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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 08:40
Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Mélenchon se la jouerait homme providentiel et sa candidature serait par la même à bannir. Vous êtes nombreux a estimer qu’il faudrait un homme ou une femme qui ne soit pas « providentiel ». Avez-vous tout compris de ce qu’est l’élection du Président de la République sous la 5eme République ?

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées  par M Garand

- Pas Mélenchon. Ah non ? Et qui alors ? Attendons que les médias vous le disent !

Accepterez-vous de réfléchir sur un point : sous cette république, comme sous toute d’ailleurs, pour en sortir, il faut prendre le pouvoir suivant les règles imposées, ou alors c’est le coup d’État. Même De Gaulle pour basculer la 4ème, a tout de même mis un peu les formes, bien que ce fût, au final, une forme de coup d’État.

 

Hé oui, la médiatico-monarchie de la 5ème République suppose que les candidatures ne soient pas seulement "légales", il faut qu’elles soient en plus légitimes, comme sous tout régime monarchique, celui qui prend le pouvoir doit avoir une forme de légitimité :

Et qui d’après vous construit la légitimité d’une candidature sous la 5ème ? Les partis institués avec le concours des médias. En prenant le parti, on devient chef de "famille ducale", donc Prince et donc légitime pour être fait roi.

 

Si dans une « famille » plusieurs « frères ennemis » prétendent devenir Prince, par la grâce des primaires, les médias sont alors sollicités par la famille et viennent à son secours, pour désigner celui qui sera légitime… parce que désigné par leurs sondages à eux. Voilà qui évite de se poser trop de questions de programme politique, les médias aimant mieux discourir sur la "personnalité" des candidats et leur capacité à faire vendre du papier ou de l’espace publicitaire, voire à faire le "buzz".

 

Je veux bien que la candidature de Melenchon gène certains aux entournures, et pour tout dire, si notre foutue 5ème République autorisait l’émergence de mouvements nouveaux et donc de personnalités nouvelles, à l’instar de ce que les constitutions espagnoles et grecques rendent possible et ont permis, je serais assez partisan d’une candidature d’une femme, ou d’un homme, représentant ce nouveau mouvement.

 

 

- Mais comment ne voyez-vous pas que c’est justement ce que la 5ème interdit,...

avec de nos jours la complicité accrue des médias, et ce n’est pas un hasard, elle a été fabriqué pour ça, pour des hommes (ou femmes) providentiels, ou présentés comme tel par les médias, et pour interdire à toute force nouvelle d’émerger.

 

"Entre nous et les communistes, il n’y a rien" avait déclaré Malraux, se félicitant par avance que les institutions de la 5ème ne permettraient jamais l’arrivée au pouvoir des communistes : ainsi la droite gaulliste tiendrait le manche du pouvoir ad vitam æternam.

 

  • Vous aura t-il échappé que c’est l’effondrement du PCF et l’émergence d’un PS le dominant à gauche qui a changé la donne avec l’aide de la bataille interne à droite (Chirac contrant Giscard en 81) : le tout a permis une alternance, laquelle s’avéra d’ailleurs très vite ne pas être une réelle alternative aux politique libérales, loin s’en faut !
  • Ne voyez-vous pas que c’est le calcul de Hollande et de l’état major solférinien du PS ? Tout tient entre eux et le Front National. Un FN dominant à droite, le rêve pour des socialistes n’ayant que la volonté de tenir le pouvoir, quitte en faire la politique de la droite.
  • Ne voyez-vous pas comment une force politique , car il faut bien l’appeler ainsi, telle que le FN, même en prospérant sur l’incurie de la 5ème et en flattant le fond de xénophobie, de racisme et de reste de colonialisme mal digéré par une part dramatiquement toujours importante de nos concitoyens, atteignant tout de même 1/3 des électeurs, que cette force n’est quasi pas représentée dans les organes de pouvoir de ce pays ? Le PCF lui était arrivé à presque 30% , mais avec une bien plus forte présence grâce aux régime parlementaire de la 4ème et son mode électoral.

 

La 5ème a été conçue pour éviter notamment la « menace communiste » en instituant un régime bipolaire dans lequel une des polarité est considérée impossible.

 

Expliquez moi comment le courant que représente la France insoumise, et qui existe dans l’opinion tout autant qu’en Espagne ou en Grèce, ne peut émerger en France ? La réponse est dans les institutions de la 5ème.

 

Pour sortir de ce système, il convient nécessairement, même si on peut le regretter, de se battre avec les armes que le système impose ? Un peu comme au judo, il faut, de plus, utiliser la force adverse pour le faire tomber. Il faut utiliser la force des médias opposants pour bousculer le système. Nous n’avons pas le choix des armes : Ou alors choisir l’autre modalité, le coup d’état. Qui en veut ici ?

 

 

- Seule une personnalité promue providentielle par les médias peut prendre la 5ème pour la basculer.

Vous pouvez retourner les choses de tout les cotés, vous en reviendrez, hélas, toujours à ce désolant constat. Mais il faut faire avec cette réalité.

 

Si vous avez mieux que Melenchon à nous proposer, personnellement je suis preneur, car je suis bien conscient que les médias vont le dézinguer un max, avec le concours "d’amis", comme certains ici,... les médias en auront la tâche facilitée

 

« Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. »

 

L’homme providentiel qui annonce se retirer dès qu’il a changé les institutions, pour notamment nous débarrasser de la nécessité de passer par un homme providentiel, je prends : il n’y en a pas tant que ça !

 

Mais dites moi, à supposer qu’un autre que Melenchon montre son nez avec autant de talent pour affronter la meute médiatique et arriver à la tenir en respect, croyez-vous que les dits médias lui feraient un cadeau ? Ho si bien sûr, le temps de s’appuyer sur lui pour dézinguer Melenchon, et ce travail fait… ce serait à son tour de se faire dézinguer

 

 

- Et les primaires ?

alors rien de mieux que les médias pour jouer ce jeu de massacre et de promotion d’hommes providentiels. Par sondages, on vous dit quel est le candidat à présenter, en dehors de toute question de programme, et puis, ceci fait, on les démolit au besoin, ou au contraire, on les rend « providentiels ».

 

M. Hollande fut présenté comme providentiel, quand DSK ne pouvait plus tenir ce rôle, pour en tenir un autre tout aussi juteux pour la presse d’ailleurs : Hollande vendu « homme providentiellement normal" afin de nous débarrasser de l’agité Sarko.

 

 

- Et souvenez-vous de 2007 :

Royal été la chouchou providentielle des médias pour les primaires socialistes, la candidate providentielle qui pouvait terrasser Sarko, et du coup les socialistes, qui se croyaient en train de jouer au tiercé, se sont basés sur les pronostics médiatiques pour en faire leur candidate. C’était au dire des médias et d’après leurs sondages, la seule des candidats au primaires capable de battre Sarko, alors pourquoi auraient-ils voté pour un autre de nos rusé socialistes ?

 

Les primaires ne servent qu’à faire devenir réalité les sondages bricolés par les médias.

 

Ceci fait, dés qu’elle fut désignée candidate, les sondages ont subitement "constaté" qu’elle serait battue par Sarko. Ah bon

 

Melenchon vous gène ? alors des noms SVP !

 

J’attends des noms et je suis sûr que je ne suis pas le seul à vous attendre à ce tournant là.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:30
Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

Pierre-Paul Savorgnan de Brazza remettant au roi Makoko le traité de protectorat ratifié par le gouvernement français en 1882 / © UniversalImagesGroup / Contributeur / Getty Images

A la fin du XIXe siècle, la France rêve de mener en Afrique sa "mission civilisatrice". Mais derrière cette noble idée, c’est souvent une course entre Anglais et Français pour des enjeux économiques.

 

Source :  GEO le 02 mai 2016

Du haut de ses 300 mètres, la toute nouvelle tour Eiffel, achevée quelques semaines plus tôt, domine, sur le Champ-de-Mars, la foule qui se presse à l’Exposition universelle de Paris. En ce mois de mai 1889, le monument, le plus haut du monde à l’époque, est le symbole d’un triomphe : celui du progrès technologique, de la civilisation occidentale, et de la IIIe République. Mais la dame de fer n’est pas l’unique objet de fascination pour les 28 millions de visiteurs de l’exposition. Non loin de là, sur l’esplanade des Invalides, une section entière est consacrée à l’une des fiertés du nouveau régime républicain : ses conquêtes coloniales. Les pavillons de l’Algérie, de la Tunisie ou de la Cochinchine plongent le public dans l’ambiance de ces contrées exotiques. Et, clou du spectacle : dans des villages africains reconstitués, plusieurs centaines d’indigènes du Sénégal, du Soudan français (l’actuel Mali) ou du Gabon sont livrés à la curiosité des badauds, telles des bêtes dans un zoo. «D’un côté, la lumière, la modernité, les Droits de l’Homme, de l’autre la part d’ombre, la mise en scène des “villages de la sauvagerie” : c’est tout le paradoxe de la République de l’époque», note l’historien Pascal Blanchard, spécialiste des colonies françaises et cofondateur, avec Nicolas Bancel, de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine (Achac).

 

La large place accordée aux colonies dans l’Exposition de 1889 n’est pas un hasard. Elle révèle l’importance que les dirigeants de la IIIe République prêtèrent, dans les années 1870-1880, à cet axe de leur politique. Certes, l’histoire coloniale française n’est pas née à cette époque, loin de là : «Elle remonte à l’Ancien régime, avec les comptoirs en Afrique et en Asie liés à la traite négrière et au commerce des produits tropicaux, les îles des Caraïbes, les possessions en Amérique du Nord...», rappelle l’historien Nicolas Bancel, lui aussi expert de ces questions.

 

Au XIXe siècle, cet empire avait commencé par reculer, avec la vente de la Louisiane en 1803 et l’indépendance de Saint-Domingue (actuelle Haïti) en 1804, avant de regagner du terrain sous la Restauration et le Second Empire, grâce à la conquête de l’Algérie à partir de 1830. La France met aussi la main sur de nouveaux territoires en Indochine, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et déjà en Afrique subsaharienne, où un début d’expansion est lancé vers l’intérieur du Sénégal et les côtes de la Guinée et du Gabon.

 

 

- Après la défaite de 1870, la France veut redorer son blason

En 1870, alors que vient d’être proclamée la IIIe République, l’ensemble restait toutefois modeste. Le nouveau régime allait poursuivre la dynamique initiée, la renforcer, et surtout lui fournir des arguments nouveaux pour rendre le colonialisme compatible avec les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité hérités de la Révolution.

 

Le contexte, d’abord, y incitait. Marquée par la perte de l’Alsace-Lorraine après la déroute militaire face à la Prusse en 1870, la France, humiliée, avait un besoin urgent de redorer son blason. Au même moment, son autre grand rival, le Royaume-Uni, brillait par son empire immense, qui continuait à s’étendre... Comme les Britanniques, les Français allaient chercher leur grandeur dans l’expansion territoriale – et y trouver à la fois un moyen de redressement de la fierté nationale et un exutoire pour le nationalisme frustré et l’esprit revanchard de l’après-1870. Ce sera le premier moteur du colonialisme républicain.

 

Mais il y a plus. Dans l’esprit de l’époque, la conquête ne devait pas se résumer à une mainmise sur les terres : elle devait aussi viser les peuples. Il s’agissait d’apporter aux régions d’Afrique ou d’Asie les bienfaits de la civilisation moderne, du progrès technique, de l’humanisme... En fait, de mener une «mission civilisatrice ». Cette nouvelle doctrine coloniale, née à partir du milieu du XIXe siècle, se voulait une poursuite de l’abolition de l’esclavage en 1794 puis 1848 (entre ces deux dates, Napoléon l’avait rétabli en 1802), sous les Ie et IIe Républiques. «Cette colonisation ne s’assumait pas comme une entreprise de domination, mais était conçue comme une œuvre de progrès, souligne l’historien Nicolas Bancel. Les hommes de la IIIe République ont repris et porté cette idée, qui les plaçait dans la continuité des républiques précédentes.» Et qui n’était pas incompatible avec le besoin de prestige national, au contraire : la diffusion d’un modèle de civilisation était aussi une façon de rayonner.

 

Cette conception imprègne le discours pro-colonial d’éminents intellectuels, tel Victor Hugo estimant en 1879 qu’«au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme», ou l’économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu, dont le livre de 1874 De la colonisation chez les peuples modernes, réédité jusqu’au début du XXe siècle, est la bible du colonialisme de l’époque. Elle inspire aussi les positions des grands leaders républicains, comme Léon Gambetta et Jules Ferry, qui se sont succédé à la présidence du Conseil au début des années 1880 et initiateurs de l’élan colonial de la IIIe République. Le second, surtout, en reste l’emblème. En juillet 1885, il prononça à la Chambre des députés un discours resté célèbre, déclinant les motifs de la colonisation : à la fois la grandeur nationale (la France «doit répandre [son] influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie») et la nouvelle mission civilisatrice : «Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures.»

 

Cette idée d’une colonisation bienfaitrice – à laquelle certains croyaient dur comme fer – était bien sûr truffée d’ambiguïtés et de contradictions. D’abord parce qu’elle faisait bon ménage avec toute une série d’intérêts bien plus prosaïques. Notamment économiques. L’expansion coloniale, c’était la promesse d’immenses réserves de matières premières (le caoutchouc, le bois et le minerai d’Afrique, par exemple), de zones vierges pour les plantations et l’élevage, de nouveaux marchés, d’une main-d’œuvre encore plus corvéable qu’en Europe, le tout dans un vaste espace de libre-échange où ne flotterait que le seul drapeau tricolore... Ces perspectives alléchantes s’exprimaient à partir des années 1870-1880 dans un vaste lobby colonial, avec des relais jusqu’à la Chambre des députés. «C’est le discours que l’on retrouve dans des organisations comme le Comité pour l’Afrique française, dans les Sociétés de géographie, ou encore dans les milieux économiques des grands ports, comme Bordeaux, porte vers les Antilles et l’Afrique noire, explique Pascal Blanchard. Depuis la fin de la traite négrière, ces ports espéraient un nouvel âge d’or pour partir aux colonies, et celui-ci allait naître dans les années 1870.»

 

Tout le processus de colonisation était sous-tendu par une évidence : celle de l’inégalité des différentes «races» humaines. Parler de «races supérieures» et de «races inférieures», comme Jules Ferry devant la Chambre des députés en 1885, n’avait rien de choquant. «A l’époque, la question de la hiérarchie des races ne se discutait pas, cela faisait partie du sens commun», rappelle Nicolas Bancel. L’idée était validée et renforcée au XIXe siècle par un nouveau discours scientifique, de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, du diplomate Joseph Arthur de Gobineau, en 1855, à certains travaux d’anthropologie qui déduisaient des traits physiques des Noirs (la taille du cerveau par exemple) leur statut de «primitifs ». Et elle se doublait de nouvelles théories évolutionnistes, considérant que les humains «sauvages» (les Africains, par exemple) n’étaient qu’un stade premier des «civilisés» (les Occidentaux). «Lorsque l’on exhibe des hommes noirs dans des villages à l’africaine à l’Exposition universelle de 1889, cela a aussi une logique pédagogique, note Pascal Blanchard. Le thème de l’Exposition est le progrès de l’humanité et on essaie de montrer ses différents stades de développement.»

 

C’est là un argument fort pour la colonisation républicaine. Il légitime la conquête au nom d’idéaux humanistes universels... en même temps qu’il permet de ne pas appliquer ces idéaux aux populations locales, puisque, en quelque sorte, elles ne sont pas encore pleinement humaines. Avant de les civiliser, on peut donc les dominer et décider pour elles. Dans son livre Marianne et les colonies (éd. La Découverte, 2003), l’historien Gilles Manceron qualifie ce tour de passe-passe d’«universalisme truqué» : «La République en France, surtout à partir des débuts de la Troisième, a formulé un discours spécifique qui a fait intervenir les droits de l’homme pour justifier la colonisation et, en réalité, a déformé le message des droits de l’homme pour lui faire autoriser leur violation.»

 

- Pour les nations européennes, la course au drapeau est lancée

L’Afrique noire allait devenir, en cette fin de XIXe siècle, le terrain privilégié de ce nouveau colonialisme, que la France allait étendre sur une large partie ouest du continent, du Sahara au Congo – sans oublier Madagascar. Au départ, dans les années 1870, l’essentiel de cette zone immense était encore vierge de toute présence occidentale et ne représentait pas de véritable enjeu. Pendant des siècles, les Européens s’étaient cantonnés aux côtes, où des intermédiaires locaux les approvisionnaient en esclaves et en produits exotiques, à l’image des Français au Sénégal, à Saint-Louis et à Gorée. Les explorations vers l’intérieur du pays avaient commencé avec le XIXe siècle, s’intensifiant à partir des années 1850, notamment dans la partie sud à l’initiative des Anglais. Les Français, sous l’impulsion du colonel Louis Faidherbe, menèrent dans les années 1850-1860 un début de conquête territoriale et de «mise en valeur» économique vers l’intérieur du Sénégal. Avec des troupes réduites, renforcées par des bataillons indigènes, Faidherbe s’enfonça dans le pays, établit des protectorats et réprima les soulèvements, comme celui des Peuls ou des Toucouleurs.

 

Ces opérations de pionniers n’étaient que des prémices de la ruée vers l’Afrique qui allait débuter dans les années 1870. Avec, cette fois, une logique déterminée de prise de contrôle brutale des terres et des ressources, sur fond d’une concurrence exacerbée entre les différentes puissances européennes, qui servait d’accélérateur, pointe Nicolas Bancel : «Il fallait planter le drapeau le plus loin possible, avant que les autres n’y parviennent. Pour les Français, la rivalité contre les autres pays européens, et surtout les Anglais, fut une dynamique forte de la conquête territoriale. Et comme les Anglais, qui assumaient davantage que les Français les motifs économiques et stratégiques de la conquête, avaient de l’avance, il fallait aller le plus vite possible pour conquérir un maximum de terres.» Jules Ferry, pour qualifier cette fièvre de conquête, utilisera l’expression de «course au clocher».

 

Sur le terrain, loin des grands discours et des belles théories édictées en métropole, l’élan de conquête se déploya de façon urgente et désordonnée, comme dans une sorte de Far West des Européens, où l’on progressait au péril de sa vie à travers d’immenses territoires inconnus, où l’initiative privée et la décision personnelle primaient souvent sur la direction politique.

 

- Entre 1819 et 1890, Paris signe 344 traités de souveraineté

On trouvait sur place des aventuriers cherchant à obtenir une terre pour eux-mêmes, des missions financées par des compagnies privées qui partaient en quête de matières premières et installaient des bases sur les rives des fleuves pour contrôler les voies d’acheminement... Et, bien sûr, l’armée, qui permit d’abord de dessiner une cartographie un peu plus précise de l’Afrique, et ensuite de délimiter les territoires explorés et donc conquis. C’est parmi les militaires que l’on trouve les plus célèbres acteurs français de cette phase de conquête. Comme Joseph Gallieni, qui sillonna dans les années 1880 l’ouest du continent, le Sénégal, le Mali, le Niger, avant de partir soumettre Madagascar. Et surtout l’officier de marine Pierre Savorgnan de Brazza. Cet explorateur d’origine italienne naturalisé français va permettre à son pays d’adoption de se tailler une vaste colonie en Afrique centrale. Avec une escorte composée d’une poignée d’hommes (un médecin, un naturaliste et une douzaine de fantassins sénégalais), Brazza s’enfonça, en 1875, au cœur du continent noir. Finançant la majeure partie de son expédition sur ses propres deniers, il remonta le fleuve Congo et y fonda, en 1882, un établissement français, qui deviendra Brazzaville, capitale de l’actuelle République du Congo. «L’ami des Noirs», comme le surnomme la presse française, réputé pacifique et respectueux, devint l’icône de la colonisation républicaine, venue non pas pour soumettre les peuples, mais pour les libérer – notamment de l’esclavage entre Africains (un homme sur quatre est en servitude à l’époque).

 

Il n’empêche que, même pour Brazza l’humaniste, l’exploration allait de pair avec la domination. Pour s’assurer la mainmise de la France sur les terres et les populations, la méthode principale fut d’abord celle du traité : lorsqu’un chef était identifié sur une région, on signait avec lui un texte par lequel il se plaçait sous la protection et l’autorité de la France. «La France conclut 344 traités de souveraineté ou de protectorat avec des chefs noirs» entre 1819 et 1890, dont les deux tiers après 1880, avance l’historien spécialiste de l’Afrique subsaharienne Henri Brunschwig, dans son livre de 1974 Le Partage de l’Afrique noire. Le plus célèbre est celui signé, en 1882, entre Brazza et le chef du peuple Makoko, par lequel la France s’assura la mainmise sur la rive droite du Bas-Congo.

 

Cette voie «diplomatique» pouvait prévoir diverses contreparties (l’argent ou encore le maintien en place du potentat local...), avait l’avantage d’être pacifique... mais était évidemment fort déséquilibrée, à l’avantage des colonisateurs. Henri Brunschwig précise : «Beaucoup [de traités] n’étaient pas juridiquement valables, soit que les explorateurs, qui n’avaient pas reçu d’instructions et de formulaires, n’eussent pas observé les règles en usage, soit que les chefs noirs n’eussent pas été, selon les normes européennes, aptes à contracter. (…) Souvent aussi les agents des compagnies, les explorateurs ou les aventuriers rédigeaient des accords pour les besoins de leur cause et trompaient volontairement les Noirs.»

