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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 08:10
Parti socialiste : dernière station avant la chute ?

Après Poitiers, on peut se poser la question : faut-il prendre au sérieux les congrès du Parti socialiste ? Après tout, les dirigeants du PS eux-mêmes n’ont pas eu l’air d’y attacher une importance et un sérieux excessifs !

 

Sources :  ENSEMBLE! par François Coustal

A commencer par les fameux « frondeurs » : évidemment, le décalage entre leurs espérances proclamées (avant le vote des motions) et le résultat avait de quoi refroidir leurs ardeurs, s’ils en avaient eu. Bien sûr, après la déconvenue d’un score inférieur à 30%, l’idée de redresser sensiblement et à gauche le cours du PS – pour ne rien dire de celui du gouvernement – avait du plomb dans l’aile. De là à faire acte d’allégeance, comme l’a fait leur porte-parole, Christian Paul au cours du congrès, il y avait sans doute un pas à ne pas franchir. Et qui a été franchi… Au point de se faire voler la vedette par Arnaud Montebourg, c’est dire.

 

Naturellement, certains partisans de la motion B, comme Pouria Amirshahi ou encore Gérard Filoche qui sont, en fait, plutôt rattachés aux traditionnels courants d’opposition de gauche qu’au mouvement des « frondeurs » d’origine plus récente, tentent aujourd’hui de tracer des perspectives ne se limitant pas au Parti socialiste, un pied dedans et un pied dehors. En ce qui concerne le « pied dehors », ils évoquent des regroupements nouveaux, en marge des partis existants (le PS, pour eux), sur le modèle des rassemblements citoyens, de Syriza ou encore de Podemos. Ils demandent que, pour participer à des convergences de ce type, on n’exige pas d’eux qu’ils se renient. Cela, naturellement, peut s’entendre et, donc, doit être entendu. Pour autant, personne ne peut sous-estimer que parmi les conditions nécessaires (sinon suffisantes) à la construction durable d’une alternative de gauche, il y a la rupture en pratique et sans retour avec l’orientation néolibérale aujourd’hui aux commandes, ses hommes et ses partis. On aura sûrement l’occasion d’y revenir…

 

Mais, en ce qui concerne le Parti socialiste à proprement parler, il faut bien se rendre à l’évidence et prendre acte lucidement des deux constats que l’on peut dresser à propos de l’aventure des frondeurs.

 

D’abord, même en présentant le profil politique supposé le plus acceptable – celui de défenseurs des promesses de campagne de F. Hollande et de gardiens du temple de l’esprit du discours du Bourget - ils sont fort minoritaires parmi les socialistes de 2015. Ensuite, ces mêmes frondeurs viennent d’opérer un nouveau recul en prenant acte de la fin de la fronde au sens strict pour, là encore, se présenter maintenant comme les meilleurs défenseurs des « mots de gauche » dont Jean-Christophe Cambadélis a assaisonné sa motion… de soutien au gouvernement de François Hollande et Manuel Valls.

 

S’il faut, naturellement, rester attentif à toute faille qui pourrait apparaître au sein du parti gouvernemental, cet épisode montre quand même que la lucidité la plus élémentaire conduit à ne pas attendre grand chose de ce côté là.

 

Parmi les gens assez désinvoltes avec leurs convictions – affichées ou réelles – il y a naturellement Martine Aubry et sa garde rapprochée. Depuis des mois, une rumeur diffuse en faisait l’inspiratrice, la chef d’orchestre clandestine des frondeurs. Voire l’alternative possible à la direction du parti. Rumeur improbable et, surtout, infondée : dans un premier temps, M. Aubry s’est ralliée arguant de quelques formules ambiguës de la motion majoritaire qui pouvaient, avec beaucoup de complaisance, passer pour un début de démarquage timide et indirect par rapport à l’orientation des plus extrêmes du gouvernement, comme ManuelValls ou Emmanuel Macron. Mais, comme Valls et ses supporters ont également signé la motion majoritaire, on peut leur faire confiance pour en donner l’interprétation adéquate, vu qu’ils sont, eux, aux postes de commandes. On va d’ailleurs rapidement pouvoir le constater lors du retour de la loi Macron à l’Assemblée nationale.

 

Ralliée, Martine Aubry s’est donc réjouie du score de la motion majoritaire, laissant entendre et dire qu’elle jouerait désormais un rôle important dans les instances de direction du PS. Comme si, une fois acquis leur soutien inconditionnel à Hollande et Valls, les instances du PS avaient le moindre rôle à jouer sur la scène politique ! Quant à Martine Aubry, le retour à la réalité a été assez brutal. Sitôt sa partition jouée au congrès de Poitiers, ses alliés si attentionnés de la direction du PS l’ont remerciée comme il se doit : en lui piquant le contrôle de sa fédération locale….

Manuel Valls est évidemment celui qui a manifesté le mépris le plus total vis-à-vis du congrès socialiste : une fois les résultats acquis, Poitiers n’était plus pour lui qu’une étape assez ennuyeuse (mais heureusement écourtée) entre deux moments décidément beaucoup plus fun : le match du Barça à Berlin et les courts de Roland Garros.

 

En fait, il n’y a vraisemblablement que Jean-Christophe Cambadélis qui a savouré à sa juste valeur la réunion de Poitiers. En effet, ce fût vraiment son congrès. Le congrès où il a enfin été élu, lui qui n’était que désigné. Le congrès où chacun a pu reconnaître qu’il possédait une bonne pratique de ce à quoi se réduit la politique quand il n’y a plus ni idées ni convictions : le sens de la manœuvre, l’art des accords, la virtuosité des deals. Pas de quoi, quand même, passer à la postérité …

 

Le congrès de Poitiers a donc sanctionné le soutien largement majoritaire des socialistes à la politique menée par le tandem Hollande – Valls. Ce qui en dit long sur ce qu’est devenu le Parti socialiste. Opposants et éléments critiques avaient mis l’accent sur le fait que ce congrès, le dernier avant 2017, était l’occasion de redresser - ou d’infléchir - l’orientation afin de « réussir la fin du quinquennat ».

 

Il n’en sera rien et tout porte à croire que cette gauche-là s’avance finalement assez insouciante vers la catastrophe finale. Une catastrophe dont, vu précisément ce qu’elle est devenue, elle risque de mettre un certain temps à se relever.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:03
Les trois victoires du gouvernement grec

Avant même la tenue ce lundi du sommet exceptionnel de la zone euro, l'économiste Jacques Sapir tient à saluer sur son blog les "victoires du gouvernement grec". Ainsi, selon lui, que cette réunion "se solde par une capitulation de l’Allemagne et du courant “austéritaire” ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité".

 

Source : le blog de jacques Sapir le 22 juin 2015

Quel que soit le résultat de l’Eurogroupe qui doit se réunir le 22 juin, lundi prochain, il est désormais clair que le gouvernement grec, abusivement appelé « gouvernement de la gauche radicale » ou « gouvernement de SYRIZA », mais en réalité gouvernement d’union (et le fait que cette union ait été faite avec le parti souverainiste ANEL est significatif), a remporté des succès spectaculaire. Ces succès concernent tant la Grèce, où le peuple a retrouvé sa dignité, que les pays européen, ou l’exemple donné par ce gouvernement montre désormais la marche à suivre. Mais, et c’est le plus important, ce gouvernement – dans la lutte sans merci qu’il a mené contre ce que l’on appelle par euphémisme les « institutions », c’est à dire pour l’essentiel l’appareil politico-économique de l’Union européenne, l’Eurogroupe, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne – a démontré que le « roi est nu ». L’ensemble de la structure, complexe et peu transparente de cet appareil politico-économique a été mis au défi de répondre à une demande politique, et c’est avéré incapable de le faire. L’image de l’Union européenne en a été fondamentalement altérée. Quoi qu’il sorte de la réunion de lundi prochain, qu’elle se solde par un constat d’échec ou par une capitulation de l’Allemagne et du courant « austéritaire », ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité. Les peuples des pays européens savent désormais où se trouve leur pire ennemi.

 

 

- L’union européenne sans stratégie.

Le gouvernement grec, dans le cours de la négociation qui a commencé dès la fin du mois de janvier dernier, a été confronté à la position inflexible de ces « institutions ». Mais, cette inflexibilité a traduit bien plus un manque tragique de stratégie, et la poursuite d’objectif contradictoire, qu’une réelle volonté. En effet, on a ainsi compris que ces « institutions » n’entendaient nullement céder sur le principe de l’Euro-austérité, une politique d’austérité à l’échelle européenne mise en place au prétexte de « sauver l’Euro ». C’est pourquoi, elles ont adressé une fin de non recevoir au gouvernement grec dont les propositions étaient raisonnables, comme de nombreux économistes l’ont souligné[1]. Les propositions faites par ces « institutions » ont été qualifiées d’équivalent économique de l’invasion de l’Irak en 2003 par un éditorialiste qui n’est nullement classé sur la gauche de l’échiquier politique[2]. Il faut comprendre cela comme un terrible aveu d’échec. Une position a été publiquement défendue par les représentants de l’Union européenne, alors qu’elle n’était nullement fondée sur la réalité, et qu’elle n’avait pour sa seule défense que l’idéologie la plus étroite. Ces représentants ont été incapables de faire évoluer leurs positions et se sont enferrés dans un argumentaire très souvent mensonger tout comme le gouvernement américain s’était enferré sur la question des armes de destruction massive attribuées à Saddam Hussein.

 

Dans le même temps, ces « institutions » ont toujours proclamé leur volonté de garder la Grèce au sein de la zone Euro. Il faut ici comprendre l’immensité du paradoxe : on prétend une chose alors que l’on fait tout pour que son contraire survienne. Car, si les pays de l’Eurogroupe voulait réellement que la Grèce reste au sein de la zone Euro, ils devaient reconnaître que le pays avait besoin d’une effort d’investissement important sur plusieurs années, et qu’il fallait donc que l’Eurogroupe finance ce plan d’investissement. Poursuivant ainsi deux objectifs contradictoires, à la fois l’austérité et la volonté de grader la Grèce dans la zone Euro, il est plus que probable que les « institutions » vont perdre sur les deux tableaux. La Grèce va sortir dans les faits de la zone Euro, et la politique d’Euro-austérité sera mise en échec, avec des conséquences politiques tant en Espagne qu’en Italie.

 

Le gouvernement grec, en tenant bon jusqu’à présent aux demandes des « institutions » européennes, fait éclater au grand jour la contradiction de la politique de l’Union européenne. Par son attitude, il en souligne l’incohérence. Mais, il met aussi en évidence une autre chose : la malformation congénitale de la zone Euro.

 

 

- L’Euro, dangereux avorton monétaire.

La question cependant se pose alors de comprendre pourquoi les « institutions », et en leur sein des personnalités politiques comme Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, François Hollande, ont-ils été incapables de voir que, faute de ce grand plan d’investissement qui permettrait à l’appareil productif grec de retrouver sa compétitivité d’avant la mise en place de l’Euro, la Grèce ne pouvait pas survivre au sein de la zone Euro. La réponse est assez simple : c’est la fragilité intrinsèque de la zone Euro elle-même, à laquelle s’additionne l’investissement tant politique que symbolique que ces dirigeants ont consenti dans sa mise en place.

 

L’Euro se présente comme une « monnaie unique » pour les pays qui l’utilisent. Cela se reflète dans la structure technique de l’Euro. L’existence des comptes target2 et de la compensation entre l’Euro « allemand », « français », « italien » ou « grec », montre bien que nous ne sommes pas en présence d’une véritable « monnaie unique » mais d’un système établissant une règle de fer quant à la parité relative des monnaies[3]. En réalité, l’Euro est un régime de change fixe (comme l’était l’étalon-Or) déguisé en monnaie unique car il n’y a pas de fédéralisme budgétaire, fiscal ou social. La construction de ce fédéralisme économique est une des conditions nécessaires pour qu’une monnaie unique puisse fonctionner sur des territoires très hétérogènes[4].

 

L’idée que la mise en place de l’Euro allait, en raison même de ces absences d’institutions fédérales, provoquer le mouvement politique qui conduirait à leur construction s’est avérée fausse. J’ai le plus grand respect pour ceux qui, au sein des économistes, continuent de plaider pour la mise en place de ces institutions fédérales, mais c’est un respect qui est bien plus justifié par leur obstination que pour leur intelligence. Ils sont obstinés, en effet, mais la réalité a tranché. Il n’y aura pas de construction fédérale, et l’Euro sera condamné à n’être qu’un avorton monétaire, dont la survie n’engendre que des crises à répétition. Et cette démonstration nous la devons au gouvernement grec.

 

 

- L’Euro, fausse « monnaie unique ».

Mais, le gouvernement grec a fait une troisième démonstration, celle de la fragilité intrinsèque de l’Euro. S’il y a bien quelqu’un qui a conscience de l’extrême fragilité de la zone Euro, un point que j’avais souligné dans un article datant de 2006[5], c’est le Président de la Banque Centrale Européenne lui même, M. Mario Draghi. Il faut écouter, et lire, ce qu’il a dit dans la conférence de presse qu’il a donné en novembre 2014 : « So it should be clear that the success of monetary union anywhere depends on its success everywhere. The Euro is – and has to be – irrevocable in all its member states, not just because the Treaties say so, but because without this there cannot be a truly single money ». (Il doit être clair que le succès de l’Union monétaire dans n’importe quel pays dépend de son succès dans tous les pays. L’Euro est – et doit être – irrévocable dans tous les Etats membres, non pas parce que ainsi le disent les Traités, mais parce que sans cela il ne peut y avoir véritablement de monnaie unique).

 

C’est une déclaration d’une extrême importance. Draghi affirme qu’un échec local de l’Euro impliquerait un échec global. Or, rien dans la théorie économique ne va dans son sens. Hier, quand l’Etat libre d’Irlande s’est séparé du Royaume-Uni, cela n’a pas provoqué de crise de la Livre Sterling. Si, demain, la Cachemire sortait de l’Union Indienne et adoptait sa propre monnaie, cela ne remettrait pas en cause la Roupie pour les autres Etats de l’Union indienne. Mais, ce que dit Draghi, si ce n’est pas conforme à la théorie et à la pratique des unions monétaires, est effectivement exact dans le cas de l’Euro. Il en est ainsi parce que l’Euro n’est pas une union monétaire complète, et ne peut pas l’être dans le monde réel, et qu’il n’est qu’un subterfuge pour faire adopter aux pays européens une règle de stabilité des parités monétaires dont l’Allemagne avait le plus grand besoin pour développer son commerce et son économie. Faute des mécanismes assurant la plénitude de l’Union monétaire, et l’on sait que cela impliquerait des transferts très importants des pays d’Europe du Nord (et dans l’essentiel de l’Allemagne) vers les pays de l’Europe du Sud, l’Euro restera incomplet, et dans les faits un avorton monétaire. Telle est la raison pourquoi les dirigeants européens sont tellement affolés devant la perspective du « Grexit ». Cette perspective n’est pas celle d’une apocalypse comme le prétend le Président de la Banque Centrale de Grèce dont on ne lit que trop bien le jeu politique malsain. Des voix, aujourd’hui toujours plus nombreuses, commencent à dire que la sortie de la zone Euro pourrait être pour la Grèce un moindre mal[6]. Là encore, nous devons cette démonstration au gouvernement grec, auquel nous serons largement redevable dans les années qui viennent.

 

Sur ces trois points, il est donc clair que le gouvernement grec a déjà remporté des victoires essentielles. Ces victoires, et l’exemple qu’il a donné tant en interne avec la décision des dirigeants de Syriza de s’allier aux souverainistes de l’ANEL qu’en externe dans son comportement vis-à-vis des « institutions », seront les acquis les plus précieux de la crise grecque, et ceci quel qu’en soit son dénouement.

