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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 08:02
Point de vue : les 4 axes de ce que devrait être une campagne de gauche en 2017

La direction du PCF continue de " bluffer " ses militants(tes).

En cette rentrée politique, elle semble découvrir une multitude de candidatures de la gauche radicale. Ce qui fait dire à Pierre Laurent : pourquoi pas nous ?

Tous ceux qui ont tiré sur Jean Luc Mélenchon pour sa candidature solitaire se découvrent d’un seul coup une cape de Zorro !

Pourtant les Insoumis annoncent quatre axes de campagne qui pourraient réunir l’ensemble de la gauche radicale, à l’exclusion des girouettes ou autres charlatans en son sein !

 

Source :   Le Parti de gauche Midi-Pyrénées par René LE BRIS[1]

- Premier axe : LA REVISION DES TRAITES EUROPEENS !

Oui à l’Europe des Peuples, pour le progrès social permis par le développement des nouvelles technologies, fruits de l’intelligence humaine, pour une économie basée sur les besoins sociaux et intellectuels des citoyennes et des citoyens ! Non à l’Europe des marchés contrôlés par les multinationales qui nous imposent des plans d’austérités !

 

 

- Deuxième axe : UNE SOCIETE ECOSOCIALISTE !

Oui au Respect de la Nature, pour des productions agricoles, énergétiques, industrielles ou médiatiques qui associent le bien être de l’humanité à l’autodétermination des peuples dans l’amélioration de leurs conditions de vie ! Non aux pollutions de toutes sortes, aux grands projets inutiles qui ont pour but de satisfaire les appétits financiers de gros actionnaires, à des taux de croissance qui menacent l’exestence même de la vie humaine sur notre planète !

 

 

- Troisième axe : FAIRE DE LA DEMOCRATIE POLITIQUE L’ENJEU DE TOUT PROGRES SOCIAL !

Oui à une Sixième République qui articule l’expression des citoyennes et des citoyens au plus près de leur cadre de vie et des décisions nationales et internationales pour la coopération économique et politique entre les peuples ! Non à la troisième guerre mondiale qui vise à détruire toutes les avancées sociales des décennies de luttes de nos anciens, non à cette compétitivité absurde qui met en dehors du marché du travail des millions d’individus !

 

 

- Quatrième axe : FAIRE DE LA PAIX DANS LE MONDE UNE PRIORITE NATIONALE !

Oui au développement dès le plus jeune âge de la Culture de la Paix, de la Non-violence, au respect de chaque peuple en commençant par la reconnaissance de la légitimité des revendications des peuples kurdes, palestiniens et sarahouis, faire de la laïcité autre chose qu’une nouvelle religion mais des liens fraternels entre des cultures différentes dans le respect strict des lois progressistes sur l’enfance et les droits des femmes ! Non aux gaspillages financiers des guerres impérialistes, aux traumatismes des peuples qui subissent l’intégrisme religieux, les bombardements qui mutilent les individus pour toute la vie, le racisme de toute part qui diffuse la haine comme chez nous le Front National, l’exil forcé et donc le déracinement de millions d’êtres humains.

 

 

- LES INSOUMIS se sont réunis sur ces axes !

  • Jean Luc MELENCHON semble la meilleure candidature pour le développement de ces axes ! Alors pourquoi ne pas se rassembler derrière celle-ci ?
  • Pour des bras de fer locaux pour les législatives ? La situation mérite plus que des tripatouillages électoraux !

 

Note :

[1] René Le Bris revient sur son parcours militant

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:21
Déjà 2557 communistes soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour 2017

En 24H la pétition a recueilli 68 signatures de plus. Pour Francis Parny (membre du Conseil national du PCF) cette réactivité inédite révèle que le temps ne fait que renforcer la nécessité, pour de nombreuses et nombreux communistes, de trouver une issue positive aux atermoiements du PCF.

 

- Pour signer cette pétition, cliquer ICI

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées | le 04 septembre 2016

Hélas Pierre Laurent continue d’imposer aux communistes sa course de lenteur parsemée de prises de position qui déconcertent, comme ses derniers propos concernant Arnaud Montebourg. Il est désolant que le premier dirigeant du PCF continue de tendre la main à des organisations et des personnes qui n’ont que faire de ce parti dont ils pensent qu’il a disparu de l’échiquier politique actif. Le seul point commun à tous c’est de rejeter Jean-Luc Mélenchon qui représente pourtant la seule candidature en rupture avec les logiques économiques et politiques qui dominent depuis 25 ans. La mise en place du Front de gauche (FDG) avait permis de rassembler celles et ceux qui souhaitaient, souhaitent, autre chose que ces dérives ultra libérales, identitaires et consuméristes qui mettent en pièces tout à la fois notre planète et notre mode de vie.

 

La France ne doit pas se comporter en donneuse de leçons mais son système social, ses choix culturels constituaient une originalité dans le monde saluée souvent comme aillant une portée universelle. Aucun modèle « allemand », n’a de chance de réussir en France. La décision des anglais exprime aussi qu’aucune réalité nationale n’est substituable à une autre. L’Europe ne peut exister que si elle respecte ces différentes réalités. Aucune coopération ne peut réussir si elle n’est pas le fait de pays libre, fort de leur originalité avec les moyens autonomes de concevoir leur cheminement. L’Allemagne impose son modèle en Europe mais tous les rapports nord/sud sont marqués par l’inégalité.

 

Le dominant impose sa loi au dominé. La planète ne peut survivre dans cette nouvelle jungle et toute personne sensée ne peut y construire son bonheur. La campagne de Jean-Luc Mélenchon se poursuit dans un climat de déconstruction des partis traditionnels. La démission d’Emmanuel Macron accélère ce phénomène. S’il est présent aux présidentielles sa candidature renforcerait la probabilité d’un premier tour marqué par un éparpillement des voix qui ouvre la porte du second tour en dessous de 20% au premier.

 

ICI, dans cette pétition, les communistes rêvent d’un rassemblement qui inclue des forces organisées dont le PCF. Ce regroupement donnerait un nouvel élan à la campagne de jean Luc Mélenchon dans un pays qui n’est pas la Grèce, qui n’est pas l’Espagne ni l’Irlande ou d’autres pays dont les populations « rebelles » débroussaillent, selon leur histoire, de nouveaux chemins. Ici aussi, dans les nouvelles constructions politiques, il n’y a pas de modèle que nous puissions importer et imposer à notre peuple. Nous pensons que notre chemin à nous, en France, a besoin de la « force » communiste loin de se résumer au seul PCF, de la force de tous les courants qui en marge du PS jusqu’à présent, ont aussi marqué notre histoire et qui ont été ou pas de l’aventure du FDG. Seul un rassemblement composite uni sur des objectifs en rupture avec les logiques actuelles peut donner confiance aux syndicalistes, aux combattants de la société civile et créer la dynamique populaire nécessaire à la victoire.

 

Espérons qu’il n’est pas trop tard !

 

Francis Parny

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

Nouvel appel de communistes à soutenir Jean-Luc Mélenchon pour une autre politique à gauche ! En 2017 faisons Front commun !

- ET LE TEMPS PASSAIT… "...Les communistes vont donc rester en « chômage présidentiel » en attendant le bon vouloir de leurs dirigeants...." par Francis Parny

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 08:58
Quand les socialistes libéraient la finance

Les socialistes français ont joué un rôle pionnier et directeur dans la « libéralisation » de l’économie à l’échelle mondiale. C’est la thèse que défend Rawi Abdelal dans Capital Rules.[1]

 

Sources : Reporterre le quotidien de l'écologie le 12/04/2012 par Raphaël Kempf[21]

Le candidat[2] est lyrique et la pique fait mouche. Son « adversaire », son « véritable adversaire […] n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ». En ce 22 janvier, au Bourget, François Hollande a prononcé le discours qui lui permettra peut-être d’emporter la bataille présidentielle. En s’attaquant à la finance, il se place aux côtés des nombreux Français qui espèrent que soit mis fin aux excès du capitalisme financier mondialisé.

 

Il n’est pourtant pas sûr que cet adversaire soit vraiment anonyme. Il n’est pas évident qu’aucun parti ne soit à ses côtés pour lui permettre de croître. L’étude de l’histoire récente de la mondialisation montre au contraire que la finance a bénéficié de soutiens de poids. Sans des gouvernements, sans des autorités publiques détentrices du droit de promulguer des lois, la finance n’aurait pas pu se libéraliser. Et, pourrait-on ajouter, sans le choix fait par les socialistes français d’embrasser le capital, la finance n’aurait pas pu, pour reprendre les mots de François Hollande, prendre « le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies ».

 

 

- Politiques de la mondialisation financière

Ainsi, lorsque le candidat affirme dans son discours que « la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle », cela pose avant tout une interrogation d’ordre grammatical. La « finance » est ici le sujet, comme si elle avait pu faire exploser d’elle-même les chaînes qui entravaient son déploiement. D’après François Hollande, la finance s’est libérée toute seule, par la seule grâce de son dynamisme et de sa force dévastatrice, peut-on penser. Ce récit est faux. Il a fallu que des gouvernements élus, dans plusieurs pays mais principalement en France, décident de libéraliser les mouvements de capitaux pour que la finance puisse effectivement se déployer.

 

Comme en matière commerciale, où la libéralisation des échanges résulte de choix politiques traduits à l’échelle mondiale dans les accords de l’Organisation mondiale du commerce, ce sont, en matière financière, des décisions politiques qui ont permis de libérer les mouvements de capitaux. Ces événements majeurs de notre époque ne sont pas le fruit d’un mouvement naturel s’imposant avec la puissance de l’évidence. Ils résultent, nous n’y insisterons jamais assez, de choix politiques conscients.

 

Tout l’intérêt du livre important de Rawi Abdelal est de rappeler cette composante politique de la mondialisation financière. L’auteur, professeur à la Harvard Business School et spécialiste d’économie politique internationale, explique, dans sa préface à Capital Rules, avoir eu envie de comprendre pourquoi l’idée selon laquelle les capitaux doivent circuler librement au-delà des frontières constitue de nos jours «  l’orthodoxie » de la pensée économique. C’est donc à une reconstruction historique de l’émergence de cette idée que se livre Rawi Abdelal, qui explique vouloir « écrire une histoire intellectuelle, juridique et politique de la mondialisation financière » (p. x). C’est lors de ses recherches qu’il a découvert le rôle de premier plan qu’a joué la France dans cette entreprise.

 

Persuadé à l’origine, comme tout le monde, que la libéralisation de la finance est le fruit de l’activisme de Wall Street, du Trésor américain et de politiciens de droite, il «  a au contraire découvert le leadership de l’Europe dans la rédaction des règles libérales de la finance globale  » (p. xi). C’est d’abord de cette découverte, dont l’auteur semble être le premier étonné, que le livre fait part. « L’émergence d’un régime libéral de la finance globale ne peut que difficilement se comprendre comme un complot, et encore moins comme un complot orchestré par des politiciens et des banquiers américains. Les conspirateurs les plus influents ont été des socialistes français, des banquiers centraux allemands et des bureaucrates européens.  » (p. 21) – ces derniers pouvant également être membres du Parti socialiste français  : c’est notamment le cas de Jacques Delors et Pascal Lamy.

 

L’auteur propose ainsi, de son propre aveu, «  une histoire révisionniste de l’émergence de la finance globale  » (p. 218) et montre au final que celle-ci n’était «  ni inexorable, ni inévitable » (p. 223). S’appuyant sur l’étude des archives de plusieurs organisations internationales (UE, FMI, OCDE) et sur de nombreux entretiens conduits avec les «  conspirateurs » de l’époque – hauts fonctionnaires français ou européens, ministres des deux côtés de l’Atlantique, analystes des agences de notation –, le livre offre une histoire vivante de la globalisation financière, racontée par ses acteurs de manière souvent assez libre.

 

Le lecteur écoutera ainsi avec amusement Pascal Lamy raconter à Rawi Abdelal que « lorsqu’il s’agit de libéraliser, il n’y a plus de droite en France. La gauche devait le faire, parce que ce n’est pas la droite qui l’aurait fait » (p. 62-631). L’actuel directeur général de l’OMC confiera encore à l’auteur que « des politiciens français ont joué un rôle majeur dans la promotion de la libéralisation du capital en Europe, à l’OCDE et au FMI » (p. 13).

 

Comment ne pas constater la contradiction qui existe entre ces déclarations, qui reconnaissent clairement que la mondialisation résulte de choix politiques, avec ce que ce même Pascal Lamy expliquait récemment au journal Le Monde ? «   Les moteurs de la mondialisation sont technologiques  : le porte-conteneurs et Internet. Gageons que la technologie ne reviendra pas en arrière[4] ! » Alors, la mondialisation, choix politique ou conséquence naturelle du progrès de l’histoire et de la technique  ?

 

Rawi Abdelal, on l’aura compris, décortique les choix politiques, notamment étatiques, relatifs à la circulation des capitaux. Comme l’explique un professeur de droit, la « surveillance [de l’État] s’est principalement manifestée sous la forme d’un contrôle plus ou moins strict sur les mouvements de capitaux, allant de la simple observation à des fins statistiques jusqu’à une interdiction de principe tempérée par un système d’autorisations chichement accordées. L’objectif fondamental des États a longtemps été de veiller à la santé de leur monnaie, de lutter contre l’évasion de leurs réserves en devises et, plus généralement, de contrôler leur balance des paiements  »[5].

 

Ce contrôle n’est plus très bien vu aujourd’hui car le « libéralisme ambiant rend suspectes, voire insupportables, les mesures restrictives auxquelles s’attachent encore plusieurs États »[6]. Alors que le contrôle étatique des capitaux était la norme de la plupart des pays de la planète au début des années 1980, elle n’est plus aujourd’hui que celle de certains pays du Sud  ; la liberté des capitaux concerne désormais l’ensemble du monde dit développé. Le livre de Rawi Abdelal raconte ce qui s’est passé entre ces deux époques et comment nous en sommes aujourd’hui arrivés à une situation dans laquelle, comme le dit encore François Hollande, «  il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses » d’un pays à un autre et sans contrôle des autorités publiques.

 

Capital Rules – dont le titre peut signifier aussi bien «  les règles du capital  » que «  le capital gouverne  » – permet ainsi de comprendre comment s’est construite la finance globale en rappelant le caractère historique de telle ou telle orthodoxie économique, en opposant deux types de mondialisation (celle de style «  européen  » fondée sur des institutions et des règles et celle de style «  américain  » qui se veut plus spontanée ou ad hoc, pour reprendre les termes de l’auteur), et en insistant sur l’importance de certains hommes politiques, dont des socialistes français. On pourra regretter – même si là n’est pas le véritable objet du livre – que Rawi Abdelal ne prenne pas la mesure de l’ampleur de sa découverte sur l’avenir des gauches de gouvernement en général et du socialisme français en particulier.

 

- Relativité de l’orthodoxie économique

Rawi Abdelal montre en revanche très bien comment chaque époque a tenté de justifier ses choix politiques concernant les mouvements de capitaux en les présentant comme naturels. «   Les métaphores religieuses qui se répandent dans l’étude et les orientations pratiques du système monétaire international – le dogme, l’hérésie, l’orthodoxie – laissent penser, comme c’est souvent le cas avec un vocabulaire aussi radical, qu’elles ne sont pas fondées sur des bases solides » (p. 218).

 

Et en effet, la relativité de ce vocabulaire reli gieux se révèle sur le plan historique  : «   Le contenu de l’orthodoxie financière a été profondément transformé au cours du siècle précédent, et plus d’une fois. […] Pourquoi le contrôle des capitaux était-il hérétique au début du xxe siècle, orthodoxe au milieu, et de nouveau hérétique à la fin  ? » (p. ix). En effet, de manière générale, avant la première guerre mondiale, les taux de change étaient fixes et les capitaux et le commerce libres, tout comme «  les gens traversaient les frontières nationales avec peu de contraintes » (p. 4)  ; Keynes, cité par l’auteur, se félicitait de pouvoir se déplacer librement et échanger or ou monnaie sans contrainte. La guerre a naturellement conduit les gouvernements à suspendre la convertibilité de leur monnaie avec l’or et d’autres monnaies, et la crise des années 1930 a poussé les États à accroître les contrôles sur les mouvements de capitaux.

 

La fin de la seconde guerre mondiale donne naissance au système de Bretton-Woods, période qualifiée par l’auteur de «  libéralisme encastré » («  embedded liberalism ») pendant laquelle le capital était «  gouverné » («  capital ruled »). Le consensus de l’époque était « extraordinaire » (p. 43) en ce que le monde estimait naturel de contrôler les mouvements de capitaux alors même que l’orthodoxie était inverse quelques décennies plus tôt. «  Le capital devait être contrôlé et ce, pour une raison importante  : les gouvernements étaient supposés être autonomes des forces du marché » (p. 44). Les règles de l’époque ont codifié le droit des États de contrôler les mouvements de capitaux, notamment à court terme, dans les textes fondateurs du FMI, de la Communauté européenne et de l’OCDE. Ce sont certains de ces textes qui seront transformés dans les années 1980, sous l’impulsion de socialistes français, pour obliger les États à ouvrir les vannes aux mouvements de capitaux.

 

La période suivante est celle d’une mondialisation « ad hoc » de la finance. Ainsi, «   au cours des années 1960, les gestionnaires, investisseurs et spéculateurs se sont frayé un chemin de manière ingénieuse parmi la pléthore de règlements qui encadraient leurs pratiques » (p. 7). Cette période est celle d’une mondialisation spontanée où «  cette créativité » (ibid.) des marchés eux-mêmes permet d’étendre le domaine de la finance, malgré les contraintes étatiques sur les mouvements de capitaux.

 

La place consacrée à cette période dans Capital Rules est minime. Cela peut étonner car il est souvent admis que les marchés se sont libéralisés d’eux-mêmes, et la logique de cette époque semble correspondre au récit dominant. Cette période de mondialisation «  ad hoc » pourrait ainsi être une preuve du caractère spontané, voire naturel, de l’extension du domaine de la finance. On pourrait presque penser que, si Abdelal avait pleinement étudié cette période et en avait déroulé la logique, ses conclusions auraient été contraires à la découverte dont il nous fait part dès les premiers paragraphes de son livre. Autrement dit, François Hollande pourrait facilement s’appuyer sur l’histoire de cette période pour étayer sa thèse d’une finance sans visage.

 

C’est d’ailleurs là une des principales critiques qui a été adressée à Capital Rules par des commentateurs, notamment en France. Jérôme Sgard rappelle ainsi que « la globalisation financière est d’abord une affaire d’investisseurs privés et d’arbitrage de marchés »[7] et lui reproche de gonfler l’importance des règles, du politique et des organisations internationales dans la libéralisation financière. Son livre insisterait trop sur les décisions prises en conscience par des acteurs politiques réalisant un dessein, et pas assez sur leur caractère souvent court-termiste et contingent. Il en oublierait en outre jusqu’au rôle essentiel des marchés.

 

Peut-être peut-on reprocher à Abdelal d’avoir voulu, dès le départ, partir en quête de normes figées pour raconter la mondialisation financière. Tout comme il est vrai qu’on ne saurait écrire l’histoire d’un peuple en étudiant uniquement ses codes et ses lois, il paraît impossible d’expliquer la mondialisation en ne s’intéressant qu’au droit international. Son approche serait donc trop institutionnelle et juridique. La loupe utilisée, à force de grossir le trait, donnerait-elle une image faussée du phénomène étudié  ?

 

Si, effectivement, Capital Rules passe peut être trop rapidement sur cette période où les forces du marché auraient elles-mêmes mondialisé la finance, il montre toutefois que, même ici, les marchés n’auraient rien pu faire sans les États. Plusieurs éléments avancés par Abdelal permettent ainsi de relativiser la thèse de la «  créativité » spontanée des marchés. Ainsi, il rappelle que, dans les années 1960, les premiers signes de la mondialisation financière «  ont émergé du fait des acteurs du marché, avec l’accord tacite des États-Unis et du Royaume-Uni » (p. 8). Ces deux pays ont encouragé ce mouvement en relâchant les contrôles sur les mouvements de capitaux.

