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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 08:44
Projet de loi Travail :  le 14 JUIN les picto-charentais prennent PARIS !

Sources :  UD CGT Charente Maritime

- TOUS ENSEMBLE !

74% des français souhaitent le retrait du texte.

 

Depuis maintenant 3 mois, salariés, retraités, jeunes et privés d’emplois restent massivement mobilisés contre le projet de loi Travail/El KHOMRI.

Face à cette mobilisation d’ampleur, le gouvernement a choisi le déni de démocratie et le passage en force à coup de 49.3.

 

 

- LA GREVE : Solution pour obtenir le retrait !

Les différentes journées de grèves et de manifestations engagées ces dernières semaines, ont contraint le gouvernement à modifier son texte. Cependant, ce dernier reste régressif.

 

C’est pourquoi, la mobilisation doit se poursuivre !

 

D’ores et déjà, plusieurs secteurs professionnels, ont engagé, démocratiquement, avec les salariés en assemblée générale, un processus de grève reconductible illimité.

 

A partir de tous ces éléments, l’Union Départementale CGT de Charente-Maritime invite toutes ses structures et les salariés, à tenir des assemblées générales afin de généraliser la grève dans les entreprises et de préparer la grande journée de grève et de manifestation nationale à Paris le 14 Juin.

 

 

- Le 14 juin, on ne se déplace pas pour rien à Paris

Le 14 juin marque une nouvelle étape dans la mobilisation pour le retrait du projet de loi Travail Valls/EL-KHOMRi et un code du travail du 21ème siècle

 

La CGT considère que l'URGENCE EST A LA MOBILISATION et dans ce cadre l'UD CGT de Charente Maritime souhaite organiser un départ massif vers Paris pour la grande manifestation nationale.

 

Inscrivez-vous auprès de votre syndicat d'entreprise ou de l'UD CGT17 :

 

 

- L'appel départemental CGT pour le 14 juin en version imprimable

Projet de loi Travail :  le 14 JUIN les picto-charentais prennent PARIS !
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 08:31
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017
5 juin place de Stalingrad : début de campagne porté par 10 000 Insoumis avec Jlm2017

 

- Le dimanche 5 juin était organisé un défilé de la France insoumise avec prise de parole de Jean-Luc Mélenchon.

  • Pour ceux qui ne veulent que visionner le discours de J.L. Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a pris la parole à la fin du défilé pour dire son opposition à la loi El Khomri et à son monde : celui de l’accumulation de richesses pour quelques uns et la souffrance au travail pour le grand nombre. Il a proposé un nouvel horizon pour la France : 6e République, planification écologique, sortie des traités européens, partage des richesses…

  • Pour ceux qui veulent revivre l’évènement intégral en vidéo (défilé des insoumis et prise de parole de J.L. Mélenchon).
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 08:32
De quoi Philippe Martinez est-il le nom ?

Source :  Arrêt sur Info le 26 mai 2016 par Bruno Guigue[1]

- Prétendre que la classe ouvrière organisée prend en otage le peuple français quand elle défend ses droits menacés, comme le répète la presse, restera sans doute dans les annales.

Comme si ces travailleurs en lutte, hier chauffeurs-routiers, aujourd’hui salariés des raffineries, représentaient une minorité de nantis prêts à immoler l’intérêt général sur l’autel de leurs revendications catégorielles ; comme si une grève qui leur impose des sacrifices personnels était pour eux une partie de plaisir ; comme si leur combat n’était pas un combat pour tous, y compris pour ceux qui ont fait vœu de soumission à leurs maîtres et crachent sans vergogne sur leurs défenseurs.

 

Il faut croire que le capital soumet le prolétariat médiatique à des exigences de rentabilité aussi impératives que celles qu’il impose au prolétariat ouvrier. Car, à l’évidence, il lui ordonne de jeter le discrédit sur la mobilisation populaire ; il lui extorque cet invraisemblable tissu de mensonges comme une vulgaire plus-value ; il met les médias en concurrence, comme si chacun devait emporter la palme de la haine contre la CGT, ce syndicat honni parce qu’il est à la fois le plus ouvrier et le plus combatif. Cette résistance syndicale parfaitement légitime, le capital réclame à cor et à cri qu’on la couvre de calomnies. La presse quasi unanime s’y emploie.

 

Contrairement à la classe ouvrière, la cohorte de plumitifs dont le capital s’est attaché les services, il est vrai, ne risque pas de s’insurger contre un système dont elle a pour vocation de chanter les louanges. Comment cette presse française soumise aux sept milliardaires qui en détiennent la propriété et déterminent sa ligne éditoriale, de BFM/TV à « Libération », du « Monde » à « L’Express » et de TF1 au « Figaro », pourrait-elle se comporter autrement que sur le mode d’une servilité à toute épreuve ?

 

Cette sujétion des médias, en effet, pousse un journaliste à prendre parti pour les détenteurs de capitaux et leurs valets comme si ses propres intérêts de classe étaient en jeu ; elle le range aussitôt du côté de la caste privilégiée qui rémunère ses services. Ce journaliste a beau être un salarié, le voilà qui crache son venin sur la classe ouvrière, comme si, piteusement assigné à la fonction expresse de combattre ses propres défenseurs, ce mercenaire devait aussi se faire renégat.

 

 

- Mais ce constat de la servilité médiatique n’est pas le seul.

Le gouvernement socialiste trahit tous ses engagements électoraux, mais ce n’est pas suffisant. Il entreprend aussi à la demande expresse du capital une démolition que la droite n’avait pas osé entreprendre. Redoublant de zèle pour satisfaire leurs maîtres, les socialistes entendent mener aussi loin que possible la mise en cause des conquêtes sociales, chaque régression, même si elle n’aboutit pas, permettant de franchir un nouveau seuil symbolique. A force de porter le fer contre les droits des travailleurs, espère-t-on, on finira bien par les persuader que leurs droits ne sont pas légitimes et qu’ils auraient tout à gagner à y renoncer. Pour les salariés, le droit du travail est un système immunitaire. Le parti socialiste, lui, est son virus.

 

Pour ceux qui ont la mémoire courte, il faut rappeler que les principaux acquis des travailleurs français ont été conquis de haute lutte ; que sans les massives occupations d’usines de l’été 36, les travailleurs ne partiraient jamais en congés payés ; que sans les combats héroïques de la Résistance et de la Libération, la Sécurité sociale et les comités d’entreprise n’auraient jamais vu le jour ; que sans les puissantes grèves ouvrières de juin 68, la revalorisation des bas salaires exigée par la croissance des Trente Glorieuses serait restée un vœu pieux ; que sans l’alliance avec un parti communiste français à 15-20% les conquêtes initiales de 1981 seraient restées lettre morte.

 

 

- Mais le parti socialiste, historiquement, n’a jamais accompli la moindre réforme en faveur des travailleurs de ce pays.

Il a pris acte d’un rapport de forces en 1936 ; il n’a joué qu’un rôle secondaire à la Libération, où le général de Gaulle confia les postes-clé aux communistes ; en 68 le PS était aux abonnés absents ; quant aux avancées de 1981, il les a reniées, en même temps qu’une souveraineté nationale dont il est avec la droite française l’un des fossoyeurs. En revanche, il réprima dans le sang les grèves des mineurs en 1947, faisant appel à l’armée contre cette avant-garde des luttes ouvrières depuis le XIXème siècle. C’est ainsi que les socialistes rendirent hommage aux héros de Germinal : en les faisant fusiller.

 

L’expérience historique nous l’a appris, le rôle des socialistes français, c’est :

  • d’accréditer la fiction d’une opposition entre la droite et la gauche qui n’existe que dans les représentations collectives, et non dans la réalité des rapports sociaux ;
  • d’organiser au nom de cette opposition artificielle une alternance politique dont le principal résultat est d’empêcher une véritable alternative à la tyrannie de la finance mondialisée ;
  • de substituer à la véritable question, celle de la répartition effective du produit de l’activité sociale et de l’exercice de la souveraineté populaire qui en est la condition, toute une série de contre-feux et de querelles grotesques, de la théorie du genre à l’antisémitisme, et du voile islamique à la réforme de l’orthographe.

 

Quoiqu’il advienne de la crise sociale actuelle, on peut dire qu’elle a déjà manifesté une vertu pédagogique des plus précieuses. Car elle révèle, s’il en était besoin, que l’agitation qui se donne en spectacle à la surface du marécage politicien est l’expression voilée d’une réalité plus profonde ; que le véritable clivage social ne passe pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui vivent de leur travail et ceux qui se contentent d’en toucher les dividendes. Dans cette division fondamentale de la société, la dignité du peuple français est d’un seul côté. A la Libération, le général de Gaulle nomma des communistes aux postes-clé. Parmi eux, Ambroise Croizat, modeste ouvrier français, créa la Sécurité sociale. En 2016, la dignité du peuple français a un nom : c’est Philippe Martinez.

 

Note :

[1] Normalien, énarque, Bruno Guigue est aujourd’hui professeur de philosophie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 08:39
photos Louis Camelin

photos Louis Camelin

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne pour l’élection présidentielle 2017. Refus de la primaire, présidentialisation, insoumission, divisions à gauche, programme, méthode : il explique sa démarche.

 

Sources :  Regards.fr

- Regards. : Dimanche prochain, le 5 juin, vous lancez votre campagne présidentielle par un rassemblement place Stalingrad. En vous engageant dans ce processus, n’aggravez- vous pas la présidentialisation de la vie politique ?

Jean-Luc Mélenchon : Je connais bien cette critique depuis l’élection du président de la République au suffrage universel en 1965. Mais je constate que cette élection s’est installée dans notre pays, qu’elle est devenue une culture collective et je crois que nous pouvons et devons l’utiliser. Quand commence un match de foot, il vaut mieux ne pas le jouer comme une partie de volley… Une campagne politique comme la présidentielle est globale et totale. Elle transforme tous ceux qui y participent. Cette idée est largement partagée quand il s’agit de la lutte sociale. Cela vaut aussi pour le combat électoral. Une élection transforme ceux qui votent autant que ceux qui s’engagent dans la campagne. Faire campagne électorale c’est vouloir convaincre et entrainer. Ce n’est pas une petite chose secondaire. Gagner des bulletins de vote, c’est gagner des consciences.

 

 

- Regards. : Onze mois avant l’échéance, n’est-ce pas prématuré ?