 

Notes :

[1] A. Sen, « The economic consequances of austerity », The New Statesman, 8 juin 2015, http://www.newstatesman.com/politics/2015/06/amartya-sen-economic-consequences-austerity, Galbraith J., 16 juin 2015, http://www.project-syndicate.org/commentary/imf-greece-debt-restructuring-by-james-k-galbraith-2015-06

[2] Evans-Pritchard A., « Greek debt crisis is the Iraq War of finance », The Telegraph, 19 juin 2015, http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11687229/Greek-debt-crisis-is-the-Iraq-War-of-finance.html

[3] Voir Coppola F., « Mario Draghi and the Holy Grail », 18 juin 2015, http://coppolacomment.blogspot.co.uk/2015/06/mario-draghi-and-holy-grail.html

[4] Sapir J., “Différenciation régionale et fédéralisme budgétaire en Russie” in Critique Internationale n°11, avril 2001, pp. 161-178.

[5] Sapir J.,  La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme » in Perspectives Républicaines, n°2, Juin 2006, pp. 69-84.

[6] Munchau W., « Greece has nothing to lose by saying no to creditors », Financial Times, 14 juin 2015, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/5e38f1be-1116-11e5-9bf8-00144feabdc0.html#axzz3d3G2O5Is

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce: Varoufakis interpelle Merkel et taille un costard à Bruxelles

- Grèce. Bougez-vous, Monsieur Hollande !

- Hollande, l'allié rêvé de Tsipras qui lui a fait faux bond

- La Grèce et l’Europe sous la coupe d’une junte financière

- Athènes reprend la main face aux créanciers

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 09:46
1967 coup d’état, Athènes

1967 coup d’état, Athènes

  • Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé !
  • Des fonctionnaires européens avouent désormais ouvertement que l’objectif est de procéder à un changement de gouvernement en Grèce.
  • Les peuples d'Europe doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.

 

Source :  le blog de Dimitri Alexakis   par Dimitri Alexakis | mis à jour le 03 janvier 2017

Les rumeurs d’élections distillées depuis deux jours par les créanciers de la Grèce, l’inquiétude pour les «Grecs qui souffrent» exprimée avant-hier sur les ondes d’une radio française par le président de la Commission (qui a bien pris soin d’ajouter que c’était du «peuple» qu’il se souciait, et non de son «gouvernement» ni de son «Parlement»), la récente douche froide de Bruxelles (la délégation hellénique face à des interlocuteurs expliquant qu’ils n’avaient pas mandat pour négocier, l’interruption consécutive de cette réunion au bout de 45 minutes), le report des négociations à la fin juin, la campagne de dénigrement du gouvernement grec orchestrée par le FMI, la Commission européenne et les principaux quotidiens allemands et français («Die Welt», «Bild», «Le Figaro», «Le Monde»), campagne à laquelle le chef de file des sociaux-démocrates allemands vient d’apporter une lourde pierre et dont l’intensité a manifestement franchi un cap depuis deux ou trois jours ― tout cela, combiné à la fuite des capitaux en cours et à l’effondrement de la Bourse d’Athènes, montre que ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de coup d’État financier et politique perpétrée contre le gouvernement grec, un gouvernement élu par le peuple il y a à peine moins de cinq mois.

 

L’objectif semble bien être de faire tomber le gouvernement d’Alexis Tsipras en utilisant le levier de la panique bancaire et, en sapant les fondements mêmes de l’économie du pays, de réduire à néant le soutien politique que le peuple grec continue d’apporter à ses représentants.

 

Il s’agit d’un coup d’État invisible, sans tanks dans les rues d’Athènes, sans bain de sang, sans images, dans le droit fil de la stratégie insidieuse d’étranglement adoptée par nos «partenaires» dès le 18 février (suspension par la BCE du principal mécanisme de financement des banques grecques), dans le droit fil aussi de la stratégie qui avait conduit ces mêmes partenaires à court-circuiter en 2011 les procédures démocratiques pour placer un banquier et un technocrate (Lukas Papademos, Mario Monti) à la tête des gouvernements grec et italien.

 

Une tentative de coup d’État que les peuples de l’Union européenne, et le peuple grec lui-même, sont d’ores et déjà invités à cautionner.

 

Ces peuples doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur

de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- La Grèce et l’Europe sous la coupe d’une junte financière

- Intervention d’Alexis Tsipras devant le groupe parlementaire de Syriza, 16 juin 2015

- La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du Comité sur la dette

- Dette illégale : "les résultats renforcent la position de la Grèce dans les négociations"

- Trois paires de claques : la Grèce en route vers la sécession

- Parti de Gauche : A Berlin, Bruxelles et Paris… Les austéritaires contre la démocratie

- Grèce. Etrangler un gouvernement

- l’objectif est de procéder à un changement de gouvernement en Grèce

- Non, la Grèce n'a pas reçu l'aide à la Grèce... l'acharnement médiatique et l'asphyxie des créanciers qui ont visé l'an dernier le gouvernement Tsipras I n'était rien d'autre que politique

Grèce : un coup d’État financier et politique est en cours !
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 08:08
Analyse : les mutations du paysage politique en France

Sources :  A l'encontre par François Sabado du NPA le 31 - mai - 2015

On a souvent abordé la situation française comme une « exception », en Europe. On parle de l’exception française, en faisant référence à une histoire encore marquée par la Révolution française de 1789.

 

Cela recouvrait, en fait : un certain type d’acquis sociaux, un puissant service public, un Etat fort, un mouvement ouvrier important et dynamique, un haut niveau des luttes de classes, des droits sociaux et des libertés démocratiques et laïques arrachées par des mobilisations populaires historiques.

 

Si l’Etat fort s’est maintenu, toutes les conquêtes sociales ont été remises en cause dans les dernières années.

 

La longue durée de la contre-réforme libérale depuis la moitié des années 1980, en France, son accélération avec la crise ouverte en 2008, la politique d’austérité et l’œuvre de démolition sociale entreprise par le gouvernement socialiste de Hollande ont déconstruit et démantelé ce qui a constitué cette exception française. Il ne s’agit pas d’un effondrement, mais d’une déconstruction, d’un démantèlement progressif.

 

 

- Des bouleversements socio-économiques

Les politiques d’austérité menées ces dernières années ne sont pas les énièmes politiques d’austérité, elles ont une tout autre ampleur. Elles visent un double objectif : Le premier, consiste à liquider ce qui reste du « modèle social français » qui est considéré par les classes dominantes comme un des principaux obstacles dans la concurrence capitaliste mondiale. Le deuxième, c’est de réorganiser la société, en passant de « l’économie généralisée de marché à la société de marché », privatisant, dérégulant et précarisant la vie économique comme sociale. D’où, le caractère central des « réformes du marché du travail » avec une déréglementation des relations sociales, une déconstruction du Code du travail qui affaiblissent les positions des salarié·e·s et renforcent celles du patronat. Ces politiques s’accompagnent aussi d’un chômage massif – en réalité, près de 20% de la population active –, d’une baisse du pouvoir d’achat avec le blocage des salaires et des retraites et d’une augmentation substantielle des impôts. La précarité a explosé.

 

Les politiques de réduction des budgets sociaux, des dotations des collectivités territoriales, du système de santé, de l’école publique, aggravent les conditions de vie des classes populaires. Les politiques d’aides et de cadeaux au patronat se sont traduits par un transfert de richesses de plusieurs dizaines de milliards qui sont allés des ménages vers les profits capitalistes. Certes, les conséquences de la crise ne sont pas aussi fortes qu’en Grèce, au Portugal ou en Espagne. La France reste la sixième puissance mondiale, il lui reste des positions importantes sur le marché mondial, elle a pu faire fonctionner une série d’amortisseurs sociaux face à la crise, mais les effets des politiques d’austérité sont dévastateurs. La reprise économique que connaissent l’Europe et le pays ne se traduit pas en emploi et en pouvoir d’achat. Il y a un appauvrissement des classes populaires, voire des processus de décomposition sociale dans certaines banlieues ou quartiers. Aux politiques d’austérité s’ajoutent des dérives autoritaires ; au nom de la politique antiterroriste, on remet en cause des droits démocratiques fondamentaux. On n’avait pas vu, en France, une telle situation où la gauche est liberticide, depuis la guerre d’Algérie.

 

Mais à la crise économique et sociale, s’ajoute une crise politique, justement parce que c’est la gauche (PS) qui fait cette politique, qui s’est attaquée aux travailleurs, qui a perdu toute une partie de sa base sociale et donc qui ne peut s’appuyer pour diriger que sur une assiette sociale et politique fort rétrécie.

 

 

- La transformation bourgeoise du Parti socialiste

En 2012, les socialistes occupaient tous les pouvoirs institutionnels : Présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les principales villes, dans les départements et dans quasiment toutes les régions. Aujourd’hui, ils les ont perdus ou vont les perdre. Aux dernières élections départementales où l’abstention a été de près de 50%, le PS n’est plus que le 3e parti avec 21 %, derrière le Front National avec 25% et la droite conservatrice avec 29%. Ils sont passés de 280’000 adhérents en 2006 à 130’000 adhérents en décembre 2014. Seulement 70’000 « militant·e·s » ont voté pour le prochain congrès. Mais le PS français ne connaît pas de « Pasokisation. Il compte encore plus de 20 % des suffrages. Il n’y a pas d’effondrement. La France n’est pas la Grèce. Cela renvoie aux différences de niveau de la crise dans les deux pays. Mais il y a un affaiblissement considérable du PS et surtout un changement de la nature profonde de ce parti. Il y a, ce qu’on pourrait appeler une accélération dans la transformation bourgeoise de la social-démocratie. Un processus qui vient de loin, mais qui s’accélère. Cette transformation s’est traduite par une intégration sans précédent des appareils de la social-démocratie dans les sommets de l’État et de l’économie globalisée. Les partis socialistes sont devenus « de moins en moins ouvrier et de plus en plus bourgeois ». La brutalité des politiques néolibérales endossées par la social-démocratie sape ses bases sociales et politiques.

 

Certains théoriciens du PS en France – les animateurs du « Think tank » Terra Nova – en ont conclu qu’il fallait changer les cibles sociales de la social-démocratie. Les ouvriers, les employés et les techniciens, devaient être remplacés par les cadres, les professions libérales et les couches supérieures du salariat. Bref, il fallait « changer de peuple ». La composition des organes de direction s’est, aussi, modifiée : les enseignants, les bureaucrates syndicaux, les avocats, (« les bistrotiers », ajoutait à l’époque Trotski), ont laissé place aux énarques [sortis de l’Ecole nationale d’administration], technocrates et financiers. Au point que les partis socialistes connaissent une espèce de dévitalisation, une rupture avec des pans entiers de leur histoire. Les adhérents sont remplacés par des professionnels de la politique : élus et assistants d’élus. Les politiques de l’Union européenne (UE) ont aggravé cette mutation qualitative. Sous des formes différentes, les partis socialistes se transforment en partis bourgeois. Deviennent-ils pour autant des partis bourgeois comme les autres ? Pas tout à fait, le fonctionnement de l’alternance exige des PS qu’ils marquent leur différence avec les autres partis bourgeois. Ils restent liés, par leur origine historique, au mouvement ouvrier, mais ce ne sont plus que des traces qui s’effacent dans la mémoire des militant·e·s. Cela crée néanmoins des contradictions et des oppositions au sein de ces partis. Ils peuvent garder un certain rapport au « peuple de gauche », même s’il est de plus en plus distendu. Cette mutation qualitative, si elle allait jusqu’au bout, transformerait ces partis en « partis démocrates à l’américaine ».

 

Cette transformation bourgeoise néolibérale – néolibérale est plus juste que social-libéral, car il n’y a pas grand-chose de social dans cette évolution de la social-démocratie – est maintenant cristallisée, mais elle n’est pas suffisante pour les courants les plus à droite des Partis socialistes. En France, par exemple, Manuel Valls [Premier ministre du Président François Hollande] a déclaré plusieurs fois, qu’« il fallait liquider toutes les références sociales- démocrates ». Emmanuel Macron, banquier et ministre des Finances de Hollande, a renchéri en appelant, lui aussi, à l’abandon de « toutes les vieilleries de la gauche ». Ce qu’ils veulent, c’est transformer le processus en cours en tendance achevée, quitte à casser le Parti socialiste. C’est une hypothèse qui, en cas de nouvelle débâcle aux prochaines présidentielles de 2017, peut emporter le PS. Les droites du PS sont, aujourd’hui, à l’offensive mais force est de constater que face aux tenants de la marche forcée vers la transformation néolibérale, les diverses oppositions ne renouent pas avec un réformisme classique et encore moins avec les idées des courants de gauche historiques de la social-démocratie. Les politiques néolibérales ne sont corrigées qu’à la marge. Les dirigeants de l’opposition interne au PS ont voté pour le « Pacte budgétaire européen » (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, signé en mars 2012.) Ils ont voté à l’Assemblée nationale pour l’ANI (Accord sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi) – une déréglementation des relations sociales – et l’allongement de l’âge de la retraite. Les années de contre-réforme néolibérales et les reculs qu’a connus le mouvement ouvrier en Europe sont passés par là. L’horizon de ceux qui au sein des partis socialistes s’opposent aux « trahisons » les plus criantes reste borné par les fondamentaux des politiques néolibérales.

 

 

- La droite et l’extrême droite à l’offensive

Du coup, cette politique conduit à la déroute électorale. A cette étape, la droite et l’extrême droite qui sont en pointe. Il est toujours hasardeux de se lancer sur des pronostics. Mais le plus probable, pour la prochaine élection présidentielle, c’est un deuxième tour à la présidentielle de 2017 entre le candidat de droite et Marine Le Pen. Le candidat socialiste sera éliminé au premier tour. Il ne peut compter que sur les « affaires judiciaires » qui peuvent liquider Sarkozy ou des divisions de la droite, telles, que celle-ci ne pourrait participer au deuxième tour de la présidentielle. Ces divisions sont un vrai problème pour la droite française. Elle bénéficie d’une poussée comme dans presque tous les pays d’Europe, mais, en France, il y a le Front national qui pèse de tout son poids – 25 % – sur la droite traditionnelle et qui la fissure. Il y a ainsi deux grands courants dans la droite. Un courant incarné par Sarkozy qui chasse sur les terres politiques du FN Front national), « pour le contenir et regagner des électeurs ». Il y a d’ailleurs dans une série de régions une réelle porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite. Elle reprend ses thématiques racistes, autoritaires. Et un courant de la droite et du centre qui garde ses distances vis-à-vis des thèmes du FN. Les deux courants se situant dans le cadre de l’UE, à la différence du Front National. Jusqu’à maintenant, la droite a contenu la poussée de l’extrême droite, mais jusqu’à quand ?

 

Le Front national occupe déjà, une place centrale dans la vie politique. Avec ses 25 %, il s’est enraciné. Il a aujourd’hui un électorat populaire. Une question reste ouverte, ce sont les conséquences de la crise actuelle au sein de sa direction et de la famille Le Pen, puisqu’aujourd’hui la crise politique globale, touche maintenant, le Front national. Cette crise exprime des intérêts de clans, de cliques, des batailles financières, mais c’est aussi l’expression d’une lutte politique interne. Le Front national n’est pas un parti fasciste comme dans les années trente parce que nous ne sommes pas dans les années trente. L’origine de sa direction est fasciste, ses thèmes nationaux-socialistes reprennent les thématiques classiques de l’extrême droite, la préférence nationale, le racisme anti-immigré et anti-musulman sont au centre de sa politique. Ce n’est pas un parti fasciste, mais n’est pas un parti bourgeois comme les autres. Avec 25 %, il est confronté au problème du pouvoir. Et il y a visiblement un débat violent : il y a le vieux Jean-Marie Le Pen, pour qui l’accès au pouvoir est lié à l’effondrement du système et son remplacement par le mouvement nationaliste. Et il y a une autre stratégie, majoritaire dans le FN, actuellement, autour de Marine Le Pen qui vise à conquérir des positions dans le système pour diviser et exploser la droite traditionnelle afin d’en subordonner une partie importante. Mais ce n’est pas, comme en Italie, un projet à la Gianfranco Fini. Ce dernier, issu du Mouvement social italien, puis créateur de l’Alliance nationale en 1995), a rejoint en 2009 la formation de Berlusconi, Le Peuple de la liberté, avant de s’en séparer en 2010. Il fut ministre des gouvernements Berlusconi II et III.