 

Le second élément avancé par l’auteur a trait aux agences de notation. Elles ont joué un rôle essentiel dans cette mondialisation «  spontanée  ». Rawi Abdelal leur consacre un chapitre important et esquisse une fine analyse de leur rôle dans le système financier et dans la définition de l’orthodoxie économique. Si le contenu de l’orthodoxie défendue par les agences (Standard & Poor’s et Moody’s, deux agences qui forment, selon l’auteur, un «  duopole » ou un «  double monopole ») a pu évoluer avec le temps, le fameux «  triple A  » a toujours été accordé uniquement aux États ouverts au commerce et intégrés au système financier global (p. 178). Et si les critères de notation développés par les agences ont pu prendre autant d’importance, c’est parce que des règles nationales, américaines en premier lieu, y font référence. «  La puissance de S&P et Moody’s provient en partie des informations exprimées par leurs notes, mais aussi de la très grande intégration des notations de crédit dans les réglementations financières nationales » (p. 8). «  Ni publiques, ni privées » (p. 173), ou alors publiques et privées à la fois, les agences de notation exercent un pouvoir qui leur a été délégué par les gouvernements et les marchés. Leurs notations acquièrent ainsi «  force de loi » par la grâce de cette délégation. Autrement dit, même là où la libéralisation financière paraît être spontanée ou «  ad hoc », elle résulte d’une délégation d’autorité par des pouvoirs publics.

 

Ce bref tableau historique aura permis à Rawi Abdelal de déconstruire certaines évidences en rappelant le caractère contingent des idées qui peuvent apparaître successivement orthodoxes ou hétérodoxes en fonction des époques. Et, à cette mondialisation financière spontanée et approuvée par les États-Unis et le Royaume-Uni, il oppose le projet européen, français et socialiste de maîtriser la mondialisation en l’encadrant par des règles, fussent-elles libérales.

 

- Où l’on apprend que les socialistes renoncèrent à discipliner le capital

L’Europe a joué un rôle essentiel dans la codification des règles de libéralisation financière, et son évolution au cours des années 1980 permet de le mesurer. Le traité de Rome de 1957 ne faisait de la liberté des mouvements de capitaux qu’une liberté secondaire par rapport aux autres libertés économiques fondamentales[8]. «  Le capital devait être, selon le langage de l’époque, «  discipliné  » – obligatoirement investi dans le pays pour créer des emplois et des revenus fiscaux, qui permettraient alors de financer l’État-providence » (p. 48).

 

Dans un arrêt de 1981, la Cour de justice des Communautés européennes pouvait ainsi affirmer que «   les mouvements de capitaux présentent des liens étroits avec la politique économique et monétaire des États membres. Au stade actuel, on ne saurait exclure que la liberté complète de tout mouvement de capital puisse compromettre la politique économique de l’un ou de l’autre des États ou provoquer un déséquilibre de sa balance des paiements  » [9].

 

Cette «  situation a changé radicalement en juin 1988 » (p. 57), lorsqu’une directive essentielle est adoptée et libéralise les mouvements de capitaux entre États membres[10]. En 1992, le traité de Maastricht obligera les États membres à libéraliser ces mouvements également dans leurs relations avec les États tiers. Ainsi, en moins de dix ans, le capital a gagné le droit de circuler librement alors même que cela pouvait «  compromettre la politique économique de l’un ou de l’autre des États ». Cette transformation radicale constitue le nœud de Capital Rules. L’auteur s’interroge  : «   Une question essentielle est alors de savoir ce qui a changé en Europe entre le début des années 1980 – lorsqu’une initiative pour réécrire les règles de la finance européenne a échoué alors même que le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas la soutenaient avec enthousiasme – et la fin des années 1980, lorsque les fondements institutionnels de la finance européenne ont été complètement restructurés. […] La réponse est presque trop simple  : la France a changé. La simplicité de cette réponse symbolise l’un des virages les plus importants de l’histoire économique moderne » (p. 57).

 

C’est en recherchant ce qui s’est passé en France à cette période que Rawi Abdelal découvre le rôle essentiel de certains socialistes autoproclamés modernisateurs. « L’histoire de l’intégration financière européenne est aussi nécessairement l’histoire de la manière dont la gauche française s’est convertie au capital » (p. 58).

 

Capital Rules entreprend alors de raconter l’histoire – bien connue de ce côté-ci de l’Atlantique – des premières années Mitterrand et du tournant de la rigueur de mars 1983, que l’auteur décrit comme un «  revirement » («  the Mitterrand U-turn »). Il rappelle ainsi les contraintes économiques extérieures et la fuite des capitaux à la suite de l’élection de François Mitterrand, ainsi que les mesures drastiques de contrôle des changes qui ont suivi, puis l’assouplissement général de ces mêmes contrôles à partir de la fin 1983 à la suite de ce fameux tournant. Ce moment essentiel a pu être décrit dans une note de la très officielle Fondation Jean-Jaurès comme «  le moment du retournement, celui où se concrétise le basculement de l’idéologie à la réalité économique »[11]. La référence à la «  réalité » laisse songeur. Il pourrait s’agir ici de l’autre nom de la «  pensée unique  », expression utilisée avec bonheur, et en français dans le texte, par Rawi Abdelal pour décrire cette année 1983 où les règles de l’orthodoxie économique ont été adoptées par l’ensemble du spectre politique français.

 

La conversion des socialistes au capital peut être décrite comme un mouvement en trois temps. Le premier est celui où le gouvernement socialiste se retrouve confronté aux marchés internationaux. À l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, «  un choix semblait toujours être possible » (p. 58), le politique paraissait avoir une marge de manœuvre sur l’économie de manière à favoriser la redistribution des richesses. Mais ce projet échoua rapidement, raconte Abdelal, «  en partie parce que les marchés financiers ne faisaient pas confiance au nouveau gouvernement français  » (p. 58). Le livre ne s’attarde pas ici sur l’importance du rapport entre marchés et gouvernement, même s’il développera dans un autre chapitre une analyse de ce rôle nouveau des marchés, qui accordent ou non leur confiance aux politiques publiques. Les premières années Mitterrand pourraient pourtant être considérées comme un exemple typique de ce poids nouveau des marchés dans les choix politiques.

 

À cette nouvelle contrainte, le gouvernement a répondu en renforçant les contrôles sur les mouvements de capitaux, lesquels sont apparus à certains ministres et hauts fonctionnaires comme des règles inefficaces et nuisibles, surtout aux classes moyennes. Le deuxième temps est donc celui du débat sur la nature de la politique à adopter dans ces circonstances. Ce débat s’est déroulé entre les membres du gouvernement et quelques experts, à l’exclusion du Parti socialiste, de ses militants, et bien évidemment du peuple. On rappellera rapidement que le ministre des Finances Jacques Delors et le Premier Ministre Pierre Mauroy défendaient la rigueur et le maintien de la France dans le système monétaire européen, tandis que d’autres préconisaient « l’autre politique » (p. 59, en français dans le texte) visant à défendre l’autonomie de la France par rapport aux marchés et à l’Europe. Le tournant interviendra lorsque le ministre du Budget Laurent Fabius et le secrétaire général de l’Élysée Pierre Bérégovoy accepteront la rigueur et convaincront le président.

 

Le troisième temps est donc celui de la rigueur et du relâchement des contrôles des mouvements de capitaux. Au-delà des débats de personnes au sein du gouvernement, les motivations des socialistes acteurs de ce tournant permettent de mettre en lumière une inflexion radicale du sens de la politique à gauche.

 

En effet, si l’on en croit l’auteur, l’une des raisons déterminantes ayant poussé le gouvernement à prendre ce tournant est le constat selon lequel les contrôles des capitaux nuisaient surtout aux classes moyennes, tandis que les riches arrivaient sans difficulté à les contourner. Le « carnet de change » était alors impopulaire et limitait les devises auxquelles avaient droit les Français lors de leurs déplacements à l’étranger. Il serait intéressant de savoir quelle proportion des «  classes moyennes  » pouvait, en 1983, prendre ses vacances à l’étranger et était réellement sous la contrainte du carnet de change. Quoi qu’il en soit, en se basant sur des entretiens avec des acteurs de cette période, Abdelal considère qu’il y a là un fondement du tournant pris par les socialistes. En outre, une autre motivation du tournant est l’objectif d’utiliser des «  politiques libérales ostensibles comme des outils à objectif social » (p. 29).

 

L’auteur y insiste à de nombreuses reprises  : l’idée, avec la libéralisation du secteur bancaire français était, comme pour l’assouplissement du contrôle des changes, « d’apporter les bénéfices du capital aux classes moyennes » (p. 62). Enfin, la volonté de «  moderniser  » la France est apparue à certains responsables socialistes comme un moyen de gagner une crédibilité politique personnelle en mettant en avant leur compétence et leur réalisme. Que le terme de modernisation soit associé à la libéralisation financière signe un changement d’époque, une transformation du vocabulaire, un tournant.

 

Le récit officiel de l’abdication de la gauche devant les forces du marché doit donc être réécrit. «   L’année 1983 n’a pas été l’année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci », écrit Aquilino Morelle dans une tribune de presse[12]. Bien plus, les idées et pratiques nées en France à cette période – à savoir que la mondialisation peut et doit être maîtrisée par des règles, fussent-elles libérales – constituent un véritable schème explicatif cohérent. «   La seule convergence décisive des visions libérales était à Paris. C’est le ’ consensus de Paris’, et non celui de Washington, qui est avant tout responsable de l’organisation financière mondiale telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire centrée sur les économies développées de l’UE et de l’OCDE, et dont les codes libéraux constituent le socle institutionnel de la mobilité des capitaux  »[13].

 

À partir de ce tournant et de la cristallisation de ce qu’on n’appelait pas encore le «  consensus de Paris  », les architectes français de la rigueur s’emploieront à écrire des règles libérales dans les textes fondateurs de certaines organisations internationales, Europe en tête. C’est Jacques Delors, devenu président de la Commission européenne en 1985, et son directeur de cabinet Pascal Lamy, qui prépareront la directive de 1988 sur la libéralisation des mouvements de capitaux. Le traité de Maastricht permettra, trois ans plus tard, d’inscrire ces règles dans les textes fondamentaux de l’Union européenne. À partir de ce moment, il n’est plus possible aux États membres de limiter les mouvements de capitaux entre eux ou avec des États tiers.

 

Rapidement, le «  consensus de Paris  » s’étend au-delà des frontières de l’Europe. De hauts fonctionnaires français du Trésor, artisans de la rigueur lorsque la gauche était au pouvoir, se retrouvent à des postes clés au sein de l’OCDE (Henri Chavranski) ou au FMI (Michel Camdessus) et tentent de faire interdire par leurs organisations respectives les contrôles sur les mouvements de capitaux de leurs membres. La tentative réussit à l’OCDE, qui réunit des pays dits développés, mais pas au FMI, où elle ne résiste pas aux crises financières de la fin du xxe siècle dans plusieurs pays émergents. Dans les années 1990, en effet, sous la direction de Michel Camdessus, le FMI avait tenté d’étendre son mandat à la sphère du contrôle des mouvements de capitaux. Mais le Fonds ne réussira pas à codifier une telle règle. Entre-temps, en septembre 1998, la Malaisie, par exemple, est parvenue à surmonter la crise en réinstaurant un contrôle des capitaux. Il devenait dès lors impossible de cristalliser une telle règle au niveau du FMI. Il n’en reste pas moins que la liberté de la finance est aujourd’hui la règle dans l’Union européenne et dans l’OCDE.

 

- De quoi le «  consensus de Paris  » est-il le nom  ?

Des socialistes français, c’est entendu, ont formulé le consensus de Paris sur la mondialisation financière. Mais même si Rawi Abdelal qualifie ce fait de «  paradoxe français », il paraît ne pas en prendre toute la mesure politique. Il semble au contraire s’amuser de sa découverte, comme si elle n’avait d’autre intérêt que cosmétique, et la prend parfois à la légère – elle ne serait qu’un moyen de pimenter son récit. Des Français, des socialistes, à l’origine du capitalisme financier contemporain, dites-vous  ? Voilà qui a de quoi faire sourire les rédactions outre-Atlantique. Et le Wall Street Journal ne s’y est pas trompé qui salue ce livre tout en s’amusant du rôle de cette «  bande de socialistes français » dans l’histoire[14].

 

En France, on l’a vu, Capital Rules n’a fait naître aucun débat politique, bien qu’il ait fait l’objet de quelques recensions assez techniques[15]. Les critiques se sont focalisées sur le rôle minime accordé aux marchés par l’auteur, et son insistance sur des hommes et des institutions. Pour Jérôme Sgard, «  Abdelal en fait un peu trop avec nos Quatre Socialistes » (Delors, Lamy, Camdessus, Chavranski), qui ont propagé la bonne parole libérale dans les institutions internationales. Il est vrai qu’il insiste beaucoup sur le poids des hommes, lesquels ne sont pourtant que de hauts fonctionnaires au milieu d’organisations aux intérêts multiples. Néanmoins, au-delà de ces quatre personnes, le tournant de 1983 a été décidé, on l’a vu, par un gouvernement socialiste  ; et ce tournant a permis à l’Europe de prendre elle aussi le virage de la libéralisation financière. La question n’est donc pas de savoir quel est le rôle individuel de tel ou tel, mais plutôt de voir une gauche de gouvernement prendre dans son ensemble une direction tout autre que celle pour laquelle elle a été élue.

 

C’est en cela, sur le plan politique, que ce livre pose, en France, des questions difficiles. Car il ne s’agit pas de faire une critique interne de Capital Rules, du point de vue de l’expert en économie ou du spécialiste des institutions internationales. Il faut au contraire voir ce qu’il peut nous dire et nous apprendre de politique. Que penser de ce ralliement des socialistes  ? Signe-t-il la fin de la possibilité même de construire un projet émancipateur à gauche  ?

 

Dans son remarquable ouvrage sur la décennie 1980, François Cusset a souligné cette grande victoire paradoxale de la gauche. «   Les milieux économiques eux-mêmes se félicitent d’une crise qui pousse le nouveau pouvoir à des réformes allant dans le sens de leurs intérêts  : rigueur salariale, allégement de la fiscalité, modernisation des marchés financiers, flexibilité accrue de l’emploi. La gauche est plus libérale, plus efficacement libérale que la droite, se réjouissent-ils, et elle seule pouvait venir à bout en trois petites années d’un anticapitalisme français qu’on croyait indéracinable.  » Que faire, désormais, de cette gauche de gouvernement  ? Peut-on croire que la rigueur n’était qu’une «  parenthèse »[16], comme l’a expliqué à l’époque, en 1983, le premier secrétaire du PS[17] ?

 

Lionel Jospin dirigeait alors un parti «   pensé avant tout comme une organisation de mobilisation de l’électorat, au détriment des autres fonctions dévolues à un parti politique, comme notamment la fonction doctrinale »[18]. Il a en effet été démontré que le parti avait été marginalisé dans les choix faits par le gouvernement de François Mitterrand[19]. L’appareil militant n’avait pas son mot à dire, pas plus que le peuple, à qui était imposé le virage.

 

C’est ici que le livre de Rawi Abdelal soulève une autre interrogation. Si ce sont bien des «  choix politiques  » qui ont permis l’expansion de la finance, la nature de cette «  politique  » est pour le moins réductrice. Le terme ne vise ici que des choix faits au niveau d’experts gouvernementaux, hauts fonctionnaires ou ministres, qui ont débattu entre eux des options à prendre. Le peuple est réduit aux seules «  classe moyennes  » au profit desquelles auraient été opérés le tournant de la rigueur et la libéralisation financière et bancaire. Ainsi, au-delà du seul ralliement au capital, l’année 1983 signerait-elle aussi l’abandon par la gauche des classes populaires  ?

 

Comment lire, également, la fine analyse par l’auteur de la notion de crédibilité  ? Nous vivons, explique-t-il, à «  l’ère de la crédibilité ». C’est-à-dire que «   le succès d’une politique dépend fondamentalement et nécessairement de la manière dont les marchés financiers réagissent. […] Lorsque les marchés ne croient pas qu’une politique va améliorer les performances économiques d’un pays, alors cette politique ne peut pas réussir » (p. 163). Doit-on en déduire que les jeux sont faits, que la politique n’existe plus  ? «  En France, écrit encore François Cusset, comme dans le reste du monde occidental, les années 1980 sont l’aboutissement d’un processus biséculaire d’autolimitation économique de la politique, sinon même le résultat d’une très vieille tentative, bien sûr impossible, pour abolir la politique  »[20]. Il est vrai qu’une fois que les règles du capitalisme mondialisé sont inscrites dans des traités internationaux, lesquels nécessitent l’accord de plusieurs dizaines de pays pour être modifiés, il paraît impossible de revenir dessus et de choisir une autre politique. En codifiant ces règles au cours des années 1980, le politique s’est lui-même interdit, pour l’avenir, de faire d’autres choix.

 

Le livre de Rawi Abdelal, s’il ne se prononce pas sur l’avenir du politique, a le mérite de mettre au jour cette histoire. Et il paraît étonnant qu’il ait été ignoré en France, alors même que ce pays est le premier concerné. Pourrait-on en conseiller la lecture au candidat socialiste  ? Cela lui permettrait peut-être de formuler avec plus de mesure et, serait-on tenté de dire, avec plus de réalisme, ses diatribes contre la finance. Connaître et assumer le passé de son propre parti lui permettrait peut-être de le dépasser, et de ne pas tromper l’attente de ces électeurs éblouis par les charmes d’un candidat normal, proche des gens, et dont les attaques contre la finance paraissent si convaincantes.

Note :

[1] À propos du livre de : Rawi Abdelal, Capital Rules : The Construction of Global Finance, Cambridge, Harvard University Press, 2007, 304 p., 15,15 £.

[2] F. Hollande

[3] Rawi Abdelal, «  Le consensus de Paris  : la France et les règles de la finance mondiale  », trad. R. Bouyssou, Critique internationale, 2005/3, n° 28, p. 96. (Cet article recoupe en partie certains chapitres de l’ouvrage commenté. Nous avons choisi d’utiliser la traduction de Rachel Bouyssou lorsque cela était possible.)
[
4] Pascal Lamy, «  La démondialisation est un concept réactionnaire  », entretien paru dans Le Monde, 1er juillet 2011

|5] Claude J. Berr, «  Circulation des capitaux – Paiements internationaux et investissements  », Répertoire commercial Dalloz, octobre 2009, p. 2.
[
6] Ibid.

[7] Jérôme Sgard, «  Lectures  », Critique internationale, n° 42, janvier-mars 2009, p. 171-172.

[8] Les textes fondateurs du droit de l’Union européenne (souvent dénommé «  droit communautaire  »), et en premier lieu le traité de Rome, établissent quatre libertés économiques fondamentales pour permettre la réalisation du marché intérieur  : la libre circulation des produits, des personnes et des capitaux, ainsi que la libre prestation de services. Elles ne doivent évidemment pas être confondues avec les «  libertés fondamentales  » du sens commun et des juristes de droit public (libertés d’expression, de manifestation, etc.).

|9] CJCE, Casati, 11 novembre 1981, C-203/80, §9, p. 2614, cité par Rawi Abdelal p. 55.

[10] Directive 88/361/CEE du Conseil du 24 juin 1988 pour la mise en œuvre de l’article 67 du traité.
[11] Floriane Galeazzi et Vincent Duchaussoy, «  1983  : le “tournant” en question  », Note n° 90, Fondation Jean-Jaurès, 2 mai 2011, p. 10.
[12] Aquilino Morelle, «  La démondialisation inquiète les partisans d’un libéralisme aux abois  », Le Monde, 8 septembre 2011.
[
13] Rawi Abdelal, «  Le consensus de…  », art. cit, p. 90.

[14] Matthew Rees, «  Why Money Can Now Make Its Way Around the World  », The Wall Street Journal, 14 février 2007.
[
15] Jérôme Sgard, art. cit. Voir aussi Nicolas Véron, «  Le “French paradox”  de la libéralisation financière  », La Vie des Idées, septembre 2007.
[16] Cité par Thierry Barboni, «  Ressorts du discours socialiste lors du « virage de la rigueur »  », Nouvelles Fondations, 2006, n° 2.
|
17
] François Cusset, La Décennie. Le grand cauchemar des années 1980, Paris, La Découverte, 2006, p. 93.
[
18] Ibid., p. 62.
[
19] Ibid.
[
20] Ibid, p. 214.

[21] Raphaël Kempf est juriste, titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Il est l’auteur de L’OMC face au changement climatique. Étude de droit international (Pedone, 2009)

 

Pour en savoir plus :

- Le sacro-saint ratio de 3% du PIB.... une invention franco-socialiste

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:16
J.L. Melenchon : MONTEBOURG NOUS SERT !