Jean-Luc Mélenchon : Mais la campagne a déjà commencé à LR, à l’extrême droite et au PS ! En février, j’ai voulu lancer la mobilisation politique de notre famille pour vivre 2017 comme une chance et non comme un piège. Je m’inscris dans la longue durée pour construire le rapport de forces dont nous avons besoin. La durée est le moyen de notre enracinement. C’est nécessairement de longue haleine. Il est vrai qu’en donnant ce rendez-vous du 5 juin, je n’anticipais pas, alors, le contexte politique avec le mouvement social en cours contre la loi El Khomri et les mobilisations des Nuits debout. C’est là un propulseur d’énergie qui tombe particulièrement bien. Car de quoi s’agit-il ? Certainement pas de vendre un produit, de "prendre des parts du marché politique ou électoral". Notre sujet est la construction d’un mouvement politique de plusieurs millions de personnes. Ce dont il est question, c’est de la révolution citoyenne. Ce processus ne fait que commencer, même s’il s’inscrit déjà dans une histoire dont 2012 fut un moment de franchissement de seuil.

 

« J’analyse le système de la primaire comme un tamis social et politique destructeur. Une primaire de toute la gauche ne peut être qu’une source de confusions démoralisantes. »

 

 

- Regards. : Mais vous décidez seul de votre candidature et de son tempo...

Jean-Luc Mélenchon : Factuellement, rien n’est plus faux. J’ai cherché à discuter avec les dirigeants du Front de gauche de ce que nous pouvions faire dès le mois de décembre. Je n’ai pas été écouté. Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu en rappelant ces faits, mais je voudrais bien que chacun assume ses désaccords sans les transformer en problèmes personnels : il n’est pas vrai que j’ai agi dans mon coin sans crier gare. À présent, je travaille déjà en équipe, avec l’appui de plusieurs secteurs politiques et sociaux, sans oublier le renfort de plusieurs milliers de communistes, de socialistes et de syndicalistes. Bien sûr, il y a une dimension personnelle de la décision. Encore heureux !

 

 

- Regards. : Cette décision découle-t-elle de votre refus d’une primaire ?

Jean-Luc Mélenchon : Le point de départ de ma décision est mon refus[1] et celui du Parti de gauche d’entrer dans la primaire. Depuis 2007, j’analyse le système de la primaire comme un tamis social et politique destructeur. Aujourd’hui davantage encore, une primaire de toute la gauche ne peut être qu’une source de confusions démoralisantes. Quand on mesure à quel point la parole politique du Front de gauche a déjà été discréditée, cette confusion pourrait effacer toute notre influence de la carte ! Le PCF a milité pour ces primaires de toute la gauche et Ensemble a commencé par s’y associer plus ou moins. Le PCOF, Socialisme et république et le PG les ont rejetées. Personne ne m’a consulté, nous n’en avons jamais discuté collectivement. J’ai donc annoncé ma décision de ne pas m’y plier dès le mois de décembre. Et j’ai proposé ma candidature à un moment calculé en équipe : au lendemain de la déclaration de candidature de Marine Le Pen et de l’entrée au gouvernement d’écologistes, en plein débat sur la déchéance de nationalité. La droite dominait le débat, Hollande flirtait avec le programme du FN et divisait encore davantage les écolos en embauchant Emmanuelle Cosse. Ma proposition de candidature se présentait comme un sursaut contre l’effacement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Regards. : Pierre Laurent vient de déclarer qu’il souhaitait une « candidature commune d’alternative à gauche ». Comprenez-vous cet appel comme un premier pas vers un rapprochement ?

Jean-Luc Mélenchon : Je comprends surtout que la direction communiste ne croit plus aux primaires. J’avais donc raison de ne pas m’être enferré dans cette histoire et de n’avoir pas perdu ces quatre mois en intrigues. J’ai mis ce temps à profit pour construire : 110.000 appuis et 1.000 groupes de base. À présent, Pierre Laurent dit vouloir éviter l’éclatement de la gauche d’alternative pour accéder au second tour de la présidentielle. Je ne comprends pas. Les frondeurs ont beaucoup voté et soutenu le gouvernement Hollande-Valls et ils forment de nombreux clans concurrents ; les écologistes sont totalement atomisés. Aucun ne renonce à une candidature de leur parti.

 

« Je suis prêt à faire équipe. Chacun peut prendre sa place dans la lutte dès l’instant où il y a de la clarté dans l’objectif et sur la méthode. »

 

 

- Regards. : Comment interprétez-vous la position du Parti communiste, et quelle est la vôtre à son égard ?

Jean-Luc Mélenchon : Je trouve pénible que le PCF abandonne la méthode du rassemblement qu’a été le Front de Gauche pour des partenariats aussi incertains. La proposition de Pierre Laurent n’a donc pas de réalité politique. Je crains que les communistes ne se retrouvent très isolés à l’arrivée. Alors que le combat a besoin d’eux, de leurs idées, de leur engagement. Je suis prêt à faire équipe. Chacun peut prendre sa place dans la lutte dès l’instant où il y a de la clarté dans l’objectif et sur la méthode. Et de la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Comme si nous n’avions pas les bases d’une candidature ; comme si nous n’avions pas déjà réuni quatre millions de voix et comme si nous n’avions pas déjà un programme partagé. Je déplore cet a priori sans motif à mon égard. Mais il est de mon de devoir d’avancer sans attendre le bon vouloir de qui que ce soit.

 

 

- Regards. : Pourquoi ne pas avoir accepté de participer à une primaire sur les bases du Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon : Parce que personne ne l’a jamais proposé. Ce dont il a été publiquement question, cela a été d’une primaire de toute la gauche. Et maintenant, il est trop tard pour revenir en arrière. En revanche, il est injuste de dédaigner la main que je tends. Cela m’affecte. Je ne comprends pas que la critique prenne toujours ce tour personnel, souvent au-delà du trait ! Qu’il est triste de voir tant d’amis d’hier espérer mon échec et ajouter leurs croche-pieds aux coups que me donnent nos adversaires. Heureusement qu’il y a l’accueil amical que me réservent des milliers de militants et sympathisants communistes, malgré l’acrimonie de leurs porte-parole.

 

 

- Regards. : Comment comptez-vous élaborer le programme de votre candidature ?

Jean-Luc Mélenchon : Le programme est l’affaire centrale de la campagne. Ce n’est pas une formalité, mais une préparation de chaque citoyen à l’exercice des responsabilités publiques avant même la victoire. Il faut accueillir toutes les contributions dès lors qu’il s’agit de radicalités concrètes. Et je paierai mes dettes : je dirai d’où viennent les idées que nous reprenons. Par exemple, je fais mien le scénario négaWatt [2] et je dis qui l’a élaboré. La société a déjà produit une partie du programme. Et depuis 2012, il s’est réfléchi de très nombreux sujets et inventé de nombreuses solutions, parmi les syndicats, les associations, les intellectuels. Sachons les écouter, les reprendre. Nous ne sommes pas au-dessus d’eux.

 

« Je suis seul si l’on regarde du balcon. Mais je suis inséré dans un milieu de dizaines de milliers de gens qui s’engagent. »

 

 

- Regards. : Vous liez la question du programme à celle de son élaboration. Comment se pose celle de son application ?

Jean-Luc Mélenchon : Nous avons besoin de préciser nos idées autant que la manière de les mettre en œuvre. Je reste traumatisé par l’expérience de 1983 [3]. Nous avions alors un programme hautement transformateur. Lorsque nous nous sommes retrouvés face au mur de l’argent, deux points de vue se sont affrontés. Ceux qui voulaient rester dans le cadre du système monétaire européen (SME) et ceux qui proposaient une autre politique. J’étais de ceux-là. L’inconvénient de notre point de vue est que nous n’avions rien de concret à proposer. Et nous avons été éliminés. C’est la même leçon que je tire des déboires en Amérique latine ou de la Grèce de Tsipras. Si nous accédons au pouvoir, il nous faut un plan A et un plan B en toutes circonstances. À cette exigence programmatique s’ajoute la claire conscience de l’importance de l’engagement du peuple. En 1981, pour revenir à cette expérience pour moi fondatrice, nous n’avons pas souhaité l’intervention populaire. Pire, nous avons demandé à chacun de rester dans les clous. La méthode de la révolution citoyenne tourne la page de cette erreur.

 

 

- Regards. : Vous affirmez vous inscrire dans la perspective de l’exercice du pouvoir. Pourtant, vous paraissez seul… Un homme ne change pas une société.

Jean-Luc Mélenchon : Je souriais amèrement, au début, lorsqu’on me renvoyait à ma solitude. Et puis j’ai mesuré la part de mépris qu’il y a dans cette affirmation. Donc les 107.000 personnes qui déclarent leur soutien ne compteraient pour rien ? Parmi eux, il y a plus de 2.000 syndicalistes de tous les métiers, de tous les syndicats, de tous les niveaux de responsabilité… Parmi eux, il y a des communistes, des écologistes de lutte parmi les plus reconnus, des militants socialistes et tout le PG. Je suis seul si l’on regarde du balcon. Mais je sais que je suis inséré dans un milieu de dizaines de milliers de gens qui s’engagent. Et la révolution citoyenne, c’est l’implication de millions de personnes dans l’action gouvernementale.

 

 

- Regards. : Ce dont il est question, c’est de l’absence de soutien de partis politiques…

Jean-Luc Mélenchon : Le Parti de gauche, la NGS de Liêm Hoang-Ngoc, les communistes insoumis, les "Ensembles insoumis" ne comptent pas ? De qui parle-t-on ? Du PCF. Aujourd’hui, c’est lui qui est seul, et je m’en désole. Autre chose : ceux qui émettent cette critique mesurent-ils le discrédit dont souffrent les partis ? Il faut arrêter avec ce mauvais procès. Je veux que l’on comprenne ma démarche. Je refuse la confusion du "rassemblement de la gauche" ! Après la publication de L’Ére du peuple, j’ai cherché la transversale qui fédère l’ouvrier qui lutte, la femme qui se démène pour tenir sa famille hors de l’eau, le lanceur d’alerte, le chercheur qui s’accroche… Le mot "insoumis" m’a paru être celui qui les réunit tous. Insoumission au cadre globalitaire qui veut tout régenter, la société, nos goûts et nos corps. L’action contre ce cadre nous fédère.

 

« Je pourrais me contenter d’un bon slogan, d’affiches et d’émissions de télé. Mais nous avons besoin, pour réussir la grande transformation nécessaire, d’un peuple motivé et conscientisé. »

 

 

- Regards. : Vous croyez en une dynamique de fédération de la contestation et des alternatives ?

Jean-Luc Mélenchon : Je crois que cela va se cristalliser lors de cette campagne et se déployer avec la victoire. Le mouvement va s’auto-organiser. Je ne sais pas encore comment. Il va falloir l’inventer. Mais je sais aussi que « le chemin se fait en marchant », comme le dit si bien Antonio Machado. J’ai beaucoup regardé en France et ailleurs, j’ai beaucoup expérimenté pour trouver les nouvelles formes d’organisation. Je ne propose pas la disparition des partis, mais je souhaite qu’ils sachent se dépasser par l’action. Les outils numériques nous donnent de nouvelles possibilités pour agréger chacun, toutes nos différences. Pourquoi les refuserions-nous ?