 

Mais même faussée, la diplomatie avait ses limites. En cas de résistance, les colonisateurs passaient aux armes. «Il y avait plusieurs degrés d’opposition, explique Nicolas Bancel. La plupart des explorations se faisaient dans des zones sans pouvoir centralisé et sans armée constituée. L’opposition se limitait à l’échelle de villages, et quelques actes de violence pour l’exemple faisaient l’affaire. Mais on pouvait aussi se heurter à des royaumes ou des empires organisés et dotés d’un système de défense. Alors, la conquête se faisait dans l’affrontement. » Ce fut le cas pour les Français, face à l’empire Wassoulou de Samory Touré dans le Haut-Niger, à l’empire toucouleur d’Ahmadou Tall dans l’actuel Mali, ou dans les années 1890, au roi de Dahomey Behanzin, sans oublier Madagascar. Même si, en général, la résistance restait modeste : les Français étaient, sur le plan militaire, largement supérieurs. En revanche, ils ne mobilisaient pas les armées de la métropole : les troupes républicaines en action dans la conquête de l’Afrique étaient constituées principalement... de soldats noirs (pour beaucoup, des esclaves rachetés à leurs maîtres africains), encadrés par des officiers blancs. Une pratique inaugurée par Louis Faidherbe, créateur en 1857 du corps des tirailleurs sénégalais.

 

Dans les années 1880, la course s’accéléra en Afrique. Et d’autres acteurs étaient venus s’ajouter à la France et à l’Angleterre. Au moment où Brazza arrivait sur la rive nord du Congo, de l’autre côté du fleuve, l’explorateur Henry Morton Stanley, missionné par le roi de Belgique Léopold II, posait les bases du futur Congo belge, et fondait, en 1884, Léopoldville, qui deviendra la capitale Kinshasa en 1966. L’Allemagne également venait se mêler au jeu. C’est elle qui accueillit en 1885 la conférence de Berlin, suscitée par la rivalité pour le contrôle du bassin du Congo, où les Européens fixèrent les règles du partage qui allait se poursuivre jusqu’au début du XXe siècle. Aucune autorité africaine n’y fut invitée. Le partage de l’Afrique était exclusivement affaire des puissances européennes.

 

- La politique coloniale était loin de faire l’unanimité

En France, ces années 1880 virent aussi le début d’une vraie politique coloniale structurée, avec la création d’un sous-secrétariat d’Etat aux Colonies en 1882 (le ministère suivra dix ans plus tard, en 1892), la formalisation du Code de l’Indigénat, un ensemble de mesures discriminatoires (taxes, réquisitions, interdiction de circuler la nuit…), mais également l’émergence de tout un discours de propagande coloniale, qui reprenait le mythe de la «mission civilisatrice».

 

Cette propagande mettait en scène l’exotisme des contrées lointaines peuplées de sauvages et convainquait le grand public, au départ peu concerné, de la nécessité de ces colonies. Ce fut l’époque aussi où, après les premières conquêtes, émergea une vision de «l’Afrique française», note Pascal Blanchard : «On imaginait une continuité depuis l’Algérie jusqu’à Madagascar, une sorte d’axe Paris-Alger-Tombouctou-Antananarivo. Cela semblait géographiquement cohérent. Ce n’est pas un hasard si on envisagea, à cette époque, la construction d’un chemin de fer transsaharien [Méditerranée-Niger]... Cette vision restait une utopie, mais elle motiva toute une politique d’exploration et d’investissements sur le terrain.»

 

Enfin, cette époque fut, en France, celle des débats. Car la politique coloniale était alors loin de faire l’unanimité. En 1885, le gouvernement Ferry puis celui d’Henri Brisson en firent les frais à la Chambre des députés : le premier fut renversé en mars à cause de «l’affaire du Tonkin», une déconvenue militaire dans le nord de l’Indochine, tandis qu’en décembre, le second n’obtint qu’à quelques voix près les crédits supplémentaires pour l’occupation de cette même région. Les opposants à la colonisation se retrouvaient des deux côtés de l’échiquier politique. Ainsi des partis comme la droite monarchiste et l’ultra-droite nationaliste voyaient d’un mauvais œil la France disperser ses forces et son argent dans des aventures au bout du monde, alors que la priorité devait aller aux questions nationales – à commencer par la reprise de l’Alsace-Lorraine et la revanche contre l’Allemagne. Et les républicains radicaux, l’extrême-gauche de l’époque, dénonçaient l’entreprise de domination en cours.

 

Parmi eux, des noms aujourd’hui oubliés, comme le farouche anticolonialiste, journaliste et homme politique, Camille Pelletan, mais aussi une célébrité : Georges Clemenceau. Deux jours après le fameux discours-programme de Jules Ferry, en juillet 1885, qui s’inscrivait dans le cadre d’un débat sur la colonisation de Madagascar, Clemenceau mena la charge contre les droits des «races supérieures» avancés par son adversaire lançant un tonitruant : «Races supérieures ? Races inférieures, c’est bientôt dit !» Un discours lucide pour l’époque. Mais qui, face au rouleau compresseur de la «mission civilisatrice», deviendrait bientôt inaudible.

 

Repères

1659 Fondation de Saint-Louis, au Sénégal, sur la côte Atlantique.

1850 Début de la colonisation française en Afrique.

1877 Exploration de la Guinée, qui obtient le statut de colonie en 1891.

1880 L’explorateur Brazza pénètre en Afrique centrale et signe des traités de protectorats avec les chefs noirs. Colonisation du Congo.

1885 Discours de Jules Ferry sur les «races inférieures».

1889 L’Exposition coloniale est organisée à Paris, comme une vitrine de l’empire français.

1893 La Côte d’Ivoire devient officiellement une colonie française.

 1894 Le général Duchesne conquiert Madagascar à la tête de 21 000 hommes.

 

Pour en savoir plus :

- Rétrospective des interventions militaires Françaises en Afrique

- Les crânes oubliés de la conquête de l’Algérie

- Barbarie disent-ils…

- Quand l’Europe chrétienne colonialiste, France et Espagne en tête, donnait des leçons de décapitation et de barbarie aux musulmans

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 08:15

Il y a tout juste un an, en juillet 2015, François Hollande, lors d'une tournée africaine close au Cameroun, reconnaissait la responsabilité de la France (longtemps niée) dans la répression sanglante des indépendantistes de cette ancienne colonie française dans les années 50-60. Il assurait vouloir ouvrir les archives (Quelles archives ? Mystère) concernant les exactions perpétrées en pays bamiléké par l'armée française.

L'annonce fut alors remarquée, la volonté de lever le voile sur cette autre guerre de la honte, saluée. Quid aujourd'hui de cette promesse ? Aucune suite tangible connue.

Une pirouette politique, un simple coup d'épée dans l'eau. Mais on peut compter sur une jeune génération d'écrivains camerounais pour révéler les tenants et les aboutissants de cette guerre soigneusement gardée secrète où, comme en Algérie, le recours aux bombardements, aux villages rasés, aux camps et à la torture fut avalisé.

Si, en 2011, Kamerun ! (enquête de plus de 700 pages solidement documentée)[1], révélait ce pan de l'Histoire méconnu, c'est sur le mode de la fiction que Hemley Boum et Max Lobe se sont emparés de cette réalité pour révéler la farouche résistance d'un peuple et son aspiration inconditionnelle à être libre.

 

Sources : Marianne, les éditions La Cheminante, les éditions Zoé

 

 

"LES MAQUISARDS" par Hemley Boum

Il était une fois la guerre oubliée du Cameroun

- Résumé

Ce roman Les maquisards de Hemley Boum est une bombe à retardement, un choc émotionnel inouï, un phare dans le nuit de la mémoire, une boussole pour l’avenir. Un roman qui révèle à travers une saga familiale bouleversante le rôle éminent du peuple bassa dans la libération du joug de la colonisation au Cameroun. Un pan caché de l’Histoire déployé dans un vécu de chair, de sang et d’amour, sans angélisme ni pathos. Conjuguer le passé au présent pour réenchanter la dignité humaine. Savoir d’où l’on vient et qui a forgé notre avenir. Les Maquisards de Hemley Boum symbolisent tous ceux qui paient le prix fort de notre liberté.

 

En même temps, il traverse l’âme en poussant le lecteur dans les retranchements de ses propres deuils, et espoirs en la suite de l’histoire, celle des personnages du roman, la sienne, la nôtre.

 

Anthropologue de formation, Hemley Boum signe avec Les Maquisards son troisième roman, couronné en 2015 par le Grand Prix d'Afrique noire, remarquable à bien des égards. Dans cette saga familiale au souffle romanesque marquezien (oui, on pense à Cent ans de solitude tout au long de ce récit), la jeune écrivaine s'affirme comme une formidable conteuse, nous emmenant avec une limpidité désarmante dans ce labyrinthe complexe où se croisent les générations, au cœur de la forêt bassa, lieu de maquis. Hemley Boum brosse les destinées des petites gens, acteurs invisibles de la résistance, au même titre que celles des figures historiques - dont Ruben Um Nyobè, dit «Mpodol», leader de l'Union des populations du Cameroun (UPC). Les Maquisards embrasse réalités sociales, politiques, traditionnelles et spirituelles de l'époque, échappant ainsi à la caricature anticolonialiste pour mieux exalter le panache et le courage de tout un peuple face à l'oppresseur. Fortes, braves, tout feu, tout flamme, les femmes, potomitan de la lutte, charpentent ce roman et donnent lieu à l'esquisse de riches personnages.

 

- Par : Hemley Boum

Éditions : La Cheminante

Pages : 392

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Editions La Cheminante

Format: : 14x19 cm

ISBN : 9782371270220

Prix TTC : 22 €

 

Note :

[1] Kamerun ! : Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, La Découverte, 744 p., 26 €.

 

 

"CONFIDENCES" par Max Lobe

Il était une fois la guerre oubliée du Cameroun

- Résumé

C'est aussi une femme qui se fait le porte-voix de cette guerre dans Confidences, le dernier roman de Max Lobe. Originaire de Douala, comme Hemley Boum, installé en Suisse, le jeune écrivain, de retour au pays le temps d'un voyage, donne la parole à Mâ Maliga. Porteur du devoir de mémoire, ce dialogue intimiste entre une grand-mère qui a vécu l'avènement douloureux de l'indépendance camerounaise et un jeune exilé à la recherche de l'histoire non dite fait défiler les événements : la lutte acharnée, la dévotion de tout un peuple au héros charismatique Mpodol, les petites histoires de vie imbriquées dans la grande Histoire. Par petites touches, et à grands coups de matango (vin de palme), Mâ Maliga dévoile la «vraie vérité» de cette période et fait resurgir le temps perdu des peurs, du courage, des collabos, des têtes coupées ou de la terrible vie dans les camps. Portée par un verbe vif et cocasse, sa gouaille emprunte à une langue métissée, imagée, réinventée, et sait transformer les souvenirs, malheureux ou drôles, en un livre d'histoire épique.

 

- Par : Max Lobe

Éditions : Zoé

Pages : 288

Parution : février 2016

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Zoé

Format : 14x21 cm

ISBN : 978-2-88927-312-6

Prix TTC : 20,5€

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 08:29
Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

Il n’existe aucun rapport entre la politique française au Proche-Orient ou au Sahel et les attentats dont elle a été, et est encore la victime : telle est la doxa qui domine à Paris.

Ce ne seraient pas les guerres que la France mène « là-bas » qui provoqueraient des répliques meurtrières sur son sol, mais la haine de « nos valeurs », de « nos idéaux », voire du mode de vie hexagonal.

Ce ne serait pas non plus les "victimes collatérales" qui créeraient de nouvelles générations de futurs candidats potentiels au "martyr"(NDLR) [6].

Pourtant, toute l’histoire récente enseigne le contraire.

 

Sources : Orient XXI  par Alain Gresh&Jean-Pierre Séréni le 17 décembre 2015 modifié le 9 août 2017

Au temps des colonies, le scénario des expéditions militaires outre-mer était simple : la guerre se déroulait exclusivement sur le territoire de la victime et l’agresseur n’imaginait pas que ses villes et ses villages puissent être la cible de contre-attaques ennemies. Non sans raison. La supériorité de ses armements, sa maîtrise absolue des mers et l’absence de toute «  cinquième colonne  » active sur son sol l’interdisaient. Le Royaume-Uni et la France ont conquis la presque totalité du globe au XVIIIe et au XIXe siècle selon ce schéma très différent des guerres européennes où les destructions, les morts et les blessés n’épargnaient aucun pays ni aucune population civile en dehors de l’insulaire Royaume-Uni.

 

Désormais, il n’en va plus de même. Certes, la bataille reste toujours inégale, même si l’Organisation de l’État islamique (OEI) dispose d’un territoire, administre des millions d’habitants et défend ses frontières. Mais un équilibre de la terreur s’ébauche et les spécialistes parlent de «  guerre asymétrique  », les uns ayant des avions, des drones et des missiles, les autres maniant Internet, l’explosif et la «  kalach  ». «  Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins  », expliquait en substance Larbi Ben M’Hidi, l’un des chefs de l’insurrection algérienne arrêté en 1957 à ses bourreaux qui lui reprochaient de déposer des bombes camouflées dans des couffins[1].

 

Les ennemis de la France ou des États-Unis, que ce soient des États ou des organisations politico-militaires, ne sont plus impuissants au-dehors et peuvent désormais atteindre d’une façon ou d’une autre le territoire d’où partent les opérations qui les visent, comme on vient encore de le voir à San Bernardino en Californie où 14 civils ont payé de leur vie la vengeance d’un couple inspiré par l’OEI que l’US Air Force combat à plusieurs milliers de kilomètres|2].

 

 

- De la guerre Irak-Iran au conflit algérien et aux bombardements contre l’OEI

Moins de 25 ans après la fin de la guerre d’Algérie avec son long cortège de fusillades, de sabotages et d’attentats en métropole, la France fait à nouveau connaissance avec le terrorisme. Le 17 septembre 1986, au 140 de la rue de Rennes, à Paris, face au magasin populaire Tati, une poubelle municipale en fer explose  ; bilan : 7 morts et 55 blessés. C’est le dernier d’une série de 14 attentats commis en moins d’un an par un mystérieux «  Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient  ». L’intitulé cache le véritable objectif de son «  cerveau  », Fouad Ali Saleh, un Tunisien converti au chiisme, qui cherche moins à libérer ses camarades emprisonnés qu’à faire cesser le soutien militaire de Paris à l’Irak dans le conflit meurtrier qui l’oppose à la République islamique d’Iran depuis 1980.

 

Élu en mai 1981, François Mitterrand ne cache pas son penchant pro-irakien. Mais l’attentat de l’immeuble Drakkar à Beyrouth occupé par l’armée française (58 parachutistes tués) le 23 octobre 1983 et attribué à des groupes liés à Téhéran le pousse à autoriser la livraison de munitions aux forces armées iraniennes. Celles-ci sont équipées en petite partie de matériel français livré avant la chute du chah en 1979. Cinq cent mille obus de 155 et 203 mm sont acheminés vers l’Iran par le biais de pays sud-américains et balkaniques qui fournissent des certificats de complaisance. Avec la victoire de Jacques Chirac et de la droite aux élections parlementaires de 1986 commence la «  cohabitation  ». Le ministre de la défense, André Giraud, ordonne l’arrêt immédiat de toute livraison de munitions à destination de l’Iran et livre à la justice les protagonistes de ce qu’on appellera «  l’affaire Luchaire  »[3]. La réponse iranienne aura lieu rue de Rennes.

 

Depuis l’interruption des premières élections législatives libres en Algérie en décembre 1991, soldées par la victoire du Front islamique du salut (FIS), Mitterrand et son gouvernement oscillent entre le soulagement — les islamistes ne sont pas au pouvoir — et la dénonciation du putsch, contraire à leurs principes.

 

En mars 1993, Édouard Balladur devient premier ministre. En décembre 1994, un Airbus d’Air France est détourné à Alger et se pose à Marseille où le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) le prend d’assaut sans qu’il ait pu atteindre son objectif : s’écraser sur la Tour Eiffel. Charles Pasqua, nouveau ministre de l’intérieur, avait rompu avec l’attitude de son prédécesseur socialiste qui fermait les yeux sur les complicités agissantes dont bénéficiaient le Groupe islamique armé (GIA) en France dans la diaspora algérienne. Il avait lancé des opérations de répression, multiplié les perquisitions et les assignations à résidence contre les soutiens plus ou moins discrets du GIA, obligés alors de quitter la France pour la Suisse ou la Belgique.

 

Entre juillet et octobre 1995, une nouvelle vague de 8 attentats vise l’Hexagone. Le plus meurtrier, le 25 juillet 1995 à la station Saint-Michel du RER B à Paris, fait 8 morts et 55 blessés. Attribués au GIA, ces attentats font encore suite aux prises de position politique de Paris vis-à-vis de la guerre civile algérienne. Le nouveau président de la République, Jacques Chirac, élu en 1995, comprend parfaitement le message et se place en retrait par rapport à l’Algérie, celle du président Liamine Zeroual comme celle des islamistes.

 

Janvier 2015. Moins de 5 mois après le début des bombardements français sur l’Irak, Paris est à nouveau ensanglanté par le terrorisme. Si les deux agresseurs de Charlie Hebdo sont mus par l’intolérance religieuse la plus extrême, Amedy Coulibaly, celui de la supérette cacher de la porte de Vincennes prétend venger les victimes de l’intervention française dans son pays d’origine, le Mali. Le 13 novembre, moins de 3 mois après l’extension des bombardements à la Syrie, l’OEI revendique les fusillades meurtrières de l’Est parisien (130 morts, plus de 400 blessés)[4].

 

- Inflexions de la politique de Paris

Comme on le voit, les attentats, aussi condamnables soient-ils, ne peuvent se comprendre (et donc se combattre) que dans un cadre politique et diplomatique. Après le 11 septembre 2001, et surtout la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Irak en mars 2003, le sol européen est à nouveau un objectif : deux attentats majeurs frappent Madrid en mars 2004 et Londres en juillet 2005. Ils ne visent pas «  le mode de vie  » occidental, mais deux pays parmi les plus actifs de la coalition qui démolit l’Irak. La France est épargnée, sans doute grâce, entre autres, au discours anti-guerre du 14 février 2003 de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, au Conseil de sécurité des Nations unies.

 

On ne mesure pas à quel point les guerres menées par les Occidentaux dans le monde musulman nourrissent une haine qui dépasse très largement les cercles extrémistes. Les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés, les tortures d’Abou Ghraib, les «  dommages collatéraux  », les tirs de drones — tous concentrés sur les pays musulmans — alimentent la propagande de l’OEI dénonçant une guerre des «  Croisés  » contre l’islam et une impunité aussi injuste qu’unilatérale : aucun des responsables américains de la catastrophe irakienne n’a été jugé, ni même inquiété par la Cour pénale internationale (CPI).

 

Au Proche-Orient, la voix de la France a perdu cette petite musique qui faisait sa spécificité. Paris s’est aligné, après 2003, sur les États-Unis dans les dernières années de la présidence de George W. Bush, a entériné l’occupation de l’Irak, est intervenue militairement en Libye, au Mali, en RCA, et finalement en Irak puis en Syrie. Son appui va — sans réserve publiquement exprimée — à l’écrasement du Yémen par l’Arabie saoudite, à laquelle elle fournit de l’armement. Aucune autre puissance occidentale, à l’exception des États-Unis, n’est aussi présente militairement en terre d’islam. Et quand Paris fait entendre sa différence, c’est pour critiquer le président Barack Obama, jugé trop souple avec l’Iran sur le dossier nucléaire et insuffisamment interventionniste à ses yeux en Syrie.

 

Sans oublier l’infléchissement français sur le conflit israélo-palestinien. Depuis l’écrasement de la seconde intifada par les chars israéliens en 2002-2003, l’opinion a assisté, souvent en direct à la télévision, aux attaques massives contre Gaza en 2008, 2012 et 2014. À chaque fois, le gouvernement français, de droite comme de gauche, les a entérinées au nom du « droit dIsraël à se défendre   ». Comment le Quai d’Orsay, à l’instar de nombre d’intellectuels, peut-il prétendre que la rage contre l’Occident et contre la France ne résulte pas aussi du drame palestinien  ? Le général américain David Petraeus, alors chef du Central Command[5], était plus lucide :

 

" Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violence et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des États-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples de cette zone et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps, Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. "

 

 

L’oubli du lien entre la politique étrangère menée dans le monde arabe et le développement du djihadisme amène une cécité qui explique quinze ans d’échec de la «  guerre contre le terrorisme  ». Cette omission paralyse la réflexion stratégique et entraine la France dans un engrenage infernal dont elle ne peut que payer le prix fort[2] [4].

 

Note :

[1] Larbi Ben M’hidi, un symbole national

[2] mais aussi l'attentat de Nice en France en juillet 2016

[3] NDLR. Scandale de ventes occultes d’armes à l’Iran par la société d’armement Luchaire et de reversement de commissions occultes aux partis politiques français dans les années 1980.