 

La majorité du FN ne veut pas passer des alliances où elle serait en position subordonnée. Ses dirigeants veulent casser la droite et la remplacer. Du coup, ils sont dans une impasse, car en ne passant pas d’alliances ils ne peuvent franchir un certain seuil, sauf si la crise s’aggrave et que la droite traditionnelle explose. Pour le moment la droite contient cette pression, mais jusqu’à quand ?

 

Le plus préoccupant, au-delà des phénomènes électoraux, est une modification en profondeur de la société française. Tout un système de représentations sociales, culturelles, idéologiques est en train d’exploser. L’individualisme forcené, le rejet des solidarités, le racisme, l’islamophobie, l‘antisémitisme, la guerre des pauvres contre les pauvres avec une dénonciation hystérique de « l’assistanat ». Il y a quelques années, le PCF avait utilisé une formule pour exprimer la montée de phénomènes réactionnaires : « la société vire à droite ». On peut discuter la formule, mais on a un mouvement de ce type qui est la conséquence de la faillite de la gauche. Ainsi, si les manifestations (15 janvier 2015) contre l’attentat qui a frappé « Charlie » (7 janvier) ont suscité une réaction démocratique et humaniste de plusieurs millions de personnes dans les rues du pays. Cela ne s’est pas traduit par une baisse du racisme. Les réactions, favorisées par l’attitude des gouvernements et de l’Union Européenne, face aux migrants en Méditerranée, enregistrées dans les enquêtes d’opinion sont assez terribles. Elles montrent bien le degré « d’inhumanité » atteint dans des secteurs de la population.

 

 

- Des pistes pour une alternative anticapitaliste

« Vous ne voulez plus des classes ni de leur lutte ? Vous aurez les plèbes et les multitudes anomiques. Vous ne voulez plus des peuples ? Vous aurez les meutes et les tribus. Vous ne voulez plus des partis ? Vous aurez le despotisme de l’opinion ! »

Daniel Bensaïd, Éloge de la politique profane

 

Et dans ce cadre quelle est la situation du mouvement ouvrier : une dégradation du rapport de forces. Les courbes de la lutte de classes sont déclinantes. Nous sommes, aujourd’hui, en France, à un des points les plus bas depuis les années 1960. Les effectifs des organisations syndicales et des partis de gauche – toutes tendances confondues – reculent. La CGT (Confédération générale du travail), première organisation syndicale du pays, a connu une énorme crise de direction autour de problèmes de corruption. Pourtant les résistances sociales existent : luttes sur les salaires, sur l’emploi, manifestations d’enseignants, de soignants, des mobilisations écologistes. Toutefois, jusqu’à ce jour, elles n’ont pu bloquer les contre-réformes néolibérales et les attaques patronales. Pourtant, quand tous les verrous politiques et institutionnels sont bloqués, il peut y avoir des explosions sociales, mais comme l’indique la citation de Daniel Bensaïd, le problème, c’est le sens de ces explosions. La lutte de classes continue. Elle est aujourd’hui surtout menée par le patronat. Elle donne lieu à des résistances élémentaires, elle peut donner lieu à de brutales irruptions sociales. Le problème, c’est la traduction politique, en termes de conscience et d’organisation. Et là, il y a un vrai problème, dans la situation actuelle, en France.

 

Différence avec la Grèce et l’Espagne. Il n’y a pas de Syriza ou de Podemos en France, avec bien entendu les différences politiques et historiques entre les deux formations. Depuis 1995, il y a eu trois expériences politico-électorales et j’insiste sur la forme électorale de ces expériences. En 1995 avec Arlette Laguiller et Lutte Ouvrière ; en 2002 et 2007 avec la LCR – puis le NPA – et Olivier Besancenot ; et en 2010-2012, avec le Front de gauche et Jean Luc Mélenchon, qui ont obtenu en 2012 plus de 4, 5 millions de voix. Trois expériences qui ont montré les potentialités de réorganisation politique à la gauche de la gauche, mais aussi leurs limites et leur échec. Cela explique aussi l’espace laissé libre pour le Front National.

 

La gauche radicale est morcelée, en retrait, divisée sur ses rapports au PS. Le PCF s’est relancé avec le Front de gauche, mais il continue à décliner. Il compte moins de 40’000 membres. Il n’arrive surtout pas à rompre avec la direction du PS. Il refuse, certes de suivre le néolibéralisme de François Hollande et Valls, mais il est tout disposé à relancer une « union de la gauche » avec les Verts ou les opposants internes au PS, qui ont voté les principales contre-réformes du gouvernement. Mélenchon occupe une position plus à gauche, plus délimitée, que le Parti socialiste. Mais certaines de ses positions sont dominées par un nationalisme anti-allemand ou des sympathies pour Poutine dans le conflit ukrainien, ce qui complique les conditions pour discuter d’une alternative politique. Comment reconstruire une alternative sociale et politique anticapitaliste ? C’est la difficulté que nous avons, en essayant d’éviter les écueils sectaires ou les adaptations aux forces réformistes de gauche dominantes. Nous tentons d’y répondre :

 

  • par la construction de luttes ou de mobilisations sociales, en essayant d’obtenir des victoires partielles sur des questions sociales, en particulier sur les questions salariales, où il y a eu dans la dernière période, une série de luttes. Le terrain de la lutte démocratique contre tous les racismes comme le combat contre le FN – en particulier contre les effets de ses politiques discriminatoires dans les villes qu’il contrôle – doit être investi par les militant·e·s. En se saisissant de toutes les nouvelles configurations des mouvements sociaux : espaces urbains et pas seulement les usines, places, occupations. Dans les années quatre-vingt-dix, Daniel Bensaïd, mettait en garde contre « l’illusion sociale » et la sous-estimation des questions politiques. Aujourd’hui, tout en nous saisissant de tous les points d’appui politiques et institutionnels, il faut, plutôt se garder des « illusions politico-électorales », et rappeler que tout processus de transformation radicale doit s’appuyer sur l’auto-émancipation des travailleurs, leur auto-organisation, sur l’action directe ;
  • par une politique unitaire dans les luttes comme dans l’action politique pour rassembler toutes les forces qui rompent avec le PS. Ce n’est pas une coquetterie. Dans une situation de confusion, de rejet du PS, il faut, en même temps avancer un programme d’urgence anti-austérité à dynamique anticapitaliste et une démarcation nette vis-à-vis du PS, même si c’est difficile.
  • Nous n’avons pas d’expérience de type Syriza ou Podemos – même si, nous le soulignons, ces deux phénomènes ne sont pas identiques –, mais il y a une idée forte, c’est la nécessite de reconstruire un mouvement social et politique, neuf, extérieur aux vieilles organisations traditionnelles du mouvement ouvrier, une nouvelle représentation politique. Cela passe par une série d’action et de débats unitaires auxquelles nous ne sommes pas toujours préparés ou qui sont refusés par les sectaires.

 

 

- Eléments de conclusion…

La conjonction de la longue durée de la contre-réforme néolibérale commencée à la fin des années 1970 – approfondie avec la crise de 2008 —, les destructions du stalinisme, les effets du « bilan du siècle » pour le mouvement ouvrier, toutes tendances réunies, la réorganisation très partielle d’un nouveau mouvement, ses différenciations, ses fragmentations, tout cela concourt à la fin du mouvement ouvrier historique. Cela est lié à la fin d’un type de capitalisme qui a modelé ce mouvement ouvrier durant des décennies, d’une certaine manière à la fin d’une époque… Pas à la fin de la lutte de classes, qui continue, mais qui produira de nouvelles expressions, de nouvelles organisations, avec le croisement de segments de l’ancien et du nouveau.

 

Il faut donc participer à la reconstruction, dans une conjoncture de dégradation des rapports de forces, mais surtout dans une période historique transitoire, instable, dans une situation du « déjà plus » – le capitalisme d’après-guerre, le mouvement ouvrier du siècle dernier — et du « pas encore », des luttes sociales et politiques d’ampleur qui produisent de la politique mais surtout de nouvelles expériences de construction de mouvements sociaux et politiques.

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 08:10
Photo : assemblée représentative du M6R le 6 juin 2015

Photo : assemblée représentative du M6R le 6 juin 2015

Je publie ici en guise de tout premier billet un appel à rejoindre le m6r et à participer ainsi à une expérience inédite de démocratie.

En effet, après lecture de nombreux billets et commentaires appelant à la constitution de mouvements citoyens type Podémos et Siryza, il me semble que le Mouvement 6ème République est une réponse tout à fait pertinente à cette aspiration commune. Je reprends ici - modifié - le texte que l'ai publié en commentaire sur un autre post pour lui donner si possible plus de visibilité.

 

Source : Le blog de Grégoire Feybesse|1] le 08 Juin 2015

Le m6r a été crée en 2014 par Jean-Luc Mélenchon, par le biais d'un appel très sobre à rejoindre le mouvement pour entamer le processus devant mener à la convocation d'une assemblée constituante. L'idée de départ est simple : le manque de démocratie de la 5ème république est un constat déjà très largement partagé, alors pourquoi ne pas s'appuyer sur ce celui-ci pour susciter un élan constructif et contribuer à donner au peuple le sentiment de sa propre puissance, aider à créer les conditions de sa prise de pouvoir ?

 

 

- Des exemples simples de réformes institutionnelles nécessaires selon le m6r permettent de donner corps à cette vision et d'en souligner le potentiel révolutionnaire :

  • droit de révoquer les élus.
  • non cumul des mandats.
  • parité dans les assemblées.
  • référendum d'initiative populaire permettant de donner au peuple le pouvoir de créer ou d'abroger des lois (et un référendum non soumis à validation de l’exécutif, contrairement à l'arnaque mise en place sous Sarkozy).

 

Depuis, le m6r a grandi (presque 87 000 signataires), et surtout, il s'autonomise à bon train. Lors de la première assemblée représentative du mouvement (le 6 juin dernier), Jean-Luc Mélenchon a symboliquement annoncé sa mise en retrait du mouvement et ainsi remis les clefs aux signataires. Chose inédite dans le paysage politique français, c'est ce qui s'est passé ! Les membres de l'assemblée ne se sont pas fait priés pour réclamer l'installation d'une démocratie à l'intérieur du mouvement plus avancée que n'importe où ailleurs.

 

 

- Petit aperçu, pêle-mêle de ce qui a été affirmé par cette première assemblée[2] :

  • révocabilité des élu-e-s (y compris en interne au m6r).

  • non cumul des mandats (idem).

  • parité de l'assemblée représentative du m6r.

  • horizontalité du mouvement et organisation décentralisée (du local vers le national).

  • auto-dissolution de l'assemblée représentative, en faveur d'une nouvelle assemblée élue suivant des principes plus démocratique (élection et tirage au sort) et sans cooptation.

  • référendum d'initiative populaire à l'échelle du mouvement.

  • indépendance proclamée vis à vis des partis politiques et des intérêts financiers.

  • affirmation des valeurs dont le mouvement est porteur : "Pour une République sociale, démocratique, laïque, féministe, écologique et émancipatrice".

  • diffusion en streaming et archivage de l'ensemble des travaux de la première assemblée représentative, la plaçant ainsi sous le contrôle des signataires de l'appel du m6r.

 

Parmi d'autres, dont un fonctionnement déjà transparent du point de vue financier (financement par dons des citoyens, comptes publiés). Alors certes, ce mouvement n'est pas encore parfait, et il y a de nombreuses zones d'ombre à éclaircir, mais dans quel parti politique, gauche et droite confondus, une telle démocratie existe-t-elle ? D'après d'anciens camarades de ce mouvement, même pas chez Nouvelle Donne.

 

Bien sûr, il ne s'agit pas de remplacer tel ou tel parti. Il s'agit simplement d'un mouvement citoyen qui essaie de s'auto-organiser pour rendre majoritaire dans le pays l'idée de convoquer une assemblée constituante.

 

En parallèle, le m6r élabore et propose un contenu souhaitable pour cette république et se propose de donner l'exemple à travers son propre fonctionnement. De plus, nous bénéficions d'une plate-forme de débat en ligne (Nous le Peuple) mise au point et régulièrement améliorée par des informaticiens bénévoles suivant les demandes des membres. Si elle est loin d'être parfaite à ce jour, elle permet néanmoins aux citoyens de débattre et de voter directement pour telle ou telle proposition, faisant vivre la démocratie, et contribuant à donner corps à l'horizontalité proclamée.

 

Donc n'hésitez pas à nous rejoindre, et inutile pour cela de quitter les partis auxquels vous appartenez, on accepte tout ceux qui se reconnaissent dans l'appel (voir m6r.fr). Plus on sera de fous...

 

Note :

[1] - Elu à l'Assemblée représentative du M6R, représentant du Poitou-Charentes

[2] - un compte rendu un peu plus étoffé ICI

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- Appel du M6r.fr : Reprenons la main sur nos institutions

- Jean-Luc Mélenchon : Le M6R s'émancipe et vit sa vie

- Le M6R a choisi son assemblée représentative

- Cahier d'un membre de l'Assemblée Représentative du M6R

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 08:15
Grèce, France, Europe : l'austérité tue, la démocratie meurt.

RÉSISTONS! MANIFESTATION À PARIS 15 H

SAMEDI 20 JUIN - rendez-vous STALINGRAD

 

Sources :  Avec les Grecs le 12 juin 2015

En Grèce et dans de nombreux pays européens, les puissances de l’austérité bafouent les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elles érigent des murs aux frontières et provoquent ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd’hui, les institutions européennes et gouvernements tentent de faire plier la Grèce, d’étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

 

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l’appel des mouvements grecs « Unis contre l’austérité et l’injustice sociale ».

 

 

- A l’appel du mouvement social grec :

« Le peuple grec en votant en faveur d’un gouvernement de gauche pour les soutenir, a décidé de briser le consensus néolibéral. La solidarité et le soutien populaire massif permettront d’atteindre le meilleur résultat dans l’affrontement entre notre camp et l’élite politique et économique européenne. Luttons pour une Europe de la dignité et de la solidarité et contre une Europe de profit, une Europe forteresse. Nous appelons toutes les forces sociales et politiques à  participer à la semaine de solidarité et à construire des coalitions nationales puissantes pour soutenir la lutte européenne contre l’austérité. »

 

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d’une pétition ayant rassemblé plus de 20 000 signatures « La Grèce, une chance pour l’Europe ».

 

 

- La Grèce, une chance pour l’Europe :

« Nous demandons instamment à François Hollande de s’opposer à l’étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l’initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d’étude, pour dire ensemble: nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe, »

 

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages.

 

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin. Départ 15h  de Stalingrad pour la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif.

 

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, votre Europe n’est pas la nôtre !

 

 

- Collectif Avec les Grecs    

ALG : ATTAC, Bloco des Esquerda France, CADTM, Collectif Roosevelt, Compagnie Erinna / Grèce Résistante, Club des socialistes affligés, Economistes Atterrés, EELV, Ensemble, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Grèce-France Résistance, GU, Jeunes écologistes, Les Amis du Monde diplomatique, Les effronté-e-s, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Marches européennes, Mémoire des luttes, République et socialisme, Solidarité France-Grèce Santé, Syriza Paris, Transform!

 

 

-  CAC  Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Assos et collectifs : AC!, Act up-Paris, Aitec, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM-IPAM, Collectif National des Droits des Femmes, Collectif Richesse, Coopérative DHR, Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Utopia, LDH, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, RECit, Réseau Éducation Populaire.

 

Diapositive1

 

- Syndicats :

Confédération CGT, Fédération des Finances CGT, Fédération syndicale unitaire (FSU), Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Sud Banque populaire – Caisse d’épargne (Sud BPCE), Union syndicale Solidaires.

