des journalistes ou des représentants de l’oligarchie médiatico-politique, mais à la lumière de la situation, d’éclairer les termes et les enjeux de la bataille idéologique qui s’annonce.

 

Durant des années les questions idéologiques ont été laissées de côté, sous prétexte que « l’existence déterminant la conscience », il suffisait de gagner les conditions politiques permettant de modifier l’existence pour que la conscience suive. En laissant le terrain libre, peu à peu, le capital a gagné une hégémonie sur les masses, pour reprendre Gramsci, et la bataille idéologique a été cédée pas à pas, au point de voir aujourd’hui le monde d’Orwell s’imposer. Les mots sont utilisés pour leur contraire. Il est question de « charges » en lieu et place de cotisations sociales, de « liberté du travail » lorsqu’il s’agit de sa suppression, de « sécurité » pour état d’urgence permanent et menace sur les libertés de tous les citoyens. La pensée est diluée. Tout est fait pour interdire au citoyen de comprendre, d’analyser et donc d’agir pour modifier ses conditions d’existence. Il est donc urgent de reprendre lorsque cela se pose les termes des discussions, de rectifier, de mettre à nu les mensonges, de combattre sur le terrain des idées qui s’insinuent en toutes questions, souvent sous la forme de la calomnie, du mensonge, de la bêtise aussi. Et cela d’autant plus lorsque sont mis en cause de façon ignominieuse, raciste ou encore abjecte les militants qui n’ont de cesse que de combattre pour l’intérêt général.

 

 

-

Du prétendu salaire à l’histoire du Matheux

Les méthodes utilisées mettent en lumière l’existence d’un arc entre la « Fachospère » qui se démène sur les réseaux sociaux et ses propagateurs qui s’emparent des idées nauséeuses. Dernière en date, « les revenus de Jean Luc Mélenchon qui avoisineraient les 40 000 euros mensuels ». L’attaque lancée sur des sites d’extrême droite est tellement grossière qu’elle devait être relayée de façon plus raisonnable, plus prompt à convaincre. Et c’est là que la bataille idéologique, la vraie, est engagée. Après un décompte des salaires de députés, des frais de fonctionnement parlementaires, de conseiller général, la conclusion serait sans appel : aucun élu –à fortiori Mélenchon- n’aurait droit de se qualifier d’insoumis et de vouloir défendre des intérêts étrangers aux siens, vu l’état de ses revenus. En un mot comme en cent, seuls les porteurs de bleus de travail sont habilités à parler des ouvriers. Pour les autres, silence ! Disqualifiée donc la « France Insoumise » qui ose se prononcer contre tout recul social imposé par le gouvernement Macron.

 

L’argument a une histoire. Ce sont d’abord les staliniens dans les années 60 et ensuite qui au nom du « monopole » du parti communiste de l’implantation dans la classe ouvrière qualifiait ses opposants de « petits bourgeois déguisés en ouvriers » pour mieux interdire toute voix discordante. Il n’est pas inintéressant de constater que l’argument aujourd’hui est recyclé par les tenants de la finance qui voient à juste titre le danger pour le système d’une implantation de la « France Insoumise » dans les couches les plus défavorisées. Mais comme l’explique le bon sens, et comme l’expliquaient en leur temps Marx ou Jaurès, ce n’est pas l’habit qui compte, mais le programme. Et c’est précisément ce qui fâche les censeurs des temps actuels. Derrière les attaques qui visent Mélenchon, ce n’est pas seulement l’homme qui est concerné, mais l’ensemble des insoumis, leur regroupement, leur programme et leur capacité à mener l’action unie pour la défense des travailleurs, des jeunes, des retraités, des salariés, et avec eux l’ensemble des couches sociales que Macron veut « matraquer », qui sont menacés.

 

La question du Matheux est également pleine d’enseignement, non pas sur le fond qui est assez limpide, mais sur le positionnement de tous ceux qui en ont fait argument. De quel droit un politique qui a fait carrière jusqu’à l’assemblée ou dans les ministères se permet-il de critiquer un médaillé Fields de mathématiques ? Tout est là. Et cela devrait suffire à discréditer Mélenchon pour son « fameux ton agressif », sa renommée « violence passive ».

 

Les défenseurs du « Matheux » ont le mérite de souligner par leur attitude ce qu’est la soumission totale à l’autorité, au pouvoir, et par opposition permettent de comprendre pleinement l’insoumission dont se réclament des centaines de milliers. La médaille Fields de Cédric Villani lui donnerait autorité sur toute chose, puisque reconnu dans son domaine par une institution renommée. Mais pourquoi faudrait-il par principe se plier à l’autorité, même lorsque celle-ci est en total décalage avec le sujet abordé. C’est bien la question de l’obéissance qui est posée. Plus encore que la soumission, c’est la servilité qui est ici revendiquée. Car on peut être excellent en mathématiques, et archi nul en économie ou en social ! La question est celle du code du travail, du contrat, de la loi « travail » XXL que prépare Macron et qu’il destine aux ordonnances. Il n’y a là aucune inconnu, aucune équation à résoudre. Juste un choix à faire. Et c’est porter crédit à l’intelligence de Villani que de lui proposer quelques explications sur le sujet afin de lui éviter de se fourvoyer dans une régression sociale sans précédent. Ambition généreuse peut-être présomptueuse car comme ses défenseurs, le Matheux, élu REM, a vraisemblablement déjà fait son choix… C’est ce qui nous intéresse, le reste n’est que brouillard répandu pour interdire une fois encore la discussion sur les véritables enjeux.

 

 

-

Et les ouvriers, ils sont où ?

En écho à la simple question salariale qui interdirait à celui qui se situe au-dessus de la moyenne de porter attention au sort fait au plus grand nombre, la question posée sur « C News » à la nouvelle élue Mathilde Panot est aussi révélatrice du combat idéologique que mène l’oligarchie pour asseoir son pouvoir et interdire toute contestation politique organisée. En substance « il n’y a pas d’ouvriers élus à l’assemblée, pas un, et vous le regrettez, mais à la France insoumise, vous êtes comme les autres ». Et pour enfoncer le clou : « vous-même êtes issue de sciences po, donc vos reproches, il faut les faire à vous-mêmes ».