 

- Regards. : Vous liez campagne présidentielle et création d’un mouvement. Est-ce que cela n’est pas trop d’un coup ? Les militants des partis constitués sont souvent attachés à les conserver…

Jean-Luc Mélenchon : C’est vrai que je pourrais me contenter d’un bon slogan, d’affiches et d’émissions de télé. Mais je ne vais pas le faire. J’ai trop compris ce qui arrivait à nos amis d’Amérique latine. Nous avons besoin, pour réussir la grande transformation nécessaire, d’un peuple motivé et conscientisé. Et je crois qu’il faut créer ce grand corps militant qui réunit ceux qui décident d’animer, déclencher, solliciter notre peuple. Le Front de gauche aurait pu être ce lieu, ce réseau. Cela ne l’a pas été. Si le Front de gauche décide de renaître, il peut être une composante de ce mouvement, de cette France insoumise. Au nom de quoi pourrais-je m’approprier l’étiquette Front de gauche ? Je ne l’ai jamais fait. J’ai déploré que Pierre Laurent le fasse sans mandat tant de fois !

 

 

- Regards. : On en revient aux divisions au sein de la gauche de gauche…

Jean-Luc Mélenchon : Je comprends que les communistes soient attachés à la permanence de leur parti. Mais c’est à eux de trouver le chemin stratégique qui permettra de combiner leurs volontés et l’aspiration de dizaine de milliers de gens à entrer dans un cadre commun. Je ne peux le faire à leur place ni renoncer à ce que j’ai analysé sur notre temps. L’objectif est bien de fédérer. Pour le faire, il faut être capable de tourner les pages de l’aigreur. Je ne demande pas qu’on me rallie. Je tâche de faire bien mon travail, d’accomplir la part qui me revient et je sais que je ne suis pas éternel. Il nous faut faire naître un monde neuf. Nos vieux habits peuvent rester dans l’armoire ou le grenier. Ils ne vont pas s’envoler. On pourra les retrouver, quand on voudra, si l’on en a besoin…

 

Note

- [1] refus de principe déjà exposé dés 2009 dans son livre "L'autre gauche" repris en extrait dans une note de blog

Il y qualifiait notamment, la primaire de : Le règne de l’égocratie ; - La course au moins disant politique ; - Une machine à diviser la gauche ; - L’outil du glissement au centre (de la gauche) ;

    - [2] NDLR : le "scénario négaWatt", conçu par l’association éponyme qui regroupe experts de l’énergie et intellectuels, promeut une transition énergétique permettant de se passer de l’énergie nucléaire et presque totalement des énergies fossiles à l’horizon 2050.

    - [3] NDLR : le "tournant de la rigueur" impulsé par le gouvernement Mauroy.

    A 4 jours du rassemblement national des INSOUMIS, J-L Mélenchon explique sa démarche
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    1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 08:12
    REUTERS

    REUTERS

    Depuis l’annonce de son projet de loi dit travail, le gouvernement a refusé toute forme de concertation avec l’ensemble des organisations syndicales et singulièrement la CGT. Une réunion sur des sujets très larges et puis… plus rien !

     

    Sources : L'Humanité par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

    D’ailleurs, la première version de ce texte n’a pas été remise en premier lieu aux organisations syndicales mais à la presse.

     

    • La CGT dénonce un gouvernement qui impose des reculs sociaux successifs par la loi de sécurisation de l’emploi ou la loi Macron.
    • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise en bafouant d’abord la démocratie sociale, puis la démocratie politique avec l’utilisation du 49-3 à l’Assemblée nationale.
    • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors que 74 % de l’opinion publique se dit opposée au projet de loi travail.
    • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors qu’un mouvement social porté par quatre organisations syndicales de salariés et trois organisations de jeunesse dure depuis plus de deux mois. Sans compter le fait qu’un cinquième syndicat de salariés conteste de nombreux articles du projet de loi, dont l’inversion de la hiérarchie des normes.

     

    Plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux en tête, refusent le dialogue et le débat de fond et ont fait le choix délibéré de l’invective et de l’autoritarisme en ciblant le premier syndicat de France, la CGT, et ouvrant ainsi la voie à la surenchère et aux insultes de la droite et de l’extrême droite.

     

    Le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’Économie font la preuve qu’ils sont bien engagés dans un combat, mais un combat loin des réalités sociales du pays et des préoccupations des citoyens, celui de la candidature à l’élection présidentielle en 2017.

     

    Si la CGT salue l’annonce de mesures spécifiques aux jeunes faites par Matignon et obtenues grâce aux premières mobilisations unitaires, alors que le gouvernement fustigeait et dénigrait la jeunesse accusée de ne rien comprendre, elle ne peut que constater qu’elles n’ont rien à voir avec le projet de loi travail. La CGT sera pour autant vigilante à l’application concrète de ces mesures.

     

    Si la CGT salue les avancées dans un accord signé à l’unanimité des syndicats et du patronat de la profession du spectacle sur l’indemnisation du chômage, obtenues là encore par les mobilisations, elle ne peut que condamner l’opposition du Medef et le silence inquiétant du gouvernement.

     

    La CGT dénonce un texte guidé par la baisse du « coût » du travail qui donnerait moins de protection aux salariés et baisserait la rémunération. Ainsi, il faudrait précariser et licencier plus pour embaucher plus ?

     

    La CGT ne peut accepter que, avec ce texte, chaque employeur pourra comme il le voudra « faire sa loi » dans l’entreprise. Le principe de la dérogation au droit collectif deviendra donc la règle.

     

     

    - C’est pour ces raisons que la CGT demande le retrait du projet de loi travail et l’ouverture de véritables négociations pour un nouveau Code du travail identique pour tous, basé sur :

    • La mise en place du nouveau statut du travail salarié et de la Sécurité sociale professionnelle pour répondre aux enjeux du monde du travail d’aujourd’hui et de demain. C’est-à-dire des droits (emploi, carrière, reconnaissance des qualifications, formation professionnelle, protection sociale…) rattachés à la personne, évolutifs et progressifs qui empêchent tout retour en arrière et transférables et opposables aux employeurs.
    • Dans le même temps, la CGT revendique de travailler moins, travailler mieux et travailler tous afin de concilier création d’emplois et progrès social.
    • Parce que oui, la modernité, c’est le progrès social, c’est plus de droits et de sécurité pour l’ensemble des salariés et des citoyens. Pas un retour au XIXe siècle.

     

    C’est pour ces raisons que la CGT demande le retrait du projet de loi travail et demande l’ouverture de véritables négociations pour un nouveau Code du travail identique pour tous.

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier Loi Khomri/Valls

    - Droit du travail : contre-projets CGT pour un Code du travail du XXIe siècle

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    31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 08:41
    Le 5 juin les insoumis seront à Stalingrad

    Sources :  Le Parti de Gauche par Eric Coquerel Coordinateur politique du Parti de Gauche

    - Le gouvernement Valls est devenu un bateau ivre aux embardées toujours plus dangereuses.

    Il aura tout tenté pour passer en force la troisième réforme structurelle promise depuis janvier à Bruxelles en échange d’un assouplissement de la règle d’or : l’intimidation, la répression et la division du mouvement social, les vraies fausses concessions, le 49-3 faute de majorité à l’Assemblée nationale et, ces jours-ci, l’attaque frontale contre la CGT à l’aide du même vocabulaire que celui utilisé contre le terrorisme (« prise en otage du pays », « syndicat radicalisé », etc.).

     

    Mais contrairement aux lois Macron et Rebsamen, celle à laquelle Mme El Khomri a donné son nom rencontre une bien trop forte résistance pour un exécutif de moins en moins légitime. Rien de plus normal puisqu’elle touche à la structure juridique même de la protection sociale en France. En outre elle fédère aujourd’hui tous les mécontentements sociaux qui se sont accumulés depuis des mois.

     

     

    - Le mur n’a donc pas cédé. Au contraire même il s’est renforcé.

    Selon les sondages plus de 70 % des français-es s’opposent à la loi et malgré la propagande gouvernementale, ils seraient plus de 60 % à juger le gouvernement responsable du blocage du pays ! On a compté au moins le double de manifestant-e-s lors de la journée du 26 mai que la semaine précédente, ce qui préfigure bien de la manifestation nationale du 14 juin.

     

    Plusieurs raisons à cela.

    • D’abord la ficelle est trop grosse, les responsables gouvernementaux et socialistes utilisent les mêmes arguments et méthodes que de Villepin face au CPE ou Sarkozy face au mouvement contre sa loi retraite, sauf qu’à l’époque ils les dénonçaient. Valls peut bien prendre un air martial, les français-es ont la mémoire politique trop longue pour tomber dans le panneau.
    • Le front syndical du retrait tient bon et se solidarise des blocages et des grèves sectorielles reconductibles qui s’additionnent efficacement. Tout se passe comme si les salarié-e-s de secteurs privés plus fragiles et moins syndicalisé-e-s faisaient ainsi grève par procuration. Ce n’est pas nouveau, rappelons-nous du mouvement de novembre/décembre 1995 contre le plan Juppé où les cheminots jouaient ce rôle de fer-de-lance de la contestation sociale. Voilà pourquoi, à la surprise des gouvernants, les français-es sont largement solidaires de blocages et grèves même quand cela les gêne dans leur vie quotidienne : ils savent que c’est fait également en leur nom.
    • Enfin, le gouvernement qui espérait tirer avantage de l’Euro de Foot pour juguler le mouvement pourrait se le prendre en pleine figure. D’une part, le match de finale de coupe de France PSG/OM au Stade de France a montré le fiasco des dispositifs et mesures de sécurité prévus. D’autre part, on ne voit pas comment Cazeneuve va pouvoir mobiliser les 60 000 fonctionnaires de police nécessaires à cette fin tout en comptant sur les mêmes forces de l’ordre comme dernier rempart à un mouvement aux formes multiples. C’était déjà un exercice dangereux, cela deviendrait explosif.
    • Enfin la possibilité d’adoption d’une motion de censure du gouvernement devient plus crédible. À droite ils sont en effet de plus en plus nombreux à annoncer qu’ils voteraient une motion présentée par des députés de gauche. Or il n’avait manqué que deux voix lors de la première lecture. Depuis, les signes de craquement dans la majorité se sont amplifiés jusqu’à plusieurs députés légitimistes appelant à revenir sur l’article 2, clef de voûte de la loi, car contenant l’inversion des normes.

     

     

    - La probabilité que le gouvernement cède sur la loi n’a donc jamais été aussi forte.

