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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 10:00
Olivier Falorni : la culture de l'ambiguité pour ratisser large et se mettre au service de la classe dominante

L'illusionniste de " gauche " se dévoile !

 

- Les citoyens de gauche, à Evry ont mis quasiment Valls à la porte et c'est Olivier Falorni qui tente de venir à son secours

Ainsi, à peine élu, selon Le labpolitique Europe1 Falorni annonce avoir réuni "plus d'une vingtaine de députés" autour de Valls.

Et de huit. Après la création du groupe parlementaire des "constructifs" LR-UDI indépendant du groupe LR, voici venir le groupe des *progressistes*, coincé entre LREM et le PS. Rien d'officiel pour l'instant, mais le député Olivier Falorni (divers gauche, ex-PS depuis sa candidature dissidente face à Ségolène Royal aux législative de 2012) annonce dans Le Parisien, ce dimanche 25 juin, avoir réuni "plus d'une vingtaine de députés" afin de former un groupe à l'Assemblée nationale, autour de la personne de Manuel Valls :

" Je suis confiant car nous avons déjà réuni plus d'une vingtaine de députés. "

 

Le Parisien révèle que le député de Charente-Maritime est à l'initiative de la formation de ce huitième groupe, avec Sylvia Pinel (PRG) et, plus surprenant, François-Michel Lambert, député LREM. Olivier Falorni en explique le but :

" Nous voulons être le troisième pilier de cette majorité, avec La République en marche, le MoDem au centre droit et nous au centre gauche. "

 

Les "constructifs" de droite apprécieront. Dans le JDD du 25 juin 2017, on apprend également que l'ancien Premier ministre a été vu à une réunion au siège du PRG où certains se disent "prêts à l'intégrer".

 

En tout cas, pour que Manuel Valls ne siège pas avec les non inscrits aux côtés de Marine Le Pen, par exemple, il faut trouver au moins 14 élus. Pour cela, il est allé chercher du côté des divers gauche, des radicaux de gauche mais aussi des radicaux de droite, à en croire François-Michel Lambert. Selon lui, "même des radicaux valoisiens" ont vocation à rejoindre le groupe, fâchés qu'ils seraient avec Jean-Christophe Lagarde de l'UDI. Et aller réunir à nouveau les radicaux des deux rives, comme à la création du Parti radical en 1901, ça sent bon le *renouveau*. Mais après tout, pourquoi pas. La réunification des radicaux était déjà en cours.

 

L'entreprise est un échec ! Après s'être fait élire sous l'étiquette " Majorité présidentielle " il siégera parmi les non inscrits !

 

 

- Les actes du député Falorni depuis sa réélection en juin 2017: en parlera t-il à l'heure du bilan ?

  • 4 juillet 2017 : Vote de la confiance au gouvernement. C'est confirmé, Olivier Falorni député de La Rochelle/Ré, en votant la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe, s'est mit au service d'une politique... de droite. Il l'a fait en toute connaissance du programme d'En Marche, de Macron, du 1er Ministre (généralisation de l'état d'urgence, casse du Code du travail, baisse des pensions des retraités...). Tout ce qu'il pourra dire ou faire à dater de ce jour sera de la gesticulation médiatique pour rassurer l'électorat qui lui reste à gauche ! La France insoumise est le seul groupe parlementaire à voter unanimement contre la confiance.
  • 6 juillet 2017 : Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence (première lecture).Olivier Falorni est absent. La France insoumise, a défendu une motion de rejet préalable sur la prorogation de l'état d'urgence et voté contre le texte du gouvernement.
  • 13 juillet 2017 : Vote de la loi d'habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance pour casser le code du travail. Après quatre jours de débat, le projet de loi d'habilitation a été approuvé par 270 voix contre 50. La majorité ainsi que les Républicains et les Constructifs LR-UDI ont voté pour alors que la Nouvelle gauche (ex-PS), les Insoumis et les communistes ont voté contre. Sur ce dossier pourtant essentiel pour les salariés.... Olivier Falorni est absent se rendant complice par défaut de coup d'état social en cours.
  • 24 juillet 2017 : Début pour l'Assemblée nationale de l'examen des projets de loi visant à redonner "confiance dans l'action publique" par la moralisation de l'action publique. Casier judiciaire vierge (de tout crime ou délit atteignant à la probité) obligatoire pour se présenter à une élection ; maintien ou suppression du verrou de Bercy ; conflits d'intérêts chez les fonctionnaires pour limiter la pratique du "pantouflage" ; activité de conseil et mandat électif ; " conflits d'intérêts " pour les ministres ; interdiction que les collaborateurs parlementaires soient rémunérés par les lobbys.... qu'aurait voté Olivier Falorni ? Nous ne le saurons pas Olivier Falorni est absent des débats.
  • 28 juillet 2017 : Fin du débat et scrutin public sur l'ensemble du projet de loi organique pour la confiance dans la vie publique (première lecture). Qu'en pense Olivier Falorni ? Nous ne le saurons pas Olivier Falorni est absent des débats.
  • 01 août 2017 : vote final sur l'ensemble du projet de loi habilitant le gouvernement à casser le Code du Travail par ordonnances (texte issu de la commission mixte paritaire). Olivier Falorni est absent lors du vote de la motion de rejet préalable, déposée par M. Jean-Luc Mélenchon et s'abstient sur le vote final du texte après avoir boudé les débats. Quel courage politique ! C'est vrai qu'il est plus prompt à s'en prendre aux députés de la France insoumise quand il s'exprime.
  • 09 août 2017 : vote final sur l'ensemble du projet de loi organique pour la confiance dans la vie publique (seconde lecture). Pour la France insoumise "la loi de moralisation est un échec" car ne s'attaquant pas aux causes de la corruption "l'argent ". Les députés de la France insoumise s'abstiendront, Olivier Falorni vote pour.
  • 26 septembre 2017 :  Scrutin public sur l'amendement n° 252 de Mr B. Lachaud France Insoumise (amendement anti-Lafarge, soupçonné d'avoir financé Daesh) après l'article 2 du projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (première lecture). Olivier Falorni est absent lors du vote.
  • 03 octobre 2017 :  Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (première lecture). Voulu par le chef de l’État, c'est le dernier chapitre d’une politique sécuritaire entamée par Sarkozy et poursuivie par Valls. Ce projet de loi intègre l’état d’urgence dans le droit commun, épargne les entreprises qui collaborent avec le terrorisme (amendement anti-Lafarge rejeté) et pour les insoumis passe à côté de l'essentiel. Olivier Falorni vote pour. Son vote indique clairement préférer la finance du business (il n'a pas participé au vote de l’amendement Lafarge) à la sécurité des Français.

 

Pour en savoir plus :

- Assemblée nationale : Olivier Falorni ne rejoint pas la "caserne" En Marche

- Tous les votes d'Olivier Falorni

- Bilan mensuel du député Olivier Falorni : https://www.nosdeputes.fr/olivier-falorni

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 20:17
Ils mettent en musique la contre révolution sociale

Ils mettent en musique la contre révolution sociale

... contre tout ce qui de près ou de loin combat la contre-révolution sociale que préparent Emmanuel Macron et son gouvernement.

 

On pouvait croire au lendemain des élections présidentielles et législatives que les attaques souvent infondées contre la « France Insoumise » et ses militants connaitraient un répit. Il n’en est rien.

 

Sources : La Sociale par Jacques Cotta

Les derniers développements concernant Jean Luc Mélenchon lui-même dénotent un regain d’énergie de la part de tous ceux qui font du « Mélenchon Bashing » leur fonds de commerce. Danièle Obono et Mathilde Panot, élues « France Insoumise », respectivement dans la 17éme circonscription de Paris et la 10ème du val de marne, témoignent malgré elles d’un acharnement redoublé contre le seul pôle qui revendique et affirme son indépendance vis-à-vis d’Emmanuel Macron et qui s’oppose radicalement à la politique de régression sociale que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre. Ce qui ici nous occupe, ce sont évidemment les arguments utilisés par des journalistes ou des représentants de l’oligarchie médiatico-politique, mais à la lumière de la situation, d’éclairer les termes et les enjeux de la bataille idéologique qui s’annonce.

 

Durant des années les questions idéologiques ont été laissées de côté, sous prétexte que « l’existence déterminant la conscience », il suffisait de gagner les conditions politiques permettant de modifier l’existence pour que la conscience suive. En laissant le terrain libre, peu à peu, le capital a gagné une hégémonie sur les masses, pour reprendre Gramsci, et la bataille idéologique a été cédée pas à pas, au point de voir aujourd’hui le monde d’Orwell s’imposer. Les mots sont utilisés pour leur contraire. Il est question de « charges » en lieu et place de cotisations sociales, de « liberté du travail » lorsqu’il s’agit de sa suppression, de « sécurité » pour état d’urgence permanent et menace sur les libertés de tous les citoyens. La pensée est diluée. Tout est fait pour interdire au citoyen de comprendre, d’analyser et donc d’agir pour modifier ses conditions d’existence. Il est donc urgent de reprendre lorsque cela se pose les termes des discussions, de rectifier, de mettre à nu les mensonges, de combattre sur le terrain des idées qui s’insinuent en toutes questions, souvent sous la forme de la calomnie, du mensonge, de la bêtise aussi. Et cela d’autant plus lorsque sont mis en cause de façon ignominieuse, raciste ou encore abjecte les militants qui n’ont de cesse que de combattre pour l’intérêt général.

 

 

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Du prétendu salaire à l’histoire du Matheux

Les méthodes utilisées mettent en lumière l’existence d’un arc entre la « Fachospère » qui se démène sur les réseaux sociaux et ses propagateurs qui s’emparent des idées nauséeuses. Dernière en date, « les revenus de Jean Luc Mélenchon qui avoisineraient les 40 000 euros mensuels ». L’attaque lancée sur des sites d’extrême droite est tellement grossière qu’elle devait être relayée de façon plus raisonnable, plus prompt à convaincre. Et c’est là que la bataille idéologique, la vraie, est engagée. Après un décompte des salaires de députés, des frais de fonctionnement parlementaires, de conseiller général, la conclusion serait sans appel : aucun élu –à fortiori Mélenchon- n’aurait droit de se qualifier d’insoumis et de vouloir défendre des intérêts étrangers aux siens, vu l’état de ses revenus. En un mot comme en cent, seuls les porteurs de bleus de travail sont habilités à parler des ouvriers. Pour les autres, silence ! Disqualifiée donc la « France Insoumise » qui ose se prononcer contre tout recul social imposé par le gouvernement Macron.

 

L’argument a une histoire. Ce sont d’abord les staliniens dans les années 60 et ensuite qui au nom du « monopole » du parti communiste de l’implantation dans la classe ouvrière qualifiait ses opposants de « petits bourgeois déguisés en ouvriers » pour mieux interdire toute voix discordante. Il n’est pas inintéressant de constater que l’argument aujourd’hui est recyclé par les tenants de la finance qui voient à juste titre le danger pour le système d’une implantation de la « France Insoumise » dans les couches les plus défavorisées. Mais comme l’explique le bon sens, et comme l’expliquaient en leur temps Marx ou Jaurès, ce n’est pas l’habit qui compte, mais le programme. Et c’est précisément ce qui fâche les censeurs des temps actuels. Derrière les attaques qui visent Mélenchon, ce n’est pas seulement l’homme qui est concerné, mais l’ensemble des insoumis, leur regroupement, leur programme et leur capacité à mener l’action unie pour la défense des travailleurs, des jeunes, des retraités, des salariés, et avec eux l’ensemble des couches sociales que Macron veut « matraquer », qui sont menacés.

 

La question du Matheux est également pleine d’enseignement, non pas sur le fond qui est assez limpide, mais sur le positionnement de tous ceux qui en ont fait argument. De quel droit un politique qui a fait carrière jusqu’à l’assemblée ou dans les ministères se permet-il de critiquer un médaillé Fields de mathématiques ? Tout est là. Et cela devrait suffire à discréditer Mélenchon pour son « fameux ton agressif », sa renommée « violence passive ».

 

Les défenseurs du « Matheux » ont le mérite de souligner par leur attitude ce qu’est la soumission totale à l’autorité, au pouvoir, et par opposition permettent de comprendre pleinement l’insoumission dont se réclament des centaines de milliers. La médaille Fields de Cédric Villani lui donnerait autorité sur toute chose, puisque reconnu dans son domaine par une institution renommée. Mais pourquoi faudrait-il par principe se plier à l’autorité, même lorsque celle-ci est en total décalage avec le sujet abordé. C’est bien la question de l’obéissance qui est posée. Plus encore que la soumission, c’est la servilité qui est ici revendiquée. Car on peut être excellent en mathématiques, et archi nul en économie ou en social ! La question est celle du code du travail, du contrat, de la loi « travail » XXL que prépare Macron et qu’il destine aux ordonnances. Il n’y a là aucune inconnu, aucune équation à résoudre. Juste un choix à faire. Et c’est porter crédit à l’intelligence de Villani que de lui proposer quelques explications sur le sujet afin de lui éviter de se fourvoyer dans une régression sociale sans précédent. Ambition généreuse peut-être présomptueuse car comme ses défenseurs, le Matheux, élu REM, a vraisemblablement déjà fait son choix… C’est ce qui nous intéresse, le reste n’est que brouillard répandu pour interdire une fois encore la discussion sur les véritables enjeux.

 

 

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Et les ouvriers, ils sont où ?

En écho à la simple question salariale qui interdirait à celui qui se situe au-dessus de la moyenne de porter attention au sort fait au plus grand nombre, la question posée sur « C News » à la nouvelle élue Mathilde Panot est aussi révélatrice du combat idéologique que mène l’oligarchie pour asseoir son pouvoir et interdire toute contestation politique organisée. En substance « il n’y a pas d’ouvriers élus à l’assemblée, pas un, et vous le regrettez, mais à la France insoumise, vous êtes comme les autres ». Et pour enfoncer le clou : « vous-même êtes issue de sciences po, donc vos reproches, il faut les faire à vous-mêmes ».

 

Il est intéressant de noter le but recherché dans ce type d’interpellation de la part de journalistes qui tous les jours ronronnent pour faire tourner la machine médiatique. Il faut créer le buzz, et là, l’angle est simple : REM, LR, PS, France Insoumise, FN, tous sont logés à la même enseigne, sans ouvrier, sans peuple, sans reconnaissance, sans légitimité. Il faut ramener le mouvement « la France Insoumise » au niveau des autres, ce qui d’ailleurs n’est pas totalement faux. En ce qui concerne l’abstention par exemple (voir sur ce site : le deuxième tour des législatives, un vote plein d'enseignements ) nul n’est épargné.

 

Mais là n’est pas le sujet.

La différence entre la France Insoumise et tous les autres est faite du programme.

 

Sans être ouvriers dans leur condition sociale, les élus de la France Insoumise, dès lors qu’ils sont fidèles à leur engagement, sont les seuls à avoir obtenu leur mandat sur un programme qui précisément défend l’ouvrier, le salarié, le retraité… L’argument qui veut mettre tout le monde dans le même sac, rejeté par les français, vise à désarçonner. Mais que vaut l’argument sur le fond des choses ? Si le programme est ce qui compte, et non la tambouille permanente, les ouvriers sont bien présents à l’assemblée. Ils y ont un groupe, une représentation, un point d’appui. Que leurs députés soient issus de sciences po ou d’ailleurs, là n’est pas le problème. La question une fois encore est celle du programme, de la détermination, de la fidélité, tout simplement. L’ouvrier est plus présent à l’assemblée dans les conditions actuelles que si un ouvrier salarié y était élu sur des positions de compromis avec Macron et ses soutiens politico financiers. Les ouvriers y sont présents par la France Insoumise, tout simplement, comme d’ailleurs les banquiers y sont installés avec les élus « macroniens » de EM et leurs soutiens du PS ou de LR.

 

 

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L’idéologie xénophobe à l’œuvre

Ils ne reculent devant rien, et il n’aura pas fallu longtemps pour que les relents racistes propagés par la « Fachosphère » submergent des commentateurs zélés qui pourtant une semaine avant en appelaient à Macron pour faire barrage à Le Pen.

 

C’est le quotidien le « Figaro » qui s’est lancé, dénonçant « une député Insoumise » qui « défend le droit de dire Nique la France », ce qui « soulève une bronca ». Comme la machine est faite pour se nourrir elle-même, la « bronca » dont il est question nous ramène au plateau de RMC où était invitée la veille la députée Danièle Obono. Le « Figaro » donc dans le sillage de RMC.

 

Pour les besoins de la propagande, « Figaro » et RMC remontent aux années 2010 et à la mise en examen du chanteur du groupe de rap « ZEP » coupable d’une chanson intitulée « Nique la France », et d’un sociologue, pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence ». Au départ, une plainte de « l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne », une association d’extrême droite. La « Fachosphère » donc en action.

 

Avec d’autres, Danièle Obono signe en 2012 une pétition à l’initiative des « Inrocks » en soutien au chanteur et au sociologue poursuivis. Il n’en fallait pas moins pour que l’entreprise de propagande soit engagée pour décrédibiliser, pour marginaliser, au moyen d’arguments racistes et communautaristes inadmissibles. L’échange est éloquent :

« En tant que députée, êtes-vous fière d’avoir signé ? »

« Pour défendre la liberté d’expression de ces artistes, oui. Parce que ça fait partie des libertés fondamentales »

« Vous pouvez dire "vive la France" ? » ose un journaliste.

« Je peux dire « vive la France », mais pourquoi, en soi ? Je ne me lève pas le matin en disant "Vive la France" »

« Vous signez plus facilement nique la France que vous ne dites "vive la France » !

Voilà comment donc est née « la bronca ».

Ainsi journalistes et chroniqueurs évitent le fond de la question. Les propos incriminés dans la chanson de ZEP en 2010 : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes ».