 

Il est intéressant de noter le but recherché dans ce type d’interpellation de la part de journalistes qui tous les jours ronronnent pour faire tourner la machine médiatique. Il faut créer le buzz, et là, l’angle est simple : REM, LR, PS, France Insoumise, FN, tous sont logés à la même enseigne, sans ouvrier, sans peuple, sans reconnaissance, sans légitimité. Il faut ramener le mouvement « la France Insoumise » au niveau des autres, ce qui d’ailleurs n’est pas totalement faux. En ce qui concerne l’abstention par exemple (voir sur ce site : le deuxième tour des législatives, un vote plein d'enseignements ) nul n’est épargné.

 

Mais là n’est pas le sujet.

La différence entre la France Insoumise et tous les autres est faite du programme.

 

Sans être ouvriers dans leur condition sociale, les élus de la France Insoumise, dès lors qu’ils sont fidèles à leur engagement, sont les seuls à avoir obtenu leur mandat sur un programme qui précisément défend l’ouvrier, le salarié, le retraité… L’argument qui veut mettre tout le monde dans le même sac, rejeté par les français, vise à désarçonner. Mais que vaut l’argument sur le fond des choses ? Si le programme est ce qui compte, et non la tambouille permanente, les ouvriers sont bien présents à l’assemblée. Ils y ont un groupe, une représentation, un point d’appui. Que leurs députés soient issus de sciences po ou d’ailleurs, là n’est pas le problème. La question une fois encore est celle du programme, de la détermination, de la fidélité, tout simplement. L’ouvrier est plus présent à l’assemblée dans les conditions actuelles que si un ouvrier salarié y était élu sur des positions de compromis avec Macron et ses soutiens politico financiers. Les ouvriers y sont présents par la France Insoumise, tout simplement, comme d’ailleurs les banquiers y sont installés avec les élus « macroniens » de EM et leurs soutiens du PS ou de LR.

 

 

-

L’idéologie xénophobe à l’œuvre

Ils ne reculent devant rien, et il n’aura pas fallu longtemps pour que les relents racistes propagés par la « Fachosphère » submergent des commentateurs zélés qui pourtant une semaine avant en appelaient à Macron pour faire barrage à Le Pen.

 

C’est le quotidien le « Figaro » qui s’est lancé, dénonçant « une député Insoumise » qui « défend le droit de dire Nique la France », ce qui « soulève une bronca ». Comme la machine est faite pour se nourrir elle-même, la « bronca » dont il est question nous ramène au plateau de RMC où était invitée la veille la députée Danièle Obono. Le « Figaro » donc dans le sillage de RMC.

 

Pour les besoins de la propagande, « Figaro » et RMC remontent aux années 2010 et à la mise en examen du chanteur du groupe de rap « ZEP » coupable d’une chanson intitulée « Nique la France », et d’un sociologue, pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence ». Au départ, une plainte de « l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne », une association d’extrême droite. La « Fachosphère » donc en action.

 

Avec d’autres, Danièle Obono signe en 2012 une pétition à l’initiative des « Inrocks » en soutien au chanteur et au sociologue poursuivis. Il n’en fallait pas moins pour que l’entreprise de propagande soit engagée pour décrédibiliser, pour marginaliser, au moyen d’arguments racistes et communautaristes inadmissibles. L’échange est éloquent :

« En tant que députée, êtes-vous fière d’avoir signé ? »

« Pour défendre la liberté d’expression de ces artistes, oui. Parce que ça fait partie des libertés fondamentales »

« Vous pouvez dire "vive la France" ? » ose un journaliste.

« Je peux dire « vive la France », mais pourquoi, en soi ? Je ne me lève pas le matin en disant "Vive la France" »

« Vous signez plus facilement nique la France que vous ne dites "vive la France » !

Voilà comment donc est née « la bronca ».

Ainsi journalistes et chroniqueurs évitent le fond de la question. Les propos incriminés dans la chanson de ZEP en 2010 : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes ».

 

Le contenu social et politique de l’appel signé par Obono est tout simplement gommé. Le capitalisme, le colonialisme, l’impérialisme, autant de mots en isme qui ne mériteraient aucune attention, aucun intérêt. Ce qui compte, là, pour discréditer la nouvelle députée et la « France insoumise », est le simple « Nique la France », synonyme de rejet pur et net de la république. La bataille idéologique bat son plein. Tous les observateurs ont pu constater dans les derniers mois l’inflexion sérieuse de la « France Insoumise » sur la question nationale, la réhabilitation dans les rassemblements du drapeau bleu blanc rouge, son lien à la révolution française fondatrice de la république, l’engouement provoqué dans la jeunesse notamment lors des réunions tenues par Jean Luc Mélenchon. C’est cela que la bataille idéologique se propose de casser et c’est pour cela que Danièle Obono est devenue la cible du petit personnel de l’oligarchie médiatico-politique.

 

En réalité, c’est le combat contre la république sociale qui est menée par ces chroniqueurs, la désincarnation de la république du contenu dont elle peut et doit être chargée. Le système tolère la république pour peu qu’elle ne remette pas en cause les privilèges de quelques-uns au détriment du plus grand nombre. Il tolère la république synonyme de capitalisme, d’impérialisme, de colonialisme. Tel est le sens de cette histoire qui dépasse de très loin les seules offuscations morales. Car celles-ci prêteraient à rire. Quelle tête auraient en effet pu faire nos pseudos moralistes de pacotilles face à André Breton évoquant « une nation de porcs et de chiens », face à Léo Ferré parlant du « temps que j’baise ma marseillaise », face à Aragon lorsqu’il « conchie l’armée française", ou encore Renaud qui déclare « votre République, moi j’la tringle ».

 

L’attitude de ces « moralistes » d’occasion et leurs propos sont identiques à ceux du Front Nationale, lorsque dans le ton ils ne sont pas pires. Qu’aurait-on entendu si en pleine campagne électorale Marine Le Pen avait interpellé Danièle Obono la noire, en omettant de s’adresser à Mamère par exemple ou bien d’autres, blancs comme neige, également signataires de la même pétition, mais ignorés contrairement à la députée de la France Insoumise.

 

 

-

Conclusion provisoire

Nous pouvons donc constater que l’hystérie anti Mélenchon et anti « France Insoumise » est loin de se calmer. Tout est bon, mensonge, calomnies, racisme… Et souvent bêtise pour duper le peuple, les travailleurs, les jeunes que le gouvernement craint de retrouver sur son chemin dans les mois qui viennent.