 

 

- En soutien :

Alternatifs, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d’éducation populaire (MPEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti de Gauche (PG), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti pour la Décroissance.

 

Nous arrivons au point culminant de cette séquence politique et nous devons réussir cette semaine d’action européenne, et notamment la Manifestation du 20 juin à Paris. C’est l’occasion d’élargir la mobilisation, d’engager toutes nos forces militantes et de toucher un public plus large.
 

- Il importe donc de diffuser très largement le tract ci dessous, par mail et en

version papier sur les lieux de diff prévues par vos organisations d’ici le 20 juin. - Au-delà, merci d’organiser la présence militante et citoyenne la plus large pour les évènements de cette semaine du 20 juin. 

 

 

 

 

 
 

- Vous trouverez ci-dessous les deux versions du tract pour la semaine européenne de soutien à la Grèce du 20 au 26 prochain. 

  • Le premier ICI  est destiné à la région parisienne et annonce la Manifestation du Samedi 20 juin à Paris. Le parcours est confirmé : départ Place Stalingrad à 15h vers la Place de la République.
  • Le deuxième ICI est destiné aux autres villes et régions : il est possible de le remplir avec le lieu et l’horaire de l’événement qui y sera prévu entre le 20 et le 26. 

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé

- Trois paires de claques : la Grèce en route vers la sécession

- Grèce : Une commission d’audit recommande la suspension du remboursement de la dette grecque

- Parti de Gauche : A Berlin, Bruxelles et Paris… Les austéritaires contre la démocratie

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:03
Régionales 2015 : appel de Limousin Terre de Gauche - "Construire des listes de gauche anti austérité en Aquitaine-Poitou Charentes-Limousin"

Il est urgent de redonner le pouvoir au peuple !

 

Source :   le blog de  Limousin Terre de Gauche le 2 juin 2015

Les élections régionales de décembre 2015 vont se tenir dans un contexte économique et social extrêmement dégradé et préoccupant. Le discrédit de la politique Hollande-Valls, déclinée par le parti socialiste dans l’ensemble des régions, fait le lit de la droite et de l’extrême droite. Il rend plus que jamais nécessaire de construire un projet politique en rupture avec les logiques libérales mises en oeuvre dans le pays.

 

Cette démarche d’alternative politique, nous l’avons engagée à l’échelle du Limousin, dans le cadre de « Terre de Gauche », qui rassemblait en 2010 le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste, des militants de la gauche alternative et qui regroupe, aujourd’hui encore, le PCF, le PG, ENSEMBLE!, une partie du NPA et des réseaux et collectifs militants dans les départements de Creuse, Corrèze et Haute-Vienne. Cette force politique, nous l’avons voulue clairement indépendante du PS.

 

Nous avons fait l’expérience d’une nouvelle méthode politique basée sur le travail collectif, l’éthique militante, le respect entre les différentes composantes, et le lien constant avec les citoyens engagés ou non dans les syndicats et associations. C’est cette interaction permanente et cette volonté d’ouverture et de transparence qui sont le cœur de la méthode Terre de Gauche.

 

Ce rassemblement a porté durant les cinq années écoulées des propositions en faveur d’un nouveau type de développement économique favorable à l’emploi, à la transition écologique, au développement des services publics, et à un aménagement équilibré et égalitaire du territoire.

 

Les élections régionales de décembre 2015 doivent être une nouvelle étape de ce rassemblement d’une gauche qui combat l’austérité. L’enjeu est d’autant plus important que ces élections se dérouleront dans le cadre d’une « réforme » territoriale imposée sans concertation qui va accentuer les logiques de métropolisation et de concurrence entre les territoires au service de la guerre économique, au détriment des plus défavorisés.

 

Nous proposons que la démarche engagée en Limousin soit prolongée et élargie à l’échelle de la région Aquitaine-Poitou Charentes-Limousin et des douze autres régions en rassemblant les forces du front de gauche et toutes celles et ceux qui veulent s’y inscrire. C’est pourquoi nous appelons à co-élaborer une charte et un programme de transformation sociale qui définissent les contenus et les engagements que les futurs élus porteront dans les assemblées régionales issues du scrutin de décembre.

 

Parce qu’il s’agit de porter ces exigences en toute indépendance aux deux tours de scrutin, nous lançons donc un appel à la constitution de listes initiées par le Front de Gauche et à implication citoyenne pour rassembler toutes celles et ceux qui refusent l’austérité.

 

Il est urgent de redonner le pouvoir au peuple !

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Appel d’ENSEMBLE! au rassemblement de la gauche qui refuse l’austérité : une alternative est possible !  

- Appel Régionales PG Aquitaine Limousin Poitou Charentes

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 09:03
« Le Dernier tabou » « ...La majorité des harkis est restée et n’a pas été tuée... »

Un tabou à lever... dans la gauche de

transformation sociale aussi !

 

Avec « Le Dernier tabou », le journaliste Pierre Daum signe un nouvel ouvrage explosif sur l’histoire de la guerre d’Algérie. Il le présentera ce soir au Mucem.

Après Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952), et Ni valise ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance, le journaliste Pierre Daum signe chez Actes Sud Le Dernier tabou, les harkis restés en Algérie après l’Indépendance un nouvel ouvrage qui questionne le passé colonial de la France.

 

- « Le Dernier tabou » de Pierre Daum.

Editions ACTES SUD, avrl i2015, 544 pages, 24,8€.

Le livre est disponible ICI

 

Sources : La Marseillaise.fr  par  jeudi 4 juin 2015

- Qu’est-ce qui vous a conduit à consacrer ce livre aux harkis qui témoigne d’une réalité plus complexe que celle communément admise par la mémoire collective ?

Cette nouvelle enquête s’inscrit dans le fil de mon précédent travail sur les pieds-noirs restés en Algérie après l’Indépendance. Elle permet de complexifier notre connaissance du passé colonial français en Algérie qui parfois reste figé sur certaines idées reçues. Mon travail sur les pieds-noirs m’avait permis de fissurer un des piliers du discours des nostalgiques de l’Algérie française qui martèlent qu’à l’Indépendance c’était « la valise ou le cercueil ». Avec cette nouvelle enquête, je fais exploser un deuxième pilier de leur discours selon lequel la France gaulliste aurait lamentablement abandonné en 1962 les harkis à la vengeance du FLN qui les aurait « massacrés » jusqu’au dernier. Je montre que ce ne fut pas le cas, et que la majorité des « harkis » est restée vivre en Algérie, sans y être tuée. Issus de la paysannerie, écrasés par une misère renforcée par la guerre après 130 ans d’oppression coloniale, ces hommes sont retournés dans leurs villages où les sociétés paysannes se sont retrouvées à devoir recoller les morceaux.

 

 

- Qui appelez-vous « harkis » ? Quel était leur nombre ?

Au départ je pensais me concentrer sur les harkis au sens premier du terme, c’est-à-dire des supplétifs de l’armée française. Au total, les différentes catégories de supplétifs de l’armée françaises comptaient 250 000 hommes adultes. Au cours de mon enquête, je me suis rendu compte que les supplétifs (civils avec des fonctions militaires) n’avaient pas été les seuls à porter l’uniforme français pendant la guerre. Il y avait également des militaires de carrière intégrés à l’armée française comme dans toutes les armées coloniales (50 000 hommes), ainsi que les appelés algériens du contingent (120 000 hommes). La conscription s’appliquait en effet aux jeunes d’Algérie comme de métropole et, dans une Algérie façonnée par 130 ans de colonisation, l’idée très ancrée que les Français étaient « ceux qui gouvernent » a conduit l’immense majorité des jeunes de 18 ans à répondre à l’appel du service militaire.

 

À tous ceux-là, j’ai ajouté les notables algériens ouvertement pro-français : maires, caïds, conseillers généraux, etc. Leur nombre est évalué à 30 000. En tout, ce sont donc 450 000 hommes adultes algériens qui se sont retrouvés à un moment ou à un autre du côté des Français.

 

 

- Ce chiffre que vous avancez provoque la fureur des deux côtés de la Méditerranée. Pourquoi est-il selon vous le « dernier tabou » de la guerre comme l’annonce le titre de votre ouvrage ?

Pour des raisons différentes. En Algérie, le simple fait d’avoir collecté ce chiffre en confrontant toutes les sources -ce que d’autres auraient pu faire- a créé un scandale. J’ai été attaqué par le ministre des Moudjahidine car mon livre contredit le discours officiel selon lequel le 1er novembre 1954, le peuple algérien se serait soulevé tout entier contre la puissance coloniale. Ceux qui ont pris les armes n’étaient qu’une minorité. Ils n’en sont que plus admirables. En France, le scandale c’est de dire que de nombreux harkis sont rentrés au village sans se faire « massacrer ». Cela met en fureur les associations de rapatriés et de harkis dont le discours est conditionné par les idéologues de l’Algérie française. Mais les harkis rapatriés en France -qui y ont été scandaleusement mal traités- forment une petite minorité : 25 000 hommes au maximum, auxquels s’ajoutent leurs familles. C’est bien là la révélation de mon livre : sur 450 000 Algériens qui ont combattu du côté de la France, une majorité est restée et n’a pas été tuée. Ce qui n’efface pas les milliers d’assassinats de « harkis » en 1962, dans une situation de chaos politique et de justice populaire expéditive.

 

 

- Comment s’est déroulée l’après-guerre d’Algérie pour cette majorité de harkis qui n’a pas été passée par les armes ?

La première année a été très douloureuse. Certains ont subi la torture, l’emprisonnement, des travaux forcés. Ensuite, leur réintégration aux sociétés paysannes traditionnelles s’est souvent accompagnée d’une cruelle relégation sociale. Aujourd’hui encore, alors que le peuple paysan algérien est progressivement sorti de l’extrême pauvreté, on constate que les harkis et leurs enfants ont tendance à avoir été maintenus dans cette misère originelle.

 

 

- Quelles étaient les motivations des harkis de l’époque ? Soixante ans après le début de la guerre que vous en ont dit les témoins que vous avez retrouvés ?

Mon enquête confirme des travaux antérieurs qui depuis une dizaine d’années ont complètement démonté cette fausse idée selon laquelle les harkis se seraient massivement engagés par amour du drapeau tricolore, par patriotisme, voire par désir de maintenir l’Algérie française. Ce discours est tenu depuis 50 ans par différents groupes sociaux. D’abord par les nostalgiques de l’Algérie française, mais aussi en miroir par toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche françaises qui ont un rapport très suspicieux vis-à-vis des harkis qu’ils considèrent comme des traîtres, ce qui est aussi le point de vue de l’histoire officielle algérienne. Dans les médias algériens, je n’hésite pas à dire que finalement, le regard porté par les officiels algériens sur les harkis est exactement le même que celui des anciens de l’OAS. En réalité, les motivations principales des harkis étaient la pauvreté et la façon que l’armée française avait de mouiller certaines familles dans les villages aux yeux d’un FLN qui n’hésitait pas à pratiquer une violence aveugle. Les harkis, que j’ai retrouvés dans soixante villages différents, témoignent de cet aspect terriblement pervers de l’oppression coloniale. La France a placé des millions d’Algériens dans une situation telle que la seule solution pour donner à manger à leur famille ou pour se soustraire aux menaces du FLN était de frapper à la porte de la caserne française.

 

 

- Comment analysez-vous le rapport de suspicion qui existe encore aujourd’hui dans la gauche anti-coloniale à l’égard des harkis ?

Il résulte selon moi d’une erreur de compréhension de la complexité de la guerre d’Algérie. La grille de lecture de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation nazie, avec le clivage collaboration-résistance, a été plaquée à tort sur la guerre d’Algérie. Les harkis de 1954 ne sont pas les collabos de 1940, parce que leurs motivations n’étaient pas idéologiques. à l’issue de mon enquête, j’ai compris que les harkis constituent les ultimes victimes de la colonisation française en Algérie.

 

Pour en savoir plus :

- Algérie. Dès les années 1830 les socialistes étaient devenus les prosélytes de la colonisation peuplante...

Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 08:14
Le socialiste Liêm Hoang-Ngoc appelle les frondeurs à sortir du PS

L’ancien député européen, membre du bureau national sortant du PS, opte pour Syriza plutôt que Marceau Pivert.

 

Sources :  Politis.fr par Michel Soudais le 5 juin 2015

- Liêm Hoang-Ngoc invite ses camarades à rompre les rangs « pour poser les fondations d’une coalition avec les écologistes de conviction et le Front de Gauche ».

Cet économiste, ancien député européen et membre sortant du bureau national du parti socialiste, a publié ce midi une tribune en ce sens sur le monde.fr cosignée par le politologue Philippe Marlière, avec qui il avait créé l’an dernier le Club des socialistes affligés. Du point de vue de la motion B, que soutenait Liêm Hoang-Ngoc, le congrès de Poitiers est un échec, écrivent-ils :

« La fronde, a échoué. Le PS restera contrôlé par ceux qui n’entendent pas remettre en cause le virage néolibéral imposé par le chef de l’État. »

 

Ce congrès n’a pas non plus été le « congrès de clarification attendu », notent-ils, la direction ayant plagié les propositions économiques de son opposition pour ratisser large et éviter le débat.

 

 

- « L’aile gauche du PS est désormais au pied du mur » , estiment-ils.

Il lui faut choisir entre rester au Parti socialiste ou travailler à construire « une alternative attractive » avec EELV et le Front de gauche. C’est évidemment la voie pour laquelle plaident Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière. Cela serait « susceptible de remobiliser, dès les prochaines échéances électorales, le bataillon des électeurs socialistes qui s’abstiennent », écrivent-ils, et « déciderait peut-être » EELV et le Front de gauche « à dépasser leurs différends pour s’entendre, comme les 18 composantes de gauche qui forment Syriza en Grèce ».

 

 

- Si l’aile gauche du PS choisit de rester dans le vieux « parti d’Epinay à bout de souffle », elle ne parviendra pas à inverser le cours de l’histoire.

C'est en effet ce que prédisent les auteurs :

« Elle peut certes se prévaloir d’avoir exercer une influence relative dans la mesure où ses thèses ont fini par infuser le texte de la direction. Mais elle sait que la politique qu’elle recommande ne sera pas appliquée. En rentrant dans le rang, la gauche du PS est condamnée à servir de caution à une politique poussant les salariés à la déshérence électorale… et le candidat du PS à l’élimination au premier tour de la prochaine élection présidentielle. »

 

 

- Il y a un an, en conclusion d’un colloque des Socialistes affligés, Liêm Hoang-Ngoc était clair !

Il estimait en effet que les socialistes contestant la politique du gouvernement avaient le choix entre deux stratégies :

  • Celle de Marceau Pivert, le leader de historique de l’aile gauche de la SFIO, consistant à peser à l’intérieur du PS pour changer sa ligne et donc celle de la politique du gouvernement ;
  • Celle de Syriza qui impose de construire du neuf à côté et en confrontation avec le PS pour lui contester sa domination sur la gauche.


La stratégie de Marceau Pivert supposait qu’il soit possible de transformer le PS de l’intérieur. Une hypothèse que le congrès de Poitiers a totalement infirmée, jugent Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière.

 

Pour en savoir plus :

- PS : et la fronde s’en est allée…

- Les frondeurs du PS doivent fonder une coalition avec les Verts et le Front de gauche

- Pourquoi nous quittons le PS et pourquoi nous invitons nos camarades à ne plus y jouer les cautions de gauche

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 08:17
La reconquête de notre bien commun, le Service Public,  ça commence le 13 juin à Guéret !

Sources : Le Parti de Gauche

L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques présentes [1] ont confirmé leur volonté de mettre pleinement leurs forces en convergence pour mener la bataille pour des services publics pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, des services publics de qualités, accessibles, démocratisés. Elles souhaitent réussir à impliquer les citoyens dans la lutte pour la défense et le développement des services publics, les impliquer dans la définition de leurs besoins et dans la manière de pouvoir y répondre.