 

Le contenu social et politique de l’appel signé par Obono est tout simplement gommé. Le capitalisme, le colonialisme, l’impérialisme, autant de mots en isme qui ne mériteraient aucune attention, aucun intérêt. Ce qui compte, là, pour discréditer la nouvelle députée et la « France insoumise », est le simple « Nique la France », synonyme de rejet pur et net de la république. La bataille idéologique bat son plein. Tous les observateurs ont pu constater dans les derniers mois l’inflexion sérieuse de la « France Insoumise » sur la question nationale, la réhabilitation dans les rassemblements du drapeau bleu blanc rouge, son lien à la révolution française fondatrice de la république, l’engouement provoqué dans la jeunesse notamment lors des réunions tenues par Jean Luc Mélenchon. C’est cela que la bataille idéologique se propose de casser et c’est pour cela que Danièle Obono est devenue la cible du petit personnel de l’oligarchie médiatico-politique.

 

En réalité, c’est le combat contre la république sociale qui est menée par ces chroniqueurs, la désincarnation de la république du contenu dont elle peut et doit être chargée. Le système tolère la république pour peu qu’elle ne remette pas en cause les privilèges de quelques-uns au détriment du plus grand nombre. Il tolère la république synonyme de capitalisme, d’impérialisme, de colonialisme. Tel est le sens de cette histoire qui dépasse de très loin les seules offuscations morales. Car celles-ci prêteraient à rire. Quelle tête auraient en effet pu faire nos pseudos moralistes de pacotilles face à André Breton évoquant « une nation de porcs et de chiens », face à Léo Ferré parlant du « temps que j’baise ma marseillaise », face à Aragon lorsqu’il « conchie l’armée française", ou encore Renaud qui déclare « votre République, moi j’la tringle ».

 

L’attitude de ces « moralistes » d’occasion et leurs propos sont identiques à ceux du Front Nationale, lorsque dans le ton ils ne sont pas pires. Qu’aurait-on entendu si en pleine campagne électorale Marine Le Pen avait interpellé Danièle Obono la noire, en omettant de s’adresser à Mamère par exemple ou bien d’autres, blancs comme neige, également signataires de la même pétition, mais ignorés contrairement à la députée de la France Insoumise.

 

 

-

Conclusion provisoire

Nous pouvons donc constater que l’hystérie anti Mélenchon et anti « France Insoumise » est loin de se calmer. Tout est bon, mensonge, calomnies, racisme… Et souvent bêtise pour duper le peuple, les travailleurs, les jeunes que le gouvernement craint de retrouver sur son chemin dans les mois qui viennent.

 

Le but recherché est simple.

Il faut interdire à un regroupement politique comme la « France Insoumise » de faire le lien entre les difficultés quotidiennes subies par les français et la politique dictée par Macron et son gouvernement.

 

Comme l’indiquait Gramsci, l’enjeu de la période revient à « détruire une hégémonie pour en créer une nouvelle » dans le cadre d’un affrontement dont l’issue est déterminée par les positions acquises avant l’échange de coups. La question stratégique est concentrée dans la relation qui se construit entre le regroupement politique et les couches sociales dont le mouvement pourra bouleverser l’ordre établi. C’est pourquoi si « l’action est nécessaire pour combattre l’hégémonie bourgeoise », la conscience indispensable n’est pas spontanée. Elle doit s’appuyer sur une analyse et une compréhension scientifique du monde et de l’histoire. Et une compréhension des arguments abjectes qui sont propagés et qu’il faut relever, souligner, expliquer pour mieux les démonter et permettre d’avancer.

 

Pour en savoir plus :

- Déblayer le terrain et renouer le fil d'une ancienne tradition - 14/05/17

- Le gouvernement nommé par Macron prépare une contre-révolution sociale (WSWS)

- L'axe Mélenchon - Macron ou l'art de choisir ses ennemis avec soin

 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:59
Vers la fin de la sociale-démocratie ?

Sources : Républiquesocialeblog

Les diverses élections européennes ont été révélatrices de plusieurs choses : que ce soit en France, en Grèce, au Portugal en Espagne ou au Royaume-Uni il semble y avoir un rejet de plus en plus massif des partis incarnant la sociale-démocratie et le social-libéralisme. Ces partis qui ont conduit à la paupérisation d’une grande partie de la population, coupable d’avoir voté des lois austéritaires imposées par Bruxelles, de sorte que pour une grande partie des citoyens ces différentes formations, devant incarner la gauche ou une partie de la gauche, ne présentent désormais guère de différence avec les partis du centre et de la droite classique.

 

Mais depuis les élections grecques de janvier 2015, et la défaite cinglante du PASOK- le Parti socialiste grec- qui avait à peine obtenu 4,68% des suffrages exprimés, traduisant la vaste colère populaire grecque après des années de souffrances et de mémorandums, le vent semble tourner. Quelques mois plus tard, lors des élections portugaises, certes remportées par la droite, la gauche parvenait à former une coalition inédite. Bloc de gauche, verts, Parti communiste et Parti socialiste s’entendaient sur un gouvernement et une majorité parlementaire. Ceci fait ils parvenaient à renverser le premier ministre de droite, qui bien que vainqueur n’avait pas la majorité au Parlement. C’est ainsi que depuis novembre 2015 un gouvernement socialiste mène le Portugal, soutenu par les autres partis de gauche. Une garantie que les socialistes ne prendront pas de « mauvaises » décisions s’ils veulent continuer à avoir la majorité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette union porte ses fruits (pour en savoir plus en la matière voir..).

 

Bien sûr cette alliance ne fut possible que parce que le Parti socialiste portugais a rompu avec ce qui est en train de perdre les autres formations sociales-démocrates refusant d’entamer un virage à gauche. L’échec du PS français a été révélateur du désastre de François Hollande. Une politique libérale, des renoncements à tous les niveaux, un accroissement de la misère et malgré le léger revirement à gauche de Benoît Hamon, les électeurs ont voulu sanctionner un quinquennat de trahisons. Preuve en est le score du candidat de la France insoumise du PCF et d’Ensemble qui avait rassemblé 19,58% des votes alors qu’il avait atteint 11,1% en 2012.

 

En Italie et en Espagne on assiste là aussi à une chute dans les sondages des forces sociales-libérales. Si en Italie cela semble profiter à des forces populistes comme le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, en Espagne le parti de gauche Podemos est la force montante du pays, tandis que le PSOE s’enfonce toujours un peu plus dans la crise et paye, lui aussi, ses politique anti-populaire.

 

 

- L’espoir Corbyn

Enfin, pour prendre un dernier exemple, les récentes élections au Royaume-Uni témoignent de ce changement de mentalité. Convoquées par la première ministre conservatrice Theresa May ces élections devaient permettre au gouvernement britannique d’avoir une plus ample majorité conservatrice pour peser dans les négociations sur le Brexit avec l’Union européenne. A quelques semaines du scrutin les chances du Parti travailliste semblait nulles et les cadors du Parti, responsable de son virage à droite il y a bien des années ne rêvaient que d’une chose : virer Jeremy Corbyn et son programme bien à gauche.

 

 

En effet Jeremy Corbyn tranche avec l’époque de Tony Blair et son libéralisme de centre droit. Le leader des travaillistes a mis la barra à gauche à tel point que le parti n’avait pas eu un programme aussi ambitieux depuis 1973. Fin de l’austérité, construction de logements sociaux, hausse des salaires, renationalisation des chemins de fer et autres mesures favorables aux plus démunis voilà le programme des travailliste contenu dans un document dénommé « For the many, not the few ».

 

Bien que critiqué par certains leaders du Parti, restés persuadé des bienfaits de la doctrine qui a conduit des millions de britanniques dans la pauvreté, Jeremy Corbyn a bénéficié d’un large soutien populaire de la base de son parti. Un enthousiasme qui, certes n’a pas suffit à remporter les élections, mais avec 40% des suffrages et un gain de 30 députés par rapport à la précédente législature, le Labour Party apparaît comme le vainqueur des élections, quand les conservateurs, eux, perdent 13 députés et n’obtiennent ainsi qu’une petite majorité.

 

En septembre prochain l’Allemagne devra, elle aussi, se prononcer.

Le peuple allemand accordera-t-il de nouveau sa confiance à Angela Merkel ou donnera-t-il un nombre suffisant de députés aux forces de progrès telles que Die Linke ?

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 17:34
Mélenchon, Ruffin et les Sans-cravates : une menace à prendre au sérieux

Comme le dit Xavier Bertrand : " Méfions nous de la France Insoumise " !

 

- Extraits d’un article d’une revue de l’oligarchie Challenges par Bruno Roger-Petit
- Pour l’ouverture de la nouvelle législature, les députés de la France insoumise ont choisi la provocation, jouant les Sans-cravates comme les nouveaux Sans-culottes. Sauf que c’est plus qu’une provocation, c’est un message politique lourd de sens et de menace...

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées

Un homme seul, en chemise blanche, se tient obstinément assis tandis que les autres, autour de lui, célèbrent l’ascension de leur pair au Perchoir. Nous sommes mardi après-midi, au Palais Bourbon, François de Rugy vient d’être élu président de l’Assemblée et les députés le saluent, ainsi que le dit la tradition républicaine, pour saluer le nouveau Primus. Tous, sauf François Ruffin, qui consulte son iPhone. L’image marque les esprits et c’est logique, puisqu’elle a été pensée dans ce dessein : pour dire une rupture républicaine. Elle fait jaser, mais sans que les commentateurs de l’instant paraissent en avoir perçu la signification profonde.

 

Il est possible de gloser politique durant des heures et des heures sur les chaînes d’information continue et passer à côté de l’essentiel, le politique lui-même. Et c’est bien dommage, tant il y a à dire sur un geste lourd de sens et de conséquences. Car l’image Ruffin, donc le message, n’était pas seulement la manifestation d’une provocation comme les affectionne le personnage (qui a été imité par les autres députés de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon en tête), en vérité, il s’agit bien davantage qu’une renonciation de mal-élevé aux us et coutumes du temple républicain. Oui, elle est bel et bien une rupture.

 

Que signifie, en son essence, le geste de Ruffin ? Qu’il refuse de s’associer à un monde qu’il rejette. Qu’il n’en est pas. Qu’il ne veut pas de la carte. Qu’il est ici et ailleurs en même temps. Qu’il est le peuple selon l’idée qu’il s’en fait. Le vrai peuple. Le peuple décidé par Ruffin.

 

 

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L’homme du peuple face aux agents de l’oligarchie

Le nouveau député de la Somme ne voit pas François de Rugy, président élu de l’Assemblée, comme son égal en République, un député jouissant des mêmes droits que lui, mais comme un adversaire de classe. Il ne le considère pas comme un élu, porteur de la même légitimité que lui, mais comme un agent de l’oligarchie. Il ne le juge pas comme son égal, mais en ennemi de classe. Et Ruffin porte le même regard sur les autres députés, LREM, LR, PS et autres qui se sont levés, eux aussi, pour saluer le nouveau quatrième personnage de l’Etat. Je ne suis pas comme eux parce que je suis le peuple, le seul, le vrai, et qu’ils ne le sont pas. Ce sont des apparences de député, rien d’autre, mais en réalité, ce sont des agents de l’oligarchie et des puissances d’argent, des marionnettes aux mains du banquier Macron, leur légitimité est nulle.

 

François Ruffin n’est pas un rigolo. Sa posture n’est pas un clin d’œil, à l’exemple de l’apparition, unique, d’un député socialiste en bleu de travail, à la fin des années 90. Le geste a été conçu pour poser le décor. Le député de la Somme n’est pas un trublion venu là pour amuser la galerie, mais pour construire un peuple. Et pour construire ce peuple, il lui faut changer la perception de l’Assemblée nationale, signifier que ceux qui y siègent ne sont pas des élus du peuple, mais d’autre chose, entre forces occultes et forces de l’argent.

 

Ce mercredi matin sur Europe 1, Jean-Luc Mélenchon n’a pas dit autre chose. La polémique sur l’absence de cravates lors de la séance inaugurale de la législature porte bien au-delà du débat sur le respect du règlement et des usages en cours depuis un siècle et demi au Palais Bourbon. L’objectif n’est pas de casser des codes pour se faire repérer par les caméras le temps d’un journée, il est de donner corps politique à la représentation de la France insoumise en députation.

 

« La question des codes vestimentaires a été portée par notre camp. Par exemple par le Tiers-État lors des États généraux » a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Passons vite sur le point de savoir si l’abbé Grégoire, Bailly, Mirabeau, Sieyès et quelques autres se reconnaîtraient aujourd’hui en Mélenchon et Ruffin et venons-en au point qui nous importe : le président du groupe parlementaire de la France insoumise estime qu’il siège dans une Assemblée où, à l’image des Etats généraux de l’Ancien régime, tous les élus ne sont pas égaux en droit et en représentation...

 

 

-

Des Sans-culottes aux Sans-cravates

L’assimilation Sans-culottes et Sans-cravates ne relève pas du simple divertissement. Elle est une arme politique de destruction massive du système. Quand Mélenchon dit : " Il y avait des Sans-culottes, il y aura désormais des Sans-cravates ", il ne plaisante pas. Il pose très sérieusement les bases de la lutte politique qu’il entend mener. Le peuple contre les aristocrates. Les floués contre les nantis. Les pauvres contre les riches. Le bas contre le haut.

 

Application à la lettre des préceptes politiques de l’idéologue d’extrême gauche qui a pensé Syriza et Podemos, Chantal Mouffe, qui entend "Construire un peuple" pour l’amener à remplacer le peuple ancien.

 

Mélenchon et Ruffin ressuscitent effectivement la Révolution. Non pas l’esprit des constituants de 1789, mais plutôt celui des Hébertistes de 1793. Avec eux, c’est l’esprit du Père Duchesne (le Fakir de l’époque) qui entre à l’Assemblée nationale, comme il était entré à la Convention avec Hébert, Roux et Chaumette et les Enragés. Ceux-là aussi entendaient « se mettre à la portée de cette classe peu instruite du peuple qui ne pourrait comprendre d’importantes vérités si elles n’étaient énoncées avec des expressions qui lui sont particulières »...

 

Donc, haro sur la cravate, ennemie du peuple et des classes populaires ! A la lanterne la cravate de l’oligarchie ! ..

 

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" Les insoumis n'ont que faire des accords de l'ancien temps " J.L. Mélenchon

vendredi 30 juin 2017.
 

Troisième intervention de Jean-Luc Mélenchon en séance à l’Assemblée nationale le 28 juin 2017 (retrouvez la première ICI, et la seconde ICI).

 

Pour bien comprendre ce qui s’est passé, quelques éléments de contexte :

- Lors de la première intervention de Jean-Luc Mélenchon, le groupe « Les Constructifs » (proche d’En Marche) a déposé une candidature au poste de questeur de l’Assemblée nationale, en ne respectant pas les accords issus de la réunion des présidents de groupe qui voulaient que ce poste soit attribué au groupe d’opposition le plus important : « Les Républicains », suivant la règle des points existant préalablement.

 

- Jean-Luc Mélenchon propose qu’au lieu de six vice-présidents de l’Assemblée, il y en ait sept, de manière à ce que chaque groupe politique puisse être représenté. - Lors de la seconde intervention de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du groupe « Les Constructifs » a été élu questeur. Le groupe « Les Républicains » proteste. Jean-Luc Mélenchon réitère sa proposition de passer de six à sept vice-présidents afin que chaque groupe soit représenté à la vice-présidence. - Lors de cette troisième intervention, les règles préexistantes de l’Assemblée n’ayant pas été suivies, Jean-Luc Mélenchon annonce que la France insoumise dépose la candidature de Mathilde Panot à la vice-présidence de l’Assemblée, six postes étant donc à pourvoir sur la base d’une élection.

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 20:04
La gauche est morte ? Vive la France Insoumise ?

Nous sortons d’un long cycle politique marqué par la domination hégémonique du parti socialiste. En simplifiant les composantes de la gauche, on peut dire qu’il y a une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire. La stratégie d’union de la gauche, que le PCF porte encore, a échoué.

 

Sources : Le blog Médiapart d'Alain Duparquet

- Elle part du présupposé qu’il est impossible pour le courant révolutionnaire d’accéder au pouvoir.

C’est d’ailleurs d’autant plus vrai que le déclin du PCF a rendu totalement inconcevable une victoire communiste à l’élection présidentielle.On élit la social démocratie, car elle seule peut passer au second tour. On cherche à passer le compromis politique le plus haut possible et on espère que l’action syndicale et populaire fera le reste. Penser que le PS pouvait-être le cheval de Troie pour entrer au pouvoir et ensuite et que le « changement » s’impose par la suite petit à petit, pas à pas… Cette stratégie a échoué en 1981, puis en 1998 et encore plus en 2012.  Fondamentalement, la cause de cet échec est d’abord dans l’échec de la social démocratie elle-même. Il n’y a pas de compromis entre les intérêts capitalistes et les intérêts du peuple. Le capital veut toute le politique libérale et rien que le politique libérale. C'est dit et sans appel, l'union de la gauche a abouti à la loi-travail. On ne doit pas permettre à cette gauche de survivre.

 

Assurément, ce qui a changé depuis les années 1970, c’est le carcan européen, singulièrement avec les traités de Maastricht, de Lisbonne et l’avènement de l’euro. C’est même sur ce terrain là que ce joue concrètement la traditionnelle distinction entre révolutionnaires et réformistes. Toute proposition de politique de gauche qui n’indique pas comment elle va s’attaquer à ce problème est vouée à l’échec. C’est le préalable indispensable à toute union. C’est le clivage majeur. On peut toujours réajuster en permanence le plan A et le plan B proposés dans l’avenir en commun, en fonction des évolutions de l’Europe elle-même et des traités commerciaux, mais on ne peut pas éluder ce combat là, et on ne peut pas gagner sans éducation populaire sur ce sujet. Il y aura rassemblement contre cette Europe là ou il n’y aura rien car dans ce carcan rien n’est possible.

 

D’autant plus, que si d’aventure, un pouvoir de gauche dominé par le PS ou son successeur, venait à voir le jour et continue d’appliquer les directives de Bruxelles, il ne causera que malheur et désillusion, faisant le lit du Front National.

 

 

- Il vaut mieux que la gauche perde pour longtemps que de faire cela. 