 

Le but recherché est simple.

Il faut interdire à un regroupement politique comme la « France Insoumise » de faire le lien entre les difficultés quotidiennes subies par les français et la politique dictée par Macron et son gouvernement.

 

Comme l’indiquait Gramsci, l’enjeu de la période revient à « détruire une hégémonie pour en créer une nouvelle » dans le cadre d’un affrontement dont l’issue est déterminée par les positions acquises avant l’échange de coups. La question stratégique est concentrée dans la relation qui se construit entre le regroupement politique et les couches sociales dont le mouvement pourra bouleverser l’ordre établi. C’est pourquoi si « l’action est nécessaire pour combattre l’hégémonie bourgeoise », la conscience indispensable n’est pas spontanée. Elle doit s’appuyer sur une analyse et une compréhension scientifique du monde et de l’histoire. Et une compréhension des arguments abjectes qui sont propagés et qu’il faut relever, souligner, expliquer pour mieux les démonter et permettre d’avancer.

 

Pour en savoir plus :

- Déblayer le terrain et renouer le fil d'une ancienne tradition - 14/05/17

- Le gouvernement nommé par Macron prépare une contre-révolution sociale (WSWS)

- L'axe Mélenchon - Macron ou l'art de choisir ses ennemis avec soin

 

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans France insoumise Macron Politique
commenter cet article
2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:59
Vers la fin de la sociale-démocratie ?

Sources : Républiquesocialeblog

Les diverses élections européennes ont été révélatrices de plusieurs choses : que ce soit en France, en Grèce, au Portugal en Espagne ou au Royaume-Uni il semble y avoir un rejet de plus en plus massif des partis incarnant la sociale-démocratie et le social-libéralisme. Ces partis qui ont conduit à la paupérisation d’une grande partie de la population, coupable d’avoir voté des lois austéritaires imposées par Bruxelles, de sorte que pour une grande partie des citoyens ces différentes formations, devant incarner la gauche ou une partie de la gauche, ne présentent désormais guère de différence avec les partis du centre et de la droite classique.

 

Mais depuis les élections grecques de janvier 2015, et la défaite cinglante du PASOK- le Parti socialiste grec- qui avait à peine obtenu 4,68% des suffrages exprimés, traduisant la vaste colère populaire grecque après des années de souffrances et de mémorandums, le vent semble tourner. Quelques mois plus tard, lors des élections portugaises, certes remportées par la droite, la gauche parvenait à former une coalition inédite. Bloc de gauche, verts, Parti communiste et Parti socialiste s’entendaient sur un gouvernement et une majorité parlementaire. Ceci fait ils parvenaient à renverser le premier ministre de droite, qui bien que vainqueur n’avait pas la majorité au Parlement. C’est ainsi que depuis novembre 2015 un gouvernement socialiste mène le Portugal, soutenu par les autres partis de gauche. Une garantie que les socialistes ne prendront pas de « mauvaises » décisions s’ils veulent continuer à avoir la majorité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette union porte ses fruits (pour en savoir plus en la matière voir..).

 

Bien sûr cette alliance ne fut possible que parce que le Parti socialiste portugais a rompu avec ce qui est en train de perdre les autres formations sociales-démocrates refusant d’entamer un virage à gauche. L’échec du PS français a été révélateur du désastre de François Hollande. Une politique libérale, des renoncements à tous les niveaux, un accroissement de la misère et malgré le léger revirement à gauche de Benoît Hamon, les électeurs ont voulu sanctionner un quinquennat de trahisons. Preuve en est le score du candidat de la France insoumise du PCF et d’Ensemble qui avait rassemblé 19,58% des votes alors qu’il avait atteint 11,1% en 2012.

 

En Italie et en Espagne on assiste là aussi à une chute dans les sondages des forces sociales-libérales. Si en Italie cela semble profiter à des forces populistes comme le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, en Espagne le parti de gauche Podemos est la force montante du pays, tandis que le PSOE s’enfonce toujours un peu plus dans la crise et paye, lui aussi, ses politique anti-populaire.

 

 

- L’espoir Corbyn

Enfin, pour prendre un dernier exemple, les récentes élections au Royaume-Uni témoignent de ce changement de mentalité. Convoquées par la première ministre conservatrice Theresa May ces élections devaient permettre au gouvernement britannique d’avoir une plus ample majorité conservatrice pour peser dans les négociations sur le Brexit avec l’Union européenne. A quelques semaines du scrutin les chances du Parti travailliste semblait nulles et les cadors du Parti, responsable de son virage à droite il y a bien des années ne rêvaient que d’une chose : virer Jeremy Corbyn et son programme bien à gauche.

 

 

En effet Jeremy Corbyn tranche avec l’époque de Tony Blair et son libéralisme de centre droit. Le leader des travaillistes a mis la barra à gauche à tel point que le parti n’avait pas eu un programme aussi ambitieux depuis 1973. Fin de l’austérité, construction de logements sociaux, hausse des salaires, renationalisation des chemins de fer et autres mesures favorables aux plus démunis voilà le programme des travailliste contenu dans un document dénommé « For the many, not the few ».

 

Bien que critiqué par certains leaders du Parti, restés persuadé des bienfaits de la doctrine qui a conduit des millions de britanniques dans la pauvreté, Jeremy Corbyn a bénéficié d’un large soutien populaire de la base de son parti. Un enthousiasme qui, certes n’a pas suffit à remporter les élections, mais avec 40% des suffrages et un gain de 30 députés par rapport à la précédente législature, le Labour Party apparaît comme le vainqueur des élections, quand les conservateurs, eux, perdent 13 députés et n’obtiennent ainsi qu’une petite majorité.

 

En septembre prochain l’Allemagne devra, elle aussi, se prononcer.

Le peuple allemand accordera-t-il de nouveau sa confiance à Angela Merkel ou donnera-t-il un nombre suffisant de députés aux forces de progrès telles que Die Linke ?

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Europe Politique International Royaume Uni
commenter cet article
29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 17:34
Mélenchon, Ruffin et les Sans-cravates : une menace à prendre au sérieux

Comme le dit Xavier Bertrand : " Méfions nous de la France Insoumise " !