Sources : page Facebook de J.L. Mélenchon

- L’annonce de la candidature de Montebourg et le contenu qu’il y met, sont de bonnes nouvelles.

Ce sont d’abord de terribles confirmations depuis l’intérieur du PS de la condamnation du bilan du quinquennat de François Hollande de la part d’un de ses ex principaux ministres et de l’un de ses soutiens essentiels au deuxième tour de la précédente primaire des socialistes. Elle confirme ainsi la critique que nous en avons fait inlassablement pendant cinq ans : « Le bilan du quinquennat n’est pas défendable » a asséné le nouveau candidat d’entrée de jeu.

 

 

- Cette candidature après celle de Benoit Hamon fonctionnera donc d’abord comme un affichage permanent de l’échec de François Hollande.

Mais ce n’est pas tout. Les thèmes choisis élargissent l’audience de notre discours : sixième république, relocalisation industrielle, et surtout dénonciation des traités européens. Je sais parfaitement bien les limites de tout cela. Je connais l’ambiguïté du personnage et la limite de la méthode qu’il déploie. Je vois bien les limites du contenu de ses propositions. Je sais aussi que sa fonction de rabatteur pour le compte de François Hollande a déjà été maintes fois prouvée.

 

 

- Mais nous sommes entrés dans cette campagne comme dans un combat « culturel » d’abord.

Le vote est dans six mois. D'ici là, quelles idées vont dominer la société et la scène politique ? Avec sa candidature, après celle de Benoit Hamon et Marie- Noelle Liennemann, la scène n’est plus uniquement occupée par des libéraux qui se concurrencent dans les surenchères droitières et ethnicistes. Cela vient en renfort de notre travail qui trouve une raison de plus de s’intensifier.

 

 

- Mes amis tenez-vous à distance du sectarisme politique et du meurtre rituel des voisins de palier politique. Montebourg nous sert !

Sa « Mélenchonisation » partielle aide à la propagation de certaines de nos idées. Au bout du compte, les gens qui auront été convaincus par lui pourront quand même voter pour ces idées là en utilisant le bulletin de vote à mon nom. Il faut donc plutôt le pousser à persévérer dans le travail de démolition des certitudes aveuglées qui continuent à dominer le PS.

 

Il faut faciliter la désorganisation du PS qu’il propage en laissant planer le doute sur sa candidature au primaire ou en solo hors parti car il délégitime la primaire (et donc son résultat) avant même qu’elle ait lieu. Tirez donc plutôt argument du fait que nos diagnostics sont confirmés par ceux-là même que nous avons combattus. Non pour flétrir et peindre le tableau noir en encore plus noir.

 

Mais parce que cela permet de conclure : « à présent essayons autre chose, essayons le programme de la France insoumise et le mouvement politique ouvert qu’elle impulse

 

 

- "Chez Montebourg il y a du Made in Mélenchon" - Alexis Corbière

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 08:30
J. L. Mélenchon : « Le choix de l’insoumission »

Date de parution 08 septembre 2016

 

Sources : L'Ere du peuple et les éditions du Seuil

- En bref

S’entretenir avec Jean-Luc Mélenchon, c’est raconter un engagement politique dont l‘histoire commence en 1968 et traverse les heures chaudes de la gauche au pouvoir et dans l’opposition, des mouvements sociaux, des décolonisations, de la chute du Mur et de l’émergence de la globalisation du capitalisme. Autant d’expériences marquantes pour qui veut rester ancré dans la quête d’un autre futur possible pour le monde. Une exigence plus forte que tous les conforts de situation auxquels il a renoncé en quittant le PS en 2008. Ici l’insoumission est autant un programme qu’un choix de vie personnel.

 

Ce livre écrit avec le journaliste Marc Endeweld nous fait découvrir le parcours d’un homme passionnément engagé, élu, ministre, brillant orateur et écrivain, qui politise tout ce qu’il touche. On y croise des personnages et des situations qui ont bouleversé la fin du siècle précédent et l’aube de celui-ci. On y saisit aussi la vision de la France et du monde qui inspire un projet politique pour les temps qui viennent.

 

Engagé dans la construction d’un nouveau mouvement politique en France pour mener une révolution citoyenne, Jean-Luc Mélenchon obtint plus de 11% et quatre millions de suffrages à l’élection présidentielle de 2012. Combien en 2017, pour celui qui se veut désormais le porte-parole des « insoumis » ?

 

 

- En savoir plus (par J.L. Mélenchon sur son blog)

À la rentrée de septembre paraitra au Seuil un « entretien biographique » que nous avons intitulé : « Le choix de l’insoumission ». C’est le journaliste Marc Endeweld qui mène le dialogue. Comme il est amusant de penser que son précédent ouvrage était consacré à Emmanuel Macron ! Quant à la forme, ce livre change donc des précédents dont j’ai pris la responsabilité puisque je ne n’y suis maître ni des thèmes choisis ni de ceux mis de côté. Tant mieux.

 

  • Car je dois dire que c’est un rude exercice que de revenir sur l’histoire de tant d’années consacrées à l’engagement politique.

De plus il est tout à fait évident qu’il faut trier beaucoup dans la masse des évènements petits et grands auxquels j’ai participé de façon plus ou moins centrale. Et comme il ne pouvait être question d’en faire le catalogue des gens que j’ai rencontré et pratiqué, il y en a tant en Europe et dans le monde, il a fallu s’en tenir à l’essentiel de ce qui intervenait directement dans mon parcours. Mais à l’inverse, c’est toujours étrange de se voir enjamber des années, des gens et des circonstances sans s’y arrêter. Je ne le regrette pas. Je pense que les choix de mon interrogateur sont les bons. Ils sont radicalement « extérieurs » et n’impliquent pas de connivence ou de complaisances autres que celles qui surgissent naturellement de la conversation entre deux personnes qui s’intéressent à leur sujet.

 

  • Car ce fut une conversation. Longue. Dense. Ses questions m’ont aussi agacé, parfois, cela va de soi !

Peut-être le sentirez-vous entre les lignes… Je ne sais pas comment il a supporté l’exercice mais je suis certain qu’il a bien gagné ses vacances. Je ressortais de nos séances également épuisé et bizarrement tourneboulé par ces heures passées à raconter tant de choses personnelles. L’engagement politique a occupé toute ma vie. Le fil rouge qui l’a mené ne s’est jamais rompu et pas davantage le ressort qui tend ma manière d’être du fait de cet engagement. Le sentiment étrange et que toute personne peut avoir en se retournant sur son passé pour le raconter aux siens s’aggrave chez moi du souvenir précis de la fuite en avant du monde dans lequel je me suis impliqué depuis l’âge de 16 ans.

 

  • Ce livre est destiné à éclairer l’histoire des idées que je défends par le récit du parcours au cours duquel elles se sont forgées.

Il m’a paru important de faire connaitre ma détermination actuelle comme le résultat d’un parcours de vie et d’expériences et non comme une posture de campagne. Ma cohérence vient de loin. Elle mêle les leçons de plusieurs décennies d’implication sur plusieurs continents, plus d’une dizaine de pays, de rencontre avec autant de chefs d’États, de gouvernements et de partis engagés dans la vie démocratique ou dans la lutte armée, et plusieurs milliers de femmes et d’hommes engagés anonymes, parlant quatre ou cinq langues, vivant ou morts de tant de façons différentes.

 

Mieux vaut savoir que je suis donc de ce fait hors de portée des intimidations du présent et des pressions habituelles du monde des importants des medias et de la communication que j’ai vu à l’œuvre dans assez de circonstances et de lieux pour en connaître les ressorts et l’inépuisable arrogance. Cet entretien ne fonctionne donc pas comme une justification des choix qui émaillent mon parcours mais comme un bilan raisonné pour en tirer tout le suc. En tant que tel, l’objet est un défi. Car dans notre temps d’infantilisation de tous les débats, de bipolarisation de toute question en noir et blanc, de vindicte ou d’adoration également sans nuance, l’art des bilans soupesé est bien perdu.

 

  • Publier cet entretien m’a semblé être une contribution utile pour le combat que j’entreprends en étant candidat à l’élection présidentielle de 2017 dans le but de changer le cours de l’histoire de notre pays.

J’ai cru tout au long de mon engagement que ce grand retournement du cours de l’histoire était aussi nécessaire que juste. Ce que le monde a fait de lui-même confirme qu’il ne tient aucune des promesses au nom desquelles les choix progressistes ont été écartés. Penser de plus loin que depuis la dernière « Une » sensationnaliste du jour, du titre en teasing d’un article en ligne ou du dernier matraquage audiovisuel est une ardente obligation qui s’impose comme un devoir de musculation permanente pour notre cause.

 

  • Je crois en effet qu’il faut enraciner notre campagne dans une participation de chaque personne qui s’y engagera avec le devoir de garder les yeux grands ouverts.

Car nous entreprenons bien davantage qu’une campagne électorale. Il s’agit de construire en commun une conscience et une pratique commune à des millions de personnes. Cela non seulement en vue de leur vote mais en préparation de leur implication personnelle dans le processus qui suivrait notre victoire. Ce que j’ai nommé « la révolution citoyenne » n’est pas un slogan mais un programme concret de gouvernement qui ne peut se mener à la façon traditionnelle du haut vers le bas.

 

  • Je conclus en replaçant ce livre dans le contexte éditorial qui l’inclut.

Car ce livre d’entretien prend place dans un ensemble de parutions qui s’épaulent l’une l’autre. Le choix de l’insoumission, est un entretien biographique. Le livre rend compte d’un parcours. Ce n’est ni un livre programme, ni un livre de confidences intimes. Il est destiné à vous permettre de savoir si selon vous je suis ou non capable d’accomplir ce que j’annonce et de tenir bon au vu de ce qu’a été mon parcours et du bilan que j’en fais. Je vous envoie mon CV en quelque sorte. Mais cela n’a de sens qu’en relation avec le reste.

 

Le livre L'Ere du peuple reste l’énoncé du projet auquel se réfère mon action. Déjà vendu à 60 000 exemplaires, il existe dorénavant dans une édition sérieusement remaniée en poche au prix très accessible de trois euros. De son côté, Le Hareng de Bismark, vendu à 70 000 exemplaires, va faire l’objet d’une nouvelle édition en poche aussi cette fois-ci. Je vais le replacer dans le contexte du « plan b » face à l’implosion en cours du modèle libéral de construction européenne. Car à mes yeux, vous le savez, la doctrine « ordolibérale » qui gouverne l’Europe et l’a transformée en une camisole de force contre les peuples a son origine, sa continuité et ses impératifs à Berlin dans un choix communs à la droite et au PS allemands.

 

Au mois de décembre paraîtra la version éditée du programme qui fait suite à L'Humain d'abord de 2012. Le texte sera issu des contributions en ligne, depuis février dernier, des auditions menées par Jacques généreux et  Charlotte Girard depuis mai et des propositions des organisations politiques participantes à « la France insoumise » en septembre et octobre et enfin du vote de la première Convention de « la France insoumise ».

 

Je dis que ces livres s’épaulent. Mais en premier lieu ils font appel à la réflexion, à la connaissance, à la possibilité pour chacun non pas d’adhérer tout ce qui s’y trouve mais de décider si au total la personne qui les aura lu peut s’inclure dans le combat proposé compte tenu du nombre de ses points d’accords sur le projet, la méthode et la capacité du candidat à les mettre en œuvre compte tenu de son expérience.

 

Mon projet avec cette parution c’est qu’en me rapprochant de qui me découvrira de cette façon, je puisse du même coup être mis à distance critique raisonnée par chacun.

 

 

- Le livre est disponible ICI

 

Pour en savoir plus :

- J.L. Mélenchon : « Je veux faire de la présidentielle un référendum sur les traités européens »

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 08:35
Pierre Jacquemain : Ils ont tué la gauche

Le livre qui risque de faire très mal au gouvernement

 

Sources : lesInROCKS

S’agit-il d’un début d’inventaire qui s’annonce d’ores et déjà douloureux ? C’est le JDD qui révèle cette information dans son édition du 14 août. Ils ont tué la gauche, voici le titre du livre que s’apprête à sortir, chez Fayard, Pierre Jacquemain[1]. Vous ne le connaissez probablement pas mais il s’agit tout simplement de l’ancienne “plume” de Myriam El Khomri et qui a travaillé un temps avec Clémentine Autain (porte-parole d’Ensemble !) L’homme a démissionné de son poste au ministère du Travail lors de l’ouverture des débats sur la très médiatisée loi Travail, en février dernier.

 

 

- “Texte du Medef’

Après son départ, la parole libérée, il avait multiplié les interventions médiatiques pour dénoncer ce “texte du Medef” et accuser Manuel Valls et son équipe d’être derrière ce texte. Selon lui, Myriam El Khomri n’était qu’un prête-nom à la loi, ce qu’elle a d’ailleurs contesté par la suite. “C’est cette expérience désenchantée au cœur de la machine gouvernementale qui m’a donné l’envie d’écrire ce livre”, a expliqué Pierre Jacquemain au JDD.

 

 

- Que contiendra ce livre ?

Sur le site de Fayard, on peut y lire en présentation:

“Ils ont renoncé à faire ce pour quoi ils ont été élus : mener une politique de gauche. Peut-être parce qu’ils sont devenus de droite. Version naïve. Peut-être l’ont-ils toujours été. Version éclairée. Nos gouvernants ont cessé de faire de la politique. Ils gèrent le bien public, l’État, comme on dirige une entreprise. Il ne s’agit plus de rêver ou d’améliorer la vie des Français. L’heure est au pragmatisme, au ‘laisser faire, laisser passer’, au libéralisme.”

 

Fort de son expérience, Pierre Jacquemain promet de décrire “comment la technocratie a pris le pouvoir sur le et la politique”. Myriam El Khomri n’est pas épargnée. Elle est présentée comme “récitant les éléments de langage de Matignon, reléguée au rôle de figurante et condamnée – parce qu’elle le veut bien – à porter une loi qu’elle n’a ni pensée, ni rédigée. Pas même négociée”.

 

 

- Par : Pierre Jacquemain

Éditions : Fayard

EAN : 9782213701547

EAN numérique : 9782213703244

Code article : 2891744

Parution : 24/08/2016

Disponibilité : chez l'éditeur Fayard

Format : 135 x 215 mm 198 pages
Prix papier TTC : 16 €

Prix numérique TTC : 10,99 €

 

Note :

[1] Pierre Jacquemain est rédacteur en chef de la revue Regards. Diplômé d’un master de science politique, il a été le conseiller d’élu-e-s parisien-ne-s sous la mandature de Bertrand Delanoë avant de rejoindre la présidence de Radio France.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 08:27
Que cache l’orchestre d’Anne Gravoin Valls ?

Un scandale d’État qui, en d'autre temps, aurait fait valser le gouvernement Valls.

Une VIe République est urgemment nécessaire pour mettre un terme à ces pratiques !

 

Anne Gravoin, épouse de Manuel Valls, gère un orchestre - l’Alma Chamber Orchestra - autour duquel gravite une nébuleuse de personnages douteux. On y trouve pêle-mêle un délinquant financier multirécidiviste, un grand marchand d’armes, une figure importante de la Françafrique et un homme d’affaires à la fortune mystérieuse.

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

- Que cache l’entreprise de l’épouse du Premier ministre ?

Les comptes des deux sociétés qui produisent de l’orchestre en question, détenues respectivement par Mme Gravoin et son associé, ne sont d’ailleurs même pas déposés au tribunal de commerce.

 

 

- Pourquoi tant de cachotteries ?

Avec le scandale des Panama Papers, comment peut-on croire que le Premier ministre sera en mesure de s’attaquer réellement à l’évasion fiscale, si lui même n’est pas capable d’être totalement transparent sur les activités économiques et politiques de son épouse.

 

Demandez à M. Valls de faire toute la lumière sur les activités opaques de la société de votre épouse.

 

L’enquête de L’Obs, qui a révélé l’affaire, est édifiante. Après deux ans et demi à financer seul l’orchestre, à partir de revenus de source inconnue, l’associé d’Anne Gravoin - épouse de Manuel Valls - a cherché des partenaires. Il a trouvé un inquiétant duo formé d’un marchand d’armes et de l’homme de confiance du dictateur congolais Denis Sassou-Nguesso, mis en examen en France dans l’affaire des « biens mal acquis ».

 

L’homme de confiance du despote congolais - M. Jean-Yves Olliver - a d’ailleurs été décoré de la Légion d’honneur par Manuel Valls. Est-ce un hasard ?

 

Comment le gouvernement pourra-t-il appliquer les sanctions contre les entreprises liées aux scandales des Panama Papers, comme la Société Générale, si le Premier ministre, Manuel Valls, ne se montre pas lui-même exemplaire ?

 

Les révélations des Panama Papers ont déjà eu raison du premier ministre islandais. Nous avons besoin d’une transparence totale sur les activités obscures entourant la société de l’épouse du Premier ministre.

 

 

- Dites à M. Valls que la transparence est primordiale, surtout en ces temps de scandales financiers.

La nébuleuse qui gravite autour de l’orchestre ne s’arrête pas là : la société de l’épouse du Premier ministre, AG Productions, est hébergée par une société présidée par le sulfureux homme d’affaires François Gontier. Ce dernier possède en effet un casier judiciaire vertigineux : condamné à plusieurs reprises pour « fraude fiscale », mis en examen pour « exercice illégal de la profession de banquier », et une de ses entreprises (Magforce International) vient d’être mise en examen pour « corruption d’agents publics étrangers » dans une affaire touchant le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta.

 

Toute ces relations douteuses, cette opacité qui entourent l’entreprise de Mme Gravoin et les conséquences sur les actions de Manuel Valls soulèvent des inquietudes. Le Premier ministre perd notamment tout crédibilité face aux banques frauduleuses tant qu’il est entaché par alliance à des soupçons de montages financiers douteux et a des hommes d’affaires sulfureux.

 

Une récente mobilisation au Royaume-Uni, appuyée par plus de 50.000 membres de SumOfUs, a déjà réussi à faire pression sur David Cameron, Premier ministre britannique, pour qu’il fasse la transparence sur un scandale de fraude fiscale l’entourant lui et ses proches, suite aux révélations des Panama Papers. Mettons maintenant nos voix en commun pour nous assurer que Manuel Valls en fasse de même en levant le voile sur le montage financier qui sert au financement de l’entreprise de Mme Anne Gravoin, son épouse.

 

Exigez que M. Valls donne l’exemple et fasse la lumière sur le financement de la société de son épouse.

 

Note :

[1] Françafrique

- Barbouzes et mystères de la « Françafrique »

- La Françafrique n'est pas morte, elle est devenue l'Africa France

- Rétrospective des interventions militaires Françaises en Afrique

 

Pour en savoir plus :

- Les réseaux africains de Manuel Valls, Mediapart. 18 janvier 2016 : https://www.mediapart.fr/journal/in...

- L’orchestre de l’épouse de Manuel Valls se trouve au cœur de montages financiers douteux, Mediapart. 31 mars 2016 : https://www.mediapart.fr/journal/fr...

- Anne Gravoin : le drôle d’orchestre de Madame Valls, Le Nouvel Observateur 30 mars 2016 : http://tempsreel.nouvelobs.com/poli...

- Un marchand d’armes sud-africain finance les concerts d’Anne Gravoin

- Les drôles de liens de l’orchestre d’Anne Gravoin avec la Françafrique, L’express, 13/04/2016 : http://www.lexpress.fr/actualite/po...

"Leur emblème la rose, éphémère et promise à une courte vie. Avec le PS, la rose n’est plus poétique (Ronsard en concevrait du chagrin aujourd’hui). Maintenant nous nous accorderons tous pour dire que ce quinquennat, pour employer un doux euphémisme, ne sent pas la rose...

Ce couple en est l’illustration même. Du chagrin sans la pitié."

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 08:30
Le pari de 2017 est finalement très simple

Ni Jaurès, ni Mélenchon ne sont nos maîtres à penser

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

- De Jaurès à la France insoumise

Il y a 102 ans, au café du Croissant, alors qu’il se préparait à rédiger un article pour le journal qu’il avait crée, l’Humanité, article qui dénonçait les fauteurs de la guerre qui devait éclater le lendemain, était assassiné Jean Jaurès.