Mélenchon a eu raison de dire :"Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahi pendant cinq ans".

 

Notre peuple ne s'en sortira pas en retournant dans les vieilles ornières. Après l'échec de Macron, ce sera soit le FN qui incarne l'horreur, soit le programme l'Avenir en commun qui incarne l'espoir. La FI est le grain de sable qui mettra en échec les combines conduisant de nouveau à la social démocratie.

 

Dans toutes les élections intermédiaires, il faudra une stratégie claire qui évite toute compromission...quitte à perdre. Car quand on gagne avec des illusions, on les perd ensuite plus durement avec tout le reste.

 

Servir de nouveau de force d’appoint de la social –démocratie serait donc une très mauvaise solution. L’union n’est donc souhaitable que sur la base d’une politique de rupture claire. Les socialistes ont échoué, qu’ils fassent preuve d’humilité, qu’ils passent leur tour et acceptent de nous soutenir.

 

Le programme l'Avenir en commun, élaboré par le croisement d'experts, basé sur le programme l'humain d'abord et amendé par des milliers d'internautes doit être le ciment de la reconstruction de l'alternative au capitalisme. Contrairement au programme commun qui était un compromis entre partis, le programme l'avenir en commun doit mettre tout le monde d'accord, si je puis dire. Le PS et le PC et bien d'autres ont leur place pour le soutenir et aider les citoyens sans carte dans leurs efforts. Si ils veulent être utiles, ils doivent se mettre au service du mouvement populaire.

 

Certes, la France insoumise n’est pas parfaite, ni d’ailleurs aboutie mais elle est assurément le point de départ de quelque chose de neuf, le prolongement des luttes sociales contre les politiques européennes, comme est une des suites du formidable non de gauche du 29 mai 2005, la correction du brouillon qu’a constitué le Front de gauche et une réponse aux questionnements de Nuit Debout.

 

 

- Et maintenant

Que faire de la France Insoumise ? Comment avoir les avantages des partis traditionnels sans en avoir les inconvénients ? Comment faire agir les 500 000 soutiens tout en laissant à chacun son indépendance et sa liberté d’action ? Comment se structurer dans le local afin de conquérir de villes, des régions, des départements ?

 

Voici entre autres les questions qui sont maintenant ouvertes.

La tâche est immense.

 

Pour en savoir plus :

- PCF-France insoumise, l’impossible unité

- La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

- Xavier Bertrand : "Méfions-nous du danger de la France insoumise"

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 13:55
Macron : la démocratie sans le peuple

Sources : Le*Grand Soir par Fabrice Aubert

- Président par défaut

Tout ceci a commencé par une campagne lamentable orchestrée de main de maitre par le machiavel « Hollande », demandant aux médias une double opération :

  • La « dédiabolisation de Le Pen »
  • Le lancement de son poulain Macron, pour s’opposer à toute autre solution de progrès, expliquant son positionnement, de non soutien à Hamon et très négatif vis-à-vis de Mélenchon dans la dernière semaine de la campagne des Présidentielles.

Le deuxième tour fut une caricature de démocratie opposant « l’extrême haine » à « l’extrême marché » et le débat du second tour démontrant la manœuvre grossière de planification de l’élection de Macron.

 

Rappelons ici, que si Macron fut élu, ce fut par défaut et non sur son programme, car seuls 16 % des électeurs du premier tour ont voté pour le programme de Macron, quand plus de 80 % des électeurs de Mélenchon votaient pour le programme.

 

 

- Les législatives une caricature de démocratie

Si le rôle des médias, est de construire « l’agora démocratique », on peut dire que l’échec est patent. Aucun débat de fond n’eut lieu, juste la nécessité de la cohérence Président/Assemblée fut assénée comme seul véritable enjeu des législatives, là où, depuis 1791, rappelons le, les Législatives servent à élire les députés du peuple, députés qui proposent écrivent et votent les lois de la République…. Mais la Vème République est devenue tellement monarchique que le « Président Roi », une fois élu, ce ne sont plus des députés qui sont élus mais, juste des « pots de fleurs », soumis au pouvoir du monarque dont la seule fonction consiste à voter oui, sur la demande du souverain.

 

 

- Les résultats bruts

Il faut observer les résultats avec attention pour comprendre en quoi tout ceci est une caricature de démocratie. Certes, en apparence, l’élection a eu lieu, certes, les listes Macron arrivent en tête avec 32 % des voix ce qui en projection potentielle, lui donnerait une majorité absolue telle que le représente le graphique ci-dessous. Mais cette majorité obtenue est artificielle, puisqu’avec une abstention de 51 %, celle-ci s’opère sans le peuple, ce qui explique la photo non triomphante du Roi…

Macron : la démocratie sans le peuple

- La non adhésion au projet

Je reprends ici, dans ce titre, les termes utilisés dans un journal « Main-Stream », pour vous dire à quel point cet aspect est visible : « La grande gagnante de cette élection ? L’abstention. Elle a atteint, en ce premier tour des élections législatives, un niveau record. Dimanche 11 juin en effet, 51,29% des électeurs ont décidé de ne pas se rendre aux urnes. L’une des raisons de ce très faible taux de participation est la non-adhésion au projet du président Emmanuel Macron. » [1]. Ceci explique sans doute la « moue » du Président, car il sait qu’avec ce niveau de participation, la légitimité de l’Assemblée à réformer est compromise, et que toute initiative de contestation sociale soutenue, pourrait peser sur le cours des choses et ce ne serait pas la première fois dans l’Histoire de notre Pays (1936-1968-1995).

 

 

- Une démocratie en trompe l'oeil

Toujours dans les apparences, la démocratie est sauvé, l’élection a eu lieu, donnant un arbitrage majoritaire, le F.N recule, mais, dès lors qu’ils sont analysés, les chiffres sont têtus et révèlent les faiblesses de la future assemblée « Macronienne ». Mais donnons une fois de plus la parole aux journalistes « main-stream » : « En prenant en compte l’abstention, les résultats sont beaucoup moins flatteurs pour les candidats d’Emmanuel Macron. Au final, seuls 13,43% des inscrits sur les listes électorales ont voté pour La République en marche. » [2]. Le journal va encore plus loin faisant pire que Mélenchon dans la recherche du détail : « Si l’on prend en compte les habitants qui ne sont pas sur les listes électorales (29%, entre les non-inscrits, les mineurs, les étrangers et ceux qui n’ont plus leurs droits civiques), le chiffre est encore plus explicite. Ainsi, si la France était un village de 100 habitants, moins de 11 habitants auraient voté pour les candidats du président de la République ». [3] Rappelons ici que le fondement de la démocratie est de permettre au peuple de décider des lois qui organisent la vie en société, et qu’il faut pour pouvoir gouverner au nom du peuple, une majorité. Avec 11 % réel, on assiste, non à un processus démocratique, mais à la dictature du « petit nombre ».

 

 

- Le vote de la bourgeoisie mondialisée

Il ne s’agit pas d’une provocation par le titre, mais de la réalité statistique observée : « Si le parti d’Emmanuel Macron séduit les hauts revenus, les candidats de La République en marche arrivant largement en tête (43%) chez les électeurs dont les revenus du foyer dépassent 3 000 euros, il ne convainc pas les plus modestes. Les électeurs dont les revenus sont inférieurs à 1 250 euros mensuels placent le Front national en tête (25%) et n’accordent que 17% des voix à La République en marche » [4]. A défaut de Révolution annoncée, le vote Macron est du pur « conservatisme social » des avantages reconquis par la « bourgeoisie mondialisée », face au « précariat mondialisé » dans le cadre d’un système imposé depuis 30 ans, le « Capitalisme mondialisé », dont la seule production effective est le développement sans fin des inégalités et des violences sociales qui y sont attachés.

 

 

- Et la presse étrangère ?

Chose curieuse, après avoir tremblé au risque « Le Pen-Mélenchon », voilà qu’elle devient elle aussi sourcilleuse des principes de la démocratie et surtout, pas bête, se rends compte que le « vol » est trop gros et qu’il risque de se voir. Que de ce fait, la « victoire de Macron » pour réformer enfin ce « Pays des révolutions », risque de se retourner contre l’objectif : « Le raz-de-marée de La République en marche (LREM) lors du premier tour des législatives, dimanche 11 juin, a laissé la presse internationale en partie perplexe, notamment en Allemagne et aux États-Unis. L’incontestable avance des candidats du parti du président Emmanuel Macron sur leurs adversaires a, pour certains titres, comme un arrière-goût d’”absolutisme”, qui se marie mal avec leur conception d’un système démocratique sain » [5]. Mais l’analyse se poursuit : La France est devenue une monarchie”, titre sans détour le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung » ; A lire l’expression « arrière-goût d’absolutisme » et de « monarchie » on aurait pu penser à du Mélenchon…perdu, voilà l’A.F.P citant la presse étrangère, pris du syndrome de vouloir faire du « dégagisme »

 

 

- Le hold-up politique

Non vous ne rêvez pas, l’élection est un « hol-up politique », et ce terme ne vient ni de Mélenchon ni de votre serviteur. Il vient d’une main « non innocente », Professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne et qu’il faut lire avec attention : « Le hold up politique d’Emmanuel Macron sera total dimanche prochain. Après la victoire présidentielle, voici un blockbuster parlementaire pour son mouvement » [6]. Parler de « hold-up », c’est bien parler de vol. Mais l’article continue : « il s’agit d’abord d’une terrible défaite pour notre démocratie …/… » et de la défaite on passe à l’analyse politique : « Au cœur de ce maelström démocratique pourrait naître, dimanche prochain, une France parlementaire sans le peuple. Et il ne s’agit ni de fatigue électorale, ni d’oubli ou de légèreté citoyenne. C’est un choix ! »  [7]. « Une France parlementaire sans le Peuple », c’est à l’opposé de ce qu’est la démocratie. Et de l’analyse politique, on passe alors à l’analyse des causes profondes : « Au-delà de l’hypnose collective d’une France qui se serait réunie par la magie d’Emmanuel Macron pour être totalement En Marche, demeurent les terribles fractures, les violences inquiétantes d’une société majoritairement en désertion des urnes » On voit ici que l’analyse se déplace sur l’analyse de la société, perçue comme violente pour le plus grand nombre, expliquant la désertion…Car il n’y a pas de démocratie possible, sans analyse réelle de la société, et notre société actuelle est en grande souffrance sociale, c’est ce qu’exprime l’abstention de masse dans les quartiers populaires (Plus de 60 % d’abstention en Seine-St Denis).

 

 

- Les retours de l'histoire

Au vu des projections réalisées et du faible score initial de Macron aux Présidentielles, on pourrait parler de « Chambre introuvable » ou de « chambre bleue horizon »… Hors ces deux expressions sont deux moments historiques qui ont déjà eu lieu dans notre Pays :

  • La chambre introuvable : Après la défaite de Waterloo (1815), l’empereur banni, le Roi Louis XVIII, revenu aux affaires, obtient une chambre occupée par 350 ultra-royalistes sur 400 députés. Pour réussir la contre-révolution, les ultras veulent effacer l’héritage révolutionnaire, comme aujourd’hui Macron veut effacer, par ordonnances, le code du travail.
  • La chambre bleue horizon : Celle-ci se constitue après la première guerre mondiale : « 369 députés avaient en effet été élus pour la première fois, dont une majorité parmi les 412 élus du Bloc national, une alliance des forces centristes et conservatrices. 44 % des 616 députés élus au scrutin mixte à un tour sont des anciens combattants, parmi lesquels Georges Clemenceau, ce qui vaut à la chambre son nouveau surnom ’Bleu horizon’, en référence à la couleur des uniformes français. » [8] Elément remarquable, cette comparaison avec la chambre de 1919 revient dans l’article de France-Culture : « A en juger par les dernières estimations, les élections législatives pourraient bien voir En Marche et ses nouveaux candidats sortir vainqueurs du scrutin. Il faudrait remonter en 1919 pour trouver un bouleversement d’une telle ampleur » [9].

 

 

- En France cela se termine en révolution

Pour celui qui connait l’Histoire, en définitive, la « chambre introuvable » s’achève quelque par la Révolution de 1830 (les trois glorieuses) et l’élimination de Louis XVIII. Les prolétaires durent remettre ça en 1848, pour qu’enfin la République triomphe. Quant à la boucherie de 1914 et la chambre « bleue horizon », elle fut suivie de la création des Partis communistes en Europe et du front populaire de 1936. Rappelons ici qu’après la mort de Jaurès la S.F.I.O vota les pleins pouvoirs pour mener la guerre dans un gouvernement « d’union nationale » comme aujourd’hui le P.S se rallie au « Macronnisme » de « l’extrême marché ». Mais là aussi, prenons date, c’est la violence des banquiers et leur usurpation du pouvoir, qui seront cause des déclenchements sociaux à venir, pas le peuple fourvoyé et trompé par une propagande de type soviétique…

 

Décidément l’Histoire n’est pas une « gazelle pudique », selon l’expression consacrée…Dans ces conditions, la victoire de Macron n’augure pas forcément une aire de stabilité. Le peuple le décidera en temps voulu comme il a toujours su le faire (1789, 1830, 1848, 1871, 1944).

 

 

- La démocratie de marché ou la démocratie sans le peuple

Cela fait longtemps désormais, que les gouvernements issus des élections du système de la Vème République sont à contre-courant du peuple réel. Les souffrances successives, imposées à coup de rigueur et d’austérité, imposant les précarités sociales, financières, économiques, culturelles, sportives, ont généré un terreau de ras le bol, qui s’accumule à nouveau à chaque cycle. Observez et le chiffre est un véritable uppercut, que celui qui se présente comme moderne sait que 63 % des jeunes de 18 à 24 ans se sont abstenus lors de ce premier tour des élections Législatives. Et il ose encore parler d’avenir… Macron ce n’est que le passé qui revient avec un « relooking » de « start-up » qui sent la naphtaline et le « vert de gris ».

 

Le marché rêvait depuis longtemps de pouvoir avoir tous les pouvoirs, dans la perspective de revenir sur tous les « conquis sociaux » du XX ème siècle. Obligé de s’accommoder aux formes de la démocratie, il en a perverti le sens, en prenant le contrôle direct de l’économie, de la politique et des médias. Pour lui, la seule démocratie possible est celle de la « démocratie de marché » où le marché, via les concessions formelles de l’élection, garde toujours la main. La « démocratie de marché », se méfie du peuple. Dans la « démocratie de marché », le marché est au-dessus et le peuple doit se laisser guider par la « main invisible », substitut habile à la « main de Dieu », du système féodal, là où la République attribue ce rôle et cette mission à l’Etat, expression de la puissance publique en action.

 

Cependant à force de vouloir imposer les solutions du marché, comme seule solution « crédible », le système, par lui-même, construit « ses propres fossoyeurs ». Et il en sera avec Macron comme il en fut avec « l’ancien régime féodal ».

 

Si la victoire électorale de Macron est incontestable, rien n’indique que cette « victoire » matérialise celle de la démocratie [10] car, « on ne construit pas la démocratie sans le peuple ».

 

Note :

[1Franceinfo / 12-06-2017

[2« Législatives : cinq chiffres pour relativiser la victoire de La République en marche au premier tour  ». Franceinfo / 12-06-2017

[3Idem

[4idem

[5« Législatives : vu de l’étranger, un petit vent monarchique souffle sur la France » A.F.P / 12-06-2017

[6« La défaite démocratique de la France d’Emmanuel Macron » Jean Christophe Gallien | 12/06/2017 La Tribune

[7Idem

[8« France culture »

[9Idem

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 21:41
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
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2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
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2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

" Le gouvernement n'a pas la légitimité pour perpétuer un coup d'Etat social " J.L. Mélenchon

  • Le vote de classe, outre le contenu de l’abstention, s’exprime aussi et surtout par la composition sociologique de cette abstention. (Etude de l’institut IPSOS).

Environ 66% des ouvriers, 61% des employés ont boudé le scrutin. Plus de 65% des jeunes, les 25-34 ans, dont certains avaient vu un enjeu réel à la présidentielle en votant massivement pour Jean Luc Mélenchon, ont également déserté l’isoloir. L’abstention est également d’autant plus forte que les revenus sont faibles. Les quartiers populaires sont particulièrement concernés. A moins de 1250 euros mensuels, l’abstention dépasse les 59%. Au-delà de 3000 euros elle est ramenée à 42%. Le caractère pourri des institutions a joué comme un repoussoir. C’est en effet un hold-up électoral que les couches les plus exploitées et les plus défavorisées n’ont pas voulu cautionné. Un hold-up apparu clairement dans l’obtention de plus de 60% des sièges par celui qui sur son nom n’a totalisé qu’un peu plus de 16% des électeurs inscrits quelques semaines précédemment.

  • "Le peuple français dispose cependant, à l’Assemblée nationale, d’un groupe France Insoumise cohérent, discipliné, offensif. C’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. J’informe le nouveau pouvoir qu’aucun mètre de droits sociaux ne sera cédé sans lutte." Jean-Luc Mélenchon
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

 

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Liste des députés insoumis élus à l’assemblée nationale le 18 juin

dont : 1 PCF avec investiture la France insoumise (Marie-Georges Buffet) ; 2 FdG apparenté avec double investiture (Clémentine Autain et François Ruffin) ; 1 PCF signataire de la charte de la France insoumise (Stéphane Peu)

2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
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2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
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2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise
2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

 

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En avant vers la formation d'un "nouveau front populaire politique, social et culturel"

 

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La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

2éme tour législatives 2017.... 20 sièges pour les candidats de la France insoumise

La réunion du jeudi 22 juin entre la France insoumise et le PCF s’est soldée par une fin de non-recevoir : il n'y aura pas de groupe commun à l'Assemblée nationale.