 

- Extraits d’un article d’une revue de l’oligarchie Challenges par Bruno Roger-Petit
- Pour l’ouverture de la nouvelle législature, les députés de la France insoumise ont choisi la provocation, jouant les Sans-cravates comme les nouveaux Sans-culottes. Sauf que c’est plus qu’une provocation, c’est un message politique lourd de sens et de menace...

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées

Un homme seul, en chemise blanche, se tient obstinément assis tandis que les autres, autour de lui, célèbrent l’ascension de leur pair au Perchoir. Nous sommes mardi après-midi, au Palais Bourbon, François de Rugy vient d’être élu président de l’Assemblée et les députés le saluent, ainsi que le dit la tradition républicaine, pour saluer le nouveau Primus. Tous, sauf François Ruffin, qui consulte son iPhone. L’image marque les esprits et c’est logique, puisqu’elle a été pensée dans ce dessein : pour dire une rupture républicaine. Elle fait jaser, mais sans que les commentateurs de l’instant paraissent en avoir perçu la signification profonde.

 

Il est possible de gloser politique durant des heures et des heures sur les chaînes d’information continue et passer à côté de l’essentiel, le politique lui-même. Et c’est bien dommage, tant il y a à dire sur un geste lourd de sens et de conséquences. Car l’image Ruffin, donc le message, n’était pas seulement la manifestation d’une provocation comme les affectionne le personnage (qui a été imité par les autres députés de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon en tête), en vérité, il s’agit bien davantage qu’une renonciation de mal-élevé aux us et coutumes du temple républicain. Oui, elle est bel et bien une rupture.

 

Que signifie, en son essence, le geste de Ruffin ? Qu’il refuse de s’associer à un monde qu’il rejette. Qu’il n’en est pas. Qu’il ne veut pas de la carte. Qu’il est ici et ailleurs en même temps. Qu’il est le peuple selon l’idée qu’il s’en fait. Le vrai peuple. Le peuple décidé par Ruffin.

 

 

-

L’homme du peuple face aux agents de l’oligarchie

Le nouveau député de la Somme ne voit pas François de Rugy, président élu de l’Assemblée, comme son égal en République, un député jouissant des mêmes droits que lui, mais comme un adversaire de classe. Il ne le considère pas comme un élu, porteur de la même légitimité que lui, mais comme un agent de l’oligarchie. Il ne le juge pas comme son égal, mais en ennemi de classe. Et Ruffin porte le même regard sur les autres députés, LREM, LR, PS et autres qui se sont levés, eux aussi, pour saluer le nouveau quatrième personnage de l’Etat. Je ne suis pas comme eux parce que je suis le peuple, le seul, le vrai, et qu’ils ne le sont pas. Ce sont des apparences de député, rien d’autre, mais en réalité, ce sont des agents de l’oligarchie et des puissances d’argent, des marionnettes aux mains du banquier Macron, leur légitimité est nulle.

 

François Ruffin n’est pas un rigolo. Sa posture n’est pas un clin d’œil, à l’exemple de l’apparition, unique, d’un député socialiste en bleu de travail, à la fin des années 90. Le geste a été conçu pour poser le décor. Le député de la Somme n’est pas un trublion venu là pour amuser la galerie, mais pour construire un peuple. Et pour construire ce peuple, il lui faut changer la perception de l’Assemblée nationale, signifier que ceux qui y siègent ne sont pas des élus du peuple, mais d’autre chose, entre forces occultes et forces de l’argent.

 

Ce mercredi matin sur Europe 1, Jean-Luc Mélenchon n’a pas dit autre chose. La polémique sur l’absence de cravates lors de la séance inaugurale de la législature porte bien au-delà du débat sur le respect du règlement et des usages en cours depuis un siècle et demi au Palais Bourbon. L’objectif n’est pas de casser des codes pour se faire repérer par les caméras le temps d’un journée, il est de donner corps politique à la représentation de la France insoumise en députation.

 

« La question des codes vestimentaires a été portée par notre camp. Par exemple par le Tiers-État lors des États généraux » a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Passons vite sur le point de savoir si l’abbé Grégoire, Bailly, Mirabeau, Sieyès et quelques autres se reconnaîtraient aujourd’hui en Mélenchon et Ruffin et venons-en au point qui nous importe : le président du groupe parlementaire de la France insoumise estime qu’il siège dans une Assemblée où, à l’image des Etats généraux de l’Ancien régime, tous les élus ne sont pas égaux en droit et en représentation...

 

 

-

Des Sans-culottes aux Sans-cravates

L’assimilation Sans-culottes et Sans-cravates ne relève pas du simple divertissement. Elle est une arme politique de destruction massive du système. Quand Mélenchon dit : " Il y avait des Sans-culottes, il y aura désormais des Sans-cravates ", il ne plaisante pas. Il pose très sérieusement les bases de la lutte politique qu’il entend mener. Le peuple contre les aristocrates. Les floués contre les nantis. Les pauvres contre les riches. Le bas contre le haut.

 

Application à la lettre des préceptes politiques de l’idéologue d’extrême gauche qui a pensé Syriza et Podemos, Chantal Mouffe, qui entend "Construire un peuple" pour l’amener à remplacer le peuple ancien.

 

Mélenchon et Ruffin ressuscitent effectivement la Révolution. Non pas l’esprit des constituants de 1789, mais plutôt celui des Hébertistes de 1793. Avec eux, c’est l’esprit du Père Duchesne (le Fakir de l’époque) qui entre à l’Assemblée nationale, comme il était entré à la Convention avec Hébert, Roux et Chaumette et les Enragés. Ceux-là aussi entendaient « se mettre à la portée de cette classe peu instruite du peuple qui ne pourrait comprendre d’importantes vérités si elles n’étaient énoncées avec des expressions qui lui sont particulières »...

 

Donc, haro sur la cravate, ennemie du peuple et des classes populaires ! A la lanterne la cravate de l’oligarchie ! ..

 

-------------------------------------------

 

" Les insoumis n'ont que faire des accords de l'ancien temps " J.L. Mélenchon

vendredi 30 juin 2017.
 

Troisième intervention de Jean-Luc Mélenchon en séance à l’Assemblée nationale le 28 juin 2017 (retrouvez la première ICI, et la seconde ICI).