 

 

- Ce rassemblement d’une diversité et d’une surface inédite est possible car nous nous trouvons au carrefour d’un choix de société à effectuer :

  • d’un côté le chacun pour soi, le marché libre et non faussé, le repli identitaire, le mépris des peuples et des salariés qui cache celui de la démocratie, la recherche du profit comme seul moteur ;
  • de l’autre celui de l’égalité, de la solidarité, de la République, du partage des richesses, de l’internationalisme.

 

 

- Les forces présentes appellent à une grande manifestation militante, populaire et festive à portée nationale à Guéret le 13 juin 2015.

 

Elles attendent 10 000 personnes de toute la France : citoyens-usagers, professionnels élus ! Tous sont les bienvenus pour réussir cette mobilisation.

 

De nombreux transports collectifs sont d’ores et déjà prévus au départ de: Angoulême, Ruffec, Sarlat, Quimper, Lille, Paris, Toulouse, Montaigu, Luçon, Nice, Lure, Bordeaux, Tarbes, Tours, Les Combrailles, etc. Une très forte mobilisation des habitantes et habitants du Limousin est attendue et a déjà commencé.

 

Cette grande mobilisation sera aussi pour nous l’occasion de débattre tout au long de la journée, de se réunir, de comparer les expériences, de créer des zones de rencontre et de partage entre militants et citoyens souhaitant se mobiliser pour LEUR service public, de prendre des renseignements, de rencontrer des délégations d’autres pays (Grèce, Espagne, Allemagne, etc.), mais aussi de faire la fête : un grand concert est prévu jusque tard dans la nuit.

 

Cette manifestation n’est pas un point d’orgue mais le commencement d’une mobilisation qui est appelée à prospérer. C’est pourquoi les militants des services publics poseront dès le lendemain dimanche 14 juin les jalons pour lancer les assises du service public du XXIème siècle sur l’ensemble du territoire qui permettront d’aboutir à la rédaction d’un nouveau manifeste en juin 2016 à Paris.

 

La reconquête de notre bien commun, le Service Public,
ça commence le 13 juin à Guéret !

L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques présentes ont confirmé leur volonté de mettre pleinement leurs forces en convergence pour mener la bataille pour des services publics pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, des services publics de qualités, accessibles, démocratisés. Elles souhaitent réussir à impliquer les citoyens dans la lutte pour la défense et le développement des services publics, les impliquer dans la définition de leurs besoins et dans la manière de pouvoir y répondre.

Ce rassemblement d’une diversité et d’une surface inédite est possible car nous nous trouvons au carrefour d’un choix de société à effectuer :

d’un côté le chacun pour soi, le marché libre et non faussé, le repli identitaire, le mépris des peuples et des salariés qui cache celui de la démocratie, la recherche du profit comme seul moteur,
de l’autre celui de l’égalité, de la solidarité, de la République, du partage des richesses, de l’internationalisme.

Les forces présentes appellent à une grande manifestation militante, populaire et festive à portée nationale à Guéret le 13 juin 2015.

Elles attendent 10 000 personnes de toute la France : citoyens-usagers, professionnels élus ! Tous sont les bienvenus pour réussir cette mobilisation. De nombreux transports collectifs sont d’ores et déjà prévus au départ de: Angoulême, Ruffec, Sarlat, Quimper, Lille, Paris, Toulouse, Montaigu, Luçon, Nice, Lure, Bordeaux, Tarbes, Tours, Les Combrailles, etc. Une très forte mobilisation des habitantes et habitants du Limousin est attendue et a déjà commencé.

Cette grande mobilisation sera aussi pour nous l’occasion de débattre tout au long de la journée, de se réunir, de comparer les expériences, de créer des zones de rencontre et de partage entre militants et citoyens souhaitant se mobiliser pour LEUR service public, de prendre des renseignements, de rencontrer des délégations d’autres pays (Grèce, Espagne, Allemagne, etc.), mais aussi de faire la fête : un grand concert est prévu jusque tard dans la nuit.

Cette manifestation n’est pas un point d’orgue mais le commencement d’une mobilisation qui est appelée à prospérer. C’est pourquoi les militants des services publics poseront dès le lendemain dimanche 14 juin les jalons pour lancer les assises du service public du XXIème siècle sur l’ensemble du territoire qui permettront d’aboutir à la rédaction d’un nouveau manifeste en juin 2016 à Paris.

La reconquête de notre bien commun, le Service Public,
ça commence le 13 juin à Guéret !


La Conférence de presse de la convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics du 12 mai 2015 a réuni de nombreux représentants syndicaux, associatifs et politiques :

AGGOUNE Fatah (Trésorier de l’Association de Financement de Guéret 2015), BESANCENOT Olivier (NPA), BUCAS-FRANCAIS Anne (membre du Conseil d’Administration de l’UNRPA), COME Pierron (NPA), COQUEREL Eric (SN PG), CORMAND David (SN adjoint EELV), DEFAIX Bernard (Secrétaire de la Convergence), FLATREAUD Vivianne (CGT Serv Pub), FOUCAUD Edouard (Nouvelle Donne), GALEPIDES Nicolas (SG Sud PTT), HALLINGER Patrick (Convergence Tours), HOANG NOC Liem (fondateur des Socialistes atterrés), JALLAMION Michel (Président de la Convergence), LAADJ Nicolas (Sud Santé Sociaux), LANGLARD Laurent (porte-parole FNME-CGT), LARROUTUROU Pierre (co-fondateur Nouvelle Donne), LAURENT Pierre (SN PCF), LEMAIRE Arlette (SN FSU), LUXI Pascale (Solidaires Assemblée nationale), MARTET Michel (Ensemble), MATHURIN Isabelle (PCF), MENARD Pierre (Président Convergence Nationale Rail), NAY Françoise (Présidente Coord hôpitaux&maternité de proximité), N’GUYEN Christian (Convergence Creuse), PARIS Jean-Jacques (SG de l’ANECR), PARROT Evelyne (UGFF-CGT), PELISSIER Jean-François (co-porte-parole d’Ensemble), PETRIARTE Patrice (Solidaires Assemblée nationale), PIERREL Christian (porte-parole du PCOF), SULTAN Philippe (Copernic), TALBOT Baptiste (SG CGT Services Publics), THIBERVILLLE Marc (CGT Cheminots),THOMAS Denis (FSU), TURBET-DELOF Denis (SN Union Syndicale Solidaires).

Pour la Convergence des Services Publics,
Michel Jallamion, président.
facebook : Convergence Services Publics
site: www.convergence-sp.org

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- See more at: https://www.lepartidegauche.fr/communique/la-reconquete-notre-bien-commun-le-service-public-ca-commence-le-13-juin-gueret-32290#sthash.mGR2XKoK.dpuf
La reconquête de notre bien commun, le Service Public,  ça commence le 13 juin à Guéret !

- Pour en savoir plus sur le contenu et les modalités de l'initiative :

 

  •  le site de Convergence Services Publics ICI
  • la page facebook : Convergence Services Publics ICI
  • la présentation de l'initiative en conférence de presse sous format Document docx ICI
  • la présentation de l'initiative en conférence de presse sous format Document pdf ICI

 

 

- [1] La liste des organisations à l'initiatives de ce rassemblement est la suivante :

Confédération CGT,FSU, Union Syndicale Solidaires, Confédération paysanne, Fédération Autonome de la Fonction Publique, EPSU, UGFF-CGT, Fédération des Services Publics-CGT,  FNME-CGT, Fédération CGT Equipement-Environnement, Fédération CGT Finances, SYAC CGT, CGT Banque de France, FERC-CGT, Fédération CGT des Cheminots, SNA Concurrence Consommation Répression des Fraudes CGT, Syndicat CGT des Finances Publiques, l’Union Fédérale des retraités de la Police nationale CGT, Sud PTT, Sud Rail, Sud-Santé Sociaux, Sud-Santé Solidaires APHP, Solidaires Finances publiques, Sud Collectivités territoriales, Solidaires Douanes, Union syndicale de la Psychiatrie, Fédération Générale des Retraités Fonction Publique, CGT Lille et environs, Sud éducation Limousin, Convergence des Hôpitaux en Lutte contre l’Hôstérité, Coordination Eau Bien Commun France,  Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, Convergence nationale Rail, Collectif « La santé n’est pas une marchandise », Coordination Eau Adour-Garonne, Coordination Eau IDF, Coordination nationale des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception, Fondation France-Libertés, Le Planning Familial, Association d’usagers pour la Défense du Service Public du pays de Luçon, Association de défense des Services Publics et de leurs usagers-Hautes-Alpes, Collectif 37 notre santé en danger, Collectif des résistances en Comminges, Collectif nantais pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous, Collectif de défense et de développement des services publics (CDDSP) de l’Ardèche, CDDSP Combrailles, CDDSP Corrèze, CDDSP Creuse, CDDSP Hautes Pyrénées, Comité de vigilance pour le maintien des services publics de proximité Lure-Luxeuil (Haute-Saône), Comité Pluraliste de Défense et de Promotion de la ligne SNCF-Béziers-Clermont, comité citoyen de vigilance des services publics Romorantinais, Convergence Services Publics d’Indre et Loire, Mouvement de sauvegarde, de promotion et de démocratisation des services publics en sud gironde, Vivent les services publics Bouches-du-Rhône,  Collectif Alternative A l’Austérité,  l’Appel des Appels, ATTAC, AITEC, CNAFAL, les Economistes Atterrés, Droit au Logement, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Réseau Éducation populaire, Résistance Sociale, UFAL, Union nationale des retraités et des personnes âgées, ANECR, Cap à Gauche en Corrèze, collectif « Aveyron Majorité Citoyenne », Démocratie et  Socialisme, Gauche Avenir, Maintenant la Gauche, Ensemble!, EELV, Gauche Unitaire, Jeunes Ecologistes, Mouvement Jeunes Communistes de France, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, Parti de la Gauche Européenne, République et Socialisme

 

Pour en savoir plus :

- l'appel de Guerret

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 08:08
"L’Europe se désagrège et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber"
  • Grèce, Royaume-Uni, l'Union européenne craque de toutes parts.
  • Pour Coralie Delaume, auteur de l'essai "Europe. Les États désunis" (Michalon), l’UE se délite en raison de ses propres règles.
  • Pour l'animatrice du blog "L'Arène nue", ça ne fait en effet aucun doute : la crise que traverse l'UE trouve en effet ses fondements "dans les choix mêmes des pères fondateurs de l’Union européenne".

 

Source : Marianne

- Marianne : La situation actuelle de l’Union européenne était-elle selon vous écrite de longue date ?
Coralie Delaume : La crise que connaît l’Europe actuellement est une crise à la fois économique et démocratique. La première était prévisible au moins depuis la création de l'euro. La seconde trouve son origine très en amont, dans les choix mêmes des pères fondateurs de l’Europe. Ceux-ci ont fait le choix dès le début de mettre sur pied non une Europe politique mais une Europe technique, supposée devoir générer des solidarités de fait.


C’est ce que l’on a appelé la « méthode des petits pas » de Jean Monnet, qui consistait à imbriquer des secteurs précis de plus en plus nombreux, et à mettre les peuples devant le fait accompli. Une sorte de « fédéralisme furtif » si l'on veut. Il n'y a jamais eu de grande ambition démocratique là derrière, au contraire. Une ponction lente des prérogatives des nations pour les transférer à des échelons supranationaux ne pouvait qu'aboutir à terme à un déficit démocratique. Le choix de la supranationalité plutôt que la coopération traditionnelle entre nations européennes — par la voie simple de la diplomatie classique — portait nombre de problèmes en germe.


Pour ce qui est de la crise économique, on trouve l'une de ses sources principales dans la création de la monnaie unique. Le partage d'une même monnaie par des pays aux structures économiques très différentes, la mise en place d'une monnaie fédérale sans Etat fédéral auquel s'adosser, était voué à l'échec. Au lieu de les faire converger, l'euro a contribué à faire diverger les différentes économies, notamment en imposant aux pays d'Europe du Sud un fonctionnement « à l’allemande » fait de rigueur budgétaire et d'inflation quasi nulle, qui ne leur convient pas. 

 

"On parle encore de “couple franco-allemand” mais on devrait davantage parler d'une servitude volontaire de la France"

 

 

 

 

- Marianne : Le vrai risque d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ne serait-il pas celui d’une étendue de la domination économique allemande sur le continent européen ?

Coralie Delaume : Cela renforcerait en effet sa centralité économique, politique, géographique. La relation franco-allemande est désormais très déséquilibrée. On parle encore de « couple » mais on devrait davantage parler d'une servitude volontaire consentie par de la France vis-à-vis de l’Allemagne.


Un départ éventuelle du Royaume-Uni est une chose, mais on voit bien globalement que toute les nations dites « périphériques » sont actuellement la proie de tensions centrifuges. On le voit bien avec la Grèce par exemple. L'Allemagne deviendrait évidemment le pivot d'une Union européenne réduite au noyau central.

 

 

- Marianne : La crainte de perdre un nouveau pays peut-il amener les institutions européennes à adopter une attitude plus conciliante dans ses négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras ?
Coralie Delaume : Non, je n'en suis pas convaincue. « Les Européens » pourront tenter de faire des concessions mineures pour se laisser le temps de voir venir. C'est ce que fait d'ailleurs la BCE, contrainte et forcée. Au départ, elle a cru pouvoir faire mettre le gouvernement Tsipras à sa merci en fermant aux banques grecques l'accès au refinancement normal. Du coup, ces banques se refinancement uniquement via l'accès à la liquidité d'urgence (ELA). Mais c'est au tour de la BCE d'être à présent coincée, et elle n'en finit plus de devoir relever le plafond de l'ELA, en attendant mieux.


Il pourrait y avoir éventuellement le déblocage de la dernière tranche de l'actuel plan d’aide, de 7,2 milliards d’euros, ou la négociation d'un troisième plan d'aide à partir de juin. Ou, beaucoup mieux, une restructuration de la dette. Mais là, si la Grèce parvient à obtenir ça, il fait bien voir que ça donnera des idées à d'autres pays. En Espagne par exemple, le parti Podemos ne manquerait pas de faire campagne sur l'idée d'obtenir les mêmes concessions que son parti frère Syriza.


En tout cas, il faut bien voir que depuis 2008, les décisions économiques qui sont prises constituent un bricolage. Cela permet d’ « acheter du temps », de faire tenir la zone euro, mais ça ne résout pas les problèmes de structure de celle-ci. Et les problèmes économiques deviennent politiques, avec la montée de l’eurosceptisme dans tous les pays. On sent de nombreuses forces centrifuges à l'œuvre. L’Europe se désagrège, et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber…

 

"Entre perdre l'Ecosse et sortir de l'UE, le Royaume-Uni va sans doute devoir choisir... "

 

 

 

 

- Marianne : L’Union européenne pourra-t-elle accepter dans les futures négociations les mesures revendiquées par le gouvernement Cameron, comme celle du « carton rouge » (c’est-à-dire la dotation aux chambres parlementaires nationales d’un droit de véto sur les décisions de la Commission européenne ne respectant pas le principe de subsidiarité) ?
Coralie Delaume : Je pense que le Royaume-Uni, souhaite surtout obtenir des concessions. Il est intéressé par le libre-échange avec l'UE, mais souhaite couper un à un les fils qui le relient à la bureaucratie bruxelloise. Peut-être utilisera-t-il également le chantage au « Brexit » pour tenter de faire accélérer les négociations dans le cadre du traité transatlantique ?


De toute façon, les Anglais ont de la ressource. Ils sont branchés sur tout le monde anglophone, sur leurs anciennes colonies... Après, reste le problème écossais. Les indépendantistes du SNP dominent désormais très largement l'Ecosse. Or il s'agit d'un parti de gauche européiste. Entre perdre l'Ecosse et sortir de l'UE, il va sans doute falloir choisir…

 

 

- Marianne : Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a déclaré récemment que « si le gouvernement grec juge nécessaire un référendum sur la question de la dette, alors qu'il le fasse. » Comment interpréter cette nouvelle provocation ?
Coralie Delaume : Au sein du gouvernement allemand Wolfgang Schäuble semble s'être donné pour rôle de « terroriser » les Grecs. Il fait le « mauvais flic ». Angela Merkel passe derrière pour recoller les morceaux. Elle, c'est le « bon flic ». Un peu comme Varoufakis pour la Grèce, qui va à l’affrontement, avec un Tsipras qui joue ensuite l’apaisement. Mais je pense que si ça ne tenait qu'à Schäuble, tout aurait déjà été fait pour faire obtenir un « Grexit », car il a des convictions ordo-libérales très fortes.