[4] attentats 2015 en France :

- 7 et 9 janvier 2015 : les attentats de «Charlie Hebdo» et de l’Hyper Cacher

Les frères Chérif et Saïd Kouachi pénètrent au siège de Charlie Hebdo, dans le XIarrondissement, et abattent à la kalachnikov 12 personnes, dont les dessinateurs Wolinski, Cabu, Charb et Tignous, ainsi que deux policiers. Retranchés le surlendemain dans une entreprise de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ils sont abattus par le GIGN. Le 8 janvier, Amédy Coulibaly tue une policière municipale et blesse un agent municipal à Montrouge (Hauts-de-Seine) puis prend plusieurs personnes en otages le lendemain, dans une épicerie casher de la Porte de Vincennes, à Paris XXe. Il tue 4 personnes et est abattu dans l’assaut du Raid.

- 13 novembre 2015 : 130 morts dans des attaques coordonnées

Trois attaques ont lieu durant la même soirée à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). A proximité du Stade de France, pendant un match amical opposant la France à l’Allemagne, trois kamikazes se font exploser, faisant une victime. Un peu plus tard dans la soirée, trois hommes mitraillent des terrasses de cafés et restaurants des Xe et XIe arrondissements de Paris. Dans ce même XIe arrondissement a lieu une longue prise d’otages, au Bataclan, où 1 500 personnes assistent au concert des Eagles of Death Metal. Le bilan total de cette nuit sanglante s’élève à 130 morts. Le lendemain, les attaques ont été revendiquées par l’Etat islamique.

[5] Le Central Command, le plus important des cinq commandements régionaux américains, couvre le Proche et Moyen-Orient. Discours prononcé devant le Sénat le 25 mars 2010.

[6] Au moins 56 civils tués dans des raids de la coalition en Syrie

 

 

- Point de vue

Que le Président de la République aille en Irak dans une période de crise, pourquoi pas. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est l’annonce du président Obama de la formation d’une grande coalition pour engager la troisième guerre d’Irak ; c’est une décision, je pèse mes mots, absurde et dangereuse. Pourquoi ? Parce que il serait temps que les pays occidentaux, l’Europe et les États-Unis, tirent les leçons de l’expérience depuis l’Afghanistan. Ça fait 13 ans nous avons multiplié les interventions militaires : Afghanistan, Irak, Libye, Mali, pour quel résultat ? Il y avait en 2001 un foyer de crise terroriste central. Aujourd’hui, il y en a près d’une quinzaine. C’est dire que nous les avons multipliés, je dis bien NOUS les avons multipliés. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui l’État Islamique, Daesh, comme le disent les anglo-saxons, c’est l’enfant monstrueux de l’inconstance et de l’arrogance de la politique occidentale. Guerre en 2003 irréfléchie, départ en 2011 précipité, et puis soutien jusqu’au bout au régime d’un Premier ministre irakien, monsieur Al-Maliki, qui a fait le jeu confessionnel en opposant les chiites aux sunnites. De la même façon, en Syrie, nous avons lâché les opposants, les rebelles syriens au milieu du guet faisant le jeu à la fois du régime de Bachar el-Assad, et en même temps des extrémistes djihadistes. Faut se rendre compte qu’aujourd’hui la montée en puissance de l’État Islamique à grande vitesse – ils étaient quelques milliers il y a quelques mois, aujourd’hui on en dénombre entre 20 et 30 000 – et bien c’est la conséquence de nos incohérences.

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 08:27
Comment porter l’avenir des idées communistes en 2017

Des milliers de communistes décident de s’engager hors parti en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce un crime ?

Non ! C’est la révélation que la forme « parti » n’est plus à même de s’imposer sans convaincre à la conscience de chacun.

Avec « la France insoumise » 2017 va expérimenter des formes politiques nouvelles. En tant que communistes, nous voulons en être.

 

Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 03 juillet 2016

Le commentaire porté par Jean-Luc Mélenchon sur les élections en Espagne [1] a troublé et mécontenté nombre de communistes. Je ne suis pas sûr que son interview pourtant claire et précise dans Médiapart suffise à lever ces craintes. Comme communistes, nous devrions débattre de ces peurs générées par des propos que nous suspectons immédiatement d’être une injure à notre égard. L’avenir des idées communistes est-il si évident que nous puissions nous dispenser de ce débat ?

 

 

- Jean-Luc Mélenchon dit deux choses :

  • D’abord que l’union entre Izquierda Unida et Podemos n’a pas produit de « plus ».

C’est vrai. Il suggère que c’est cette union elle-même et la présence des communistes en son sein qui posent problème. Pouvons-nous rejeter cette hypothèse en criant à l’anticommunisme ? Peut-être, mais c’est une donnée que nous ne pouvons négliger. Quand des candidats communistes aux élections présidentielles font moins de 2 % c’est l’audience nationale des communistes qui est mis en cause.

 

 

- L’intelligence de la stratégie du front de gauche était de nous avoir rendu une image de force utile au changement par notre volonté de rassembler plus large que nous, au service de la transformation sociale.

Il ne faut pas injurier les citoyens ; ils sont conscients de ce qu’ils font. Toutes les alliances marchent mal. Quand Olivier Besancenot et Arlette Laguiller se sont alliés en pensant que leurs scores aux élections s’additionneraient, le résultat a déçu leurs espoirs : 5+5 n’ont pas fait 10 mais 5% seulement. Plus près de nous aux élections régionales les alliances avec EELV ont permis dans le meilleur des cas au front de gauche de retrouver seulement son propre score, comme Podemos.

 

 

- Toutes les alliances qui apparaissent guidés par des intérêts de parti sont rejetées.

Là encore le front de gauche a pu séduire la société civile et de nombreux citoyen-ne-s parce que ce rassemblement démontrait que des organisations politiques étaient capables de mettre un objectif politique commun au-dessus de la défense de leur « boutique ».

 

C’est pourquoi une alliance PCF/ Jean-Luc Mélenchon n’aurait pas la même signification qu’en Espagne car je crois qu’elle serait ressentie comme la continuité du front de gauche qui reste pour l’instant inscrit dans les consciences de nombreuses personnes.

 

 

  • Le deuxième jugement porté par Jean-Luc Mélenchon établit que le risques d’une alliance avec le PCF n’existe pas pour 2017. En tant que « pronostic » est-ce vrai ou faux ?

- Qui peut dire aujourd’hui si Pierre Laurent proposera aux communistes de soutenir cette candidature ?

Je vois, pour ma part, tous les efforts de la direction pour imaginer le moyen de « sauter » l’étape présidentielles pour ne s’occuper que des élections législatives.

 

Jean-Luc Mélenchon par ailleurs ne dit pas qu’il ne veut pas du PCF ; il dit qu’à son congrès celui -ci a rejeté massivement sa candidature, est-ce vrai ou pas ? Dans Médiapart il rappelle que sa porte est grande ouverte et que sa candidature n’est pas anti parti mais hors parti.

 

 

- Toutes ces réflexions devraient amener les communistes à réfléchir aux formes nouvelles de l’engagement en politique.

On n’est pas forcément « coupables » de trahison quand on s’engage hors parti au service des mêmes valeurs que celles qui nous ont fait agir en société toute notre vie.

 

Avant de donner mon opinion sur cette question je veux faire une parenthèse sur un autre procès fait à Jean-Luc Mélenchon par d’autres communiste.

 

Sa formule « l’Europe on la change ou on la quitte » serait inacceptable. On ne dit pas pourquoi d’ailleurs. C’est le fait même de procéder par formule qui semble exécrable. Mais cette formule a-t-elle un contenu ?

 

 

20

- Nous savons que la transformation sociale nécessité un programme radical rompant avec les logiques financières et un rassemblement majoritaire dans le pays pour le porter. Mais nous savons aussi que cela ne suffit pas car pour appliquer un tel programme il faut affronter Bruxelles et les traités européens.

Jean-Luc Mélenchon dit clairement qu’il faut procéder par étapes. Que la première étape est de renégocier. Il est même optimiste sur le résultat de cette négociation compte tenu du poids de la France en Europe. Mais si les traités ne sont pas changés on fait quoi ? On signe comme en Grèce ? On passe outre ?

 

Cette question est cardinale. On n’en trouve pas trace dans la position du PCF qui dit vouloir refonder l’Europe, avec de bonnes propositions d’ailleurs, mais sans jamais indiquer comment on règle les différents avec Bruxelles.

 

 

- La situation provoque du désarroi chez les communistes.

Beaucoup malheureusement rendent leurs cartes. Mais comment ne pourraient-il pas être déboussolés puisque c’est la stratégie du PCF qui change. Dans le vote intervenu sur les textes présentés au congrès seul un communiste sur deux a voté le texte de la direction. Celle-ci a dit que les communistes avaient manifesté ainsi leur rejet des primaires. Mais ce rejet des primaires est avant tout un rejet de toute alliance avec le parti socialiste. Et la direction du PCF, minoritaire sur cette question, continue pourtant de proposer X nouvelles formes de primaires. Pierre Laurent a même « théorisé » l’alliance avec le PS en la fondant sur le compromis entre le courant transformateur et le courant réformiste. Elle prépare sans aucun doute des alliances avec le PS aux législatives pour « cause de deuxième tour ». Cette stratégie ne peut conduire le PCF qu’à devenir un nouveau MRC.

 

Seule notre autonomie et notre radicalité peuvent nous garantir un retour d’audience nationale en phase avec le mouvement social où les « nuits debout » qui savent quelles sont les forces qu’on affrontent et qui n’en rabaissent pas, pour autant, sur leurs exigences.

 

 

- Alors comment être communiste aujourd’hui à quelques mois de la présidentielle ?

Mais d’abord en pensant aux autres, à tous les autres. Toutes celles et tous ceux qui souffrent de cette politique. Toutes celles et tous ceux qui rêvent d’une autre République, d’une autre démocratie, d’une autre société, d’un autre monde et qui veulent trouver dans l’isoloir un bulletin qui leur donne une chance d’exprimer leur souhait. Ce bulletin ne peut être ni celui de Hollande ni celui de Sarkozy ni celui de le Pen.

 

 

- Voilà pourquoi j’ai décidé avec d’autres de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Je ne « l’épouse pas » comme il a dit lui-même. Je décide librement du combat que je veux mener pour conserver une chance de transformation sociale dans notre pays.

 

Il faut faire 51 % ? Oui. Et pourquoi ne serait-ce pas possible avec cette candidature ?

 

Quand Marie-George Buffet en 2005 au début de la campagne sur le projet de traité constitutionnel affirmait que le « Non » l’emporterait, elle était bien seule à le dire. Et nous nous sommes battus. Et le « Non » l’a emporté. Alors aujourd’hui, on jette l’éponge avant le combat ? On rejoint toutes ces Pythies du désespoir ? On « sauve les meubles » en prétendant par exemple que les parlementaires sont décisifs puisqu’ils font les lois. Vraiment ? Mais dans cette cinquième république c’est l’Elysée avec le 49-3 qui fait les lois. Et, semble-t-il, seule la rue peut l’en empêcher, peut-être.

 

 

- Reste l’avenir des idées communistes.

Ces idées peuvent être essentielles si elles s’organisent pour faire converger une analyse marxiste de la société contemporaine et les valeurs de l’humanisme dans toutes ses dimensions en commençant par la préservation de notre écosystème.

 

Ces idées sont-elles celles de l’avenir. Pour moi je le pense et c’est pour cela que je me suis engagé dès 1970.

 

Ces idées pourront-elles continuer à s’incarner dans un parti politique ? Ce n’est pas sûr et ce n’est pas une obligation. Combien de partis communistes restent influents dans le monde et quelle est la société qu’ils mettent en place lorsqu’ils sont au pouvoir ?

 

 

- Seules des personnes, innombrables, peuvent faire vivre ces idées communistes dans l’action ; dans la rue, dans l’entreprise, dans les votes et dans l’expression citoyenne. 

C’est pour cette raison, compte tenu des tergiversations de « notre » parti, que nous avons décidé à plusieurs de lancer la pétition « Communiste, je soutiens la candidature de Jean-Luc Mélenchon ».

 

 

- Il est indispensable, croyons-nous, que des milliers de communistes s’investissent dans « La France insoumise ».

C’est le seul moyen pour que leurs idées soient bien partie prenante dans la campagne de 2017. Ils et elles le feront hors parti ; et alors ? Les partis ont-ils démontré qu’ils étaient à même, seuls, de changer la société ?

 

Et notre insoumission de communiste est marquée du refus de se soumettre à qui que ce soit. De plus en plus de communistes et d’anciens communistes se regroupent, créent parfois des groupes d’appuis « jlm 1017 ». Ces groupes sont largement ouvert à toutes et tous. Personne ne les « pilote ». Mais ils constituent une nouvelle façon de faire de la politique, sans tutelle, et dans un cadre général dont ils contribueront à l’organisation.

 

Si Pierre Laurent décide de proposer au PCF de rejoindre cette campagne, et bien ces milliers de communistes y seront déjà. S’il décide de ne pas prendre position et bien ces milliers de communistes porteront leur drapeau dans le combat commun.

 

La voie est étroite ?

Mais c’est la seule, pour moi, qui dans le contexte actuel permet de se respecter en tant que communiste.

 

Notes :

 

[1] - Jean Luc Mélenchon : Du Brexit et de Madrid, perplexe mais motivé

[1] - Jean-Luc Mélenchon : Madrid entre les dents

 

Pour en savoir plus :

- Présidentielle 2017 : le PCF plus isolé que jamais

- Législatives 2017 : Pierre Laurent plaide pour des alliances au cas par cas dans les circonscriptions

- Présidentielles 2017 : Pierre Laurent (PCF) prêt à une candidature commune avec Montebourg

- Mélenchon 2017 : la grande peur du parti communiste

- Choix raisonné de Frédérick Genevée, dirigeant communiste, en faveur de JLM

- Soutien à JLM de l'historien communiste Claude Mazauric

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:10
Entretien avec Jean-Luc Mélenchon le 3 juillet 2016

Brexit, Podemos, avenir de l’Europe et des États-nations, loi sur le travail et violences policières… Le candidat Mélenchon analyse l’actualité européenne et sociale, s’explique sur sa stratégie et dévoile ses premiers axes de campagne en vue de 2017.

Un mois après le lancement de sa campagne place de la Bataille-de-Stalingrad à Paris, l’ancien candidat du Front de gauche de 2012 s’installe dans son nouveau costume de candidat de « la France insoumise » de 2017, ce « parti sans mur » auquel il croit désormais. Jean-Luc Mélenchon n’a plus à composer avec les contraintes de cartel, et s’est lancé à l’assaut de l’Élysée en assumant d’être « hors parti ». Dans un entretien à Mediapart, il réagit aux actualités européennes et sociale récentes, et affirme l’importance, aux côtés de l’écologie, de la nation et du souverainisme populaire dans sa réflexion programmatique.

 

Sources : Le site du Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 5 juillet 2016

- Une semaine après le Brexit, comment expliquez-vous le fait que, contrairement à 2005 en France, il n’y ait pas eu de « Non de gauche » ?

En 2005, c’est parce qu’une partie de la gauche et de nombreux socialistes se sont engagés à ciel ouvert que le terrain de la critique de l’Europe libérale n’a pas été abandonné aux seuls nationalistes d’extrême droite. Du coup, le débat dans la société a pu aussi devenir un débat dans le mouvement socialiste qui comptait bien l’étouffer. Cela dit toute l’importance d’assumer publiquement ses convictions. Si Jeremy Corbyn [le chef de file des travaillistes britanniques - ndlr] était vraiment partisan du Brexit, il fallait qu’il l’assume. Car il affronte maintenant ce à quoi il croyait échapper : une crise de son organisation. Il s’est coupé de l’appui des milieux populaires qui ont voté, sans lui, contre les prises de position de la droite de son parti. C’est donc une erreur totale d’avoir abandonné à la droite extrême et à l’extrême droite l’électorat de gauche hostile à l’Europe libérale. Aussi, faute de point d’appui, je ne me suis pas impliqué sur place dans ce débat.

 

Cela dit, la question reste entière de savoir quelle doit être la position de gauche en Angleterre. Car elle n’est pas dans la zone euro, n’applique pas la plupart des règles communautaires et elle a même posé son « opt out » sur la plupart des seuils sociaux des traités européens. Et qu’elle soit dedans ou dehors, l’Angleterre s’est toujours opposée à toute avancée vers une Europe sociale… Mais je ne m’attendais pas à ce que disparaisse la voix de la gauche. Une occasion historique de tourner la page du blairisme est perdue. Car la question de l’Europe met à nu et à vif la contradiction existant entre la gauche fidèle à son programme progressiste historique et les usurpateurs qui sont les gérants enthousiastes de l’ordre établi. Il ne faut jamais manquer une occasion d’isoler ces derniers dans le peuple. C’est du vote populaire que doit venir la défaite du « social libéralisme ». Pas des intrigues des congrès truqués du PS.

 

 

- Le vote a des conséquences sur la direction du vent qui souffle sur l’Europe. Après les moments grecs ou espagnols, où le refus de l’austérité se faisait sentir, c’est désormais celui des replis identitaires…

Le bilan est en effet très contrasté. Je récuse le concept de repli identitaire qui stigmatise la résistance sociale contre la perte des acquis sociaux du pays. Le point positif, c’est que la question européenne va être centrale dans la campagne présidentielle. En 2012, je ne suis pas arrivé à faire entrer ce débat dans l’agenda de la campagne. Je m’étais fait couper l’herbe sous le pied par le fait que François Hollande avait dit très tôt qu’il renégocierait le traité de stabilité accepté par Sarkozy (TSCG). Par conséquent, bien des gens se sont dit “en réalité ils disent la même chose”. Alors mon point de vue est apparu comme une méfiance exagérée. En réalité, François Hollande savait déjà qu’il ne renégocierait rien et trahirait tous ceux qui ont voté pour lui. La première marche du Front de gauche après 2012 a été contre l’adoption de ce traité par le parlement à Versailles…

 

Hollande n’a pas changé. Encore samedi dernier quand nous avons été reçus à l’Élysée avec mes camarades du PG, François Hollande et Jean-Marc Ayrault nous ont dit que leur projet après le Brexit, c’est une intégration plus avancée de certains pays à l’intérieur du cadre déjà existant. Leurs priorités : un cadre budgétaire contraignant dans la zone euro et une défense commune. Ce sont des éléments de désintégration de la puissance de la nation française et de son contrôle populaire. Je précise que quand je parle de “nation”, je parle du peuple français.

 

 

- Vous allez mener campagne sur la sortie des traités ?

Pour l’instant, on voudrait nous enfermer dans la dialectique du diable. Soit on est hostile à l’Europe actuelle et on est immédiatement assigné xénophobe ou anti-européen. Soit on est favorable à l’idée d’une union continentale, et on doit immédiatement avaler la mondialisation heureuse, les politiques d’équilibres budgétaires, la règle d’or, l’Otan et la guerre avec la Russie. Aucun esprit libre ne peut trouver son compte dans une alternative pareille. C’est ce qui m’a amené à tracer la feuille de route avec un plan A et un plan B. Le plan A prévoit qu’on rediscute des traités. Tout le monde doit en sortir en Europe. Si c’est refusé, il ne faut céder à aucune des menaces, chantages ou violences habituelles de l’Europe allemande. Il faut être prêt à sortir de cette camisole de force. La nouvelle assemblée devra fixer le mandat de négociation et le peuple français sera ensuite appelé à se prononcer sur le résultat de la négociation. D’un bout à l’autre du processus le peuple décidera.

 

Après le Brexit, s’il y a de nouvelles représailles, elles ne seront pas contre la liberté du commerce et la finance – la City est bien trop importante pour eux, mais contre les États-nations. D’un point de vue français dans l’histoire longue, que l’Irlande soit réunifiée ou l’Écosse indépendante, fût-ce sous le prétexte de rester dans l’UE, c’est très confortable. Mais attention à la boîte de Pandore qu’on ouvre ! Car ensuite viendront tout aussi légitimement la Catalogne, la Flandre belge… En Europe, certaines nations sont des constructions récentes. Les royaumes sont par nature hétéroclites. Et les eurolâtres sont très friands de la mise en cause des États-nations. Après la destruction des acquis sociaux, la pente vers la destruction de la souveraineté nationale des peuples est déjà bien prise. Est-on prêt à voir bouleverser toutes les frontières en Europe ?

 

 

- Marine Le Pen demande désormais un référendum sur la sortie de l’UE, et non plus de la seule zone euro. On voit mal comment le sujet ne sera pas porté médiatiquement pendant la campagne présidentielle. Comment allez-vous y répondre ?

Je vais mener une bataille de conviction. Elle sera compliquée, comme le sont toutes celles qui demandent un peu de subtilité et nécessitent de sortir du noir et blanc. Mme Le Pen s’est collée à la distance d’une feuille de papier à cigarettes d’à peu près tout ce que nous disons sur le sujet. Elle sait bien l’importance de l’enjeu : qui va prendre la tête de la critique de l’UE ? Car ceux-là organiseront le futur au moment où tout le système va s’écrouler. Qui dirigera alors ? Les “éthnicistes nationalistes” ou les humanistes républicains ?