 

Pour bien comprendre ce qui s’est passé, quelques éléments de contexte :

- Lors de la première intervention de Jean-Luc Mélenchon, le groupe « Les Constructifs » (proche d’En Marche) a déposé une candidature au poste de questeur de l’Assemblée nationale, en ne respectant pas les accords issus de la réunion des présidents de groupe qui voulaient que ce poste soit attribué au groupe d’opposition le plus important : « Les Républicains », suivant la règle des points existant préalablement.

 

- Jean-Luc Mélenchon propose qu’au lieu de six vice-présidents de l’Assemblée, il y en ait sept, de manière à ce que chaque groupe politique puisse être représenté. - Lors de la seconde intervention de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du groupe « Les Constructifs » a été élu questeur. Le groupe « Les Républicains » proteste. Jean-Luc Mélenchon réitère sa proposition de passer de six à sept vice-présidents afin que chaque groupe soit représenté à la vice-présidence. - Lors de cette troisième intervention, les règles préexistantes de l’Assemblée n’ayant pas été suivies, Jean-Luc Mélenchon annonce que la France insoumise dépose la candidature de Mathilde Panot à la vice-présidence de l’Assemblée, six postes étant donc à pourvoir sur la base d’une élection.

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique France insoumise
commenter cet article
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 20:04
La gauche est morte ? Vive la France Insoumise ?

Nous sortons d’un long cycle politique marqué par la domination hégémonique du parti socialiste. En simplifiant les composantes de la gauche, on peut dire qu’il y a une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire. La stratégie d’union de la gauche, que le PCF porte encore, a échoué.

 

Sources : Le blog Médiapart d'Alain Duparquet

- Elle part du présupposé qu’il est impossible pour le courant révolutionnaire d’accéder au pouvoir.

C’est d’ailleurs d’autant plus vrai que le déclin du PCF a rendu totalement inconcevable une victoire communiste à l’élection présidentielle.On élit la social démocratie, car elle seule peut passer au second tour. On cherche à passer le compromis politique le plus haut possible et on espère que l’action syndicale et populaire fera le reste. Penser que le PS pouvait-être le cheval de Troie pour entrer au pouvoir et ensuite et que le « changement » s’impose par la suite petit à petit, pas à pas… Cette stratégie a échoué en 1981, puis en 1998 et encore plus en 2012.  Fondamentalement, la cause de cet échec est d’abord dans l’échec de la social démocratie elle-même. Il n’y a pas de compromis entre les intérêts capitalistes et les intérêts du peuple. Le capital veut toute le politique libérale et rien que le politique libérale. C'est dit et sans appel, l'union de la gauche a abouti à la loi-travail. On ne doit pas permettre à cette gauche de survivre.

 

Assurément, ce qui a changé depuis les années 1970, c’est le carcan européen, singulièrement avec les traités de Maastricht, de Lisbonne et l’avènement de l’euro. C’est même sur ce terrain là que ce joue concrètement la traditionnelle distinction entre révolutionnaires et réformistes. Toute proposition de politique de gauche qui n’indique pas comment elle va s’attaquer à ce problème est vouée à l’échec. C’est le préalable indispensable à toute union. C’est le clivage majeur. On peut toujours réajuster en permanence le plan A et le plan B proposés dans l’avenir en commun, en fonction des évolutions de l’Europe elle-même et des traités commerciaux, mais on ne peut pas éluder ce combat là, et on ne peut pas gagner sans éducation populaire sur ce sujet. Il y aura rassemblement contre cette Europe là ou il n’y aura rien car dans ce carcan rien n’est possible.

 

D’autant plus, que si d’aventure, un pouvoir de gauche dominé par le PS ou son successeur, venait à voir le jour et continue d’appliquer les directives de Bruxelles, il ne causera que malheur et désillusion, faisant le lit du Front National.

 

 

- Il vaut mieux que la gauche perde pour longtemps que de faire cela. 

Mélenchon a eu raison de dire :"Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahi pendant cinq ans".

 

Notre peuple ne s'en sortira pas en retournant dans les vieilles ornières. Après l'échec de Macron, ce sera soit le FN qui incarne l'horreur, soit le programme l'Avenir en commun qui incarne l'espoir. La FI est le grain de sable qui mettra en échec les combines conduisant de nouveau à la social démocratie.

 

Dans toutes les élections intermédiaires, il faudra une stratégie claire qui évite toute compromission...quitte à perdre. Car quand on gagne avec des illusions, on les perd ensuite plus durement avec tout le reste.

 

Servir de nouveau de force d’appoint de la social –démocratie serait donc une très mauvaise solution. L’union n’est donc souhaitable que sur la base d’une politique de rupture claire. Les socialistes ont échoué, qu’ils fassent preuve d’humilité, qu’ils passent leur tour et acceptent de nous soutenir.

 

Le programme l'Avenir en commun, élaboré par le croisement d'experts, basé sur le programme l'humain d'abord et amendé par des milliers d'internautes doit être le ciment de la reconstruction de l'alternative au capitalisme. Contrairement au programme commun qui était un compromis entre partis, le programme l'avenir en commun doit mettre tout le monde d'accord, si je puis dire. Le PS et le PC et bien d'autres ont leur place pour le soutenir et aider les citoyens sans carte dans leurs efforts. Si ils veulent être utiles, ils doivent se mettre au service du mouvement populaire.

 

Certes, la France insoumise n’est pas parfaite, ni d’ailleurs aboutie mais elle est assurément le point de départ de quelque chose de neuf, le prolongement des luttes sociales contre les politiques européennes, comme est une des suites du formidable non de gauche du 29 mai 2005, la correction du brouillon qu’a constitué le Front de gauche et une réponse aux questionnements de Nuit Debout.

 

 

- Et maintenant

Que faire de la France Insoumise ? Comment avoir les avantages des partis traditionnels sans en avoir les inconvénients ? Comment faire agir les 500 000 soutiens tout en laissant à chacun son indépendance et sa liberté d’action ? Comment se structurer dans le local afin de conquérir de villes, des régions, des départements ?

 

Voici entre autres les questions qui sont maintenant ouvertes.

La tâche est immense.