 

Il n’est aucunement question pour moi d’instrumentaliser sa figure, nul ne sait dans quel sens il aurait évolué, nul ne connaît l’attitude qu’il aurait eu au congrès de Tours, la seule chose que nous savons c’est que l’hommage qui lui est rendu ici ou là par le parti dit socialiste est, disons le...quelque peu déplacé, eu égard à l’attitude de ce parti depuis 30 ans et quelques autres périodes…

 

Limitons-nous donc à rendre hommage à l’œuvre, aux écrits, aux discours de Jean Jaurès.

 

Formé à l’époque républicaine du temps où celle-ci faisait œuvre d’éducation civique, j’ai eu cette chance incommensurable d’avoir lu Jaurès vers 15 ans et de discuter les commentaires de texte avec mon éminent professeur de français qui me préparait à l’examen d’entrée à l’école normale d’instituteurs (entrée ratée d’ailleurs à cause de mes performances sportives... rires) .

 

Oui Jaurès était un insoumis, un de ceux qui évolua au contact des mineurs de Carmaux et de leurs luttes, un de ceux qui a su saisir les évolutions du temps, un tribun exceptionnel, un visionnaire. Reconnaissons le humblement, à suivre ses discours, ses analyses, ses livres et autres écrits, il y a du Jaurès dans le Mélenchon d’aujourd’hui, il y a du Jaurès dans notre opposition absolue à la guerre comme solution aux problèmes du monde, il y a du Jaurès dans notre certitude qu’un autre monde est possible, il y a du Jaurès dans notre soutien total aux syndicalistes, aux travailleurs en lutte, aux victimes d’une répression inadmissible qui va des Conti aux manifestants bloqués dans une nasse hier à Paris alors qu’ils dénonçaient la mort, dans un fourgon de police, d’un de nos camarades.

 

Ni Jaurès, ni Mélenchon ne sont nos maîtres à penser, ils incarnent simplement, chacun à leur place, l’espoir d’une révolution victorieuse, celle qui redonnera sa place au peuple, celle qui continuera la victoire de la grande Révolution, ils prennent leur place dans le combat aux côtés de Maximilien Robespierre, de Gracchus Baboeuf, de Louise Michel. A nous militants du vrai parti du socialisme de savoir prendre à notre tour notre part dans la grande marche du mouvement populaire et de conduire les insoumis de France à la victoire en 2017, de réussir l’acte majeur que constitue l’installation et le travail de l’Assemblée Constituante, d’instaurer la République sociale…Enfin.

 

Il ne s’agit donc pas de commémorer, tout au plus de célébrer l’hommage et de tout mettre en œuvre pour gagner, contre vents et marées, contre toutes les obstructions, contre aussi, hélas, les pseudo-intellos du clavier qui enflamment la toile sur les quelques mots ou sur les origines de telle ou telle déclaration.

 

 

- Le pari de 2017 est finalement très simple :

  • utiliser le cadre monarchique de la 5ème République pour accéder aux leviers du pouvoir, la Présidence, nous sommes à ce jour 121 000 à avoir choisi notre camarade Mélenchon pour assumer cette conquête. Les obstacles ne sont pas invincibles mais très nombreux et piégés à souhait- des règles mises par l’oligarchie sur les parrainages, premier obstacle à dépasser, c’est en cours ; les média contrôlés par 9 milliardaires qui ne nous feront aucun cadeau, les « camarades » qui cherchent l’occupation du pouvoir avant que de penser révolution, les intellos et doux rêveurs qui croient qu’en France la révolution viendra du peuple et de lui tout seul une nuit debout sur une place…

 

  • dès le pouvoir présidentiel conquis, comme le dit JLM lui-même, il nous faut décréter la Constituante et entamer le travail essentiel d’une nouvelle Constitution pour la France. Il nous suffit de ne plus perdre de temps, de considérer ce point comme le point capital, de savoir clairement comment, dans quel contexte, dans quelles conditions elle sera élue (car je n’envisage pas qu’elle puisse être composée autrement que par élection du peuple souverain) et fonctionnera. C’est le rôle des partis, en premier lieu le nôtre, celui de Jean-Luc Mélenchon, que d’en proposer les modalités.

 

  • mettre en œuvre par l’Assemblée nationale élue jusqu’à conclusion des travaux de la Constituante, le programme d’urgence nécessaire à atténuer sensiblement la misère de notre peuple, à rétablir la place normale de la France dans le monde, à abroger les lois scélérates type Macron, El Khomri et autres mesures anti sociales des 15 dernières années.

 

Voici simplement, trop rapidement sans doute, résumée la campagne que nous portons, l’espoir que la France Insoumise représente, la nécessité de s’engager dans cette victoire possible et souhaitable de nos idées…

 

2017, c’est demain, ne perdons pas de temps et assumons le soutien au candidat que nous nous sommes choisi, Jean-Luc Mélenchon

 

Pour en savoir plus :

- Primaire PS : un cadeau risqué fait à Jean-Luc Mélenchon

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 08:40
Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Mélenchon se la jouerait homme providentiel et sa candidature serait par la même à bannir. Vous êtes nombreux a estimer qu’il faudrait un homme ou une femme qui ne soit pas « providentiel ». Avez-vous tout compris de ce qu’est l’élection du Président de la République sous la 5eme République ?

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées  par M Garand

- Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Accepterez-vous de réfléchir sur un point : sous cette république, comme sous toute d’ailleurs, pour en sortir, il faut prendre le pouvoir suivant les règles imposées, ou alors c’est le coup d’État. Même De Gaulle pour basculer la 4ème, a tout de même mis un peu les formes, bien que ce fût, au final, une forme de coup d’État.

 

Hé oui, la médiatico-monarchie de la 5ème République suppose que les candidatures ne soient pas seulement "légales", il faut qu’elles soient en plus légitimes, comme sous tout régime monarchique, celui qui prend le pouvoir doit avoir une forme de légitimité :

Et qui d’après vous construit la légitimité d’une candidature sous la 5ème ? Les partis institués avec le concours des médias. En prenant le parti, on devient chef de "famille ducale", donc Prince et donc légitime pour être fait roi.

 

Si dans une « famille » plusieurs « frères ennemis » prétendent devenir Prince, par la grâce des primaires, les médias sont alors sollicités par la famille et viennent à son secours, pour désigner celui qui sera légitime… parce que désigné par leurs sondages à eux. Voilà qui évite de se poser trop de questions de programme politique, les médias aimant mieux discourir sur la "personnalité" des candidats et leur capacité à faire vendre du papier ou de l’espace publicitaire, voire à faire le "buzz".

 

Je veux bien que la candidature de Melenchon gène certains aux entournures, et pour tout dire, si notre foutue 5ème République autorisait l’émergence de mouvements nouveaux et donc de personnalités nouvelles, à l’instar de ce que les constitutions espagnoles et grecques rendent possible et ont permis, je serais assez partisan d’une candidature d’une femme, ou d’un homme, représentant ce nouveau mouvement.

 

 

- Mais comment ne voyez-vous pas que c’est justement ce que la 5ème interdit,...

avec de nos jours la complicité accrue des médias, et ce n’est pas un hasard, elle a été fabriqué pour ça, pour des hommes (ou femmes) providentiels, ou présentés comme tel par les médias, et pour interdire à toute force nouvelle d’émerger.

 

"Entre nous et les communistes, il n’y a rien" avait déclaré Malraux, se félicitant par avance que les institutions de la 5ème ne permettraient jamais l’arrivée au pouvoir des communistes : ainsi la droite gaulliste tiendrait le manche du pouvoir ad vitam æternam.

 

  • Vous aura t-il échappé que c’est l’effondrement du PCF et l’émergence d’un PS le dominant à gauche qui a changé la donne avec l’aide de la bataille interne à droite (Chirac contrant Giscard en 81) : le tout a permis une alternance, laquelle s’avéra d’ailleurs très vite ne pas être une réelle alternative aux politique libérales, loin s’en faut !
  • Ne voyez-vous pas que c’est le calcul de Hollande et de l’état major solférinien du PS ? Tout tient entre eux et le Front National. Un FN dominant à droite, le rêve pour des socialistes n’ayant que la volonté de tenir le pouvoir, quitte en faire la politique de la droite.
  • Ne voyez-vous pas comment une force politique , car il faut bien l’appeler ainsi, telle que le FN, même en prospérant sur l’incurie de la 5ème et en flattant le fond de xénophobie, de racisme et de reste de colonialisme mal digéré par une part dramatiquement toujours importante de nos concitoyens, atteignant tout de même 1/3 des électeurs, que cette force n’est quasi pas représentée dans les organes de pouvoir de ce pays ? Le PCF lui était arrivé à presque 30% , mais avec une bien plus forte présence grâce aux régime parlementaire de la 4ème et son mode électoral.

 

La 5ème a été conçue pour éviter notamment la « menace communiste » en instituant un régime bipolaire dans lequel une des polarité est considérée impossible.

 

Expliquez moi comment le courant que représente la France insoumise, et qui existe dans l’opinion tout autant qu’en Espagne ou en Grèce, ne peut émerger en France ? La réponse est dans les institutions de la 5ème.

 

Pour sortir de ce système, il convient nécessairement, même si on peut le regretter, de se battre avec les armes que le système impose ? Un peu comme au judo, il faut, de plus, utiliser la force adverse pour le faire tomber. Il faut utiliser la force des médias opposants pour bousculer le système. Nous n’avons pas le choix des armes : Ou alors choisir l’autre modalité, le coup d’état. Qui en veut ici ?

 

 

- Seule une personnalité promue providentielle par les médias peut prendre la 5ème pour la basculer.

Vous pouvez retourner les choses de tout les cotés, vous en reviendrez, hélas, toujours à ce désolant constat. Mais il faut faire avec cette réalité.

 

Si vous avez mieux que Melenchon à nous proposer, personnellement je suis preneur, car je suis bien conscient que les médias vont le dézinguer un max, avec le concours "d’amis", comme certains ici,... les médias en auront la tâche facilitée

 

« Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. »

 

L’homme providentiel qui annonce se retirer dès qu’il a changé les institutions, pour notamment nous débarrasser de la nécessité de passer par un homme providentiel, je prends : il n’y en a pas tant que ça !

 

Mais dites moi, à supposer qu’un autre que Melenchon montre son nez avec autant de talent pour affronter la meute médiatique et arriver à la tenir en respect, croyez-vous que les dits médias lui feraient un cadeau ? Ho si bien sûr, le temps de s’appuyer sur lui pour dézinguer Melenchon, et ce travail fait… ce serait à son tour de se faire dézinguer

 

 

- Et les primaires ?

alors rien de mieux que les médias pour jouer ce jeu de massacre et de promotion d’hommes providentiels. Par sondages, on vous dit quel est le candidat à présenter, en dehors de toute question de programme, et puis, ceci fait, on les démolit au besoin, ou au contraire, on les rend « providentiels ».

 

M. Hollande fut présenté comme providentiel, quand DSK ne pouvait plus tenir ce rôle, pour en tenir un autre tout aussi juteux pour la presse d’ailleurs : Hollande vendu « homme providentiellement normal" afin de nous débarrasser de l’agité Sarko.

 

 

- Et souvenez-vous de 2007 :

Royal été la chouchou providentielle des médias pour les primaires socialistes, la candidate providentielle qui pouvait terrasser Sarko, et du coup les socialistes, qui se croyaient en train de jouer au tiercé, se sont basés sur les pronostics médiatiques pour en faire leur candidate. C’était au dire des médias et d’après leurs sondages, la seule des candidats au primaires capable de battre Sarko, alors pourquoi auraient-ils voté pour un autre de nos rusé socialistes ?

 

Les primaires ne servent qu’à faire devenir réalité les sondages bricolés par les médias.

 

Ceci fait, dés qu’elle fut désignée candidate, les sondages ont subitement "constaté" qu’elle serait battue par Sarko. Ah bon

 

Melenchon vous gène ? alors des noms SVP !

 

J’attends des noms et je suis sûr que je ne suis pas le seul à vous attendre à ce tournant là.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:30
Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

A la fin du XIXe siècle, la France rêve de mener en Afrique sa "mission civilisatrice". Mais derrière cette noble idée, c’est souvent une course entre Anglais et Français pour des enjeux économiques.

 

Source :  GEO le 02 mai 2016

Du haut de ses 300 mètres, la toute nouvelle tour Eiffel, achevée quelques semaines plus tôt, domine, sur le Champ-de-Mars, la foule qui se presse à l’Exposition universelle de Paris. En ce mois de mai 1889, le monument, le plus haut du monde à l’époque, est le symbole d’un triomphe : celui du progrès technologique, de la civilisation occidentale, et de la IIIe République. Mais la dame de fer n’est pas l’unique objet de fascination pour les 28 millions de visiteurs de l’exposition. Non loin de là, sur l’esplanade des Invalides, une section entière est consacrée à l’une des fiertés du nouveau régime républicain : ses conquêtes coloniales. Les pavillons de l’Algérie, de la Tunisie ou de la Cochinchine plongent le public dans l’ambiance de ces contrées exotiques. Et, clou du spectacle : dans des villages africains reconstitués, plusieurs centaines d’indigènes du Sénégal, du Soudan français (l’actuel Mali) ou du Gabon sont livrés à la curiosité des badauds, telles des bêtes dans un zoo. «D’un côté, la lumière, la modernité, les Droits de l’Homme, de l’autre la part d’ombre, la mise en scène des “villages de la sauvagerie” : c’est tout le paradoxe de la République de l’époque», note l’historien Pascal Blanchard, spécialiste des colonies françaises et cofondateur, avec Nicolas Bancel, de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine (Achac).

 

La large place accordée aux colonies dans l’Exposition de 1889 n’est pas un hasard. Elle révèle l’importance que les dirigeants de la IIIe République prêtèrent, dans les années 1870-1880, à cet axe de leur politique. Certes, l’histoire coloniale française n’est pas née à cette époque, loin de là : «Elle remonte à l’Ancien régime, avec les comptoirs en Afrique et en Asie liés à la traite négrière et au commerce des produits tropicaux, les îles des Caraïbes, les possessions en Amérique du Nord...», rappelle l’historien Nicolas Bancel, lui aussi expert de ces questions.

 

Au XIXe siècle, cet empire avait commencé par reculer, avec la vente de la Louisiane en 1803 et l’indépendance de Saint-Domingue (actuelle Haïti) en 1804, avant de regagner du terrain sous la Restauration et le Second Empire, grâce à la conquête de l’Algérie à partir de 1830. La France met aussi la main sur de nouveaux territoires en Indochine, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et déjà en Afrique subsaharienne, où un début d’expansion est lancé vers l’intérieur du Sénégal et les côtes de la Guinée et du Gabon.

 

 

- Après la défaite de 1870, la France veut redorer son blason

En 1870, alors que vient d’être proclamée la IIIe République, l’ensemble restait toutefois modeste. Le nouveau régime allait poursuivre la dynamique initiée, la renforcer, et surtout lui fournir des arguments nouveaux pour rendre le colonialisme compatible avec les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité hérités de la Révolution.

 

Le contexte, d’abord, y incitait. Marquée par la perte de l’Alsace-Lorraine après la déroute militaire face à la Prusse en 1870, la France, humiliée, avait un besoin urgent de redorer son blason. Au même moment, son autre grand rival, le Royaume-Uni, brillait par son empire immense, qui continuait à s’étendre... Comme les Britanniques, les Français allaient chercher leur grandeur dans l’expansion territoriale – et y trouver à la fois un moyen de redressement de la fierté nationale et un exutoire pour le nationalisme frustré et l’esprit revanchard de l’après-1870. Ce sera le premier moteur du colonialisme républicain.

 

Mais il y a plus. Dans l’esprit de l’époque, la conquête ne devait pas se résumer à une mainmise sur les terres : elle devait aussi viser les peuples. Il s’agissait d’apporter aux régions d’Afrique ou d’Asie les bienfaits de la civilisation moderne, du progrès technique, de l’humanisme... En fait, de mener une «mission civilisatrice ». Cette nouvelle doctrine coloniale, née à partir du milieu du XIXe siècle, se voulait une poursuite de l’abolition de l’esclavage en 1794 puis 1848 (entre ces deux dates, Napoléon l’avait rétabli en 1802), sous les Ie et IIe Républiques. «Cette colonisation ne s’assumait pas comme une entreprise de domination, mais était conçue comme une œuvre de progrès, souligne l’historien Nicolas Bancel. Les hommes de la IIIe République ont repris et porté cette idée, qui les plaçait dans la continuité des républiques précédentes.» Et qui n’était pas incompatible avec le besoin de prestige national, au contraire : la diffusion d’un modèle de civilisation était aussi une façon de rayonner.

 

Cette conception imprègne le discours pro-colonial d’éminents intellectuels, tel Victor Hugo estimant en 1879 qu’«au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme», ou l’économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu, dont le livre de 1874 De la colonisation chez les peuples modernes, réédité jusqu’au début du XXe siècle, est la bible du colonialisme de l’époque. Elle inspire aussi les positions des grands leaders républicains, comme Léon Gambetta et Jules Ferry, qui se sont succédé à la présidence du Conseil au début des années 1880 et initiateurs de l’élan colonial de la IIIe République. Le second, surtout, en reste l’emblème. En juillet 1885, il prononça à la Chambre des députés un discours resté célèbre, déclinant les motifs de la colonisation : à la fois la grandeur nationale (la France «doit répandre [son] influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie») et la nouvelle mission civilisatrice : «Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures.»

 

Cette idée d’une colonisation bienfaitrice – à laquelle certains croyaient dur comme fer – était bien sûr truffée d’ambiguïtés et de contradictions. D’abord parce qu’elle faisait bon ménage avec toute une série d’intérêts bien plus prosaïques. Notamment économiques. L’expansion coloniale, c’était la promesse d’immenses réserves de matières premières (le caoutchouc, le bois et le minerai d’Afrique, par exemple), de zones vierges pour les plantations et l’élevage, de nouveaux marchés, d’une main-d’œuvre encore plus corvéable qu’en Europe, le tout dans un vaste espace de libre-échange où ne flotterait que le seul drapeau tricolore... Ces perspectives alléchantes s’exprimaient à partir des années 1870-1880 dans un vaste lobby colonial, avec des relais jusqu’à la Chambre des députés. «C’est le discours que l’on retrouve dans des organisations comme le Comité pour l’Afrique française, dans les Sociétés de géographie, ou encore dans les milieux économiques des grands ports, comme Bordeaux, porte vers les Antilles et l’Afrique noire, explique Pascal Blanchard. Depuis la fin de la traite négrière, ces ports espéraient un nouvel âge d’or pour partir aux colonies, et celui-ci allait naître dans les années 1870.»

 

Tout le processus de colonisation était sous-tendu par une évidence : celle de l’inégalité des différentes «races» humaines. Parler de «races supérieures» et de «races inférieures», comme Jules Ferry devant la Chambre des députés en 1885, n’avait rien de choquant. «A l’époque, la question de la hiérarchie des races ne se discutait pas, cela faisait partie du sens commun», rappelle Nicolas Bancel. L’idée était validée et renforcée au XIXe siècle par un nouveau discours scientifique, de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, du diplomate Joseph Arthur de Gobineau, en 1855, à certains travaux d’anthropologie qui déduisaient des traits physiques des Noirs (la taille du cerveau par exemple) leur statut de «primitifs ». Et elle se doublait de nouvelles théories évolutionnistes, considérant que les humains «sauvages» (les Africains, par exemple) n’étaient qu’un stade premier des «civilisés» (les Occidentaux). «Lorsque l’on exhibe des hommes noirs dans des villages à l’africaine à l’Exposition universelle de 1889, cela a aussi une logique pédagogique, note Pascal Blanchard. Le thème de l’Exposition est le progrès de l’humanité et on essaie de montrer ses différents stades de développement.»

 

C’est là un argument fort pour la colonisation républicaine. Il légitime la conquête au nom d’idéaux humanistes universels... en même temps qu’il permet de ne pas appliquer ces idéaux aux populations locales, puisque, en quelque sorte, elles ne sont pas encore pleinement humaines. Avant de les civiliser, on peut donc les dominer et décider pour elles. Dans son livre Marianne et les colonies (éd. La Découverte, 2003), l’historien Gilles Manceron qualifie ce tour de passe-passe d’«universalisme truqué» : «La République en France, surtout à partir des débuts de la Troisième, a formulé un discours spécifique qui a fait intervenir les droits de l’homme pour justifier la colonisation et, en réalité, a déformé le message des droits de l’homme pour lui faire autoriser leur violation.»