 

La position de Mme Le Pen est un nationalisme très étroit, qui renonce à toute politique européenne. Moi, je resterai ancré dans la stratégie “Plan A/Plan B”. Ma position, ce n’est ni l’allégeance aveugle, ni l’enfermement, revenant à renoncer à toute ambition pour mon pays. Pour quelles raisons abandonnerions-nous le continent à la domination du gouvernement allemand ? Ce serait historiquement irresponsable. L’Europe du Sud peut renverser la table si nous, la France, nous avons un projet clair et proposé en pleine lumière à tous les peuples d’Europe. On verra alors dans l’Europe de l’Est nombre de pays vouloir desserrer l’étau dans lequel ils sont.

 

 

- En 2012, vous représentiez le Front de gauche. Cette fois, vous vous présentez au nom de la “France insoumise”, sans le mot gauche…

Depuis 2012, on s’est présenté parfois comme la « vraie gauche » à cause de l’écœurement que la « gauche officielle » soulevait. Mais cela nous relègue, dans le système médiatique, à l’extrême gauche. Or nous ne sommes pas des extrémistes. Et puis je reste persuadé que, plutôt que nous épuiser dans une bataille d’étiquettes qui ne parle pas à la société, nous avons intérêt à toucher les profondeurs du pays, qui ne se reconnaissent ni dans la gauche de François Hollande ni dans la droite de Nicolas Sarkozy, mais qui pourraient être entraînés par notre discours sur l’indépendantisme français, la souveraineté populaire, la planification écologique, le progrès humain et le mix particulier que j’opère de tout cela. Il faut surmonter le blocage des étiquettes pour pouvoir fédérer largement le peuple et la société autour d’objectifs communs. Il faut aussi entraîner l’électorat de gauche qui a basculé dans le vote FN ou l’abstention. Plutôt que la gauche de Hollande et la droite de Sarkozy, je préfère donc opposer les nucléaristes aux partisans des énergies renouvelables, les “eurolâtres” aux “euroréalistes”, et ainsi de suite…

 

 

- À propos de la loi sur le travail, comment appréhendez-vous la possibilité d’une défaite du mouvement social ?

D’abord commençons par interroger le concept de « défaite ». L’affaire n’est pas encore pliée et la séquence du 49-3, si elle a lieu, ne sera pas indolore pour ce gouvernement. Dans ce cas, les députés de gauche doivent voter la censure, d’où qu’elle vienne, pour bloquer la loi. Jusqu’à la fin, François Hollande peut considérer que l’exercice est finalement trop coûteux politiquement. Et qu’assurer la victoire idéologique aux méthodes de Monsieur Valls coûte trop cher à sa campagne de réélection.

 

 

- Ce n’est pas parti pour…

Qui sait ? Les révolutions de palais sont la spécialité du PS hollandais. Qui aurait pu prévoir que Montebourg et Hamon allaient comploter pour remplacer Ayrault par Valls ? Qui pouvait imaginer qu’une fois le triumvirat installé, Valls réglerait leur compte à ses deux complices en trois mois. Le règne de la cour, c’est le hollandisme réel. Le dernier qui a parlé a raison. Il est donc tout à fait imaginable que François Hollande change son fusil d’épaule.

 

Si tel n’est pas le cas, la bataille n’est pas finie pour autant. Et je prends l’engagement que si je suis élu, j’abrogerai la loi El Khomri et je rétablirai la hiérarchie des normes sociales. Ceux qui croient que le peuple est un troupeau de gens sans cervelle ni mémoire se trompent lourdement. L’onde de choc des grands mouvements sociaux a toujours eu des conséquences politiques : Mai-68 avec 1981, décembre 1995 avec 1997.

 

D’ailleurs, le mouvement contre la loi El Khomri a déjà eu un effet oxygénant. Pendant quatre mois, on a parlé d’autre chose que de terrorisme ou d’islam. Et puis les leaders syndicaux du front du refus ont été extraordinaires. Jean-Claude Mailly [FO – ndlr] et Philippe Martinez [CGT – ndlr], Éric Beynel [Solidaires – ndlr] et tous les autres ont résisté à toutes les provocations qui leur ont été faites. Les confédérations ont joué leur rôle : la lutte a pu se dérouler sur plusieurs tableaux sans que toutes les forces soient continuellement jetées dans la bataille. C’est le syndicalisme confédéré dans ce qu’il a de meilleur.

 

Cette bataille a aussi été une école extraordinaire pour la formation et l’élargissement de ce qui va être le protagoniste de ma campagne : le « parti sans murs ». Cette masse de gens de tous âges, de toute condition, qui partage une vision commune anti-capitaliste et anti-productiviste, et une culture commune humaniste à bord flou. Pour ce parti sans murs, le cycle de la loi El Khomri ne s’achèvera que dans l’élection présidentielle de 2017.


 

- Après cinq mois de campagne, et par rapport à 2012, votre liberté de parole, en dehors des contraintes du Front de gauche, compense-t-il à vos yeux le déficit probable de structuration militante, de financement, de parrainages ?

Je veux d’abord commencer par ce qui est le plus important : cette campagne a pour moi une signification qui va au-delà de l’aspect purement électoral et immédiat. L’enjeu, c’est aussi l’installation d’un nouveau progressisme écologiste et social, d’un nouvel humanisme politique en France comme courant à vocation majoritaire.

 

Le vieux courant progressiste s’est effondré sur lui-même. Il a laissé des pièces et des morceaux très divers que des politiciens assemblent sans imagination ni cohérence pour aller aux élections. La première tâche consiste à reformuler notre cadre programmatique au sens historique du terme. Je ne parle pas ici de l’ensemble des mesures à mener lorsqu’on est élu, mais du projet pour changer l’histoire de la civilisation humaine, après le rêve socialiste. J’ai répondu à cette question par un cheminement spécifique qui s’est traduit dès le lendemain de 2012, avec les assises de l’éco-socialisme et la publication de mes livres La Règle verte puis L’Ère du peuple. C’est pour moi un changement de paradigme articulé autour du « peuple » comme acteur de l’histoire, la planification écologique, et une stratégie révolutionnaire appuyée sur la convocation d’une assemblée constituante.

 

Pour moi, l’écologie politique est le pivot du nouveau projet historique de l’humanisme progressiste. C’est le point de départ du raisonnement. Il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine et cet écosystème est mis en danger. Par exemple, nous savons que les événements climatiques extrêmes sont déjà là, qu’ils vont s’amplifier, que leur progression ne sera pas linéaire. Ils nous mettent au pied du mur : tous ensemble ou chacun pour soi ? La rupture essentielle à opérer est donc avec le productivisme. Mais le productivisme est un tout où le social, l’écologie et la démocratie et la culture sont encastrés dans le système global que forme le nouvel âge du capitalisme financiarisé.

 

 

- Au regard de ces cinq premiers mois de campagne, êtes-vous confiant sur les dix mois qui restent ?

Il y aura sans aucun doute beaucoup de bourrasques et de péripéties. C’est pourquoi je m’acharne à ancrer notre force profondément dans le terrain. Mais le calendrier est désormais stabilisé autour des dates des primaires du PS et de LR. Cambadélis [le premier secrétaire du PS – ndlr], qui est un homme méthodique, a attendu patiemment que tous les velléitaires s’épuisent. Quand il a mis en place « la Belle alliance », la photo était calamiteuse, et l’attelage calamiteux. Mais il est parvenu à imposer son cadre d’action. Il est vrai qu’il a été servi d’une manière incroyable par la pusillanimité des Verts et du PCF, un jour oui un jour non. Désormais les cibles cessent de virevolter. Il faut les laisser faire le ménage dans leurs rangs.

 

De mon côté, on peut dire que ces cinq mois ont été très positifs pour la démarche que j’ai enclenchée. D’une part, il y a la constitution d’une force, avec plus de 100 000 signatures d’appui à ma candidature. D’autre part, il y a la formation d’un mouvement dont on a vu la force dans le rassemblement place Stalingrad le 5 juin. Une convergence forte de 2 000 syndicalistes a émergé. Et enfin un « espace politique » s’est constitué aussi avec des organisations socialistes et communistes, un rassemblement de syndicalistes. La seule difficulté reste la collecte des parrainages. Nous n’en sommes qu’à 170 signatures alors qu’il en faut 500…

 

 

- C’est si compliqué d’obtenir les parrainages pour la présidentielle ?

On découvre. En 2012, cela s’est fait tout seul, mais plus tard dans l’année, c’est vrai. Entre-temps, il y a eu les municipales, des majorités ont changé. Mais cette bataille n’est pas gagnée d’avance. Dans certains départements qu’il dirige, le PS fait une police féroce. D’autres anciens alliés espèrent encore que je me plante, pour pouvoir revenir aux arrangements ou à leurs colloques dans les catacombes. Des signaux extrêmement négatifs sont aussi arrivés. Le pire de tous, c’est que le PCF, dès le mois de septembre, aura désigné tous ses candidats aux législatives. Là, il n’est plus question de primaire, ni de « larges convergences » ni de « cadre collectif » ou que sais-je !

 

J’en déduis que la discussion est close. Dont acte. « La France insoumise » investira des candidats dans toutes les circonscriptions. J’espère que beaucoup d’insoumis, femmes et hommes syndicalistes, lanceurs d’alerte, intellectuels, accepteront de porter ces couleurs. Peut-être même des candidats communistes se proposeront-ils. D’une déception peut venir un bien. Car, au fond, vouloir élire un président et une majorité parlementaire, c’est une même démarche. Pour l’avoir ignoré la dernière fois et aussi pour avoir investi 80 % des candidats d’un même parti, nous avons perdu la moitié de nos voix entre les deux élections.

 

 

- Mais dans les mois qui viennent, les communistes vont devoir se retrouver derrière vous, ou aller à la primaire de la Belle alliance, ce qui a été plus ou moins écarté lors du Congrès. Vous allez devoir vous reparler…

Ce n’est pas un problème. Ma porte est ouverte. Mon intention n’est pas d’abuser d’une position qui est devenue aujourd’hui la plus confortable. Mais elle n’est pas tombée du ciel ! Nous sommes allés la chercher avec les dents, sur une ligne stratégique et un programme certes en cours d’élaboration mais fermement charpentés par « l’humain d’abord ». Nous avons acquis notre position par la constance, le travail méthodique, le partage des tâches. Je suis donc bien sûr totalement ouvert. Mais il y a un cadre ! Certes il est mis en partage mais dans le respect de ceux qui l’ont constitué : c’est « la France insoumise ».

 

(Les extraits ci-dessus représentent moins de la moitié de l’entretien donné par Jean-Luc Mélenchon à Médiapart le 3 juillet. Pour prendre connaissance de l’article original complet en édition abonné, cliquez ICI)

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Les frondeurs achetés par la primaire par Francois Cocq  

- 2017 : Pierre Laurent (PCF) prêt à une candidature commune avec Montebourg 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 08:23
Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante

- Présentation de l'initiative du M6r.fr

 

Pour la 6e République, il suffit d'une loi !

 

  • Pour en finir avec la Ve République, le "Mouvement pour une VIe République" propose d'en passer par l'article 11.3 de la Constitution qui permet de déposer une proposition de loi d'initiative parlementaire et citoyenne, si 4,5 millions d'inscrits sur les listes électorales et 185 parlementaires en sont à l'initiative. Une telle proposition de loi permettrait de convoquer une Assemblée constituante et de redonner la voix au peuple.
  • Le mouvement lance une pétition en ce sens sur Change.org.
  • Le texte ci dessous est la version définitive de la proposition de loi visant à la convocation de l’assemblée constituante de la 6e République. C'est celui qui sera présenté au Conseil Constitutionnel par les parlementaires qui nous soutiennent, très légèrement amendé.
  • Il a été rédigé par l’équipe d’animation du M6R conformément au vote des signataires de juin 2015. Des amendements ont été déposés par les signataires du m6r, et des votes ont départagé les options qu'ils proposaient.

 

 

Proposition de loi

Convocation de l’Assemblée constituante

 

Exposé des motifs

Madame, Monsieur,

Face aux dérives chaque jour plus dangereuses et inacceptables du régime politique actuel de la France, nous appelons le peuple à reconquérir sa souveraineté par l’élection d’une assemblée constituante pour fonder avec les citoyens la 6e République.

 

Dans cette perspective, un mouvement citoyen, le Mouvement pour la 6e République, a été créé pour engager une authentique refondation républicaine de la société française et de ses institutions politiques. Il s’agit de mettre un terme à un cadre institutionnel historiquement daté, fondé sur l’alliance entre une vision passéiste du pouvoir (l’idée qu’il faut un chef tout puissant, un monarque) et la défense des intérêts de classe des plus favorisés. Plus encore, il s’agit de lancer la reconquête civique : la nouvelle constitution sera l’œuvre du peuple. C’est à lui d’édicter la règle du jeu pour le XXIe siècle. Il le fera en convoquant une assemblée constituante. Tel est l’objet de la présente proposition de loi.

 

 

- En finir avec la monarchie présidentielle

Il faut en finir avec la monarchie présidentielle, ce règne du pouvoir personnel. Le président de la République dispose de pouvoirs totalement exorbitants. Et la monarchie présidentielle, comme souvent, avec le pouvoir personnel, confine à l’irresponsabilité permanente. Élu pour cinq ans, le président de la République n’a de comptes à rendre à personne pendant cette durée. Il peut bafouer de manière éhontée tous ses engagements de campagne, il n’encourt aucune sanction autre que le fait de ne pas être réélu au scrutin suivant, sous réserve qu’il y soit candidat ! Pire, son irresponsabilité de président se décline aux ministres, parlementaires, oligarques, comme l’ont démontré les affaires Cahuzac, Thévenoud ou, plus récemment, le scandale dit des Panama Papers… Cette irresponsabilité et cette confusion des pouvoirs entre exécutif et pouvoir délibérant se retrouvent d’ailleurs à tous les niveaux de la République, notamment dans des baronnies locales qui peuvent se créer.

 

Cette monarchie, c’est celle de la dépossession du peuple de sa souveraineté politique. En République, il n’y a pas d’autre souverain que le peuple. Pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire qui se produit. L’exemple le plus flagrant, et le plus scandaleux est celui du référendum bafoué : le 29 mai 2005, la France rejetait par référendum le traité constitutionnel européen ; à peine trois ans plus tard, le traité de Lisbonne, copie conforme du traité rejeté, était ratifié en catimini.

 

De plus, le régime se caractérise par son instabilité institutionnelle. La constitution de la Ve République devait, selon ses promoteurs, apporter la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, cela n’est clairement plus vrai. Cette constitution « stable » a été révisée 24 fois depuis sa création ! Et on nous propose encore de la modifier, comme les récentes tentatives de révision constitutionnelle sur la charte européenne des langues régionales, l’état d’urgence ou la déchéance de nationalité l’ont encore confirmé.

 

 

- Une Assemblée constituante pour refonder la République

Pour sortir de la crise civique et démocratique, il faut avant tout appeler tous les citoyens à s’impliquer personnellement dans la réécriture collective du pacte qui les unit comme peuple et comme Nation. Et pour faire cette refondation républicaine, il faut convoquer une Assemblée constituante dont le mandat sera l’élaboration d’une nouvelle constitution.

  • Objet de l’Assemblée constituante

Une Assemblée constituante est une assemblée de représentants désignés pour rédiger et proposer l’adoption d’une nouvelle constitution.

 

Plusieurs régimes politiques de l’Histoire de France ont résulté des travaux d’une assemblée constituante. Ainsi, les Première (via la Convention), Deuxième et Quatrième Républiques sont issues des travaux d’une assemblée constituante. Et, d’une certaine manière, c’est aussi le cas pour la Troisième République (c’est l’Assemblée nationale qui a adopté les lois constitutionnelles de 1875). De même, dans les révolutions citoyennes d’Amérique latine, la convocation d’une assemblée constituante a été pour le peuple un puissant moyen de réappropriation de la démocratie politique.

 

C’est bien cela l’enjeu : convoquer une Assemblée constituante, c’est appeler chaque citoyen à s’engager personnellement dans l’élaboration du contrat qui unit collectivement le peuple et la Nation.

  • Convoquer l’Assemblée constituante : mode d’emploi

Le scénario juridique de convocation de l’Assemblée constituante est très simple.

 

L’article 11 de la Constitution, tel qu’il résulte de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, et complété par la loi organique n° 2013-1114 du 6 décembre 2013, permet l’organisation d’un référendum sur un texte législatif « portant sur l’organisation des pouvoirs publics » dès lors qu’une proposition de loi en ce sens est soutenue par un cinquième des membres du Parlement et un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. La présente proposition de loi a vocation à être soumise aux suffrages du peuple français dans le cadre de ces dispositions constitutionnelles et organiques.

 

Cette proposition de loi vise simplement à la convocation de l’Assemblée constituante. Elle ne se prononce pas sur le contenu du texte qu’il appartiendra aux membres de l’Assemblée de rédiger, lequel texte ne pourra, en tout état de cause, entrer en vigueur qu’après avoir été approuvé par référendum.

  • La présente proposition de loi se compose de 5 chapitres, répartis en 18 articles.

L’article 1er définit l’objet de l’Assemblée constituante. L’article 2 fixe la durée maximale de ses travaux.

 

L’article 3 ouvre le droit de siéger au sein de l’Assemblée constituante aux citoyennes et citoyens majeurs et détenteurs de leurs droits civils et politiques. L’article 4 définit le mode d’élection applicable aux membres de l’Assemblée constituante. L’article 5 prévoit les modalités d’attribution des sièges, en ouvrant la possibilité d’une désignation par tirage au sort. L’article 6 détermine le régime des incompatibilités avec les mandats électifs ou fonctions exécutives, passés ou présents. L’article 7 interdit le cumul avec une activité professionnelle rémunérée. L’article 8 prévient de possibles conflits d’intérêt en interdisant aux membres de l’Assemblée constituante d’exercer des fonctions qu’ils auront instituées.

 

L’article 9 prévoit la mise en place du bureau d’âge de l’Assemblée constituante. L’article 10 instaure le principe de parité pour la présidence de l’Assemblée constituante. L’article 11 fixe les conditions d’installation du bureau. L’article 12 prévoit le principe de transparence et de compte rendu des travaux de l’assemblée constituante.

 

L’article 13 tend à la convocation des élections des membres de l’Assemblée constituante. L’article 14 définit les règles de dépôt des candidatures. L’article 15 crée un principe d’égalité d’accès aux médias audiovisuels au cours de la campagne électorale. L’article 16 prévoit la proclamation des résultats.

 

L’article 17 précise que le texte adopté par les membres de l’Assemblée constituante aura vocation à être soumis au peuple par référendum. L’article 18 fixe les conditions de cessation des travaux et de dissolution de l’Assemblée constituante.

 

D’autres dispositions, notamment celles relatives au régime indemnitaire des membres de l’Assemblée constituante ou aux règles de remboursement des dépenses électorales, qui ne peuvent pas figurer dans la présente proposition de loi pour cause de recevabilité au titre de l’article 40 de la Constitution, devront faire l’objet de textes législatifs séparés.

 

De la même manière, il faudrait ouvrir la possibilité d’être constituant aux étrangers résidant en France depuis au moins un an, comme cela était le cas lors de la Convention de 1792, mais les promesses de modification constitutionnelles donnant cette cette possibilité juridique n’ont toujours pas été tenues.

Chapitre Premier

Objet et durée de l’Assemblée constituante

 

Article 1er

L’Assemblée constituante est convoquée par et pour le peuple français. Elle a pour unique mandat d’engager la refondation des institutions politiques et de la société françaises par la rédaction d’une nouvelle constitution pour la République.

 

Article 2

La durée maximale des travaux de l’Assemblée constituante est fixée à deux années à compter de sa date d’installation.

 

Chapitre II

Les membres de l’Assemblée constituante

 

Article 3

Tout citoyen majeur et détenteur de ses droits civiques et politiques peut siéger au sein de l’Assemblée constituante.

 

Article 4

Les membres de l’Assemblée constituante, dont le nombre est fixé à 350, sont élus au scrutin proportionnel suivant la règle de la plus forte moyenne, dans une circonscription nationale unique. Le seuil d’obtention des sièges est fixé à 1% des suffrages exprimés.

 

Chaque liste comporte autant de noms qu’il y a de sièges à pourvoir et se compose alternativement d’un candidat de chaque genre.

 

Une liste ne peut être déclarée recevable que si, parmi les candidats qui la composent, figurent des habitants d’au moins cinquante départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième d’entre eux puissent résider dans un même département ou une même collectivité d’outre-mer. Le respect de cette condition de résidence est apprécié au regard de la commune d’inscription sur les listes électorales.

 

Article 5

Les sièges sont pourvus selon l’ordre de présentation des candidats sur chaque liste.

 

Toutefois, lors du dépôt des listes auprès du Conseil constitutionnel, la personne figurant en première position peut indiquer que les sièges attribués à sa liste seront pourvus par tirage au sort, sur la base du volontariat.

 

Les modalités d’application du présent article sont déterminées par décret en Conseil d’État.

 

Article 6

Nul ne peut siéger au sein de l’Assemblée constituante s’il exerce ou a déjà exercé un mandat législatif ou des fonctions exécutives nationales. Cette incompatibilité s’applique également aux membres ou anciens membres du Parlement européen et de la Commission européenne, ainsi qu’aux personnes dirigeant ou ayant dirigé un exécutif local. Tout détenteur de fonctions électives locales appelé à siéger au sein de l’Assemblée constituante se met temporairement en retrait de la collectivité territoriale concernée jusqu’à l’issue de son mandat constituant.

 

Article 7

Le mandat de membre de l’Assemblée constituante est exclusif de toute autre activité professionnelle rémunérée.