 

Pour en savoir plus :

- PCF-France insoumise, l’impossible unité

- La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

- Xavier Bertrand : "Méfions-nous du danger de la France insoumise"

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Front de Gauche et Front du Peuple PCF PS France insoumise
commenter cet article
25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 13:55
Macron : la démocratie sans le peuple

Sources : Le*Grand Soir par Fabrice Aubert

- Président par défaut

Tout ceci a commencé par une campagne lamentable orchestrée de main de maitre par le machiavel « Hollande », demandant aux médias une double opération :

  • La « dédiabolisation de Le Pen »
  • Le lancement de son poulain Macron, pour s’opposer à toute autre solution de progrès, expliquant son positionnement, de non soutien à Hamon et très négatif vis-à-vis de Mélenchon dans la dernière semaine de la campagne des Présidentielles.

Le deuxième tour fut une caricature de démocratie opposant « l’extrême haine » à « l’extrême marché » et le débat du second tour démontrant la manœuvre grossière de planification de l’élection de Macron.

 

Rappelons ici, que si Macron fut élu, ce fut par défaut et non sur son programme, car seuls 16 % des électeurs du premier tour ont voté pour le programme de Macron, quand plus de 80 % des électeurs de Mélenchon votaient pour le programme.

 

 

- Les législatives une caricature de démocratie

Si le rôle des médias, est de construire « l’agora démocratique », on peut dire que l’échec est patent. Aucun débat de fond n’eut lieu, juste la nécessité de la cohérence Président/Assemblée fut assénée comme seul véritable enjeu des législatives, là où, depuis 1791, rappelons le, les Législatives servent à élire les députés du peuple, députés qui proposent écrivent et votent les lois de la République…. Mais la Vème République est devenue tellement monarchique que le « Président Roi », une fois élu, ce ne sont plus des députés qui sont élus mais, juste des « pots de fleurs », soumis au pouvoir du monarque dont la seule fonction consiste à voter oui, sur la demande du souverain.

 

 

- Les résultats bruts

Il faut observer les résultats avec attention pour comprendre en quoi tout ceci est une caricature de démocratie. Certes, en apparence, l’élection a eu lieu, certes, les listes Macron arrivent en tête avec 32 % des voix ce qui en projection potentielle, lui donnerait une majorité absolue telle que le représente le graphique ci-dessous. Mais cette majorité obtenue est artificielle, puisqu’avec une abstention de 51 %, celle-ci s’opère sans le peuple, ce qui explique la photo non triomphante du Roi…

Macron : la démocratie sans le peuple

- La non adhésion au projet

Je reprends ici, dans ce titre, les termes utilisés dans un journal « Main-Stream », pour vous dire à quel point cet aspect est visible : « La grande gagnante de cette élection ? L’abstention. Elle a atteint, en ce premier tour des élections législatives, un niveau record. Dimanche 11 juin en effet, 51,29% des électeurs ont décidé de ne pas se rendre aux urnes. L’une des raisons de ce très faible taux de participation est la non-adhésion au projet du président Emmanuel Macron. » [1]. Ceci explique sans doute la « moue » du Président, car il sait qu’avec ce niveau de participation, la légitimité de l’Assemblée à réformer est compromise, et que toute initiative de contestation sociale soutenue, pourrait peser sur le cours des choses et ce ne serait pas la première fois dans l’Histoire de notre Pays (1936-1968-1995).

 

 

- Une démocratie en trompe l'oeil

Toujours dans les apparences, la démocratie est sauvé, l’élection a eu lieu, donnant un arbitrage majoritaire, le F.N recule, mais, dès lors qu’ils sont analysés, les chiffres sont têtus et révèlent les faiblesses de la future assemblée « Macronienne ». Mais donnons une fois de plus la parole aux journalistes « main-stream » : « En prenant en compte l’abstention, les résultats sont beaucoup moins flatteurs pour les candidats d’Emmanuel Macron. Au final, seuls 13,43% des inscrits sur les listes électorales ont voté pour La République en marche. » [2]. Le journal va encore plus loin faisant pire que Mélenchon dans la recherche du détail : « Si l’on prend en compte les habitants qui ne sont pas sur les listes électorales (29%, entre les non-inscrits, les mineurs, les étrangers et ceux qui n’ont plus leurs droits civiques), le chiffre est encore plus explicite. Ainsi, si la France était un village de 100 habitants, moins de 11 habitants auraient voté pour les candidats du président de la République ». [3] Rappelons ici que le fondement de la démocratie est de permettre au peuple de décider des lois qui organisent la vie en société, et qu’il faut pour pouvoir gouverner au nom du peuple, une majorité. Avec 11 % réel, on assiste, non à un processus démocratique, mais à la dictature du « petit nombre ».

 

 

- Le vote de la bourgeoisie mondialisée

Il ne s’agit pas d’une provocation par le titre, mais de la réalité statistique observée : « Si le parti d’Emmanuel Macron séduit les hauts revenus, les candidats de La République en marche arrivant largement en tête (43%) chez les électeurs dont les revenus du foyer dépassent 3 000 euros, il ne convainc pas les plus modestes. Les électeurs dont les revenus sont inférieurs à 1 250 euros mensuels placent le Front national en tête (25%) et n’accordent que 17% des voix à La République en marche » [4]. A défaut de Révolution annoncée, le vote Macron est du pur « conservatisme social » des avantages reconquis par la « bourgeoisie mondialisée », face au « précariat mondialisé » dans le cadre d’un système imposé depuis 30 ans, le « Capitalisme mondialisé », dont la seule production effective est le développement sans fin des inégalités et des violences sociales qui y sont attachés.

 

 

- Et la presse étrangère ?