 

- Pour les nations européennes, la course au drapeau est lancée

L’Afrique noire allait devenir, en cette fin de XIXe siècle, le terrain privilégié de ce nouveau colonialisme, que la France allait étendre sur une large partie ouest du continent, du Sahara au Congo – sans oublier Madagascar. Au départ, dans les années 1870, l’essentiel de cette zone immense était encore vierge de toute présence occidentale et ne représentait pas de véritable enjeu. Pendant des siècles, les Européens s’étaient cantonnés aux côtes, où des intermédiaires locaux les approvisionnaient en esclaves et en produits exotiques, à l’image des Français au Sénégal, à Saint-Louis et à Gorée. Les explorations vers l’intérieur du pays avaient commencé avec le XIXe siècle, s’intensifiant à partir des années 1850, notamment dans la partie sud à l’initiative des Anglais. Les Français, sous l’impulsion du colonel Louis Faidherbe, menèrent dans les années 1850-1860 un début de conquête territoriale et de «mise en valeur» économique vers l’intérieur du Sénégal. Avec des troupes réduites, renforcées par des bataillons indigènes, Faidherbe s’enfonça dans le pays, établit des protectorats et réprima les soulèvements, comme celui des Peuls ou des Toucouleurs.

 

Ces opérations de pionniers n’étaient que des prémices de la ruée vers l’Afrique qui allait débuter dans les années 1870. Avec, cette fois, une logique déterminée de prise de contrôle brutale des terres et des ressources, sur fond d’une concurrence exacerbée entre les différentes puissances européennes, qui servait d’accélérateur, pointe Nicolas Bancel : «Il fallait planter le drapeau le plus loin possible, avant que les autres n’y parviennent. Pour les Français, la rivalité contre les autres pays européens, et surtout les Anglais, fut une dynamique forte de la conquête territoriale. Et comme les Anglais, qui assumaient davantage que les Français les motifs économiques et stratégiques de la conquête, avaient de l’avance, il fallait aller le plus vite possible pour conquérir un maximum de terres.» Jules Ferry, pour qualifier cette fièvre de conquête, utilisera l’expression de «course au clocher».

 

Sur le terrain, loin des grands discours et des belles théories édictées en métropole, l’élan de conquête se déploya de façon urgente et désordonnée, comme dans une sorte de Far West des Européens, où l’on progressait au péril de sa vie à travers d’immenses territoires inconnus, où l’initiative privée et la décision personnelle primaient souvent sur la direction politique.

 

- Entre 1819 et 1890, Paris signe 344 traités de souveraineté

On trouvait sur place des aventuriers cherchant à obtenir une terre pour eux-mêmes, des missions financées par des compagnies privées qui partaient en quête de matières premières et installaient des bases sur les rives des fleuves pour contrôler les voies d’acheminement... Et, bien sûr, l’armée, qui permit d’abord de dessiner une cartographie un peu plus précise de l’Afrique, et ensuite de délimiter les territoires explorés et donc conquis. C’est parmi les militaires que l’on trouve les plus célèbres acteurs français de cette phase de conquête. Comme Joseph Gallieni, qui sillonna dans les années 1880 l’ouest du continent, le Sénégal, le Mali, le Niger, avant de partir soumettre Madagascar. Et surtout l’officier de marine Pierre Savorgnan de Brazza. Cet explorateur d’origine italienne naturalisé français va permettre à son pays d’adoption de se tailler une vaste colonie en Afrique centrale. Avec une escorte composée d’une poignée d’hommes (un médecin, un naturaliste et une douzaine de fantassins sénégalais), Brazza s’enfonça, en 1875, au cœur du continent noir. Finançant la majeure partie de son expédition sur ses propres deniers, il remonta le fleuve Congo et y fonda, en 1882, un établissement français, qui deviendra Brazzaville, capitale de l’actuelle République du Congo. «L’ami des Noirs», comme le surnomme la presse française, réputé pacifique et respectueux, devint l’icône de la colonisation républicaine, venue non pas pour soumettre les peuples, mais pour les libérer – notamment de l’esclavage entre Africains (un homme sur quatre est en servitude à l’époque).

 

Il n’empêche que, même pour Brazza l’humaniste, l’exploration allait de pair avec la domination. Pour s’assurer la mainmise de la France sur les terres et les populations, la méthode principale fut d’abord celle du traité : lorsqu’un chef était identifié sur une région, on signait avec lui un texte par lequel il se plaçait sous la protection et l’autorité de la France. «La France conclut 344 traités de souveraineté ou de protectorat avec des chefs noirs» entre 1819 et 1890, dont les deux tiers après 1880, avance l’historien spécialiste de l’Afrique subsaharienne Henri Brunschwig, dans son livre de 1974 Le Partage de l’Afrique noire. Le plus célèbre est celui signé, en 1882, entre Brazza et le chef du peuple Makoko, par lequel la France s’assura la mainmise sur la rive droite du Bas-Congo.

 

Cette voie «diplomatique» pouvait prévoir diverses contreparties (l’argent ou encore le maintien en place du potentat local...), avait l’avantage d’être pacifique... mais était évidemment fort déséquilibrée, à l’avantage des colonisateurs. Henri Brunschwig précise : «Beaucoup [de traités] n’étaient pas juridiquement valables, soit que les explorateurs, qui n’avaient pas reçu d’instructions et de formulaires, n’eussent pas observé les règles en usage, soit que les chefs noirs n’eussent pas été, selon les normes européennes, aptes à contracter. (…) Souvent aussi les agents des compagnies, les explorateurs ou les aventuriers rédigeaient des accords pour les besoins de leur cause et trompaient volontairement les Noirs.»

 

Mais même faussée, la diplomatie avait ses limites. En cas de résistance, les colonisateurs passaient aux armes. «Il y avait plusieurs degrés d’opposition, explique Nicolas Bancel. La plupart des explorations se faisaient dans des zones sans pouvoir centralisé et sans armée constituée. L’opposition se limitait à l’échelle de villages, et quelques actes de violence pour l’exemple faisaient l’affaire. Mais on pouvait aussi se heurter à des royaumes ou des empires organisés et dotés d’un système de défense. Alors, la conquête se faisait dans l’affrontement. » Ce fut le cas pour les Français, face à l’empire Wassoulou de Samory Touré dans le Haut-Niger, à l’empire toucouleur d’Ahmadou Tall dans l’actuel Mali, ou dans les années 1890, au roi de Dahomey Behanzin, sans oublier Madagascar. Même si, en général, la résistance restait modeste : les Français étaient, sur le plan militaire, largement supérieurs. En revanche, ils ne mobilisaient pas les armées de la métropole : les troupes républicaines en action dans la conquête de l’Afrique étaient constituées principalement... de soldats noirs (pour beaucoup, des esclaves rachetés à leurs maîtres africains), encadrés par des officiers blancs. Une pratique inaugurée par Louis Faidherbe, créateur en 1857 du corps des tirailleurs sénégalais.

 

Dans les années 1880, la course s’accéléra en Afrique. Et d’autres acteurs étaient venus s’ajouter à la France et à l’Angleterre. Au moment où Brazza arrivait sur la rive nord du Congo, de l’autre côté du fleuve, l’explorateur Henry Morton Stanley, missionné par le roi de Belgique Léopold II, posait les bases du futur Congo belge, et fondait, en 1884, Léopoldville, qui deviendra la capitale Kinshasa en 1966. L’Allemagne également venait se mêler au jeu. C’est elle qui accueillit en 1885 la conférence de Berlin, suscitée par la rivalité pour le contrôle du bassin du Congo, où les Européens fixèrent les règles du partage qui allait se poursuivre jusqu’au début du XXe siècle. Aucune autorité africaine n’y fut invitée. Le partage de l’Afrique était exclusivement affaire des puissances européennes.

 

- La politique coloniale était loin de faire l’unanimité

En France, ces années 1880 virent aussi le début d’une vraie politique coloniale structurée, avec la création d’un sous-secrétariat d’Etat aux Colonies en 1882 (le ministère suivra dix ans plus tard, en 1892), la formalisation du Code de l’Indigénat, un ensemble de mesures discriminatoires (taxes, réquisitions, interdiction de circuler la nuit…), mais également l’émergence de tout un discours de propagande coloniale, qui reprenait le mythe de la «mission civilisatrice».

 

Cette propagande mettait en scène l’exotisme des contrées lointaines peuplées de sauvages et convainquait le grand public, au départ peu concerné, de la nécessité de ces colonies. Ce fut l’époque aussi où, après les premières conquêtes, émergea une vision de «l’Afrique française», note Pascal Blanchard : «On imaginait une continuité depuis l’Algérie jusqu’à Madagascar, une sorte d’axe Paris-Alger-Tombouctou-Antananarivo. Cela semblait géographiquement cohérent. Ce n’est pas un hasard si on envisagea, à cette époque, la construction d’un chemin de fer transsaharien [Méditerranée-Niger]... Cette vision restait une utopie, mais elle motiva toute une politique d’exploration et d’investissements sur le terrain.»

 

Enfin, cette époque fut, en France, celle des débats. Car la politique coloniale était alors loin de faire l’unanimité. En 1885, le gouvernement Ferry puis celui d’Henri Brisson en firent les frais à la Chambre des députés : le premier fut renversé en mars à cause de «l’affaire du Tonkin», une déconvenue militaire dans le nord de l’Indochine, tandis qu’en décembre, le second n’obtint qu’à quelques voix près les crédits supplémentaires pour l’occupation de cette même région. Les opposants à la colonisation se retrouvaient des deux côtés de l’échiquier politique. Ainsi des partis comme la droite monarchiste et l’ultra-droite nationaliste voyaient d’un mauvais œil la France disperser ses forces et son argent dans des aventures au bout du monde, alors que la priorité devait aller aux questions nationales – à commencer par la reprise de l’Alsace-Lorraine et la revanche contre l’Allemagne. Et les républicains radicaux, l’extrême-gauche de l’époque, dénonçaient l’entreprise de domination en cours.

 

Parmi eux, des noms aujourd’hui oubliés, comme le farouche anticolonialiste, journaliste et homme politique, Camille Pelletan, mais aussi une célébrité : Georges Clemenceau. Deux jours après le fameux discours-programme de Jules Ferry, en juillet 1885, qui s’inscrivait dans le cadre d’un débat sur la colonisation de Madagascar, Clemenceau mena la charge contre les droits des «races supérieures» avancés par son adversaire lançant un tonitruant : «Races supérieures ? Races inférieures, c’est bientôt dit !» Un discours lucide pour l’époque. Mais qui, face au rouleau compresseur de la «mission civilisatrice», deviendrait bientôt inaudible.

 

Repères

1659 Fondation de Saint-Louis, au Sénégal, sur la côte Atlantique.

1850 Début de la colonisation française en Afrique.

1877 Exploration de la Guinée, qui obtient le statut de colonie en 1891.

1880 L’explorateur Brazza pénètre en Afrique centrale et signe des traités de protectorats avec les chefs noirs. Colonisation du Congo.

1885 Discours de Jules Ferry sur les «races inférieures».

1889 L’Exposition coloniale est organisée à Paris, comme une vitrine de l’empire français.

1893 La Côte d’Ivoire devient officiellement une colonie française.

 1894 Le général Duchesne conquiert Madagascar à la tête de 21 000 hommes.

 

Pour en savoir plus :

- Rétrospective des interventions militaires Françaises en Afrique

- Les crânes oubliés de la conquête de l’Algérie

- Barbarie disent-ils…

- Quand l’Europe chrétienne colonialiste, France et Espagne en tête, donnait des leçons de décapitation et de barbarie aux musulmans

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 08:15

Il y a tout juste un an, en juillet 2015, François Hollande, lors d'une tournée africaine close au Cameroun, reconnaissait la responsabilité de la France (longtemps niée) dans la répression sanglante des indépendantistes de cette ancienne colonie française dans les années 50-60. Il assurait vouloir ouvrir les archives (Quelles archives ? Mystère) concernant les exactions perpétrées en pays bamiléké par l'armée française.

L'annonce fut alors remarquée, la volonté de lever le voile sur cette autre guerre de la honte, saluée. Quid aujourd'hui de cette promesse ? Aucune suite tangible connue.

Une pirouette politique, un simple coup d'épée dans l'eau. Mais on peut compter sur une jeune génération d'écrivains camerounais pour révéler les tenants et les aboutissants de cette guerre soigneusement gardée secrète où, comme en Algérie, le recours aux bombardements, aux villages rasés, aux camps et à la torture fut avalisé.

Si, en 2011, Kamerun ! (enquête de plus de 700 pages solidement documentée)[1], révélait ce pan de l'Histoire méconnu, c'est sur le mode de la fiction que Hemley Boum et Max Lobe se sont emparés de cette réalité pour révéler la farouche résistance d'un peuple et son aspiration inconditionnelle à être libre.

 

Sources : Marianne, les éditions La Cheminante, les éditions Zoé

 

 

"LES MAQUISARDS" par Hemley Boum

Il était une fois la guerre oubliée du Cameroun

- Résumé

Ce roman Les maquisards de Hemley Boum est une bombe à retardement, un choc émotionnel inouï, un phare dans le nuit de la mémoire, une boussole pour l’avenir. Un roman qui révèle à travers une saga familiale bouleversante le rôle éminent du peuple bassa dans la libération du joug de la colonisation au Cameroun. Un pan caché de l’Histoire déployé dans un vécu de chair, de sang et d’amour, sans angélisme ni pathos. Conjuguer le passé au présent pour réenchanter la dignité humaine. Savoir d’où l’on vient et qui a forgé notre avenir. Les Maquisards de Hemley Boum symbolisent tous ceux qui paient le prix fort de notre liberté.

 

En même temps, il traverse l’âme en poussant le lecteur dans les retranchements de ses propres deuils, et espoirs en la suite de l’histoire, celle des personnages du roman, la sienne, la nôtre.

 

Anthropologue de formation, Hemley Boum signe avec Les Maquisards son troisième roman, couronné en 2015 par le Grand Prix d'Afrique noire, remarquable à bien des égards. Dans cette saga familiale au souffle romanesque marquezien (oui, on pense à Cent ans de solitude tout au long de ce récit), la jeune écrivaine s'affirme comme une formidable conteuse, nous emmenant avec une limpidité désarmante dans ce labyrinthe complexe où se croisent les générations, au cœur de la forêt bassa, lieu de maquis. Hemley Boum brosse les destinées des petites gens, acteurs invisibles de la résistance, au même titre que celles des figures historiques - dont Ruben Um Nyobè, dit «Mpodol», leader de l'Union des populations du Cameroun (UPC). Les Maquisards embrasse réalités sociales, politiques, traditionnelles et spirituelles de l'époque, échappant ainsi à la caricature anticolonialiste pour mieux exalter le panache et le courage de tout un peuple face à l'oppresseur. Fortes, braves, tout feu, tout flamme, les femmes, potomitan de la lutte, charpentent ce roman et donnent lieu à l'esquisse de riches personnages.

 

- Par : Hemley Boum

Éditions : La Cheminante

Pages : 392

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Editions La Cheminante

Format: : 14x19 cm

ISBN : 9782371270220

Prix TTC : 22 €

 

Note :

[1] Kamerun ! : Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, La Découverte, 744 p., 26 €.

 

 

"CONFIDENCES" par Max Lobe

Il était une fois la guerre oubliée du Cameroun

- Résumé

C'est aussi une femme qui se fait le porte-voix de cette guerre dans Confidences, le dernier roman de Max Lobe. Originaire de Douala, comme Hemley Boum, installé en Suisse, le jeune écrivain, de retour au pays le temps d'un voyage, donne la parole à Mâ Maliga. Porteur du devoir de mémoire, ce dialogue intimiste entre une grand-mère qui a vécu l'avènement douloureux de l'indépendance camerounaise et un jeune exilé à la recherche de l'histoire non dite fait défiler les événements : la lutte acharnée, la dévotion de tout un peuple au héros charismatique Mpodol, les petites histoires de vie imbriquées dans la grande Histoire. Par petites touches, et à grands coups de matango (vin de palme), Mâ Maliga dévoile la «vraie vérité» de cette période et fait resurgir le temps perdu des peurs, du courage, des collabos, des têtes coupées ou de la terrible vie dans les camps. Portée par un verbe vif et cocasse, sa gouaille emprunte à une langue métissée, imagée, réinventée, et sait transformer les souvenirs, malheureux ou drôles, en un livre d'histoire épique.

 

- Par : Max Lobe

Éditions : Zoé

Pages : 288

Parution : février 2016

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Zoé

Format : 14x21 cm

ISBN : 978-2-88927-312-6

Prix TTC : 20,5€

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 08:29
Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

Il n’existe aucun rapport entre la politique française au Proche-Orient ou au Sahel et les attentats dont elle a été, et est encore la victime : telle est la doxa qui domine à Paris.

Ce ne seraient pas les guerres que la France mène « là-bas » qui provoqueraient des répliques meurtrières sur son sol, mais la haine de « nos valeurs », de « nos idéaux », voire du mode de vie hexagonal.

Ce ne serait pas non plus les "victimes collatérales" qui créeraient de nouvelles générations de futurs candidats potentiels au "martyr"(NDLR) [6].

Pourtant, toute l’histoire récente enseigne le contraire.

 

Sources : Orient XXI  par Alain Gresh&Jean-Pierre Séréni le 17 décembre 2015 modifié le 9 août 2017

Au temps des colonies, le scénario des expéditions militaires outre-mer était simple : la guerre se déroulait exclusivement sur le territoire de la victime et l’agresseur n’imaginait pas que ses villes et ses villages puissent être la cible de contre-attaques ennemies. Non sans raison. La supériorité de ses armements, sa maîtrise absolue des mers et l’absence de toute «  cinquième colonne  » active sur son sol l’interdisaient. Le Royaume-Uni et la France ont conquis la presque totalité du globe au XVIIIe et au XIXe siècle selon ce schéma très différent des guerres européennes où les destructions, les morts et les blessés n’épargnaient aucun pays ni aucune population civile en dehors de l’insulaire Royaume-Uni.

 

Désormais, il n’en va plus de même. Certes, la bataille reste toujours inégale, même si l’Organisation de l’État islamique (OEI) dispose d’un territoire, administre des millions d’habitants et défend ses frontières. Mais un équilibre de la terreur s’ébauche et les spécialistes parlent de «  guerre asymétrique  », les uns ayant des avions, des drones et des missiles, les autres maniant Internet, l’explosif et la «  kalach  ». «  Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins  », expliquait en substance Larbi Ben M’Hidi, l’un des chefs de l’insurrection algérienne arrêté en 1957 à ses bourreaux qui lui reprochaient de déposer des bombes camouflées dans des couffins[1].

 

Les ennemis de la France ou des États-Unis, que ce soient des États ou des organisations politico-militaires, ne sont plus impuissants au-dehors et peuvent désormais atteindre d’une façon ou d’une autre le territoire d’où partent les opérations qui les visent, comme on vient encore de le voir à San Bernardino en Californie où 14 civils ont payé de leur vie la vengeance d’un couple inspiré par l’OEI que l’US Air Force combat à plusieurs milliers de kilomètres|2].

 

 

- De la guerre Irak-Iran au conflit algérien et aux bombardements contre l’OEI

Moins de 25 ans après la fin de la guerre d’Algérie avec son long cortège de fusillades, de sabotages et d’attentats en métropole, la France fait à nouveau connaissance avec le terrorisme. Le 17 septembre 1986, au 140 de la rue de Rennes, à Paris, face au magasin populaire Tati, une poubelle municipale en fer explose  ; bilan : 7 morts et 55 blessés. C’est le dernier d’une série de 14 attentats commis en moins d’un an par un mystérieux «  Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient  ». L’intitulé cache le véritable objectif de son «  cerveau  », Fouad Ali Saleh, un Tunisien converti au chiisme, qui cherche moins à libérer ses camarades emprisonnés qu’à faire cesser le soutien militaire de Paris à l’Irak dans le conflit meurtrier qui l’oppose à la République islamique d’Iran depuis 1980.

 

Élu en mai 1981, François Mitterrand ne cache pas son penchant pro-irakien. Mais l’attentat de l’immeuble Drakkar à Beyrouth occupé par l’armée française (58 parachutistes tués) le 23 octobre 1983 et attribué à des groupes liés à Téhéran le pousse à autoriser la livraison de munitions aux forces armées iraniennes. Celles-ci sont équipées en petite partie de matériel français livré avant la chute du chah en 1979. Cinq cent mille obus de 155 et 203 mm sont acheminés vers l’Iran par le biais de pays sud-américains et balkaniques qui fournissent des certificats de complaisance. Avec la victoire de Jacques Chirac et de la droite aux élections parlementaires de 1986 commence la «  cohabitation  ». Le ministre de la défense, André Giraud, ordonne l’arrêt immédiat de toute livraison de munitions à destination de l’Iran et livre à la justice les protagonistes de ce qu’on appellera «  l’affaire Luchaire  »[3]. La réponse iranienne aura lieu rue de Rennes.