 

Article 8

Les membres de l’Assemblée constituante ne pourront pas exercer de fonctions exécutives ou législatives définies par la nouvelle constitution lors des premières élections suivant immédiatement son entrée en vigueur.

Chapitre III

Le fonctionnement de l’Assemblée constituante

 

Article 9

L’installation de l’Assemblée constituante est dirigée temporairement par un bureau d’âge composé des trois membres les plus jeunes et des trois membres les plus âgés, la benjamine ou le benjamin en exercera la présidence provisoire.

 

Article 10

Lors de la séance d’installation, les membres de l’Assemblée constituante élisent une coprésidente et un coprésident. Les candidatures sont présentées par binôme, à parité de genre.

 

L’élection a lieu à la majorité absolue des membres de l’Assemblée constituante. Si celle-ci n’est pas acquise au premier tour, il est procédé à un second tour, auquel seuls les deux binômes arrivés en tête au premier tour peuvent se présenter.

 

Article 11

Le bureau de l’Assemblée constituante, composé de trente-cinq membres, est élu au scrutin proportionnel suivant la règle de la plus forte moyenne lors de la séance d’installation. Il est chargé de proposer, sous l’autorité de la coprésidente et du coprésident, un règlement intérieur pour définir l’organisation des travaux.

 

Le règlement intérieur ne peut entrer en vigueur qu’après avoir été adopté à la majorité des suffrages exprimés.

 

Article 12

Toutes les séances plénières et auditions de commissions sont retransmises en direct sur un site internet et font l’objet d’un compte rendu écrit officiel. L’ensemble des travaux sont disponibles sur le site internet.

 

Chapitre IV

Les élections à l’Assemblée constituante

 

Article 13

Dans les huit jours suivant l’adoption de la présente proposition de loi par référendum, les élections à l’Assemblée constituante sont convoquées. Le décret de convocation est publié au Journal officiel de la République française.

 

Article 14

A compter de la publication du décret de convocation, les mouvements citoyens et les groupements politiques peuvent présenter des listes de candidats auprès du Conseil constitutionnel, conformément aux dispositions prévues au chapitre II, dans un délai de deux mois.

 

Article 15

La campagne électorale pour l’Assemblée constituante débute à compter d’un délai de deux mois après publication du décret de convocation. Elle dure deux mois.

 

Les listes de candidats régulièrement enregistrées auprès du Conseil constitutionnel disposent d’un temps de parole égal dans les médias audiovisuels.

 

Article 16

Les résultats des élections à l’Assemblée constituante sont proclamés par le Conseil constitutionnel.

 

Chapitre V

Dispositions finales

 

Article 17

Le texte issu des travaux de l’Assemblée constituante ne pourra prendre effet qu’après avoir été définitivement approuvé par référendum.

 

Article 18

Les travaux de l’Assemblée constituante cessent à compter de l’adoption du projet de nouvelle constitution soumis à référendum.

 

Si aucun texte n’est adopté dans un délai de deux ans, l’Assemblée constituante est dissoute.

 

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Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante

Plus de cinq mille signataires pour notre proposition de loi.

Continuons à la signer et à la diffuser ICI

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier VIe République

- mon dossier Constituante

- Pour la 6e République, il suffit d'une loi

- 6e République - Ce qu'en disait « L'Humain d'abord »

 

 

- Deux symboles de cette monarchie présidentielle dont nous ne voulons plus !

La monarchie présidentielle, c'est aussi ça !

  • David Cameron (premier Ministre) et le Prince Charles tiennent eux-mêmes leur parapluie mais F. Hollande a un valet de pied.
  • La Reine d'Angleterre tient elle-même son parapluie mais la Maire de Paris, Anne Hidalgo a un valet de pied.

Tout un symbole de cette République monarchique décadente dont nous ne voulons plus !

 

Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante
Proposition de loi pour la convocation de l’Assemblée constituante
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 08:22
Présidentielle 2017 : le PCF plus isolé que jamais

La décision unilatérale du PS d’organiser une primaire réservée aux seuls socialistes et radicaux sonne le glas des autres primaires. La stratégie du PCF pourtant adoptée il y a quelques jours se retrouve sans objet.

Sauf à faire l’impasse sur la présidentielle, la décision du PS devrait conduire à revoir la stratégie du 37ème congrès ou au moins à l’adapter.

 

Sources : Le blog de Francis PARNY membre du Conseil national du PCF | le 19 juin 2016

C’est un paradoxe ; alors qu’il a été réélu sur une ligne politique approuvée par son congrès, Pierre Laurent se retrouve plus isolé que jamais par la seule décision du parti socialiste de construire une primaire réservée aux seuls socialistes et radicaux de gauche.

 

Les frondeurs du PS sont piégés. Ils ne peuvent faire autrement que de participer à ces primaires auxquelles pourtant, ils croient à peine. Et le congrès de EELV a exprimé sa volonté d’une candidature écologiste. Qui restera en lice pour porter « le pacte d’engagements communs » qu’on demande aux communistes de construire jusqu’à l’automne ?

 

Mais quelle conséquence également aura la manœuvre du premier des socialistes sur l’éventualité de l’adoption d’une motion de censure pour empêcher la loi El Khomri d’être adoptée ? Les combinaisons politiciennes seront-elles encore une fois, un moyen de ne pas combattre une loi de régression sociale sans précédent et des propos anti syndicaux du président et de son premier ministre qui confirment l’abandon de toute valeur de gauche.

 

 

- Cet isolement terrible du PCF peut-il être évité ?

La ligne stratégique adoptée au congrès du PCF se résume dans cette formule : « le communisme n’est pas l’utopie du 19e siècle, ce n’est pas l’idéologie du 20e siècle, le communisme, c’est le mouvement de ce 21e siècle. C’est le temps du commun. »

 

Mais nous avons toujours besoin d’utopie. Il s’agit de construire celle qui réponde aux aspirations de notre temps. « Nuit debout » en est le symptôme.

 

Et la mort des idéologies fondant une alternative au capitalisme laisse un vide bien dommageable. D’autant plus que cette mort s’est accompagnée d’une formidable contre-révolution révisionniste à l’égard des idées de la résistance, de l’anti- colonialisme, de la révolution et du communisme, à laquelle nous n’avons pas su opposer résistance et prospective. Il serait indispensable de s’appuyer sur de nouvelles idéologies humanistes pour combler un vide propice aux pires engagements extrémistes.

 

 

- Quant à la formule selon laquelle le communisme serait le temps du commun elle nécessite débat. De quel commun parlons-nous ?

Déjà dans un conseil national précédant le congrès une camarade d’Alsace avait fait remarquer que le « société de partage » qui sert de sous-titre au « temps du commun » était ambigüe et semblait directement issue de notre culture judéo-chrétienne. Le partage peut-être celui des restes à répartir une fois que les puissants de ce monde ont fait leur razzia. Il se nomme alors résignation à l’ordre établi et charité à l’égard des plus pauvres.

 

Pour un communiste la politique c’est le mouvement qui permet de subvertir l’ordre existant. C’est le temps de la justice sociale de l’innovation dans des formes nouvelles de vie publique contrôlée collectivement par l’ensemble des citoyens et citoyennes. Voilà le commun que nous recherchons comme communiste bien plus exigeant, mais le seul réaliste et à même d’être cru.

 

Les différents mouvements de transformation de la fin du 20e siècle et du 21e siècle nous enseignent qu’il est impossible de changer l’ordre établi sans une conscience partagée par le plus grand nombre qu’un engagement personnel est nécessaire pour à la fois définir, avec ses semblables, un nouvel intérêt commun, participer à son avènement et le défendre résolument face aux possédants actuels.

 

Il nous faut contribuer à la construction de ce mouvement qui a besoin des partis politiques de la transformation sociale certes, à condition que ceux-ci soient au service du mouvement et non pas l’inverse. Il est impossible de « faire société » sans un mouvement qui inclue les citoyens et les citoyennes à égalité de responsabilité avec les partis.

 

 

- Un nouveau compromis historique ?

La stratégie du 37e congrès du PCF résumée dans la citation ci-dessus du communisme se traduit par un objectif politique irréaliste aujourd’hui.

 

Ce congrès aura au moins servi à ce que son dirigeant principal clarifie la nature du rassemblement qu’il propose. Il propose « l’alliance des courants transformateurs et réformistes ». Cette nouvelle formulation « française » du « compromesso storico » (proposé dans les années soixante et dix par les communistes Italiens à la démocratie chrétienne) ne peut connaître que l’échec.

 

La réforme en elle-même n’est pas un sacrilège. La révolution citoyenne pourrait être le résultat de réformes immédiates et successives. Ce qui compte c’est leur contenu et la façon dont on procède pour les mettre en place. On sait aujourd’hui qu’il n’est pas possible de changer ce système sans des réformes radicales remettant en cause les logiques financières imposées à l’économie et à la société toute entière. Impossible également de changer la politique sans une réforme profonde de notre système institutionnel.

 

Mais s’agissant du réformisme comme courant politique, force est de constater qu’il n’a plus grand-chose « à se mettre sous la dent ». Les exigences du « capitalisme absolutisé » - ou du néo libéralisme, c’est comme on veut - ont drainé l’essentiel des richesses produites vers les plus grandes puissances financières. Dès lors il ne reste plus de richesses à répartir au profit du salariat ni des biens communs. Il n’y a plus de grain à moudre. Sans réformes radicales encore une fois, aucun espoir de construire un développement fondé sur le progrès social et la préservation de notre écosystème. Sans changement de République, aucun espoir de développer un nouveau projet culturel à caractère universaliste.

 

 

- Alors que faire ?

D’abord il faudrait arrêter de se fourvoyer dans la recherche d’alliances avec les socialistes. L’avenir du PCF doit être fondé sur son autonomie et la construction d’une alternative à cette social-démocratie rejetée dans nombre d’autres pays européens. Les alliances avec le parti socialiste nous font dépendre de lui dans le rapport de force actuel. Elles nous isolent et nous mettent à la merci des décisions du PS comme le montre la décision unilatérale de Cambadélis dont on pourrait dire qu’il a « lâché » Pierre Laurent. Pour les socialistes quels qu’ils soient, l’avenir en France se joue à l’intérieur du parti socialiste et beaucoup pensent que le PCF comme les écologistes ne comptent plus. François Hollande déjà avait regretté que Claude Bartolone s’allie avec Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse au deuxième tour des régionales en Ile de France.

 

Ensuite il faut revenir à ce qui a fondé le front de gauche. La compréhension que dans le monde actuel il faut construire un rassemblement alternatif aux formations politiques qui s’accommodent de la société dans laquelle nous vivons et qu’il faut construire ce mouvement avec le peuple dans ses représentations multiples.

 

C’est de plus en plus urgent car notre écosystème est en danger et la société qui se met en place, bien loin du modèle français issu de la Résistance, est celle de la pauvreté, de la précarité, de la concurrence, du rejet des autres sur fond de crise sociale et culturelle permanentes.

 

Cette réorientation nécessiterait sans doute un nouveau congrès ! Il faudra attendre trois ans pour cela.

 

 

- Pour une candidature gagnante

Mais rien n’empêche de traiter les questions une par une, en commençant par celle des élections présidentielles de 2017.

 

Jean-Luc Mélenchon est plébiscité par 39 % des sympathisants de gauche devant Martine Aubry, Manuel Valls, ou Arnaud Montebourg. Au-delà du choix de la personne l’importance du soutien témoigne d’une clairvoyance politique. C’est la seule candidature qui porte une alternative à toutes les politiques menées par la droite ou par le PS ; le seul candidat à proposer une autre voie qui permette de combattre la montée des idées d’extrême-droite.

 

L’engagement du PCF permettrait d’amplifier encore cette dynamique en montrant que la cause commune se place au-dessus des égos comme des partis. Il redonnerait confiance à la société civile, à celles et ceux qui souhaitent un rassemblement ouvert, fondé sur l’intérêt général et non pas sur celui de tel ou tel parti.

 

Seul ce rassemblement peut déboucher sur une victoire.

 

En ce moment le commentaire politique sur les intentions de vote place François Hollande et Jean-Luc Mélenchon dans un coude à coude antinomique peu productif. Mais la poursuite d’un soutien en faveur de Jean-Luc Mélenchon pourrait faire apparaître sa candidature comme la seule qui puisse dépasser la barre des 20 % pour offrir un espoir de victoire qui ne ressemble en rien aux précédentes. Un vote utile.

 

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- Comment porter l’avenir des idées communistes en 2017

 

- Marie-George Buffet apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon

Invitée ce mardi 28 juin dans l’émission Politique matin diffusée sur LCP, Marie-George Buffet plaide pour un large rassemblement de la gauche et appelle à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:52
Notion de... Gauche et droite... un peut d'histoire

En ces temps troublés où les différences entre la politique de ceux qui se réclament de la gauche et la droite tendent à de venir de plus en plus floues incertaines, il est peut être nécessaire de revenir aux fondamentaux, c’est à dire aux aux origines de ces deux mouvances. Plongée dans une histoire vieille de 250 ans et pleine de paradoxes.

 

Source :  L'Audible le 20 janvier 2013 par Alex

- Qui peut dire aujourd’hui ce que sont la gauche et la droite  ?

En 1789, au début de la Révolution française, la césure était pourtant très claire  : ceux qui s’étaient mis à gauche de Bailly, président de l’Assemblée Nationale Constituante, étaient pour l’établissement d’une constitution, puis favorables à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789. Ceux qui étaient à droite étaient contre. Ainsi originellement les députés de droite apparaissaient comme les conservateurs de l’ordre ancien, celui de la société de l’Ancien Régime, basée sur la hiérarchie inamovible des trois ordres, Clergé, Noblesse et Tiers-Etat. La gauche défendait le droit naturel de toute l’humanité et la droite, le poids de la tradition et l’inégalité de fait par la naissance et le rang. Mais ces principes gravés dans le marbre semblent en réalité bien trop simples pour saisir la complexité de la question  ; d’autant que ces gens étaient tous monarchistes  !

 

 

- Initialement, c’est au XVIIIe siècle qu’il faut chercher l’origine de l’opposition entre deux courants radicalement opposés mais qui ont changé de nature au cours des siècles.

En effet, le Siècle des Lumières marque la montée en puissance de la bourgeoisie qui s’empare du pouvoir économique et financier. Il lui manque le pouvoir politique. La réaction nobiliaire qui sévit à partir de la seconde moitié du siècle lui ferme les portes des charges parlementaires et de la Cour du Roi. Les bourgeois et certains nobles écartés du pouvoir adhèrent aux idées des philosophes des Lumières qui prônent le libéralisme dans toutes ses formes sur le modèle anglo-saxon. Libéralisme politique et libéralisme économique vont de pair selon eux.

 

Le 18 janvier 1771, le Parlement de Paris ayant réitéré son refus de siéger pour entériner les décisions royales, le garde des sceaux Maupeou convainc le roi de briser son opposition systématique. Louis XV envoie ses mousquetaires au domicile des récalcitrants et les fait exiler en province, sans tenir compte des protestations de l’opinion éclairée, des bourgeois et même des princes de sa propre famille. Pourtant les parlementaires étaient de fervents partisans de la réaction nobiliaire, étant eux-mêmes nobles  !

 

Le chancelier Maupeou supprime les parlements coupables de vénalité, forme un nouveau parlement avec des magistrats dociles et, par un édit révolutionnaire, supprime la vénalité des offices. L’égalité de tous les sujets du royaume devant la justice est même enfin garantie. Pourtant, l’opinion publique s’oppose avec véhémence contre ces mesures royales favorables au Tiers-Etat  ! Les «parlements Maupeou» sont tournés en dérision par Beaumarchais. Seul Voltaire applaudit le vieux roi Louis XV. Mais il en vient à changer d’avis en lisant les Mémoires judiciaires de Beaumarchais.

 

Pourtant, progressivement, en dépit des reproches concernant leur supposée corruption, les nouveaux magistrats trouvent leur place au sein du nouveau système judiciaire. Louis XV et son gouvernement, n’ayant plus à craindre de remontrances, peuvent enfin agir en multipliant les réformes toutes plus hardies les unes que les autres. A la mort de Louis XV, le 10 mai 1774, la réforme Maupeou entreprise depuis 1771 a mis fin aux anciens parlements hostiles aux réformes voulues par le Roi. Les nouveaux magistrats sont dévoués à Sa Majesté. La justice est exercée principalement par les tribunaux royaux et même les nobles et les ecclésiastiques payent des impôts  ! La monarchie française est devenue pleinement absolue. Au sens moderne du terme, Louis XV apparaissait donc comme ayant beaucoup d’idées de gauche, malgré son statut de monarque absolu  !

 

Mais son successeur, le jeune Louis XVI, commet l’erreur de renverser le ministère Maupeou et de rappeler le Marquis de Maurepas déchu par Louis XV pour avoir écrit une épigramme contre sa favorite Madame de Pompadour 25 ans plus tôt. Le 27 septembre 1774, croyant s’octroyer les bonnes grâces de l’opinion éclairée, Louis XVI rétablit tous les anciens parlements supprimés par son grand-père. Funeste décision. «On peut sans exagération dire que la Révolution date de 1774», écrit l’historien Jean Tulard. Toutes les réformes du ministère Maupeou sont annulées et l’on en revient à l’ancien système privilégiant la Noblesse et le Clergé  ! Quinze ans plus tard, la Révolution éclate lors des Etats Généraux, réunis en raison des graves difficultés financières du royaume et de la situation de blocage des réformes par les parlements, rétablis par Louis XVI et la Haute Noblesse en 1774. Les dépenses considérables lors de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis entre 1776 et 1783 ont précipité le pays dans un marasme financier auquel s’ajoutent les mauvaises récoltes de 1787 et 1788. Les bourgeois du Tiers-Etat sont pour une libéralisation politique et économique. La suppression de la réglementation du commerce des grains plusieurs fois rétablie sous Louis XV puis Louis XVI avait pourtant entraîné des problèmes frumentaires catastrophiques. Mais rien n’y fait : pour les bourgeois, libéralisme politique et économique vont de pair. Rien ne doit s’opposer aux lois du Marché. Adam Smith est passé par là.

 

 

- Ce sont pourtant les mêmes libéraux qui votent avec enthousiasme la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 26 août 1789.

Mais les années suivantes, 1790-1791, sont marquées par le vote des lois Le Chapelier et Allarde qui entérinent la suppression des corporations et l’interdiction du droit de grève. Pour couronner le tout, l’Assemblée Nationale Législative maintient par décret l’esclavage dans les colonies françaises le 13 mai 1791  ! Ce ne sont pas vraiment des mesures de gauche  ! Les principes de 1789 sont manifestement foulés au pied par la majorité des députés. A contrario, en 1793, les Montagnards dont Saint Just et Robespierre rédigent la Constitution de l’An I pour expliciter et renforcer les Principes de 1789. Une loi sur l’assistance aux personnes âgées est pour la première fois votée  : ce sont les premières retraites avant l’heure  ! L’ancêtre de notre Sécurité Sociale devait même voir le jour  !

 

La constitution garantissait même l’instruction pour tous. Répudiant la philosophie libérale, elle prévoit l’intervention de l’Etat en faveur des pauvres : « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en procurant les moyens d’existence à ceux qui sont hors d’état de travailler » (art. 21). « La société doit mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens » (art. 22). Ce caractère social de la constitution de 1793 ne va cependant pas jusqu’à une remise en cause du droit de propriété, en dépit des idées de Robespierre sur sa limitation, et demeure au nombre des droits « naturels imprescriptibles » de l’Homme (art. 1 et 2). La Terreur hélas ne leur donnera pas l’opportunité de la faire appliquer. L’esclavage sera pourtant aboli provisoirement en février 1794. Collot d’Herbois, dernier chef des Montagnards, en voulant faire appliquer la Constitution de l’An I après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), tombera sous les coups de l’impitoyable réaction thermidorienne. Ainsi à cette époque, les Montagnards apparaissent comme les représentants de la gauche et les thermidoriens partisans de la droite.

 

 

- Mais la nature de la gauche et de la droite ont changé par rapport à 1789.

La gauche est toujours favorable aux principes de 1789, mais est clairement opposée au libéralisme économique pour éviter la disette voire la famine. L’extrême gauche est favorable au maintien de la Terreur. La droite n’est plus monarchiste  ; c’est désormais l’extrême droite qui est favorable au retour à l’Ancien Régime. Mais la droite ne veut pas appliquer la Constitution de l’An I contraire aux principes du libre-échange puisque la Constitution de l’An I entérinait la Réglementation du commerce des grains. La répartition des richesses n’est également pas la préoccupation de ces députés avides de richesse. N’oublions pas que la Convention Thermidorienne donnera naissance au Directoire  ! La Convention Thermidorienne met fin à la Révolution en ordonnant le massacre des habitants des faubourgs Saint Marcel et Saint Antoine, quartiers les plus révolutionnaires de Paris. La Garde Nationale dépossédée de ses éléments populaires et devenue entièrement bourgeoise s’exécute. Le terme «  révolution  » est même officiellement interdit en 1795 et la funeste Place de la Révolution, où se trouvait la guillotine est rebaptisée «  Place de la Concorde  », le nom qu’on lui connaît aujourd’hui.