    Elle est proportionnelle à la volonté et la combativité accrues de ses opposant-e-s. Avec elle c’est très certainement aussi le Premier ministre qui sauterait. Il est temps. Cela ne changerait pas le fond de la politique de François Hollande, mais Valls accroît dangereusement la tension dans ce pays par sa manière autoritaire de gouverner. Chef de gouvernement, il est doublement responsable des effets pratiques de ses déclarations : il est donc le responsable direct, avec Cazeneuve, de la violence policière constatée le 26 mai un peu partout en France et cette fois quasi à sens unique ; il est le responsable indirect des pulsions qui ont conduit des chauffards à foncer sur des piquets de grève au point de blesser très grièvement un syndicaliste CGT à Fos S/mer. Ce provocateur qui fustige, manie des propos incendiaires et parle des grévistes comme les pires ministres de droite, installe une ambiance détestable.

     

     

    - Oui, il est temps que ces gens qui font mal au pays s’en aillent : Valls de suite, Hollande et consorts dans un an.

    Le basculement des sociolibéraux (socio ? Quand ? où ça ?) de l’autre côté de la barricade a un effet dévastateur sur l’économie, l’emploi, la démocratie, la désorientation des peuples. Ils ne peuvent prétendre en rien faire barrage à la montée de la nouvelle forme de peste brune qui infecte l’Europe. Au contraire, ils en font le lit. En faisant une politique de droite comme en France, en gouvernant carrément avec elle comme en Allemagne ou en Autriche, ils lui font même la courte échelle. Quand ils n’en viennent pas carrément à s’allier avec l‘extrême-droite comme le SPO autrichien l’a fait en région avec le FPO. Comment dans ce cas s’étonner qu’après plusieurs pays de l’Est, l‘Autriche ait été à deux doigts de se donner un président néo-fasciste ? Il a fallu un sursaut démocratique qui s’est porté sur un candidat écologiste indépendant pourtant lâché par le SPO qui a poussé l’ignominie jusqu’à ne même pas donner de consigne de vote.

     

     

    - Tant mieux, nous en sommes heureux.

    Mais là-bas comme ici, ce n’est que partie remise s’il ne survient pas une alternative franche au système qui étrangle les peuples européens. En Espagne elle peut venir aux législatives de juin de l’alliance entre Podemos et IU. En France, c’est le 5 juin qu’elle démarre avec le défilé des insoumis-es à Stalingrad. On ne pouvait finalement rêver mieux que cette date qui s’intercale entre celles de mobilisations contre la loi El Khomri. Elle contribuera ainsi au même combat : on peut battre la loi El Khomri dans les mobilisations sociales en juin, on peut battre le système par une révolution citoyenne par les urnes en mai 2017. Les deux sont possibles, les deux sont souhaitables, les deux sont indispensables. Voilà pourquoi le PG soutient la mobilisation des syndicats de salarié-e-s, des jeunes, des citoyen-ne-s de Nuit Debout, de tous ceux qui refusent l’ubérisation de la société comme ces inattendus chauffeurs de taxis qui appellent à battre la loi. Et comme nous ces mêmes chauffeurs de taxi soutiennent dans le même temps la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon.

     

    Une candidature qui paraît bien aujourd’hui le seul espoir pour éviter un duel entre le FN et la droite au 2ème tour des présidentielles et donc ouvrir l’espoir pour nous tou-te-s.

     

    Oui, le 5 juin rendez-vous à tou-te-s les insoumis-es à Stalingrad !

     

    Pour en savoir plus :

    - Pour s'inscrire au défilé des INSOUMIS, c'est  ICI

    - Pour trouver ou organiser un car ou un covoiturage, c'est ICI

    - Pour commander du matériel et annoncer l'événement, c'est ICI

    - Pour financer l'événement et les cars, c'est ICI

     

    • Au départ de la Charente Maritime

    - Pour s'inscrire sur le car de la Charente Maritime, c'est ICI

    - Pour financer le car de la Charente Maritime, c'est ICI

    Le 5 juin les insoumis seront à Stalingrad
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    30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:55
    Tafta, la nouvelle fourberie de Hollande

    Sources : blog de Jean Luc Mélenchon "l'Ere du Peuple" le 20 mai 2016

    Une nouvelle fois, Hollande et Valls mentent sur un point essentiel engageant lourdement la France. Selon " Le Monde ", un document du 7 avril atteste que le gouvernement français a soutenu auprès du Conseil de l’UE la création d’un mécanisme d’arbitrage privé en Europe afin de protéger les investissements des firmes. Qui a suivi le dossier de la négociation sur le Tafta mesure quelle trahison c’est là. Leur existence suppose que les firmes sont légitimes à protester contre une législation et à obtenir réparation des avantages qu’elles attendaient de la situation précédente. Elle leur permet de ne plus être jugées selon la loi du pays concerné mais selon les décisions d’un tribunal privé. Dans ce système, la loi ne s’applique donc plus aux firmes, mais toute loi est cependant placée sous la menace d’être à l’origine d’un dédommagement à leur payer. C’est dans ces conditions que le Canada fait l’objet d’un recours en dédommagement de plusieurs milliards contre sa décision de stopper les forages sur le gaz de schiste, l’Australie contre sa loi anti-tabac et l’Allemagne contre sa décision d’arrêter le nucléaire ! Rien de moins !

     

    La fourberie des dirigeants français est totale. Car en 2015 le gouvernement français indiquait dans une note à l’intention des eurodéputés français que le mécanisme d’arbitrage investisseur-État en discussion dans le cadre du traité TTIP n’était « ni utile, ni nécessaire« . On se souvient aussi des récents moulinets faits par Hollande pour faire croire à une résistance et une exigence française totale. De son côté, l’Assemblée nationale française avait voté dès le début de la législature son refus de voir créer de telles instances.

     

    Et maintenant, on découvre que dans le même temps le gouvernement faisait exactement le contraire en entamant des discussions avec l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et les Pays-Bas pour soutenir la mise en place d’un tel mécanisme. C’est là le pire de la méthode Hollande : des gesticulations de façade qui ralentissent l’action, démobilisent les acteurs de terrain et créent l’espoir. Les médias commencent aussitôt leur ronde puérilisante : « Alors ? Vous dites bravo ? », bourrant les crânes avec ardeur sur la base d’une fausse information (eux-mêmes se fichent que ce soit vrai ou faux puisqu’il leur suffit que cela soit juste un prétexte à faire des bulles de mots).

     

    Et, pendant ce temps, l’arnaque avance en coulisses et en secret. Puis tout finit par le résultat contraire aux annonces. Commencent alors la démoralisation, la dévalorisation de toute parole politique et la division de tout le monde. Comment s’étonner ensuite que les sondages montrent que ni au premier ni au deuxième tour, bon nombre d’ex-électeurs de ce triste personnage ne veuillent plus jamais voter pour lui ?

     

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier TAFTA/TISA

    - Tribunaux d’arbitrage : le double jeu du gouvernement

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    27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 08:56
    Bernard Friot « Un capitalisme rentier qui n’assume plus d’être employeur »

    Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

     

    Sources :  L'Humanité par Olivier MORIN le 18 mars 2016

    - L'Huma. : Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

    Bernard Friot : Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

     

     

    - L'Huma. : Le compte personnel d’activité (CPA) est-il un progrès en ce sens ?

    Bernard Friot : Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

     

     

    - L'Huma. : Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

    Bernard Friot : La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

     

     

    - L'Huma. : Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

    Bernard Friot : Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

     

     

    - L'Huma. : Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

    Bernard Friot : Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

     

     

    - L'Huma. : On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

    Bernard Friot : C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

     

     

    - L'Huma. : Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

    Bernard Friot : L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

     

     

    - L'Huma. : L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

    Bernard Friot : Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être entièrement récupéré par le capital à travers des dispositifs dans lesquels les jeunes en question sont autonomes dans leur travail, collaborent sans hiérarchie, dans un dispositif horizontal… tout en alimentant par un travail gratuit, par exemple dans le logiciel libre, le profit des ­propriétaires de Google. Se développe un capitalisme rentier qui n’assume plus les responsabilités de l’employeur, qui renvoie les travailleurs à la valorisation de leur travail sur le marché des services : il faut vendre 150 km de covoiturage, une semaine de son appartement, avec l’effarante marchandisation du quotidien que cela représente. Tout comme les employés sont sous le joug des aléas du marché du travail, ces indépendants sont sous le joug du marché des biens et services tout en alimentant la rente de propriétaires de bases de données affranchis de leur responsabilité dans la conduite du travail.

     

     

    - L'Huma. : Il y a donc une volonté des capitalistes de se ­dédouaner de leur rôle d’employeur ?

    Bernard Friot : Oui, ils ne veulent plus lier le profit au fait d’assumer sur le long terme des salaires, des cotisations sociales, le fonctionnement d’un comité d’hygiène et de sécurité, les droits des CE, etc. C’est pour cela qu’ils construisent avec tant de continuité depuis 1992, avec la CFDT, une « sécurisation des parcours » qui renverse la logique de responsabilité. Ce ne sont plus les employeurs, mais les intermédiaires du marché du travail, qui sont le « pôle emploi » ! Et les droits des salariés sont renvoyés à leur capacité à alimenter un CPA au prorata de leur performance sur des marchés, qu’ils soient du travail ou des biens, sur lesquels ils n’ont aucune prise. Car un des points de la loi travail, très insuffisamment souligné, est l’extension du CPA aux indépendants. Vont donc se trouver fongibles des droits nés dans l’emploi et dans l’indépendance : inutile de dire que celle-ci va être massivement instrumentée.

     

     

    - L'Huma. : En parallèle à cette production de valeur qui est faite hors du contrat de travail se développe aussi l’idée d’un revenu de base…

    Bernard Friot : Ça va tout à fait ensemble. Le filet de sécurité que va offrir un revenu de base est la condition du recul de la sécurité qu’offre le Code du travail. Si le capital n’est absolument plus déterminé à assumer la sécurité d’emploi, en revanche cela ne lui pose aucun problème d’assumer la sécurité d’un minimum de ressources qui lui permettra, non seulement de baisser les salaires puisqu’il invoquera l’existence de ces ressources pour ne pas pratiquer des salaires normaux, mais aussi de récupérer la valeur produite par ces personnes en dehors de l’emploi, dès lors que la propriété lucrative n’est pas supprimée. Car le revenu de base ne supprime pas la propriété lucrative, et les capitalistes seront en capacité de récupérer la valeur produite. Et ce ne sont pas eux qui paieront, puisque c’est l’impôt qui financera le revenu de base. Bref ils ont tout intérêt à ce qu’un revenu de base vienne, à côté d’un CPA étendu aux indépendants, étayer l’autoentrepreneuriat.

     

     

    - L'Huma. : Quelle alternative proposez-vous ?

