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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 13:10
Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Auteur : Benoît Borrits | 26 Juin 2020 | https://autogestion.asso.fr/virer-les-actionnaires-pourquoi-et-comment-sen-passer/

Il y a urgence à mettre fin à la dictature de l'actionnariat !

 

Les gouvernements du monde entier déversent des aides massives pour les sociétés de capitaux (exonération de cotisations sociales, chômage partiel, prêts bonifiés…) au nom de la prétendue sauvegarde de l’économie et de l’emploi. Nos budgets publics sont donc massivement sollicités pour sauver le patrimoine des actionnaires sans aucune contrepartie : la reprise boursière en est le témoin le plus criant.

Cette crise sanitaire et économique ne fait que renforcer la tendance lourde à un ralentissement généralisé de la croissance mondiale qui, comme le livre Virer les actionnaires, pourquoi et comment s’en passer ? le démontre, empêche un quelconque compromis entre les classes sociales.

Pour le dire autrement, on peut vouloir une reprise du progrès social, il est urgent d’engager la transition écologique de nos sociétés mais ceci ne pourra se faire sans poser la question du départ des actionnaires et de la transformation des sociétés de capitaux en unités de production autogérées par leurs travailleur.ses et usager.ères.

Nous publions ici, avec l’aimable autorisation des Éditions Syllepse, l’introduction de ce livre écrit quelques mois avant la crise du covid-19.

 

Sources : ASSOCIATION AUTOGESTION | mis à jour le 17/09/2020

-  Le paysage politique semblait stable après la chute du mur de Berlin

Cet événement nous a été présenté comme le glas de toute alternative possible au capitalisme. S’il y avait toujours une gauche et une droite dans les pays de démocratie parlementaire, les différences entre les deux s’estompaient au point où certains théorisaient la fin de l’Histoire dans une combinaison heureuse de démocratie, de liberté et de croissance[1]. Dans les pays anciennement industrialisés, la réalité de ces trente dernières années s’est révélée bien différente. Le chômage de masse et la précarité n’ont cessé de croître. De nombreuses avancées sociales ont été remises en cause par des « réformes » successives présentées comme « inévitables ». Dans le même temps, ce système s’avère incapable de répondre aux enjeux écologiques et le réchauffement climatique nous menace à très court terme : nous assistons impuissants à la destruction méthodique de l’ensemble de nos écosystèmes.

 

 

-  La crise des subprimes de 2008 est révélatrice de l’instabilité fondamentale de ce système

Comme les salaires étaient insuffisants pour générer une demande satisfaisante pour les profits des entreprises, on a endetté des ménages à faibles revenus en leur proposant d’emprunter à taux élevés à des conditions intenables pour qu’ils deviennent propriétaires de leurs logements. C’était côté pile. Côté face, les banques ont revendu ces prêts sous forme de produits financiers à haut rendement – Collateralized Debt Obligation (CDO) – réputés sûrs du fait de l’adjonction d’un dérivé d’assurance – Credit Default Swap (CDS). Il est arrivé ce qui devait arriver : les ménages n’ont pu rembourser. Mais trop, c’est trop : les contreparties des dérivés d’assurance se sont avérées défaillantes alors que ces produits insolvables étaient dans tous les bilans des banques et des institutions financières. La banque Lehmann Brothers a fait faillite entraînant des pertes gigantesques dans tous les établissements financiers et bloquant les prêts à l’économie. Cette crise a entraîné la plus grande récession depuis 1929 et d’une certaine façon, et comme nous le verrons, le capitalisme ne sera plus jamais comme avant. Il a certes été sauvé mais les populations en ont payé le prix fort.