En réalité, les deux camps doivent avoir compris qu'il n'y a guère d'issue à long terme, mais chacun s'efforce de montrer que l'impasse des négociations est imputable à l'autre.
Pour ce qui est de la Grèce, il est très probable que Tsipras soit en train de préparer doucement son opinion à une sortie de l'euro. Il lui faut un peu de temps pour montrer qu'il n'y a pas d'autre issue à une opinion encore rétive. Peu à peu, les Grecs réalisent qu'ils ont un mur en fasse d'eux, et l'idée fait son chemin. Aujourd'hui, près de 20% d'entre eux sont favorable à un retour à la drachme. C'est peu, mais on était à moins de 10% avant l'arrivée au pouvoir de Tsipras.

 

"La tendance lourde, c'est l'absence de croissance dans toute l'Europe, et un approfondissement des divergences entre les pays"

 

 

 

 

- Marianne : L’agence Eurostat a dévoilé hier sa première estimation du PIB du premier trimestre de l’année 2015, correspondant à une augmentation de 0,4%, couplé à une croissance annuelle de 1% dans la zone euro. Secondé par une croissance en hausse en France, en Italie et en Allemagne, ce rebond signifie-t-il, selon vous, que l’Europe sort la tête de l’eau ?

Coralie Delaume : Pas du tout, ce sont des soubresauts conjoncturels, de petits rattrapages ou de petites pauses habituelles qui ne signent en rien un retournement de conjoncture. J'avoue que j'ai presque cessé de m’intéresser à ces chiffres. La tendance lourde, c'est l'absence de croissance dans toute l'Europe, et un approfondissement des divergences entre les pays créditeurs et pays débiteurs. Par exemple, l’excédent commercial allemand n'en finit jamais d'augmenter : 217 milliards d'euros en 2014 soit 11% de plus que l'année précédente. Et le chômage reste à 25% en Espagne et en Grèce. Ça oui, c'est spectaculaire, et ça montre des déséquilibres majeurs. La zone euro est profondément mal foutue ! 

 

 

- Marianne : La situation en Europe en cas d’un « Grexit » et d’un « Brexit » pourrait-elle placer l’Union sous un angle géopolitique instable, avec un Est sous l’œil avide de la Russie de Vladimir Poutine et un forcing des Chinois sur les accords économiques ?
Coralie Delaume : Je vous avoue que la Russie ne m'inquiète pas, au contraire. Un rapprochement avec la Russie pourrait bénéficier à toute l'Europe, en la rééquilibrant. On ne peut tout de même pas souhaiter une Europe rabougrie, autiste, recroquevillée sur un noyau dur dominé par l'Allemagne. Avec un Royaume-Uni en train de filer en douce et une Russie perçue comme une menace. Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe, lui qui appelait de ses vœux une Europe « de l'Atlantique à l'Oural ».


Mais il faut être vigilant. Car le Royaume-Uni est ouvert a des liens privilégié avec les Etats-Unis. La Russie, elle, a manifesté beaucoup de pragmatisme à la suite des sanctions votées contre elle, en allant chercher d'autres partenariats en Asie. Le dindon de la farce in fine.... ce sera nous ! Il faut retrouver un équilibre sain entre les différentes nations d'Europe, Russie comprise.

 

Pour en savoir plus :

- L’abdication

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:14
Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Source : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 29 mai 2015

- Une alternative au tripartisme par Éric Coquerel Coordinateur politique du Parti de Gauche

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Année de la recomposition politique , 2015 ? Pour le système, elle a déjà un nom  : le tripartisme. Le PS compte dessus pour imposer François Hollande en 2017 comme candidat unique de la «  gauche  » au 1er tour au nom du vote utile. Il prétend donc conserver sa place centrale «  à gauche  ». Mais une gauche qui aurait tout d’un parti «  démocrate  » à l’américaine. La mue de l’UMP en parti «  républicain  » compléterait le tableau. Mais le troisième larron de l’attelage n’entend pas se contenter de jouer le diable de confort du système. Le «  jour des petits couteaux  » entre les Le Pen n’est pas un débat sur le fond – les événements récents confirment le FN comme force d’extrême droite antirépublicaine – mais sur la stratégie de prise de pouvoir. Le FN pourrait ainsi se sentir suffisamment fort pour faire des propositions d’alliance à la droite au 2e ou 3e tour des régionales. Le degré de dangerosité pour la démocratie n’est évidemment pas égal entre ces trois composantes. Reste que pour tous ceux qui refusent une Ve République toujours plus monarchique, austéritaire et productiviste, il est impératif de dégager une alternative indépendante au tripartisme. Il n’y a pas d’autre issue. C’est d’ailleurs la même équation qui se pose partout en Europe et que Syriza a su résoudre à son avantage. C’est même le seul espoir pour renverser ou éviter les politiques de droite et d’extrême droite, y compris quand elles sont appliquées par un gouvernement social-libéral.

 

Avons-nous une chance raisonnable d’y parvenir  ? Première hypothèse  : ceux qui, au PS, s’opposent à la politique de Valls remportent le prochain congrès. La situation, et donc notre stratégie, en seraient évidemment changées. Cette hypothèque sera levée dans un mois. Elle posera d’ailleurs la question inverse aux frondeurs s’ils s’avèrent minoritaires. Nos bras, dans ce cas, leur seront ouverts. Car dans cette situation, il y a un espoir. Si le système tente de l’effacer, «  notre  » gauche ne l’est pas. Nous conservons un socle disponible de 10-11 % dans le pays. Ce n’est pas suffisant pour incarner seuls l’alternative, mais c’est une base suffisante pour impulser une nouvelle dynamique. Dans ce cadre, les régionales vont bien sûr jouer un rôle important car c’est la dernière étape avant la présidentielle. Nous devons nous mettre en ordre de bataille pour y enregistrer un progrès à même de nous crédibiliser en alternative. Dans cet objectif, le Front de gauche peut encore jouer un rôle décisif en contribuant à des rassemblements citoyens de tous ceux qui refusent le désordre austéritaire. Cela nécessite d’avancer avec méthode. À commencer par concrétiser ce que nous avons seulement ébauché  : des listes indépendantes, cela va de soi, des forces du système  ; un effort rassembleur vis-à-vis d’EELV, Nouvelle Donne, des socialistes d’opposition, le NPA…  ; par-dessus tout un véritable engagement pour susciter une implication citoyenne, seule à même de remettre le peuple en mouvement. Je m’arrête sur ce dernier aspect. Si on le prend au sérieux, cela oblige les partis à se mettre au service de ce rassemblement citoyen. Donc laisser un rôle décisionnaire à tous ceux qui seraient volontaires pour travailler à cette démarche, d’où notre proposition d’assemblées représentatives de ces listes. Enfin, parce que nous ne pouvons pas être la seule démarche nationale à en être privé, il faudra une appellation nationale pour l’identifier. Bien évidemment, parallèlement, il convient de travailler à un accord programmatique. Il devra faire face à cinq urgences  : la désagrégation de la souveraineté populaire à laquelle nous répondons par la constituante, la VIe République et la désobéissance européenne, l’austérité et les inégalités au bénéfice des revenus du capital, la casse des principes d’égalité républicaine, la préservation de notre écosystème, la paix. Mais le passé commun de la gauche antilibérale a montré sa capacité à régler cette question. C’est moins évident de notre capacité à nous rassembler dans un même mouvement et assurer une permanence dans notre stratégie. Mais avons-nous le droit d’échouer  ?

 

 

- Une action de transformation sociale par Fanélie 
Carrey-Conte Députée PS 
de Paris

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Une urgence pour la gauche au pouvoir  : en finir avec l’impuissance. Trop souvent les citoyens ont le sentiment que l’action politique ne sert à rien, que les choses se décident ailleurs, que leur souveraineté populaire n’est plus incarnée, et cela doit cesser. Il faut que les décisions prises par les gouvernants pèsent à nouveau sur le réel, apportent des transformations pour la vie quotidienne de tous, et en particulier des plus fragiles. Une nécessité  : redonner confiance en la gauche. Ce sont les solutions de gauche qui permettront de répondre aux vrais défis du XXIe siècle. Creusement des inégalités, en particulier de patrimoine, enjeux environnementaux et climatiques, profondes mutations sociétales et économiques liées à l’ère numérique, nécessaire refondation démocratique… Il nous faut impérativement démontrer aux Français qui doutent que ce n’est ni dans le délaissement et le désintérêt citoyen, ni dans les propositions xénophobes et de repli portées par l’extrême droite que se trouvent les réponses qui permettront de faire face à ces défis, pourtant vitaux pour notre avenir collectif. Ce sont à l’inverse les solutions portées par la gauche – interventionnisme de la puissance publique, égalité, justice sociale… –, qui, n’en déplaise aux tenants du glissement social-libéral, n’ont jamais été aussi modernes, et seront gage d’efficacité. Mais, pour convaincre, il faut aujourd’hui reconstruire l’adhésion et l’espoir.

 

Un impératif pour cela  : rassembler la gauche. La majorité qui avait permis l’élection de François Hollande en 2012 n’a cessé depuis de s’étriquer. Les dernières élections départementales ont vu dans trop d’endroits la gauche se présenter en ordre dispersé, s’affaiblir mutuellement. La confiance est perdue. Or, le rassemblement de la gauche est nécessaire pour construire dans la société une dynamique politique permettant de rendre ses valeurs majoritaires dans les têtes et les cœurs, et pour permettre de poursuivre dans la durée une action de transformation sociale à travers les échéances électorales à venir. Le Parti socialiste, qui assume le pouvoir, a une responsabilité première. Il lui faut être lucide sur la défiance existant aujourd’hui parmi les citoyens, et surtout sur les raisons de celle-ci  : inefficacité des politiques menées, engagements non tenus, déceptions face à certains choix non conformes à nos valeurs. Il lui faut agir vite, très vite, afin que les deux années qui viennent ne soient pas annonciatrices d’une catastrophe démocratique qui pourrait se produire en 2017 si rien ne change. Il lui faut enfin comprendre que le rassemblement ne se bâtira pas sur une injonction, ni sur une logique de culpabilisation face aux dangers de l’extrême droite. Il n’existera que sur la base d’une orientation partagée, et clarifiée. L’intériorisation du mantra libéral «  il n’y a pas d’autre politique possible  » doit cesser, de même que l’appropriation de théories comme l’insuffisante flexibilité du marché du travail, les protections des salariés considérées comme des freins à l’emploi… Il faut à l’inverse renouer d’urgence avec les fondamentaux  : le rôle de la gauche au pouvoir est avant tout de faire que son action contribue à ce que les citoyens vivent mieux. Pouvoir d’achat, salaires, égalité républicaine à travers une action offensive sur les territoires délaissés, retour assumé de la puissance publique… C’est sur la base de telles orientations que la convergence des forces des gauches pourra à nouveau s’opérer. Il est encore temps, mais plus pour longtemps  : agissons.

 

 

- Une gauche refondée par Marie-Pierre Vieu Membre 
de l’exécutif 
du PCF

Quelle stratégie politique à gauche pour le rassemblement populaire  ?

Pour moi, déverrouiller le débat politique est aujourd’hui moins lié à des questions de contenu qu’à notre capacité ou plutôt incapacité collective à construire le rassemblement qui le validera. L’actualité corrobore le constat d’Emmanuel Todd d’une «  France inégalitaire et autoritaire en rupture avec son peuple  » et toute représentation institutionnelle.

 

L’austérité au cœur des politiques européennes réduit l’espace public et met à mal le droit à l’égalité tandis que la pression sur les salaires hypothèque les parcours de vie. La fracture sociale revêt les formes multiples de l’exclusion territoriale, raciale, culturelle. L’insécurité progresse, la violence régit les rapports sociaux. Le choix du gouvernement à l’instar des PS européens d’affronter ce débat avec les remèdes de la droite pèse sur les consciences. Le donnant-donnant chute sur la loi Macron, Charlie justifie celle relative au renseignement. La rupture est consommée avec l’histoire de la gauche, ses repères. Cela renforce les forces les plus réactionnaires, une droite extrémisée, le FN, sans libérer pour autant un espace pour l’alternative. C’est en fait à un effritement, une délégitimation et une atomisation du camp du progrès social que nous assistons. Comment en sortir sinon par l’affirmation d’une offre de rassemblement qui transcende la situation  ? On pense à 1936 et au Conseil national de la Résistance, à l’union de la gauche qui a rendu possible la victoire de 1981 sur la base du programme commun.

 

La création du Front de gauche en 2009 est aussi une nouvelle union de forces de gauche et citoyennes. Née de l’exigence de sortir du diktat de la concurrence libre et non faussée, l’humain d’abord et la campagne de 2012 lui ont permis de remettre dans le débat public les questions de redistribution sociale, écologique, VIe République et réorientation de la construction européenne, démontrant l’unité des aspirations sociales, démocratiques et écologiques dans le combat antilibéral. La suite n’est pas à la hauteur, et pèse dans les blocages que nous rencontrons. Certains imputent la faute au manque de démarcation vis-à-vis du PS. Mon sentiment est que le Front de gauche, encore plus depuis l’élection d’une majorité socialiste, n’a pas dépassé dans son mode de réflexion et de fonctionnement les débats de posture, les logiques d’organisation et les repliements identitaires pour être la force propulsive utile aux luttes sociales et au mouvement populaire.

 

C’est cet obstacle que nous devons dépasser  : en continuant à œuvrer au rassemblement du FG, en développant toutes les passerelles possibles avec les autres forces politiques sociales, les militants, élus, acteurs de terrain, citoyens qui cherchent à sortir de l’étau actuel, en trouvant des formes de débat, de prises de décision, de souveraineté et de militance partagées. Le congrès du PS ne va pas rouvrir un espace pour la gauche mais tenter d’unifier les socialistes autour de la préservation de l’existant en favorisant le tripartisme et reléguant à la marginalité politique tout ce qui concourra à valider d’autres choix à gauche. Cela doit amplifier notre détermination à multiplier les rassemblements citoyens, avec le FG, EELV, des socialistes, des élus locaux, des acteurs de terrain, comme cela a eu lieu pendant les départementales. Les renforcer au moment des régionales sur des sujets comme la défense des services publics. Mais la question est de ne pas en rester à des alliances électorales conjoncturelles pour donner force et cohésion à ce mouvement de fond sur le terrain social, politique, culturel de la bataille pour l’hégémonie. Le PCF s’engage dans les chantiers d’espoir pour en faire des lieux d’échanges et de construction ancrés dans la proximité. Il est encore force motrice du Forum des alternatives qui permettra fin mai de faire converger à Paris tous les acteurs et forces de transformation, dont Syriza. C’est à cette hauteur d’une refondation de la gauche que nous devons nous hisser. Sans lâcher sur la visée émancipatrice qui est la nôtre.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 08:07
Les grecs vont-ils enfin pouvoir souffler ?

Source :   le blog de Paul Jorion par François Leclerc le 1er juin 2015 | mis à jour le 5 juin 2015

Le dénouement est probablement proche, sous la forme d’un accord qui reste à acter. Un dîner réunissant ce soir Angela Merkel, François Hollande et Jean-Claude Juncker devrait le décider, mais sans encore nécessairement le claironner. Cela donnera raison à Alexis Tsipras, qui n’a cessé de réclamer « un accord politique », connaissant son monde et sachant que le terrain du réalisme économique était parfaitement secondaire. Tentant une fois encore de renverser la situation et le rapport de force, dans l’attente de cette rencontre, il a appelé ses interlocuteurs dans une tribune publiée par Le Monde à cesser de faire preuve « d’irréalisme » et a dénoncé les « solutions déraisonnables » exigées par ses interlocuteurs – ce qui est beaucoup leur demander – mais il devrait finir par avoir gain de cause, à condition toutefois qu’un habillage soit trouvé afin de préserver les apparences, une fois des derniers ajustements trouvés par le Groupe de Bruxelles.