    Bernard Friot : Le salaire à vie, qui est inséparable de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les travailleurs et donc de la maîtrise par eux de l’investissement, tant il est vrai que la propriété lucrative, au cœur du capitalisme de rente, doit être supprimée. Il s’agit d’actualiser la bataille qui a conduit à la mise en place à la Libération du régime général comme caisse unique à gestion ouvrière, et du statut de la fonction publique. Le régime général a fait la preuve jusqu’aux années 1970 que nous pouvons produire la santé avec des travailleurs payés à vie, qu’ils soient fonctionnaires ou indépendants conventionnés, sans mettre en valeur aucun capital actionnaire ou prêteur : l’investissement hospitalier des années 1960 a été largement subventionné grâce à la hausse du taux de cotisation maladie. Nous pouvons tout produire sans emploi et sans capital. Ce n’est pas 45 % du salaire qui doit aller aux caisses de Sécurité sociale comme aujourd’hui, mais 100 % (et au seul régime général, qui, à nouveau géré par les seuls travailleurs, sera chargé de payer les salaires à vie). Le reste de la valeur ajoutée pourrait se partager entre autofinancement de l’outil de travail décidé par les travailleurs copropriétaires des entreprises, et cotisation économique allant à des caisses, elles aussi gérées par les seuls travailleurs, chargées de subventionner le reste de l’investissement (y compris par création monétaire sans crédit) et d’assurer les ­dépenses de fonctionnement courantes des services publics. Je vous renvoie aux travaux que mène sur toutes ces questions Réseau Salariat.

     

    Pour en savoir plus :

    - mon dossier : Revenu Universel

    - De la socialisation du salaire. Auteur d’une thèse d’État portant sur la construction de la sécurité sociale, Bernard Friot axe son travail en défendant « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire ». Dans son dernier ouvrage, Émanciper le travail : entretiens avec Patrick Zech, paru aux éditions La Dispute et au sein de l’association Réseau Salariat, il développe l’idée de « salaire à vie » et de la « copropriété d’usage des moyens de production ».

    Bernard Friot : Le « Salaire à Vie » de Bernard Friot vu par Usul

    - Bernard Friot : "Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire"

    - Bernard Friot : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

    - Bernard Friot : On en parle : revenu inconditionnel ou salaire à vie ?

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    26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 08:07
    Pour en finir avec le 49.3, passons à la 6e République

    La Ve République est morte, vive la 6e République sociale !

     

    Le Mouvement pour la 6e République (https://www.m6r.fr) s’oppose fermement au passage en force antidémocratique auquel le gouvernement vient de procéder. Preuve nouvelle que la Ve République est oligarchique et lutte contre les intérêts du peuple opposé à la loi El-Khomri. La nécessité de refonder notre communauté politique en convoquant une Constituante est plus que jamais à l'ordre du jour.

     

    Sources :  Le blog de Pierre-Yves Cadalene par 

    - Pierre-Yves Cadalen

    - Emmanuelle Gaziello

    - Tayeb Tounsi

    Porte-parole du Mouvement pour la 6e République

     

    Notre vie publique prend chaque jour un peu plus des airs de fin de régime. Le gouvernement, paniqué et déterminé à faire voter une loi injuste, a décidé de faire de nouveau usage de l’article 49.3. Il souhaite, un an après la loi Macron, réussir ce prodige de paraître isolé, borné et autoritaire face au peuple. Il confirme sa volonté de passer outre les parlementaires, faute de majorité, pour un texte de loi qu’il présente lui-même comme l’un des plus importants du quinquennat.

     

    Ce gouvernement oligarchique sert les intérêts des plus fortunés du pays et se couche à chacune de leur plainte. Il est si habitué à entendre uniquement ces gémissements d’enfants trop gâtés qu’il semble ignorer la mobilisation sociale massive qui a lieu dans le pays depuis le mois de mars. D. de Villepin, en son temps, avait déjà tenté le passage en force contre un mouvement social puissant, en utilisant le 49.3 pour imposer le CPE. Avant de devoir piteusement abandonner le projet. Aujourd'hui encore, dans les rues, sur les places comme dans les sondages, le peuple ne veut pas de cette nouvelle loi antisociale.

     

     

    Le dialogue social, pour M. Valls, F. Hollande et leur cour, revient sans doute à des discussions feutrées dans les salons de l’Elysée avec leurs amis du Medef. Le renvoi du vote de l’article premier alors que l’examen du texte venait de commencer en dit long sur la volonté délibérée, de la part du gouvernement, d’étouffer tout débat et d’éviter toute défaite.

     

    Mais ils ont déjà perdu. Ce déni de démocratie répété conforte le dégoût légitime que les citoyens et citoyennes de ce pays éprouvent pour les institutions présentes. Ce vieux monde se décompose, et le peuple est d’ores et déjà prêt à dessiner les contours de celui qui vient.

     

    Nombre de places sont occupées, l’envie de débat et de démocratie est présente partout. Nuit Debout et la mobilisation syndicale sont deux expressions fortes du peuple en train de se constituer comme force politique. Cette volonté de se réapproprier nos vies naît précisément de l’injustice sociale orchestrée par ce gouvernement, c'est un refus net d’un texte rétrograde et de son monde. Preuve en est que la question sociale est profondément mêlée à la question politique. Des politiques de justice sociale ne sont pas possibles dans cette Ve République verrouillée par les plus puissants. Cette loi écrite directement sous les ordres des dogmatiques libéraux de Bruxelles en est le symbole.

    Pour en finir avec le 49.3, passons à la 6e République

    Le pouvoir, aujourd’hui concentré dans les mains d’une oligarchie sans scrupules, nous appartient de droit en démocratie. Il ne tient qu’à nous de le reprendre, de continuer à construire et faire avancer l’idée qu’il est grand temps de faire le ménage : la 6e République est à portée de main.

     

    Ce nouvel usage du 49.3 nous renforce dans cette conviction. Les dérives autoritaires du gouvernement, de cette loi aux atteintes aux libertés civiles et politiques contenues dans les lois Urvoas, ne sont plus supportables. Ils croient peut-être vivre dans l’impunité. Ils ont oublié qu’en politique, le peuple est le juge ultime, et avec lui l’histoire. Ils resteront demain comme des traîtres à leurs promesses et des fossoyeurs d’idéal.

     

    Mais nous n’avons pas besoin d’eux pour imaginer et accomplir nos projets. Le Mouvement pour la 6e République va lancer une campagne de pétition pour un référendum d'initiative citoyenne et parlementaire pour la convocation d’une Constituante dans le pays sur la base de l'article 11  de l'actuelle constitution. Pas à pas, nous grandissons et sentons autour de nous cette envie d’écrire une nouvelle page de l’histoire de France.

     

    La Ve République est morte, vive la 6e République sociale !

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    24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 20:17
    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

    Alors que l’opinion, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités restent massivement opposés au projet de loi travail, le gouvernement reste sourd à l’appel de la rue !


    C’EST INTOLÉRABLE !


    Les mobilisations des dernières semaines et les actions ont contraint le gouvernement à modifier son texte et il vient de reculer sur les heures supplémentaires des routiers en rétablissant leur paiement au taux initial.


    Cependant, ce projet de loi reste dangereusement régressif pour les autres salariés notamment sur le paiement des heures supplémentaires, ce qui conduirait à être payé moins pour travailler plus. C’est pourquoi la mobilisation doit désormais être amplifiée pour obtenir son retrait définitif.


    D’ores et déjà, dans plusieurs secteurs professionnels, des appels à la grève et à sa reconduction ont été lancés à travers des assemblées générales.


    A partir de tous ces éléments, les organisations syndicales CGT, FO, FSU, US Solidaires, et les organisations syndicales de jeunesse UNEF et UNL appellent le jeudi 26 mai et le mardi 14 juin, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités, à rejoindre le mouvement de grève et de manifestations.

     

    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

    - et

    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

    - L'appel départemental pour les 26 mai&14 juin en version imprimable

     

    - Le 14 juin, on ne se déplace pas pour rien à Paris

    Le 14 juin marque une nouvelle étape dans la mobilisation pour le retrait du projet de loi Travail Valls/EL-KHOMRi et un code du travail du 21ème siècle

     

    La CGT considère que l'URGENCE EST A LA MOBILISATION et dans ce cadre l'UD CGT de Charente Maritime souhaite organiser un départ massif vers Paris pour la grande manifestation nationale.

     

    Inscrivez-vous auprès de votre syndicat d'entreprise ou de l'UD CGT17 :

     

     

    - Sachez reconnaître les vrais responsables de la situation...

    A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
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    24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 08:03
    26 mai&14 juin.... la Charente Maritime continue la lutte !

    Communiqué commun

    Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie : retrait du projet de loi Travail

     

    Les journées de mobilisation des 17 et 19 mai 2016 ont confirmé la détermination des salariés, des retraités, des jeunes, des privés d’emploi, pour le retrait du projet de loi Travail.

     

    En Charente-Maritime, ces deux mobilisations à la Rochelle, Rochefort et Saintes ont rassemblé plus de 2000 manifestants.

     

    La participation en hausse le 19 mai 2016 s’est traduite par diverses actions notamment des manifestations, le blocage des bus RTCR et du dépôt pétrolier de la Pallice.

     

    Malgré tout, le gouvernement s’obstine à vouloir passer en force, refusant d’entendre la volonté des 71 % de la population qui s’exprime pour le retrait du projet.

     

    C’est pourquoi la mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier dans les jours prochains.

     

    D’ores et déjà, les organisations syndicales départementales, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNL, UNEF appellent leurs structures locales à se rencontrer afin de faire du 26 mai 2016 une journée de grève et d’actions interprofessionnelles et à organiser des Assemblées Générales dans les entreprises, les établissements et les services.

     

    Cette journée du 26 mai 2016 s’inscrit dans la préparation de la grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin 2016, début des débats au Sénat.

     

    L’intersyndicale départementale se rencontrera pour organiser le déplacement massif le 14 juin 2016 à Paris.

     

    Fait le 20 mai 2016

    A la Rochelle

    26 mai&14 juin.... la Charente Maritime continue la lutte !

     

    - L'appel départemental unitaire 26 mai&14 juin en version imprimable

     

     

    - L'appel national unitaire 26 mai&14 juin en version imprimable

     

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    20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 08:02
    A quoi servent les éternels « petits pas » d’Arnaud Montebourg ?

    Ma réponse à la "carte postale"[1] d'Arnaud Montebourg du Mont Beuvray

     

    Lors de la traditionnelle ascension du mont Beuvray ce lundi 16 mai 2016, Arnaud Montebourg a précisé son calendrier pour 2017, sans pour autant se déclarer officiellement candidat. Une démarche qui a laissé sceptique certains militants.

    Il a lancé un appel aux Français pour "susciter un projet alternatif au pays". "C’est le moment de se réveiller, de se parler, de s’unir, de se rassembler et de se conjuguer", a introduit l’ancien ministre de l’Économie.