 

Au sein de la formation communiste, deux lignes s’affrontaient. L’une pro-mélenchon, incarnée par Marie George Buffet qui appelle de ses vœux à ce « qu’il y ait un seul groupe, c’est ce qui me paraît le plus respectueux des électeurs » tandis que Chasseigne estime primordial de préserver « l’identité communiste » afin qu’elle « puisse continuer d’exister dans l’hémicycle ». Pour ce faire, l’aile favorable à un groupe distinct de la FI affirme qu’une alliance avec les députés « ultra marin » est possible. Il est toutefois notable que le Parti Socialiste, avec qui le PCF a gouverné par le passé, n’apparaît pas, en tout cas pour l’heure, comme une option crédible aux yeux de sa direction. Une ligne de conduite qui en dit long sur l’état actuel du parti de Solférino et des incertitudes autour des positions des différents élus socialistes dans l’hémicycle.

 

En définitive, le PCF a officiellement pris position, et a décidé de former un groupe parlementaire dissocié de la France Insoumise. Pour ce faire, il a dû compter parmi ses nouveaux alliés 4 députés qui avaient voté contre le mariage pour tous, et 2 ayant voté la confiance au gouvernement Valls en 2014. Un choix boutiquier qui ne manquera pas d’accentuer les remous en interne, et qui influera forcément sur les recompositions en cours à la gauche de la gauche.

 

Pour en savoir plus :

- le deuxième tour des législatives : un vote plein d'enseignements

- « Absente à l’Assemblée nationale, l’opposition va s’exprimer dans la rue »

- Que rien ne change, pour que tout change ! par Jean-Claude Pay

- Liste des députés insoumis élus à l’assemblée nationale

- 19 juin : Groupe PCF – Front de Gauche (GDR) en progression

- Falorni : la victoire de l'ambiguïté

- Législatives, second tour : premiers regards

- Maud Assila : La glycine et le haricot magique

- Les communistes refusent de partager un groupe avec Mélenchon à l'Assemblée

- PCF-France insoumise, l’impossible unité

- La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

- B.N. Azerot : un député ultramarin affilié au groupe PCF soutien Macron

 

Que rien ne change, pour que tout change !
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 21:13
Ilustration : Attac Madrid

Ilustration : Attac Madrid

Sources : 40anosalai par Emir Sader[1]Traduction : Rosa Gutierrez 

L' une des questions qui s’est le plus rapidement mondialisée a été la crise de la démocratie.

 

En Europe, la stabilité des systèmes politiques centrés sur l’existence de deux partis – les socio-démocrates et les conservateurs – était un motif de fierté ; l’application des politiques d’austérité a provoqué la perte de légitimité de ces systèmes. A partir du moment où les deux partis ont adhéré à ces politiques économiques antisociales, ils sont rentrés en crise accélérée, ont perdu des électeurs et aggravé le désintérêt pour les élections, puisque qu’ils proposaient des politiques similaires. De nouvelles alternatives surgissent désormais aussi bien à l’extrême droite qu’au sein de la gauche. Elles viennent mettre en difficulté ces systèmes, à droite en promouvant des systèmes autoritaires, à gauche en cherchant l’élargissement et le renouveau de la démocratie.

 

Avec le Brexit et l’élection de Donald Trump, la crise des démocraties a fait un saut en avant. Au Royaume-Uni, les deux partis traditionnels ont été battus lors de cette consultation, cruciale pour le futur du pays et de l’Europe, qui a approuvé majoritairement la sortie de l’Union européenne. Ce qui montre bien que ces deux partis n’ont pas compris le malaise vécu par une grande partie de la population, en particulier au sein de larges secteurs des classes populaires, face aux effets négatifs de la mondialisation néolibérale. Les travailleurs, électeurs traditionnels du Parti travailliste, ont massivement voté pour le Brexit, contre la décision du parti, et ont déterminé le résultat du vote.

 

Aux Etats-Unis, le candidat « outsider » a réussi à remporter l’élection en défiant non seulement le Parti démocrate, mais aussi les grands médias et les dirigeants de son propre parti. La victoire de Trump constitue une défaite des deux partis en tant que représentants de la volonté organisée des américains.

 

La démocratie traditionnelle se noie un peu partout. Les partis traditionnels perdent rapidement leurs soutiens, les gens s’intéressent chaque fois moins à la politique, les électeurs s’abstiennent de plus en plus, les systèmes politiques entrent en crise et ne représentent plus la société. C’est bien la démocratie libérale, celle qui s’est d’ailleurs appropriée le terme « démocratie », qui entre en crise, impactée par la perte de légitimité de gouvernements ayant fait leurs les projets antisociaux et le néolibéralisme et qui sont corrompus par le pouvoir de l’argent. Pouvoir qui envahit toute la société, y compris la politique toute entière.

 

En Amérique latine, deux pays avaient consolidé leurs systèmes politiques grâce à des gouvernements animés par des dirigeants légitimés populairement, l’Argentine et le Brésil. Il se trouve maintenant que le gouvernement argentin perd l’appui populaire et que celui du Brésil ne l’a jamais obtenu. Ces gouvernements mettent en pratique des programmes d’ajustements fiscaux et salariaux qui accentuent leur crise de légitimité et, in fine, celle des systèmes politiques eux mêmes.

 

Le principe de base du néolibéralisme, qui est de tout transformer en marchandise, est entré en force dans la vie politique par le biais du financement privé des campagnes et l’utilisation de méthodes du marketing et de publicité pour « vendre », à coup des millions, la politique comme n’importe quelle autre marchandise. Par ailleurs, les dirigeants des exécutifs gouvernementaux, issus très nombreux du secteur privé, rapprochent de plus en plus l’administration de la chose publique de la gestion des entreprises.

 

L’ère néolibérale va donc de pair avec l’épuisement des démocraties libérales. Les institutions qui leur donnaient leur légitimité – parlements comptant des représentants issus des classes populaires, partis politiques clivés idéologiquement, centrales syndicales et syndicats forts, dirigeants portant des projets politiques divers, médias proposant un espace relativement ouvert au débat – se sont vidés de leur substance. Elles ont laissé le système politique et les gouvernements sans base d’appui. Le discrédit de la politique est la conséquence directe de l’amoindrissement des Etats et de la centralité du marché dans toutes les sphères de la société.

 

La crise des démocraties est devenue un phénomène qui se répand des Etats-Unis à l’Amérique latine, en passant par l’Europe et l’Asie. Il n’est plus question de revendiquer ce système épuisé, mais plutôt de construire des formes alternatives pour l’Etat, pour les systèmes politiques et pour la représentation politique de toutes les forces sociales.

 

Note :

[1] Emir Sader, sociólogo y científico político brasileño, es coordinador del Laboratorio de Políticas Públicas de la Universidad Estadual de Rio de Janeiro (UERJ).

 

Pour en savoir plus :

- « Le néolibéralisme a-t-il été surestimé ? » se demande le FMI.

- Le néolibéralisme est un fascisme

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 13:34
Sur La Rochelle... au second tour, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ! La messe est dite... mais pas la fin de l'histoire...

10,92% pour Cédric Ruffié candidat de la France Insoumise sur la 1ére circonscription La Rochele/Ré (12,97% sur la ville de La Rochelle avec des bureaux de 15 à 20% dans les cités populaires) qui arrive en 3ième position.... mais ne sera pas au second tour.


Un bon score fruit d'une campagne dynamique face au candidat sortant Olivier Falorni (divers gauche) qui derrière une communication rutilante, a caché son vrai bilan (soutenu Hollande en votant quasiment tout à l'Assemblée) et son ralliement à Macron officialisé au dernier moment.


Bénéficiant des voix de la droite il a mené une campagne agressive et hégémonique laissant attendre pour nombre de nos concitoyens que les jeux étaient faits.

 

A souligner qu’une nouvelle fois, la France insoumise a démontré sa capacité à faire reculer le vote FN protestataire et que nous avons commencé a gagner le pari de l'enracinement de la France insoumise dans les territoires et quartiers.


Reste deux candidats au second tour, Otilia Ferreira (la candidate En marche officielle), et Olivier Falorni au service d'une même politique celle de Macron. Bonnet blanc et blanc bonnet !

 

 

- Adresse de Cédric Ruffié et Yhlem Dekkiche aux électeurs et insoumis de la 1ére circonscription de Charente Maritime

Sur La Rochelle... au second tour, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ! La messe est dite... mais pas la fin de l'histoire...

Bonjour à toutes et tous.


Tout d'abord, nous tenons à remercier tous ceux qui se sont déplacés aux urnes dimanche dernier, dans le but de faire entendre les voix de l'écologie, de la solidarité, ainsi que les valeurs humanistes que nous portons, à travers notre programme l'Avenir en Commun.

 

Par vos votes, vous avez confirmé le fait que nous sommes la seule force d'opposition crédible à ce jour.

 

Malheureusement, notre mobilisation n'aura pas suffit et le très faible taux de participation a eu raison de nos espoirs.

 

Nous pouvons être déçus, car notre travail depuis plusieurs mois a été énorme, les espoirs qui en ont découlé étaient forcément grands, et le résultat forcément frustrant.

 

Mais nous devons surtout être fiers, car nous ne sommes partis de zéro (ou presque) et avons réussi le pari qui était le nôtre, à savoir redonner l'envie aux citoyens de reprendre le fait politique à leur compte.

 

Nous remercions donc tous les membres des groupes d'appuis qui ont permis par leur investissement personnel, que cette campagne existe, malgré le manque de moyens financiers dû, entre autres, au refus de notre prêt bancaire.

 

Nous remercions également les collectifs et partis politiques qui nous ont soutenus.

 

Nous devons toutefois regarder les choses en face. Si il y a eu si peu de gens qui se sont déplacés dans les urnes, parmi notre électorat potentiel, c'est que certains d'entre eux ont voté pour Jean Luc Mélenchon, plus que pour notre programme. Certains également se sont laissés leurrer sur le fait que les jeux étaient déjà faits. D'autres également ont sous estimés l'importance d'une telle élection.

 

C'est à nous maintenant, par nos actes sur le terrain, à travers la défense des droits de chacun, à travers les principes d'éducation populaire, à travers des initiatives locales, de montrer que la France Insoumise est présente et qu'elle ne défend pas simplement des idées de façon théorique, mais qu'elle défend des valeurs au quotidien, sur le terrain, pour et avec les citoyens.

 

Parce que nous sommes une vraie force politique, dans le sens noble du terme.

 

Parce que l'Union ne peut se faire que sur des convictions et des idées et qu'il ne faut pas confondre lutte des classes et lutte des places.

 

Parce que ce qui est bon pour tous, collectivement, est bon pour chacun individuellement.

Le combat ne fait que commencer…

 

Résistance.

Cédric Ruffié et Yhlem Dekkiche

 

 

 

- COMMUNIQUÉ de presse de Cédric Ruffié et Yhlem Dekkiche au nom des insoumis

 

 

Sur La Rochelle... au second tour, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ! La messe est dite... mais pas la fin de l'histoire...

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

La France Insoumise, ses candidats Cédric Ruffié et Yhlem Dekkiche, remercient tous les citoyens qui se sont déplacés pour faire valoir les valeurs sociales écologiques et humanistes portées par notre programme l'Avenir en Commun.


Pour ce deuxième tour qui oppose deux candidats se déclarant prêts à voter pour la majorité présidentielle et donc pour les régressions sociales qui en découlent, notre consigne de vote est claire : Aucune voix pour le Front National !

 

Certains que nos concitoyens suivrons assidûment cette consigne, nous les laissons libres de leur choix pour le reste.

 

La Rochelle le 13 juin 2017

 

- Conférence de presse nationale de la France insoumise sur les résultats du premier tour - 11 juin

Martine Billard, Bastien Lachaud et Hélène Magdo ont tenu une conférence de presse, dimanche 11 juin, à l'annonce des résultats du premier tour des élections législatives. La France insoumise est présente dans plus de 70 seconds tours partout en France !

 

- Jean-Luc Mélenchon : Ne permettez pas que soit donné les pleins pouvoirs au parti du Président

Prise de parole de Jean-Luc Mélenchon le dimanche 11 juin 2017 après le premier tour des élections législatives. Il a expliqué que l’abstention massive signalait une absence de majorité populaire pour mettre en place le programme antisocial, antiécologique et antidémocratique du président. Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel à la mobilisation des milieux populaires et des jeunes au second tour pour ne pas donner les pleins pouvoirs à monsieur Macron et pour élire de nombreux/ses député.e.s de la France insoumise. Il a enfin appelé à ne pas faire élire de député du Front national.

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 11:22
Marcus Rediker : « Il est important de montrer comment les classes populaires ont fait histoire »

Dans Les Hors-la-loi de l’Atlantique, publiés aux éditions du Seuil, Marcus Rediker[1] nous offre une synthèse de ses recherches concernant l’histoire de la marine à voiles, matrice du système capitaliste, mais aussi des luttes, des refoulés et des idéaux de la modernité.

 

Sources : L'Humanité entretien réalisé par Jérôme Skalski

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L'Humanité : Votre ouvrage Les Hors-la-loi de l’Atlantique nous offre une synthèse de trente années de vos recherches concernant l’histoire de la marine à voile des XVIIe, XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle. En quoi votre travail s’inscrit-il dans le courant historique que l’on appelle l’« histoire par en bas » ?

Marcus Rediker : La première chose que je voudrais dire, c’est que l’expression « histoire par en bas » a pour la première fois été utilisée par l’historien français Georges Lefebvre, dans les années d’avant-guerre. La tradition de l’histoire par en bas (history from below), à laquelle j’appartiens en effet, comprend des historiens français, mais aussi plus particulièrement britanniques, tels E. P. Thomson[2] et Christopher Hill[3], historiens marxistes et pionniers de ce type d’histoire dans les années 1960. Aux États-Unis, dans les années 1970, une version légèrement différente de ce type d’histoire a été développée sous le nom d’« histoire de bas en haut » (history from the bottom up), dans le sillage des mouvements contre la guerre du Vietnam, des mouvements étudiants, des mouvements de femmes, des nouveaux mouvements ouvriers, mais aussi des mouvements pour les droits civiques et des Black Panthers, qui aspiraient à une nouvelle manière d’écrire l’histoire. J’ai été formé par ces mouvements. J’ai commencé mes études avec le désir de raconter une autre espèce d’histoire que celle qui avait cours. Aux États-Unis, la véritable science historique avait été supprimée par la guerre froide. L’historien étasunien le plus représentatif de ce courant est Howard Zinn, avec son Histoire populaire des États-Unis[4], qui a été vendue à des millions d’exemplaires. Ce qui est particulièrement important dans ce genre d’histoire, c’est que ce n’est pas seulement l’histoire des pauvres ou bien des classes laborieuses en général, mais également celle de leur capacité d’agir (agency), c’est-à-dire de leur capacité à affecter le cours de l’histoire, pas seulement comme des instances passives du processus historique. Leurs luttes ont profondément affecté le cours de l’histoire. Cela a toujours été un point important pour moi : montrer comment les classes populaires ont fait histoire et ont changé la manière dont le processus historique s’est développé.

 

 

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L'Humanité : Un aspect original de votre approche n’est-il pas également d’avoir décrit sur mer un processus analogue à celui que Marx analyse dans Le Capital concernant la transformation de la manufacture comme pivot de l’histoire du capitalisme moderne ?

Marcus Rediker : Beaucoup de gens pensent que l’essor du capitalisme est lié presque exclusivement à celui du travail salarié. Mon travail a été de souligner la centralité du commerce servile, de l’esclavage et du travail forcé, dans l’émergence du capitalisme comme système. Le système servile de l’Atlantique, au Brésil, aux Caraïbes, dans le nord de l’Amérique, a été la source d’une énorme masse de capital. Mon point de vue a été, en premier lieu, de briser les cadres nationaux de l’histoire et de montrer qu’il y a des sources transnationales et atlantiques des développements économiques nationaux et, en second lieu, d’insister sur l’importance du travail forcé dans ces développements. Un autre de mes arguments, c’est que le navire à voiles, ce qu’on appelle techniquement en anglais le « navire de haute mer à poupe ronde » (round headed deep sea ship), a été l’une des plus importantes machines du début de l’ère moderne et probablement l’une des plus importantes machines participant à l’essor du capitalisme. Les navires à voiles et les travailleurs qui les faisaient naviguer ont littéralement cristallisé les différentes branches déconnectées de l’économie en un ensemble mondial. Cette manière de considérer le navire à voiles, et le navire négrier en particulier, comme une machine dépendant d’une espèce particulière de procès capitaliste a effectivement été influencée par ma lecture de Marx concernant le processus de travail dans la manufacture. Le navire à voiles a été un facteur décisif dans la production de la force de travail pour l’économie mondiale.

 

Mais j’ai aussi été intéressé par la manière dont les navires négriers ont été le vecteur de la production, en un sens tout à fait analytique, des catégories de « races » qui en sont venues à dominer le capitalisme occidental. Pour donner un exemple du fonctionnement de ce fait – j’en parle plus précisément dans mon livre –, vous aviez des équipages de marins d’un côté, qui étaient anglais, français, hollandais, etc., et qui travaillaient sur des navires quelque part en Europe. Ils arrivaient sur les côtes africaines et devenaient des « Blancs », autrement dit, ils étaient racialisés au cours du voyage. D’un autre côté, vous aviez un groupe multiethnique d’Africains, Fantis, Malinkés, Ashantis, etc., transportés sur les navires négriers sur l’Atlantique et qui, quand ils arrivaient en Jamaïque, au Brésil ou en Virginie, devenaient des « Noirs », des représentants de la « race noire ». Le mouvement à travers l’espace et le temps a produit les catégories raciales de l’analyse. C’est un autre aspect tout à fait essentiel de ce qu’a engendré ce processus.

 

 

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L'Humanité : Vous montrez également à quel point la marine à voiles a été le champ d’une lutte des classes souvent méconnue. Pionnière même ?