 

Depuis l’interruption des premières élections législatives libres en Algérie en décembre 1991, soldées par la victoire du Front islamique du salut (FIS), Mitterrand et son gouvernement oscillent entre le soulagement — les islamistes ne sont pas au pouvoir — et la dénonciation du putsch, contraire à leurs principes.

 

En mars 1993, Édouard Balladur devient premier ministre. En décembre 1994, un Airbus d’Air France est détourné à Alger et se pose à Marseille où le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) le prend d’assaut sans qu’il ait pu atteindre son objectif : s’écraser sur la Tour Eiffel. Charles Pasqua, nouveau ministre de l’intérieur, avait rompu avec l’attitude de son prédécesseur socialiste qui fermait les yeux sur les complicités agissantes dont bénéficiaient le Groupe islamique armé (GIA) en France dans la diaspora algérienne. Il avait lancé des opérations de répression, multiplié les perquisitions et les assignations à résidence contre les soutiens plus ou moins discrets du GIA, obligés alors de quitter la France pour la Suisse ou la Belgique.

 

Entre juillet et octobre 1995, une nouvelle vague de 8 attentats vise l’Hexagone. Le plus meurtrier, le 25 juillet 1995 à la station Saint-Michel du RER B à Paris, fait 8 morts et 55 blessés. Attribués au GIA, ces attentats font encore suite aux prises de position politique de Paris vis-à-vis de la guerre civile algérienne. Le nouveau président de la République, Jacques Chirac, élu en 1995, comprend parfaitement le message et se place en retrait par rapport à l’Algérie, celle du président Liamine Zeroual comme celle des islamistes.

 

Janvier 2015. Moins de 5 mois après le début des bombardements français sur l’Irak, Paris est à nouveau ensanglanté par le terrorisme. Si les deux agresseurs de Charlie Hebdo sont mus par l’intolérance religieuse la plus extrême, Amedy Coulibaly, celui de la supérette cacher de la porte de Vincennes prétend venger les victimes de l’intervention française dans son pays d’origine, le Mali. Le 13 novembre, moins de 3 mois après l’extension des bombardements à la Syrie, l’OEI revendique les fusillades meurtrières de l’Est parisien (130 morts, plus de 400 blessés)[4].

 

- Inflexions de la politique de Paris

Comme on le voit, les attentats, aussi condamnables soient-ils, ne peuvent se comprendre (et donc se combattre) que dans un cadre politique et diplomatique. Après le 11 septembre 2001, et surtout la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Irak en mars 2003, le sol européen est à nouveau un objectif : deux attentats majeurs frappent Madrid en mars 2004 et Londres en juillet 2005. Ils ne visent pas «  le mode de vie  » occidental, mais deux pays parmi les plus actifs de la coalition qui démolit l’Irak. La France est épargnée, sans doute grâce, entre autres, au discours anti-guerre du 14 février 2003 de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, au Conseil de sécurité des Nations unies.

 

On ne mesure pas à quel point les guerres menées par les Occidentaux dans le monde musulman nourrissent une haine qui dépasse très largement les cercles extrémistes. Les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés, les tortures d’Abou Ghraib, les «  dommages collatéraux  », les tirs de drones — tous concentrés sur les pays musulmans — alimentent la propagande de l’OEI dénonçant une guerre des «  Croisés  » contre l’islam et une impunité aussi injuste qu’unilatérale : aucun des responsables américains de la catastrophe irakienne n’a été jugé, ni même inquiété par la Cour pénale internationale (CPI).

 

Au Proche-Orient, la voix de la France a perdu cette petite musique qui faisait sa spécificité. Paris s’est aligné, après 2003, sur les États-Unis dans les dernières années de la présidence de George W. Bush, a entériné l’occupation de l’Irak, est intervenue militairement en Libye, au Mali, en RCA, et finalement en Irak puis en Syrie. Son appui va — sans réserve publiquement exprimée — à l’écrasement du Yémen par l’Arabie saoudite, à laquelle elle fournit de l’armement. Aucune autre puissance occidentale, à l’exception des États-Unis, n’est aussi présente militairement en terre d’islam. Et quand Paris fait entendre sa différence, c’est pour critiquer le président Barack Obama, jugé trop souple avec l’Iran sur le dossier nucléaire et insuffisamment interventionniste à ses yeux en Syrie.

 

Sans oublier l’infléchissement français sur le conflit israélo-palestinien. Depuis l’écrasement de la seconde intifada par les chars israéliens en 2002-2003, l’opinion a assisté, souvent en direct à la télévision, aux attaques massives contre Gaza en 2008, 2012 et 2014. À chaque fois, le gouvernement français, de droite comme de gauche, les a entérinées au nom du « droit dIsraël à se défendre   ». Comment le Quai d’Orsay, à l’instar de nombre d’intellectuels, peut-il prétendre que la rage contre l’Occident et contre la France ne résulte pas aussi du drame palestinien  ? Le général américain David Petraeus, alors chef du Central Command[5], était plus lucide :

 

" Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violence et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des États-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples de cette zone et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps, Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. "

 

 

L’oubli du lien entre la politique étrangère menée dans le monde arabe et le développement du djihadisme amène une cécité qui explique quinze ans d’échec de la «  guerre contre le terrorisme  ». Cette omission paralyse la réflexion stratégique et entraine la France dans un engrenage infernal dont elle ne peut que payer le prix fort[2] [4].

 

Note :

[1] Larbi Ben M’hidi, un symbole national

[2] mais aussi l'attentat de Nice en France en juillet 2016

[3] NDLR. Scandale de ventes occultes d’armes à l’Iran par la société d’armement Luchaire et de reversement de commissions occultes aux partis politiques français dans les années 1980.

[4] attentats 2015 en France :

- 7 et 9 janvier 2015 : les attentats de «Charlie Hebdo» et de l’Hyper Cacher

Les frères Chérif et Saïd Kouachi pénètrent au siège de Charlie Hebdo, dans le XIarrondissement, et abattent à la kalachnikov 12 personnes, dont les dessinateurs Wolinski, Cabu, Charb et Tignous, ainsi que deux policiers. Retranchés le surlendemain dans une entreprise de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ils sont abattus par le GIGN. Le 8 janvier, Amédy Coulibaly tue une policière municipale et blesse un agent municipal à Montrouge (Hauts-de-Seine) puis prend plusieurs personnes en otages le lendemain, dans une épicerie casher de la Porte de Vincennes, à Paris XXe. Il tue 4 personnes et est abattu dans l’assaut du Raid.

- 13 novembre 2015 : 130 morts dans des attaques coordonnées

Trois attaques ont lieu durant la même soirée à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). A proximité du Stade de France, pendant un match amical opposant la France à l’Allemagne, trois kamikazes se font exploser, faisant une victime. Un peu plus tard dans la soirée, trois hommes mitraillent des terrasses de cafés et restaurants des Xe et XIe arrondissements de Paris. Dans ce même XIe arrondissement a lieu une longue prise d’otages, au Bataclan, où 1 500 personnes assistent au concert des Eagles of Death Metal. Le bilan total de cette nuit sanglante s’élève à 130 morts. Le lendemain, les attaques ont été revendiquées par l’Etat islamique.

[5] Le Central Command, le plus important des cinq commandements régionaux américains, couvre le Proche et Moyen-Orient. Discours prononcé devant le Sénat le 25 mars 2010.

[6] Au moins 56 civils tués dans des raids de la coalition en Syrie

 

 

- Point de vue

Que le Président de la République aille en Irak dans une période de crise, pourquoi pas. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est l’annonce du président Obama de la formation d’une grande coalition pour engager la troisième guerre d’Irak ; c’est une décision, je pèse mes mots, absurde et dangereuse. Pourquoi ? Parce que il serait temps que les pays occidentaux, l’Europe et les États-Unis, tirent les leçons de l’expérience depuis l’Afghanistan. Ça fait 13 ans nous avons multiplié les interventions militaires : Afghanistan, Irak, Libye, Mali, pour quel résultat ? Il y avait en 2001 un foyer de crise terroriste central. Aujourd’hui, il y en a près d’une quinzaine. C’est dire que nous les avons multipliés, je dis bien NOUS les avons multipliés. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui l’État Islamique, Daesh, comme le disent les anglo-saxons, c’est l’enfant monstrueux de l’inconstance et de l’arrogance de la politique occidentale. Guerre en 2003 irréfléchie, départ en 2011 précipité, et puis soutien jusqu’au bout au régime d’un Premier ministre irakien, monsieur Al-Maliki, qui a fait le jeu confessionnel en opposant les chiites aux sunnites. De la même façon, en Syrie, nous avons lâché les opposants, les rebelles syriens au milieu du guet faisant le jeu à la fois du régime de Bachar el-Assad, et en même temps des extrémistes djihadistes. Faut se rendre compte qu’aujourd’hui la montée en puissance de l’État Islamique à grande vitesse – ils étaient quelques milliers il y a quelques mois, aujourd’hui on en dénombre entre 20 et 30 000 – et bien c’est la conséquence de nos incohérences.

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 08:27
Comment porter l’avenir des idées communistes en 2017

Des milliers de communistes décident de s’engager hors parti en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce un crime ?

Non ! C’est la révélation que la forme « parti » n’est plus à même de s’imposer sans convaincre à la conscience de chacun.

Avec « la France insoumise » 2017 va expérimenter des formes politiques nouvelles. En tant que communistes, nous voulons en être.

 

Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 03 juillet 2016

Le commentaire porté par Jean-Luc Mélenchon sur les élections en Espagne [1] a troublé et mécontenté nombre de communistes. Je ne suis pas sûr que son interview pourtant claire et précise dans Médiapart suffise à lever ces craintes. Comme communistes, nous devrions débattre de ces peurs générées par des propos que nous suspectons immédiatement d’être une injure à notre égard. L’avenir des idées communistes est-il si évident que nous puissions nous dispenser de ce débat ?

 

 

- Jean-Luc Mélenchon dit deux choses :

  • D’abord que l’union entre Izquierda Unida et Podemos n’a pas produit de « plus ».

C’est vrai. Il suggère que c’est cette union elle-même et la présence des communistes en son sein qui posent problème. Pouvons-nous rejeter cette hypothèse en criant à l’anticommunisme ? Peut-être, mais c’est une donnée que nous ne pouvons négliger. Quand des candidats communistes aux élections présidentielles font moins de 2 % c’est l’audience nationale des communistes qui est mis en cause.

 

 

- L’intelligence de la stratégie du front de gauche était de nous avoir rendu une image de force utile au changement par notre volonté de rassembler plus large que nous, au service de la transformation sociale.

Il ne faut pas injurier les citoyens ; ils sont conscients de ce qu’ils font. Toutes les alliances marchent mal. Quand Olivier Besancenot et Arlette Laguiller se sont alliés en pensant que leurs scores aux élections s’additionneraient, le résultat a déçu leurs espoirs : 5+5 n’ont pas fait 10 mais 5% seulement. Plus près de nous aux élections régionales les alliances avec EELV ont permis dans le meilleur des cas au front de gauche de retrouver seulement son propre score, comme Podemos.

 

 

- Toutes les alliances qui apparaissent guidés par des intérêts de parti sont rejetées.

Là encore le front de gauche a pu séduire la société civile et de nombreux citoyen-ne-s parce que ce rassemblement démontrait que des organisations politiques étaient capables de mettre un objectif politique commun au-dessus de la défense de leur « boutique ».

 

C’est pourquoi une alliance PCF/ Jean-Luc Mélenchon n’aurait pas la même signification qu’en Espagne car je crois qu’elle serait ressentie comme la continuité du front de gauche qui reste pour l’instant inscrit dans les consciences de nombreuses personnes.

 

 

  • Le deuxième jugement porté par Jean-Luc Mélenchon établit que le risques d’une alliance avec le PCF n’existe pas pour 2017. En tant que « pronostic » est-ce vrai ou faux ?

- Qui peut dire aujourd’hui si Pierre Laurent proposera aux communistes de soutenir cette candidature ?

Je vois, pour ma part, tous les efforts de la direction pour imaginer le moyen de « sauter » l’étape présidentielles pour ne s’occuper que des élections législatives.

 

Jean-Luc Mélenchon par ailleurs ne dit pas qu’il ne veut pas du PCF ; il dit qu’à son congrès celui -ci a rejeté massivement sa candidature, est-ce vrai ou pas ? Dans Médiapart il rappelle que sa porte est grande ouverte et que sa candidature n’est pas anti parti mais hors parti.

 

 

- Toutes ces réflexions devraient amener les communistes à réfléchir aux formes nouvelles de l’engagement en politique.

On n’est pas forcément « coupables » de trahison quand on s’engage hors parti au service des mêmes valeurs que celles qui nous ont fait agir en société toute notre vie.

 

Avant de donner mon opinion sur cette question je veux faire une parenthèse sur un autre procès fait à Jean-Luc Mélenchon par d’autres communiste.

 

Sa formule « l’Europe on la change ou on la quitte » serait inacceptable. On ne dit pas pourquoi d’ailleurs. C’est le fait même de procéder par formule qui semble exécrable. Mais cette formule a-t-elle un contenu ?

 

 

20

- Nous savons que la transformation sociale nécessité un programme radical rompant avec les logiques financières et un rassemblement majoritaire dans le pays pour le porter. Mais nous savons aussi que cela ne suffit pas car pour appliquer un tel programme il faut affronter Bruxelles et les traités européens.

Jean-Luc Mélenchon dit clairement qu’il faut procéder par étapes. Que la première étape est de renégocier. Il est même optimiste sur le résultat de cette négociation compte tenu du poids de la France en Europe. Mais si les traités ne sont pas changés on fait quoi ? On signe comme en Grèce ? On passe outre ?

 

Cette question est cardinale. On n’en trouve pas trace dans la position du PCF qui dit vouloir refonder l’Europe, avec de bonnes propositions d’ailleurs, mais sans jamais indiquer comment on règle les différents avec Bruxelles.

 

 

- La situation provoque du désarroi chez les communistes.

Beaucoup malheureusement rendent leurs cartes. Mais comment ne pourraient-il pas être déboussolés puisque c’est la stratégie du PCF qui change. Dans le vote intervenu sur les textes présentés au congrès seul un communiste sur deux a voté le texte de la direction. Celle-ci a dit que les communistes avaient manifesté ainsi leur rejet des primaires. Mais ce rejet des primaires est avant tout un rejet de toute alliance avec le parti socialiste. Et la direction du PCF, minoritaire sur cette question, continue pourtant de proposer X nouvelles formes de primaires. Pierre Laurent a même « théorisé » l’alliance avec le PS en la fondant sur le compromis entre le courant transformateur et le courant réformiste. Elle prépare sans aucun doute des alliances avec le PS aux législatives pour « cause de deuxième tour ». Cette stratégie ne peut conduire le PCF qu’à devenir un nouveau MRC.

 

Seule notre autonomie et notre radicalité peuvent nous garantir un retour d’audience nationale en phase avec le mouvement social où les « nuits debout » qui savent quelles sont les forces qu’on affrontent et qui n’en rabaissent pas, pour autant, sur leurs exigences.

 

 

- Alors comment être communiste aujourd’hui à quelques mois de la présidentielle ?

Mais d’abord en pensant aux autres, à tous les autres. Toutes celles et tous ceux qui souffrent de cette politique. Toutes celles et tous ceux qui rêvent d’une autre République, d’une autre démocratie, d’une autre société, d’un autre monde et qui veulent trouver dans l’isoloir un bulletin qui leur donne une chance d’exprimer leur souhait. Ce bulletin ne peut être ni celui de Hollande ni celui de Sarkozy ni celui de le Pen.

 

 

- Voilà pourquoi j’ai décidé avec d’autres de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Je ne « l’épouse pas » comme il a dit lui-même. Je décide librement du combat que je veux mener pour conserver une chance de transformation sociale dans notre pays.

 

Il faut faire 51 % ? Oui. Et pourquoi ne serait-ce pas possible avec cette candidature ?

 

Quand Marie-George Buffet en 2005 au début de la campagne sur le projet de traité constitutionnel affirmait que le « Non » l’emporterait, elle était bien seule à le dire. Et nous nous sommes battus. Et le « Non » l’a emporté. Alors aujourd’hui, on jette l’éponge avant le combat ? On rejoint toutes ces Pythies du désespoir ? On « sauve les meubles » en prétendant par exemple que les parlementaires sont décisifs puisqu’ils font les lois. Vraiment ? Mais dans cette cinquième république c’est l’Elysée avec le 49-3 qui fait les lois. Et, semble-t-il, seule la rue peut l’en empêcher, peut-être.

 

 

- Reste l’avenir des idées communistes.

Ces idées peuvent être essentielles si elles s’organisent pour faire converger une analyse marxiste de la société contemporaine et les valeurs de l’humanisme dans toutes ses dimensions en commençant par la préservation de notre écosystème.

 

Ces idées sont-elles celles de l’avenir. Pour moi je le pense et c’est pour cela que je me suis engagé dès 1970.

 

Ces idées pourront-elles continuer à s’incarner dans un parti politique ? Ce n’est pas sûr et ce n’est pas une obligation. Combien de partis communistes restent influents dans le monde et quelle est la société qu’ils mettent en place lorsqu’ils sont au pouvoir ?

 

 

- Seules des personnes, innombrables, peuvent faire vivre ces idées communistes dans l’action ; dans la rue, dans l’entreprise, dans les votes et dans l’expression citoyenne. 

C’est pour cette raison, compte tenu des tergiversations de « notre » parti, que nous avons décidé à plusieurs de lancer la pétition « Communiste, je soutiens la candidature de Jean-Luc Mélenchon ».

 

 

- Il est indispensable, croyons-nous, que des milliers de communistes s’investissent dans « La France insoumise ».

C’est le seul moyen pour que leurs idées soient bien partie prenante dans la campagne de 2017. Ils et elles le feront hors parti ; et alors ? Les partis ont-ils démontré qu’ils étaient à même, seuls, de changer la société ?

 

Et notre insoumission de communiste est marquée du refus de se soumettre à qui que ce soit. De plus en plus de communistes et d’anciens communistes se regroupent, créent parfois des groupes d’appuis « jlm 1017 ». Ces groupes sont largement ouvert à toutes et tous. Personne ne les « pilote ». Mais ils constituent une nouvelle façon de faire de la politique, sans tutelle, et dans un cadre général dont ils contribueront à l’organisation.

 

Si Pierre Laurent décide de proposer au PCF de rejoindre cette campagne, et bien ces milliers de communistes y seront déjà. S’il décide de ne pas prendre position et bien ces milliers de communistes porteront leur drapeau dans le combat commun.

 

La voie est étroite ?

Mais c’est la seule, pour moi, qui dans le contexte actuel permet de se respecter en tant que communiste.

 

Notes :

 

[1] - Jean Luc Mélenchon : Du Brexit et de Madrid, perplexe mais motivé

[1] - Jean-Luc Mélenchon : Madrid entre les dents

 

Pour en savoir plus :

- Présidentielle 2017 : le PCF plus isolé que jamais

- Législatives 2017 : Pierre Laurent plaide pour des alliances au cas par cas dans les circonscriptions

- Présidentielles 2017 : Pierre Laurent (PCF) prêt à une candidature commune avec Montebourg

- Mélenchon 2017 : la grande peur du parti communiste

- Choix raisonné de Frédérick Genevée, dirigeant communiste, en faveur de JLM

- Soutien à JLM de l'historien communiste Claude Mazauric

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Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Politique PCF Elections présidentielles - primaires 2017
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:10
Entretien avec Jean-Luc Mélenchon le 3 juillet 2016

Brexit, Podemos, avenir de l’Europe et des États-nations, loi sur le travail et violences policières… Le candidat Mélenchon analyse l’actualité européenne et sociale, s’explique sur sa stratégie et dévoile ses premiers axes de campagne en vue de 2017.