 

Afin d’arriver à ses fins, Alexis Tsipras avait jeudi dernier à Riga rencontré Angela Merkel et François Hollande, et la chancelière avait ensuite souligné que « la France et l’Allemagne ont offert leur aide à la Grèce et au Premier ministre grec, s’il y a des questions à discuter ». La voie était ouverte. Si cela se confirme, le gouvernement grec et l’équipe des négociateurs mériteront un grand coup de chapeau pour avoir fait preuve de tant d’opiniâtreté, et accessoirement pour avoir respecté le mandat des électeurs, ce qui n’est pas si fréquent ! Alexis Tsipras a d’ailleurs débuté son article dans Le Monde en leur rendant hommage, rappelant que « le 25 janvier 2015, le peuple grec a pris une décision courageuse. ».

 

Dans cette tribune à lire absolument, le premier ministre et leader de Syriza rétablit soigneusement les faits et explicite les conséquences des décisions restant à prendre, évacuant les grossiers rideaux de fumée de la machine de propagande des créanciers de la Grèce. Avec force, il analyse les raisons de l’intransigeance qui a été opposée à la Grèce et s’inscrit habilement dans le débat sur l’avenir de l’Europe qui s’ouvre, ne voulant pas s’en tenir à la seule explication qu’elle a pour but de masquer l’échec de la stratégie européenne en vigueur. Il revendique « l’approfondissement de l’intégration européenne dans un contexte d’égalité et de solidarité entre ses peuples et ses citoyens », qu’il oppose à l’avènement d’une Europe où la démocratie serait abolie, à l’image de ce qui a tenté d’être fait en Grèce, en application d’une stratégie qu’il qualifie de « rupture et finalement de la division ».

 

C’est cette leçon là qui devrait être retenue par ceux qui l’attendaient sans trop oser l’espérer, et non pas celle que les dirigeants européens étaient à tort certains de donner en organisant l’asphyxie financière de la Grèce. A force de persévérance, la résistance paie. Bravo !

 

 

- A lire aussi sur le même site...

La Grèce est en train de gagner mais chut ! ne le dites surtout pas : ça pourrait tout faire capoter !.... lire la suite ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Grèce

- Alexis Tsipras : « Non à une zone euro à deux vitesses »

- Grèce : les vraies négociations peuvent commencer

- L’UE n’a pas d’argent pour la Grèce, mais a 11 milliards d’Euros pour un pays non membre, l’Ukraine. Victoria Nuland avait eu raison, « F**K the EU »

- Grèce : « Une stratégie d’asphyxie et de totalitarisme économique »

- La présidente du Parlement grec veut la «vérité» sur la dette

- La Grèce se donne du temps pour négocier

- Grèce : Tsipras contre-attaque face aux Européens

- Dans une tribune publiée vendredi par le Financial Times, vingt-cinq économistes de renommée internationale, dont Joseph Stiglitz et Thomas Piketty, lancent un appel pour que « le bon sens économique et l’humain » l’emportent. La voici traduite en français.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 10:48
Élections régionales : Appel du PG Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes

Le Parti de Gauche réuni à Fargues de Langon (33) en coordination régionale (en présence de nombreux militants venus de 11 départements de la grande région) s’adresse à tous les citoyens, à toutes les organisations, à toutes celles et ceux qui s’opposent à la politique gouvernementale pour construire des régions écosocialistes et anticapitalistes répondant à leurs besoins et à leurs aspirations dans une alternative de gauche.

Cet appel n’est qu’un début, nous vous invitons à venir construire ensemble un projet démocratique, républicain, écologique et social.

 

Source :  le Parti de Gauche de Charente le 18 mai 2015

La coordination régionale du Parti de Gauche Aquitaine Limousin Poitou-Charentes s’est réunie les 16 et 17 mai 2015 afin de réfléchir aux élections régionales de décembre 2015.

 


- La réforme territoriale s’inscrit dans un contexte global d’austérité.

Les nouvelles régions, dessinées dans l’objectif de mise en concurrence des territoires, se traduiront par plus d’inégalités, moins de services publics, moins de démocratie. La métropolisation et maintenant le redécoupage des régions éloignent les citoyens des lieux de décisions, de leurs élu-e-s locaux, affaiblissant leur capacité d’intervention dans la vie publique. Les moyens publics seront concentrés dans les grandes métropoles, aux dépens de zones rurales et périphériques où le manque d’emploi et de services publics se fait durement sentir via la réforme de l’État.

 

Nous refusons une région à deux vitesses, où seules les grandes métropoles seraient dotées d’emploi et de ressources publiques. Nous refusons le déclin agricole et industriel de notre région et la concentration des activités économiques.

 

 

- Ce contexte alarmant appelle une réponse :

  • des régions écosocialistes et anticapitalistes

  • des régions qui servent d’appui à la lutte contre l’austérité en développant les services publics comme mode de gestion du bien commun

  • des régions qui préfèrent la coopération des territoires plutôt que leur mise en concurrence

  • des régions qui soient des collectivités réellement démocratiques, au services des besoins concrets des populations, sur les sujets qui nous touchent au quotidien comme les Lycées, les TER…

  • des régions, conscientes de la crise climatique, qui s’engagent dans la transition écologique et promeuvent l’agriculture paysanne.

  • des régions qui créent de véritables projets économiques de long terme pour l’emploi, plutôt que de distribuer aveuglément des subventions qui s’évaporent au fur et à mesure des délocalisations.

  • des régions qui refusent de voir leur économie devenir exclusivement tertiaire. Des régions qui s’engagent dans un aménagement durable du territoire et non dans des Grands Projets Inutiles et Imposés (tels les LGV ou les Center Parcs).

 

 

- Nous n’oublions pas que ce contexte local s’inscrit dans une logique nationale, celle de la remise en cause de l’égalité de tous les citoyens sur le territoire.

C’est pour cela qu’il nous semble aussi important, par delà les enjeux locaux, de réaffirmer la laïcité comme le socle de notre vivre ensemble en réaffirmant la République sociale, celle que Jean Jaurès appelait de ses vœux, comme projet politique.

 

 

- Dans ce contexte, notre responsabilité est de construire une alternative clairement indépendante des politiques menées par le Parti Socialiste aux différents échelons de notre pays.

Nous sommes inquiets du boulevard qu’ouvrent ces politiques délétères à la droite et au FN, mais fermement convaincus que la réponse c’est l’engagement citoyen. Il est possible de porter un programme de rupture qui donne à voir des radicalités concrètes et soit en même temps une étape dans la construction d’une force politique nouvelle de rupture avec le système dominant.

 

Les élections régionales sont un moment de cette construction. Pour nous, avoir des élu-e-s n’est pas une fin en soi mais un moyen. Nous voulons des élu-e-s militant-e-s, en mesure d’incarner dans les assemblées cette dynamique nouvelle.

 

 

- Le Front de Gauche est un point d’appui et le patrimoine de tou-te-s ceux et celles qui ne se résignent pas à l’ordre économique dominant.

Nous sommes attaché-e-s à la démarche unitaire qu’il a initiée. Pour être pertinente elle doit pouvoir s’élargir et s’ouvrir.

 

 

- Nous pensons que la construction d’une alternative de gauche à la politique du PS doit marcher sur deux jambes :

- élargir les dynamiques unitaires ;

- mais aussi s’ouvrir à la participation citoyenne et même la susciter.

Des initiatives existent, nous devons nous appuyer dessus. Ainsi, les assemblées citoyennes qui se mettent en place sur les territoires, comme à Pau ou en Creuse, des appels citoyens, les démarches de rassemblement du Front de Gauche, d’EELV et de Nouvelle Donne initiées aux départementales sont autant de points positifs. Les camarades du NPA et tous ceux et celles qui s’opposent à la politique du gouvernement y sont bienvenus. L’appel de la Convergence des Services Publics à manifester à Guéret le 13 juin est un point d’appui.

 

De même nous regardons favorablement l'adresse de la coordination régionale d'<<Ensemble>>, ainsi que l’appel de Limousin terre de gauche qui tient son université de printemps le 30 mai 2015.

 

 

- Nous appelons à la convergence de celles et ceux qui s’opposent à la politique gouvernementale et s’inscrivent dans une alternative de gauche.

Nous appelons à co-construire ensemble cette démarche, à créer des assemblées représentatives des assemblées citoyennes pour que les citoyen-ne-s se saisissent de celles-ci avec les partis engagés. Le but doit être de se doter d’une charte et d’un programme qui définisse les contenus et les engagements mutuels que nous porterons pour cet objectif de clarté et d’indépendance politique. Nous sommes disponibles pour participer à cette construction et appelons à la réunion de toutes les forces susceptibles d’y participer.

 

Fargues de Langon, le 17 Mai 2015

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier élections régionales 2015

- Appel d’ENSEMBLE! au rassemblement de la gauche qui refuse l’austérité : une alternative est possible !  

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 08:11
Jean-Luc Mélenchon : La méthode de la convergence citoyenne

Les résultats des élections en Espagne sont très intéressants à étudier pour en faire notre miel. Evidemment, leur premier impact c’est qu’ils contrebalancent la tendance de l’Europe du nord et de l’est que la vague brune domine pour l’instant assez nettement. Dans la partie qui se joue sur le continent, ce n’est pas rien.

Le choc que la Grèce va provoquer dans les prochains jours alimentera les tourbillons en cours de façon imprévue. Cette vue continentale doit nous servir de repère sans nous abandonner au regard pointilliste et superficiel des « commentateurs ». L’essentiel, pour cet épisode, c’est que nous ne soyons pas défaits partout tout le temps.

 

Source :  le blog de Jean-Luc Mélenchon

- La mémoire collective des Espagnols contient l’expérience des puissants mouvements des Indignés (appelés comme ça par les commentateurs français) et davantage encore par les « marées citoyennes ».

Mobilisations par thèmes tels que : éducation, santé, mines, sans oublier les mouvements locaux contre les confiscations, les expulsions et ainsi de suite… Dans ce cas, « fédérer le peuple », comme j'en ai repris la formule, c’est fédérer des mots d’ordre et des populations mobilisées autour d’eux. Rien à voir avec le traditionnel « rassemblement de la gauche » qui enferme dans les tractations entre états-majors et surtout oblige aux vieilles gesticulations de « mise au pied du mur », « l’union est un combat », qui sont autant de phases devenues des rites confinés et autodestructeurs. La préparation des élections régionales et locales d’Espagne a été un processus d’une toute autre nature. Je donne le lien vers le récit qu'en fournit Manuel Bompard sur son blog. Manu est secrétaire national du PG, militant dans le grand sud-ouest. Il fait partie de la génération la plus engagée dans la méthode des convergences citoyennes qu’il applique en grand dans son secteur. Ce n’est un secret pour personne que l’équipe du PG s’implique de très près dans l’étude et le partage avec les militants espagnols qui constituent la nouvelle nébuleuse alternative. On ne compte plus les allers et retours des uns et des autres et les participations croisées de chacun d’entre nous à des « évènements » montés de chaque côté des Pyrénées. Exactement comme nous le sommes avec les Tunisiens par exemple aussi. De nos jours il est possible d’avoir un haut niveau d’intégration de l’activité politique internationale quand on en a la volonté politique. Nous l’avons, et les cadres du PG circulent beaucoup, à tous les niveaux de l’organisation. Je le mentionne pour signaler l’existence d’une culture commune en cours de construction avec tout ce que cela implique de doutes, d’hésitations et de fulgurances aussi.

 

 

- Pour autant, le processus électoral de cette fin de semaine si magnifique ne peut être réduit à la seule percée de Podemos.

Le dire n’enlève rien à celle-ci car elle est bien réelle et en ce sens digne de tout notre intérêt. Il faut aussi considérer cette percée dans son ampleur. Car nul ne peut oublier que Podemos est, à l’origine, une scission de Izquierda Unida, l’équivalent du Front de Gauche en France. Je résumerai le motif de cette séparation en disant que l’équipe initiale de Podemos rejetait l’hégémonie du PCE (Parti communiste espagnol) sur Izquierda Unida et son approche trop « conventionnelle » dans la situation politique espagnole. Pour ma part, je suis resté lié aux deux groupes sachant que les faits trancheraient entre eux quant à la stratégie et que nous pourrions éventuellement être utiles à des rapprochements ultérieurs. Podemos ne s’est pas trompé sur son intuition. Ses résultats en attestent. Izquierda Unida doit intégralement se refonder pour être utile à la phase suivante. Ou bien elle sera rayée définitivement de la carte.

 

 

- Mais Podemos est lui aussi tributaire de plus grand que lui : le processus de révolution citoyenne en Espagne.

Dès lors, il faut noter que le résultat des listes municipales est très nettement plus large que celui des listes « pure Podemos » aux élections des autonomies. Les listes aux municipales ont été préparées dans une démarche citoyenne ample de longue durée de maturation. Certes, elles tirent leur dynamique et leur maturité de l’onde longue d’expérience portée par les marées citoyennes et les organisations de résistances civiques. Mais le processus concret de mise en œuvre de la démarche citoyenne a été une contribution permettant de transformer l’essai, c’est-à-dire le passage d’un mouvement informel à la phase où une liste ordonnée va le représenter. Cela peut paraître abstrait. Mais c’est une question terriblement brulante dans l’activité pratique.

 

 

- A son exemple, ou en même temps, nombre de nos amis ici ont commencé en France le même processus.

Il a été surtout expérimenté à échelle large, pour la première fois, dans les élections départementales. On ne partait pas de rien. Au contraire, on avait un exemple. Nous avons fait le bilan de ce qu’a été concrètement, sur le terrain, l’expérience de la campagne de Grenoble. A présent, nous sommes engagés dans la même méthode un peu partout dans le pays en vue des élections régionales. Naturellement tout cela est passé, passe, et passera sous les radars. Tant mieux. Des processus aussi délicats ne peuvent se construire sous la lumière déformante des spots.

 

 

- Les difficultés ne manquent pas.

D’abord celles qu’importent dans ce genre de construction la vie des organisations petites et grandes du monde politique conventionnel. En Espagne, la question de la rupture avec le PS a été réglée par les démarches citoyennes depuis le début, alors qu’en France elle traîne encore. En Espagne, la question de la convergence pratique des partis et des citoyens s’est réglée dans l’action. Incluse la question de la présentation des candidats qui n’est pas la chose la plus simple à mettre en œuvre. En France, si l’on met de côté l’engagement du PG, aucun parti en tant que tel n’accepte nationalement d’aider sans contrepartie les convergences citoyennes. Ce qui n’empêche pas, sur le terrain, que la démarche soit accompagné par des organisations très différentes. PG, Nouvelle Donne et EELV se trouvent souvent ensemble sur le terrain dans ce genre de démarche. Parfois, certaines structures du PCF s’y intègrent aussi. Mais le plus important est la façon avec laquelle se mène et s’organise la mise en place des « appels citoyens ». Il s’agit de leur réunion concrète, depuis leur mise en ligne sur la toile jusqu’à la constitution « d’assemblée représentatives » de l’ensemble des personnes qui soutiennent. Moment clef que celui où il s’agit de confier la conduite des opérations et les décisions politiques qui vont avec. Ce moment contient toute la difficulté de la mise en œuvre.

 

 

- J’ai pris le temps d’entrer dans les détails de la mise en œuvre plutôt que d’approfondir l’analyse du résultat électoral espagnol lui-même.