Marcus Rediker : Oui, le navire à voiles comme environnement de travail totalitaire fut un laboratoire dans lequel les capitalistes et l’État tentèrent des expériences pour voir ce qui pouvait fonctionner dans d’autres secteurs de l’économie. Les marins et les relations entre le capital et le travail, sur les navires de guerre en particulier, ont été le champ de développement de nouvelles formes de relations de pouvoir. Des deux côtés, il y a eu des expérimentations et des innovations. Les capitalistes ont essayé d’organiser une division complexe du travail pour faire fonctionner ces machines et ont utilisé des formes de discipline extrêmement violentes qui ont contraint les travailleurs à collaborer. Les marins, d’un autre côté, ont traduit cette collaboration forcée en de nouvelles formes de résistance. Je le mentionne dans mon livre. Par exemple, en anglais, le mot grève (strike) vient d’un mot qui désigne le fait d’abattre les voiles pour les faire descendre (baisser pavillon). La première grève s’est déroulée sur les docks de Londres en 1768. Les marins des alentours ont descendu les voiles en frappant dessus, pour les descendre et immobiliser les bateaux. À cette occasion, la classe ouvrière a découvert un nouveau pouvoir, à travers la collaboration à bord des navires, et un enseignement pour la lutte.

 

 

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L'Humanité : Chose étonnante, vous tracez également un lien entre ces luttes sociales et politiques nées dans le milieu maritime et l’émergence de la grande piraterie au début du XVIIe siècle ? Piraterie Potemkine en quelque sorte, source secrète des révolutions américaine et française, des Lumières, de l’abolitionnisme, voire du socialisme ?

Marcus Rediker : Les gens sont souvent surpris d’apprendre qu’il y avait une grande créativité parmi les pirates. Mon approche a essentiellement consisté à partir des conditions de vie des marins de cette époque, en posant une question toute simple : pourquoi sont-ils devenus pirates ? La réponse à cette question est très intéressante, parce qu’elle nous ramène aux très difficiles conditions de travail sur les navires à voiles : salaires très bas, pauvre nourriture, discipline violente... toutes choses qui ont conduit des gens à la piraterie de leur propre mouvement. Quand on étudie comment les pirates organisent leurs navires, on découvre que c’était d’une manière complètement différente de la manière dont étaient organisés les navires marchands et les navires de guerre. Tout d’abord, ils étaient démocrates : ils élisaient leurs officiers et leur capitaine. À cette époque, les travailleurs n’avaient aucun droit démocratique du tout. Et nulle part dans le monde ! Les pirates ont tenté une extraordinaire expérience de démocratie. Et cela marchait ! D’un autre côté, la manière dont ils divisaient leur butin était égalitaire. C’est également un aspect tout à fait différent de la structure salariale sur les navires marchands ou sur les navires de la Royal Navy. Les pirates étaient très soucieux d’égalité. Évidemment, ils utilisaient leurs navires pour s’attaquer à la propriété des marchands et pour cela les gouvernements britannique et français voulaient les exterminer. Mais l’autre raison pour laquelle ils cherchaient à les éliminer, c’était qu’ils s’efforçaient d’écraser un exemple de subversion qui démontrait par le fait qu’on pouvait organiser la navigation d’une manière différente de celle qui avait cours à l’époque. Les pirates, en quelque sorte, étaient comme des travailleurs occupant leur usine, élisant leur direction et montrant comment on pouvait organiser les usines de manière à la fois démocratique et égalitaire. Cela a tourmenté les autorités françaises et britanniques autant sinon plus que les atteintes à la propriété commises par les pirates.

 

Si les autorités ont réussi à réprimer la piraterie, ses idées, transportées de lèvres en lèvres sur les quais et les docks jusqu’à l’intérieur des terres, ont connu une vie souterraine jusque dans leur actualisation au cours des processus révolutionnaires de la fin du siècle. Mon travail a été de traquer ces idées à travers le temps et à montrer comment elles en sont venues à se généraliser parmi les populations. Elles ont eu un impact essentiel dans le mouvement des Lumières, mais aussi parmi les travailleurs. C’est ce que j’ai appelé les « Lumières par en bas » (enlightement from below). C’est aussi, en effet, sur les navires qu’est née la conscience abolitionniste. Par exemple, un homme tel que Benjamin Lay, qui a été un des premiers opposants à l’esclavage et qui a lancé, en 1718, ce qui est très tôt dans le siècle, un appel pour une complète abolition du système servile, était marin. Cela est absolument crucial. C’est parce qu’il a été marin et a connu les conditions de travail très difficiles des équipages sur les navires qu’il a développé un idéal de solidarité entre tous les hommes, libres, esclaves, entre tous les peuples et entre tous les travailleurs de la terre.

 

 

-

L'Humanité : À la fin de l’introduction de votre ouvrage À bord du négrier[5], vous écrivez : « Le négrier est un navire fantôme à la dérive sur les eaux de la conscience moderne. » Que voulez-vous suggérer par cette formule ?

Marcus Rediker : Ce que je veux dire par là, c’est que le navire négrier est toujours vivant quant aux conséquences de ce qui s’est passé. L’héritage du commerce des esclaves et l’héritage de l’esclavage, spécialement aux États-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne, en France ou dans d’autres pays européens, est encore très présent aujourd’hui. Il est présent dans les discriminations raciales, dans la profonde inégalité structurelle qui se montre dans nos sociétés. Les violences extrêmes faites aux populations dans les quartiers populaires sont un exemple de la permanence de l’héritage de l’esclavage. Toutes ces choses remontent à l’histoire de l’esclavage et à la manière dont la catégorie de « race » a été institutionnalisée dans la vie moderne. Quand je dis que le navire négrier est « un navire fantôme », je veux dire qu’il est encore avec nous. La dénégation est très grande, mais la présence spectrale de l’esclavage, particulièrement aux États-Unis, est extrêmement importante. Il s’en faut de beaucoup pour que nous en ayons fini avec cette histoire. Nous n’en avons pas fini parce que nous sommes incapables de la regarder en face. C’est plus net aux États-Unis, parce que le fait de l’esclavage a été vécu sur le territoire du pays. L’esclavage, pour les Européens, a été vécu dans leurs possessions coloniales et a quelque chose de plus abstrait. Pour les Américains, il a été un élément concret de la vie de tous les jours. Il y a de grandes différences entre la situation aux États-Unis et en Europe mais, du fait notamment du travail des historiens sur les deux rives de l’Atlantique, l’Europe ne peut pas se considérer comme extérieure à cette histoire.

 

Note :

[1] Historien américain, professeur à Pittsburgh https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Rediker. Auteur entre autres de "A bord du negrier" , "Les hors la loi de l'atlantique", ouvrages sur la piraterie et l'esclavage. @Julien Jaulin/hanslucas

[2] Edward Palmer Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, Le Seuil, collection « Points », 2012.

[3] Christopher Hill, Change and Continuity in 17th-Century England, Harvard University Press, 1975.

[4] Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone, 2002.

[5] À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, traduit par Aurélien Blanchard, Seuil, 2013.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 10:15
Avec eux................

L’avant projet de loi d’habilitation à réformer le code du travail publié par Le Parisien est une déclaration de guerre sociale. Le gouvernement voulait le dissimuler jusqu’aux élections législatives comme il l’a caché aux organisations syndicales.

 

Macron ne prévoit rien de moins que la fin à peine déguisée des 35h et du CDI avec des périodes d’essai rallongées et des licenciements facilités. Il veut soumettre chaque salarié au chantage patronal et chaque entreprise au dumping de ses concurrentes. C’est un coup d’État social sans précédent qui se prépare.

 

Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler ICI

 

Les deux candidats locaux qui soutiennent Macron sont les porteurs et défenseurs de cette attaque sans précédent contre le monde du travail !

 

Avec eux................

Pour ne pas servir de moutons, ne donnons pas les pleins pouvoirs à Macron !

 

Face à ces ordonnances, mieux vaut prévenir que guérir. Chaque voix pour les candidats de la France insoumise dimanche sera une voix contre ce projet.

 

Les Français sont maintenant prévenus : s’ils font les moutons autour du berger Macron, ils seront tondus.

 

Avec eux................

La voix des sans dent ni costume, des précaires doit pouvoir se faire entendre, ceux qui se lèvent tôt doivent exister au parlement !

 

La voix du peuple laborieux actif ou retraité ou privé d'emploi, ce sont les candidats de la France insoumise sur la 1ére circonscription de Charente maritime (La Rochelle/Ré)

Avec eux................
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 21:55
Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler

Le présent article a fait l'objet d'une mise à jour au 30 juin consultable directement ICI

 

On comprend mieux pourquoi le calendrier annoncé par Emmanuel Macron prévoyait d’attendre après les législatives pour dévoiler le contenu des ordonnances sur le droit du travail : il est explosif.

Le projet fuité va bien au-delà des éléments annoncés publiquement jusqu’ici. Il s’attaque notamment au contrat de travail, aux salaires, et à la santé et la sécurité au travail.

Mais le gouvernement ne dévoile pas l’ensemble du contenu qu’il souhaite modifier et c’est même un objectif assumé pour "ne pas courir le risque de contraintes insurmontables au stade de la rédaction des ordonnances".

Les sujets listés sont beaucoup plus larges que prévu et lui donnent une marge de manœuvre inédite pour modifier la quasi-totalité des droits des salariés en catimini pendant l’été. Les mesures qui concerneraient directement les Ingés, cadres et tech sont nombreuses : salaires tirés vers le bas, télétravail, plafonnement des indemnités prudhommes…

L’Ugict, CGT (Ingénieurs Cadres Techniciens CGT), publie ici un décryptage détaillée de ces 8 ordonnances qu’Emmanuel Macron aurait préféré ne pas dévoiler avant les législatives.

Dans le même temps chaque jour qui passe nous dévoile de nouvelles mesures que ce gouvernement compte mettre en oeuvre comme par exemple laisser les patrons négocier les causes de licenciement pour des motifs de rupture autres que ceux prévus au code du travail

 

Sources : Le site de l'UGICT-CGT modifié le 9 août 2017

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La méthode : les ordonnances

Le projet de loi rendu public est celui qui va autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets. Le gouvernement est tenu de préciser dans son projet de loi les sujets sur lesquels il veut réformer par ordonnances, et le calendrier. Une fois la loi d’habilitation votée, il dispose d’un délai pour préparer ses ordonnances et les soumettre au parlement pour ratification. Sans attendre la ratification du Parlement, elles s’appliquent immédiatement.

 

Ici, le choix retenu laisse la marge de manœuvre la plus importante au gouvernement avec :

  •  un nombre de thèmes très élevé
  •  un contenu très large, le projet de loi précisant que contrairement à la loi El Khomri, ces dispositions supplétives peuvent être en deçà des droits actuels.
  •  un calendrier potentiellement long, pouvant laisser jusqu’à 1 an au gouvernement pour légiférer sans débat avec le parlement.

 

8 sujets listés, qui donneront chacun lieu à une ordonnance soumise à ratification par le parlement

  • Renvoyer à l’entreprise de nouveaux sujets, la loi ne définissant plus que des dispositions supplétives, s’appliquant en l’absence d’accord. La liste de ces sujets est très longue, et couvre y compris des thèmes pour lesquels la loi, grâce à la mobilisation de l’année dernière, prévoyait qu’il était impossible de déroger par accord d’entreprise : le contrat de travail, le temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité, et l’emploi [ Voir le détail ↓ ] ;
  •  Plafonner les indemnités prudhommes en cas de licenciement abusif, sans aucune précision sur le montant du plafond [ Voir le détail ↓ ]  ;
  •  Étendre le référendum pour permettre l’adoption d’un accord contre l’avis des syndicats majoritaires. Les référendums introduits par la loi El Khomri ne pouvaient jusque là qu’être utilisés par les syndicats, l’employeur pourra désormais en déclencher [ Voir le détail ↓ ]  ;
  •  Redéfinir le rôle de l’accord de branche et réduire leur nombre [ Voir le détail ↓ ]  ;
  • La "simplification" des institutions représentatives du personnel et la fusion entre délégué du personnel, CHSCT et comité d’entreprise dans une instance unique. Le projet va plus loin que prévu et prévoit à titre expérimental de fusionner aussi le Délégué Syndical [ Voir le détail ↓ ]  ;
  •  Renforcer les moyens du dialogue social avec des moyens en formation et en temps supplémentaire, et l’introduction d’une forme de chèque syndical [ Voir le détail ↓ ]  ;
  •  Renforcer le pouvoir de Conseils d’Administrations et "inciter" à une meilleure représentation des salariés dans les CA [ Voir le détail ↓ ]  ;
  •  Réformer l’assurance chômage [ Voir le détail ↓ ]  ;

 

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L’argumentation "politique" : les droits des salariés seraient responsables du chômage et de la précarité

La réforme s’inscrit dans la droite ligne de la loi El Khomri et des arguments mille fois entendus mais jamais démontrés qui font de l’excessive protection des salariés en CDI la source du chômage de masse et de la précarité. Aucune étude économique n’ayant jamais fait le lien entre baisse des protections des salariés et création d’emploi, l’exposé des motifs se garde bien de citer le moindre chiffre. La stratégie affichée, pour éviter comme l’année dernière de focaliser le débat sur la réforme du code du travail, est de la présenter en même temps que la réforme de l’assurance chômage et de la formation professionnelle, de façon à afficher une sorte de "flexi sécurité" à la française. C’est ce qui explique le projet envisage d’intégrer la réforme de l’assurance chômage aux ordonnances, contrairement à ce qui était annoncé dans le programme d’Emmanuel Macron.

 

Alors que depuis 2013, 4 réformes du code du travail ont été menées – loi dite « sécurisation de l’emploi », loi Rebsamen, loi Macron, loi El Khomri – ayant toutes en commun de faire reculer les droits des salarié-es, aucune évaluation n’est prévue. Elles devaient pourtant créer de l’emploi, dommage que l’on ne vérifie pas que les résultats sont atteints…Surtout, elles commencent à peine à s’appliquer, et causent sur le terrain une pagaille généralisée.

 

Quand on prétend simplifier, c’est quand même étonnant de multiplier les réformes non ?

 

 

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La possibilité de réviser l’ensemble des droits à la baisse

Suite à la mobilisation, le gouvernement a été obligé de modifier la loi El Khomri l’année dernière. Dans la première version de son projet de loi, les règles supplétives ne correspondaient pas au contenu actuel du droit du travail. Par exemple, ils prévoyaient d’augmenter les durées maximum de travail (notamment pour les apprentis mineurs, le travail de nuit...).

 

Le projet d’ordonnance Macron précise dans une discrète note de bas de page, que contrairement à la loi El Khomri, les règles supplétives ne seront pas à droit constant. Ceci signifie que le gouvernement pourra, sur l’ensemble des sujets, revoir nos droits à la baisse !

 

 

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Ordonnance 1 : le renvoi à l’entreprise de la quasi-totalité des droits : la généralisation du dumping

La loi El Khomri a réécrit la partie du code du travail portant sur le temps de travail, en renvoyant à la négociation d’entreprise de nombreuses questions qui étaient jusque là définies dans la loi. C’est le cas par exemple des heures supplémentaires, qui devaient auparavant être rémunérées partout avec une majoration de 25% puis 50%. Désormais, un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir une majoration de 10%, sans qu’un accord au niveau de la branche puisse l’interdire. La règle des 25 et 50% n’est plus que supplétive, c’est à dire qu’elle s’applique seulement quand il n’y a pas d’accord d’entreprise.

 

La liste des droits pour lesquels les dispositions de la loi ne s’appliqueront que s’il n’y a pas d’accord d’entreprise est longue.

 

1- Temps de travail

La loi El Khomri qui a largement détricoté la durée légale du travail ne suffit visiblement pas car le gouvernement souhaite une encore s’y attaquer dans ces ordonnances.

 

Le travail de nuit est notamment mentionné. On se souvient que le gouvernement avait essayé d’augmenter la durée maximale du travail de nuit et été contraint de reculer l’année dernière. Il pourrait donc cette année :

  • - augmenter les durées maximum de travail de nuit ;
  • - Supprimer les contreparties obligatoires en matière de repos et de rémunération ;
  • - Modifier la définition du travail de nuit, qui correspond aujourd’hui au travail effectué entre 21h et 6h du matin. Demain, cette plage horaire pourrait être raccourcie.

 

Exemple : Aujourd’hui tout travail effectué au cours d’une période d’au moins 9 heures consécutives comprenant l’intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme du travail de nuit. Il s’agit d’une disposition d’ordre public. A défaut d’accord particulier, c’est entre 21h et 6 heures. Avec les ordonnances, cette période pourrait être raccourcie par un accord d’entreprise entre minuit et 5 heures par exemple. Par conséquent le nombre d’heures majorées pour le salarié serait plus faible.

 

Le télétravail est également ciblé. Alors que les syndicats viennent de forcer le patronat à signer un document prévoyant une négociation interprofessionnelle encadrant le télétravail, les ordonnances pourraient autoriser les entreprises à définir elles-mêmes l’ensemble des droits des télétravailleurs. Grâce à l’accord signé en 2005 par l’ensemble des syndicats, le télétravail est encadré dans la loi, qui impose par exemple à l’employeur de prendre à sa charge les équipements de travail. Le document issu de la concertation qui vient de s’achever prévoit de renforcer ces protections, par exemple en matière d’accident de travail. C’est une priorité pour l’UGICT-CGT, étant donné que les ingés, cadres et tech sont de plus en plus nombreux à opter pour le télétravail. C’est le résultat de cette laborieuse négociation que mettraient à bas les ordonnances.

 

On se souvient que l’année dernière, le gouvernement voulait autoriser à fractionner les 11h de repos obligatoire, ciblant directement les ingés, cadres et tech, nombreux à être au forfait jour. Cette disposition pourrait être réintroduite dans les ordonnances.

 

La durée légale du travail n’est rappelée à aucun endroit du document. L’exposé des motifs se contente de lister comme dispositions relevant de l’ordre public que le Smic, l’égalité professionnelle et les seuils d’expositions au risques (matières, charges, températures…). Le gouvernement ne prendra toutefois probablement pas le risque politique de s’attaquer au symbole des 35h. Il peut toutefois amplifier la loi El Khomri et permettre aux entreprises de définir le taux de rémunération et le seuil de déclenchement des heures sup (35h, 39h...), avec la possibilité de descendre en dessous des 10% de majoration...ce qui reviendrait à supprimer dans les faits la durée légale du travail.