 

 

-  Ceci ne pouvait pas avoir d’effets sur le plan politique

Les anciennes forces dominantes – conservatrices et sociales-démocrates – vont toutes, sous des formes différentes et selon les pays, connaître des chutes de popularité sans précédent. En France, le Parti socialiste et les Républicains ne sont plus que des forces d’appoint. En Allemagne, il a été nécessaire d’établir une coalition entre les partis chrétien-démocrate et social-démocrate. L’hégémonie de ces partis est contestée par des forces dites populistes qui se présentent comme anti-système dont l’origine vient soit de l’extrême droite historique comme en France ou en Italie, soit de partis conservateurs comme en Hongrie ou aux États-Unis. En France, l’émergence d’Emmanuel Macron et de son nouveau parti En marche se présente comme le rempart contre ces courants tout en poursuivant le programme néolibéral sous couvert d’incarner la « révolution »[2]. Ceci nous rappelle étrangement un certain Matteo Renzi en Italie, venu de la démocratie chrétienne et qui intègre le Parti démocrate issu de l’ancien Parti communiste… Même jeunesse, même volonté de « réformes », même volonté de relancer l’économie du pays et de renouveler les institutions… pour décevoir et laisser la place à une improbable coalition de la Liga, issue d’un mouvement séparatiste nord-italien d’extrême droite, et du nouveau Mouvement cinq étoiles, qui a siphonné les voix de la gauche avec un discours mêlant démocratie radicale, écologie et rejet des immigrés et des syndicats.

 

 

-  Partout ce populisme progresse avec au moins un point commun : le refus de l’étranger

Aux États-Unis, c’est l’arrivée de Donald Trump à la présidence sous les couleurs du Parti républicain. Au programme, la contestation des conditions actuelles du libre-échange avec le retour de barrières protectionnistes censées recréer des emplois locaux et une chasse totalement inhumaine et sans précédent contre les immigrés, le tout sous un refus éhonté de l’évidence du réchauffement climatique. Au Royaume-Uni, il a pris la forme de la sortie de l’Union européenne à la suite d’un référendum dont les instigateurs, trop sûrs d’eux-mêmes, pensaient qu’il confirmerait le statu quo. Le pire est de penser que ce sont les couches populaires qui ont voté cette sortie, comme si elle allait résoudre leurs problèmes dans ce pays malmené par des années de thatchérisme et de blairisme. En attendant, la crise politique est à son comble et risque de réveiller des tensions historiques en Irlande. En Italie, c’est surtout l’extrême droite qui profite de cette coalition hétéroclite avec l’institutionnalisation d’un discours anti-immigrés et l’instauration d’une flat tax qui fera les choux gras des plus riches.

 

 

-  Libéralisme ou populisme ?

Tel semble désormais être l’alternative peu réjouissante qui nous est proposée. Certes, on constate ici et là l’émergence d’une troisième voie de gauche qui s’incarnerait par un renouveau social-démocrate assez net du côté des pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis, ou par un renforcement de l’écologie politique qui s’explique, entre autres, par l’urgence de conjurer le réchauf­fement climatique. D’une façon générale, ces forces politiques ne remettent pas en cause le capitalisme : il s’agit d’introduire de la justice sociale et une reconversion écologique de l’économie par des redistributions, des législations et des incitations. Nous avons ici affaire à un paradoxe énorme. Sur ces trente dernières années, la social-démocratie a échoué dans son projet politique qui consiste à aménager le capitalisme dans un sens favorable à la classe salariée. Plus nous avançons dans le temps, plus on s’aperçoit que le capital est incapable d’accepter le moindre progrès social et plus les électeur/trices salarié·es ont assimilé la social-démocratie au consensus néolibéral au point qu’une fraction non négligeable de cet électorat s’est tournée vers l’extrême droite. Qu’est-ce qui ferait qu’aux États-Unis, un Parti démocrate conquis par son aile gauche sociale-démocrate réussirait là où leurs homologues européens ont échoué ? Comment expliquer que de nouvelles forces de gauche qui n’ont pas de programme de sortie du capitalisme, telles que Podemos en Espagne ou La France insoumise[6], réussiraient là où la social-démocratie traditionnelle a échoué ? Parce que les sociaux-démocrates ont trahi alors que ceux-ci ne faibliront pas ? La thèse de la trahison n’est guère crédible tant le renoncement a été général : les raisons de la faillite de la social-démocratie sont plus à trouver dans l’irréalisme de leurs programmes d’aménagement du capitalisme.