Un mois après le lancement de sa campagne place de la Bataille-de-Stalingrad à Paris, l’ancien candidat du Front de gauche de 2012 s’installe dans son nouveau costume de candidat de « la France insoumise » de 2017, ce « parti sans mur » auquel il croit désormais. Jean-Luc Mélenchon n’a plus à composer avec les contraintes de cartel, et s’est lancé à l’assaut de l’Élysée en assumant d’être « hors parti ». Dans un entretien à Mediapart, il réagit aux actualités européennes et sociale récentes, et affirme l’importance, aux côtés de l’écologie, de la nation et du souverainisme populaire dans sa réflexion programmatique.

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 5 juillet 2016

- Une semaine après le Brexit, comment expliquez-vous le fait que, contrairement à 2005 en France, il n’y ait pas eu de « Non de gauche » ?

En 2005, c’est parce qu’une partie de la gauche et de nombreux socialistes se sont engagés à ciel ouvert que le terrain de la critique de l’Europe libérale n’a pas été abandonné aux seuls nationalistes d’extrême droite. Du coup, le débat dans la société a pu aussi devenir un débat dans le mouvement socialiste qui comptait bien l’étouffer. Cela dit toute l’importance d’assumer publiquement ses convictions. Si Jeremy Corbyn [le chef de file des travaillistes britanniques - ndlr] était vraiment partisan du Brexit, il fallait qu’il l’assume. Car il affronte maintenant ce à quoi il croyait échapper : une crise de son organisation. Il s’est coupé de l’appui des milieux populaires qui ont voté, sans lui, contre les prises de position de la droite de son parti. C’est donc une erreur totale d’avoir abandonné à la droite extrême et à l’extrême droite l’électorat de gauche hostile à l’Europe libérale. Aussi, faute de point d’appui, je ne me suis pas impliqué sur place dans ce débat.

 

Cela dit, la question reste entière de savoir quelle doit être la position de gauche en Angleterre. Car elle n’est pas dans la zone euro, n’applique pas la plupart des règles communautaires et elle a même posé son « opt out » sur la plupart des seuils sociaux des traités européens. Et qu’elle soit dedans ou dehors, l’Angleterre s’est toujours opposée à toute avancée vers une Europe sociale… Mais je ne m’attendais pas à ce que disparaisse la voix de la gauche. Une occasion historique de tourner la page du blairisme est perdue. Car la question de l’Europe met à nu et à vif la contradiction existant entre la gauche fidèle à son programme progressiste historique et les usurpateurs qui sont les gérants enthousiastes de l’ordre établi. Il ne faut jamais manquer une occasion d’isoler ces derniers dans le peuple. C’est du vote populaire que doit venir la défaite du « social libéralisme ». Pas des intrigues des congrès truqués du PS.

 

 

- Le vote a des conséquences sur la direction du vent qui souffle sur l’Europe. Après les moments grecs ou espagnols, où le refus de l’austérité se faisait sentir, c’est désormais celui des replis identitaires…

Le bilan est en effet très contrasté. Je récuse le concept de repli identitaire qui stigmatise la résistance sociale contre la perte des acquis sociaux du pays. Le point positif, c’est que la question européenne va être centrale dans la campagne présidentielle. En 2012, je ne suis pas arrivé à faire entrer ce débat dans l’agenda de la campagne. Je m’étais fait couper l’herbe sous le pied par le fait que François Hollande avait dit très tôt qu’il renégocierait le traité de stabilité accepté par Sarkozy (TSCG). Par conséquent, bien des gens se sont dit “en réalité ils disent la même chose”. Alors mon point de vue est apparu comme une méfiance exagérée. En réalité, François Hollande savait déjà qu’il ne renégocierait rien et trahirait tous ceux qui ont voté pour lui. La première marche du Front de gauche après 2012 a été contre l’adoption de ce traité par le parlement à Versailles…

 

Hollande n’a pas changé. Encore samedi dernier quand nous avons été reçus à l’Élysée avec mes camarades du PG, François Hollande et Jean-Marc Ayrault nous ont dit que leur projet après le Brexit, c’est une intégration plus avancée de certains pays à l’intérieur du cadre déjà existant. Leurs priorités : un cadre budgétaire contraignant dans la zone euro et une défense commune. Ce sont des éléments de désintégration de la puissance de la nation française et de son contrôle populaire. Je précise que quand je parle de “nation”, je parle du peuple français.

 

 

- Vous allez mener campagne sur la sortie des traités ?

Pour l’instant, on voudrait nous enfermer dans la dialectique du diable. Soit on est hostile à l’Europe actuelle et on est immédiatement assigné xénophobe ou anti-européen. Soit on est favorable à l’idée d’une union continentale, et on doit immédiatement avaler la mondialisation heureuse, les politiques d’équilibres budgétaires, la règle d’or, l’Otan et la guerre avec la Russie. Aucun esprit libre ne peut trouver son compte dans une alternative pareille. C’est ce qui m’a amené à tracer la feuille de route avec un plan A et un plan B. Le plan A prévoit qu’on rediscute des traités. Tout le monde doit en sortir en Europe. Si c’est refusé, il ne faut céder à aucune des menaces, chantages ou violences habituelles de l’Europe allemande. Il faut être prêt à sortir de cette camisole de force. La nouvelle assemblée devra fixer le mandat de négociation et le peuple français sera ensuite appelé à se prononcer sur le résultat de la négociation. D’un bout à l’autre du processus le peuple décidera.

 

Après le Brexit, s’il y a de nouvelles représailles, elles ne seront pas contre la liberté du commerce et la finance – la City est bien trop importante pour eux, mais contre les États-nations. D’un point de vue français dans l’histoire longue, que l’Irlande soit réunifiée ou l’Écosse indépendante, fût-ce sous le prétexte de rester dans l’UE, c’est très confortable. Mais attention à la boîte de Pandore qu’on ouvre ! Car ensuite viendront tout aussi légitimement la Catalogne, la Flandre belge… En Europe, certaines nations sont des constructions récentes. Les royaumes sont par nature hétéroclites. Et les eurolâtres sont très friands de la mise en cause des États-nations. Après la destruction des acquis sociaux, la pente vers la destruction de la souveraineté nationale des peuples est déjà bien prise. Est-on prêt à voir bouleverser toutes les frontières en Europe ?

 

 

- Marine Le Pen demande désormais un référendum sur la sortie de l’UE, et non plus de la seule zone euro. On voit mal comment le sujet ne sera pas porté médiatiquement pendant la campagne présidentielle. Comment allez-vous y répondre ?

Je vais mener une bataille de conviction. Elle sera compliquée, comme le sont toutes celles qui demandent un peu de subtilité et nécessitent de sortir du noir et blanc. Mme Le Pen s’est collée à la distance d’une feuille de papier à cigarettes d’à peu près tout ce que nous disons sur le sujet. Elle sait bien l’importance de l’enjeu : qui va prendre la tête de la critique de l’UE ? Car ceux-là organiseront le futur au moment où tout le système va s’écrouler. Qui dirigera alors ? Les “éthnicistes nationalistes” ou les humanistes républicains ?

 

La position de Mme Le Pen est un nationalisme très étroit, qui renonce à toute politique européenne. Moi, je resterai ancré dans la stratégie “Plan A/Plan B”. Ma position, ce n’est ni l’allégeance aveugle, ni l’enfermement, revenant à renoncer à toute ambition pour mon pays. Pour quelles raisons abandonnerions-nous le continent à la domination du gouvernement allemand ? Ce serait historiquement irresponsable. L’Europe du Sud peut renverser la table si nous, la France, nous avons un projet clair et proposé en pleine lumière à tous les peuples d’Europe. On verra alors dans l’Europe de l’Est nombre de pays vouloir desserrer l’étau dans lequel ils sont.

 

 

- En 2012, vous représentiez le Front de gauche. Cette fois, vous vous présentez au nom de la “France insoumise”, sans le mot gauche…

Depuis 2012, on s’est présenté parfois comme la « vraie gauche » à cause de l’écœurement que la « gauche officielle » soulevait. Mais cela nous relègue, dans le système médiatique, à l’extrême gauche. Or nous ne sommes pas des extrémistes. Et puis je reste persuadé que, plutôt que nous épuiser dans une bataille d’étiquettes qui ne parle pas à la société, nous avons intérêt à toucher les profondeurs du pays, qui ne se reconnaissent ni dans la gauche de François Hollande ni dans la droite de Nicolas Sarkozy, mais qui pourraient être entraînés par notre discours sur l’indépendantisme français, la souveraineté populaire, la planification écologique, le progrès humain et le mix particulier que j’opère de tout cela. Il faut surmonter le blocage des étiquettes pour pouvoir fédérer largement le peuple et la société autour d’objectifs communs. Il faut aussi entraîner l’électorat de gauche qui a basculé dans le vote FN ou l’abstention. Plutôt que la gauche de Hollande et la droite de Sarkozy, je préfère donc opposer les nucléaristes aux partisans des énergies renouvelables, les “eurolâtres” aux “euroréalistes”, et ainsi de suite…

 

 

- À propos de la loi sur le travail, comment appréhendez-vous la possibilité d’une défaite du mouvement social ?

D’abord commençons par interroger le concept de « défaite ». L’affaire n’est pas encore pliée et la séquence du 49-3, si elle a lieu, ne sera pas indolore pour ce gouvernement. Dans ce cas, les députés de gauche doivent voter la censure, d’où qu’elle vienne, pour bloquer la loi. Jusqu’à la fin, François Hollande peut considérer que l’exercice est finalement trop coûteux politiquement. Et qu’assurer la victoire idéologique aux méthodes de Monsieur Valls coûte trop cher à sa campagne de réélection.

 

 

- Ce n’est pas parti pour…

Qui sait ? Les révolutions de palais sont la spécialité du PS hollandais. Qui aurait pu prévoir que Montebourg et Hamon allaient comploter pour remplacer Ayrault par Valls ? Qui pouvait imaginer qu’une fois le triumvirat installé, Valls réglerait leur compte à ses deux complices en trois mois. Le règne de la cour, c’est le hollandisme réel. Le dernier qui a parlé a raison. Il est donc tout à fait imaginable que François Hollande change son fusil d’épaule.

 

Si tel n’est pas le cas, la bataille n’est pas finie pour autant. Et je prends l’engagement que si je suis élu, j’abrogerai la loi El Khomri et je rétablirai la hiérarchie des normes sociales. Ceux qui croient que le peuple est un troupeau de gens sans cervelle ni mémoire se trompent lourdement. L’onde de choc des grands mouvements sociaux a toujours eu des conséquences politiques : Mai-68 avec 1981, décembre 1995 avec 1997.

 

D’ailleurs, le mouvement contre la loi El Khomri a déjà eu un effet oxygénant. Pendant quatre mois, on a parlé d’autre chose que de terrorisme ou d’islam. Et puis les leaders syndicaux du front du refus ont été extraordinaires. Jean-Claude Mailly [FO – ndlr] et Philippe Martinez [CGT – ndlr], Éric Beynel [Solidaires – ndlr] et tous les autres ont résisté à toutes les provocations qui leur ont été faites. Les confédérations ont joué leur rôle : la lutte a pu se dérouler sur plusieurs tableaux sans que toutes les forces soient continuellement jetées dans la bataille. C’est le syndicalisme confédéré dans ce qu’il a de meilleur.

 

Cette bataille a aussi été une école extraordinaire pour la formation et l’élargissement de ce qui va être le protagoniste de ma campagne : le « parti sans murs ». Cette masse de gens de tous âges, de toute condition, qui partage une vision commune anti-capitaliste et anti-productiviste, et une culture commune humaniste à bord flou. Pour ce parti sans murs, le cycle de la loi El Khomri ne s’achèvera que dans l’élection présidentielle de 2017.


 

- Après cinq mois de campagne, et par rapport à 2012, votre liberté de parole, en dehors des contraintes du Front de gauche, compense-t-il à vos yeux le déficit probable de structuration militante, de financement, de parrainages ?

Je veux d’abord commencer par ce qui est le plus important : cette campagne a pour moi une signification qui va au-delà de l’aspect purement électoral et immédiat. L’enjeu, c’est aussi l’installation d’un nouveau progressisme écologiste et social, d’un nouvel humanisme politique en France comme courant à vocation majoritaire.

 

Le vieux courant progressiste s’est effondré sur lui-même. Il a laissé des pièces et des morceaux très divers que des politiciens assemblent sans imagination ni cohérence pour aller aux élections. La première tâche consiste à reformuler notre cadre programmatique au sens historique du terme. Je ne parle pas ici de l’ensemble des mesures à mener lorsqu’on est élu, mais du projet pour changer l’histoire de la civilisation humaine, après le rêve socialiste. J’ai répondu à cette question par un cheminement spécifique qui s’est traduit dès le lendemain de 2012, avec les assises de l’éco-socialisme et la publication de mes livres La Règle verte puis L’Ère du peuple. C’est pour moi un changement de paradigme articulé autour du « peuple » comme acteur de l’histoire, la planification écologique, et une stratégie révolutionnaire appuyée sur la convocation d’une assemblée constituante.

 

Pour moi, l’écologie politique est le pivot du nouveau projet historique de l’humanisme progressiste. C’est le point de départ du raisonnement. Il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine et cet écosystème est mis en danger. Par exemple, nous savons que les événements climatiques extrêmes sont déjà là, qu’ils vont s’amplifier, que leur progression ne sera pas linéaire. Ils nous mettent au pied du mur : tous ensemble ou chacun pour soi ? La rupture essentielle à opérer est donc avec le productivisme. Mais le productivisme est un tout où le social, l’écologie et la démocratie et la culture sont encastrés dans le système global que forme le nouvel âge du capitalisme financiarisé.

 

 

- Au regard de ces cinq premiers mois de campagne, êtes-vous confiant sur les dix mois qui restent ?

Il y aura sans aucun doute beaucoup de bourrasques et de péripéties. C’est pourquoi je m’acharne à ancrer notre force profondément dans le terrain. Mais le calendrier est désormais stabilisé autour des dates des primaires du PS et de LR. Cambadélis [le premier secrétaire du PS – ndlr], qui est un homme méthodique, a attendu patiemment que tous les velléitaires s’épuisent. Quand il a mis en place « la Belle alliance », la photo était calamiteuse, et l’attelage calamiteux. Mais il est parvenu à imposer son cadre d’action. Il est vrai qu’il a été servi d’une manière incroyable par la pusillanimité des Verts et du PCF, un jour oui un jour non. Désormais les cibles cessent de virevolter. Il faut les laisser faire le ménage dans leurs rangs.

 

De mon côté, on peut dire que ces cinq mois ont été très positifs pour la démarche que j’ai enclenchée. D’une part, il y a la constitution d’une force, avec plus de 100 000 signatures d’appui à ma candidature. D’autre part, il y a la formation d’un mouvement dont on a vu la force dans le rassemblement place Stalingrad le 5 juin. Une convergence forte de 2 000 syndicalistes a émergé. Et enfin un « espace politique » s’est constitué aussi avec des organisations socialistes et communistes, un rassemblement de syndicalistes. La seule difficulté reste la collecte des parrainages. Nous n’en sommes qu’à 170 signatures alors qu’il en faut 500…

 

 

- C’est si compliqué d’obtenir les parrainages pour la présidentielle ?

On découvre. En 2012, cela s’est fait tout seul, mais plus tard dans l’année, c’est vrai. Entre-temps, il y a eu les municipales, des majorités ont changé. Mais cette bataille n’est pas gagnée d’avance. Dans certains départements qu’il dirige, le PS fait une police féroce. D’autres anciens alliés espèrent encore que je me plante, pour pouvoir revenir aux arrangements ou à leurs colloques dans les catacombes. Des signaux extrêmement négatifs sont aussi arrivés. Le pire de tous, c’est que le PCF, dès le mois de septembre, aura désigné tous ses candidats aux législatives. Là, il n’est plus question de primaire, ni de « larges convergences » ni de « cadre collectif » ou que sais-je !

 

J’en déduis que la discussion est close. Dont acte. « La France insoumise » investira des candidats dans toutes les circonscriptions. J’espère que beaucoup d’insoumis, femmes et hommes syndicalistes, lanceurs d’alerte, intellectuels, accepteront de porter ces couleurs. Peut-être même des candidats communistes se proposeront-ils. D’une déception peut venir un bien. Car, au fond, vouloir élire un président et une majorité parlementaire, c’est une même démarche. Pour l’avoir ignoré la dernière fois et aussi pour avoir investi 80 % des candidats d’un même parti, nous avons perdu la moitié de nos voix entre les deux élections.

 

 

- Mais dans les mois qui viennent, les communistes vont devoir se retrouver derrière vous, ou aller à la primaire de la Belle alliance, ce qui a été plus ou moins écarté lors du Congrès. Vous allez devoir vous reparler…

Ce n’est pas un problème. Ma porte est ouverte. Mon intention n’est pas d’abuser d’une position qui est devenue aujourd’hui la plus confortable. Mais elle n’est pas tombée du ciel ! Nous sommes allés la chercher avec les dents, sur une ligne stratégique et un programme certes en cours d’élaboration mais fermement charpentés par « l’humain d’abord ». Nous avons acquis notre position par la constance, le travail méthodique, le partage des tâches. Je suis donc bien sûr totalement ouvert. Mais il y a un cadre ! Certes il est mis en partage mais dans le respect de ceux qui l’ont constitué : c’est « la France insoumise ».

 

(Les extraits ci-dessus représentent moins de la moitié de l’entretien donné par Jean-Luc Mélenchon à Médiapart le 3 juillet. Pour prendre connaissance de l’article original complet en édition abonné, cliquez ICI)

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Les frondeurs achetés par la primaire par Francois Cocq  

- 2017 : Pierre Laurent (PCF) prêt à une candidature commune avec Montebourg 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 08:23
Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante

- Présentation de l'initiative du M6r.fr

 

Pour la 6e République, il suffit d'une loi !

 

  • Pour en finir avec la Ve République, le "Mouvement pour une VIe République" propose d'en passer par l'article 11.3 de la Constitution qui permet de déposer une proposition de loi d'initiative parlementaire et citoyenne, si 4,5 millions d'inscrits sur les listes électorales et 185 parlementaires en sont à l'initiative. Une telle proposition de loi permettrait de convoquer une Assemblée constituante et de redonner la voix au peuple.
  • Le mouvement lance une pétition en ce sens sur Change.org.
  • Le texte ci dessous est la version définitive de la proposition de loi visant à la convocation de l’assemblée constituante de la 6e République. C'est celui qui sera présenté au Conseil Constitutionnel par les parlementaires qui nous soutiennent, très légèrement amendé.
  • Il a été rédigé par l’équipe d’animation du M6R conformément au vote des signataires de juin 2015. Des amendements ont été déposés par les signataires du m6r, et des votes ont départagé les options qu'ils proposaient.

 

 

Proposition de loi

Convocation de l’Assemblée constituante

 

Exposé des motifs

Madame, Monsieur,

Face aux dérives chaque jour plus dangereuses et inacceptables du régime politique actuel de la France, nous appelons le peuple à reconquérir sa souveraineté par l’élection d’une assemblée constituante pour fonder avec les citoyens la 6e République.

 

Dans cette perspective, un mouvement citoyen, le Mouvement pour la 6e République, a été créé pour engager une authentique refondation républicaine de la société française et de ses institutions politiques. Il s’agit de mettre un terme à un cadre institutionnel historiquement daté, fondé sur l’alliance entre une vision passéiste du pouvoir (l’idée qu’il faut un chef tout puissant, un monarque) et la défense des intérêts de classe des plus favorisés. Plus encore, il s’agit de lancer la reconquête civique : la nouvelle constitution sera l’œuvre du peuple. C’est à lui d’édicter la règle du jeu pour le XXIe siècle. Il le fera en convoquant une assemblée constituante. Tel est l’objet de la présente proposition de loi.

 

 

- En finir avec la monarchie présidentielle

Il faut en finir avec la monarchie présidentielle, ce règne du pouvoir personnel. Le président de la République dispose de pouvoirs totalement exorbitants. Et la monarchie présidentielle, comme souvent, avec le pouvoir personnel, confine à l’irresponsabilité permanente. Élu pour cinq ans, le président de la République n’a de comptes à rendre à personne pendant cette durée. Il peut bafouer de manière éhontée tous ses engagements de campagne, il n’encourt aucune sanction autre que le fait de ne pas être réélu au scrutin suivant, sous réserve qu’il y soit candidat ! Pire, son irresponsabilité de président se décline aux ministres, parlementaires, oligarques, comme l’ont démontré les affaires Cahuzac, Thévenoud ou, plus récemment, le scandale dit des Panama Papers… Cette irresponsabilité et cette confusion des pouvoirs entre exécutif et pouvoir délibérant se retrouvent d’ailleurs à tous les niveaux de la République, notamment dans des baronnies locales qui peuvent se créer.