     

    Sources :  Le site du Parti de Gauche de Midi-Pyrénées par Alexis Corbière

    Décidément Clio est bien joueuse et l’étude de l’Histoire est toujours pleine d’humour. Alors qu’il quittait le Ministère de l’économie et du redressement productif, en septembre 2014 dans les conditions que l’on connaît, Arnaud Montebourg s’était comparé à Cincinnatus, ce Général romain connu pour s’être retiré sur ses terres, afin de les cultiver, après avoir emporté de nombreuses victoires militaires. Par cette référence historique, Montebourg voulait symboliser son retrait de la vie politique et son désintéressement le plus total. Vu de loin, l’image (déjà utilisée par beaucoup d’autres avant lui) était belle. Mais l’histoire nous apprend aussi que Cincinnatus était un ultra-conservateur qui refusait la démocratisation de la République, et que pour faire face à une révolte de la plèbe, les sénateurs désemparés revinrent le chercher dans sa retraite pour qu’il rétablisse leurs pleins pouvoirs et empêche tout changement. Il leur répondit positivement en acceptant le poste de dictateur pour une durée de 6 mois. Est-ce le rôle que réserveraient à l'ancien ministre quelques notables socialistes dans ce moment de forte contestation sociale et de grand désarroi solférinien ou tout paratonnerre pouvant éviter que la foudre ne frappe trop fort est très recherché ? Je taquine bien entendu, la comparaison s'arrête là et notre héros du jour n'a, il est vrai, guère de grandes victoires à son actif.

     

     

    - Il n’empêche. Le personnage m'intéresse.

    Mais j’ai du mal à comprendre où va Arnaud Montebourg et à quelle cause désormais il utilisera ses réels talents si il croit sincèrement à ce qu’il a dit encore aujourd’hui en Bourgogne ? Je ne veux faire aucun procès d'intention, mais d'abord je m'interroge encore sur la façon dont il a évoqué "les deux France, celle qui va bien et celle qui va mal" pour préciser immédiatement : « Chacune de ces deux France devra être entendue, mais aucune des deux ne devra éviter des concessions à l’autre. Il s’agit de construire des compromis gagnants pour tous (…) Ce projet devra s’inspirer de certaines valeurs. Il ne niera certainement pas ce que nous sommes, nous qui sommes des hommes et des femmes de gauche. »

     

     

    - Je désapprouve totalement, cette vision des choses préparant pour demain ceux qui souffrent à continuer encore à faire des sacrifices.

    Tout cela est inquiétant, mais manque singulièrement de précision. Nous verrons. Je juge sur les actes et j’avoue avoir une certaine affection, pour son lyrisme oratoire, et pour bien de ses prises de positions politiques du passé (à l'inverse, sur le plan tactique quel piètre stratège. La victoire de Hollande contre Martine Aubry et la nomination de Manuel Valls comme Premier Ministre, c’est lui !). En même temps soyons franc, puisque j’ai rendu à Cincinnatus ce qui est à Cincinnatus, rendons aussi à César ce qui est à César. La plupart des thèmes « montebourgeois » qui font l'essentiel de son charme politique (la 6e République, la critique de l’UE, etc..) sont directement puisés, souvent au mot près,  dans les combats anciens et présents menés par Jean-Luc Mélenchon et ce fut encore le cas dans le discours qu'il a prononcé ce jour 16 mai 2016 (pas sur tout néanmoins).

     

    Aussi, je dois reconnaitre ma perplexité, à l’heure où dans l'opinion publique progresse à grand pas la proposition de candidature Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017, (et qui peut même être au deuxième tour), à quoi servent les éternels « petits pas » d’Arnaud Montebourg ? Reconnaissons que pour aller loin, c'est très contre-productif. A quoi rime cette technique de communication minimaliste, totalement décalée et subliminale, si professorale et si peu utile pour la lutte, ne renforçant en rien l’action concrète de centaines de milliers d’entre nous qui s'engagent depuis des mois par exemple contre la loi El Khomri ? Chaque manifestant de ces dernières semaines se soucie comme d’une guigne des « cartes postales » (c'est ainsi que les communicants nomment ce genre de messages réguliers, qui ont pour principale fonction de donner des nouvelles sans trop en dire) de M. Montebourg qui risquent seulement d’apparaître, à force de faire du sur-place, comme des messages terriblement lassants et uniquement timbrés.

     

     

    - Des questions, des questions qui méritent des réponses !

    Quel intérêt donc, comme l'a fait le député PS Christian Paul à la tribune du Mont Beuvray, d’appeler de ses vœux la mise en place d’une primaire de "toute la gauche", c'est à dire avec François Hollande ? Pourquoi les propos sibyllins de Montebourg , après avoir tant critiqué l'actuelle scène politique,  semblent aussi valider cette requête ? Sans qu'il en ait parlé lors de son discours, il précise ensuite au micro du Grand Journal de Canal + :"Si il y a des primaires, il est possible d'organiser un rassemblement. Si il n'y en a pas, cela devient un risque de division et d'élimination programmée." Comme tout cela est sinueux et confus. Certes Montebourg appelle à bâtir un projet (artifice souvent utiliser par ceux qui tergiversent) mais cet appel à la primaire, même alambiqué et hors tribune, a pour conséquence, que si elle avait lieu et si le Président de la République actuel l’emportait, Arnaud Montebourg s’engage à le soutenir. La question du candidat qui porte le projet n'est donc pas secondaire, contrairement à ce qui a été sous-entendu au Mont Beuvray. A mes yeux, cette supplique pour une primaire aux vieux appareils, à commencer par celui du PS, tombe totalement à plat. Elle met à distance bien des énergies disponibles qui veulent rudement sanctionner la politique actuelle du gouvernement, mais qui n'iront jamais débattre et se réunir dans le cadre de cette primaire, avec ceux qui mettent en œuvre la politique actuelle de régression sociale.  Dès lors, se mettre ainsi dans les mains de François Hollande, et de ses astuces, est une erreur fondamentale. La solution est désormais dans l'appel au peuple, aux abstentionnistes... Elle n'est pas dans un appel incantatoire à réunir toute "la gauche", qui serait irrémédiablement minoritaire, et dans un hypothétique candidat de Mélenchon à Macron qui ne peut exister que par la ruse et l'ambiguïté. On ne réunit pas l'eau et le feu. De toute façon, cette primaire n'aura jamais lieu, tout le monde le sait, alors pourquoi perdre autant de temps ? Il est faux de dire que la problème de la gauche viendrait d'un "trop plein" de candidats. Non, le problème est la politique de MM. Hollande et Valls, et les députés qui la soutiennent. Et je ne comprends donc toujours pas pourquoi l’existence de la proposition Mélenchon, dont chaque intelligence de bonne foi peut constater la dynamique, semble hors champs de la réflexion de Montebourg et ses amis (qui je le rappelle n'étaient que 200 à se réunir cet après-midi, maigre assistance qui devrait ouvrir les yeux à certains pour juger où se trouve le vrai force en dynamique). Pourquoi ce sectarisme à notre encontre ? Montebourg considère-t-il sérieusement que Jean-Luc Mélenchon est un candidat sans projet et sans proposition ? Au quelle fin ? J'informe son entourage qui l'ignore, qu'il existe une vie au dehors du PS. Oui, oui, j'y vis d'ailleurs et l'on y respire un air bien meilleur. Les fins "stratèges" (dont certains il y a 5 ans étaient de fervents strauss-khaniens.. allez comprendre) du Mont Beuvray peuvent ils l'entendre ? Cela semble bien difficile. Bref, tout cela est assez regrettable et assez confus. Gare donc, le « made in France » risque de devenir du « made in flou ». Et finalement, à qui tout cela profite-t-il, si ce n’est à François Hollande lui même, parce que cela anesthésie des opposants potentiels, ou indirectement à Emmanuel Macron qui semble être l’alter égo de la démarche de Montebourg ? Mais, dans le cas présent, on voit surtout des égos, et bien peu d’alter.

     

     

    - Ce n’est pas cela dont le pays qui souffre a besoin.

    XVM67f73e7c-1b74-11e6-a985-d0b6a778f03c.jpgJe rappelle quelques grandes lois politiques, la force va à la force et les hésitants confortent les hésitants dans leurs hésitations. Le reste n’existe pas et comme la nature, la politique a horreur du vide. Le « j’y vais, j’y vais pas » stérilise d’éventuelles énergies qui pourraient nous être utiles, notamment dans la réussite de notre grand rendez-vous des Insoumis du 5 juin (place Stalingrad à Paris). Notre combat pour que le peuple exerce sa pleine souveraineté, n’a guère besoin, d'opposants au gouvernement qui ne veulent pas sa chute, ni de frondeurs qui passent leur temps à dire « Retenez nous, ou l’on fait un malheur », et  finalement ne font rien, ni de candidat virtuel qui aimerait être sûr d’être élu pour se décider à se lancer dans la bataille. C’est lassant. Fraternellement, je dis donc à tous, ouvrez les yeux et venez renforcer ce qui existe et qui fut si difficile à construire. Sans quoi, ce qu'ils font, même sous le vernis d’un discours critique, n'aidera que François Hollande à se maintenir au centre du jeu, puisque personne n'incarnera une solution perceptible pour des millions de nos concitoyens si loin des petits jeux subtils et des œillades. Certes, cela nécessite un peu de tempérament, mais je veux croire  que c’est le cas de beaucoup des gens rassemblés ce lundi.

     

    Sans quoi, pour l'échéance de 2017, le rôle d’Arnaud Montebourg sera in fine, de geler des énergies précieuses qui pourraient être utiles, et de permettre à quelques notables solferiniens bousculés par la plèbe, d’essayer de survivre politiquement quelques mois encore. Cincinnatus version 2016. Mais, comme l’aurait dit Hegel, la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce.

     

    Je veux croire qu'Arnaud Montebourg saura rejoindre au plus vite ceux qui sont déjà engagés dans la bataille et qui ne temporisent pas. Assez d'hésitations.

     

    Note :

    |1] c'est ainsi que les communicants nomment ce genre de messages réguliers, qui ont pour principale fonction de donner des nouvelles sans trop en dire

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Montebourg, l’homme qui retourne sa marinière

    - Montebourg : primaire quand tu nous tiens...

    Arnaud Montebourg peut-il incarner l'alternative à gauche de Hollande ?

    Non Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon n’est pas un problème !

    - Montebourg candidat à la primaire organisée par le PS se rangera au résultat du vote, quel qu’il soit, même si c’est François Hollande qui l’emporte

    A quoi servent les éternels « petits pas » d’Arnaud Montebourg ?
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    19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 08:45
     Jean-Luc Mélenchon conteur d'Histoire : Philippe le Bel, Louis XI et Robespierre

    " Il est impossible de vivre autrement que dans un État laïc "

     

    Sources : herodote.net par Vanessa Moley | le 15 mars 2016

    Jean-Luc Mélenchon se penche sur Philippe le Bel et les débuts de la laïcité, Louis XI et la formation de l'État, Robespierre et la Terreur révolutionnaire à travers trois entretiens vidéo avec le journaliste Jean-Pierre Bédéï (Herodote.net).