 

Rien n’empêche non plus le gouvernement de légiférer pour généraliser le travail du dimanche comme il avait commencé à le faire dans la loi Macron de 2015.

 

2- Le contrat de travail

Ce sujet n’a absolument pas été évoqué dans la campagne électorale, ni été débattu. Le projet autorise le gouvernement à modifier de fond en comble les règles légales régissant le contrat de travail en les renvoyant à l’accord d’entreprise.

 

Très laconique, il se contente d’identifier 2 cibles :

Le recours aux CDI et CDD :

Aujourd’hui, le code du travail énumère limitativement les cas de recours aux CDD qui sont d’ordre public (remplacement, surcroit temporaire d’activité, CDD d’usage, activité saisonnière), c’est à dire qu’un accord ne peut ajouter de nouveaux cas de recours.

Avec ses ordonnances, le gouvernement pourrait permettre par accord d’entreprise :

  • de créer de nouveaux cas de recours au CDD ;
  • de modifier ou supprimer la durée maximale d’un CDD et le nombre de renouvellement (18 mois et 3 renouvellements aujourd’hui) ;
  • ou encore de modifier le montant de l’indemnité de précarité (10%).
  • Les "conditions et conséquences" de la rupture du CDI.

 

Un employeur doit justifier d’une cause réelle et sérieuse pour procéder à un licenciement (licenciement économique, motif disciplinaire, inaptitude physique, etc.). Il doit par ailleurs respecter une procédure, qui implique une convocation à un entretien préalable, une lettre indiquant les motifs de licenciement, la possibilité pour le salarié de se faire assister par un syndicat... Il doit enfin respecter un préavis et verser une indemnité de licenciement.

 

Ces éléments sont aujourd’hui définis par la loi. Le gouvernement pourrait renvoyer l’ensemble de ces dispositions à l’accord d’entreprise. Il pourrait également permettre de prédéfinir des motifs de licenciement soit dans le contrat de travail, soit dans un simple accord d’entreprise, revendications de longue date du MEDEF.

 

3- La santé et la sécurité

Cette partie du code du travail, fondamentale pour les salariés, définit l’ensemble des protections des salariés en matière de santé et de sécurité. Le projet de loi est très laconique, et se limite à dire que les seuils d’exposition aux risques (matières dangereuses, charges, températures…) devraient rester définis dans la loi.

 

En l’état de sa formulation, ce projet pourrait permettre au Gouvernement de transférer à la négociation d’entreprise des éléments essentiels tels que :

- le droit d’alerte des représentants du personnel et droit de retrait des salariés confrontés à un danger grave et imminent (comme les Risques psychosociaux, les risques industriels, les violences sexuelles…). Cette disposition est particulièrement grave pour les ingés, cadres et tech, qui souvent, du fait de leurs responsabilités, sont les premiers informés de ces risques. Ceci fragiliserait considérablement le début de statut pour les lanceurs d’alerte que nous venons d’arracher !

  • l’information et la formation des salariés ;
  • la protection des mineurs de moins de 18 ans ;
  • les obligations relatives aux équipements de sécurité ;
  • l’organisation des locaux de travail (fenêtres, vestiaires, …) ;
  • les modalités de prévention contre des risques spécifiques (chimiques, biologiques, sonores, …) ;
  • le document unique d’évaluation des risques professionnels.

 

Il est particulièrement grave que le Gouvernement ait souhaité se réserver la possibilité de transférer ces éléments à la négociation collective sans explicité ses intentions. La santé des salarié-es n’est pas négociable !

 

4- Le salaire

Sur les salaires, au-delà des dangers réels de dumping que fait courir la décentralisation de la négociation salaire, il y a au moins 2 risques importants :

  • On a constaté pendant la crise que l’on négociait moins les salaires dans l’entreprise et que les augmentations étaient très faibles. Néanmoins, les salaires réels ont progressé en France même pendant ces années de crise, essentiellement grâce aux accords salariaux de branches qui ont automatiquement fait augmenter les salaires. Ce résultat est aussi le fruit de la couverture conventionnelle avec 96% des salariés en France qui sont couverts par un accord de branche grâce au droit à l’extension. Renvoyer la négociation salaire dans l’entreprise c’est à coup sûr baisser le niveau général des salaires réels.

 

Un article des Echos explique parfaitement ce mécanisme avec cet exemple : entre 2009-2012 (au cœur de la crise systémique) : lorsque l’augmentation de salaire est de 1% dans la branche, la hausse à court terme du salaire moyen de base est supérieure de 0,12% à ce qu’elle aurait dû être s il n’y avait pas eu d’augmentation conventionnelle de branche.

 

En clair le vœu du Medef est exaucé cela permettra de geler voire de baisser les salaires

  • Le salaire conventionnel est le salaire de référence d’un niveau de classification. Ne plus négocier le salaire au niveau de la branche revient à avoir des grilles de classifications sans salaires qui leur correspond. Cela revient à affaiblir considérablement les grilles de classification et la reconnaissance des qualifications.

 

Les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires tirent déjà les salaires vers le bas, avec un tassement de la reconnaissance de la qualif et une absence de déroulé de carrière qui frappe particulièrement les ingés cadres tech, et notamment les jeunes diplômé-es. Avec cette disposition, la seule augmentation annuelle de salaire sera (et c’est de plus en plus hypothétique) celle du SMIC. C’est la négation totale de la qualification.

5- L’emploi

Le projet de loi d’habilitation prévoit également d’élargir le champ de la négociation d’entreprise aux dispositions du titre 2 du livre 1er de la 5e partie du code du travail relatif à la sauvegarde et au maintien de l’emploi.

 

Ces dispositions concernent pourtant, pour l’essentiel des aides et dispositifs mis en place par l’Etat (aide au développement de l’emploi et des compétences, aide à l’élaboration d’un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, aide aux actions de formation pour l’adaptation des salariés, contrat de génération, …).

 

Cependant, certains droits importants des salariés peuvent également être attaqués.

L’ordonnance peut prévoir que la part du salaire perçue par les salariés lorsque leur employeur les place en chômage partiel est négociée dans chaque entreprise.

Elle peut également permettre de revenir sur les droits des salariés dans le cadre des accords de maintien de l’emploi.

 

Ces accords, créés par la loi de sécurisation de l’emploi de 2013 permettent, en cas de « difficultés économique conjoncturelles » d’imposer aux salariés des modifications de la durée du travail, ainsi que la rémunération, sous peine d’être licencié.

 

La CGT avait dès l’origine dénoncé les risques de dumping social et les chantages à l’emploi.

 

Les ordonnances risquent de revenir sur les maigres garanties dont bénéficient les salariés :

  • Impossibilité de diminuer la rémunération en dessous de 120% du minimum conventionnel ;
  • Obligation de prévoir des efforts des dirigeants et actionnaires ;
  • Impossibilité de prévoir une durée dépassant 5 ans ; …

 

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Ordonnance 2 : le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif

Pour la 3e fois, Emmanuel Macron essaie de faire adopter cette disposition contre l’avis de l’ensemble des organisations syndicales. Il s’agit, en cas de condamnation d’un employeur par les prudhommes pour licenciement abusif, de limiter le montant des dommages et intérêts versés au salarié. Initialement prévue dans la loi macron de 2015, elle a été rétorquée par le conseil constitutionnel. Avec quelques modifications de forme, elle a été glissée en 2016 dans la loi el khomri, puis retirée, face à la mobilisation. Aujourd’hui, la condamnation est adaptée au préjudice subi, et le juge tient compte de l’ancienneté, la durée du chômage, la situation de famille et le nombre d’enfants à charge, l’âge, etc.

 

Le projet d’habilitation ne donne aucune information sur le montant des plafonds retenus, mais on se souvient que ceux retenus l’année dernière dans la première version de la loi El khomri étaient particulièrement faibles (plafonds inférieurs aux condamnations moyennes). En outre, le gouvernement avait parlé d’instaurer des condamnations forfaitaires, indépendamment du salaire du salarié concerné, ce qui aurait particulièrement ciblé les ingés cadres et techs, et tiré le montant des condamnations vers le bas.

 

Pourquoi tant d’insistance ? Parce qu’il s’agit de la clé de voûte du code du travail. D’une part, le plafonnement les condamnations en cas de licenciement abusif permet aux employeurs de le provisionner, et de se donner les moyens sans aucun risque de condamnation de licencier un-e salarié sans motif. Le but est de permettre à l’employeur de choisir entre le respecter du droit du travail et le risque d’une condamnation d’un montant maximum prédéfini. Côté salarié, c’est le règne de l’arbitraire. Comment réclamer le paiement de ses heures sup ou remettre en cause une directive si du jour au lendemain on peut, dans motif, être mis à la porte ? Au prétexte de leurs responsabilités professionnelles, la liberté d’expression des cadres est souvent remise en cause, là c’est le baillon !

 

 

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Ordonnance 3 : Les referendum pour faciliter l'adoption d'accords d'entreprise

Pour généraliser les accords dérogatoires d'entreprise, il faut faciliter leur adoption. Pour cela, la loi El Khomri a inventé le référendum, permettant, quand un accord est refusé par les syndicats majoritaires, de le faire adopter par référendum auprès des salariés. Le 1er référendum organisé a confirmé les craintes de la Cgt. Initié à RTE, le référendum visait à faire adopter un recul des droits des agents de maintenance sur leurs astreintes et du travail le soir et le WE...en demandant leur avis à l'ensemble des salarié-es, dont la moitié (et notamment les ingés, cadres et tech) n'était pas concernée. Diviser pour mieux régner...Grâce à la mobilisation de la Cgt et au travail d'infos des cadres et agents de maîtrise que la direction voulait instrumentaliser, le référendum a été un échec. Ceci n'a été possible que grâce à la forte implantation syndicale, ce qui est loin d'être le cas partout...

 

Le gouvernement veut donc étendre le recours aux référendum. Jusque là réservé aux syndicats, il pourrait maintenant être lancé à l'initiative et dans les conditions décidées par l'employeur. Il y a fort à parier que les mises en opposition des salarié-es vont être maximum, avec le risque de faire exploser les collectifs de travail

 

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Ordonnance 4 : Redéfinir le rôle de l’accord de branche et réduire leur nombre

Grâce à la mobilisation contre la loi El Khomri, nous avons réussi à ce que la loi précise qu’il y a 6 sujets sur lesquels l’accord de branche prime forcément sur l’accord d’entreprise :

  • Les salaires
  • Les classifications
  • L’égalité professionnelle
  • La pénibilité
  • La formation professionnelle
  • La prévoyance

 

Réformer cette disposition par ordonnance a probablement pour objectif de supprimer tout ou partie de ces 6 domaines.

 

La loi El Khomri prévoit aussi la restructuration des branches professionnelles, pour en limiter le nombre. La CGT partage totalement cet objectif, la question c’est la méthode et les périmètre. La fusion aura-t-elle pour objectif de tirer les garanties conventionnelles vers le haut ou vers le bas ? En clair, fusionnera-t-on des branches avec un haut niveau de protection avec des branches de dumping, comme la branche Syntec ?

 

L’ordonnance pourrait viser à accélérer le chantier et réduire encore plus drastiquement le nombre de branches.

 

 

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Ordonnance 5 : Le regroupement des instances représentatives, la disparition des CE, CHSCT et DP

Alors que la réforme de 2015 (loi Rebsamen) commence à peine à s'appliquer, le gouvernement remet le couvert pour réformer les instances de l'entreprise. L'objectif: fusionner le Comité d'Entreprise, le CHSCT et le Délégué du personnel dans une instance unique. Pourtant, plusieurs possibilités ont été introduites en 2015, et notamment

  • pour les entreprises de moins de 300, l'employeur peut mettre en place une délégation unique du personnel regroupant CE et DP
  • Dans les entreprises de plus de 300, par accord d'entreprise, l'employeur peut créer une instance unique

 

Le gouvernement veut aller encore plus loin (sans évaluation des réformes précédentes), ce qui pose plusieurs problèmes :

  • La remise en cause du rôle du CHSCT, qui, aujourd'hui, a une personnalité juridique qui lui permet d'aller en justice, de faire des enquêtes ou diligenter des expertises (par exemple sur les risques psycho sociaux, les violences sexuelles…) C’est ce qui a permis de faire annuler un plan social à la FNAC, du fait des risques psycho sociaux qu’il faisait courir aux salarié-es qui auraient vu leur charge de travail exploser
  • Le risque que les missions du CHSCT soient financées sur le budget du CE, amputant d'autant les moyens pour organiser une offre de culture et de loisir, la restauration...en particulier, le CHSCT peut demander des expertises sur la santé et la sécurité, financées par l'employeur. Le Medef cherche depuis longtemps, pour limiter le nombre d'expertises à les faire payer par le CE.
  • La baisse du nombre d'élu-es, et la suppression des instances de proximité, les DP et les CHSCT

 

L'existence d'une instance dédiée à la sécurité et à la santé au travail est primordiale pour forcer les employeurs à ce saisir de ces thématiques, et notamment des risques psycho sociaux qui, avec les burn out, explosent chez les ICT. 

 

Enfin, le gouvernement sort du chapeau, une mesure jamais annoncée ou débattue, la possibilité d'ajouter dans cette instance la négociation. Ce serait la rupture avec notre modèle historique de démocratie sociale dans l'entreprise, qui repose d'un côté sur des élu-es, disposant de droits d'information, de consultation, d'expertise et d'alerte, de l'autre sur des syndicats, qui seuls ont la capacité de négocier.

 

Pourquoi cette distinction? Pour adosser le droit à la négociation aux droits et protections syndicales, et ainsi garantir l'indépendance des négociateurs vis à vis de l'employeur. Depuis de longues années le Medef veut autoriser la négociation avec les élus sans étiquette,

 

 

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Ordonnance 6 : Le renforcement des moyens du dialogue social

Il s’agit probablement d’une contrepartie destinée à faire avaler la pilule de tous les reculs précédents, mais le compte n’y est absolument pas. Le projet prévoit :

  • Une forme de chèque syndical, avec la possibilité par le salarié d’apport des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix, sur le modèle de ce qui existe à Axa
  • Un renforcement de la formation des élu-es, et des mesures (non précisées), pour reconnaître celui-ci dans les carrières et lutter contre la discrimination syndicale. La CGT porte de nombreuses propositions sur le sujet, rendues publiques à l’occasion de l’action de groupe contre les discriminations syndicales à Safran. Pas de réponse là-dessus pour l’instant…

 

Les grands absents, les salarié-es des petites entreprises dans lesquels il n’y a souvent ni représent-es du personnels, ni syndicats. Pourtant, la CGT porte une proposition simple pour garantir une représentation à tous les salarié-es des entreprises de moins de 50

 

 

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Ordonnance 7 : Conseils d’Administrations

Au lieu de généraliser les administrateurs salariés, d'augmenter leur nombre et leurs prérogatives pour se rapprocher des pays d'Europe du Nord, on se limite à des mesures "incitatives". Sachant que le patronat refuse obstinément de partager les orientations et décisions stratégiques, une simple incitation ne permettra pas d'aller bien loin.

 

La CGT et son UGICT font de nombreuses propositions pour définanciariser l’entreprise et renforcer les moyens d’intervention des représentants du personnel et des cadres sur les orientations stratégiques. Visiblement, Emmanuel Macron ne les a pas lues…

 

 

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Ordonnance 8 : réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement s’était engagé auprès des syndicats que la réforme de l’assurance chômage ne se ferait pas par ordonnance, visiblement les arbitrages ne sont pas si clairs. Les éléments annoncés sur l’assurance chômage et la formation professionnelle sont  :

  • L’ouverture du système aux indépendants et aux salarié-s après une démission, le renforcement du contrôle des chômeurs
  • La gestion tripartite du système (actuellement géré uniquement par les syndicats et le patronat) au prétexte que la dette du régime est actuellement garantie par l’Etat
  • Une réforme de son financement, avec suppression des cotisations chômage qui seraient remplacées par la CSG
  • L’utilisation des fonds de la formation professionnelle pour financer la formation des demandeurs d’emploi, la fin du paritarisme de sa gestion

 

Cette réforme d’ensemble pose plusieurs questions :

  • Quels financements supplémentaires pour l’ouverture de l’assurance chômage aux indépendant-es ? En effet, une telle réforme, pour constituer un progrès, suppose la mobilisation de ressources supplémentaires conséquentes. Or le régime est actuellement déficitaire, et le programme d’Emmanuel Macron prévoit de diminuer les dépenses de l’assurance chômage d’un quart en cinq ans. La menace est alors que le Président finance sa réforme par une baisse massive des droits au chômage pour les salariés déjà couverts. Pourtant, la CGT propose de longue date des mesures de financement, comme le déplafonnement des cotisations et des allocations qui permettrait de dégager 800 millions de ressources supplémentaires chaque année.

 

  • Le changement de financement et de gouvernement du régime, avec l’abandon d’un système de cotisation sociale, induit un changement total de conception pour les droits. Actuellement, le régime est contributif, avec des salarié-es qui cotisent et perçoivent des allocations proportionnelles à leur salaire antérieur ; ce système est assortit à des mesures de répartition pour augmenter les allocations des salarié-es les plus précaires. Le caractère contributif du régime est ce qui garantit l’adhésion de toutes et tous au régime : les ICT étant moins fréquemment au chômage, leurs cotisations financent largement le système et permettent d’assurer une meilleure protection à toutes et tous. En contrepartie l’assurance chômage assure aux ICT un niveau d’allocation leur permettant de maintenir en partie leur niveau de vie, le temps de retrouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification. C’est ce système de solidarité qui construit l’attachement commun de l’ensemble des salariés à l’assurance chômage et évite que les plus aisés cherchent à le contourner pour se tourner vers des systèmes non solidaires de capitalisation. Financer le régime par la CSG à la place des cotisations induit un changement de modèle : si le système n’est plus contributif, mais financé par tous, le lien entre salaire et prestation pourrait être remis en cause au moins en partie. L’UGICT-CGT est particulièrement inquiète par cet aspect, qui risque de servir de prétexte à un alignement vers le bas du montant et de la durée des allocations, avec la pénalisation directe des ingénieurs cadres et techniciens.