 

Mais cette concorde est obtenue par la force et le sang versé des Parisiens et des Parisiennes. Les femmes et les enfants n’ont même pas été épargnés par ce carnage  ! Les Thermidoriens ont versé autant de sang que ceux qu’ils nommaient péjorativement les «  Terroristes  »  ! La gauche comme la droite sont coupables de bon nombre d’exactions à cette époque. Mais la gauche les a faites en raison des invasions étrangères et des menaces à l’intérieur du territoire, sans avoir le temps de faire triompher ses valeurs. La droite, quant à elle, a commis des crimes pour prévenir une nouvelle révolution qui aurait renversé les bourgeois et instaurer la Constitution de l’An I. En 1796, le Directoire qui se veut toujours républicain , même si le régime n’a plus que les apparences de la République depuis bien longtemps  ; fait réprimer l’insurrection monarchiste de l’Eglise Saint Roch par le Général Napoléon Bonaparte. Ce même Bonaparte prend le pouvoir entre le 18 et le 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799). Son discours au soir de son coup d’Etat est bien connu  : «  Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée  ! Elle est finie  !  » Ce qui veut dire que l’on en revient à 1789, comme par enchantement  ! Mais le Premier Consul n’appliquera pas vraiment ces principes et finira par établir l’Empire. Le Code Civil du 31 mars 1804 ne reprendra pas les idées avant-gardistes de la Constitution de l’An I. En ce sens, Napoléon Ier apparaît bien comme un homme essentiellement de droite voire d’extrême droite avec l’établissement d’une noblesse d’empire et du rétablissement de l’esclavage dans les colonies, à l’exception de la période des Cent Jours en 1815 durant laquelle il avait fait d’importantes concessions sociales.

 

 

- Au final...

L’on peut considérer que la quintessence de ce que sont la gauche et la droite aujourd’hui en France prend racine à la fin du Siècle des Lumières et durant toute la période révolutionnaire. Originellement portée par les idées bourgeoises couplant libéralisme économique et libéralisme politique, la gauche a évolué en se ralliant à une réglementation du Marché par l’Etat, autrefois voulue par le Roi garantissant par là même l’application des droits naturels de l’Homme. La droite qui défendait l’Ancien Régime est devenue l’extrême droite et l’ancienne gauche favorable au libéralisme politique et économique a fini par imposer ses idées par la force lors de la réaction thermidorienne et devenir la nouvelle droite. La gauche avec l’avènement du Consulat défendra un retour à une république plus démocratique, sous l’Empire, elle prônera un retour à la République purement et simplement. Sous la Restauration, l’échiquier politique majoritaire sera à nouveau comme au début de la Révolution entre les partisans d’une monarchie constitutionnelle et ceux d’un retour à l’Ancien Régime. Mais le clivage entre la gauche et la droite observé à la fin du XVIIIe siècle reviendra avec force durant les périodes suivantes et il est encore perceptible de nos jours.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 08:53
Qui sont les nouveaux dirigeants locaux du PCF ?
Amorcé à la fin des années 1970, le déclin électoral du PCF s’est accompagné d’une profonde transformation du profil social de ses dirigeants : aux permanents ouvriers a succédé progressivement une nouvelle génération de cadres, titulaires de mandats électifs, issus de la fonction publique territoriale. Cette évolution est aujourd’hui source de contradictions, comme l’illustrent les tensions internes qui traversent le Front de Gauche[1].
 

Jusque dans les années 1970, le Parti communiste français, premier parti de la gauche française, se singularisait par son ancrage dans les territoires populaires. La puissance passée du PCF correspondait à une conjoncture de croissance et d’homogénéisation des classes populaires autour du groupe ouvrier. Le PCF atteint dans ces années son pic d’adhésions avec 560 000 encartés en 1978. Issus eux-mêmes de la classe ouvrière, les dirigeants communistes pouvaient apparaître comme leurs porte-parole légitimes (Pudal 1989). L’objectif d’émancipation des travailleurs reposait sur une « politique des cadres », valorisant les militants des entreprises (Boulland 2011) et l’ancrage de municipalités dites « ouvrières » (Bellanger et Mischi 2013). Le PCF a ainsi, pendant près d’un demi-siècle, réussi à bouleverser l’ordre social qui régissait la vie politique française en propulsant des catégories populaires (ouvriers mais aussi paysans, artisans, petits commerçants) à la direction d’institutions publiques (mairies, conseils généraux, commissions parlementaires…) d’où elles étaient jusqu’ici largement exclues.

 

 

- La fin du parti ouvrier

Le PCF a été frappé de plein fouet par les transfation contemporaines des classes populaires, qui sont autant de freins à leur maintien ou à leur entrée dans l’action militante : éclatement de la classe ouvrière, essor du chômage et de la précarité, division des collectifs de travail, affaiblissement du syndicalisme, ségrégation spatiale, etc. Le déclin relatif du groupe ouvrier dans la société française a été compensé par l’essor des emplois d’exécution dans les services, occupés essentiellement par des femmes (Avril 2014), autant de mondes populaires où le PCF a peu recruté. Sa féminisation s’opère surtout du côté des franges les plus diplômées du nouveau salariat féminin (professions intermédiaires de l’éducation et de l’animation socioculturelle, cadres du public, etc.).

 

Au cours des années 1980‑2000, progressivement, les militants d’origine populaire, ouvriers ou employés, se font d’autant plus rares que l’on monte dans la hiérarchie du PCF. Auparavant centrale, la réflexion sur le recrutement militant de femmes et d’hommes des milieux populaires devient secondaire. À partir du milieu des années 1990, le PCF ne s’adresse plus en priorité aux classes populaires ; son objectif devient de représenter la société française dans sa « diversité ». Sa vision passée d’une société de classes tend à s’effacer derrière les thématiques consensuelles de la « citoyenneté » et de la promotion du « lien social », ou encore de la démocratie dite participative. Dirigeants et élus communistes adoptent une rhétorique humaniste, largement partagée dans le reste du monde associatif et politique affilié à la gauche dans un contexte de radicalisation de la droite et de montée du Front National. Comment expliquer cette évolution du discours communiste ? En partie, sûrement, par une attitude de rejet de l’ouvriérisme qui a marqué l’histoire de ce parti : l’attribution d’un rôle politique central à la classe ouvrière est symboliquement associée au modèle stalinien, dont les communistes cherchent alors à se démarquer (Pudal 2009).

 

La marginalisation des nouvelles figures populaires au sein du PCF n’est probablement pas sans lien avec l’abandon des dispositifs internes de formation et de sélection de militants (Tartakowsky 1980). Les écoles du parti, par exemple, disparaissent ou perdent leur fonction d’éducation populaire au cours des années 1990 (Éthuin 2009). Cet abandon des outils collectifs découle, bien sûr, d’abord de la baisse des effectifs militants mais, là encore, le rejet du passé stalinien et de certaines pratiques autoritaires du centralisme démocratique, associé à la recherche d’une nouvelle image publique, a pu nourrir une suspicion vis-à-vis des structures militantes, perçues comme des formes d’embrigadement et de contrôle social.

 

En l’absence de mesures de promotion des militants d’origine populaire, les logiques élitistes de fonctionnement de la vie politique reviennent en force : les catégories diplômées, comme les enseignants et les cadres administratifs, prennent le pas sur les catégories populaires au sein du PCF et de ses mairies. Ceux qui s’estiment ou sont vus comme les plus compétents dans le métier politique (collaborateurs d’élus, directeurs de cabinet, cadres technico-administratifs, chargés de mission, etc.) y jouent un rôle de plus en plus important, à l’image d’un processus de sélection déjà à l’œuvre au Parti socialiste (Lefebvre et Sawicki 2006).

 

 

- La survie du PCF autour des collectivités territoriales

Dans les départements, un nouveau groupe – celui des cadres de la fonction publique territoriale – remplace progressivement celui des dirigeants ouvriers. Aux permanents formés au sein du parti succèdent, à partir des années 1980, des responsables dont les itinéraires sont étroitement associés au monde des collectivités territoriales. Ils y sont liés par leurs trajectoires militantes (beaucoup ont commencé à militer dans des municipalités communistes où ils ont grandi avec souvent des parents déjà investis au PCF), scolaires (certains possèdent des diplômes liés à l’action publique locale) et professionnelles (ils entrent fréquemment sur le marché du travail à la faveur d’un poste dans une collectivité locale).

 

C’est autour des administrations publiques territoriales que se restructure et survit le communisme contemporain, et non autour des réseaux syndicaux, dont la place s’est réduite au sein du monde communiste et, plus largement, au sein des univers de travail. Un ressort traditionnel de l’engagement communiste, celui du militantisme en entreprise nourri de l’expérience des inégalités sur le lieu de travail, s’affaiblit. Depuis Georges Marchais, dernier dirigeant national passé par la Confédération générale du travail (CGT) en y ayant occupé des responsabilités, le parcours des responsables du PCF s’ancre surtout dans la gestion publique locale. En 1994, Robert Hue est le premier maire à devenir secrétaire général du parti. Sa carrière au sein de l’appareil repose sur son action à la tête de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR). Marie-George Buffet, qui lui succède en 2001, a d’abord été cadre dans une mairie communiste avant d’être adjointe dans une autre municipalité, puis élue au conseil régional d’Île-de-France. La socialisation militante des nouveaux dirigeants du PCF passe moins par les luttes sociales et l’engagement à la CGT que par l’expérience des collectivités locales en tant qu’élus ou collaborateurs d’élus.

 

En raison du déclin du PCF et de la raréfaction de ses ressources, dans les départements, les responsables de ce parti ne peuvent plus être rétribués par l’organisation et doivent rechercher d’autres sources de financement – en l’occurrence, celle des mandats électifs. Une règle historique de fonctionnement de l’organisation communiste, celle de la distinction entre cadres d’appareil et élus, est ainsi rompue à la fin des années 1990. Les cadres départementaux ont pour consigne, à partir de 1998, d’entrer dans leurs conseils régionaux grâce à une alliance avec le PS. Cette notabilisation élective des dirigeants est un phénomène inédit au PCF, un parti où les élus étaient traditionnellement perçus avec méfiance. Ses responsables ne parlaient-ils pas, encore dans les années 1950‑1960, de « crétinisme municipal » ? (Bellanger 2002). Les fédérations départementales étaient dirigées par des permanents dits « politiques », dont l’une des missions était de contrôler l’activité des militants syndicaux, associatifs et élus. Ayant un rôle idéologique unificateur, ils travaillaient à politiser les actions des adhérents engagés dans les différents segments des écosystèmes communistes locaux – CGT, Secours populaire, municipalités, réseaux sportifs, de locataires, etc. – (Mischi 2010). Or les cadres vivent désormais de plus en plus souvent de leurs mandats électifs. Ils sont devenus des permanents/« élus ».

 

 

- Un nouveau type de professionnels de la politique

Cette nouvelle génération de responsables, qui gèrent des collectivités locales, généralement avec le PS, ont leurs propres préoccupations d’élus. Ce qui prime à leurs yeux, c’est leur lien avec les « habitants » et non pas spécialement le développement d’une organisation militante. Ils s’entourent de cadres de la gestion publique locale formés au management territorial et d’experts de la communication politique, dans un contexte de transformation de la gestion publique locale (autour de l'intercommunalité en particulier) qui renforce les compétences supposées nécessaires pour exercer le pouvoir local. Les élus tendent même à se méfier des militants, vus comme « partisans », alors que se diffuse une conception pragmatique et technique de l’action municipale qui met à distance tout débat politique contradictoire. Le profil des responsables communistes reflète en cela la professionnalisation de l’administration communale et intercommunale, qui marginalise les classes populaires. Il traduit également le maintien relatif du « communisme municipal » autour d’élites locales de moins en moins issues des classes populaires (Gouard 2014).

 

Hier, les dirigeants ouvriers, permanents du PCF, avaient fait de la politique leur métier, autour de compétences militantes (tenir un meeting, rédiger un tract, animer une réunion, etc.). Aujourd’hui, ce sont les savoir-faire techniques gestionnaires qui caractérisent la nouvelle génération de dirigeants communistes dans les départements. Des savoir-faire qui reposent sur des ressources scolaires et professionnelles produites et acquises hors de l’organisation, notamment dans les collectivités locales ou à l’université. Autre point de comparaison : la mobilité sociale et les aspirations culturelles marquent fréquemment l’itinéraire tant des anciens que des nouveaux dirigeants. À l’image des ouvriers devenus permanents durant les décennies précédentes, les responsables communistes des années 1990 et 2000 ont connu une ascension sociale, pas tant dans les organisations militantes qu’à travers la fonction publique ou parapublique. Pour des militants issus de familles populaires, l’intégration dans une administration publique locale à des postes de cadres est synonyme de promotion sociale. De ce fait, les élus communistes locaux conservent une spécificité. Ils ne ressemblent pas socialement à ceux des autres grandes formations politiques, qui recrutent largement parmi les élites sociales.

 

Une certaine remobilisation des réseaux communistes est intervenue d’abord dans le cadre de la lutte contre le Traité constitutionnel européen de 2005 puis, à un degré moindre, dans celui de la campagne pour les élections présidentielles de 2012. Séduits par la dynamique des collectifs antilibéraux de 2005 puis par la radicalisation du discours opéré par Jean-Luc Mélenchon, des militants, qui s’étaient mis en retrait de leur parti dans les années 1990, sont rejoints par une nouvelle génération de jeunes militants, passés pour beaucoup par la lutte (victorieuse) contre le contrat première embauche (CPE) en 2006. Mais la stratégie du Front de gauche, en valorisant l’alliance avec les forces situées à la gauche du PS, a mis au premier plan le problème de l’influence des élus dans l’appareil communiste et de leur dépendance à l’égard des socialistes. Les élections mu,icipales de mars 2014 ont ainsi donné lieu à des tensions internes autour de la question de la reconduction des alliances avec le PS, position généralement défendue par les élus sortants. L’érosion municipale du PCF amorcée en 1983 s’est d’ailleurs poursuivie, si bien que, petit à petit, la question de la place des élus dans les réseaux communistes risque de devenir caduque. Dans certains territoires, dans l’Ouest breton ou le Centre-Est, par exemple, le PCF ne peut déjà plus s’appuyer sur des positions électives.

 

Notes :

[1] Commentaire personnel du titulaire de ce blog :

"En effet, le PCF, principale composante du FdG, aurait pu, dans le cadre d'une dynamique d’enracinement et d’élargissement populaire, largement bénéficier en retour d’un apport militant nouveau issu des classes populaires se réappropriant la politique. Il n’en sera rien, refusant de dépasser un cartel de partis, l’adhésion directe au FdG, menant une politique d’alliances à géométrie variable (ici avec le PS, là avec les partenaires du FdG ou EELV) lors des élections municipales de 2014, des législatives et des régionales de 2015, le PCF a tué dans l’œuf la dynamique qui aurait pu lui être bénéfique.

Pire encore, embourbé dans une démarche de « primaire de gauche » avec le PS dans le cadre des élections présidentielles de 2015, il se met à dos de nouvelles couches populaires et a renvoyé le Front de Gauche à une aire glaciaire.", même si des tentatives et propositions sont faites pour le relancer.

- Avril, C. 2014. Les Aides à domicile : un autre monde populaire, Paris : La Dispute.

- Bellanger, E. 2002. « Spécificité, continuité et uniformisation de la gestion communiste dans les mairies de la Seine banlieue », in Girault, J. (dir.), Communisme et mouvements sociaux en région parisienne et en France, XIXe‑XXe siècles, Paris : Publications de la Sorbonne, p. 293‑317.

- Bellanger, E. et Mischi, J. (dir.). 2013. Les Territoires du communisme. Élus locaux, politiques publiques et sociabilités militantes, Paris : Armand Colin.

- Boulland, P. 2011. Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédérations de banlieue parisienne (1944‑1974), thèse d’histoire, université Paris‑1 Panthéon-Sorbonne.

- Éthuin, N. 2009. « La formation des communistes à l’heure du “décentralisme démocratique” », in Lefebvre, R. et Roger, A. (dir.), Les Pratiques délibératives dans les partis politiques, Rennes : Presses universitaires de Rennes, p. 87‑104.

- Gouard, D. 2014. La Banlieue rouge. Ceux qui restent et ce qui change, Lormont : Éditions Le Bord de l’eau.

- Lefebvre, R. et Sawicki, F. 2006. La Société des socialistes. Le PS aujourd’hui, Brignais : Éditions du Croquant.

- Mischi, J. 2010. Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Rennes : Presses universitaires de Rennes.

- Pudal, B. 1989. Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Paris : Presses de la Fondation nationale des sciences politiques.

- Pudal, B. 2009. Un monde défait. Les communistes français de 1956 à nos jours, Brignais : Éditions du Croquant.

- Tartakowsky, D. 1980. Les Premiers Communistes français. Formation des cadres et bolchévisation, Paris : Presses de la Fondation nationale des sciences politiques.

 

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 08:32
Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

Revenons certes avec un peu de retard, mais d'une manière dépassionnée, sur les propos de Manuel Valls, selon qui l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ». Prononcée le 7 mars lors du dernier dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des juifs de France)[1], organisme principalement consacré à la défense des gouvernements israéliens successifs auprès des autorités françaises, cette accusation vise à faire peser un soupçon indistinct d’infamie sur les mouvements de solidarité avec les Palestiniens.

 

Source : le Grand Soir par Michel Rony BRAUMAN[2] le 07 avril 2016

Voire à les criminaliser, comme on le constate avec la pénalisation des appels au boycott des produits israéliens en provenance des territoires occupés.

 

Passons sur le fait qu’il est permis – et même valorisé – dans notre pays d’appeler à la guerre (en Irak, au Darfour, en Syrie, en Libye) mais illicite de protester par un boycott de consommation contre une politique coloniale. Intéressons-nous plutôt aux rapports entre sionisme et antisémitisme, en nous souvenant en premier lieu que la majorité des juifs du monde, et notamment les Français, furent opposés au sionisme jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale et que même alors, la majorité des juifs d’Europe ne choisit pas la Palestine après la shoah. Pas plus que les juifs russes fuyant les pogroms à la fin du XIXe siècle, dont seul 1 % se rendit en « Terre promise ».

 

Quant aux juifs français engagés dans le soutien au capitaine Dreyfus, tous ne suivirent pas Théodore Herzl, fondateur du sionisme, qui fit de ce procès inique le déclencheur de son projet national. Lorsque Herzl affirmait que l’affaire Dreyfus marquait l’échec du modèle républicain d’intégration des juifs, d’autres voyaient dans le foyer national juif un « piège tendu par l’antisémitisme »[3]. Et c’est dans une logique tout impériale que Lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères lui apporta son soutien en novembre 1917, durant la Première Guerre mondiale.

 

Que l’on puisse sans contradiction être prosioniste et antisémite devrait tomber sous le sens, puisqu’il s’agissait, dès l’origine, de débarrasser l’Europe de ses juifs, projet commun des uns et des autres avant que surgisse la folie hitlérienne. La dimension biblique comptait dans ce soutien, les courants évangéliques anglais de l’époque, comme leurs homologues contemporains aux Etats-Unis, voyant dans le rassemblement des juifs en Palestine l’actualisation du récit de l’ancien testament et le prélude à l’avènement du Messie.

 

Les plus fervents et les plus radicaux des défenseurs d’Israël en toutes circonstances se recrutent d’ailleurs parmi ces évangéliques américains, lesquels véhiculent les plus classiques des stéréotypes antisémites tout en soutenant les plus durs des colons israéliens. L’avenir qu’ils réservent aux juifs laisse songeur quant aux alliances de l’Etat hébreu : selon l’interprétation évangélique de la Bible, les juifs devront en effet se convertir ou périr lors du Jugement dernier hâté par leur regroupement en Palestine.

 

On peut certes être antisioniste par haine des juifs, qui pourrait le nier ? Mais on peut n’être pas moins antisémite et un sioniste ardent, ce que notre Premier ministre semble ignorer. Estimer que la création d’Israël fut une décision funeste, y compris pour les juifs, relève de la liberté d’opinion, au même titre que l’opinion contraire. Telles sont, stricto sensu, les significations des mots antisioniste et sioniste. Les deux positions, regards opposés mais également légitimes sur un événement historique, peuvent se nourrir de l’antisémitisme, comme elles peuvent y être totalement étrangères.

 

Les saisies de terres, destructions de maisons, emprisonnements administratifs, extensions de colonies, voilà ce qui nourrit aujourd’hui la critique d’Israël et de sa politique du fait accompli. Si le sionisme historique est pluriel, sa forme contemporaine est monocolore, largement sous le contrôle des colons. Et l’antisionisme est pour beaucoup une simple opposition à la stratégie d’occupation des territoires palestiniens et aux exactions qui l’accompagnent.

 

Voilà ce que cherche à masquer le Crif, principal porte-voix du gouvernement israélien en France, désormais détrôné dans ce rôle par le Premier ministre.

 

Notes :

[1] Dîner du Crif: pour Valls, «l'antisionisme est synonyme de l'antisémitisme»

[2]Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.

[3] Voir l’article de Gilles Manceron, « Au croisement de trois histoires : antisémitisme, sionisme et droits des Palestiniens », Collectif Trop, c’est trop, 9 mars 2016.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Palestine

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:55
BREXIT : La gauche britannique a déserté !