C’est que je me sens en campagne pour faire avancer une idée qui est en même temps une stratégie politique de conquête du pouvoir. En publiant « L’Ère du peuple », je voulais vulgariser les fondements de la théorie de la révolution citoyenne en tant que cadre d’analyse de la réalité de la fin du monde néolibéral en cours de route selon moi. Je dois dorénavant la détailler comme pratique concrète à mesure des évènements. Car rien ne me paraît plus vain que ces innombrables appels et autres déclarations en vue d’une « refondation de la gauche » qui se répètent et se concurrencent sans le début du commencement d’une mise en œuvre. Même quand ils viennent de nos rangs au Front de Gauche. Comment expliquer que depuis janvier soit sur la table la proposition de former une assemblée représentative du Front de Gauche sans que l’idée ait avancé d’un mètre ni reçu de réponse ? Comment expliquer que la proposition de former des listes à partir d’appels citoyens et d’assemblées représentatives des signataires ne puisse se réaliser qu’à la base et quasiment dans le silence des sommets ?

 

 

- Dans les faits, la démarche des convergences citoyennes pour les régionales est une opération concrète de reconstruction à partir de l’action.

Et des élections. Ce point n’est pas un détail. La question que se posent les démarches citoyennes ce n’est pas la qualité du texte à rédiger, son contenu complet et la vérification de la présence de tous les mantras de notre gauche. C’est de convaincre un maximum de gens de s’associer à un objectif politique commun. La preuve du pudding, comme on le sait, c’est qu’on le mange. La preuve de l’intérêt pour Podemos et les citoyens espagnols c’est qu’on en fasse autant qu’eux.

 

 

- L’Espagne, et la Grèce, en ce qui nous concerne, cela n’a rien à voir.

On y voit mises en œuvre les deux thèses qui animent un vrai débat entre les membres de la nouvelle gauche mondiale. Sous le choc des politiques néo-libérales les sociétés cherchent un nouveau leadership politique. Verrouillés par l’alternance des deux partis qui font la même politique, nos sociétés se dirigent vers un point « qu’ils s’en aillent tous » dans des formes et avec des mots d’ordre différents selon les pays. Dans cet entre-deux, comment avancer une alternative ? En organisant une confrontation dans la forme traditionnelle partis contre partis ou en misant sur des mouvements populaires de base de récupération du pouvoir citoyen. Ou un mix des deux. Cette question ne peut recevoir de réponse « à froid ». Elle trouve sa réponse dans les événements concrets, la mémoire collective et les traditions politiques de chaque pays ou même de chaque zone dans un pays. La formule Syriza repose sur une alliance puis une fusion d’un large arc de partis d’abord seulement coalisés. Cela est impossible en France car le Parti communiste (mais peut-être n’est-il pas le seul réellement) ne veut pas d’une telle fusion qu’il considère comme une dissolution de son identité après 90 ans d’existence contre vents et marées. Pourrait-on envisager des fusions partielles ? La proposition du PG dans ce sens n’a reçu que des fins de non-recevoir de tous ses partenaires dans le Front de Gauche. La formule Syriza dans cet aspect n’aura donc pas lieu en France. Mais le Front de Gauche peut-il y pourvoir à sa place ? C’est peu probable. Le Front de Gauche a manqué son rendez-vous en se noyant aux municipales.

 

 

- Pour autant, le Front de Gauche existe.

Il représente un repère respecté pour de très nombreuses personnes et électeurs. Dans plusieurs départements, l’intégration des composantes est très avancée. L’action collective est constante. Mais ailleurs, ça se passe très mal et les plaies électorales saignent toujours. Reste que le Front de Gauche existe et c’est sans doute le plus beau levier dont nous disposons à cette heure. Peut-il capter une dynamique du terrain ? C’est possible s’il va au bout de l’analyse de ce qui vient de se passer en Espagne et de ce qui est en cours en France même. L’avenir du Front de Gauche est son dépassement dans un mouvement plus large au service duquel il doit se placer. Ce mouvement doit s’ancrer dans la participation citoyenne. Comment faire ? Voir plus haut.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:08
Les « Républicains », opération de communication pour une captation d’héritage ?

Citoyenneté, service public, laïcité Où sont les vrais républicains ?

 

Par Martine Billard, membre de la direction du Parti de gauche, Anicet Le Pors, conseiller d’État honoraire, ancien ministre et Pierre Serna, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur à Paris-I Panthéon- Sorbonne.

 

Source : l'Humanité le 19 mai 2015 | mis à jour le 07 juin 2015

Les « Républicains », opération de communication pour une captation d’héritage ?

- Sarkozy privatise jusqu’à  la République par Martine Billard, membre de 
la direction du Parti de gauche

Le changement de nom de l’UMP n’est rien d’autre qu’une vulgaire opération de marketing pour faire oublier les turpitudes du parti de Nicolas Sarkozy. Ce mécanisme n’a rien de nouveau dans la sphère commerciale. Que faire lorsque le nom de votre entreprise est synonyme de corruption, de scandales ? Changer d’enseigne. Combien d’entreprises, d’ailleurs souvent liées à la droite, ont agi ainsi ces dernières décennies, le cas le plus emblématique étant la Générale des Eaux, devenue Vivendi puis Veolia… L’UMP s’inscrit donc dans une démarche similaire. Cela ne fera pas oublier les affaires auxquelles nombre de ses dirigeants sont mêlés (Karachi, Bygmalion…) et ne changera rien pour son président. Sarkozy il est, Sarkozy il restera, et le nouveau parti héritera des casseroles de l’ancien, malgré la tentative de blanchiment.

 

Dans l’histoire politique française, c’est au sein de la droite que les partis changent le plus souvent de nom. Et si la référence à la République est si présente depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce n’est pas un hasard. Ils ont longtemps porté un discours idéologique de rejet de la Révolution française, ainsi que de la laïcité, les rendant ainsi suspects de vouloir le rétablissement de la monarchie sous une forme ou une autre. À la Libération, la droite a besoin de reconstruire un parti qui rompt avec le discrédit de Vichy et de l’État français de Pétain. Le premier parti ainsi créé, le MRP (Mouvement républicain populaire), incorpore donc la référence à la République dans son nom. Les suivants, à l’exception du RPF de De Gaulle de 1947 à 1955, feront de même : l’UNR (Union pour la nouvelle République), l’UDR (Union pour la défense de la République) qui donnera lieu à l’expression d’« État UDR » tellement les gouvernements de cette époque, tous de droite, seront marqués par l’affairisme, le RPR (Rassemblement pour la République), lié lui aussi à nombre de scandales comme l’affaire des lycées d’Île-de-France, celle des emplois fictifs de la Mairie de Paris, celle des HLM de Paris…). À chaque fois, la dénomination change, mais les pratiques restent les mêmes.

 

Pas de nouveauté, donc, dans la démarche. Mais, cette fois-ci, Nicolas Sarkozy, qui ose tout, a décidé de s’accaparer totalement la République en s’appelant « Les Républicains » et même de privatiser cette dénomination en la déposant à l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle), ce qui vaut protection juridique contre toute utilisation par des tiers. Et dès que les médias parleront des républicains, le premier réflexe sera de penser au parti de Nicolas Sarkozy. Vous pouviez vous dire anti-UMP ; dorénavant, vous deviendrez anti-« Républicains » !

 

Plus profondément, quelle parodie et quelle tristesse. Au moment où les valeurs républicaines – liberté, égalité, fraternité – sont attaquées de toutes parts (loi sur le renseignement, explosion des inégalités, montée de la xénophobie), c’est le parti qui, dans sa course derrière le FN, est le plus en pointe dans ces attaques qui s’approprierait la dénomination « Républicains ». La République n’appartient à personne, ou plutôt elle appartient à tous les Français. Personne n’a le droit de s’adjuger l’utilisation exclusive de républicain et encore moins cette droite qui n’a que le mot répression à la bouche, qui est obséquieuse pour les puissants et dure pour le peuple et qui dresse les Français les uns contre les autres. L’UMP devenue « ripouxblicains », c’est le beau nom de républicains qui sera sali, avec le risque que le rejet de la droite ne devienne le rejet de la République. Non, la droite revancharde, réactionnaire moralement et libérale économiquement, et socialement, ne peut privatiser ce qui est notre bien commun à tous.

Les « Républicains », opération de communication pour une captation d’héritage ?

- C’est le fond qui manque le plus par Anicet Le Pors, conseiller d’État honoraire, ancien ministre

Il va de soi que l’on doit dénoncer la captation d’héritage par l’UMP. Toutefois, il me semble plus utile de se demander si cette captation n’est pas rendue possible par une insuffisante défense et une fructification déficiente de cet héritage par ses héritiers. La question et la réponse valent également pour le détournement par le Front national de valeurs républicaines. Trois thèmes, notamment, font l’objet de ces captations : la souveraineté, le service public, la laïcité.

 

La nation est et demeure le niveau le plus pertinent d’articulation du particulier et du général. Le refuge dans la religion du libéralisme européen, comme le dogme d’une irrévocabilité de l’euro font obstacle à toute recherche sur l’avènement d’une nouvelle civilisation fondée sur l’intervention active des peuples. Après l’échec du XXe siècle « prométhéen », nous sommes entrés dans une phase de décomposition sociale, de perte de repères, qui s’accompagne d’un double mouvement d’individuation et de mondialisation, laquelle n’est pas seulement celle du capital. S’ensuit, au sein de cette « métamorphose », la nécessité d’un double approfondissement concernant, d’une part, la citoyenneté (valeurs, moyens, dynamique), d’autre part, l’avènement d’un genre humain porteur de valeurs universelles, développant interdépendances, coopérations, solidarités. Seule la nation est en mesure d’animer la dialectique entre ces deux pôles. Seule la souveraineté nationale et populaire lui en donne le moyen. La République française se définit aujourd’hui dans cette responsabilité historique que ne peut assumer le libéralisme.

 

Le XXIe siècle a vocation à être l’« âge d’or » du service public. Les Français sont attachés au service public qui, depuis la fin du XIXe siècle, a fait l’objet dans notre pays d’une théorisation constante. Le service public, contesté par l’économie de marché, est consubstantiel à la République française. Mais dans la crise, cet attachement se traduit généralement par des comportements défensifs, alors que la socialisation objective des relations humaines invite à une autre ambition. La montée de l’« en-commun » appelle celle de services publics au plan mondial. Mais cette constatation en appelle une autre : celle de la nécessité de la propriété publique, car le service public ne peut être « hors sol ». « Là où est la propriété, là est le pouvoir ! » disions-nous. La formule ne serait-elle plus vraie ? Pourquoi ? La question doit être remise sur le chantier, car ce n’est pas l’invocation tous azimuts de « pôles publics », objets économico-politiques non identifiés, qui y répond.

 

La laïcité est normalement au cœur de la confrontation politique dans la République et dans le monde. À la lumière de l’expérience du siècle passé, il s’agit de sortir des idéologies messianiques, des religions – fussent-elles séculières – prétendant substituer la loi de transcendances à la loi des hommes. On n’est pas quitte avec la laïcité en la qualifiant d’ouverte, de positive, de raisonnable. Pas davantage en faisant preuve de complaisance à l’égard de comportements ostentatoires dans l’exercice du service public. Car, si la laïcité est liberté de conscience, elle est tout autant neutralité de l’État, ce qui est trop souvent oublié. Les juridictions administratives et judiciaires peinent à valider les règles de droit nécessaires. Les forces laïques ne répliquent aux atteintes que de manière insuffisante et confuse. La revendication est quasi inexistante. Serait-il, par exemple, si difficile de mettre en perspective la fin du régime concordataire d’Alsace-Moselle ? Là se ferait clairement la différence avec « Les Républicains ». Et pas seulement avec eux.

Les « Républicains », opération de communication pour une captation d’héritage ?

- Le grand ami de la dynastie républicaine des Bush par Pierre Serna, directeur 
de l’Institut d’histoire de 
la Révolution française, professeur 
à Paris-I Panthéon- Sorbonne

Je me demande bien pourquoi les collègues universitaires, les spécialistes de la politique, les sociologues des partis s’étonnent tant de la volonté de capture du mot « républicain » par le camp de l’ancien président de la République. Même Marcel Gauchet y est allé de sa feinte ou cynique incantation à demander un adjectif après République, comme si la droite n’avait pas kidnappé depuis longtemps des symboles forts, issus de la Révolution française, censés représenter le peuple en colère, en révolte, en arme, libre et émancipé, à commencer par le bonnet phrygien comme emblème de feu le RPR de Jacques Chirac. Ainsi, ou bien on prend la posture scandalisé : il n’a pas le droit moralement de faire cela… quoi ? accaparer le mot République ! Comme si la République en soi, se suffisait… la République peut être celle de Bonaparte, par exemple, et, pourquoi ne pas l’écrire, celle de mai 1958 et de son quasi-coup d’État, sans parler de certains articles de notre Constitution, dont le fameux 16 qui donne tous les pouvoirs au président en cas de crise ! Ou bien on prend la posture critique, tant pis pour la République, la bourgeoise s’est vendue tant de fois, la faussement égalitaire est à bout de souffle et ne sert plus qu’à la reproduction des élites entre elles ! Les deux positions sont des impasses et le piège tendu fonctionne…

 

En effet, ces deux prises de position après le coup de bluff de Nicolas Sarkozy confondent République et démocratie, impossibles pourtant à penser en forme de synonymie, à moins de courir de graves dangers et de faire semblant d’ignorer qu’une république peut être autoritaire et qu’une démocratie, manipulée par le plébiscite, peut être pire. Pourtant, la Révolution et tout le XIXe siècle, et une grande partie de la gauche au XXe siècle, ont voulu et pensé une République démocratique, c’est-à-dire un régime de souveraineté du peuple – des citoyens mus par un espoir d’idéal – inscrit dans un horizon à atteindre : liberté, égalité fraternité jamais conquises, à désirer tout le temps, à édifier à chaque instant par le vivre-ensemble, le pouvoir être différent et le vouloir jouir des mêmes droits, à chaque moment de la vie civile, civique et privée.

 

Est-ce ce modèle français de République démocratique que revendique Nicolas Sarkozy ? Pas du tout et, une fois de plus, le débat mené de façon franco-française appauvrit la réflexion et rate la cible authentique : le président des « Républicains » envoie pourtant un message on ne peut plus clair. Il n’a pas de grande culture de la République démocratique de Robespierre, de Danton aussi, de Quinet, de Jaurès, de Péguy, de Jean Zay, de Germaine Tillion. En revanche, il est, reste et demeure fasciné par le modèle américain et son ultralibéralisme des plus violents par la casse sociale qu’il provoque. Le message devient plus clair : « Républicains », cela veut dire copier le parti des néoconservateurs les plus féroces qui soient de l’autre côté de l’Atlantique et, du même coup, vouloir forcer ses opposants à devenir les démocrates, aussi peu représentatifs d’une gauche républicaine et démocratique que le sont les partisans de Barack Obama ou de madame Clinton.

 

Nicolas Sarkozy ne veut pas accaparer la République comme on l’entend de ci et de là. Il veut simplement tourner la page de la République démocratique telle qu’elle s’est construite en France, avec ses luttes sociales, son éducation civique et civile, son instruction pour tous, son refus des communautarismes sectaires et son égalité comme objectif à réaliser pour construire la citoyenneté. Ce n’est pas tomber dans une américanophobie stérile que de pointer ce que masque le jeu autour du mot « républicain ». C’est plutôt tenter de dévoiler la part de cynisme de Nicolas Sarkozy à vouloir brouiller les cartes, par sa fascination des faucons américains et de leur république agressive et ploutocratique. Par pitié, ne jouons pas son jeu : ce n’est pas de l’histoire de France qu’il s’agit dans cette histoire de manipulation du mot « république », mais du refus à exprimer clairement de concevoir son avenir dans sa transformation en une petite Amérique, la succursale du clan Bush, les amis de vacances de Nicolas Sarkozy, ses protecteurs républicains.

 

Pour en savoir plus :

- Les Républicains : la nouvelle pompe à fric de Sarkozy

Les « Républicains », opération de communication pour une captation d’héritage ?
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