 

  • La répartition des richesses. Aujourd’hui, les cotisations chômage sont financées à 2/3 par la part dite employeur et 1/3 par la part dite salariale. La CSG elle est un impôt, qui repose essentiellement sur les salarié-es et ne taxe que marginalement le capital. L’augmentation de la CSG proposée par Emmanuel Macron pénalisera directement les retraité-es (et notamment les Ingés, cadres et tech retraités, Emmanuel Macron ayant annoncé que les retraité-es les plus modestes seraient exonéré-es), l’assurance chômage n’étant financée aujourd’hui que par les actifs.

 

  • Le maintien de la formation professionnelle des salarié-es.15% des fonds de la formation professionnelle, financée par les cotisations salariales et patronales profitent actuellement à la formation des privé-es d’emploi. Augmenter, comme veut le faire Emmanuel Macron, la part dévolue à la formation des demandeurs d’emploi sans augmenter son financement pose plusieurs questions :
    • Cela s’inscrit dans le prolongement des plans de formation des chômeurs de François Hollande (« plan000 »), qui à force d’objectifs chiffrés, génèrent de nombreuses formations « bidon ». Surtout, ce n’est pas la formation qui crée de l’emploi ! La formation facilite le retour à l’emploi, mais une majorité de chômeurs reste sans emploi à l’issue de sa formation
    • C’est « déshabiller Pierre pour habiller Paul», et baisser la formation des salarié-es qui est déjà très insuffisante pour faire face à l’évolution nécessaire des qualifications notamment à la révolution numérique. C’est donc une mesure à courte vue, qui menace l’emploi et la compétitivité à moyen long terme des entreprises. Ce type de mesure repose sur un discours stigmatisant les Ingés, Cadres et Techs, qui sont les salarié-es qui profitent aujourd’hui le plus de la formation professionnelle. Au lieu de diminuer la formation des ICT, et plus généralement des salarié-es, pour redéployer vers les privé-es d’emploi, il faut augmenter le financement de la formation professionnelle par les entreprises qui baisse depuis des années ! S’il est indispensable de permettre une réelle formation des privés d’emploi, la formation en direction des salariés en emploi doit également être améliorée et augmentée.

 

  • La fin du paritarisme, et la gestion directe du régime par l’Etat. Le recul de la démocratie sociale a déjà conduit à confier à l’Etat la gestion de la Sécurité sociale, faisant ainsi reculer la couverture  solidaire des salariés au profit des complémentaires santés et assurances privées. Alors que l’assurance chômage et la formation professionnelle sont deux éléments essentiels de la gestion paritaire, il ne faut pas leur faire suivre le même chemin.

 

 

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Pour en savoir plus...

Consultez ICI le site de l'UGICT-CGT qui décrypte les détails de la loi travail XXL et des ordonnances avec une mise à jour au 30/06.

 

 

DOCUMENT LE PARISIEN EXCLUSIF. L'intégralité de l'avant-projet de loi sur le marché du travail publié par redacweb6352
Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler
Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:37
Donald Trump est le visage de notre idiotie collective

Impopulaire, Donald Trump ? Oui, mais dans son propre électorat, sa cote reste forte, 85% en moyenne, et les Républicains ont la majorité au Congrès, à la Chambre des Représentants comme au Sénat. Pour le journaliste militant Chris HEDGES, nous refusons de voir l’effondrement qui vient. Donald J. TRUMP n’est pas la maladie, il est le symptôme. Nous vous proposons la traduction de son article publié sur Truthdig, « Le Règne des idiots », qui fait penser au film formidable de Mike Judge, IDIOCRACY (2006)[2].

 

Sources : Là-bas si j'y suis par Chris Hedges

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« Les idiots prennent le pouvoir dans les derniers jours d’une civilisation qui s’effondre. »

« Les généraux idiots mènent des guerres sans fin, vouées à l’échec, qui mènent la nation à la faillite. Les économistes idiots appellent à réduire les impôts pour les riches et à supprimer les aides sociales pour les pauvres, et se projettent dans une croissance économique fondée sur un mythe. Les industriels idiots empoisonnent l’eau, le sol et l’air, détruisent les emplois et réduisent les salaires. Les banquiers idiots misent sur des bulles financières auto-créées, et infligent des dettes qui paralysent les citoyens. Les journalistes et les intellectuels idiots prétendent que le despotisme est la démocratie. Les agents de renseignements idiots orchestrent le renversement de gouvernements étrangers pour y créer des enclaves sans foi ni loi qui créeront des fanatiques enragés. Les professeurs, les « experts » et les « spécialistes » idiots s’affairent dans un jargon incompréhensible et des théories ésotériques qui soutiennent la politique des dirigeants. Les artistes et les producteurs idiots créent d’épouvantables spectacles sexuels, horrifiques et fantastiques.

 

Certaines étapes bien connues aboutissent à l’extinction. Nous sommes en train d’en cocher toute la liste.

 

Les idiots ne connaissent qu’un seul mot – « plus ». Ils ne s’encombrent pas du bon sens. Ils amassent des richesses et des ressources jusqu’à ce que les travailleurs ne puissent plus gagner leur vie et que les infrastructures s’effondrent. Ils vivent dans des environnements privilégiés, où ils mangent du gâteau au chocolat en donnant l’ordre d’envoyer des missiles. Ils considèrent l’État comme un prolongement de leur vanité. Les dynasties romaine, maya, française, Habsburg, ottomane, Romanov, Wilhelmine, Pahlavi et soviétique se sont effondrées à cause des caprices et des obsessions de ces idiots au pouvoir.

 

 

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Donald Trump est le visage de notre idiotie collective.

Ce qui se cache derrière le masque de notre civilisation et de sa rationalité déclarée – un mégalomane bafouillant, narcissique, assoiffé de sang. Il utilise l’armée et la flotte contre les damnés de la terre, il ignore joyeusement la misère humaine catastrophique causée par le réchauffement climatique, il pille au nom de l’oligarchie mondiale, puis le soir, il s’assoit devant sa télévision, la bouche ouverte, avant d’ouvrir son « joli » compte Twitter. C’est notre version de l’empereur romain Néron, qui avait alloué de vastes dépenses de l’État pour obtenir des pouvoirs magiques, de l’empereur chinois Qin Shi Huang, qui avait financé de multiples expéditions sur l’île mythique des immortels pour en ramener la potion qui lui aurait donné la vie éternelle, ou encore d’une royauté russe en décomposition, assise autour d’un jeu de tarot et d’une séance de spiritisme pendant que leur nation était décimée par la guerre et que la révolution grondait dans la rue.

 

Ce moment marque la fin d’une longue et triste histoire de cupidité et de meurtre de la part des Blancs. Il était inévitable que, pour ce spectacle final, nous régurgitions un personnage grotesque tel que Trump. Les Européens et les États-Uniens ont passé cinq siècles à conquérir, piller, exploiter et polluer la Terre au nom du progrès de l’humanité. Ils ont utilisé leur supériorité technologique pour créer les machines de mort les plus efficaces de la planète, dirigées contre n’importe qui et n’importe quoi, surtout contre les cultures autochtones qui se trouvaient sur leur chemin. Ils ont volé et amassé les richesses et les ressources de la planète. Ils ont cru que cette orgie de sang et d’or ne finirait jamais, et ils y croient encore. Ils ne comprennent pas que la triste morale d’une expansion capitaliste et impérialiste sans fin condamne les exploiteurs autant que les exploités. Mais, alors même que nous sommes au bord de l’extinction, nous n’avons pas l’intelligence et l’imagination de nous libérer de cette évolution.

 

Plus les signes avant-coureurs sont palpables – hausse des températures, effondrements financiers mondiaux, migrations de masse, guerres sans fin, empoisonnement des écosystèmes, corruption rampante de la classe dirigeante –, plus nous nous tournons vers ceux qui scandent, par idiotie ou par cynisme, le même refrain, selon lequel ce qui a fonctionné par la passé fonctionnera à l’avenir, que le progrès est inévitable. Les preuves factuelles, qui sont un obstacle à ce que nous désirons, sont bannies. Les impôts sur les sociétés et sur les riches, qui ont désindustrialisé le pays et transformé plusieurs de nos villes en ruines, diminuent, et on casse la régulation, dans le but de nous ramener à un hypothétique âge d’or des années 1950 pour travailleurs américains blancs. Des terrains publics sont ouverts à l’industrie pétrolière et gazière, dont la hausse des émissions de carbone va faire périr notre espèce. La baisse des rendements agricoles due aux canicules et aux sécheresses est ignorée. La guerre est l’activité principale de l’État kleptocratique.

 

Donald Trump est le visage de notre idiotie collective

En 1940, à l’apogée du fascisme européen et alors que la guerre devenait mondiale, Walter Benjamin écrivait :

« Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus novus. Il représente un ange qui semble avoir dessein de s’éloigner de ce à quoi son regard semble rivé. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’ange de l’histoire. Il a le visage tourné vers le passé. Où paraît devant nous une suite d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. » [1]

 

 

-

La pensée magique n’est pas limitée aux croyances et aux pratiques des cultures pré-modernes.

C’est ce qui définit l’idéologie du capitalisme. Les quotas et les ventes prévues peuvent toujours être satisfaites. Les bénéfices peuvent toujours être atteints. La croissance est inévitable. L’impossible est toujours possible. Les sociétés humaines, si elles s’inclinent devant les impératifs du marché, entreront dans le paradis capitaliste. C’est seulement une question de bonne attitude et de bonne technique. Quand le capitalisme prospère, on nous assure que nous prospérerons. L’individu s’est fondu dans l’organisation capitaliste, ce qui nous a privé de notre pouvoir, de notre créativité, de notre capacité à la réflexion personnelle et à l’autonomie morale. Nous définissons notre valeur, non par notre indépendance ou notre caractère, mais par les standards matériels établis par le capitalisme – richesse personnelle, grandes marques, avancement de carrière et de statut social. Nous sommes modelés dans un conformisme et un refoulement collectifs. Ce conformisme de masse est caractéristique des États totalitaires et autoritaires. C’est la disneyisation de l’Amérique, la terre des pensées éternellement heureuses et des attitudes positives. Et quand la pensée magique ne fonctionne pas, on nous dit – et souvent on l’accepte – que le problème, c’est nous. Nous devons avoir plus de foi. Nous devons envisager ce que nous voulons. Nous devons faire plus d’efforts. Le système n’est jamais à blâmer. Nous avons échoué. Pas lui.

 

Tous nos systèmes d’information, des gourous du coaching personnel à Hollywood, en passant par ces monstruosités politiques telles que Trump, nous vendent cette poudre de Perlimpinpin. Nous refusons de voir l’effondrement qui vient. L’illusion dans laquelle nous nous réfugions est une opportunité pour ces charlatans qui nous disent ce que nous voulons entendre. La pensée magique qu’ils adoptent est une forme d’infantilisme. Elle discrédite les faits et la réalité, que rejette l’hypocrisie éclatante de slogans comme « Rendre sa grandeur à l’Amérique. » La réalité est bannie par un optimisme impitoyable et sans fondement.

 

La moitié du pays peut vivre dans la pauvreté, les libertés individuelles peuvent nous être enlevées, la police militarisée peut assassiner des citoyens désarmés dans les rues et nous avons beau avoir le système carcéral le plus grand du monde et la machine de guerre la plus meurtrière, toutes ces vérités sont pourtant soigneusement ignorées. Trump incarne l’essence même de ce monde pourri, en faillite intellectuelle et immoral. Il en est l’expression naturelle. Il est le roi des idiots. Nous sommes ses victimes. »

 

Notes

- [1] Walter Benjamin, Thèses sur la philosophie de l’histoire, éditions Denoël, 1971

- [2] En 2006 sortait Idiocracy, un film de Mike Judge : l’histoire d’un soldat ordinaire cryogénisé dans le cadre d’un programme d’hibernation, et qui se réveille en 2505, dans un monde où tout le monde est devenu idiot, et où il devient l’homme le plus intelligent du monde… 10 ans plus tard, après l’investiture de Donald J. Trump comme candidat républicain, le co-scénariste du film, Etan Cohen, écrivait : « Je ne pensais pas qu’Idiocracy deviendrait un documentaire »

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:37
Olivier Falorni.... un homme qui se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite
Un député libre dans la majorité présidentielle et qui...
 
 Olivier Falorni est le député sortant de la 1ére circonscription de Charente Maritime (La Rochelle/Ré). Ex secrétaire fédéral du PS, ayant le soutien du PRG qui a le soutien du PS qui a, qui a... il se présente comme un homme de gauche ayant travaillé pour l'intérêt général....  On veut bien le croire ! Un premier portrait avait déjà été effectuè ICI mais il fallait aller plus loin !
 
Sources : Eric DURAND
-  n'a rien a redire à la nomination de M. Blanquer au Ministère de l'Education Nationale.
JM Blanquer a été recteur, puis directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien et directeur de la Dgesco, la division la plus importante du ministère en charge de l'enseignement scolaire, de 2009 à 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. C'est lui qui a orchestré la suppression de 80000 postes d'enseignants en 5 ans.
 
JM Blanquer souhaite renforcer les pouvoirs des chefs d'établissement et des directeurs d'école, qui deviendraient les supérieurs hiérarchiques des enseignants. Les enseignants seraient recrutés sur profil et évalués par les seuls chefs d'établissement, à l'image de ce qu'avait institué le décret Chatel en 2012 (annulé ensuite par V Peillon). Les inspecteurs disparaitraient, fondus dans un corps unique avec les chefs d'établissement et vaguement associés comme "experts disciplinaires" au contrôle des enseignants. 
 
Le second principe c'est l'autonomie des établissements, c'est-à-dire en fait l'autonomie des chefs d'établissement. Outre le pouvoir sur le personnel, ils auraient une large liberté pour affecter la dotation horaire entre les disciplines ce qui conduirait à un éclatement total du système éducatif français.
 
Les élèves seraient réunis en "groupes de compétences", une formule qui pourrait bien se réduire à des groupes de niveau dont on sait bien qu'ils empêchent la progression des plus faibles. Ce tri précoce des élèves aboutirait pour une partie d'entre eux à une voie professionnelle par apprentissage débouchant sur l'entrée rapide dans la vie active. Finie la poursuite d'études supérieures pour les bacheliers professionnels. Les lycée professionnels seraient confiés aux régions et adaptés aux "besoins économiques territoriaux". 
 
Un aspect de cette hiérarchisation est la mise en concurrence des établissements. Si les résultats des lycées sont publiés depuis des années, on a vu récemment ceux des collèges connaitre le même sort à travers les résultats du brevet. JM Blanquer irait encore plus loin en publiant les résultats des écoles primaires. On accélèrerait ainsi l'éclatement du système éducatif avec tous les effets de relégation que l'on connait actuellement dans le secondaire.
 
Ces éléments font de JM Blanquer un ministre précieux pour un président soucieux de réduire le budget de l'Éducation nationale et de mettre au pas la machine éducative.
 
Et M. Olivier Falorni ne trouve rien à y redire !
 
Olivier Falorni.... un homme qui se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite
-  ne trouve rien à redire sur la nomination de Muriel Pénicaud ancienne DRH de grands groupes capitalistes au poste de Ministre du Travail.
Le message d’Emmanuel Macron est clair : les entreprises seront plus qu'entendues lors des futures réformes du code du travail. Sans la nommer, Pierre Gattaz, président du Medef, s’est d'ailleurs félicité d’un gouvernement qui compte des personnalités qui "connaissent le monde de l’entreprise".
 
Muriel Pénicaud, actuellement directrice générale de Business France( chez Ubifrance depuis 2014, Business France depuis janvier 2015), a fait une longue carrière chez Danone : de 1993 à 2002, elle occupe plusieurs postes au sein de la direction monde ; après un passage chez Dassault Systèmes (2002-2008), où elle devient directeur général adjoint du groupe, en charge des ressources humaines, elle revient dans le groupe agroalimentaire comme directrice générale des ressources humaines de 2008 à 2014.
 
Et M. Olivier Falorni ne trouve rien à y redire... !
Il n'a rien à redire non plus sur la nomination d'Antoine Foucher ancien directeur adjoint du MEDEF comme chef de cabinet de la ministre du Travail.
 
Olivier Falorni.... un homme qui se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite

-  Un homme de gauche s'apprécie aux actes.... de gauche.

  • 2013, l'amnistie sociale.

François Hollande s'était engagé pendant la campagne électorale puis dans un entretien avec Jean Luc Mélenchon à amnistier les syndicalistes poursuivis dans le cadre de l'exercice de leurs mandats de représentants des personnels.

 

Adoptée au Sénat le 27 janvier, la proposition de loi du Front de Gauche visant à amnistier les syndicalistes ayant commis des atteintes aux biens entre 2007 et 2013 devait être votée à l'Assemblée malgré l'opposition du gouvernement.

 

Et qu'a dit M. Olivier Falorni quand le texte renvoyé en commission a bel et bien été enterré pour ne jamais voir le jour.... rien.... !

 

Olivier Falorni.... un homme qui se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite
  • 2016, la Loi Travail :

Était-il pour, était-il contre ? Dans un  entretien vidéo, il déclare " la loi Macron est un plat qui a des bons ingrédients mais qui a mal été présenté " !

 

Des paroles et des actes ! Qu'a t-il fait pour mettre le texte au congélateur ? Rien !
Il parle, il parle..... sous des airs d'homme libre, et avec des analyses plutôt cohérentes et humanistes, il finit toujours pas faire un choix qui va dans le sens du libéralisme.

 

En effet, au delà du discours, ce qui est certain, c'est qu'il a refusé de signer à deux reprises la motion de censure déposée par les frondeurs suite aux recours à l'article 49.3 de la constitution (permettant de faire passer un projet de loi sans débat). Sur les 58 signatures nécessaires, il en manquait seulement deux dont celle du député Olivier Falorni. La colère contre l'utilisation du 49.3 à ses limites !
 