Ne nous y trompons pas, en dépit des apparences, le vote britannique en faveur du Brexit n’est pas dû principalement à la haine de l’étranger, mais aux horreurs du modèle social britannique, présenté comme l’exemple à suivre par les libéraux français de droite et ceux prétendument de gauche.

 

Source :  Le blog de Robert Mascarell

Ce modèle bâti sur une précarisation généralisée et effrayante de la société, en général, des travailleurs, en particulier. Le chômage y est soi-disant insignifiant. A quel prix ! Des CDD zéro heure. Une indemnisation du chômage pendant six mois seulement. À l’issue de ces six mois, obligation de prendre le pseudo-emploi proposé. Voilà, comment sont truquées les statistiques du chômage en Grande Bretagne !

 

C’est pour parvenir à détruire les conquêtes sociales des travailleurs britanniques que les capitalistes ont décidé d’importer massivement des travailleurs immigrés. Le malheur, c’est que la disparition des syndicats, écrabouillés par l’épouvantable Maguy Thatcher, et la trahison du parti travailliste depuis des décennies, ont conduit les travailleurs britanniques à se tromper de cible et donc à faire des travailleurs immigrés les boucs-émissaires de leurs souffrances. Et comme les immigrés entrent en Grande Bretagne par les canaux européens, le peuple s’est saisi du référendum pour rejeter l’Europe.

 

Résultat, les bénéficiaires de la victoire du Brexit ne sont que les dirigeants des partis xénophobes et racistes.

 

La gauche a été aux abonnés absents. Même notre ami Jérémy Corbyn s’est trompé de combat. Lui qui, normalement, était contre cette Europe, a finalement appelé à y rester. Sa justification ? A tout prendre, le modèle social européen est moins pire que le modèle social britannique. C’est vrai, mais c’est dérisoire. Entre la peste et le choléra, on choisit de se battre sur des idées de gauche, donc pour une Europe sociale et non pour cette Europe du fric.

 

Les travailleurs britanniques ne s’y sont pas trompés. Même ceux qui ne sont ni racistes ni xénophobes ont été obligés de mélanger leurs voix avec ceux-ci. Ils ont majoritairement voté pour le Brexit, mais au seul appel des xénophobes et des racistes. La gauche a déserté, elle a laissé tomber les travailleurs.

 

 

- Le vendredi 24 juin 2016, Jean-Luc Mélenchon parlait du vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne ou (Brexit).

Il a dénoncé le système européen actuel qui ne fonctionne que pour les ultrariches et a réaffirmé que 2017 serait une année clé pour trancher par un vote démocratique les questions européennes.

 

Ia rappelé ses propositions et réaffirmé qu’en cas d’échec des négociations avec les autres États membres, il serait prêt à appliquer un plan B comprenant la sortie de la France de l’Union européenne par référendum.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:21
Leur primaire et les autres

Sources : Le blog de François Cocq  François Cocq responsable national du Parti de Gauche

- Jean-Christophe Cambadélis les a essorés.

Tous. En faisant adopter par le conseil national du PS réuni le 18 juin l’organisation d’une primaire dans le cadre de « La belle alliance populaire », le premier secrétaire du PS a réglé en un tour de main la dissidence supposée des frondeurs, fait taire les atermoiements de Montebourg, isolé le PCF et achevé EELV. Pour avoir mis le doigt dans la primaire, les voilà tous renvoyés au rang d’idiots utiles du  PS.

 

 

- Les « frondeurs » du PS avaient beau pavaner à Aubervilliers il y a 15 jours lors du congrès du PCF, les voilà ramenés au bercail.

La primaire « de toute la gauche » n’aura bien sûr pas lieu, la participation de François Hollande demeurant pour certains indépassable. La primaire de « La belle alliance populaire » prend donc la main. Ne nous y trompons pas : c’est un cadre qui satisfait ceux qui jouent depuis le début de la primaire comme  d’un échauffement pour le prochain congrès du PS. A peine Cambadélis avait-il d’ailleurs dévoilé vendredi 17 juin ses intentions que sans attendre le conseil national, Christian Paul déclarait le 18 juin au matin sur France-Info : « C’est peut-être la dernière chance qu’il y ait un candidat de la gauche au second Cambadélistour de la présidentielle en 2017 ». Avant d’en revenir à sa préoccupation première : « C’est probablement la seule chance d’éviter la dislocation du PS ». Cela fait beaucoup de « chances » et pour ne pas les compromettre, Christian Paul referme la parenthèse : « Si le président sortant souhaite être candidat, si le parti majoritaire a décidé d’une primaire de façon loyale, il est clair qu’il ne saurait y avoir de candidature en dehors de ce schéma ». Tous derrières et lui, devant.

 

 

- Il est cependant à craindre que le duo Cambadélis-Valls ait fait coup double.

En faisant adopter quelques jours avant le retour à l’assemblée du projet de loi travail l’idée de primaire de « La belle alliance populaire », le premier sert la soupe au second. Car qui peut croire que les « frondeurs » qui ont si méticuleusement calculé l’échec du dépôt de leur motion de censure lors de la première lecture se risqueraient aujourd’hui à aller plus loin alors même qu’ils ont obtenu satisfaction dans leur parti sur la primaire ? Ils seront jugés sur pièce. Mais il est à parier qu’il ne s’en trouvera que fort peu pour user de la motion de censure qui resterait à leur disposition en cas de recours au 49-3. D’ailleurs celui-ci sera-t-il nécessaire dans ce nouveau paysage ? C’est à voir. Pour beaucoup la tambouille des partis prime malheureusement encore et toujours sur le sens de la lutte et l’intérêt général…

 

 

- Arnaud Montebourg ne calcule pas différemment

Il a suffisamment ruminé que malgré ses 17% lors de la primaire de 2011 ce soit Valls et ses 5 % qui aient imposé leur ligne et collecté les honneurs pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Comme les autres, il sait qu’une primaire est taillée sur mesure pour reconduire François Hollande. Mais il faut prendre date et affirmer sa prééminence dans la perspective du renouvellement supposé. Arnaud Montebourg décerne alors les satisfecit au 1er secrétaire (« il n’est pas interdit d’être astucieux ») et laisse ses soutiens revendiquer la paternité de cette primaire (« Cette primaire, c’est le produit de la montée en puissance d’Arnaud Montebourg » dixit François Kalfon).

 

 

- Le PCF lui a mis toute son énergie depuis janvier pour pousser le processus de primaire.

Embourbé pendant longtemps dans la participation ou non de François Hollande, le PCF a confirmé lors de son congrès qu’il souhaitait une primaire mais sans celui-ci. Le calcul pour éviter de s’inscrire dans la candidature de Jean-luc Mélenchon consistait pour le PCF à créer les conditions pour faire émerger une candidature alternative au sein du PS. Hamon, Montebourg, Lienemann, on n’était pas trop regardant du côté du PCF tant que ce n’était pas Mélenchon. Seulement voilà, tous ceux-là sont rentrés à la maison au clairon, laissant le PCF planté au milieu du gué. Il n’est désormais plus que l’impayable Olivier Dartigolles pour encore affirmer : « Il y a des forces considérables pour définir un pacte d’engagement commun ». Ce serait drôle si les considérations de celui-là ne faisaient pas la loi au sein du PCF. Car après la présidentielle s’annoncent les législatives. Et nul ne peut croire que les résultats à ces dernières ne dépendent pas en grande partie, dans ce système vicié qu’est la Vème République, du score de la présidentielle qui les précède de quelques semaines. C’est dès lors un bien mauvais moment pour disparaître de la surface de la carte politique…

 

 

- EELV subit la même problématique...

Le PS a son contingent d’écologistes arrivistes dans « La belle alliance populaire » : ils ont pour cela payé le prix fort moyennant quelques maroquins ministériels il y a quelques semaines. Pour les uns comme pour les autres, Jean-Christophe Cambadélis ne s’y trompe pas, profitant du rapport du force qui lui est si favorable pour mettre EELV comme le PCF au pied du mur : à la question «Vous leur (PCF et EELV) proposez un accord législatif en échange d’une unité à la présidentielle », le 1er secrétaire du PS répond, cinglant : « A cette étape, je ne leur propose rien ». Circulez il n’y a rien à voir. Ajoutez à cela que Jean-luc Mélenchon est désormais largement considéré comme le candidat de l’écologie comme il était déjà le candidat de celles et ceux qui luttent pour un humanisme radical et vous trouverez deux formations asphyxiées.

 

La primaire est un leurre car elle fait mine de solliciter le peuple alors même qu’elle s’inscrit d’abord dans le cadre de partis. Les six mois qui viennent de s’écouler ont fait la démonstration que, de faux-nez en chausse-trappes, c’est la vieille politique qui commande le processus de la primaire. Et qui arrive à ses fins. Il est heureux que tous ne se soient pas laissé prendre au piège et que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise soient dès à présent lancés pour offrir la seule alternative crédible car populaire face aux vestiges d’un temps révolu.

 

Pour en savoir plus :
-
Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

- A quoi servent les éternels « petits pas » d’Arnaud Montebourg ?

- Jean-Luc Mélenchon : À propos de la primaire de la belle alliance du PS

- Un renfort de poids. Marie-George Buffet appelle les communistes à "se rassembler" derrière Jean-Luc Mélenchon

- Un courant du NPA rejoint Mélenchon

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 08:29
6e République - Ce qu'en disait « L'Humain d'abord »

Voici ce que disait en 2012 le programme L'Humain d'abord, qui a rassemblé 4 millions de voix à l'élection présidentielle, sur la convocation d'une Assemblée constituante et le passage à une 6e République. 

 

Sources :  Le blog de JLM2017

- Chapitre « Convoquer l’Assemblée constituante de la VIe République »

Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. L’abs­tention bat des records. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distinguent avant tout par leurs styles personnels, arbitrée par des médias principalement voués au libéralisme. Entre deux élections, le pouvoir gouverne sans le peuple voire contre lui comme nous l’avons vu ces dernières années sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans cette situation, les intérêts privés les plus puissants s’en donnent à cœur joie. C’est l’oli­garchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véri­table, il est temps de fonder une nouvelle République.

 

1 - Agir tout de suite

  • Convocation d’une Assemblée constituante Abrogation de la réforme territoriale de 2010

  • Rétablissement de la proportionnelle à toutes les élec­tions

  • Création du Conseil national des médias 

2 - Agir pour un changement durable

  • Fondation d’une VIe République parlementaire, sociale et participative 

 

Une Constitution démocratique, des lieux de travail aux institutions

Pour s’assurer le contrôle de sa destinée, le peuple doit reprendre le pouvoir. Nous voulons de nouvel­les institutions pour garantir la souveraineté popu­laire, assurer la primauté de l’intérêt général sur les intérêts financiers, permettre une implication popu­laire continue dans tous les actes de la vie profession­nelle, sociale et politique par l’inscription de nouveaux droits pour les citoyen(ne)s et les salarié(e)s.

  • La Constitution que nous défendons réaffirmera les droits sociaux : droit à l’emploi et au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, à la protection sociale.

  • Elle renforcera les pouvoirs du citoyen là où il tra­vaille, en reconnaissant la citoyenneté d’entreprise : nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, et le statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales, éco­logiques et économiques démocratiquement débattues. L’avis favorable des représentants du personnel ou des comités d’entreprise sera obligatoire pour toutes les déci­sions stratégiques. Nous instaurerons un droit de veto suspensif sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentées par les syndicats.

 

Dans les entreprises publiques, le droit des usagers sera reconnu et exercé. Le droit de grève et de se syn­diquer, la liberté d’expression seront confortés. Les CE se verront reconnaître des droits étendus d’expertise, de contrôle, de proposition et de décision. Les délégués syndicaux interentreprises dans les TPE seront reconnus, et nous agirons pour l’extension des droits des « Comités de groupe » au niveau des groupes européens. La hié­rarchie des normes sera rétablie (pas d’accord d’entre­prises moins favorables que les accords de branche). Une véritable médecine du travail dotée de moyens de prévention, d’analyse et de décision sera développée.

 

Nous mettrons immédiatement en place une citoyenneté de résidence. Les résidents extra­communautaires bénéficieront du droit de vote aux élections locales.

 

Contre le présidentialisme, nous défendrons le régime parlementaire et restaurerons la balance des pouvoirs. Nous voulons rétablir la primauté de l’Assemblée nationale sur l’exécutif. Les pouvoirs exorbitants du pré­sident de la République doivent être supprimés dans le cadre d’une redéfinition générale et d’une réduction de ses attributions. Le gouvernement sera responsable devant l’Assemblée nationale. Nous proposerons la suppression du Sénat ou sa réforme profonde pour devenir une cham­bre relais des collectivités locales et des initiatives citoyen­nes. La proportionnelle sera rétablie pour toutes les élections. La parité sera garantie par la loi, le cumul des mandats strictement limité en nombre et dans le temps.

 

Nous garantirons l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir exécutif en instaurant un Conseil supérieur de la justice à la place du Conseil supérieur de la magistrature, pour moitié élu par les magistrats, pour moitié nommé par le Parlement. Il sera responsable devant le Parlement. Ce Conseil supérieur de la justice décidera des nominations de l’ensemble des magistrats. Les insti­tutions du maintien de l’ordre et de la justice seront réfor­mées conformément au respect des droits fondamentaux tels que formulés dans la nouvelle Constitution.

 

La Constitution que nous voulons garantira l’indé­pendance des médias à l’égard du pouvoir politique et des puissances d’argent. Les présidents des chaînes publiques seront nommés par leur conseil d’administra­tion, dans lesquels les représentants du personnel cons­titueront 50 % des membres. Nous améliorerons les conditions de travail des journalistes pour permettre une information indépendante, pluraliste et de qualité.

 

Le droit des citoyens à intervenir dans le dévelop­pement de la recherche sera inscrit dans la Consti­tution. Nous garantirons la création de forums citoyens des sciences et de la technologie, dotés du pouvoir d’enquête, dès lors que les populations concernées en feront la demande. Leur composition sera représentative de tous les acteurs de la vie publique. Travaillant aux côtés des instances de recherche existant dans les terri­toires, leur travail, évalué par des scientifiques, donnera lieu à un rapport annuel examiné par l’Assemblée natio­nale. Le gouvernement sera tenu d’y répondre.

 

Nous créerons un ministère de l’Éducation popu­laire et des libertés associatives. Nous remplacerons la circulaire Fillon du 18 janvier 2010 qui impose aux associations les critères de gestion des entreprises pri­vées, par une loi qui confortera les possibilités d’agir des associations au service de l’intérêt général et pré­servera les libertés associatives.

 

Nous définirons à tous les niveaux une politique de sou­tien financier au monde associatif, transparente et privi­légiant les aides au fonctionnement plutôt que les aides à projet qui mettent en concurrence les associations.

 

Nous renforcerons les pouvoirs des instances regrou­pant les associations au plan national (CNDA et CPCA) qui prendront une place prépondérante dans la gestion d’un observatoire national de la vie associative.

 

L’implication populaire permanente

Nous voulons renforcer et amplifier la souveraineté directe du peuple. La démocratie participative sera ins­crite dans la Constitution et des lois déclineront ce prin­cipe pour donner les moyens, les outils, les espaces pour sa mise en œuvre. Elle s’appliquera à l’élaboration des lois, à la mise en œuvre des grandes politiques publiques et à la gestion des collectivités territoriales, notamment au moyen de budgets participatifs.

 

Un statut de l’élu(e) dans toutes les collectivités (com­munes, départements, régions, assemblées nationale et européenne) sera garanti ainsi qu’un statut du bénévole.

 

Une nouvelle instance nationale pluraliste char­gée du contrôle de constitutionnalité sera créée en lieu et place du Conseil constitutionnel actuel, les citoyens ayant pouvoir de la saisir.

 

Nous créerons de nouveaux domaines d’inter­vention populaire. Le référendum, ou toute autre forme de consultation populaire directe, pourra être initié par voie de pétition réunissant un pourcentage conséquent de la population.

 

Tout changement du périmètre des services publics sera décidé après consultation du peuple.

 

L’initiative d’une loi sera ouverte aux citoyennes et aux citoyens, aux organisations syndicales et aux associations.

 

L’organisation du territoire

La réforme de 2010 des collectivités territoria­les sera abrogée.

 

Le principe général de responsabilité selon lequel l’État est le garant de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire devra être réaffirmé et consolidé (péréqua­tion financière, garantie de l’application des droits, égalité de traitement, etc.). Personne ne sera laissé pour compte.

 

La décentralisation sera organisée en fonction du prin­cipe de proximité permettant d’optimiser les décisions publiques dans le sens d’une plus grande satisfaction de l’intérêt général tout en définissant le rôle respectif de l’État et des différents échelons territoriaux en France et en Europe. Elle refusera la mise en concurrence des territoires et s’appuiera sur le développement des coopérations.

 

Dans les territoires d’Outre-mer, nous favoriserons un nouveau modèle de développement pour un progrès humain endogène en rupture avec le modèle actuel de dépendance inégalitaire et appuierons les coopéra­tions régionales au service d’alternatives mondiales (co­développement, chantiers écologiques d’intérêt universel).

 

L’autonomie des collectivités territoriales devra être assurée grâce à l’actualisation du principe de libre administration contenu dans la Constitution et à une réforme de la fiscalité locale faisant participer les actifs matériels et financiers des entreprises.

 

Un processus constituant, une Assemblée constituante

Pour respecter pleinement la souveraineté populaire et poser les bases de la République démocratique et sociale que nous voulons construire, nous engagerons un processus constituant, mettant au cœur l’engage­ment citoyen et le débat public.

 

Une Assemblée constituante distincte de la nouvelle Assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un projet de Constitution nouvelle pour une VIe République, sera élue au suffrage universel, dès 2012. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale sans seuil, avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s’y présenter et les élu(e)s de la Constituante ne pourront être candi­dats aux élections suivantes. Les modalités de l’élection et du débat public seront établies après consultation des organisations sociales.

 

Le texte proposé sera l’aboutissement d’un grand débat public réunissant citoyens, organisations socia­les et politiques qui, sous des formes à définir (assem­blées populaires, États généraux, forums citoyens, etc.), relayé par les médias, devra permettre au peuple lui-même de s’en approprier les enjeux.

 

Ce projet de Constitution nouvelle, une fois voté par l’Assemblée constituante, sera soumis à réfé­rendum populaire.

 

Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

Raquel Garrido : Guide citoyen de la 6e République

- Chapitre « La République pour de vrai »

La République proclame l’égalité des citoyens. Elle ne se résume donc pas à un ensemble d’institutions, comme le régime politique républicain ou l’école répu­blicaine. Elle constitue bien davantage un projet à réa­liser : celui de l’égalité des citoyens, de la souveraineté de la communauté politique, de la liberté dans le respect de l’intérêt général. C’est pourquoi nous devons sans cesse nous assurer que le réel corresponde à l’idéal et notam­ment que les institutions contribuent bien à réaliser ces objectifs. Ce n’est souvent plus le cas aujourd’hui. Les discriminations perdurent voire s’aggravent. Les attein­tes aux libertés se multiplient. Il est devenu nécessaire de réaliser une refondation républicaine de notre pays conforme à sa devise de Liberté, d’Égalité et de Frater­nité.

                                                                                             

1- Agir tout de suite

  • Réaffirmation de la loi de 1905 sur la laïcité

  • Instauration d’une négociation annuelle des partenai­res sociaux pour le respect de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes

  • Abrogation des lois LOPPSI, HADOPI et des lois sécuritaires et liberticides

  • Régularisation des sans-papiers

  • Bilan annuel sur les discriminations

  • Abrogation de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001 pour mettre en place des règles alternatives n’impliquant pas la réduction des dépenses publiques

  • Abrogation de la RGPP et plan de création d’emplois publics (dans l’enseignement, la santé, la justice, la police…)

  • Doublement du montant de l’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale, à destination des collectivités et des associations 

2 - Agir pour un changement durable

  • Création du ministère des Droits des femmes et de l’Égalité

  • Loi-cadre de lutte contre les violences faites aux femmes

  • Loi de lutte contre le sexisme

 

La laïcité, pilier de la République et condition du vivre ensemble

La laïcité est un pilier de la République une et indivisible, un principe vivant et porteur de droits inaliénables garantis à tout membre de la société, français ou étranger : la séparation du politique et du religieux, la liberté de conscience et de culte, l’éga­lité des citoyens en tout domaine sans discrimination d’aucune sorte ; la neutralité de l’État à l’égard de tou­tes les convictions philosophiques, religieuses ou poli­tiques.

 

Concernant les religions, le gouvernement français agira pour qu’aucune d’entre elles ne soit mise à l’index au prétexte de la laïcité, comme le fait régu­lièrement le Front national à propos de la religion musulmane.

 

Nous réaffirmons le bien-fondé et l’actualité de la loi de 1905 sur la laïcité. Toutes les modifica­tions ultérieures de la loi de 1905 affectant ces principes seront abrogées. Pour nous, cette loi fon­damentale de notre République a vocation à s’appli­quer à tout le territoire national.

 

Aucun financement public ne sera octroyé à la cons­truction de nouveaux établissements scolaires privés ou à la rénovation de ceux qui existent déjà. Toute ségrégation de genre ou communautaire de l’espace public sera interdite (par exemple le choix du sexe du médecin à l’hôpital public). Le président de la Répu­blique renoncera définitivement à son titre de cha­noine de Saint-Jean-de-Latran.