 

 

-  Concernant l’écologie politique, on peut tout autant s’interroger

La mise en œuvre de la reconversion écologique de l’économie impose des mesures de restrictions de certaines productions et consommations, de taxations et de redistributions à visées incitatives. Le capital n’y est jamais favorable : il rejette toute décision politique qui fixe des limites à sa valorisation. De ce point de vue, le projet actuel de l’écologie politique a ceci de commun avec celui de la social-démocratie qu’il ne remet pas en cause le capitalisme. L’écologie politique veut certes constituer un nouveau paradigme politique autour d’une écologie qui intégrerait la justice sociale. Ceci a beaucoup de sens, mais en l’état actuel de ses programmes, elle rencontrera les mêmes obstacles que la social-démocratie.

 

 

-  Dépasser le capitalisme ? Sortir du capitalisme ?

Combien de fois entend-on ces expressions au point où elles semblent parfois relever de la pure rhétorique. Pour nous,  la définition du capitalisme est simple : il s’agit d’une économie dominée par des sociétés de capitaux[2][3], à savoir des entreprises privées qui appartiennent à des personnes, physiques ou morales, extérieures à l’entreprise et qui ne les détiennent que dans le but de valoriser leur patrimoine. Il ne s’agit donc pas de l’économie marchande en tant que telle même si celle-ci, sans contrepoids politique, mène directement au capitalisme. Le capitalisme n’est pas non plus le néolibéralisme même si nous défendons que ce dernier est l’évolution naturelle et terminale du capitalisme. Sortir du capitalisme correspond donc à quelque chose de précis : évincer les actionnaires.

 

Comme nous allons le montrer dans ce livre (Virer les actionnaires, pourquoi et comment s'en passer ?), nous ne voulons pas évincer les actionnaires parce nous serions des gens au mieux radicaux, au pire méchants. Nous voulons les évincer parce que ce système est aujourd’hui incapable de nous apporter de nouveaux progrès – ce qu’il a su faire dans le passé sous la pression de luttes sociales – et de répondre à l’urgence écologique. L’objet premier de ce livre est de démontrer qu’il n’y a plus de possibilités de progrès social, de transition écologique de l’économie si nous maintenons les sociétés de capitaux.

 

 

-  Face à l’augmentation sans précédent des profits des entreprises, la tentation est grande – et facile – de penser qu’il suffirait que les entreprises gagnent un peu moins pour que tout aille mieux.

On avancera même que si les salaires étaient plus élevés, la population dépenserait plus auprès des entreprises et que cela pousserait celles-ci à investir pour répondre à cette demande nouvelle. Ceci a l’apparence d’un raisonnement infaillible d’autant que cela a fonctionné dans le passé. Pourtant cela ne marche pas à tous les coups et fonctionnera encore moins demain qu’hier. La raison ? Des changements structurels en termes de croissance et de taux d’intérêt.

 

 

- Ceci suppose de tordre le cou à une erreur fondamentale : une assimilation de la valeur de l’entreprise avec celle de son patrimoine net.