Olivier falorni est expert en faux semblant, son attitude au final revient à soutenir ce texte et cette loi, puisqu'il n'est pas allé jusqu'au bout de la démarche, c'est à dire sanctionner ce gouvernement qui commettait une double faute : remettre en cause les acquis sociaux issus du programme du Conseil National et de la Résistance et empêcher le débat démocratique à l'Assemblée Nationale.
 
  • Aujourd'hui, Macron (qu'Olivier Falorni soutient) veut aller plus loin dans la casse sociale.
Dans le texte de de l'avant projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances que c'est procuré le journal Le Parisien, on y retrouve toute la panoplie du recul social : plafonnement des indemnités prud’homales, référendum à l’initiative du chef d’entreprise, fusion des instances de représentation du personnel, réforme de l’assurance chômage, redéfinition de la place des branches, l'inversion de la hiérarchie des normes.... Voir le décryptage du texte par l'Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens CGT (UGICT).
 
Or M. Olivier Falorni est bien silencieux sur les projets de Macron !
On a beau chercher dans ses publications électorales.... rien de critique en la matière !
  • Ignorerait-il les projets de Macron ?
  • Si tel est la cas, il n'est pas sérieux de donner votre voix à ce candidat !
  • A moins qu'il fasse mine de les ignorer, et là, la voie, le chemin qu'il déclare avoir emprunté et vouloir garder droit.... commence plutôt en zig-zag !
 

-  En guise de conclusions.... un salarié prévenu en vaut deux !
  • Il prétend être un député ancré à gauche alors que son bilan en tant que parlementaire montre son alignement total sur la politique de l'Elysée et/ou de Matignon.
  • Il se dit « député de gauche » alors que toutes ses déclarations politiques depuis l'élection d'Emmanuel Macron ne comportent aucune analyse critique de la politique gouvernementale, des projets en cours (les ordonnances prévues cet été), de la caractérisation du gouvernement.
  • Il annonce son ralliement à « La République en Marche, enfin à la majorité présidentielle », à la politique qui se met en place.
  • Nous avons donc au minimum avec deux candidats « majorité présidentielle », deux adversaires du monde du travail sur la 1ére circonscription de Charente Maritime, Otilia Ferreira (officiellement investie par En Marche) et Olivier Falorni (3 si on lui ajoute Bruno Léal de Union de la Droite et du Centre) !
 
Autant de raison pour tourner la page dès le 11 juin et élire le candidat de la France Insoumise, Cédric Ruffié, le 18 juin.

 

Pour en savoir plus :

- 1ére cir. du 17 : La Rochelle/Ré 3 candidats de trop au service de Macron !

- Législatives : des élections à fort enjeu

Olivier Falorni.... un homme qui se dit "de gauche " mais se met au service d'une politique... de droite
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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 17:16
Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?
  • Vous voulez savoir qui ils sont ?
  • Le mieux c'est de prendre le temps de lire ce qu'ils disent d'eux même ICI

 

 

-  Sud-Ouest du vendredi 07 avril

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?

-  Sud-Ouest du vendredi 12 mai

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?

-  Le Phare de Ré du mercredi 24 mai

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?

-  Sud-Ouest du mercredi 31 mai

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?

-  Ré à la Hune du mercredi 31 mai

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?

- Sud-Ouest du vendredi 02 juin

Comment la presse locale parle t-elle de Cédric Ruffié candidat insoumis de la 1ére circo du 17 (La Rochelle/Ré) ?
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 18:18
Le bulletin de vote efficace contre M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et les 560 candidats de La France Insoumise.

Campagne législative, situation actuelle du Parti socialiste et de l’extrême-gauche, rapports avec le Parti communiste, l’élection d’Emmanuel Macron... Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière revient pour Atlantico sur tous les sujets brûlants pour la France Insoumise.

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

-

Atlantico : Quels sont les premiers enseignements que vous tirez de la composition du nouveau gouvernement ? Finalement, cette recomposition n’est-elle pas pour vous une bonne nouvelle, permettant de clarifier une ambiguïté que vous dénoncez depuis plusieurs années à gauche de l’échiquier politique ?

Aléxis Corbière : D’abord, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France. Il s’agit très clairement d’un gouvernement d’aspiration libérale qui se met à l’œuvre avec à sa tête M. Edouard Philippe un homme connu pour ses convictions d’homme de droite, il y a également un libéral économique assumé, en la personne de M. Bruno Le Maire qui prend la tête de Bercy, et un sarkozyste avec M. Darmanin aux Comptes publics… La voie économique que ce gouvernement va prendre est donc claire, nette et ne souffre d’aucune ambigüité.

 

Pour notre population il n’y a rien de bon à attendre de la part de cette équipe sur le terrain social. Les mêmes politiques vont être continuées et même aggravées.

 

Cela doit donc attirer l’attention de tout le monde sur l’importance des élections législatives qui viennent. Elles doivent être une façon démocratique de stopper cette équipe et leurs projets. Je suis convaincu qu’ils n’ont pas une majorité politique pour agir.

 

Nous avons assisté à un second tour de rejet de Madame Le Pen, mais certainement pas d’adhésion au programme de Monsieur Macron. Et pourtant, c’est ce gouvernement de choc sur le terrain social et économique qui se met au travail, qui va assurément aggraver des inégalités, alors que les Français veulent les résoudre. D’ici le mois de juin, il va sans doute dissimuler ses attaques, mais aucune confiance naïve ne doit lui être accordée.

 

Donc les élections législatives qui viennent peuvent être l’occasion de porter une majorité sur une autre orientation à l’Assemblée Nationale. Et donc par conséquent, un autre gouvernement en sortirait. C’est ce que nous proposons avec Jean-Luc Mélenchon et tous les candidats de La France Insoumise. Un vieux monde politique s’est effondré le 23 avril, en raison des choix économiques qu’il avait porté ces dix dernières années et en même temps un nouveau monde émerge dont La France Insoumise.

 

Il est frappant d’observer que l’on retrouve beaucoup du personnel du vieux monde dans ce gouvernement placé aux postes essentiels et même les visages nouveaux sont en réalité porteurs des orientations passées, à l’exception notable de Nicolas Hulot. Mais je prends les paris qu’il ne durera pas dans ce gouvernement, ou alors au prix de renoncement, ce qui serait bien triste.

 

 

-

Atlantico : La France Insoumise n’est pas parvenue à obtenir des accords nationaux avec les autres mouvements de gauche. S’agit-il d’une volonté de votre part ?

Aléxis Corbière : Non. Nous avons cherché, sincèrement avec le PCF, à trouver un accord. Il y a eu plus de 6 réunions pendant plusieurs mois, beaucoup d’heures de discussions et d’échanges. Mais la direction actuelle du PCF n’a pas compris ce qu’était La France Insoumise qui n’a rien à voir avec ce qui a pu exister précédemment.

 

Sept millions de personnes se sont retrouvées sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sur son programme. Nous avons remobilisé des gens qui s’abstenaient (c’est l’une de nos fiertés), nous avons fait reculer l’abstention dans beaucoup de quartiers populaires de certaines villes, nous arrivons en tête dans la jeunesse, chez les chômeurs…tout cela est à mettre à notre actif. Ce mouvement, notre responsabilité, c’est d’en maintenir toute la cohérence et toute la dynamique en permettant qu’il reste rassemblé. Je crois qu’il est normal que les candidats que nous présentons soient en continuité avec la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les gens n’ont pas voté pour un homme, Jean-Luc Mélenchon, mais bien pour un programme de 357 propositions qui se nomme "L’avenir en commun".

 

Certains ont considéré que malgré le fait qu’ils étaient restés à l’écart de la campagne de La France Insoumise et de la logique de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ils devaient avoir une représentation très importante des candidats que nous allions soutenir aux législatives. Nous avons cherché à trouver les conditions d’un accord mais la gourmandise obstinée de certains a empêché que cet accord puisse aboutir. Dommage. Je le regrette.

 

Mais, nous sommes des gens responsables et nous restons rassembleurs, nous soutiendrons les députés communistes sortants qui ont parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon et nous ne présenterons pas de candidats contre eux. Qui fait mieux ? De manière plus générale, nous soutenons beaucoup de candidats anciennement EELV, militants associatifs, des personnalités comme François Ruffin, Juan Branco, etc… Nous avons tendu la main à d’autres, mais certains ont fait d’autres choix. C’est regrettable mais la dynamique de la FI reste claire et forte sur le terrain. Que tous ceux qui ont voté Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle soient rassurés, il y aura dans la totalité des circonscriptions des candidats et des candidates qui porteront le programme de Jean-Luc Mélenchon. Ils pourront donc renouveler leur vote.

 

Du côté du Parti socialiste, je crois que la tambouille épicée des cuisines de Solférino continue de faire sentir ses odeurs peu engageantes. En juin, on ne sait plus vraiment sur quel programme le PS se présente. Il varie selon les circonscriptions. C’est assez incohérent. J’ai entendu M. Hamon sur France 2 taper très rudement sur le Parti socialiste, à tel point que l’on s’interroge s’il appelle à voter ou pas pour les candidats du PS. Tout cela est assez confus. Et à l’inverse il y a beaucoup d’endroits ou des candidats socialistes annoncent clairement qu’ils soutiennent d’ores et déjà le gouvernement d’Emmanuel Macron. Puis d’autres n’osent pas le dire mais le pensent très fort. Tout cela fait partie de cette décomposition du vieux monde politique et de ses appareils, c’est assez dangereux, et nous y répondons par l’émergence d’un nouveau mouvement avec La France Insoumise.

 

 

-

Atlantico : Faites-vous le pari d’un effondrement du Parti communiste et du PS, qui vous permettrait de devenir la première force d’opposition, de gauche, à une majorité qui se profile ?

Aléxis Corbière : votre question est mal posée. Je ne mets pas le PCF et le PS sur le même plan. En politique, il n’y a jamais rien de mécanique qui se produit sans forces agissantes et il faut créer des dynamiques. Moi, j’invite au rassemblement à ceux qui sont d’accord avec notre programme. Tout le monde est le bienvenu quel que soit ses engagements passés. Je verrai d’ailleurs d’un oeil intéressant qu’il y ait des ruptures au sein du PS pour que des gens nous rejoignent pour qu’ensemble nous travaillions à quelque chose de nouveau. Je pense notamment à M. Montebourg.

 

La difficulté que nous avons, c’est que bien souvent, après le premier tour de la présidentielle, des gens du Parti socialiste auraient souhaité être soutenu par La France Insoumise mais ne voulaient pas rompre avec le PS pour autant. Ce qui rendait les choses plutôt incompréhensibles et irréalisables. Je laisse chacun pour l’instant face à ses contradictions et nous avançons. Et nous verrons quelle sera la physionomie de ce nouveau monde qui émergera en juin. Nous travaillerons avec tous ceux qui partageront nos objectifs essentiels qui sont de mettre la question sociale, la question démocratique et la question écologique au coeur de la vie politique.

 

Notre peuple veut des réponses précises à ses problèmes et non des carabistouilles de partis qui parlent abstraitement « d’unité » mais ont souvent pour seul objectif de maintenir des gens à leurs postes coûte que coûte. Ce que nous recherchons, c’est d’abord et avant tout l’application de notre programme « L’avenir en commun » et non repeindre des anciens pro-Hollande en insoumis de circonstances, qui changeront d’opinion demain.

 

 

-

Atlantico : Le nouveau Président a pu confirmer sa volonté de réformer le droit du travail par ordonnances, et en fait une priorité. Par quels moyens comptez-vous vous opposer à cette volonté du chef de l’Etat ?

Aléxis Corbière : Si nous sommes le 18 juin majoritaires à l’Assemblée Nationale l’affaire est entendue, nous dirigerons le pays et rien de tout cela n’aura lieu. Mais dans votre question, il y a deux aspects : le fond et la forme.

 

Sur le fond, je dis danger ! Le nouveau gouvernement veut réformer le Code du travail pour aller dans le sens d’une loi "El Khomri +++" ( c’est-à-dire approfondir l’inversion de la hiérarchie des normes, faciliter les licenciements, précariser les gens…) et en quelque sorte « ubériser » les conditions de travail de millions de femmes et d’hommes. Je ne suis pas d’accord et je pense que nous sommes très majoritaires à ne pas l’être.

 

Sur la forme, je m’élève contre l’utilisation annoncée de la procédure d’ordonnance qui consiste à ce que le Parlement abdique sa responsabilité et ne délibère pas de ce qui doit être modifié du Code du travail. Il s’agit de s’en remettre à la décision du président qui lui seul arbitrera ce qui doit être fait et il sera demandé, in fine, par un vote de valider ou non sa seule décision.

 

Je trouve cette méthode autoritaire, contournant la représentation nationale et le rôle des parlementaires. Je trouverais d’ailleurs assez indigne de la part de parlementaires prochainement élus de voter cette procédure. Moi, je suis attaché à la souveraineté du peuple, impossible dans le cadre de la Ve République et c’est pourquoi je défends le passage en VIe République, où des droits nouveaux, comme celui de pouvoir révoquer les élus, la prise en compte du vote blanc, etc. devrait exister.

 

Je n’oublie pas qu’au premier tour M. Macron n’a obtenu seulement 18% des électeurs inscrits, que beaucoup d’études montrent que 41% des gens qui ont voté pour lui au premier tour ne l’ont pas fait par adhésion à son projet. Au second tour, c’est un vote de rejet de Mme. Le Pen qui le porte au pouvoir et 66% de ceux qui ont voté Macron au second tour ne l’ont, encore une fois, toujours pas fait par adhésion. Donc, nul part il n’a été démontré que les Français souhaitent cette casse du Code du travail par ordonnance. C’est une question sensible qui nous concerne tous. Quel que soit notre activité, nous sommes tous protégés par le Code du travail. Et qu’il soit volumineux est dû à la jurisprudence qui précise les choses pour que chacun soit bien protégé, car les métiers ont évolués.

 

Je ne suis donc pas pour utiliser les ordonnances, je suis républicain dans la société et jusque dans l’entreprise où je pense que la loi doit toujours défendre la justice, la sécurité et l’égalité.

 

Donc, tant sur le fond que sur la forme, il y a un danger. Mais par le bulletin de vote du mois de juin nous pouvons régler démocratiquement et rapidement cette affaire en donnant une majorité à ceux qui disent non à cela, et disent oui à un projet humaniste et écologiste. C’est le cas de La France Insoumise.

 

 

-

Atlantico : Selon un sondage IFOP pour Atlantico, 46% des Français se considèrent comme des victimes de la mondialisation alors que seuls 21% d’entre eux se considèrent en être les gagnants. Alors que ce thème est largement défendu par le France insoumise, et qu’Emmanuel Macron est régulièrement présenté comme le candidat des gagnants, comment expliquer vous le résultat du suffrage ?

Aléxis Corbière : A nouveau, c’est la Ve république pourrissante qui permet cela. C’est un scrutin qui déforme l’expression du peuple. Au premier tour, porté par des médias qui le présentaient comme la quintessence de la modernité, comme le seul barrage contre le FN, et paré de toutes les vertus, M. Macron est arrivé en tête. Mais de peu de points finalement. Tout cela c’est joué à 600 000 voix sur un corps électoral de 47 millions de personnes. Cette cinquième république attribut ensuite énormément de pouvoirs au vainqueur qui devient pour cinq années une sorte de monarque élu. C’est infantilisant. On a vu d’ailleurs que cette déformation était patente dans l’ancienne représentation nationale. J’ai été frappé de voir que le 23 avril, quand on additionne le PS et Les Républicains on obtient seulement moins de 20% du corps électoral alors que jusque-là ils détenaient 85% de la représentation nationale.

 

Sur la mondialisation de toute façon, je crois que tout le monde est favorable à des échanges entre les êtres humains du monde entier. Depuis que le monde est monde, les êtres humains et les peuples échangent entre eux. Mais quand on parle aujourd’hui de mondialisation, on parle de Traités de libre-échange qui souvent favorisent les économies dominantes et pillent et exploitent les autres. C’est ce déséquilibre dans les relations qui est insupportable. Beaucoup de concitoyens ont compris que c’est un modèle dangereux pour la planète et pour les êtres humains, qui ne vise qu’à se généraliser. Je crois qu’il y a une majorité contre cela et il ne faut pas se laisser abuser par le résultat des élections présidentielles.

 

Je continu à penser que nous avons un président faible sur le plan de sa base sociale, mais hélas devenu fort institutionnellement. Nous vivons dans une démocratie de faible intensité.

 

 

 

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Atlantico : Marine Le Pen a reconnu avoir fait un mauvais débat d’entre deux tours, et le FN pourrait enregistrer une érosion de son électorat en vue des législatives. Que dites-vous à cet électorat qui a voté Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle ?

Aléxis Corbière : Que le FN a démontré clairement qu’il est un très mauvais opposant face à des libéraux comme M. Macron. C’est le meilleur service que l’on pouvait rendre à Emmanuel Macron que de l’opposer au Front national et à Marine Le Pen. Le vrai adversaire efficace face au projet de M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise.

 

On en a eu la démonstration entre les deux tours, M. Macron ne pouvait gagner que contre Marine le Pen.

 

Premièrement, parce que c’est un programme xénophobe et que ce pays n’est pas xénophobe et ne souhaite pas montrer du doigt nos concitoyens - notamment de confession musulmanes - comme responsable du chômage, de la pauvreté ou même de l’insécurité. Il y en a assez de ces simplifications.

 

On voit aussi qu’elle parle fort mal le discours prétendument social et anti-libéral. Elle vient d’une famille politique d’extrême droite ou l’on se fiche comme d’une guigne des droits des salariés dans une entreprise. C’est d’ailleurs bien ce qui avait de marquant, face à Emmanuel Macron, elle n’avait rien à lui dire puisqu’elle n’a jamais proposé des droits nouveaux pour nos concitoyens tant dans la cité que dans l’entreprise. Alors que nos concitoyens ont soif de justice d’égalité et c’est ça qui peut être majoritaire. Donc le bulletin de vote efficace contre M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et ses 560 candidats de La France Insoumise.

 

Pour en savoir plus :

- L'Union de la gauche, c'est l'union pour quoi faire et avec qui ?

- Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

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