Chose curieuse, après avoir tremblé au risque « Le Pen-Mélenchon », voilà qu’elle devient elle aussi sourcilleuse des principes de la démocratie et surtout, pas bête, se rends compte que le « vol » est trop gros et qu’il risque de se voir. Que de ce fait, la « victoire de Macron » pour réformer enfin ce « Pays des révolutions », risque de se retourner contre l’objectif : « Le raz-de-marée de La République en marche (LREM) lors du premier tour des législatives, dimanche 11 juin, a laissé la presse internationale en partie perplexe, notamment en Allemagne et aux États-Unis. L’incontestable avance des candidats du parti du président Emmanuel Macron sur leurs adversaires a, pour certains titres, comme un arrière-goût d’”absolutisme”, qui se marie mal avec leur conception d’un système démocratique sain » [5]. Mais l’analyse se poursuit : La France est devenue une monarchie”, titre sans détour le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung » ; A lire l’expression « arrière-goût d’absolutisme » et de « monarchie » on aurait pu penser à du Mélenchon…perdu, voilà l’A.F.P citant la presse étrangère, pris du syndrome de vouloir faire du « dégagisme »

 

 

- Le hold-up politique

Non vous ne rêvez pas, l’élection est un « hol-up politique », et ce terme ne vient ni de Mélenchon ni de votre serviteur. Il vient d’une main « non innocente », Professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne et qu’il faut lire avec attention : « Le hold up politique d’Emmanuel Macron sera total dimanche prochain. Après la victoire présidentielle, voici un blockbuster parlementaire pour son mouvement » [6]. Parler de « hold-up », c’est bien parler de vol. Mais l’article continue : « il s’agit d’abord d’une terrible défaite pour notre démocratie …/… » et de la défaite on passe à l’analyse politique : « Au cœur de ce maelström démocratique pourrait naître, dimanche prochain, une France parlementaire sans le peuple. Et il ne s’agit ni de fatigue électorale, ni d’oubli ou de légèreté citoyenne. C’est un choix ! »  [7]. « Une France parlementaire sans le Peuple », c’est à l’opposé de ce qu’est la démocratie. Et de l’analyse politique, on passe alors à l’analyse des causes profondes : « Au-delà de l’hypnose collective d’une France qui se serait réunie par la magie d’Emmanuel Macron pour être totalement En Marche, demeurent les terribles fractures, les violences inquiétantes d’une société majoritairement en désertion des urnes » On voit ici que l’analyse se déplace sur l’analyse de la société, perçue comme violente pour le plus grand nombre, expliquant la désertion…Car il n’y a pas de démocratie possible, sans analyse réelle de la société, et notre société actuelle est en grande souffrance sociale, c’est ce qu’exprime l’abstention de masse dans les quartiers populaires (Plus de 60 % d’abstention en Seine-St Denis).

 

 

- Les retours de l'histoire

Au vu des projections réalisées et du faible score initial de Macron aux Présidentielles, on pourrait parler de « Chambre introuvable » ou de « chambre bleue horizon »… Hors ces deux expressions sont deux moments historiques qui ont déjà eu lieu dans notre Pays :

  • La chambre introuvable : Après la défaite de Waterloo (1815), l’empereur banni, le Roi Louis XVIII, revenu aux affaires, obtient une chambre occupée par 350 ultra-royalistes sur 400 députés. Pour réussir la contre-révolution, les ultras veulent effacer l’héritage révolutionnaire, comme aujourd’hui Macron veut effacer, par ordonnances, le code du travail.
  • La chambre bleue horizon : Celle-ci se constitue après la première guerre mondiale : « 369 députés avaient en effet été élus pour la première fois, dont une majorité parmi les 412 élus du Bloc national, une alliance des forces centristes et conservatrices. 44 % des 616 députés élus au scrutin mixte à un tour sont des anciens combattants, parmi lesquels Georges Clemenceau, ce qui vaut à la chambre son nouveau surnom ’Bleu horizon’, en référence à la couleur des uniformes français. » [8] Elément remarquable, cette comparaison avec la chambre de 1919 revient dans l’article de France-Culture : « A en juger par les dernières estimations, les élections législatives pourraient bien voir En Marche et ses nouveaux candidats sortir vainqueurs du scrutin. Il faudrait remonter en 1919 pour trouver un bouleversement d’une telle ampleur » [9].

 

 

- En France cela se termine en révolution

Pour celui qui connait l’Histoire, en définitive, la « chambre introuvable » s’achève quelque par la Révolution de 1830 (les trois glorieuses) et l’élimination de Louis XVIII. Les prolétaires durent remettre ça en 1848, pour qu’enfin la République triomphe. Quant à la boucherie de 1914 et la chambre « bleue horizon », elle fut suivie de la création des Partis communistes en Europe et du front populaire de 1936. Rappelons ici qu’après la mort de Jaurès la S.F.I.O vota les pleins pouvoirs pour mener la guerre dans un gouvernement « d’union nationale » comme aujourd’hui le P.S se rallie au « Macronnisme » de « l’extrême marché ». Mais là aussi, prenons date, c’est la violence des banquiers et leur usurpation du pouvoir, qui seront cause des déclenchements sociaux à venir, pas le peuple fourvoyé et trompé par une propagande de type soviétique…

 

Décidément l’Histoire n’est pas une « gazelle pudique », selon l’expression consacrée…Dans ces conditions, la victoire de Macron n’augure pas forcément une aire de stabilité. Le peuple le décidera en temps voulu comme il a toujours su le faire (1789, 1830, 1848, 1871, 1944).

 

 

- La démocratie de marché ou la démocratie sans le peuple

Cela fait longtemps désormais, que les gouvernements issus des élections du système de la Vème République sont à contre-courant du peuple réel. Les souffrances successives, imposées à coup de rigueur et d’austérité, imposant les précarités sociales, financières, économiques, culturelles, sportives, ont généré un terreau de ras le bol, qui s’accumule à nouveau à chaque cycle. Observez et le chiffre est un véritable uppercut, que celui qui se présente comme moderne sait que 63 % des jeunes de 18 à 24 ans se sont abstenus lors de ce premier tour des élections Législatives. Et il ose encore parler d’avenir… Macron ce n’est que le passé qui revient avec un « relooking » de « start-up » qui sent la naphtaline et le « vert de gris ».

 

Le marché rêvait depuis longtemps de pouvoir avoir tous les pouvoirs, dans la perspective de revenir sur tous les « conquis sociaux » du XX ème siècle. Obligé de s’accommoder aux formes de la démocratie, il en a perverti le sens, en prenant le contrôle direct de l’économie, de la politique et des médias. Pour lui, la seule démocratie possible est celle de la « démocratie de marché » où le marché, via les concessions formelles de l’élection, garde toujours la main. La « démocratie de marché », se méfie du peuple. Dans la « démocratie de marché », le marché est au-dessus et le peuple doit se laisser guider par la « main invisible », substitut habile à la « main de Dieu », du système féodal, là où la République attribue ce rôle et cette mission à l’Etat, expression de la puissance publique en action.