     

    Il tire pour nous les enseignements de ces épisodes majeurs de notre Histoire et nous dit en quoi la connaissance de l'Histoire est essentielle aux hommes d'État.

     

    Homme politique classé à gauche de la gauche, lui-même tient son goût pour l’Histoire d’abord de l’apprentissage du latin, de la découverte de la Rome antique et du récit par Tite-Live des guerres puniques. Ensuite d’une relation sentimentale à l’adolescence qui a donné lieu à un échange de livres : un recueil de poèmes contre l’Histoire de la Révolution française d’Adolphe Thiers. Bien qu'écrit par un homme d'ordre, cet ouvrage lui a mis en lumière les « gestes héroïques du peuple ».

     

     

    - Philippe le Bel et les débuts de la laïcité

    En 1301 a lieu la première bataille entre l’Église et l’État, sur une question fiscale. Le pape Boniface VIII est désavoué par le roi Philippe le Bel et son légiste Guillaume Nogaret. Le roi l’emporte à l’issue de l’épisode de la « gifle d'Anagni ». « Je suis roi par la volonté de Dieu », dixit Philippe Le Bel.

     

    Des guerres de religion, deux siècles plus tard, Jean-Luc Mélenchon garde le souvenir ému de Marie Durand, protestante, emmurée près de 40 ans avec une trentaine d’autres femmes, qui nous a laissé une inscription gravée sur la margelle du puits de sa prison : « Résister ».

     

    La laïcité répond à une impasse, l’impossibilité d’éliminer tous les protestants. Elle est un phénomène profond constitutif de l’État, ancrée dans l’Histoire de la France et la diversité de son peuple : « Nous sommes tous semblables malgré nos différences. »

     

     

    - Louis XI et la formation de l'État

    Jean-Luc Mélenchon se voit quelques similitudes avec Louis XI. Peu soucieux des apparences mais fin stratège, le roi défend envers et contre tout sa vision de l’État. Le pouvoir doit s’exercer au service de l’État et de l’action publique, dans l’intérêt du peuple.

     

    Louis XI l’emporte par la ruse sur son rival, le flamboyant Charles le Téméraire. Il ne se laisse pas arrêter par l’amour propre, la vanité et l’orgueil, à la différence des dirigeants ordinaires.

     

     

    - Robespierre et la Terreur

    En 1792, Robespierre, que Jean-Luc Mélenchon juge visionnaire, pragmatique et de bon sens, se montre hostile à la guerre car il devine qu’elle sera longue et risque d’amener un militaire au pouvoir. Les Girondins, au contraire, y sont favorables, car ils escomptent une défaite et donc des négociations !

     

    La Terreur ? Jean-Luc Mélenchon, qui se veut « robespierriste », a beau jeu de rappeler que c’est Danton qui invente le Tribunal révolutionnaire pour éviter le retour des massacres de septembre 1792. Et les fous furieux les plus engagés dans la Terreur, comme Carrier à Nantes et Fouché à Lyon, figurent parmi les Thermidoriens qui auront la peau de Robespierre…

     

    Pris en défaut à l’assemblée après une nuit blanche, Robespierre est mis hors-la-loi. À ses partisans qui lui suggèrent de reprendre le pouvoir, il répond : « Au nom de qui ? » Car, en bon avocat, il ne saurait violer la légalité républicaine… Robespierre a été adulé par le peuple car incorruptible.

     

     

    - Résonance avec l’époque actuelle

    De l’Histoire, Jean-Luc Mélenchon retient qu’il est impossible de vivre autrement que dans un État laïc : « Ce qui nous unifie, c’est l’État ». Il souligne aussi l’action méconnue du peuple. Pas de grandes choses sans l’appui du grand nombre. « Le peuple est acteur de l’Histoire ».

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    18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 08:32
    Face au 49-3, insoumission générale

    Sources : Le Parti de Gauche par Danielle Simonnet Coordinatrice du Parti de Gauche le 14 mai 2016

    - Le 49-3 est tombé et l’adoption de la loi travail a donc été imposée sans débat lors de son passage en première lecture à l’Assemblée Nationale.

    Ce 49-3 est l’arme brutale des faibles, obligés d’user des rouages les plus anti-démocratiques et autoritaristes de la 5ème République. Ce gouvernement est en effet plus qu’affaibli. Sans aucune majorité au Parlement, François Hollande et Manuel Valls ont préféré bâillonner les représentants du peuple que de reconnaître l’illégitimité du gouvernement à imposer un texte rejeté par plus de 70% de la population et contesté sans relâche par un mouvement social et citoyen déterminé depuis plus de 2 mois !

     

     

    - Hélas, les 56 député-e-s de gauche opposé-e-s au texte de loi ont manqué de deux signatures pour déposer la motion de censure initiée par les parlementaires du Front de Gauche.

    Ils ne furent que 14 pour utiliser l’ultime outil dont ils disposaient pour faire barrage à la loi et censurer le gouvernement : la motion de censure déposée par la droite. Si nous saluons la cohérence de ces 14 parlementaires, et de son initiateur André Chassaigne, nous déplorons l’inconsistance de l’opposition des autres. Comment considérer comme plus grave de voter une motion de censure de la droite que de laisser adopter une loi de droite ?

     

     

    - De quoi ont-ils eu peur ?

    De se voir censurer leur prochaine investiture parlementaire ? Ce sinistre épisode du 49-3 révèle la logique intrinsèque des institutions de la 5ème République : un régime plus proche de la monarchie présidentielle que du parlementarisme républicain. Un régime autoritaire de concentration des pouvoirs dans l’exécutif au mépris du Parlement, des représentants du peuple et de la délibération collective contradictoire. Un régime à la solde de la caste dominante et de ses intérêts contre le peuple, qui réduit ses partis à de vulgaires godillots, exécutants des basses oeuvres et l’ambition de ses élu-e-s à la seule préoccupation de leur propre réélection, quand un référendum révocatoire aurait dû les évincer de l’assemblée avant la fin de leur mandat.

     

    Et dans ce régime oligarchique, son premier valet Manuel Valls n’a pas hésité à revenir sur un des maigres engagements pris en réponse à la mobilisation de la jeunesse et des salariés : la surtaxation des CDD n’aura pas lieu via la loi travail. Le MEDEF n’en voulait pas, Valls l’a retiré de la loi et renvoyé à la négociation des “partenaires sociaux” dans laquelle le MEDEF pourra opposer son véto…

     

     

    - Mais rien n’est fini : le texte de loi doit dorénavant passer par le Sénat puis de nouveau à l’Assemblée Nationale

    D'ailleurs le gouvernement n’ yaura toujours pas de majorité.

    N’oublions pas que le CPE fut retiré après avoir été adopté par le 49-3. La loi travail peut donc être battue soit par une nouvelle motion de censure au Sénat ou à l’Assemblée, soit par la censure du mouvement social et citoyen dans la rue. Si le gouvernement veut jouer la montre et étirer ce calendrier pour exploiter la coupe d’Europe de football et le début des grandes vacances pour enrayer la mobilisation, sachons au contraire la construire et l’amplifier sans relâche. Loin de l’essouffler, la mise sous haute tension du système par un autoritarisme à coup de 49-3 et une mise en scène de violences et de répression policière pourrait bien au contraire accroître la mobilisation comme elle accroît de fait la colère.

     

     

    - Les semaines à venir vont être décisives.

    D’ores et déjà, deux journées de grève sont appelées les mardi 17 et jeudi 19 mai contre la loi, et des grèves sectorielles sont prévues notamment à EDF, à la SNCF, chez les routiers. Plus que jamais, la convergence des luttes doit être suscitée et encouragée, à l’instar des mobilisations des intermittents, chômeurs et précaires qui ont occupé à Paris le jour de la manifestation du 12 mai le siège de l’autorité des marchés financiers puis l’école des Beaux arts. A l’instar des mobilisations des Nuits Debout qui partout en France se recentrent sur la loi travail et la convergence des luttes locales et nationales.

     

     

    - Quelle que soit l’issue de la bataille, cette mobilisation est en train de fédérer le peuple dans sa conscience sociale et politique.

    Dans un tel contexte, le défilé des insoumis du 5 juin doit jouer un double rôle bien particulier : contribuer à renforcer la détermination pour le retrait de la loi travail et construire, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, l’espoir de l’insoumission générale pour 2017.

     

    Face au 49-3, insoumission générale
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    17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 08:24
    Crédit Photo:  Barrage routier lors de la grève générale du 13 avril 2016. DR

    Crédit Photo: Barrage routier lors de la grève générale du 13 avril 2016. DR

    Sources :   Le NPA  par Jacques Chastaing[1]

    La domination française sur les Comores ne s’est pas imposée sans engendrer de nombreuses révoltes. A Mayotte, il y a eu en 1856 un soulèvement des travailleurs des plantations, et des mouvements de résistance spectaculaires ont traversé les trois autres îles, notamment à Anjouan en 1891, avec une véritable révolution des paysans pauvres et des esclaves.

     

    En 1968,  la France concédait aux Comores une autonomie interne, tout en réveillant les rivalités entre les îles. Puis Paris poussa un riche d’Anjouan, Ahmed Abdallah, à diriger le pays. Mais à Mayotte, une partie de la population féminine d’origine malgache, moins islamisée et avec des traditions matriarcales, craignait de voir ses droits réduits. Les « mamies chatouilleuses » s’élevèrent alors contre une indépendance qu’elles craignaient anjouane et islamique.

     

    Lors du référendum de 1974 sur l’indépendance, les Comoriens se prononcèrent à 95 % pour l’indépendance, mais les Mahorais votèrent contre à 63 %. En 1975, les Nation unies et l’Organisation de l’unité africaine réaffirmèrent « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores». Mais la France exigea que la nouvelle constitution soit approuvée île par île. Elle fut rejeté à Mayotte, cependant qu’Ahmed Abdallah proclamait l’indépendance. Moins d’un mois plus tard, il était renversé par un mercenaire français, Bob Denard. Puis le nouveau gouvernement fut à nouveau renversé en 1978 par le même Denard (parfois soutenu par la France et parfois non, qui récidivera encore en 1995). Les Comores, baptisées « République islamique », se trouvaient de fait sous le contrôle des mercenaires français. En 1976, ne voulant pas retrouver le chaos comorien, les Mahorais exprimèrent à nouveau par référendum, à 99 %, leur volonté de rester français.