Le patrimoine net ou les fonds propres de l’entreprise – ces deux termes sont synonymes – se définit par la différence entre ce que l’entreprise possède – ses actifs – et ce qu’elle doit – ses dettes. Or une transaction sur une entreprise – qu’elle se fasse lors d’un rachat ou par l’échange quotidien de ses actions en bourse – ne se fait jamais sur la base de ses fonds propres. La valeur d’une action ou d’une entreprise est toujours déterminée, comme pour n’importe quel actif financier, par la valeur actualisée de ses revenus futurs. Pour une action, l’évaluation par le marché de ses dividendes futurs déterminera sa valeur. Autrement dit, la valeur d’une entreprise est purement spéculative : si tout le monde est convaincu que l’entreprise ne versera jamais aucun dividende dans le futur, alors cette entreprise ne vaut strictement rien, et ce, même si elle dispose d’un patrimoine net significatif. Inversement, si le marché estime que les dividendes à venir vont être fabuleux, sa valeur tend parfois vers le déraisonnable. Ceci se comprend aisément : le seul intérêt d’être propriétaire d’une entreprise est d’en recevoir des rémunérations.

 

 

- On peut trouver technique ce distinguo entre patrimoine net et valeur.

Il n’en reste pas moins que confondre les deux a des implications politiques fondamentales. Si on assimile à tort la valeur de l’entreprise à son patrimoine net, on considère alors qu’il est tout à fait acceptable pour des actionnaires que l’entreprise gagne moins : il est donc possible d’établir un compromis entre les classes. À l’inverse, si on fait ce distinguo, on comprend alors que si les profits sont moindres, ceci signifie que les perspectives de dividendes vont baisser et donc les valorisations des entreprises. Dit autrement, si l’entreprise gagne toujours de l’argent, les actionnaires, eux, vont en perdre. En soi, cela ne saurait nous émouvoir sauf que ceux-ci conservent le pouvoir et décident, par l’intermédiaire des directions qu’ils ont mises en place, du niveau de l’emploi et des investissements. Ils n’embaucheront et n’investiront que si leurs projets répondent aux critères financiers des marchés, à savoir un rendement supérieur au taux d’intérêt et à la prime de risque. Or en cas de baisse des profits, ce dernier paramètre ne pourra que bondir et raréfier les projets. Pour le dire plus crûment, les actionnaires vont pratiquer la grève des investissements… C’est ce que nous verrons dans le premier chapitre.

 

 

- Il est possible que ces notions apparaissent techniques, voire compliquées.

Ce premier chapitre et les suivants détailleront celles-ci de la façon la plus didactique qui soit. Afin de faciliter la compréhension de ces notions fondamentales, on signalera entre crochets […] des vidéos disponibles sur le site economie.org. Au nombre de treize, celles-ci sont regroupées en quatre sessions : l’entreprise, la finance, la monnaie et la macroéconomie. Il n’est pas forcément indispensable de les écouter dans la mesure où ce livre se suffit à lui-même mais celles-ci peuvent apporter un éclairage complémentaire sur un sujet donné. Ces vidéos n’ont qu’une vocation pédagogique et on pourra les écouter à son rythme si on souhaite approfondir certaines des notions évoquées dans ce livre.

 

 

- C’est dans cette confusion entre patrimoine net et valeur de l’entreprise que se trouve l’impasse de toutes les politiques sociales-démocrates et de l’écologie politique.

On veut pratiquer des politiques socialement et écologiquement nécessaires et on se heurte immédiatement au « mur d’argent » ou plus exactement au pouvoir du capital. L’actualisation des dividendes attendus qui nous donne la valeur de l’entreprise fait aussi appel à d’autres paramètres tels que le taux d’intérêt ou la croissance. La croissance mondiale se ralentit partout et, pour soutenir celle-ci, les banques centrales n’ont de cesse depuis plus de trente ans de baisser les taux d’intérêt. Depuis la récession de 2009, ceux-ci sont désormais proches de zéro, voire négatifs. Le taux d’intérêt représente la rémunération du capital sans risque. Si le taux d’intérêt est nul ou négatif, ceci signifie que le capital en tant que tel ne rémunère plus : il est alors nécessaire de prendre des risques pour obtenir une rémunération. Voilà une situation qui tranche largement avec celle qui a prévalu durant deux siècles durant lesquels la rente tournait autour de 5 %. N’est-ce pas un symptôme qui nous indique qu’il est désormais nécessaire de tourner la page du capitalisme ? En ne la tournant pas, nous nous trouvons alors face à un capitalisme de plus en plus féroce et intransigeant. Comme la valorisation du capital est purement spéculative et que les anticipations de résultats sont intégrées dans les cours, la hausse du capital ne peut donc se réaliser que par une pression accrue sur les salaires et le refus de toute hausse de la fiscalité. Le fait que le capital et les gouvernements libéraux ou populistes qui le soutiennent deviennent de plus en plus autoritaires ne saurait nous étonner dans ce contexte. Et quand bien même le capital réussirait dans ses desseins, ne serait-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? Une pression accrue sur les salaires sape la demande adressée aux entreprises et nuit à la croissance. Et si tel n’est pas le cas, cette croissance nous mène tout droit à la catastrophe écologique. Tel est l’objet du second chapitre.