 

Nous défendrons la laïcité dans les institutions euro­péennes et refuserons le financement public des reli­gions et organisations confessionnelles. Nous interdirons les sectes.

 

Dans les relations internationales comme dans notre pays, la laïcité est une condition de la paix, car elle permet le respect du droit de chaque peuple et de cha­que être humain indépendamment de ses convictions religieuses. Nous débarrasserons donc la politique internationale de la France de ses références à la théo­rie nord-américaine du choc des civilisations qui cher­che à diviser le monde en fonction des appartenances religieuses.

 

Égalité femmes-hommes : se débarrasser du patriarcat

Nous mettrons en place un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité, placé auprès du Premier (ou de la Première) ministre, doté de moyens, et appuyé par des délégué(e)s interministériel(le)s chargé(e)s de la mise en œuvre de l’égalité sociale et économique.

 

Nous organiserons une négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur le respect de l’égalité professionnelle (embauche, salaires, retraites, pro­motions) au niveau des branches et des entreprises. Les atteintes à l’égalité professionnelle seront combat­tues et les sanctions renforcées.

 

La « Directive (clause) de l’Européenne la plus favorisée » 

Soutenue par l’association Choisir la cause des femmes et par le Front de Gauche, elle consiste à harmoniser par le haut les droits des femmes européennes, en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus pro­gressistes : lois néerlandaises sur la contraception et les droits des homosexuel(le)s, française sur le viol, belge sur la parité, suédoises sur l’avortement et le congé parental, danoise sur l’éducation sexuelle…

Contre-exemples : les lois polonaise et irlandaise sur l’avortement, cette dernière l’interdisant de fait par la reconnaissance des « droits de l’enfant non-né ». Adoptée le 18 février 2010, une résolution de l’Assemblée nationale ne demande encore qu’un rapport informatif. Il est temps de passer aux actes !

 

À partir de la loi contre les violences faites aux fem­mes votée en juillet 2010, nous ferons adopter une loi-cadre sur ces questions incluant les propositions éla­borées par les associations du mouvement féministe. Nous donnerons les moyens nécessaires à l’application de cette loi en matière d’éducation, de prévention et d’information, ainsi qu’aux mesures à prendre en faveur des victimes de violence.

 

Un texte de loi anti-sexiste sera élaboré, définissant moyens et sanctions, condamnant les discriminations et insultes à caractère sexiste, ainsi que la banalisation et l’omniprésence de la pornographie et l’instrumen­talisation des corps à des fins marchandes.

 

Nous agirons auprès de nos partenaires européens pour que la « Directive de l’Européenne la plus favo­risée » voie le jour.

 

L’immigration n’est pas un problème

La haine des étrangers, la chasse aux immigrés défi­gurent notre République : il faut en finir !

 

Les flux migratoires se développent dans le monde, ils mêlent des motivations diverses. La France ne doit pas les craindre, elle ne doit pas mépriser l’immense apport humain et matériel qu’ils lui ont déjà procuré. Non, la présence des immigrés en France n’est pas un problème.

 

L’immigration zéro est un mythe qui divise et affai­blit notre pays. Même s’ils seront peut-être moins importants que dans le passé, la France continuera à connaître comme tous les pays du monde des flux migratoires. Il faut donc mener des politiques refusant de ghettoïser la société, qui ne soient pas guidées par l’obsession du refoulement des étrangers.

 

Nous rétablirons la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial, conditions d’une vie digne. Nous abrogerons les lois successives sur l’immigration adoptées par la droite depuis 2002 et nous procéde­rons à une refonte du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Nous régu­lariserons les sans-papiers dont le nombre a augmenté du seul fait des réformes de la droite. Nous décrimi­naliserons le séjour irrégulier, nous fermerons les cen­tres de rétention, nous rétablirons le droit au séjour pour raison médicale.

 

Nous respecterons scrupuleusement le droit d’asile qui sera déconnecté des politiques migratoires.

 

Notre vision de l’avenir de la France s’appuiera sur un nouveau Code de la nationalité, fondé sur le respect intégral et automatique du droit du sol dès la nais­sance et sur un droit à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir la natio­nalité française au-delà de cinq ans de résidence.

 

La lutte contre toutes les discriminations

Nous adopterons une loi pour l’égalité qui éradi­quera toute discrimination. Les droits du PACS seront renforcés. Le droit au mariage et à l’adoption sera reconnu aux couples homosexuels. Les femmes les­biennes auront accès à la procréation médicalement assistée.

 

Une loi en faveur des personnes en situation de han­dicap répondra à leurs besoins de façon impérative : mise en accessibilité du bâti, accompagnement de l’accueil à l’école publique, intégration professionnelle, revenu de remplacement égal au SMIC brut pour les personnes reconnues incapables de travailler.

 

Nous restaurerons la Haute Autorité de lutte contre les discriminations en renforçant son rôle et en la décentralisant, et nous remettrons en place également les médiations, et notamment la fonction du Défenseur des enfants.

 

Nous agirons fermement contre les discriminations à l’encontre des salariés étrangers. La violation des droits sociaux des travailleurs étrangers, dont sont notamment victimes les sans-papiers, fragilise l’ensemble des travailleurs et leurs droits sociaux.

 

Tout le champ des discriminations sera pris en compte (lieux publics, école, travail, logement, accès aux biens et services…), qu’elles soient fondées sur l’engagement syndical ou politique, qu’elles soient racistes, sexistes, fondées sur les convictions religieuses, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, qu’elles stigmatisent des jeunes, des immigrés, des gens du voyage, des person­nes en situation de handicap, qu’elles touchent à l’âge ou à l’origine sociale.

 

Un bilan annuel sera présenté au Parlement, suivi de décisions pour mieux faire appliquer les lois prévues à cet effet.

 

La sécurité : une affaire de solidarité nationale

Prévention, dissuasion, sanction : la lutte pour la sécurité ne saurait être efficace sans reposer sur ces trois exigences.

 

Nous abrogerons la loi LOPPSI 2 et les lois sécu­ritaires attentatoires à nos libertés, protégerons les citoyens face au fichage généralisé et à la vidéo-surveillance. Nous assurerons à tous et à toutes les moyens d’une défense de qualité en élargissant et en revalorisant l’aide juridictionnelle et les indemnités des avocats présents pendant la garde à vue.

Les dispositifs de lois anti-jeunes et criminalisant les familles en difficulté seront abrogés.

 

Une loi contre la corruption et les conflits d’inté­rêt sera adoptée pour sanctionner la « délinquance en col blanc ».

 

Nous devrons impérativement stopper la baisse des effectifs de la police et recruter. Les forces de police devront conduire leur action dans le cadre d’une déontologie fondée sur le respect des personnes, elles bénéficieront d’une formation en ce sens et de meilleures conditions de travail. Nous procéderons à l’intégration de toutes les polices de sécurité publique dans un service public unifié.

 

Il en sera de même pour le ministère de la Justice qui est l’un des premiers sinistrés de la RGPP avec le rétablissement d’une carte des tribunaux sur l’ensem­ble du territoire et le lancement d’un vaste plan d’humanisation de l’univers carcéral.

 

Il faudra revoir de manière drastique la répartition des forces de police sur le territoire national : les com­munes populaires sont aujourd’hui les premières à souffrir de la « rationalisation » des effectifs à l’échelle des départements et un effort conséquent devra être opéré pour répondre à leurs besoins, effort relayé par un plan de construction de locaux et d’ouverture de commissariats.

 

Nous redonnerons toute sa place à la police de proximité.

L’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale, destinée aux collectivités territoriales et au mouvement associatif, sera doublée, sous forme de subventions ou d’investissements directs de l’État dans les services publics les plus touchés.

https://www.m6r.fr/

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- Chapitre « Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale (extraits)

Un service public de l’information et de la culture, soustrait du pouvoir de l’argent et des pressions poli­tiques, sera le garant du pluralisme et de l’exercice de la citoyenneté.

  

 

- Chapitre « L’émancipation humaine en tête » (extraits)

Nous proposerons une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l’audiovisuel, pour les libé­rer des logiques financières et du diktat de l’audimat, afin de leur permettre d’accomplir leurs missions au service du pluralisme de l’information et de la culture. Nous créerons un Conseil national des médias com­posé d’élus, de représentants des professionnels et des usagers, chargé de veiller au respect de la responsabilité publique et nationale, et de favoriser la création de coo­pératives de presse. Nous refonderons un Pôle public des médias et garantirons l’existence de médias asso­ciatifs et de la presse d’opinion. 

https://www.m6r.fr/

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 08:29
Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

1 million de manifestants à Paris contre la Loi Valls/El-Khomri qui n'auront pour la majorité d'entre eux, vu qu'une partie du défilé, et n'auront des "événements" :

  • que pu constater les dégradations ;
  • que senti l'odeur des lacrymogènes ;
  • que percevoir les déflagrations des grenades ;
  • avec comme explications que celles des médias qui préparaient déjà, dans leur présentation des événements, l'annonce d'Hollande de vouloir interdire les manifestations.

 

- 11 H 30 :

Arrivé par le train de la Charente Maritime, j'ai rejoint le point de rassemblement des picto-charentais à l'angle de la place d'Italie et du Bd. de l'Hôpital.

 

Alors que des milliers de manifestants sont déjà arrivés, je quitte la Place d'Italie pour le haut de l'Avenue des Gobelins (croisement Bd Saint Marcel) ou va se situer le carré de tête de la manifestation avec les personnalités.

 

Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...
Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

- 12H00 : la souricière se met en place

De la Place d'Italie, toutes les rues donnant sur la totalité du parcours de la manifestation sont petit à petit interdites, hermétiquement fermées avec le même dispositif policier.... sauf pour entrer sur la manifestation (on entre, mais on ne peut plus sortir...) on ne peut qu'aller de l'avant,.. le piège se referme !

les rues hermétiquement fermées

les rues hermétiquement fermées

- 12H30 :

Le carré de tête de la manifestation est en place.

Le carré de tête de la manifestation est en place

Le carré de tête de la manifestation est en place

De toutes les rues adjacentes des milliers de personnes pénètrent devant le carré de tête et s'engagent Bd. du Montparnasse, je les suis ;

  • Parmi eux des groupes en noir, cagoulés, sac à dos plein, certains parlent allemand et sont connus des forces de police.... ils viennent là pour en découdre. Des Black Blocs selon Valls "ces amis de monsieur Coupat, toutes ces organisations qui au fond n’aiment pas la démocratie, qui la contestent, qui en contestent les principes, trouveront la plus grande détermination de l’Etat, de la police et de la justice.» ;
  • Aucun contrôle des forces de l'ordre alors qu'il suffirait de faire ouvrir les sacs à dos pour y trouver le "nécessaire à casser" ! Pourquoi ? Acte délibéré de la hiérarchie policière ou pas ?
çà des manifestants syndicaux ? Non des casseurs !
çà des manifestants syndicaux ? Non des casseurs !

çà des manifestants syndicaux ? Non des casseurs !

- 13H00 :

  • Je retourne en tête de la manifestation qui prend du retard à cause des médias ;
  • Le service d'ordre des syndicats de la manifestation (CGT et FO notamment) appelle régulièrement les arrivants à se ranger derrière le "cordon de tête".... pour ne pas se mélanger aux "groupes suspects".

 

 

- 13H30 le cortége se met en mouvement

Alors que l'on s'engage Bd. du Montparnasse, de chaque côté du Bd. sur les trottoirs, longeant les bâtiments on voir un cordon déroulant d'une centaine de CRS, dos au mur s'engager et rejoindre les milliers de manifestant qui étaient partis avant le cortège "officiel" et dans lequel se trouve.... les casseurs.

  • Je les suis à nouveau ;
  • L'apparition des CRS déchaine la violence ;
  • Toutes les vitrines de ce qui représente "l'ordre en place", les "institutions financières" (banques, assurances) sont brisées..... quelques commerces aussi,... les CRS laissent faire ;
  • Loin derrière la manifestation est stoppée par le service d'ordre syndical ;
  • Devant moi, un "jeune" court, perd son sac à dos ouvert, le contenu s'étalle : fronde, cocktail molotov artisanal, pétard, marteau ;
  • Une voiture qui n'avait rien demandé git sur le dos ;
  • Tout ce qui a été cassé sert maintenant de projectile contre les CRS qui essuient une pluie de peinture, cailloux, pavets, barres de fer, pétards, matériaux incendiés ;
  • Les forces de l'ordre prennent une position "en triangle" dos au mur, pour se protéger, et riposter avec tout leur arsenal.. l'un d'entre eux prend un morceau de béton en pleine figure, il git au sol.. ;
  • Je reçois des caillous, des restes de grenades, j'étouffe, je pleure et me réfugie sous un porche, un manifestant vient me laver le visage ;
  • La charge de police est violente et sans discernement, personne ne peut s'échapper les rues adjacentes étant bouclées par les barrières de police, des blessés sont au sol ;
  • Sur ma droite, un "casseur" mégaphone en main donne des directives.... "on s'arrache".... ils partent en courant.... plus haut sur le boulevard, se glissant parmi les manifestants... pour une nouvelle occasion de se livrer au sacage ;
  • Un grand vide sur cette portion Bd. du Montparnasse ;
Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...
  • Loin derrière la manifestation syndicale stoppée, reprend sa marche ;
  • Les CRS (des jeunes fraichement sortis de l'école de police et que l'on envoie au casse pipe "on prend ce que l'on trouve comme boulot" me dira l'un d'entre eux...) reprennent la formation de cordon déroulant sur le trottoir.... à leur apparition la casse reprend... et un nouveau cycle de violence provoqué...
  • Qui donne les ordres.... ou ne les donne pas, et à décidé de ce dispositif de "sécurité" provocateur plus répressif que préventif ?
Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

- 16H30 le cortége se met à nouveau en mouvement.... pour être coupé en deux

La manifestation, derrière le cordon de tête officiel, est à nouveau stoppée par le service d'ordre, puis reprend..... pour être, ultime provocation, scindée en deux et bloquée.

  • Et pourtant, à ce moment là, il n'y a pas de violence dans ce face à face ! Certes des mots fusent, mais pas de projectiles, pas de contact humain.
  • A 1 m de moi, un jeune CRS, me dit "reculez monsieur il vont nous faire charger" !
  • J'attends.  5mn après, c'est la charge qui nous fait reculer de 50m. Pourquoi ?
  • La manifestation, elle n'atteindra jamais son terme.

 

A noter que durant cette journée, je n'ai jamais vu le matricule d'un agent des forces de l'ordre... et pourtant !

Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

- En définitive, j'accuse

J'accuse le gouvernement Hollande, Valls, Cazeneuve d'utiliser les vieilles ficelles inventées par la droite hier au pouvoir :

- en se servant des forces de l'ordre à des fins de provocation ;

- en laissant entrer les casseurs et en laissant faire la casse ;

pour ine-fine interdire l'expression du mouvement social et tenter de passer sa loi en force.

 

Nous ne nous laisserons pas faire ! RÉSISTANCE !

 

 

- Résister, c'est ce qu'ils font eux aussi !

Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...
Paris 14 juin, j'y étais, j'ai vu, j'accuse...

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- Responsabilité du gouvernement dans les violences : un CRS donne raison à Mélenchon.

- La CGT-police critique la gestion du maintien de l'ordre

- syndicat policier majoritaire Alliance : Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

- CGT police : « Tout est mis en place pour que ça dégénère »

- La tenace volonté de proposer la paix entre policiers et manifestants

- La tenace volonté de proposer la paix entre policiers et manifestants

- Chiffres, violences... La manifestation que les médias n’ont pas montrée

- Paris. Témoignage d’un docker du Havre sur la manifestation du 14 juin

- Le 14 juin, j'y étais, j’affirme et je confirme, les flics ont laissé faire les casseurs !

- Réaction de la CGT

Communiqué de la LDH : Ne pas se tromper de responsabilité

- "Les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir", accuse la CGT Police

- Le FN contre le droit de manifester

- La Confédération syndicale internationale dénonce la répression qui sévit en France

- Loi Travail : «Valls est un pyromane», accuse Mailly pour FO

- La CGT avec la FSU, Solidaires, SAF, UNEF, FIDL, UNL et la LDH demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations.

- Un syndicat de policiers dénonce les consignes reçues pendant les manifs

- Oui, le port du matricule est obligatoire pour les policiers et les gendarmes

 

- Rapport de la Mission civile sur les actions de maintien de l’ordre depuis le début des manifestations contre la loi travail, dangereuse dérive !

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 09:25
Les vraies causes de l’entêtement de François Hollande et Manuel Valls sur la loi travail

7 citoyens sur 10 opposés à la loi El Khomri, 3 mois de luttes syndicales et le succès de la grosse manifestation à Paris, des initiatives en province le 14 juin en pleine compétition européenne de football, des milliers de policiers et gendarmes mobilisés en permanence, certains très fatigués qui « pètent les plombs », d’autres qui matraquent à tout va, des députés socialistes totalement discrédités par leur attitude de « petits toutous » qui avalent sans problème le 49-3, la cote de François Hollande à 11% de satisfaits et celle de Valls à 14%...le bon sens ne peut qu’interroger sur cette démarche suicidaire pour l’avenir politique de tous les futurs candidats socialistes. En effet, qui peut penser aujourd’hui qu’aux présidentielles et aux législatives tout ce beau monde ne va pas subir une raclée mémorable ?

 

Source :  Regard-Actu par Michel Beaune

Il y a à l’évidence des intérêts « supérieurs » qui guident nos gouvernants, ou plutôt des injonctions. Les plus importantes, les plus évidentes sont celles de la Commission européenne.

 

En effet, il est important de mieux connaître certains aspects de la gouvernance européenne et son articulation avec les « réformes » nationales. Chaque année, le cycle du semestre européen redémarre, en prenant en compte les épisodes précédents. Tout au long du processus les gouvernements rendent compte à la Commission de ce qu’ils ont fait et celle-ci énonce de nouvelles recommandations. Ainsi, la Commission a « inspiré », pour la France :

• Le CICE et le Pacte de Responsabilité.

• La loi Macron.

• La loi Rebsamen.

• La réforme territoriale.

• La loi santé.

• Les réformes des retraites.

• Les réformes de l’assurance-chômage.

• La loi El Khomri.

Pour 2016, la Commission Européenne a produit de nouvelles "recommandations".

 

Elles traitent notamment des déficits publics, du système de santé et de retraite, de la rémunération du travail, du contrat de travail, du droit du travail et de la hiérarchie des normes, des liens entre les systèmes d’éducation et le monde du travail, de l’apprentissage et de la formation professionnelle, de la libéralisation des services et des professions réglementées, du système d’assurance chômage, des obstacles pour les entreprises, des effets de seuil pour les Institutions Représentatives du Personnel, des impôts.

 

On voit bien que la Commission « s’intéresse » à tout ce qui compose le modèle social français pour le faire exploser, conformément au Traité de Maastricht et aux autres qui ont suivi. Petit à petit, elle avance ses pions à une vitesse qui dépend des résistances des Peuples. C’est sûr qu’en ce moment le mouvement social unitaire contre la loi El Khomri freine beaucoup le rouleau compresseur. Il est donc fondamentalement important que celui-ci continue et même s’amplifie. Dans ce contexte, il a été intéressant d’apprendre jeudi 2 juin que la CFE-CGC modifiait son appréciation et dénonçait à présent la loi travail. Le groupe des syndicats béni oui-oui de la loi travail se rétrécit…

 

La situation est relativement inédite car cette grande bataille se déroule contre un pouvoir qui a été mis en place sous le label « Gauche », contrairement à 2010 avec la bataille des retraites face à un pouvoir sarkoziste. Certes, il ne faut pas avoir beaucoup d’illusions sur la capacité des parlementaires à modifier leur attitude, quoi que. Evidemment, très peu d’entre eux connaissent la réalité du vécu des salariés du privé et du public car les ouvriers se comptent sur les doigts d’une main à l’intérieur de l’hémicycle.

 

Il ne faut pas que cette réalité de l’emprise des institutions européennes sur la politique des Nations soit un élément de résignation, comme quand on voudrait nous faire croire que « le Marché » est tout puissant, que la mondialisation financière est inéluctable. Ce que des traités basés sur la concurrence des salariés européens entre eux, le moins-disant social, la libre circulation des capitaux, ont établi, peut être annulé et remplacé par des politiques de coopération, de développement harmonieux et respectueux des hommes et de l’Environnement, de création d’emplois, d’augmentation du pouvoir d’achat.

 

Il faut pour cela du courage, une conviction forte que l’Intérêt Général ne peut pas être résumé à celui des privilégiés mais qu’il est celui de la masse du Peuple. Celles et ceux qui gouvernent notre Pays ne possèdent visiblement pas ces qualités. Il faut donc très vite les remplacer, et en même temps mettre à bas, par des voies pacifiques et démocratiques, la Vème République et son régime de monarchie présidentielle, pour construire une VIème vraiment démocratique et sociale.

 

Une utopie ? Bien sûr que non. Voyons l’Histoire de France : elle est plein de moments où des hommes et des femmes désintéressés ont su bousculer l’ordre établi, et souvent dans des conditions bien plus difficiles qu’aujourd’hui. A nous toutes et tous, femmes et hommes de bonne volonté, de dépasser les querelles de « boutique » et de savoir nous unir sur l’essentiel.

Les vraies causes de l’entêtement de François Hollande et Manuel Valls sur la loi travail
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