 

Cette monarchie, c’est celle de la dépossession du peuple de sa souveraineté politique. En République, il n’y a pas d’autre souverain que le peuple. Pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire qui se produit. L’exemple le plus flagrant, et le plus scandaleux est celui du référendum bafoué : le 29 mai 2005, la France rejetait par référendum le traité constitutionnel européen ; à peine trois ans plus tard, le traité de Lisbonne, copie conforme du traité rejeté, était ratifié en catimini.

 

De plus, le régime se caractérise par son instabilité institutionnelle. La constitution de la Ve République devait, selon ses promoteurs, apporter la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, cela n’est clairement plus vrai. Cette constitution « stable » a été révisée 24 fois depuis sa création ! Et on nous propose encore de la modifier, comme les récentes tentatives de révision constitutionnelle sur la charte européenne des langues régionales, l’état d’urgence ou la déchéance de nationalité l’ont encore confirmé.

 

 

- Une Assemblée constituante pour refonder la République

Pour sortir de la crise civique et démocratique, il faut avant tout appeler tous les citoyens à s’impliquer personnellement dans la réécriture collective du pacte qui les unit comme peuple et comme Nation. Et pour faire cette refondation républicaine, il faut convoquer une Assemblée constituante dont le mandat sera l’élaboration d’une nouvelle constitution.

  • Objet de l’Assemblée constituante

Une Assemblée constituante est une assemblée de représentants désignés pour rédiger et proposer l’adoption d’une nouvelle constitution.

 

Plusieurs régimes politiques de l’Histoire de France ont résulté des travaux d’une assemblée constituante. Ainsi, les Première (via la Convention), Deuxième et Quatrième Républiques sont issues des travaux d’une assemblée constituante. Et, d’une certaine manière, c’est aussi le cas pour la Troisième République (c’est l’Assemblée nationale qui a adopté les lois constitutionnelles de 1875). De même, dans les révolutions citoyennes d’Amérique latine, la convocation d’une assemblée constituante a été pour le peuple un puissant moyen de réappropriation de la démocratie politique.

 

C’est bien cela l’enjeu : convoquer une Assemblée constituante, c’est appeler chaque citoyen à s’engager personnellement dans l’élaboration du contrat qui unit collectivement le peuple et la Nation.

  • Convoquer l’Assemblée constituante : mode d’emploi

Le scénario juridique de convocation de l’Assemblée constituante est très simple.

 

L’article 11 de la Constitution, tel qu’il résulte de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, et complété par la loi organique n° 2013-1114 du 6 décembre 2013, permet l’organisation d’un référendum sur un texte législatif « portant sur l’organisation des pouvoirs publics » dès lors qu’une proposition de loi en ce sens est soutenue par un cinquième des membres du Parlement et un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. La présente proposition de loi a vocation à être soumise aux suffrages du peuple français dans le cadre de ces dispositions constitutionnelles et organiques.

 

Cette proposition de loi vise simplement à la convocation de l’Assemblée constituante. Elle ne se prononce pas sur le contenu du texte qu’il appartiendra aux membres de l’Assemblée de rédiger, lequel texte ne pourra, en tout état de cause, entrer en vigueur qu’après avoir été approuvé par référendum.

  • La présente proposition de loi se compose de 5 chapitres, répartis en 18 articles.

L’article 1er définit l’objet de l’Assemblée constituante. L’article 2 fixe la durée maximale de ses travaux.

 

L’article 3 ouvre le droit de siéger au sein de l’Assemblée constituante aux citoyennes et citoyens majeurs et détenteurs de leurs droits civils et politiques. L’article 4 définit le mode d’élection applicable aux membres de l’Assemblée constituante. L’article 5 prévoit les modalités d’attribution des sièges, en ouvrant la possibilité d’une désignation par tirage au sort. L’article 6 détermine le régime des incompatibilités avec les mandats électifs ou fonctions exécutives, passés ou présents. L’article 7 interdit le cumul avec une activité professionnelle rémunérée. L’article 8 prévient de possibles conflits d’intérêt en interdisant aux membres de l’Assemblée constituante d’exercer des fonctions qu’ils auront instituées.

 

L’article 9 prévoit la mise en place du bureau d’âge de l’Assemblée constituante. L’article 10 instaure le principe de parité pour la présidence de l’Assemblée constituante. L’article 11 fixe les conditions d’installation du bureau. L’article 12 prévoit le principe de transparence et de compte rendu des travaux de l’assemblée constituante.

 

L’article 13 tend à la convocation des élections des membres de l’Assemblée constituante. L’article 14 définit les règles de dépôt des candidatures. L’article 15 crée un principe d’égalité d’accès aux médias audiovisuels au cours de la campagne électorale. L’article 16 prévoit la proclamation des résultats.

 

L’article 17 précise que le texte adopté par les membres de l’Assemblée constituante aura vocation à être soumis au peuple par référendum. L’article 18 fixe les conditions de cessation des travaux et de dissolution de l’Assemblée constituante.

 

D’autres dispositions, notamment celles relatives au régime indemnitaire des membres de l’Assemblée constituante ou aux règles de remboursement des dépenses électorales, qui ne peuvent pas figurer dans la présente proposition de loi pour cause de recevabilité au titre de l’article 40 de la Constitution, devront faire l’objet de textes législatifs séparés.

 

De la même manière, il faudrait ouvrir la possibilité d’être constituant aux étrangers résidant en France depuis au moins un an, comme cela était le cas lors de la Convention de 1792, mais les promesses de modification constitutionnelles donnant cette cette possibilité juridique n’ont toujours pas été tenues.

Chapitre Premier

Objet et durée de l’Assemblée constituante

 

Article 1er

L’Assemblée constituante est convoquée par et pour le peuple français. Elle a pour unique mandat d’engager la refondation des institutions politiques et de la société françaises par la rédaction d’une nouvelle constitution pour la République.

 

Article 2

La durée maximale des travaux de l’Assemblée constituante est fixée à deux années à compter de sa date d’installation.

 

Chapitre II

Les membres de l’Assemblée constituante

 

Article 3

Tout citoyen majeur et détenteur de ses droits civiques et politiques peut siéger au sein de l’Assemblée constituante.

 

Article 4

Les membres de l’Assemblée constituante, dont le nombre est fixé à 350, sont élus au scrutin proportionnel suivant la règle de la plus forte moyenne, dans une circonscription nationale unique. Le seuil d’obtention des sièges est fixé à 1% des suffrages exprimés.

 

Chaque liste comporte autant de noms qu’il y a de sièges à pourvoir et se compose alternativement d’un candidat de chaque genre.

 

Une liste ne peut être déclarée recevable que si, parmi les candidats qui la composent, figurent des habitants d’au moins cinquante départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième d’entre eux puissent résider dans un même département ou une même collectivité d’outre-mer. Le respect de cette condition de résidence est apprécié au regard de la commune d’inscription sur les listes électorales.

 

Article 5

Les sièges sont pourvus selon l’ordre de présentation des candidats sur chaque liste.

 

Toutefois, lors du dépôt des listes auprès du Conseil constitutionnel, la personne figurant en première position peut indiquer que les sièges attribués à sa liste seront pourvus par tirage au sort, sur la base du volontariat.

 

Les modalités d’application du présent article sont déterminées par décret en Conseil d’État.

 

Article 6

Nul ne peut siéger au sein de l’Assemblée constituante s’il exerce ou a déjà exercé un mandat législatif ou des fonctions exécutives nationales. Cette incompatibilité s’applique également aux membres ou anciens membres du Parlement européen et de la Commission européenne, ainsi qu’aux personnes dirigeant ou ayant dirigé un exécutif local. Tout détenteur de fonctions électives locales appelé à siéger au sein de l’Assemblée constituante se met temporairement en retrait de la collectivité territoriale concernée jusqu’à l’issue de son mandat constituant.

 

Article 7

Le mandat de membre de l’Assemblée constituante est exclusif de toute autre activité professionnelle rémunérée.

 

Article 8

Les membres de l’Assemblée constituante ne pourront pas exercer de fonctions exécutives ou législatives définies par la nouvelle constitution lors des premières élections suivant immédiatement son entrée en vigueur.

Chapitre III

Le fonctionnement de l’Assemblée constituante

 

Article 9

L’installation de l’Assemblée constituante est dirigée temporairement par un bureau d’âge composé des trois membres les plus jeunes et des trois membres les plus âgés, la benjamine ou le benjamin en exercera la présidence provisoire.

 

Article 10

Lors de la séance d’installation, les membres de l’Assemblée constituante élisent une coprésidente et un coprésident. Les candidatures sont présentées par binôme, à parité de genre.

 

L’élection a lieu à la majorité absolue des membres de l’Assemblée constituante. Si celle-ci n’est pas acquise au premier tour, il est procédé à un second tour, auquel seuls les deux binômes arrivés en tête au premier tour peuvent se présenter.

 

Article 11

Le bureau de l’Assemblée constituante, composé de trente-cinq membres, est élu au scrutin proportionnel suivant la règle de la plus forte moyenne lors de la séance d’installation. Il est chargé de proposer, sous l’autorité de la coprésidente et du coprésident, un règlement intérieur pour définir l’organisation des travaux.

 

Le règlement intérieur ne peut entrer en vigueur qu’après avoir été adopté à la majorité des suffrages exprimés.

 

Article 12

Toutes les séances plénières et auditions de commissions sont retransmises en direct sur un site internet et font l’objet d’un compte rendu écrit officiel. L’ensemble des travaux sont disponibles sur le site internet.

 

Chapitre IV

Les élections à l’Assemblée constituante

 

Article 13

Dans les huit jours suivant l’adoption de la présente proposition de loi par référendum, les élections à l’Assemblée constituante sont convoquées. Le décret de convocation est publié au Journal officiel de la République française.

 

Article 14

A compter de la publication du décret de convocation, les mouvements citoyens et les groupements politiques peuvent présenter des listes de candidats auprès du Conseil constitutionnel, conformément aux dispositions prévues au chapitre II, dans un délai de deux mois.

 

Article 15

La campagne électorale pour l’Assemblée constituante débute à compter d’un délai de deux mois après publication du décret de convocation. Elle dure deux mois.

 

Les listes de candidats régulièrement enregistrées auprès du Conseil constitutionnel disposent d’un temps de parole égal dans les médias audiovisuels.

 

Article 16

Les résultats des élections à l’Assemblée constituante sont proclamés par le Conseil constitutionnel.

 

Chapitre V

Dispositions finales

 

Article 17

Le texte issu des travaux de l’Assemblée constituante ne pourra prendre effet qu’après avoir été définitivement approuvé par référendum.

 

Article 18

Les travaux de l’Assemblée constituante cessent à compter de l’adoption du projet de nouvelle constitution soumis à référendum.

 

Si aucun texte n’est adopté dans un délai de deux ans, l’Assemblée constituante est dissoute.

 

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Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante

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Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- mon dossier Constituante

- Pour la 6e République, il suffit d'une loi

- 6e République - Ce qu'en disait « L'Humain d'abord »

 

 

- Deux symboles de cette monarchie présidentielle dont nous ne voulons plus !

La monarchie présidentielle, c'est aussi ça !

  • David Cameron (premier Ministre) et le Prince Charles tiennent eux-mêmes leur parapluie mais F. Hollande a un valet de pied.
  • La Reine d'Angleterre tient elle-même son parapluie mais la Maire de Paris, Anne Hidalgo a un valet de pied.

Tout un symbole de cette République monarchique décadente dont nous ne voulons plus !

 

Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 08:22
Présidentielle 2017 : le PCF plus isolé que jamais

La décision unilatérale du PS d’organiser une primaire réservée aux seuls socialistes et radicaux sonne le glas des autres primaires. La stratégie du PCF pourtant adoptée il y a quelques jours se retrouve sans objet.

Sauf à faire l’impasse sur la présidentielle, la décision du PS devrait conduire à revoir la stratégie du 37ème congrès ou au moins à l’adapter.

 

Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 19 juin 2016

C’est un paradoxe ; alors qu’il a été réélu sur une ligne politique approuvée par son congrès, Pierre Laurent se retrouve plus isolé que jamais par la seule décision du parti socialiste de construire une primaire réservée aux seuls socialistes et radicaux de gauche.

 

Les frondeurs du PS sont piégés. Ils ne peuvent faire autrement que de participer à ces primaires auxquelles pourtant, ils croient à peine. Et le congrès de EELV a exprimé sa volonté d’une candidature écologiste. Qui restera en lice pour porter « le pacte d’engagements communs » qu’on demande aux communistes de construire jusqu’à l’automne ?

 

Mais quelle conséquence également aura la manœuvre du premier des socialistes sur l’éventualité de l’adoption d’une motion de censure pour empêcher la loi El Khomri d’être adoptée ? Les combinaisons politiciennes seront-elles encore une fois, un moyen de ne pas combattre une loi de régression sociale sans précédent et des propos anti syndicaux du président et de son premier ministre qui confirment l’abandon de toute valeur de gauche.

 

 

- Cet isolement terrible du PCF peut-il être évité ?

La ligne stratégique adoptée au congrès du PCF se résume dans cette formule : « le communisme n’est pas l’utopie du 19e siècle, ce n’est pas l’idéologie du 20e siècle, le communisme, c’est le mouvement de ce 21e siècle. C’est le temps du commun. »

 

Mais nous avons toujours besoin d’utopie. Il s’agit de construire celle qui réponde aux aspirations de notre temps. « Nuit debout » en est le symptôme.

 

Et la mort des idéologies fondant une alternative au capitalisme laisse un vide bien dommageable. D’autant plus que cette mort s’est accompagnée d’une formidable contre-révolution révisionniste à l’égard des idées de la résistance, de l’anti- colonialisme, de la révolution et du communisme, à laquelle nous n’avons pas su opposer résistance et prospective. Il serait indispensable de s’appuyer sur de nouvelles idéologies humanistes pour combler un vide propice aux pires engagements extrémistes.

 

 

- Quant à la formule selon laquelle le communisme serait le temps du commun elle nécessite débat. De quel commun parlons-nous ?

Déjà dans un conseil national précédant le congrès une camarade d’Alsace avait fait remarquer que le « société de partage » qui sert de sous-titre au « temps du commun » était ambigüe et semblait directement issue de notre culture judéo-chrétienne. Le partage peut-être celui des restes à répartir une fois que les puissants de ce monde ont fait leur razzia. Il se nomme alors résignation à l’ordre établi et charité à l’égard des plus pauvres.

 

Pour un communiste la politique c’est le mouvement qui permet de subvertir l’ordre existant. C’est le temps de la justice sociale de l’innovation dans des formes nouvelles de vie publique contrôlée collectivement par l’ensemble des citoyens et citoyennes. Voilà le commun que nous recherchons comme communiste bien plus exigeant, mais le seul réaliste et à même d’être cru.

 

Les différents mouvements de transformation de la fin du 20e siècle et du 21e siècle nous enseignent qu’il est impossible de changer l’ordre établi sans une conscience partagée par le plus grand nombre qu’un engagement personnel est nécessaire pour à la fois définir, avec ses semblables, un nouvel intérêt commun, participer à son avènement et le défendre résolument face aux possédants actuels.

 

Il nous faut contribuer à la construction de ce mouvement qui a besoin des partis politiques de la transformation sociale certes, à condition que ceux-ci soient au service du mouvement et non pas l’inverse. Il est impossible de « faire société » sans un mouvement qui inclue les citoyens et les citoyennes à égalité de responsabilité avec les partis.

 

 

- Un nouveau compromis historique ?

La stratégie du 37e congrès du PCF résumée dans la citation ci-dessus du communisme se traduit par un objectif politique irréaliste aujourd’hui.

 

Ce congrès aura au moins servi à ce que son dirigeant principal clarifie la nature du rassemblement qu’il propose. Il propose « l’alliance des courants transformateurs et réformistes ». Cette nouvelle formulation « française » du « compromesso storico » (proposé dans les années soixante et dix par les communistes Italiens à la démocratie chrétienne) ne peut connaître que l’échec.

 

La réforme en elle-même n’est pas un sacrilège. La révolution citoyenne pourrait être le résultat de réformes immédiates et successives. Ce qui compte c’est leur contenu et la façon dont on procède pour les mettre en place. On sait aujourd’hui qu’il n’est pas possible de changer ce système sans des réformes radicales remettant en cause les logiques financières imposées à l’économie et à la société toute entière. Impossible également de changer la politique sans une réforme profonde de notre système institutionnel.

 

Mais s’agissant du réformisme comme courant politique, force est de constater qu’il n’a plus grand-chose « à se mettre sous la dent ». Les exigences du « capitalisme absolutisé » - ou du néo libéralisme, c’est comme on veut - ont drainé l’essentiel des richesses produites vers les plus grandes puissances financières. Dès lors il ne reste plus de richesses à répartir au profit du salariat ni des biens communs. Il n’y a plus de grain à moudre. Sans réformes radicales encore une fois, aucun espoir de construire un développement fondé sur le progrès social et la préservation de notre écosystème. Sans changement de République, aucun espoir de développer un nouveau projet culturel à caractère universaliste.

 

 

- Alors que faire ?

D’abord il faudrait arrêter de se fourvoyer dans la recherche d’alliances avec les socialistes. L’avenir du PCF doit être fondé sur son autonomie et la construction d’une alternative à cette social-démocratie rejetée dans nombre d’autres pays européens. Les alliances avec le parti socialiste nous font dépendre de lui dans le rapport de force actuel. Elles nous isolent et nous mettent à la merci des décisions du PS comme le montre la décision unilatérale de Cambadélis dont on pourrait dire qu’il a « lâché » Pierre Laurent. Pour les socialistes quels qu’ils soient, l’avenir en France se joue à l’intérieur du parti socialiste et beaucoup pensent que le PCF comme les écologistes ne comptent plus. François Hollande déjà avait regretté que Claude Bartolone s’allie avec Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse au deuxième tour des régionales en Ile de France.

 

Ensuite il faut revenir à ce qui a fondé le front de gauche. La compréhension que dans le monde actuel il faut construire un rassemblement alternatif aux formations politiques qui s’accommodent de la société dans laquelle nous vivons et qu’il faut construire ce mouvement avec le peuple dans ses représentations multiples.

 

C’est de plus en plus urgent car notre écosystème est en danger et la société qui se met en place, bien loin du modèle français issu de la Résistance, est celle de la pauvreté, de la précarité, de la concurrence, du rejet des autres sur fond de crise sociale et culturelle permanentes.

 

Cette réorientation nécessiterait sans doute un nouveau congrès ! Il faudra attendre trois ans pour cela.

 

 

- Pour une candidature gagnante

Mais rien n’empêche de traiter les questions une par une, en commençant par celle des élections présidentielles de 2017.

 

Jean-Luc Mélenchon est plébiscité par 39 % des sympathisants de gauche devant Martine Aubry, Manuel Valls, ou Arnaud Montebourg. Au-delà du choix de la personne l’importance du soutien témoigne d’une clairvoyance politique. C’est la seule candidature qui porte une alternative à toutes les politiques menées par la droite ou par le PS ; le seul candidat à proposer une autre voie qui permette de combattre la montée des idées d’extrême-droite.

 

L’engagement du PCF permettrait d’amplifier encore cette dynamique en montrant que la cause commune se place au-dessus des égos comme des partis. Il redonnerait confiance à la société civile, à celles et ceux qui souhaitent un rassemblement ouvert, fondé sur l’intérêt général et non pas sur celui de tel ou tel parti.

 

Seul ce rassemblement peut déboucher sur une victoire.

 

En ce moment le commentaire politique sur les intentions de vote place François Hollande et Jean-Luc Mélenchon dans un coude à coude antinomique peu productif. Mais la poursuite d’un soutien en faveur de Jean-Luc Mélenchon pourrait faire apparaître sa candidature comme la seule qui puisse dépasser la barre des 20 % pour offrir un espoir de victoire qui ne ressemble en rien aux précédentes. Un vote utile.

 

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Comment porter l’avenir des idées communistes en 2017

 

- Marie-George Buffet apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon

Invitée ce mardi 28 juin dans l’émission Politique matin diffusée sur LCP, Marie-George Buffet plaide pour un large rassemblement de la gauche et appelle à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

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