     

    En 1996, Mohéli et Anjouan se séparaient de la Grande Comore, demandaient leur rattachement à la France – qui refusait – et proclamaient alors leur indépendance propre en 1997. L’Union africaine, rejetant toute modification des frontières coloniales, organisa un blocus d’Anjouan dont de nombreux habitants fuirent alors vers Mayotte. Après bien des péripéties, en 2001, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan se réunirent dans une République fédérale, non sans coups de force fréquents et même l’invasion d’Anjouan, en 2008, par des troupes africaines venues renverser un gouverneur qui avait proclamé l’indépendance. Soit 23 coups d’Etat en tout depuis 1975, le dernier en 2013, avec encore des émeutes en avril 2016 à Anjouan.

     

    Le 31 mars 2011, Mayotte est devenue un département français d’outre-mer après que les Mahorais aient voté pour cette solution à une écrasante majorité dans le référendum de 2009.

     

    En 1946, La Réunion, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique étaient devenues juridiquement des départements français. Cependant les  protections sociales y restaient inexistantes ; les maladies, la malnutrition, la misère y régnaient. A partir de la grande grève de 1953, chaque avancée vers « l’égalité réelle » fut gagnée par des luttes, souvent sanglantes, avant d’atteindre une presque égalité – malgré encore bien des séquelles tenaces du colonialisme. Un processus de même type s’est enclenché à Mayotte à partir de 1993.

     

    Après la grève des lycéens de 1984 pour de meilleures conditions d’éducation, ce fut la grève générale de 1993 pour une hausse du salaire minimum ; puis un mois de grève en 2003 contre la réforme des retraites, mais aussi pour l’avenir de l’école ; en 2007, une grève de quatre mois des instituteurs pour ne pas restés bloqués dans une fonction publique au rabais ; en 2008, une grève illimitée dans la santé pour l’intégration dans la fonction publique ; en 2009, des manifestations contre la hausse du coût de la vie à Petite-Terre (la plus petite île de Mayotte) ; en 2011, quatre semaines de grève générale contre la vie chère. A chaque fois, avec de violents affrontements. Enfin, en octobre-novembre 2015 a débuté une nouvelle lutte pour « l’égalité réelle et la justice », pour l’application immédiate et intégrale à Mayotte du Code du travail et des conventions collectives de la métropole, l’alignement immédiat des pensions et prestations sociales au niveau de la métropole.

     

    Un moment interrompu, le mouvement a redémarré les 30 et 31 mars 2016, en même temps qu’en France ou à la Réunion contre la loi El Khomri, toujours pour « l’égalité réelle » mais aussi contre la loi travail. Le 16 avril, dans un climat d’affrontements entre jeunes et gendarmes et de grosse pression médiatique contre les « violences », le mouvement a été suspendu par l’intersyndicale, malgré l’opposition de la base ; les avantages des fonctionnaires expatriés sont maintenus mais pour les autres, il n’y a que des promesses et un agenda de négociations : « rien », disait la majorité des grévistes.

     

    Comme rien n’est réglé et au vu des luttes passées, on peut être sûr que le 16 avril 2016 n’est pas la fin d’une lutte mais seulement une étape dans un mouvement qui se cherche une direction – dans les deux sens du terme –, entre une mobilisation commune pour « l’égalité réelle » restant dirigée par les notables et un combat de classe où « l’égalité réelle » serait définie par les plus pauvres et la lutte dirigée par ces derniers.

     

     

    - Une tumultueuse terre de culture et d’histoire

    Située dans l’archipel des Comores qui comporte quatre îles principales (Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore), entre l’Afrique et Madagascar, Mayotte est elle-même constituée de deux îles. Sa population est officiellement d’un peu plus de 220 000 habitants. Vieille terre de culture et d’histoire, c’est un carrefour de civilisations, au croisement des cultures malayo-polynésienne d’Indonésie, africaine – bantoue et swahili –, malgache, arabe et française.

     

    La majorité de la population parle une langue d’origine africaine, le shimaoré ; un tiers ou plus parle un ou des dialectes malgaches, dont le shibouski. A côté d’une écriture comorienne réservée aux  textes religieux ou littéraires, l’arabe a été longtemps la seule langue écrite pour l’administration ; le shimaoré comporte ainsi une syntaxe et de nombreux mots arabes. Enfin, le français, qui demeure une langue d’importation, est aujourd’hui utilisé à l’école et dans l’administration, sans qu’il existe une langue créole.

     

    Jusqu’aux années 1990, la population a toujours eu l’habitude de se déplacer sans restrictions d’une île à l’autre dans des Comores qui ont une forte unité linguistique, culturelle et historique. Aujourd’hui, bien des familles se retrouvent divisées entre les différentes îles.

     

    La majorité des habitants est musulmane sunnite, shaféite et confrérique : un islam très tolérant. Une partie de la population est animiste et de tradition matriarcale polyandre ou polygame. Il n’y a pas de femmes voilées à Mayotte. Le droit islamique, en perdition, est du ressort de 22 « cadis » salariés par le conseil général. L’école coranique encore présente s’efface peu à peu. La polygamie est en voie de disparition chez les nouvelles générations nées après 1985, où elle est interdite.

     

    Les Comores ont longtemps été un des pivots du trafic négrier. Les sultans comoriens allaient chercher des esclaves sur la côte africaine, avant de les revendre à des européens ou des arabes, à destination surtout du Proche-Orient. Le sultan qui régnait sur Mayotte, vassal de son voisin d’Anjouan (les Comores étaient en voie d’unification sous l’autorité de l’Etat d’Anjouan) mais en conflit avec lui, appela la France à son secours en 1841 et lui vendit l’île.

     

    L’archipel devint protectorat français en 1887, sauf  Mayotte qui resta colonie. L’esclavage y fut aboli en 1848 alors qu’il ne l’était pas dans les sultanats des Comores sous protectorat. Mayotte fut plus imprégnée par la présence française que les trois autres îles, avec une administration d’expatriés et des colons venus de La Réunion, sans qu’apparaisse pour autant une société créole. Après la fin du trafic négrier, les Comores surpeuplées, sans ressources, éloignées des grandes routes maritimes, n’intéressèrent plus guère l’administration coloniale française. 

     

    La production agricole ou aquacole est aujourd’hui vivrière à 60 % ; les exportations, vanille,  parfum dérivé de l’ylang-ylang, sont faibles ; l’économie, de type colonial, vit de la commande publique et de la consommation privée autour du BTP et du commerce.

     

    Mais tout pourrait changer avec l’exploitation pétrolière sur la zone des « îles éparses ». C’est ce qu’espèrent les notables qui poussent pour cela à la transformation de l’île en zone franche, sans taxes pour les patrons et sans droits pour les travailleurs, avec peut-être, à partir de là, l’idée de l’indépendance.

     

     

    - Luttes sociales et question migratoire

    En 1993, une importante grève générale pour l’augmentation du salaire minimum fit peur aux  leaders politiques mahorais qui agitèrent alors le chiffon rouge de l’immigration, devenue l’explication de tous les maux. Ils réclamèrent la mise en place d’un visa entre Mayotte et les autres îles. En 1995, Balladur l’instaura pour tout Comorien souhaitant se rendre à Mayotte. Un trajet devenu depuis très difficile, même si la progression – même relative – du niveau de vie à Mayotte et la crise sécessionniste de 1997 à Mohéli et surtout Anjouan ont conduit à une multiplication des départs. Selon les autorités comoriennes, on compte 20 000 morts de 1995 à 2015 pour la traversée maritime du « canal de la mort ».

     

    La population de Mayotte est passée de 40 000 habitants en 1975 à officiellement 220 000 en 2016 – mais probablement 350 000, si ce n’est 500 000. Les migrants clandestins, qui selon la législation internationale sont à Mayotte dans leur pays, représentent désormais presque la moitié de la population. En 2005 Sarkozy, en pleine période « kärcher », a déclenché une chasse aux sans-papiers à Mayotte, avec 13 253 expulsions en 2006. Le chiffre n’a fait qu’augmenter depuis. De plus, beaucoup de migrants arrivés avant 1995 n’ont jamais demandé de titre de séjour puisqu’il n’y en avait pas besoin et sont donc aujourd’hui « sans papiers ». Tout le monde héberge des clandestins qui travaillent, cultivent les terres, etc.

     

    Les plus grands bidonvilles de l’Etat français ont alors surgi, sans eau ni électricité, avec le règne des maladies et de la malnutrition, des bandes d’enfants abandonnés, d’autant que l’Etat français se met à chasser les Mahorais des bandes côtières où ils habitent majoritairement, sous prétexte de protection du littoral.

     

    Mayotte est ainsi devenue une des pires sociétés coloniales. La moitié des Mahorais vit avec moins de 348 euros par mois, 82 % de la population se trouve sous le seuil officiel de pauvreté, avec le coût de la vie le plus élevé de tous les territoires français. Le taux de chômage est de 20 % (46,5 % pour les jeunes), sans compter les clandestins ; le taux d’illettrisme bat des records ; les services publics sont insuffisants et dégradés – tout cela, sur un territoire où 50 % de la population a moins de 20 ans.

     

    Face à cette situation explosive, les autorités et les partis qui ont suscité à partir de 1993 la peur du migrant, la cultivent en mettant en avant la délinquance, comme dérivatif social et pour séparer blancs et noirs. Aussi voit-on  souvent des Mahorais qui réclament le renvoi des sans-papiers. Mais bien des manifestants hébergent eux-mêmes des clandestins. Ainsi se créent des milices (de mamans) de protection des villages, dont la lutte contre l’insécurité évolue souvent vers une mobilisation pour plus d’écoles, d’hôpitaux, de MJC, de restaurants populaires pour les enfants pauvres, etc.

     

    Note :

    [1] Jacques Chastaing, militant du NPA à Mulhouse

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    14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:20
    17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !
    17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !

    - Qui sème le mépris, récolte la colère :

    Alors que l’opinion, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités restent massivement opposés au projet de loi travail, le gouvernement décide de passer en force en utilisant l’article 49.3.

     

    C’EST INTOLÉRABLE !

     

    Les mobilisations déjà engagées ces dernières semaines ont contraint le gouvernement à modifier son texte.

     

    Cependant, ce dernier reste régressif. C’est pourquoi, la mobilisation doit désormais être amplifiée pour obtenir son retrait définitif.

     

    D’ores et déjà, dans plusieurs secteurs professionnels, des appels à la grève et à sa reconduction ont été lancés à travers des assemblées générales.

     

    A partir de tous ces éléments, les organisations syndicales départementales CGT, FO, FSU, US Solidaires, et les organisations syndicales de jeunesse UNEF et UNL appellent le mardi 17 mai et le jeudi 19 mai, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités, à rejoindre le mouvement de grève et de manifestations.

     

     

    - POUR le retrait du projet de loi travail et POUR l’obtention de nouveaux droits 2 dates pour AGIR ENSEMBLE !

     

    Le MARDI 17 MAI

     

    17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !
    Le JEUDI 19 MAI
    17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !

    - L'appel unitaire des 12 et 19 Mai en version imprimable

    Pour en savoir plus :

    - Mon dossier Loi Khomri/Valls

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