 

Cependant à force de vouloir imposer les solutions du marché, comme seule solution « crédible », le système, par lui-même, construit « ses propres fossoyeurs ». Et il en sera avec Macron comme il en fut avec « l’ancien régime féodal ».

 

Si la victoire électorale de Macron est incontestable, rien n’indique que cette « victoire » matérialise celle de la démocratie [10] car, « on ne construit pas la démocratie sans le peuple ».

 

Note :

[1Franceinfo / 12-06-2017

[2« Législatives : cinq chiffres pour relativiser la victoire de La République en marche au premier tour  ». Franceinfo / 12-06-2017

[3Idem

[4idem

[5« Législatives : vu de l’étranger, un petit vent monarchique souffle sur la France » A.F.P / 12-06-2017

[6« La défaite démocratique de la France d’Emmanuel Macron » Jean Christophe Gallien | 12/06/2017 La Tribune

[7Idem

[8« France culture »

[9Idem

Repost 0
Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique Analyse Elections législatives 2017 Macron
commenter cet article
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 21:41
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

" Le gouvernement n'a pas la légitimité pour perpétuer un coup d'Etat social " J.L. Mélenchon

  • Le vote de classe, outre le contenu de l’abstention, s’exprime aussi et surtout par la composition sociologique de cette abstention. (Etude de l’institut IPSOS).

Environ 66% des ouvriers, 61% des employés ont boudé le scrutin. Plus de 65% des jeunes, les 25-34 ans, dont certains avaient vu un enjeu réel à la présidentielle en votant massivement pour Jean Luc Mélenchon, ont également déserté l’isoloir. L’abstention est également d’autant plus forte que les revenus sont faibles. Les quartiers populaires sont particulièrement concernés. A moins de 1250 euros mensuels, l’abstention dépasse les 59%. Au-delà de 3000 euros elle est ramenée à 42%. Le caractère pourri des institutions a joué comme un repoussoir. C’est en effet un hold-up électoral que les couches les plus exploitées et les plus défavorisées n’ont pas voulu cautionné. Un hold-up apparu clairement dans l’obtention de plus de 60% des sièges par celui qui sur son nom n’a totalisé qu’un peu plus de 16% des électeurs inscrits quelques semaines précédemment.

  • "Le peuple français dispose cependant, à l’Assemblée nationale, d’un groupe France Insoumise cohérent, discipliné, offensif. C’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. J’informe le nouveau pouvoir qu’aucun mètre de droits sociaux ne sera cédé sans lutte." Jean-Luc Mélenchon
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

 

-

Liste des députés insoumis élus à l’assemblée nationale le 18 juin

dont : 1 PCF avec investiture la France insoumise (Marie-Georges Buffet) ; 2 FdG apparenté avec double investiture (Clémentine Autain et François Ruffin) ; 1 PCF signataire de la charte de la France insoumise (Stéphane Peu)

2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

 

-

En avant vers la formation d'un "nouveau front populaire politique, social et culturel"

 

-

La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

La réunion du jeudi 22 juin entre la France insoumise et le PCF s’est soldée par une fin de non-recevoir : il n'y aura pas de groupe commun à l'Assemblée nationale.

 

Au sein de la formation communiste, deux lignes s’affrontaient. L’une pro-mélenchon, incarnée par Marie George Buffet qui appelle de ses vœux à ce « qu’il y ait un seul groupe, c’est ce qui me paraît le plus respectueux des électeurs » tandis que Chasseigne estime primordial de préserver « l’identité communiste » afin qu’elle « puisse continuer d’exister dans l’hémicycle ». Pour ce faire, l’aile favorable à un groupe distinct de la FI affirme qu’une alliance avec les députés « ultra marin » est possible. Il est toutefois notable que le Parti Socialiste, avec qui le PCF a gouverné par le passé, n’apparaît pas, en tout cas pour l’heure, comme une option crédible aux yeux de sa direction. Une ligne de conduite qui en dit long sur l’état actuel du parti de Solférino et des incertitudes autour des positions des différents élus socialistes dans l’hémicycle.

 

En définitive, le PCF a officiellement pris position, et a décidé de former un groupe parlementaire dissocié de la France Insoumise. Pour ce faire, il a dû compter parmi ses nouveaux alliés 4 députés qui avaient voté contre le mariage pour tous, et 2 ayant voté la confiance au gouvernement Valls en 2014. Un choix boutiquier qui ne manquera pas d’accentuer les remous en interne, et qui influera forcément sur les recompositions en cours à la gauche de la gauche.

 

Pour en savoir plus :

- le deuxième tour des législatives : un vote plein d'enseignements

- « Absente à l’Assemblée nationale, l’opposition va s’exprimer dans la rue »

- Que rien ne change, pour que tout change ! par Jean-Claude Pay

- Liste des députés insoumis élus à l’assemblée nationale

- 19 juin : Groupe PCF – Front de Gauche (GDR) en progression

- Falorni : la victoire de l'ambiguïté

- Législatives, second tour : premiers regards

- Maud Assila : La glycine et le haricot magique

- Les communistes refusent de partager un groupe avec Mélenchon à l'Assemblée

- PCF-France insoumise, l’impossible unité

- La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

- B.N. Azerot : un député ultramarin affilié au groupe PCF soutien Macron

 

Que rien ne change, pour que tout change !
Que rien ne change, pour que tout change !
Repost 0

Présentation

  • : blog INSOUMIS. INFORMER pour MOBILISER et AGIR ENSEMBLE
  • Contact

La France insoumise, L'AVENIR EN COMMUN

N'attendez pas la consigne !

Rejoignez la France insoumise  ICI

 

 

-

Programme de la France insoumise 2017 " L’avenir en commun "

 

 

  • Visitez ICI la page programme du site de la France insoumise
  • " L’avenir en commun " en version téléchargeable ICI

 

-

Le journal de la France insoumise 2017 :

 

- La chaîne télé de la France insoumise 2017 :

 

Pour vous abonner gratuitement, cliquez ICI

Recherche

Le blog de Cédric RUFFIÉ candidat de la France Insoumise aux législatives pour la 1ère cir. de Charente Maritime La Rochelle/Ré

 

Accéder au site : ICI

NON au Grand Marché Transatlantique

 

Tout sur le GMT : ICI

Le site du Parti de Gauche

 

Manifeste pour l'Ecosocialisme

Mouvement pour la 6e République

Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite française