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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 11:01
Rocard, Alevêque, Charb... 100 personnalités disent «non» au traité Transatlantique

Une centaine de personnalités ont rejoint l'appel lancé par le collectif «Stop Tafta», contre le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe.

 

Sources : LeParisien.fr par Bérangère Lepetit

Devinette : quel sujet peut réunir à la fois la comédienne Mathilda May, le politique Michel Rocard, le dessinateur de Charlie Hebdo Charb ou encore l'humoriste Christophe Alevêque Le traité dit "de libre-échange" négocié actuellement très discrètement entre Bruxelles et les Américains et ce, depuis l'été 2013.

 

Dans un appel commun à l'initiative du « collectif STOP TAFTA », 100 personnalités du monde du spectacle, de la politique, de l'université et des médias se prononcent ce jeudi «contre le traité de libre-échange» dit Tafta (pour Trans-Atlantic Free Trade Agreement ).

Parmi eux, de nombreux politiques comme le leader du Front de Gauche
Jean-Luc Mélenchon, les députés (EELV) Yannick Jadot et Karima Delli, le fondateur du parti Nouvelle donne Pierre Larrouturou, mais aussi les actrices Marianne Denicourt, Marina Vlady, l'écrivain Gérard Mordillat, l'architecte Roland Castro ou les sociologues Dominique Méda, Monique Pinçon-Charlot et Pierre Pinçon.

«Ces négociations opaques se déroulent dans le dos des peuples d'Europe et d'Amérique du Nord», dénoncent notamment les signataires de l'appel. «Cet accord de libre-échange menace de mettre en péril ce qui rend nos sociétés encore vivables. C'est la raison pour laquelle nous appelons les parlementaires français et européens nouvellement élus à faire pression sur les Etats-membres et la Commission européenne afin d'interrompre les négociations du TAFTA.»



- Le texte suscite de nombreuses inquiétudes
Ce traité vise à mettre sur pied un gigantesque marché transatlantique représentant 40% du PIB mondial et plus de 800 millions de consommateurs. Bruxelles met de son côté en avant le coup de pouce à la croissance économique que pourrait représenter ce traité pour les Etats membres de l'Union européenne.

 

Mais le texte suscite de nombreuses inquiétudes, notamment concernant les produits de grande consommation fabriqués outre-Atlantique, comme le boeuf aux hormones, le «poulet au chlore» et le maïs Mon 810 (élaboré par l'Américain Monsanto) qui pourraient arriver plus facilement sur le marché européen avec les nouvelles normes mises en place et les abaissements de droits de douane.

«Aujourd'hui, un mouvement d'opinion est en train de naître contre le traité mais iI faut aujourd'hui amplifier le mouvement de contestation, assure Thomas Coutrot, porte-parole d'Attac. De plus en plus de collectivités territoriales, des villes mais aussi des conseils généraux se déclarent actuellement hors-Tafta. Nous souhaitons aussi cet été que des festivals, comme celui d 'Avignon, se déclarent hors-Tafta», poursuit-il.



- Alevêque : «Tout ça se fait sur notre dos»
Parmi les signataires, l'humoriste français Christophe Alevêque, que nous avons joint, joue ce mois de juillet un spectacle «Little boy» au festival d'Avignon. Il prendra la parole sur le Tafta. «Tout ça se fait sur notre dos, dans notre dos, sans aucun débat démocratique. On va être mis devant le fait accompli, ce n'était pas dans le programme de François Hollande», dénonce l'humoriste engagé. «On a l'impression que le marché tout-puissant est évangélique. Tout ça pour une croissance qui n'arrivera jamais!»

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«Le problème, c'est que l'humain, l'environnement, la culture, la protection sociale passent derrière le marché tout-puissant, fulmine aussi Christophe Alevêque qui a monté au printemps un spectacle intitulé «la dette». Ce sont les marchands à qui on a donné les clés de la maison. On rajoute des clés au trousseau. Nous, on n'en a plus du tout. Il faut des gardes-barrières. Un peu de contrôle. Que l'être humain soit davantage au centre des préoccupations. Pour l'instant, on lui dit juste de passer à la caisse et fermer sa gueule».

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- La liste des 100 premiers signataires
Christophe Alévêque, humoriste ; Geneviève Ancel, Dialogues en humanité ; Mariano Andor, collectif Rosia Montana ; Isabelle Attard, co-présidente Nouvelle Donne ; Clémentine Autain, Ensemble ; Geneviève Azam, porte-parole Attac ; Etienne Balibar, philosophe ; Alexandra Baudelot, Laboratoires d'Aubervilliers ; René Becker, président Terre de Liens ; Eric Beynel, Union syndicale Solidaires ; Martine Billard, co-présidente Parti de Gauche ; Pascal Blanchard, historien ; Nicolas Bouchaud, acteur ; Mona Bras, porte-parole UDB ; Dominique Cabrera, cinéaste ; Matthieu Calame, ingénieur agronome FPH ; Amélie Canonne, Aitec-Ipam ; Jean-Michel Carré, réalisateur/producteur Films Grain de Sable ; Bernard Cassen, Mémoire des luttes ; Roland Castro, architecte ; Charb, dessinateur Charlie hebdo ; Laura Chatel, secrétaire fédérale Jeunes Écologistes ; Eve Chiapello, sociologue ; Patricia Coler, déléguée générale UFISC ; Florent Compain, président Amis de la Terre ; Nathalie Coutinet, économiste les économistes atterrés ; Céline Curt, avocate ; Fanny Darbus, sociologue ; Jean-Marc De Boni, président du directoire La Nef ; Christian De Montlibert, sociologue ; Karima Delli, députée européenne EELV ; Marianne Denicourt, actrice ; Florence Denier-Pasquier, vice-présidente FNE ; Jean-Pierre Dubois, président d'honneur de la LDH ; Marc Dufumier, ingénieur agronome ; Eric Fassin, sociologue ; Gérard Filoche, ex inspecteur du travail ; Bruno Gaccio, scénariste et producteur ; Marcel Gauchet, historien, philosophe EHESS ; Susan George, écrivain ; François Gèze, éditeur ; Gaël Giraud, économiste, jésuite ; Pierre-William Glenn, réalisateur ; Vincent Glenn, réalisateur ; Cécile Gondard-Lalanne, Union syndicale Solidaires ; Roland Gori, psychanaliste appel des appels ; Bernadette Groison, secrétaire générale FSU ; Claude Gruffat, président Biocoop ; Jeannette Habel, co-présidente Copernic ; Kadour Haddadi, chanteur de HK et Les Saltimbanks ; Yannick Jadot, député européen EELV ; Béatrice et Jean-Paul Jaud, réalisateurs ; Esther Jeffers, économiste les économistes atterrés ; Raoul-Marc Jennar, essayiste ; Paul Jorion, anthropologue ; Pierre Khalfa, co-président Copernic ; Denez L’Hostis, président FNE ; Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur La Bande Passante ; Laetitia Lafforgue, présidente Fédération nationale des arts de la rue ; Bernard Lahire, sociologue ; Bruno Lamour, président Collectif Roosevelt ; Pierre Larrouturou, co-président Nouvelle Donne ; Pierre Laurent, secrétaire national PCF ; Patrick Le Hyaric, député européen PCF ; Renée Le Mignot, MRAP ; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris ; Annick Manteaux, Collectif stop-petrole-de-schiste-sud-77 ; Myriam Martin, Ensemble ; Françoise Martres, présidente Syndicat de la magistrature ; Margaret Maruani, sociologue ; Gustave Massiah, Aitec-Ipam ; Mathilda May, actrice ; Dominique Méda, philosophe et sociologue ; Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-président PG ; Annie-Thebaud Mony, directrice de recherche Inserm ; Gérard Mordillat, réalisateur ; Antonio Negri, philosophe ; Frédéric Neyrat, philosophe ; Julien Noé, Enercoop ; Birthe Pedersen, vice-présidente Peuples Solidaires ; Henri Pena-Ruiz, philosophe ; Laurent Pinatel, porte-parole Confédération paysanne ; Michel Pinçon, sociologue ; Monique Pinçon-Charlot, sociologue ; Christine Poupin, NPA ; Philippe Poutou, NPA ; Ignacio Ramonet, journaliste Mémoire des luttes ; Frédérique Rigal, Collectif Roosevelt ; Marie-Monique Robin, réalisatrice ; Michel Rocard, ancien premier ministre ; Christian Salmon, écrivain ; Chloé Sécher, coordinatrice réseau culturel Actes if ; Laura Slimani, présidente MJS ; Bernard Stiegler, philosophe Ars Industrialis ; Jean-Pierre Thorn, cinéaste ; Louis-Georges Tin, maître de conférences ; Philippe Torreton, acteur ; Aurélie Trouvé, Attac ; François Veillerette, porte-parole Générations Futures ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne ; Patrick Viveret, philosophe ; Marina Vlady, actrice ; Sophie Wahnich, historienne CNRS.

 

Rocard, Alevêque, Charb... 100 personnalités disent «non» au traité Transatlantique

- Toutes et tous hors Tafta !

Les citoyens d’Europe contre le traité transatlantique

 

ICI : Signez l’appel et déclarez-vous « hors TAFTA »


Pour en savoir plus :

- Traité transatlantique : quand l'Europe veut déréguler la finance mondiale

- Susan George : “La mobilisation contre le traité transatlantique est difficile à cause du secret”

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 10:05
Tisa* : des syndicats du monde entier appellent à cesser ces négociations commerciales secrètes

Source : d'après Basta! www.bastamag.net

Les réactions se multiplient du côté des syndicats depuis quelques jours pour dénoncer l’Accord sur le commerce des services (ACS, ou Tisa). Un traité en cours de négociation entre une cinquantaine de pays (lire notre enquête Tisa ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations). En France, les syndicats CGT et Force ouvrière (FO) déplorent le silence du gouvernement concernant ces négociations, qui visent à ouvrir le « marché des services » à la concurrence internationale.

 

 

- Y a t-il matière a s'en étonner ?

Certainement pas quand on sait que droite - centre et socialistes ont voté ensemble pour entamer de telles négociations.

 

Le 27 juin, le Comité syndical européen de l'éducation (CSEE), qui représente 132 syndicats d’enseignants en Europe et 11 millions de salariés du secteur éducatif, a exprimé « ses plus vives inquiétudes face à l’intention de l’Union européenne d’inclure les services d’éducation dans le cadre des négociations en cours sur l’accord de libre-échange pour le commerce des services ». Pour son directeur, Martin Rømer, il y a dans ces négociations le risque « d’intensifier les pressions visant à commercialiser et privatiser le secteur de l’éducation » et « de restreindre drastiquement la possibilité pour les États (...) de limiter l’entrée des institutions et établissement scolaires privés ou lucratifs sur leur territoire et de réglementer leurs activités ».

 

 

- Un traité qui « dépasse l’entendement »

La fédération syndicale s’inquiète notamment de l’inclusion de la « clause de statu quo », dans cet accord (selon un document dévoilé par Wikileaks) : « Les gouvernements seront contraints de maintenir toutes leurs réglementations en vigueur en matière de libéralisation, si bien que leurs successeurs n’auront plus aucune possibilité d’introduire de nouvelles mesures permettant de limiter le commerce des services, analyse Martin Rømer. Cette situation est fondamentalement contraire à tout processus décisionnel démocratique »

 

Pour la Confédération syndicale internationale (CSI), « le projet d’accord dont débattent des représentants de gouvernements vise à affaiblir la réglementation des services financiers et à octroyer aux fonds spéculatifs, aux banques, aux compagnies d’assurance et autres prestataires financiers de nouveaux accès sur les marchés financiers » (communiqué Wikileaks du 27 juin). « Les gouvernements sont en train de négocier dans le plus grand secret des réglementations financières à la baisse », dénonce Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Qu’ils veuillent aider les banques "trop grosses pour faire faillite" et conglomérats financiers à poursuivre leur expansion, cela dépasse l’entendement. »

 

 

- L’offre de la Commission européenne

Plusieurs fédérations syndicales internationales ont appelé à cesser les négociations de l’accord Tisa : l’Internationale des services publics (qui représente 669 syndicats du secteur des services publics), UNI Global Union (900 organisations syndicales et 20 millions d’adhérents dans le monde, dans les secteurs de la santé, des médias, des télécommunications ou des finances), IndustriALL (50 millions de travailleurs de l’industrie, des mines et de l’énergie) et l’UITA (Union internationale des travailleurs de l’alimentation et de l’agriculture, 383 organisations membres). En 2013, elles avaient déjà, avec plusieurs centaines d’organisations, affirmé leur ferme opposition aux négociations, dans une lettre adressée aux ministres du Commerce des pays concernés.

 

Malgré les demandes répétées des syndicats et ONG (voir la déclaration concertée de groupes de la société civile européenne travaillant contre les menaces du GMT [TAFTA]) pour une plus grande transparence, voire pour l’arrêt des discussions, le mandat de négociation donné à la Commission européenne n’a toujours pas été rendu public. Pour le commissaire au Commerce, Karel de Gucht, le secret sur les négociations est un choix « stratégique ». La Suisse, la Norvège et l’Islande ont pourtant publié leurs offres initiales de négociation (lire ICI. Dans ces conditions, comment savoir quels seront les secteurs qui pourront être soumis aux privatisations et à la concurrence internationale ? « Dans son offre, l’UE a introduit une série d’exceptions qui lui permettent de prendre toute mesure qu’elle juge utile dans un certain nombre de secteurs, notamment l’audiovisuel, l’éducation publique, la santé publique ou l’eau », assure, dans son langage bien à elle, la Commission. Impossible à vérifier, tant que l’offre initiale de l’Union européenne ne sera pas rendue publique.

 

Les services publics seront-ils protégés de toute menace de privatisation ? Là encore, réponse sibylline de la Commission : « L’UE a introduit une réserve horizontale lui permettant de sauvegarder des monopoles et des droits exclusifs d’exploitation dans le secteur public. La réserve est libellée comme suit : "les services reconnus d’utilité publique au niveau national ou local peuvent être soumis à des monopoles publics ou à des droits exclusifs octroyés à des opérateurs privés" » [1]. La transparence, c’est aussi une question de vocabulaire...

 

Notes

[1Source : FO Hebdo.

 

Pour aller plus loin :

- TISA : qui a voté quoi à Bruxelles (droite et socialistes la main dans la main) ?

- L’Accord sur le commerce des services (TISA) : l’autre traité que l’Union européenne négocie avec les Etats-Unis

- Un traité.... en cache un autre : vous avez aimé TAFTA ? Vous adorerez TISA !

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 11:03
Crédit photo : Michel Soudais

Crédit photo : Michel Soudais

- L’auteur
François Cocq, 35 ans, est enseignant.
- Conseiller municipal délégué à Champigny-sur-Marne (94), il est secrétaire général du Parti de Gauche depuis mars 2013.
- Il avait auparavant en responsabilité au sein de ce même parti le secteur de l’éducation.
- Il est par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée), lieu de réflexion et d’échange pour faire vivre la nécessité de transformation issue du socialisme révolutionnaire avec l’exigence et l’universalisme républicains.

- Depuis septembre 2012, il tient un blog politique dont sont issus les articles qui figurent dans le présent recueil.

 

- La publication

- Avant-propos -

«Je ne suis pas le Président socialiste». Pour abrupte qu’ellesoit, la déclaration de François Hollande le 28 mars 2013 lors de son grand oral médiatique est un aveu savamment orchestré. Lui Président, il poursuit l’action qu’il a menée pendant plus d’une décennie à la tête du Parti socialiste (PS) et depuis 30 ans dans les arcanes de la rue de Solferino, siège du PS.

 

Après avoir progressivement renié l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, après s’être à dessein détaché des luttes et acquis de la classe ouvrière, François Hollande et les siens veulent faire de leur accession au pouvoir le grand bond par dessus le socialisme : redistribution, souveraineté populaire, droit du travail, retraites, protection sociale, services publics..., il n’est rien qui soit à l’abri de la remise en cause. Jusqu’au nom lui même, «socialiste», qui leur pose problème comme en atteste la déclaration présidentielle.... pour lire la suite...

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 10:21

par Mike Whitney

- MIKE WHITNEY  vit dans l’État de Washington. Il est un contributeur à  Espoir: Barack Obama et sa politique de l’Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une  édition Kindle. Il peut être contacté à  fergiewhitney@msn.com .

- par MIKE WHITNEY – http://www.counterpunch.org/2014/04/23/putins-dilemma/ - Traduction Libre © Didier ARNAUD

Le dilemme de Poutine

Sources : Les-Crises.fr blog d'Olivier Berruyer

  • «La dernière décennie du XXe siècle a connu un changement tectonique dans les affaires mondiales. Pour la première fois, une puissance non-Eurasienne a émergé, non seulement comme un arbitre clé des relations de pouvoir en Eurasie, mais aussi comme pouvoir suprême dans le monde. » (p. xiii)
  • « Maintenant, une puissance non-Eurasienne est devenue prééminente en Eurasie. – Et la primauté mondiale de l’Amérique dépend directement de la durée et de l’efficacité de sa prépondérance maintenue sur le continent eurasiatique » (p.30) - (Extraits du livre Le Grand Echiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostrastégiques, Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997)
  • « On nous avait promis à Munich, après la réunification de l’Allemagne, aucune expansion de l’OTAN n’aura lieu à l’Est. Ensuite, l’OTAN s’est élargie en ajoutant les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciens pays de l’URSS, et j’ai demandé: “Pourquoi faites-vous cela ? ” Et ils m’ont répondu : ” Ce n’est pas votre affaire.” » – (Le président Russe Vladimir Poutine, conférence de presse à Moscou, avril 2014)

 

 

- Les États-Unis se trouvent dans une véritable phase de déclaration de guerre avec la Russie.

Les décideurs politiques à Washington ont déplacé leur attention depuis le Moyen-Orient vers l’Eurasie, où ils espèrent atteindre la partie la plus ambitieuse du projet impérial : établir des bases d’opérations avancées tout au long du flanc Ouest de la Russie, pour arrêter l’intégration économique entre l’Asie et l’Europe, et pour commencer l’objectif longtemps recherché de démembrer la Fédération de Russie. Tels sont les objectifs de la politique actuelle. Les États-Unis ont l’intention d’étendre leurs bases militaires en Asie centrale, de se saisir des ressources vitales et des corridors de pipelines, et d’encercler la Chine pour pouvoir contrôler sa croissance future. Cette poussière en Ukraine indique que la cloche de départ a déjà sonné et que l’opération est déjà entièrement en cours de déroulement. Comme nous le savons par expérience, Washington va poursuivre sa stratégie sans relâche tout en s’affranchissant de l’opinion publique, du droit international ou de la condamnation des adversaires et des alliés de la même façon. La seule superpuissance du monde n’a nul besoin d’écouter quiconque. Il s’agit d’un droit en soi.

 

Ce modèle, est bien sûr, infaillible. Il commence avec des sanctions de type doigts moralisateurs qui agitent l’économique, et de la rhétorique incendiaire, et puis rapidement, il se transforme en bombardements furtifs, attaques de drones, destruction massive des infrastructures civiles, des millions de réfugiés fuyant les villes et les villages décimés, des escadrons de la mort, du carnage humain en gros, de vastes destructions de l’environnement, et la lame stable en échec l’anarchie de l’État… Tout ceci étant accompagné par la répétition fade de la propagande étatique vomie de tous les porte-voix de l’entreprise dans les médias occidentaux.

 

 

- N’est-ce pas la façon dont les choses se sont déjà déroulées en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ?

En effet, ils l’ont fait. Et maintenant, c’est au tour de Moscou. La survie de Poutine et celle de la Fédération de Russie dépend dans une très large mesure de sa capacité à saisir la nouvelle réalité rapidement et de s’adapter en conséquence. S’il décide d’ignorer les signes avant-coureurs qui sont tant espérés par Washington qui ne saurait être apaisé ou bien les hommes qui dictent la politique étrangère des États-Unis qui seraient peut-être persuadés d’abandonner le soi-disant «pivot vers l’Asie », il pourrait faire face à la même fin que Saddam Hussein ou Kadhafi. Donc, la première priorité est tout simplement d’accepter le fait que la guerre a commencé. Toutes ses futures décisions politiques doivent provenir de cette connaissance de base.

 

 Les bases américaines en Asie centrale en 2006 [1]

Les bases américaines en Asie centrale en 2006 [1]

- Alors qu’est-ce que Poutine sait déjà ?

  • Il sait que la CIA, le Département d’État des États-Unis et les pseudo-ONG américano-financées ont été directement impliqués dans le coup d’Etat de Kiev ;
  • Il sait (à partir de messages téléphoniques piratés) que c’était la main de Washington dans le choix des dirigeants de la junte ;

  • Il sait que la Maison Blanche et l’OTAN ont déjà sapé l’esprit de l’accord de Genève de vendredi en menaçant d’intensifier les sanctions économiques et en prévoyant de transférer davantage d’actifs militaires aux pays baltes, ainsi que 10.000 troupes terrestres américaines en Pologne et des navires de guerre américains supplémentaires en Mer Noire ;

  • Il sait que des décideurs politiques de haut rang des États-Unis l’ont diabolisé dans les médias en tant que nouvel Hitler, un surnom qui est immanquablement connoté d’objectifs d’agression par Washington ;

  • Et il sait aussi que l’équipe Obama grouille de néo-cons sanguinaires et de guerriers froids récalcitrants qui n’ont jamais abandonné l’idée de faire éclater la Russie en petits morceaux, de pouvoir piller ses ressources, et d’installer une marionnette des États-Unis à Moscou.

 

À cette fin, les médias occidentaux ont façonné un récit absurde en prétendant que la Crimée fait partie d’un plan « diabolique »  de Poutine pour reconstruire l’Union soviétique et revenir aux jours de gloire de l’Empire russe. Bien qu’il n’y ait aucun point à réfuter dans cette allégation risible, il convient de noter que de nombreux journalistes ont contesté l’exubérance des médias en analysant la couverture de propagande gérée par l’Etat.

 

 

- Voilà comment le journaliste américain Robert Parry l’a résumé dans un article récent :

«Au cours de mes quatre plus grandes décennies dans le journalisme, je n’ai jamais assisté à un tel spectacle de partialité et de tromperie aussi élaboré par les plus grands médias d’actualité grand public des États-Unis. Même à l’époque de Ronald Reagan … il y avait plus d’indépendance dans les principaux organes de presse. Il y a eu aussi beaucoup de bousculades des médias au large de la falaise de la réalité pendant la guerre du Golfe Persique de George HW Bush et de la guerre en Irak de George W. Bush, qui ont tous deux été manifestement coutumiers de fausses allégations qui ont pu être si facilement avalées par les grands organes de presse américains.

 

Mais il y a quelque chose de tout à fait orwellien dans la couverture actuelle de la crise en Ukraine, y compris le fait d’accuser les autres de «propagande» quand leurs explications… se révèlent beaucoup plus honnêtes et plus précises que ce que le corps de presse tout entier des États-Unis a mis en production…. La désinvolture de cette propagande … n’est pas seulement du journalisme de la honte, mais c’est aussi particulièrement imprudent de malversation au péril de la vie de nombreux Ukrainiens et de l’avenir de la planète. » (« Ukraine, à travers le miroir des Etats-Unis », Robert Parry, SmirkingChimp)

 

 

Malheureusement, le brouillard de la propagande générée par l’État permet de maintenir le public en grande partie dans l’obscurité sur les motifs réels du conflit actuel, ainsi que l’histoire sordide de l’hostilité américaine envers la Russie. Voici un court texte de présentation d’un article paru sur le site World Socialist Web Site qui aide à couper à travers la BS et qui fournit un peu plus d’éclairage sur ce qui se passe réellement :

 

« Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée à la fin de 1991, Dick (Cheney) voulait obtenir non seulement le démantèlement de l’Union soviétique et de l’empire russe, mais celui de la Russie elle-même, de sorte qu’elle ne puisse plus jamais constituer à nouveau une menace pour le reste du monde, », écrit l’ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates,  des États-Unis, dans ses mémoires récemment publiées. Gates faisait allusion à l’époque où Dick Cheney était ministre de la Défense, et plus tard vice-président américain.

 

 

- Ces déclarations éclairent sous un jour nouveau les dimensions géopolitiques du putsch récent en Ukraine.

Ce qui est en jeu, ce ne sont pas tant de simples questions de nationalité, et encore moins la lutte contre la corruption et pour la démocratie, mais bien au contraire une lutte internationale pour le pouvoir et l’influence qui remonte à un quart de siècle. “(Les dimensions géopolitiques du coup d'état en Ukraine, Peter Schwarz, World Socialist Web Site)

 

Le Conseiller en Sécurité Nationale du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, constitue bien le principal architecte de la politique actuelle. Dans son désormais classique « Le Grand Echiquier.... La suprématie américaine et ses Impératifs Géostratégique », Brzezinski argumente que les États-Unis ont un besoin vital de devoir contrôler la masse continentale de l’Eurasie et d’en repousser ses rivaux potentiels, afin de maintenir sa position dominante en tant que seule et unique superpuissance au monde. Les critiques affirment que ce livre est un modèle pour une dictature mondiale, une revendication qui est bien difficile à contester étant donné l’accent particulièrement maniaque de Brzezinski sur ce qu’il qualifie « de la suprématie mondiale de l’Amérique. »

Le dilemme de Poutine

- Voici quelques extraits du texte qui éclairent bien les réflexions de l’auteur sur l’expansion US en Asie :

« L’Amérique est maintenant la seule superpuissance mondiale, et l’Eurasie devient l’arène centrale du globe. Par conséquent, ce qui va se passer tout autour de la distribution de l’énergie sur le continent Eurasien sera d’une importance décisive pour la primauté mondiale de l’Amérique et de l’héritage historique de l’Amérique. » (P.194) « Il s’ensuit que l’intérêt principal de l’Amérique est d’aider à s’assurer qu’aucune puissance unique ne soit en mesure de contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale n’aura aucune entrave à son accès financier et économique ». (P148) …


« La consommation d’énergie dans le monde est appelée à augmenter considérablement au cours des deux ou trois prochaines décennies. Selon les estimations du Département de l’Énergie des Etats-Unis, ils s’attendent à ce que la demande mondiale augmentera de plus de 50 % entre 1993 et 2015, la hausse la plus significative de la consommation se produisant en Extrême-Orient. La dynamique de développement économique de l’Asie suscite déjà des pressions énormes pour l’exploration et l’exploitation de nouvelles sources d’énergie et les régions de l’Asie centrale et du bassin de la mer Caspienne sont connues pour contenir des réserves de gaz naturel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique ou de la mer du Nord. » (p.125) … »…


« La manière dont l’Amérique gère « l’Eurasie » devient critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du monde et un axe géopolitique. La puissance capable de dominer l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions les plus avancées et économiquement productives du monde. … Environ 75 % des habitants de la planète vivent en Eurasie, et la plupart de la richesse physique du monde se trouve concentrée là aussi, à la fois dans ses entreprises et dans son sous-sol.  L’Eurasie représente environ 60 % du PNB de la planète et environ les trois quarts des ressources énergétiques connues du monde entier » p.31) …
(Extraits de «
Le Grand Echiquier.... La suprématie américaine et ses Impératifs Géostratégique » – Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997)

 

Pris dans son ensemble, « l’Échiquier » de Brzezinski revient finalement à une stratégie plutôt simple pour gouverner le monde. Tout ce que l’on doit faire, c’est de se saisir de l’approvisionnement énergétique critique et des lignes de transport en commun, d’écraser ses rivaux potentiels, et de subvertir les coalitions régionales, ou encore ce que Brzezinski désigne avec désinvolture, « empêcher les barbares de se mettre ensemble. »


Le plan comporte cependant des risques considérables, (la Russie détient pas mal d’armes nucléaires, après tout…), mais les risques sont largement compensés par la perspective de domination mondiale incontestée pour un avenir prévisible.

 

 

- Le problème avec la politique de Washington en Ukraine, c’est qu’elle laisse très peu d’options à Poutine.

  • S’il déploie des troupes pour défendre l’ethnie Russophone à l’Est, alors Obama va immédiatement exiger des sanctions économiques supplémentaires, une zone «d’exclusion aérienne», le déploiement de l’OTAN, et la coupure du gaz naturel et des produits pétroliers en Europe ;
  • D’un autre côté, si Poutine ne fait rien, alors les attaques contre les personnes russophones en Ukraine vont s’intensifier et les États-Unis vont fournir un soutien logistique militaire en secret aux extrémistes néo- nazis du ministère de l’Intérieur, tout comme ils l’ont déjà fait avec les terroristes djihadistes en Syrie et en Libye. Cela va entraîner l’Ukraine dans une guerre civile dévastatrice qui pourrait endommager l’économie de la Russie et saper la sécurité nationale.

 

 

- Quelle que soit l’option que vous pouvez envisager, la Russie perd dans tous les cas.

Le journaliste David Paul a résumé la situation dans un article du Huffington Post intitulé « Oubliez le baratin, Poutine tient une main perdante ». Il a expliqué :

« La formulation stratégique de Brzezinski est conçue pour améliorer la puissance américaine dans la région sur le long terme, et que Poutine arrive à trouver un moyen de se retirer ou bien qu’il choisisse d’envahir n’a finalement aucune importance. Quel que soit le choix que fait Poutine… en fin de compte il va servir les intérêts de l’Amérique, même si une guerre civile ukrainienne et une crise de l’énergie en Europe doivent faire partie du prix à l’arrivée. » (Huffington Post)

 

C’est tout le dilemme de Poutine, qui consiste à tenter de choisir le chemin qui est le moins susceptible d’aggraver la situation et de plonger plus profondément l’Ukraine dans l’abîme.

 

Pour l’instant, le choix semble évident, c’est juste qu’il faut tout simplement s’asseoir bien à l’abri, résister à la tentation de s’impliquer, et ne rien faire d’irréfléchi. Finalement, cette retenue pourra être considérée comme de la force et non plus de la faiblesse et il sera en mesure de jouer un rôle plus constructif en conduisant l’Ukraine vers la paix et la sécurité.

 

Notes :

[1] Les bases américaines en Asie centrale (Article paru dans la revue française de géopolitique Outre-Terre : Asie antérieure – Guerre à l’Iran ? ; numero 16, éditions Érès, 2006)

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:50

- En bref

En requalifiant le parti socialiste de « deuxième droite », la vidéo ci dessus, le livre montrent comment, dès le milieu des 1980, les socialistes ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

Le PS actuel "frondeurs ou pas", Hollande sont dans la continuité de cette politique.

 

 

- Résumé

"Le 10 mai 1981, François Mitterrand devient président de la République. Les illusions de la gauche tiennent jusqu'au fameux "tournant de la rigueur" en 1983.

 

Dès 1981, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover faisaient partis des sceptiques sur la volonté de changement de cap. En 1986, ils co-écrivent "La deuxième droite" pour répondre à ceux qui s'auto-proclamaient "deuxième gauche", une gauche moderne, entrepreneuriale. Jean-Pierre Garnier est au moins d'accord sur un point avec Manuel Valls : il faut changer le nom du parti socialiste. J-P Garnier propose de le rebaptiser : le Parti de Solférino.

 

Un an après le retour aux affaires du PS, un an après le retour d'un François au château, l'analyse de J-P Garnier sonne comme un claquement de fouet... ça réveille ! A l'occasion de la sortie de la nouvelle édition du livre "La deuxième droite" chez les éditions Agone éditions Agone, et du premier anniversaire du retour aux affaires du Parti Solférinien, nous mettons à disposition ici, en libre circulation, une vidéo réalisée dans notre série des entretiens mutins (contre la pensée tiède). "

Les Mutins de Pangée

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:33
Barroso et Juncker

Barroso et Juncker

Source : éditorial de l'Humanité Dimanche

Décidément, les chefs d’État et de gouvernement européens ne veulent rien entendre, rien comprendre des puissantes alertes lancées par les citoyens, à l’occasion des élections européennes. Seulement un mois après leur résultat, les grandes et petites manoeuvres continuent de plus belle.

 

Pour remplacer M. Barroso à la tête de la Commission européenne, dirigeants de droite et socialistes choisissent comme un seul homme, à partir d’une sorte de mercato de répartition des postes, l’ancien premier ministre du Luxembourg de droite, fédéraliste, et chef de file des conservateurs du Parti populaire européen lors des élections européennes. Ainsi, on propose de remplacer un fédéraliste de droite, Barroso, par un libéral fédéraliste de droite, M. Jean-Claude Juncker. Celui-là même qui incarne, depuis un quart de siècle, l’actuelle construction ultralibérale de l’Union européenne et son cortège de souffrances infligées aux travailleurs, aux retraités, aux citoyens européens.

 

À la tête de ce que l’on appelle « l'Eurogroupe », c’est-à-dire la structure regroupant les pays qui ont l’euro pour monnaie, il était au coeur du dispositif de la dérégulation financière dans l’espace européen. On lui doit donc d’avoir joué un rôle de premier plan dans l’application des politiques d’austérité qui ont détruit les économies de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, attaqué celles de l’Italie, de l’Irlande et de la France. Il est celui qui a largement contribué à construire, au coeur de l’Europe, l’un des plus grands paradis fiscaux du monde, le Luxembourg. Il en a été premier ministre de très nombreuses années et, à ce titre, il a chaque fois utilisé son droit de veto contre tout projet visant une fiscalité des mouvements de capitaux, la réglementation de la finance ou des banques. M. Juncker est bien le symbole de cette Europe et de cette monnaie unique qui ont failli. Il le reconnaissait lui-même il y a un peu plus d’un an quand il déclarait : « L’euro et moi-même sommes les seuls survivants du traité de Maastricht. » Quelle autre manière d’avouer qu’il est l’homme d’un autre temps et celui de l’échec. C’est pourtant de celui-là que M. Pierre Moscovici a pu dire « qu’il serait un bon président de la Commission européenne » !

 

Pourtant, ce choix est à mille lieues de l’expression populaire et du refus de vote aux élections européennes, marquées à la fois par une poussée de l’extrême droite et de la droite extrême, dite « eurosceptique », la progression d’une gauche alternative dans les pays du sud de l’Europe, un net recul des deux formations traditionnelles, les conservateurs de droite du Parti populaire européen et le Parti socialiste européen, qui se partagent les postes et veulent continuer à le faire au sein des institutions européennes. Ainsi, on assiste à ce spectacle affligeant où socialistes et écologistes soutiennent un candidat de droite à la présidence d’une Commission européenne, « rose-blanche », et la droite soutenant un socialiste à la présidence du Parlement. Et le même partage se fera pour la présidence permanente du Conseil européen. Ce dispositif d’une grande coalition dite « droite-gauche » au sein des institutions européennes, copie conforme de l’entente « démocratie chrétienne/sociauxdémocrates » au pouvoir à Berlin, n’est pas le seul reflet d’ambitions personnelles pour occuper les postes décisionnaires. Elle correspond fondamentalement aux demandes des puissances d’argent et du capital international. Ils veulent être certains de disposer du personnel politique jugé capable de faire survivre le système capitaliste enserré dans la tornade de sa crise.

 

C’est du reste un appel à ce type « d’union nationale » qu’ont lancé sept dirigeants patronaux, la semaine dernière, derrière le vocable « un partenariat au-delà des... postures » pour libérer la France de ce qu’ils appellent « les blocages structurels », c’est-à-dire l’ensemble des droits sociaux et démocratiques qui ont façonné « le modèle social français ». Ils réclament du pouvoir Valls-Hollande qu’il soit plus ferme contre les cheminots, les intermittents, les députés socialistes qui critiquent le pacte d’austérité, ceux du Front de gauche qui appellent à revenir à gauche, tous les élus qui refusent le charcutage territorial, ou même la décision du gouvernement qui a finalement abandonné le projet de gel du niveau des retraites inférieures à 1 200 euros.

 

- Junker incarne, depuis 25 ans, l'actuelle construction ultralibérale de l'Union Européenne et de son cortège de souffrances.

 

C’est dire si le combat est rude. Il appelle évidemment plus de débats pour un nouveau projet à gauche, plus de mobilisation unitaire pour résister et obtenir des améliorations immédiates, plus d’efforts pour rassembler celles et ceux qui ne se résignent pas aux situations actuelles en France et en Europe. C’est le sens de la préparation de la Fête de l’Humanité, qui aura lieu les 12, 13 et 14 septembre prochains.

 

L’enjeu d’un nouveau partage des richesses et d’une nouvelle manière de les produire, respectueuse des hommes et de la planète, devrait être placé au coeur d’une large action transformatrice. Et le nouveau Parlement européen serait bien inspiré de s’emparer du projet de la Confédération Européenne des Syndicats qui, en proposant de mobiliser une infime part des richesses produites dans un plan d’investissement audacieux et innovant, montre qu’il est possible de créer 11 millions d’emplois en Europe. Ce serait le moyen de tenir compte du résultat des élections européennes.

 

- Sur le même sujet, pour en savoir plus, lire aussi :

- Socialistes et droite libérale : Stupéfiante union sacrée au Parlement européen

- Commission européenne : Barroso et Juncker, anciens maoïste et trotskiste repérés par la CIA

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 15:02
Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

Sources : Le Grand Soir rédigé le 9-07-2014 par Nafeez AHMED "The GardIan" - modifié le 01-12-2014

Le ministre israélien de la défense a confirmé que l’opération militaire visant à "éradiquer le Hamas" a comme objectif de prendre le contrôle des réserves de gaz de Gaza.

 

Hier, (8 juillet) Moshe Ya’alon, actuel ministre israélien de la Défense et ancien chef d’état major des Forces de Défense Israéliennes a annoncé que l’Opération "Coussin de protection" était le début d’une large offensive contre le Hamas. L’opération "ne va pas durer seulement quelques jours" a-t-il dit, "nous nous préparons à étendre l’opération de toutes les manières possibles pour continuer à frapper le Hamas."

 

Ce matin, il a ajouté :

"Nos frappes continuelles causent de lourdes pertes au Hamas. Nous détruisons des armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commande et de contrôle, des institutions du Hamas, des bâtiments du régime, des maisons de terroristes et nous tuons des terroristes dans les différents niveaux de commande... La campagne contre le Hamas s’étendra dans les jours prochains et l’organisation paiera un lourd tribut."

 

 

- Retour en arrière sur des raisons non médiatisées

Mais en 2007, un an avant l’opération "plomb fondu", ce qui préoccupait Ya’alon, c’était les 40 milliards de m3 de gaz naturel, évalués à environ 3 milliards d’euros, découverts en 2000 au large de Gaza. Ya’alon rejetait l’idée que "le gaz de Gaza puisse devenir le vecteur d’un état palestinien viable au plan économique" comme étant "erronée".

 

Le problème selon lui était que :

"La vente du gaz palestinien à Israël n’engendrera pas assez de richesse pour profiter à une population palestinienne très appauvrie. Par contre, si l’on en juge par le passé, elle permettra de financer d’autres attaques terroristes contre Israël...

Une transaction sur le gaz avec l’Autorité Palestinienne [AP] devra, par définition, inclure le Hamas. Soit le Hamas pourra bénéficier des revenus engendrés, soit il sabotera le projet en lançant des attaques contre le Fatah, les installations de gaz et Israël – ou contre les trois à la fois... Il est clair que sans une opération militaire d’envergure pour mettre fin au contrôle du Hamas sur Gaza, on ne pourra procéder à aucun forage sans l’accord du mouvement islamique radical.."

 

L’opération "plomb fondu" n’a pas réussi à anéantir le Hamas, par contre elle a pris la vie de 1387 Palestiniens (dont 773 civils) et de 9 Israéliens (dont 3 civils).

 

 

- Terre, pétrole et gaz au coeur des conflits du moyen orient

Depuis la découverte de pétrole et de gaz dans les Territoires Occupés, la compétition pour les ressources s’installe de plus en plus au coeur du conflit, à cause, surtout, des problèmes énergétiques croissants d’Israël.

 

Selon Mark Turner, le fondateur de Research Journalism Initiative, le siège de Gaza et la pression militaire qui s’en est suivie avaient pour but "d’éliminer" le Hamas en tant que "entité politique viable à Gaza" pour induire un "climat politique" favorable à un accord sur le gaz. Cela impliquait de réhabiliter le Fatah vaincu, d’en faire le principal acteur politique en Cisjordanie et de "rééquilibrer le rapport de force entre les deux camps en armant les forces loyales à Abbas et en recommençant à lui octroyer une aide financière ciblée."

 

Les propos de Ya’alon de 2007 montrent que le cabinet israélien n’est pas seulement préoccupé par le Hamas – mais par le fait que si les Palestiniens parviennent à exploiter leurs gisements de gaz, la transformation économique qui en résultera pourrait alors augmenter considérablement leur pouvoir.

 

Israël a fait plusieurs découvertes successives d’importance ces dernières années – comme par ex. le gisement Leviathan estimé à 453 milliards de m³ – qui pourrait faire passer le pays d’importateur d’énergie à exportateur potentiel d’énergie avec l’ambition de livrer l’Europe, la Jordanie et l’Egypte. Le problème est que la plus grande partie des 3 450 milliards de mètres cubes de gaz et des 1,68 milliard de barils de pétrole du Bassin du Levant se trouve dans des eaux territoriales disputées par Israël, la Syrie, le Liban, Gaza et Chypres.

 

En plus de ces luttes régionales pour le gaz, Israël doit faire face à ses propres défis énergétiques, souvent méconnus. Ce ne sera sans doute pas avant 2020, par exemple, que le pays parviendra à mobiliser correctement la plus grande partie de ses ressources nationales.

 

 

- Mais c’est seulement la partie émergée de l’iceberg

Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

En 2012, dans une lettre – que le gouvernement israélien a gardée secrète– deux responsables scientifiques du gouvernement israélien ont prévenu le gouvernement que Israël, malgré toutes ses extraordinaires découvertes, n’avait pas encore la capacité d’exporter du gaz. Selon Ha’aretz, la lettre précisait que les ressources nationales israéliennes étaient de 50% inférieures à ce qui serait nécessaire pour procéder à des exportations dignes de ce nom et qu’en plus elles pourraient diminuer avec les années :

 

"Nous pensons qu’Israël aura augmenté sa consommation [nationale] de gaz naturel en 2020 et ne devrait donc pas exporter de gaz. Les estimations de l’Autorité de gaz Naturel sont inexactes. Il y a un fossé de 100 à 150 milliards de mètres cubes entre les projections de consommation qui ont été présentées au Comité et les projections plus récentes. Les réserves de gaz dureront sans doute moins de 40 ans !"

 

Comme Dr Gary Luft - un conseiller du Conseil de Sécurité de l’Energie Etasunienne - l’a écrit dans le Journal de la Sécurité Energétique, "avec l’accélération de la diminution des ressources nationales de gaz et sans une augmentation rapide des importations égyptiennes de gaz, Israël pourrait être confronté à une crise énergétique dans les années qui viennent... Si Israël veut pouvoir poursuivre ses projets de gaz naturel, il doit diversifier ses sources d’approvisionnement. "

 

Les nouvelles découvertes nationales d’Israël ne permettent pas de solutionner le problème dans l’immédiat parce que les prix de l’électricité ont atteint des records, ce qui accroît encore la nécessité de diversifier les approvisionnements. Ces problématiques sont la raison pour laquelle le premier ministre Netanyahou a déclaré le 11 février qu’il était temps de conclure un accord sur le gaz avec Gaza. Mais lorsqu’un nouveau cycle de négociations a été entamé avec l’Autorité Palestinienne, en septembre 2012, le Hamas a été exclu, et par conséquent il a rejeté l’accord comme illégitime.

 

Au début de l’année2014 , le Hamas a condamné l’accord que l’AP avait conclu avec Israël pour lui acheter 845 millions d’euros de gaz provenant du gisement Leviathan sur les 20 années qui suivront la mise en service du gisement. Simultanément, l’AP a rencontré plusieurs fois le British Gas Group pour exploiter les gisements marins de Gaza, mais en excluant le Hamas – et donc les Gazaouis – du processus. Ce plan est le bébé du délégué du Quartette du Moyen Orient, Tony Blair.

 

Mais l’AP a aussi sollicité la compagnie russe Gazprom pour la même chose et des entretiens ont eu lieu entre la Russie, Israël et Chypres, sans qu’on sache au juste ce qu’il en est sorti. On ne sait pas non plus comment l’AP se propose de contrôler Gaza qui est gouverné par le Hamas.

 

Selon Anais Antreasyan, du Journal des Etudes Palestiniennes de l’Université de Californie, la revue de langue anglaise la plus respectée de toutes celles qui traitent du conflit arao-israélien, l’étranglement israélien de Gaza a pour but de rendre "impossible l’accès des Palestiniens aux puits Marine-1 et Marine-2." Le plan à long terme d’Israël "consiste non seulement à empêcher les Palestiniens d’exploiter leurs propres ressources, mais aussi à intégrer les gisements de gaz de Gaza dans les installations de forage en mer israéliennes adjacentes." Tout cela fait partie d’une plus large stratégie consistant à : ".... séparer les Palestiniens de leur terre et de leurs ressources naturelles pour les exploiter et ainsi bloquer le développement de l’économie palestinienne. En dépit de tous les accords formels impliquant le contraire, Israël continue à gérer toutes les ressources naturelles qui sont nominalement sous la juridiction de l’AP, que ce soit l’eau, la terre, la mer ou les ressources en hydrocarbures.."

 

 

- Pour le gouvernement israélien le Hamas continue d’être le principal obstacle à la finalisation de l’accord gazier.

Comme le dit le ministre en exercice : "Notre expérience de la période d’Oslo nous a appris que les profits du gaz palestinien seraient sans doute utilisés pour financer le terrorisme contre Israël. Le Hamas n’est pas la seule menace... Il est impossible d’empêcher un groupe terroriste palestinien ou un autre de profiter peu ou prou de la manne gazière." La seule option, par conséquent, est une nouvelle "opération militaire pour éradiquer le Hamas."

 

Malheureusement pour l’armée israélienne, anéantir le Hamas passe par la destruction de ce qui est perçu comme la base civile du groupe – et c’est pourquoi les victimes civiles palestiniennes sont infiniment plus nombreuses que les victimes israéliennes. Les deux camps ne valent pas mieux l’un que l’autre, mais la capacité de destruction d’Israël est simplement beaucoup plus grande.

Israël attaque t-il Gaza pour s’approprier le gaz et le pétrole palestinien ?

Après l’opération "plomb fondu", le Comité Public contre la Torture en Israël (Pcati) de Jérusalem a découvert que l’armée israélienne avait adopté une doctrine de combat plus agressive basée sur deux principes :

- la doctrine "zéro perte" pour les soldats israéliens même si cela nécessitait de tirer tous azimuts dans des zones fortement peuplées ;

- la "doctrine dahiya" qui prône le bombardement des infrastructures civiles pour infliger de grandes souffrances à la population et les inciter à se révolter contre les opposants à Israël.

 

Cela a été confirmé dans les faits par la mission d’enquête diligentée par l’ONU à Gaza qui est arrivé à la conclusion que l’armée israélienne avait "délibérément fait un usage disproportionné de la force", contre les "infrastructures de soutien" de l’ennemi - "l’expression semble désigner la population civile", précise le rapport de l’ONU.

 

Les ressources ne sont pas la seule cause du conflit israélo-palestinien. Mais à une époque où l’énergie renchérit, la compétition pour le contrôle des énergies fossiles régionales influence de plus en plus des décisions qui ont le potentiel de déclencher une guerre.

 

Précision :

Le présent texte ne comprend pas les nombreux liens internes qui figurent dans l'édition originale en anglais que vous pouvez consulter ici.

 

 

- Sur la question du pétrole un enjeu explosif

En Israël, l’industrie pétrolière est l’une des plus secrètes du pays. Les caméras de télévision sont interdites sur les sites d’extraction. Peut-être parce que les cuves de pétrole brut et les tours de forage ne sont qu’à une centaine de mètres des territoires palestiniens ? Selon les géologues palestiniens 85 % des gisements exploités par Israël se trouveraient en dehors de ses frontières.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 10:58
"Les socialistes dissidents doivent s'autonomiser" Jean-Luc Mélenchon

Le 3 mai 2014, Jean-Luc Mélenchon était l'invité d'i>télé.

Il a appelé les socialistes dissidents à "s'autonomiser" en créant un groupe politique à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait de faire contrepoids à gauche à la ligne politique adoptée par Manuel Valls.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:40
Une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois

Marie-Noëlle Lienemann et la tambouille de « l’alternative à gauche »

 

Sources : Blog de Jean-Luc Mélenchon

Dans le registre des couteaux sans lame, on sent bien que la gamme va s’élargir bientôt fort vite. Après avoir voté le budget Valls, Marie-Noëlle Lienemann tenait une presse le 11 juillet avec l’ancien ministre Paul Quilès, flanqués de Pierre Laurent du PCF et Emmanuelle Cosse d’EELV.

 

Il s’agissait de faire connaitre un document « base de travail » pour « une stratégie alternative » à gauche. On a compris qu’il s’agissait d’un travail confidentiel mené de longue main. Pourtant, il y a une semaine, nous rencontrions, avec le même Pierre Laurent et tout le Front de Gauche, Emmanuelle Cosse et l’état-major des Verts. Ni Pierre Laurent ni Emmanuelle Cosse n’évoquèrent la prochaine parution de cette plateforme. Mais il est exact qu’Emmanuelle Cosse répondant à Clémentine Autain récusa sans ambiguïté que son projet soit de « créer une plateforme alternative ». Puis, répondant à Martine Billard, elle confirma que son intention était bien d’organiser un dialogue avec le PS lui-même. Son objectif assumé est de former « la passerelle entre l’autre gauche et le PS ». L’initiative Lienemann/Quilès a le même projet de façon concurrente.

 

- On sait où ça coince.

Détail révélateur, Lienemann se donne la peine d’informer que sa « porte n’est pas fermée » au Parti de Gauche, dont elle affirme qu’il « n’a pas souhaité s’associer aux travaux » de bricolage qu’elle conduit. Air connu. Cambadélis parle la même langue. L’objectif est le même : briser le Front de Gauche en isolant les irréductibles opposants à l’alliance avec le PS. Cela ne peut aboutir d’aucune manière. Le Front de Gauche n’est pas une étiquette, c’est une stratégie. Il est tout à fait possible de débaucher des composantes du cartel comme les élections municipales l’ont montré. La stratégie ne sera pas abandonnée pour autant, comme l’ont également montré les élections municipales.

 

Evidemment, comme dit le proverbe berbère : « la seconde fois que tu te fais avoir, c’est de ta faute ». Nous sommes prévenus. La samba des sénatoriales menées de nouveau sans vergogne au nom du Front de Gauche montre que l’addiction au PS est parfois irrémédiable. Elle recommencera avec les cantonales et les régionales, et ainsi de suite.

 

Nos devoirs pour la rentrée comportent donc une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois pour que le peuple à son tour puisse trancher par ses bulletins de vote, le moment venu.

 

 

- Rappel :

Selon Jean-Luc Mélenchon, "Les socialistes dissidents doivent déjà s'autonomiser"

 

Le 3 mai 2014, Jean-Luc Mélenchon était l'invité d'i>télé.

Il a appelé les socialistes dissidents à "s'autonomiser" en créant un groupe politique à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait de faire contrepoids à gauche à la ligne politique adoptée par Manuel Valls.

- L'analyse de Martine Billard co-secrétaire du Parti de Gauche

Sources : Blog de Martine Billard

Ces derniers jours ont été riches en rebondissements politiques dont certains surprenants et d'autres sinistres.

 

En début de semaine, le vote sur le collectif budgétaire de la sécurité sociale voyait cette fois-ci 35 députés PS s'abstenir, ainsi que 13 députés EELV et 1 députée apparentée EELV voter contre. On ne peut que regretter qu'ils n'aient pas tous voté contre ce qui aurait provoqué le rejet de ce budget qui prévoit entre autres le gel de plusieurs prestations sociales. C'est un petit pas par rapport à l'approbation du collectif budgétaire de la semaine précédente. Mais lorsqu'on voit que ce soir sénateurs PS et EELV ont tous adopté la loi qui organise l'ouverture du transport de voyageurs au secteur privé, on se dit que cette opposition est bien timide et surtout pas à la hauteur des enjeux .

 

Le problème n'est pas d'attendre le prochain congrès du PS pour y prendre la majorité, ce qui est fort honorable bien que je doute totalement du fait que le PS redevienne un parti de gauche. Je crois que l'évolution au centre, comme tous les autres partis de la social-démocratie européenne, est maintenant bien ancrée.

 

Il est urgent de répondre aux attentes de toutes celles et ceux qui n'en peuvent plus dans ce pays. Pour les plus riches, pas de problème, tout va bien pour eux, les 500 les plus fortunés ont vu leur patrimoine progresser de 15% sur un an et 67 d’entre eux ont un patrimoine qui dépasse le milliard d'euros. Cela ne les empêche pas de se plaindre constamment qu'ils sont étranglés par les impôts !

 

Au sénat, les parlementaires du PCF ont voté contre les collectifs budgétaires et la loi ferroviaire comme les députés l'avaient fait avant eux.

 

- Aussi, quelle n'est pas ma surprise de trouver le 8 juillet, le communiqué ci-dessous du PCF

 

Sénatoriales : Pourquoi le Parti Socialiste fait le mort ?

Suite aux résultats des municipales, la majorité du Sénat risque de passer à droite au lendemain des sénatoriales de septembre. Pour la première fois depuis 1945, le Sénat pourrait compter en son sein des sénateurs d’extrême-droite !

Comment expliquer le silence de la direction nationale du Parti Socialiste vis à vis de plusieurs forces de gauche dont le PCF sur la possibilité dans plusieurs départements de réélire un sénateur de gauche ou d’en gagner un du fait de la proportionnelle. Il n’est pas pensable que le Parti Socialiste préfère un Sénat avec une majorité de droite plutôt qu'une majorité de gauche, certes insoumise à des réformes gouvernementales.

Bien évidemment, un accord sur tout le territoire national est rendu extrêmement difficile en raison des divergences profondes au sein des forces de gauche. Le PCF n’en fait pas la demande : il demeure en revanche disponible pour examiner certaines situations départementales qui, selon le mode de scrutin (majoritaire ou nouvellement proportionnel dans 17 départements) permettraient de battre la droite.

Des accords départementaux sont encore possibles dans le respect mutuel et sans rien retrancher de nos différences et de nos divergences sur l’avenir de notre pays, sur des réformes gouvernementales et particulièrement celles des collectivités territoriales.

L’apport des cinq sénateurs et sénatrices du groupe CRC renouvelables est décisif dans l’objectif du maintien d’une majorité de gauche. Comment ne pas y voir un atout contre l’élection d’un(e) président(e) de droite et pour l’élection d’un(e) président(e) de gauche au Sénat ? Le 28 septembre, le PCF entend offrir le moyen de s’exprimer, par leur vote, à des milliers de grands électeurs de gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- J'avoue que les bras m'en tombent.

Il n'y a pas de majorité gouvernementale au sénat actuellement. Les sénateurs communistes votent assez souvent et à juste titre contre les projets de loi présentés par le gouvernement et encore ces dernières semaines contre les collectifs budgétaires et contre la loi ferroviaire. On ne voit donc pas quel serait l'intérêt du PS de faire élire des sénateurs du PCF qui ensuite vont aller voter contre lui. Et comme de plus, le PS sait qu'il va perdre des sénateurs et la majorité relative au sénat, il est bien décidé à ne partager aucun des postes qu'il pourrait sauver. Europe Ecologie l'a bien compris qui, devant le refus du PS de lui proposer une alliance lui permettant d'obtenir un ou plusieurs sénateurs, a décidé de présenter des listes autonomes.

 

- Pourquoi le PCF n'en fait-il pas autant ? Pourquoi une telle posture de quémandeur ?

Pourquoi ne choisit-il pas de présenter des listes du Front de Gauche partout, représentant bien sûr la diversité du FdG et non des listes PCF qu'on est prié de soutenir sans discuter sous peine d'être traité de diviseur. Voilà ce qui serait la bonne stratégie : des listes autonomes du Front de Gauche faisant campagne contre la réforme territoriale pour la 6ème République, contre la politique d'austérité et le Grand Marché Transatlantique et leurs conséquences sur les collectivités territoriales.

 

Le PCF se plaint du silence du PS mais a tout simplement oublié de discuter avec ses partenaires du FdG.

 

Pour le PG, c'est clair, nous sommes cohérents : aux sénatoriales, nous ne soutiendrons aucune liste avec le PS.
 

Aujourd'hui Pierre Laurent participait à une conférence de presse avec Marie-Noëlle Lienemann (PS) et Emma Cosse (EELV), pour lancer un "nouveau pacte majoritaire à gauche". A cette occasion il déclarait «ce rassemblement est impossible autour de l'actuelle politique gouvernementale».

 

Or ce soir, nous apprenons que Pierre Pierre Laurent se rendra à l'université d'été du PS à La Rochelle pour participer à une table ronde avec Jean-Christophe Cambadélis, Emma Cosse (EELV), Jean-Michel Baylet (PRG), Robert Hue (MUP) et Jean-Luc Laurent (MRC) dont "L'idée est d'avoir une discussion globale et stratégique sur l'unité de la gauche", selon Daniel Assouline."

 

- Quelle photo de famille, Unité de la gauche avec le PS qui mène la politique que nous subissons en ce moment ?

Avec Jean-Marie Le Guen qui n'a pas hésité à traiter de "pseudo-socialistes" les quelques députés PS qui osaient émettre des critiques sur la politique économique et sociale actuelle ?

 

Ce qui en restera n'est pas que Pierre Laurent voulait convaincre les militants PS présents de rompre avec la politique du gouvernement. Non, le symbole ce sera, ils sont tous ensembles pour s'entendre entre eux.

 

Voilà qui va réjouir toutes celles et ceux qui chaque jour se demandent ce que ce gouvernement va encore pouvoir inventer pour leur réduire le peu de droits qui leur restent. Discuter avec toutes celles et ceux notamment au PS qui sont critiques avec la politique gouvernementale, bien sûr. Mais là c'est autre chose : c'est une mise en scène pour montrer que le PS n'est pas isolé et que le gouvernement est soutenu.

 

Quelle erreur d'y aller !

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:49
Hollande, La République pour cible

Alors que s’ouvrait en mai 2013 la deuxième année de son quinquennat, François Hollande proclamait l’entrée dans l’An II. Pari osé pour un Président que de se référer 220 ans après et de manière subliminale à l’An II de la République, celui de la Convention montagnarde.


Toute comparaison ne vaut que si elle s’appuie sur des faits. Or la mise en perspective joue le rôle d’un révélateur implacable des renoncements de François Hollande. Autorégulation contre maximum général, réforme fiscale contre emprunt forcé, loi de refondation scolaire contre plan d’instruction publique, acte III de la décentralisation contre unité de la Nation, Ve République contre Constitution de 1793…


L’An II, par un permanent aller-retour entre aujourd’hui et la République montagnarde, fait apparaître la rupture idéologique de la politique de François Hollande avec l’héritage du mouvement progressiste et de l’humanisme radical, en même temps qu’il nous invite à nous replonger dans les sources du socialisme révolutionnaire.

 

- Pour commander : ici

- François Cocq est secrétaire général du Parti de Gauche.

- Francis Daspe est président de la Commission nationale Éducation du Parti de Gauche.

Ils sont également membres fondateurs de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la gauche républicaine et sociale-Prométhée) dont ils occupent les fonctions de président et secrétaire général.
Ils ont publié dans la même collecti
on, "L'école du peuple".

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 11:55
Après l'abstention des "frondeurs" lettre.... à ma députée

Mr Silvestri Guy

17300 - Rochefort

à

                                                                                  Mme TALLARD Zuzanne

 Députée de la 2ème

circonscription de Charente-Maritime

                                                                                  Avenue Lafayette

                                                                                  17300 Rochefort

 

Rochefort le 9 juillet 2014

Madame la députée,

 

C’est en mon nom personnel et non en celui de mon organisation syndicale  que je m’adresse à vous aujourd’hui.

 

Grâce à votre abstention, et à celle d’un certain nombre de députés socialistes et écologistes, le pacte de responsabilité a été adopté par l’Assemblée Nationale hier.

 

Enfin Pierre Gattaz et l’ensemble des patrons français vont pouvoir souffler et montrer qu’ils feront un meilleur usage de l’argent public qu’ils ne l’on fait avec le CICE.

Enfin on va pouvoir dans notre pays s’attaquer au fléau que constitue le coût du travail.

 

Comme vous le savez je suis retraité et à écouter nos ministres je viens de m’apercevoir que tout au long de ma carrière, j’ai coûté cher à mon employeur. Quel ingrat j’ai été de revendiquer des augmentations de salaires, la réduction du temps de travail, l’amélioration des conditions de travail, la défense du service public SNCF, etc. En agissant de cette façon j’ai conduit mon pays dans la crise qu’il traverse actuellement et j’en suis vraiment affligé (comme certains socialistes).

 

Il y a encore quelques mois je ne comprenais pas pourquoi, en retraite, je ne touchais pas le même salaire qu’en activité alors que mes besoins étaient les mêmes. Aujourd’hui grâce aux explications argumentées des ministres, des membres du PS, et des experts télévisuels je comprends d’un seul coup que je n’ai pas à me plaindre puisque je touche plus de 1200€ par mois et qu’à ce titre je suis vraiment un privilégié. Heureusement grâce à votre abstention les choses vont rentrer dans l’ordre puisque le montant, exorbitant, de ma pension va être bloqué.

 

Avec vos camarades, les frondeurs ou les « socialistes affligés » vous m’avez fait peur, car si vous aviez voté contre ce pacte de responsabilité, la France aurait connu de très graves difficultés, alors qu’aujourd’hui, grâce aux efforts que vous allez imposer, ou plutôt demander aux salariés actifs et retraités, notre pays va retrouver la voix du développement.

 

Il y a encore quelques jours j’étais de ceux qui pensaient qu’il suffisait de s’attaquer au coût du capital et aux 235 milliards de dividendes versés aux actionnaires pour que notre économie aille mieux. Quel idiot je faisais, moi, qui certes connais parfois quelques difficultés de fin de mois, et peut être bientôt des difficultés pour finir ma vie dignement, mais ne connais pas les angoisses effroyables des actionnaires pour savoir si leur capital va être convenablement rémunéré.

 

Au cours de ces derniers jours j’ai appris que le « must » du courage c’était de s’abstenir, cela m’a ouvert les yeux et je pense que lors des prochaines consultations électorales je ferais comme vous et comme 40% des français, je m’abstiendrais, notamment si un candidat de votre parti est en compétition.

 

Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, Madame la députée, l’expression de mes plus sincères salutations.

 

 Guy Silvestri

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 09:11
Halte à la terreur et au massacre du peuple palestinien !

Depuis plusieurs jours une étape supplémentaire a été franchie dans la répression contre le peuple palestinien par l’armée israélienne. En l’espace de 24 heures plus de 30 palestiniens sont morts et plus de 200 blessés. Dans l’agression en cours, Israël est passé des meurtres à petite dose à des massacres à grand échelle. Face à cette agression meurtrière, les pays occidentaux, dont la France, gardent un silence éhonté et une passivité scandaleuse et insupportable.

 

- Nous organisations signataires et citoyens condamnons cette nouvelle agression et appelons à un rassemblement :

vendredi 11 juillet 2014 à 18 heures au vieux port de La Rochelle

(Statue Duperré)

 

- Premières Signatures locaux :

L’Association des Palestiniens en France(APF) – Mouvement de la Paix – Cuba Si – France Amérique Latine17 – Ensemble – PCF17 – Parti de Gauche - Front de Gauche - Ligue des droits de l’Homme

 

Voir :

 

Halte à la terreur et au massacre du peuple palestinien !
Hollande, son gouvernement sont officiellement complices d'un nouveau crime contre l'humanité !

Hollande, son gouvernement sont officiellement complices d'un nouveau crime contre l'humanité !

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 18:25
Le Front de gauche et la tectonique des pauvres

Sources : Cerises en ligne et Ensemble

Comment comprendre que le Front de gauche échoue à constituer une force politique puissante, un front populaire. Pour le sociologue Richard Dethyre, son problème majeur est précisément de s’intéresser, de s’adresser et faire avec les catégories populaires, et tout particulièrement avec les chômeurs, les précaires et tous les "sans".

 

L’échec du Front de gauche prend sa source dans son incapacité à s’enrichir de ce qui pourrait faire sa force. Le vote des chômeurs, des jeunes, des ouvriers pour 30 à 35 % d’entre eux pour le FN est analysé chez "nous" avec ce qui me semble être une distance sociale qui éclaire ou révèle la nature du problème que je voudrais développer ici. Chacun peut sans mal établir un lien entre ce vote, les abstentions massives, la crise sociale, la crise de confiance, le désespoir, le sentiment d’abandon… Ce qui me parait plus difficile, c’est d’évaluer réellement les ruptures que cela recouvre, et de tenter d’y pénétrer. Par exemple, en s’interrogeant sur la disparition du "sujet chômeur" dans les campagnes successives des élections municipales et européennes ; ou en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles aucun maire de la gauche alternative ne tente de réunir ceux qui sont privés de travail afin de leur donner une place, une visibilité politique, de les aider à se rassembler.

 

 

- Culpabilisation et individualisation

S’interroger, c’est se plonger au cœur de la crise de la politique. Hier encore, à la fin des années 90, les maires réunissaient 850 chômeurs à Saint-Denis, 250 à Ivry, 400 à Aubervilliers, 350 à Vitry, et bien d’autres à Champigny, Valenton, Gentilly, Stains, Bobigny, Chevilly, Choisy-le-Roi, Montreuil, etc. En lieu et place de cette belle démarche, beaucoup d’élus ont ces dernières années créé des "forums pour l’emploi" avec stands pour apprendre à établir des CV, évaluer son employabilité… Que s’est-il donc produit pour renoncer à ce qui était si précieux ? Se poser la question, ou tenter d’y répondre, c’est déjà reconnaitre qu’il y a là un problème qui nous concerne directement. Alors, comment décortiquer la chose ?

 

Les campagnes de culpabilisation des chômeurs et la mise en place de suivis personnalisés par les institutions ont fait reculer l’approche collective, l’image du collectif, la responsabilité collective, la mobilisation collective. La massification du chômage n'est plus évaluée comme un phénomène relevant de décisions économiques et politiques. De fait, sur fond de campagne de culpabilisation, l’idée que pour y faire face il faut mettre en place des stratégies individuelles s’est imposée. Les institutions ont multiplié des programmes qui sont baptisés remobilisation, accompagnement. Laissant entendre que le retour à l’emploi passe par la capacité individuelle des chômeurs à être dans le moule duquel ils seraient sortis ou dans lequel ils ne seraient jamais entrés. Ces programmes, à l’efficacité desquels personne ne croit, personne ne veut envisager les effets politiques et sociaux pervers qu'ils produisent.

 

Après les récents résultats électoraux, à lire ce qui est couramment écrit, on croirait que personne n’ose considérer le sujet, comme s’il nous renvoyait une image que l’on ne veut pas voir.

 

 

- Un séisme caché, nié

Il nous faut déjà illustrer cette profonde rupture par les chiffres officiels (bien qu’ils soient largement triturés) : il y a 8,5 millions de chômeurs et travailleurs précaires ; 1 offre d’emploi pour 57 demandes, 130 millions de repas distribués au resto du cœur. Il s’agit du marqueur le plus tragique de la France d’aujourd’hui. Après avoir été licenciés, les "fins de droits" font la queue à la soupe populaire. Double humiliation.

 

La massification de la précarité

L’émiettement du travail, c’est notamment l’explosion du nombre de contrats à durée déterminée : en dix ans, il y a eu + 120 % des CDD de moins d’un mois et + 80 % des CDD de moins d’une semaine. 45 % des inscriptions mensuelles à Pôle emploi sont des fins de CDD. S’y ajoute le recours systématique aux emplois aidés.

35 % des SDF ont une feuille de paie. 10 % des plus pauvres ont 38 % de leurs ressources qui dépendent des allocations. Notre solidarité glisse vers un système de perfusion sociale minimale. La charité privée vient en relai de la charité publique. 2 290 000 personnes sont au RSA.

 

 

- Cette réalité là, un véritable séisme, n’a pas sa place dans la vie politique d’aujourd’hui. Pourquoi ? Qu’est ce qui est en jeu ?

Au-delà des chiffres, la connaissance de ce qu’ils représentent est essentielle. Parmi les forces militantes de la gauche alternative une distance sociologique s’est établie avec ce peuple. On assiste à une certaine "gentrification" de la gauche alternative. Qui révèle et alimente une désincarnation de son rapport à la société réelle, une distance avec le peuple tel qu’il est aujourd’hui ; à cela s’ajoute le dictat des comptables et des gestionnaires. Ainsi, rien ne pourra bouger si nous ne modifions pas la place que doit avoir le peuple dans une démarche de rassemblement : réelle, concrète, symbolique. Il faut avoir l’ambition première d’être POPULAIRE. Comment ?

 

C’est un long, mais indispensable processus. Bougeons nos représentations, notre manière de voir, nos priorités, notre militantisme. Mettons-nous résolument aux côtés de ceux qui sont délaissés, méprisés, humiliés, oubliés : comment parler du peuple sans rien partager avec lui ? J’ai lu pas mal de contributions intelligentes, mais aucune ne m’a convaincu quant à une réponse à ce besoin crucial.

 

Quelques fois, quand l’actualité est dramatique, Pôle emploi apparaît comme un lieu actif d’invalidation identitaire pour ceux qui y sont soumis… Mais qui s’y rend en portant un regard militant ? Quelles expériences échangeons-nous ? De quelles nouvelles pratiques est-il question ? Pour moi, la plus grande défaite, c’est de ne pas voir que le terrain de combat essentiel se trouve là, dans ces lieux de détresse. On peut en fait y puiser les arguments, les sujet et … les mots, y fourbir les armes. Comment faire émerger face aux logiques libérales la parole du peuple qui dit "Non, je ne peux pas payer les transports, ni mon loyer" ? Comment créer un rapport des forces à Pôle emploi, qui va vous demander pour la troisième fois le papier que vous avez déjà fourni, qui aura perdu votre dossier, qui soutiendra que vous ne l’avez pas déposé ? Nous sommes remplis d’émotion lorsque les frères Dardenne ou Robert Guédiguian mettent en scène la réalité sociale… Le réel est tout aussi émouvant.

 

On assiste à une certaine "gentrification" de la gauche alternative, qui révèle et alimente une désincarnation de son rapport à la société réelle, une distance avec le peuple tel qu’il est aujourd’hui.

 

 

- A-t-on réellement idée de ce qu’endurent tous ceux qui se heurtent aux guichets de la Sécu, de Pôle emploi ?

Ou celui qui subit l’accueil glacial en mairie pour n’avoir pas payé la cantine ou la colo, ou pour qui les courriers de sommation se succèdent. Ce sont les mêmes qui ne peuvent pas payer de loyer, les mêmes dont les enfants arrivés en âge de partir resteront à la maison surpeuplée. Mais qu’y pouvons-nous ? Nous ne sommes pas responsable du manque de logement, ce sont les gouvernements… Et comme le dit un maire adjoint : « On est bien obligé de faire un premier tri en fonction des ressources, il n’y a pas de logement. »

 

Que veut dire être privé de resto, de vacances, de projets ? Jamais de ciné, la voiture trop vieille que l’on ne peut plus réparer. Tout cela, pour le savoir, il faut le partager. Les plus fragiles sont poussés à une consommation à haut risque. Si tu n’as pas, tu n’es pas, dit la publicité ! À l’angoisse de ne pas pouvoir s’ajoute la honte, les humiliations, le sentiment de ne pas être capable. Ne jamais être en paix, et puis abandonner, ne plus demander, renoncer tellement tout parait difficile, impossible, et puis ruminer. Comme une lente maladie, la dérive s’impose et fait passer des millions de personnes de l’autre côté de la rive.

 

Eh bien, toutes ces personnes ne rencontrent pas ceux qui devraient les entendre, leur faire confiance, organiser avec eux l’action. Alors s’installe très vite en lieu et place de la citoyenneté un "Tous les mêmes" désignant tous "les politiques".

 

 

- 180 jours dans les Assedics

Lorsque nous avons créé l’APEIS en 1988, avec Malika, Rabah, ceux d’Arcueil, d’Ivry, de Bonneuil et des 14 villes communistes du Val-de-Marne, nous sommes restés 180 jours et souvent les nuits dans l’Assedic de Créteil, puis dans les autres antennes. Grâce à cette pratique nouvelle et volontaire, notre vision des possibles a totalement changé.

 

En l’absence de notre affirmation politique sur le sujet, ce sont les structures institutionnelles qui ont pris la place. Elles sont d’une froideur cruelle face à ces réalités. Leurs certitudes étouffent le sujet. Elles ont pris l’espace qui devrait être occupé par la citoyenneté. Elles construisent les cloisons étanches entre les catégories sociales.

 

Nous n’avons pas vu que le combat essentiel ne devait pas se mener centralement CONTRE les inégalités mais POUR l’égalité. C’est le socle majeur qui définit les droits de chacun et de tous, base d’adhésion à la société.

 

Y-a-t-il un lien entre ce constat et cette lente mais prévisible Bérézina électorale ? Ça vaut la peine de s’y arrêter. Par exemple, se demander comment est perçu l’écart sociologique que j’ai souligné entre les responsables (militants ou non) disposant d’un capital culturel, économique et social bien au-dessus de la majorité et les précaires, ouvriers, travailleurs pauvres, jeunes sans emploi ? Il faut lire à ce propos Pays de malheur, de Stéphane Beaud et Younes Amrani, où un jeune de cité écrit à un sociologue. Cette lecture m’a fait encore mieux évaluer la crise de l’égalité qui nous frappe. Nous n’avons pas vu que le combat essentiel ne devait pas se mener centralement CONTRE les inégalités mais POUR l’égalité. L’égalité en droit, au logement, à l’éducation, au travail, à la santé, à la justice. C’est le socle majeur qui définit les droits de chacun et de tous, base d’adhésion à la société, et qui construit le sentiment d’appartenance et la citoyenneté.

 

On constate le creusement de l’écart entre les riches et les pauvres… En réalité, c’est plus que ça. C’est une question d’échelle. Un continent, celui des gens précarisés, des chômeurs, des pauvres (salariés ou non), des immigrés, des sans-papiers, des mères célibataires, des jeunes dans la galère, des vieux sans ressources se détache du reste de la société. C’est la tectonique des pauvres. La planète des riches se réchauffe, mais ce sont les pauvres qui grelottent d’indifférence et de désespoir.

 

Personne bien sûr n’est indifférent, mais la précarité semble être un puits sans fond, alors, on s’indigne, mais que fait-on ? « a ne sert à rien de culpabiliser », m’a-t-on souvent dit, « c’est aujourd’hui plus dur qu’hier », puis « Il n’y a pas de perspectives », puis « Il y a moins de force qu’avant », puis « C’est plus le patron qu’on a en face comme avant », puis « Il y a plus d’individualisme », et puis, et puis…

 

Qu’est-ce qui peut expliquer ce vide, cette froideur, cette désincarnation de la vie politique ? Faut-il des abbés, des jeunes acteurs révoltés, qui, une nuit de Noël, transforment les quais d’un quartier bobo en camp de réfugiés dans la cinquième puissance mondiale, pour évaluer cette disqualification ? Où sont-ils les mouvements de révolte des "révolutionnaires" ?

 

 

- Le réel et les représentations

Le peuple, c’est qui le peuple ? Celui des temps chauds de la Commune à 68 en passant par 36 ? Le mouvement des "sans" ? Quelle représentation en avons-nous dans les temps glacés actuels ? Est-ce celle que nous renvoient les électeurs "inclus ? Consciemment ou non, les gestionnaires, sous la pression des populations "prescriptrices", essaient de justifier les politiques de solidarité locales qui subsistent.

Le risque, s’il n'y a pas de visibilité humaine, de dynamique politique, c’est que ces populations considèrent qu'elles sont un fardeau qui coûte cher. Se creuse ainsi le fossé de notre culture de solidarité et d’égalité (56 % des sondés considèrent que les chômeurs ne font pas tout ce qu’il faut…).

 

C’est un danger supplémentaire à souligner : en l’absence de mouvement socio-politique s’agrègent les idées droitières préconçues sur le pauvre et l’immigré. Apparaît le danger de la mise en concurrence des égaux (comme dit Robert Castel). Je crois qu’il faut se rappeler qu’un problème social ne sensibilise que s’il est reconnu comme tel, s’il est identifiable dans le champ politique, s’il pèse sur un rapport des forces, s’il émoustille les consciences. Notre sujet n’échappe pas à cette loi des mouvements sociaux (chômeurs, sans papiers, discriminés de toutes sortes).

 

Lorsque dans "Retour sur la condition ouvrière", Stéphane Baud et Michel Piallou interrogent leurs étudiants sur le nombre d’ouvriers en France, la réponse est très éloignée du nombre effectif de 6,7 millions… Les auteurs évoquent la disparition de l’espace socio-mental dans la société de la classe ouvrière. Quelle représentation a-t-on du peuple aujourd’hui ? C'est bien difficile à analyser, mais on peut partir de quelques ouvrages du côté de la sociologie, qui permettent de plonger dans le champ des représentations et ce qui les alimente. De fait, la classe ouvrière d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Les chômeurs ne sont pas une classe et les précaires non plus.

 

 

- Pas bien avec les chômeurs, pas bien avec le travail

Le précaire n’est pas à la marge. Il est la figure emblématique du salariat, la variable d’ajustement comptable que l’on considère comme un coût à diminuer. Notre syndicalisme n’est pas en phase avec ce mouvement profond dans le travail.

 

Notre société est "CDI-centrée", "plein-emploi centrée". Bien que la discontinuité dans le travail pour des millions de salariés soit une réalité non choisie, nous continuons dans nos représentations et nos pratiques à évoquer et percevoir le travail "comme il était avant". Il faut un mouvement comme celui des intermittents pour que cette forme d’emploi (contrats courts, travail non rémunéré) qui s’impose désormais dans le monde du travail éclaire notre lanterne sur le sujet. Le précaire n’est pas à la marge. Il est la figure emblématique du salariat aujourd’hui et encore plus demain, la variable d’ajustement comptable que l’on considère comme un coût à diminuer. Le syndicalisme n’est pas en phase avec ce mouvement profond dans le travail. Dominique Lhuillier, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, remarquait que la recherche en psycho du travail se concentrait sur le travail, sur la souffrance au travail. Plus rien ou presque n’est étudié, publié sur "l’activité" des chômeurs. Pourtant, la souffrance au travail provoquée par des exigences intenables, un management de folie n’est-elle pas alimentée avant tout par la pression exercée sur le salariat par la menace du chômage ?

 

La coupure entre les partis et la société s’est aggravée. Elle a été spectaculaire à l’orée des années 90. Malgré les sans, Droit au logement, les mouvements des chômeurs comme auparavant ceux des femmes, la marche des beurs…, les grilles de lectures sont bureaucratisées et les appareils sont glacés. Les institutions, la comptabilité se sont souvent substituées à la politique. "Nos" élus ne peuvent plus s’appuyer sur les structures politiques et l’entourage intellectuel d’hier qui leur permettait de reprendre la main sur le sujet et de soutenir, voire d’aider concrètement au rassemblement des diverses catégories de surexploités.

 

Pourtant, une solidarité populaire s’exerce quotidiennement dans les cités en dehors de la représentation que nous en avons. Le pire, c’est que cette distance remarquable nous prive d’un maillon essentiel, mais surtout de l’intelligence qu’ils ont, de la capacité à alimenter ce qui nous manque de la vie réelle, de l’urgence et de la dynamique populaire dont on est privé.

 

Alors, que faire ? Je ne dispose évidemment pas de réponse "clef en main". Mais je suis persuadé qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de réhabiliter dans un même mouvement le collectif et l’altérité, le goût des autres et la démocratie. Cette voie (comme l’écrit Edgar Morin) implique fort heureusement plusieurs entrées, dont beaucoup ne sont pas balisées par le siècle passé.

 

Où sont-ils les mouvements de révolte des "révolutionnaires" ? Les militants investis dans ce champ ont besoin de l’oxygène qu’apporteraient une réflexion et une action faisant du chômage et de la précarité un champ de batailles politiques.

 

Toutefois, je veux partir de mon expérience pour la mettre en débat. Mes 11 années dans l’APEIS me permettent encore aujourd’hui de vivre avec mes amis une expérience formidable : la troupe de théâtre des Z’en Trop. Elles, ils représentent une ressource d’intelligence et de force pour transformer le monde, même s’ils sont largement méconnus et sous-estimés. Mais ils s’efforcent de faire en sorte de réincarner la politique par cette citoyenneté sans laquelle la démocratie s’asphyxie.

 

Faut-il se rappeler de la sentence de Warren Buffett : « Il y a une guerre de classe, c’est nous qui la menons, c’est nous qui la gagnons. » Des défaites idéologiques, nous en additionnons beaucoup trop. On ne transforme pas la société sans mener et gagner les batailles, toutes (même celles qui nous paraissent éloignées de notre périmètre social et culturel). Les militants investis dans ce champ ont besoin de l’oxygène qu’apporteraient une réflexion et une action faisant du chômage et de la précarité (aux conséquences extrêmes) un champ de batailles politiques. Car en réalité, l’oxygène est le produit dialectique entre le rapport à la société réelle et notre connaissance, notre action sur celle-ci.

 

Notre expérience du mouvement des chômeurs nous apprend qu’un lien étroit peut se tisser, une dynamique quasi fusionnelle se forge entre la certitude qu’il faut répondre à des urgences sociales et la nécessité (et la nature) du changement politique. Elle est alimentée par les implications personnelles : je partage, je suis indigné, je le fais partager, on se révolte… Ce refus s’enracine dans une culture qui s’identifie par un goût de la justice et de l’égalité et de la fraternité, que notre culture politique nous a aussi inculqué.

Le Front de gauche et la tectonique des pauvres

Les dernières fois où je suis allé au Resto du cœur, nous avons discuté pour les inviter à voir notre pièce, intitulée Comment ils ont inventé le chômage ? Nous en avons chanté la chanson et, ensemble, travaillé à mettre à distance la honte en évoquant les mécanismes économiques et politiques. Ça nous a fait du bien, ça a fait du lien. Mais il faudra plus. Beaucoup plus, partout et souvent.

 

L’alternative ne peut se construire qu’avec ceux qui semblent avoir disparu comme sujet politique mais qui au fond sont au centre de notre monde du travail. Notre groupe des Z’en Trop est un réel modèle de ce salariat d’aujourd’hui : sans emploi, mais pas sans activité… Sans imaginer que nous sommes exceptionnels, les projets politiques qui permettent de s’adresser aux précaires et chômeurs de Saint-Denis et d’ailleurs ne sont pas assez nombreux. Eh bien, il faut donner de l'éclat politique à ces événements, les soutenir, faire des petits avec... C’est la raison de notre entêtement.

 

Richard Dethyre, 27 juin 2014. Publié sur le site de Cerises.

Une remarque : l’expérience du mouvement des chômeurs, c’est aussi celle de militants expérimentés de la gauche investis de responsabilités élargies. Ni Claire Villiers, ni Christophe Aguiton, Malika Zediri, François Dessanti, Robert Crémieux, ni moi et bien d’autres n’avons été remplacés.

 

Note :

Richard Dethyre : sociologue,  il crée en 1988 l’association pour l’emploi, l’information et la solidarité (APEIS). En 1992, il publie "La révolte des chômeurs" (Robert Laffont), suivi en 1998 de Chômeurs "La révolte ira loin" (La Dispute), puis chez le même éditeur Avec les saisonniers Une expérience de transformation du travail dans le tourisme social, en 2007. En 2010, il coordonne avec Karine Delpas le premier Forum social des saisonniers. En 2012, il est l’un des auteurs de "L’envers de la fraude sociale", ouvrage collectif sous la direction de Philippe Warin (La Découverte). La même année, il participe à la création de la troupe des Z’en Trop. Il est l’auteur de la pièce "Comment ils ont inventé le chômage", mise en scène Muriel Righeschi

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 22:48
Vote du budget rectificatif de la Sécurité sociale : la « fronde » n'était que médiatique !

"Fronde médiatique !"

 

Ainsi pouvons nous qualifier les gesticulations d'un quarteron de députés socialistes et d'EELV qui après avoir capturé l'attention des médias sur l'air du « vous allez voir ce que vous allez voir », se sont ine fine contentés d'une « abstention » (voir analyse du scrutin public n° 868) permettant de sauver le budget rectificatif de la Sécurité sociale (PLFRSS), par conséquent « Valls et Hollande » les bons soldats du MEDEF.

 

Il a bonne mine « l'Appel des 100 » des G. Filoche et autres prédicateurs à l'intention de leurs camarades socialistes pour qu'ils « mettent la politique de Valls en minorité au Parlement ».

 

 

- Car le vote d'aujourd'hui 8 juillet sur le budget rectificatif de la Sécurité sociale (PLFRSS) est sans appel !

  • Si les 46 députés PS et EELV[1] qui se sont "abstenus" sur le budget de la Sécurité sociale avaient voté "contre", le pacte de responsabilité, projet scélérat de François Hollande, aurait été repoussé.
  • Gattaz jubile. Il vient de recevoir 40 milliards de la majorité parlementaire aux ordres de Manuel Valls et de Hollande.
  • Jean-Luc Mélenchon avait raison de considérer que « le budget de la Sécu, c'est l'épreuve du feu ».. et d'estimer que «...Les frondeurs sont au pied du mur ! »

 

Ce soir à l'issue de la pseudo conférence sociale Manuel Valls pouvait être content de lui-même et méprisant pour ses opposants.... il savait que ses députés socialistes étaient rentrés dans les rangs... la « fronde » n'était que médiatique !

Ce soir le MEDEF peut faire de la surenchére, il sait que la "fronde" n'est que médiatique !

Vote du budget rectificatif de la Sécurité sociale : la « fronde » n'était que médiatique !

- Tout ça pour... ça !

C'était donc pour faire ça que les 21 et 22 juin, deux centaines de militants socialistes se réunissaient à Bellerive-sur Allier près de Vichy et débattre sur le thème: "Rassembler la gauche et les écologistes" ?

L'appel de Bellerive-sur-Allier» n'aura pas survécu aux débats parlementaires et votes qui s'en sont suivis :

 

En la matière, commentant l'Appel de Bellerive-sur-Allier (sur son site), je notais : " Toutes les motions ou résolutions ne valent que pour l’instant ou elles sont adoptées et n’engagent que ceux qui y croient !... La vérité sortira des « actes »..... C’est à l’examen du vote de chacun d’entre eux sur les dossiers que nous pourrons nous faire une opinion sur la sincérité de leur démarche politique d’opposition aux politiques libérales et d’austérité et visant à un sursaut des socialistes et de toute la gauche"

Nous sommes maintenant renseignés !

Et que l'on ne vienne pas nous resservir le plat de la révolte qui gronde et va s'exprimer massivement dans l'hémicycle à l'automne lors du vote du budget intitial 2015 !

 

 

- Une autre situation était en effet possible

Car Gérard Filoche avait lui aussi raison quand il écrivait le 8 juillet dernier « Donc, si, face a un chantage au vote bloqué, les 100 (et plus !) députés se rebellent, ils sauveront la mise, ils sauveront la gauche de la catastrophe annoncée, ils répondront à leurs électeurs, ils redonneront de l’espoir, courage, c’est le chemin de l’honneur. C’est de leurs rangs que doit sortir un autre gouvernement, un Premier ministre, des ministres de gauche, capables de faire une politique de gauche, attendue par les électeurs de gauche qui ont voté à gauche majoritairement en mai juin 2012. A gauche. »

 

Mais le PS est historiquement ainsi fait !

On peut, dans le même parti, à la fois :

  • élaborer et mettre en œuvre une politique de droite ;

  • gesticuler face aux médias pour entretenir l'illusion qu'au sein du PS une autre voie « à gauche » est possible ;

  • et se contenter de s'abstenir au parlement pour sauver le gouvernement et sa politique.

 

Á Gérard Filoche et autres « affligés » je dirai que vous avez raison d'écrire « Derrière le vote ou non, de la politique de Valls, c’est une question de vie ou de mort pour la gauche et le PS »..... mais 'en ce qui me concerne je ne verserai pas une larme sur la tombe du PS.

 

Le prix de ses trahisons est trop cher payé par le peuple !

Vote du budget rectificatif de la Sécurité sociale : la « fronde » n'était que médiatique !

- Mais prenons garde à ne pas tomber dans la désespérance !

La gauche se relèvera avec le peuple de gauche, dont les socialistes,....... mais sans le Parti socialiste qui n'a plus que le nom de « socialiste » !

 

Car au-delà du gouvernement ou de l’appareil PS, il reste encore des militants aux convictions socialistes profondément chevillées au corps. Il faut qu’ils comprennent que la ligne Hollande-Valls est maintenant bien installée, que le PS ne redeviendra pas social-démocrate et encore moins socialiste. Le PS français « de gauche » n’était qu’une queue de comète anachronique de l’ex social-démocratie européenne. Il est maintenant rentré dans le rang.

 

Ces militants tiennent à mener la bataille politique à l’intérieur de leur parti. Mais ils doivent se préparer à en sortir car sinon ils vont s’épuiser dans une lutte sans issue... et pendant ce temps là les coups vont continuer à pleuvoir sur le peuple ! La gauche de transformation sociale n’a pas trop de militants qui veulent se battre pour changer la société, qui refusent le fatalisme, la soumission au système, le « il n’y a pas d’autres solutions ». La gauche a besoin que tous ceux-là restent militants et à un poste de combat qui soit utile.

 

Bienvenue à ceux qui au PS auront le courage de rompre !

Note :

[1] Il étaient en revanche 41 à s'abstenir fin avril sur le programme de 50 milliards d'euros d'économies, présenté par le Premier ministre Manuel Valls.

 

Sur le même sujet, lire aussi :

- Sur le blog de Paul Jorion : Ami frondeur, il faut que je te parle !

- Les députés socialistes ont voté mercredi 2 juillet 2014 : la baisse du pouvoir d'achat des pensions de retraite supérieures à 1200€/mois.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 10:14
Réforme territoriale  : Face au redécoupage permanent, un référendum s'impose !

François Hollande a annoncé au détour d’une interview le 6 mai au matin qu’il envisageait de supprimer les départements et de diviser par deux le nombre de régions. Il a dit qu’« il faut aller vite sur les réformes de notre territoire ».

Nous sommes aujourd'hui dans le vif du sujet !

 

Source : Le Parti de Gauche  par Claire Mazin

Pourquoi ce projet tout à coup si urgent n’a jamais été évoqué pendant la campagne présidentielle ? Et, pourquoi François Hollande a-t-il annoncé lors de ces vœux aux corréziens le 18 janvier 2014 qu’il était contre la suppression des départements ?

 

Ce projet de réforme territoriale n’est qu’un artifice de plus et parmi d’autres du PS agonisant au pouvoir pour obéir à Bruxelles. Il ne s’agit pourtant pas de sujets anecdotiques. Contrairement à ce que semble penser François Hollande, il ne s’agit pas là que d’un exercice de tracé sur une carte. L’organisation du territoire est un des éléments du pacte républicain. La revoir en profondeur à ce point c’est donc remettre en cause ce pacte. La précipitation du président de la République est le symptôme de la poursuite de ses attaques contre la République, de son mépris pour la démocratie et la souveraineté populaire et du diktat auquel il se plie de la Commission européenne, pro-régions et austéritaire.

 

- L’organisation territoriale est un pacte républicain

Les Départements ont été créés au moment de la Révolution Française, en novembre 1789. C’était la traduction d’une volonté politique forte pour valoriser l’appartenance à un ensemble national. Les départements étaient dirigés par une assemblée, composée de citoyens élus. Cette organisation a permis d’homogénéiser l’organisation territoriale, tout en conservant une administration locale. Ainsi, ont été supprimées les particularités des provinces d’Ancien Régime, considérées comme étant uniquement le reflet des privilèges de l’aristocratie locale.

 

A l’inverse, les Régions ont été créées beaucoup plus récemment, en 1955. Les régions de programme permettent la mise en œuvre décentralisée des plans nationaux, et ne sont pas dotées de représentants élus. Les Régions deviennent des établissements publics en 1972, toujours administrées par le préfet, représentant de l’Etat. Ce n’est qu’avec la loi de 1982 que les Régions sont gouvernées par des élus.

 

La création des départements est profondément politique, et n’a rien ni d’aléatoire, ni d’anodin. S’appuyer sur les régions comme structure principale de l’organisation territoriale et supprimer les départements c’est donc à la fois rayer cet héritage et avec lui un des fondements de la République.

 

- Un projet bidouillé, hors des réalités

Le projet de suppression des départements et d’agrandissement des régions, est justifié par un souci de lisibilité et d’économies. Deux arguments autant fallacieux que dangereux.

 

- La lisibilité d’abord.

C’est l’argument toujours invoqué à côté de la simplification pour masquer la suppression des services publics. En effet, induire que la suppression des départements rendra plus lisible l’action publique c’est considérer que les citoyens aujourd’hui ne comprennent pas ce que font les conseils généraux. Mais c’est faux, la majorité des personnes interrogées dans les récents sondages savent que les départements s’occupent d’action sociale et de routes, les deux principales compétences de ces collectivités locales avec les collèges.

 

C’est en fait pour répondre à la Commission européenne que l’on propose de telles mesures : celle-ci pousse à la régionalisation, pour affaiblir l’échelon étatique, et bénéficier ainsi de liens directs avec les Régions dans les Etats membres. Avec pour objectif d’asseoir encore davantage ses orientations libérales. Tout cela au prix d’une flambée des régionalismes encouragés par cette politique européenne et par l’anxiété induite par le tricotage et détricotage permanents des organisations territoriale. L’exemple de la Catalogne, de la montée en puissance de la Ligue du Nord en Italie ou la manifestation des indépendantistes bretons réclamant le rattachement de la Loire Atlantique à la région Bretagne au lendemain des annonces du Président de la République témoignent de ce danger pour l’unité des Etats et de la République en France.

 

- Les économies ensuite.

La suppression des départements et la fusion des régions seraient sources d’économies. Mais pourtant les départements sont aujourd’hui en charge du RSA, de la protection maternelle et infantile, de l’aide sociale à l’enfance, des pompiers, du recrutement des assistantes maternelles, de l’entretien des routes et des collèges…

 

Soit on considère que ces missions seront toujours assurées, que ce soit par les régions ou par un organisme de l’Etat et dans ces cas-là l’argument des économies est fallacieux. Soit les économies auront bien lieu, mais en sacrifiant les services publics existants aujourd’hui, par la suppression du lien de proximité que constituent les départements et incarné notamment par les travailleurs sociaux et les agents de terrain, soit en privatisant une partie de leurs missions, comme par exemple l’accompagnement des personnes âgées ou des personnes handicapées, accentuant les inégalités sociales d’accès aux soins et à la prise en charge. Et dans ce cas, l’argument est particulièrement dangereux.

 

Enfin, quelle ironie que cette argument d’économies quelques mois après l’adoption d’une loi qui consacre les Métropoles, échelon territorial en doublon des communes et inscrit dans une politique de concurrence entre territoires particulièrement coûteuse.

 

- Absence de consultation des français

Enfin, ce projet a été présenté, en trois phrases par le Premier Ministre et le Président de la République avec à chaque fois une insistance particulière sur la nécessité d’aller très vite. Aucune consultation des français n’est prévue sur ces sujets. Pourtant, ils n’ont pas voté un tel programme puisque cette réforme vient d’être sortie du chapeau. Pourtant, cela constituerait des changements profonds de leurs rapports à la puissance publique et des institutions qui font société et République. A ceux qui demandent un référendum, le ministre de l’Intérieur répond que cela n’est pas possible, que cela serait contreproductif car les français ne répondent en général pas vraiment à la question qui leur est posée.

 

C’est un nouveau mépris du peuple qui « n’aurait pas compris », auprès de qui « il faut faire de la pédagogie » et autres sornettes maintes fois entendues depuis le référendum sur la Constitution Européenne de 2005.

 

En fait, ils ont peur, car les français ont très bien compris et rejetteraient ce bidouillage. Ils ont peur d’une telle souveraineté populaire car le maître aujourd’hui, de Valls et Hollande, celui à qui ils rendent des comptes, et qui soutient ce projet, n’est pas le peuple français, mais la Commission et la Banque Centrale européennes. Comme des petits enfants qui ont peur de se faire taper sur les doigts en cas de fausse note, ils préfèrent éviter de poser la question, et inscrivent ainsi leur action dans la dynamique austéritaire de l’Union Européenne actuelle.

 

- Sur le même sujet, lire aussi :

- François Hollande sacrifie la république pour brutaliser les citoyens

- La nouvelle réforme territoriale: Une soumission au diktat européen

- Après les Départements, les communes

- Fusion des Régions. Claudy Lebreton réclame un référendum

- Réforme territoriale: La République tombe à l’eau

- Réaction du président de l'Assemblée des Département de France face à la nouvelle carte territoriale

- Chambardement social et territorial : Hollande aux ordres de Bruxelles

- La réforme territoriale n'engendrera pas d'économies, selon Moody's

- Intervention de Marc Dolez au Sénat lors de la discussion sur ce sujet : Soumettre à référendum le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales

- Réforme territoriale: l'Assemblée dit "non" au réferendum

- Raoul Marc Jennar : Réforme territoriale : les raisons de la refuser

- Qui dit vrai ?

La reforme territoriale est devenue obligatoire par "contrainte budgétaire" et économies escomptées (voir document ci-dessous), au moins là c'est clair ! Même si selon l'agence Moody's, la réforme territoriale n'engendrera pas d'économies !

 

Et si la vrai raison était ailleurs ?

- soumission aux injonctions de Bruxelles..... ça on le sait ;

- on sait aussi que les "super régions" seront dotées de "super pouvoirs" avec possibilité de légiférer pour être encore plus "compétitives" face aux autres régions européennes et à la mondialisation ;

- et en matière d'amélioration, il y en a déjà qui considérent que le SMIC aurait dû rester régional, d'autres encore qu'il faut un SMIC régional pour sauver l'économie française....

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 12:18
En finir avec les idées fausses propagées par l'extrême droite

Pierre-Yves BULTEAU


Sur fond de crise économique et sociale persistante, l’extrême droite propage ses idées et désigne les boucs émissaires : « Il n’y a jamais eu autant d’étrangers en France », « Nous sommes envahis par l’islam qui veut détruire notre mode de vie », « Si les entreprises licencient, c’est à cause des travailleurs indiens et chinois qui acceptent des salaires de misère ». Mensonges et idées fausses sont mobilisés pour des promesses illusoires : « Renvoyons les étrangers chez eux, le chômage disparaîtra », « Réservons les logements sociaux aux Français », « Sortons de l’euro pour rétablir la santé économique de la France »

 

Ce livre entend rétablir la vérité. Il analyse plus de 70 de ces idées reçues diffusées par l’extrême droite et les réfute une à une en s’appuyant sur des données solides. Au-delà des faits, il dévoile un discours de propagande selon lequel l’égalité des êtres humains ne serait pas une chance mais une menace. Accessible à un grand public, cet ouvrage constitue un antidote indispensable au discours du Front national et de ses satellites. Il met en garde contre les tentations autoritaires et illusoires du « chacun chez soi » et du « chacun pour soi », et invite au choix d’une société d’égalité, de liberté et de fraternité pour tous.

 

Ce livre est édité par Les Editions de l’Atelier en partenariat avec l’Institut de recherches de la FSU, La Ligue des Droits de l’Homme, Union syndicale Solidaires, VO Editions ; avec le soutien de la CGT, FIDL, FSU, JOC, MRAP, UNEF, UNL.

 

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