 

 

- Mais que proposent la gauche et les écologistes dans cette situation ?

La théorisation de la finance a commencé dans les années d’après-guerre pour n’être appliquée dans les entreprises que dans les années 1980 et 1990. Assez paradoxalement, celle-ci n’a pas été intégrée dans le camp progressiste qui continue de préconiser des recettes keynésiennes datant de l’entre-deux-guerres et des années 1950. Avec la chute du mur de Berlin, la gauche a mis en veilleuse sa volonté de transformation sociale en se rabattant sur des politiques qui étaient précédemment pratiquées par des conservateurs au moment où ces derniers abandonnent le keynésianisme pour lui préférer la violence du néolibéralisme. Incroyable paradoxe qui donne à la gauche son image délicieusement passéiste et ne la vaccine nullement contre quelques rares convergences très ponctuelles, néanmoins interpellantes, avec l’extrême droite. Le troisième chapitre questionnera donc le caractère progressiste du keynésianisme et l’insuffisance des politiques de redistribution.

 

 

- La critique est aisée mais l’art est difficile.

Dès lors, que substituer au capitalisme ? Le cœur du conflit entre le capital et le travail est le partage de la valeur ajoutée, à savoir ce qui est produit. Comme la valorisation du capital productif est basée sur les anticipations de dividendes, ceci signifie que si une configuration sociale et politique remet en cause ces dividendes, alors la valorisation du capital sera nulle et la question de la relève sera posée. Qui doit dès lors diriger les unités de production ? C’est ici que la pratique du Commun[4] nous est utile pour penser le dépassement du capitalisme et de la propriété productive[5] : ce sont les utilisateurs des moyens de production à savoir les travailleur·euses et les usager·ères de l’entreprise qui sont appelé·es à diriger celle-ci, à constituer un commun productif qui sera en interaction avec d’autres communs de financement des actifs et de sécurisation des revenus des salarié·es. Nous reviendrons sur ces questions dans le quatrième chapitre.

 

 

- Enfin le cinquième et dernier chapitre

Celui-ci décrira un scénario qui permet d’envisager cette transition entre le capitalisme et une société plus humaine qui permettra de garantir à toutes et tous un avenir digne dans un monde qui aura surmonté – hélas, non sans dégâts irréparables – les défis écologiques qui se posent à nous. Nous avons bien dit « permettra » car le monde que nous décrivons sera profondément démocratique et cela n’exonérera nullement la population de devoir faire les bons choix au bon moment. Mais, à l’inverse du capitalisme où l’horizon des possibles est bloqué par la nécessité d’assurer une valorisation au capital, cette société nous autorisera enfin à prendre les décisions qui s’imposent face au péril écologique. En tout état de cause, il ne s’agit que d’un scénario et comme tout scénario, il ne se déroulera jamais tel quel. Mais son objectif est de montrer qu’une transition pacifique est possible.

 

Le capitalisme a largement fait son chemin ; il est urgent d’en sortir.

 

Notes :
[1] Francis Fukuyama, La Fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion 2009.

[2Qu'est-ce que le «capitalisme populaire» prôné par Emmanuel Macron ?

[3Capitalisme, Libéralisme : quelles différences entre ces deux notions ?

[4] Pierre Dardot et Christian Laval, Commun : essai sur la révolution au 21e siècle, Paris, La Découverte, 2014

[5] Benoît Borrits, Au-delà de la propriété : pour une économie des communs, Paris, La Découverte, 2018.

[6] La France insoumise avec l'Avenir en commun mis à jour

 

Pour en savoir plus :

- Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

- De la nécessité de la fédération populaire

- Coronavirus : cause unique de la crise économique et financière, ou déclencheur et accélérateur d’une crise majeure du système capitaliste ?

- Barbara Stiegler : “ la crise sanitaire actuelle est le pur produit du néolibéralisme ”

- CGT : Les actionnaires ne connaissent pas la crise

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 20:44
Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

De Grenoble à Dijon, en passant par La Rochelle[11]...

 

Sources : ARNAUD GUVENATAM | mis à jour le 01/09/2020

- Olivier Faure, patron du Parti Socialiste, nous chante les louanges du retour de la gauche plurielle[1].

A longueur d’antenne, la même rengaine : l’union fait la force et cela serait, comme nous l’aurions vu aux municipales, le seul moyen de mettre à terre Macron et Le Pen. La poussière est maintenant retombée et toutes les analyses sérieuses ont été faites sur la toute petite vaguelette verte, l’immense torrent d’abstention[2] qui illustre la grève civique des français, et la représentativité populaire immensément faible des exécutifs élus (de 10% à 20% des inscrits). Mais rien n’est aussi simple que semble vouloir le dire Olivier Faure.

 

 

-

Le Parti Socialiste, mine de rien, commence à retrouver son appétit hégémonique.

En ayant entrouvert la porte à se ranger derrière une hypothétique candidature EELV, les éléphants, pour ce qu’il en reste, ont fait comprendre à Faure qu’ils ne l’entendaient pas de cette oreille. Déjà parce que les Verts risquent de se déchirer comme d’habitude entre leurs orientations aussi diverses qu’irréconciliables. La lutte entre Eric Piolle et Yannick Jadot[3] est une sorte de madeleine de Proust écolo. Côté PS et social-démocratie, certains lanceraient Laurent Joffrin[4 et 4bis] dans le bain politique pour tenter de remettre en selle une candidature de François Hollande. Interdit de rigoler…

 

 

-

Et dans tout cela, le Parti Socialiste reste incapable de couper le cordon ombilical avec le Macronisme.

Les stratégies mises en place par les socialistes ne visent qu’à garder des postes électoraux. On dirait le PRG, enfin la galaxie « radicale social-libérale », un fossile politique vivant mais sans le moindre avenir. Une espèce panchronique de type Cœlacanthe… Rien que l’accumulation de termes montre à quel point cela ne pèse plus rien et comment tout ce petit monde fraie pour un plat de lentilles. Si l’on constate ce genre de choses aux élections municipales, les élections des exécutifs métropolitains ne sont pas de tout repos. A plus d’un titre, elles permettent une clarification nécessaire que nous devrons garder en mémoire dans la perspective de la présidentielle de 2022.

 

 

-

Grenoble est un exemple hallucinant.

Alors que la ville de Grenoble est restée dans l’escarcelle d’Eric Piolle, maire issu d’une alliance EELV/LFI, c’est Christophe Ferrari qui  a été réélu à la tête de la Métropole[5]. Par quel miracle le socialiste a-t-il réalisé cet exploit ? Grâce aux voix du délinquant de droite Alain Carignon, aux voix de la République en Marche et avec la bénédiction du Rassemblement National[6]. Bravo !

 

 

-

Dijon n’est pas épargnée non plus.

Outre les stratégies électoralistes des écologistes à la sauce Jadot qui ont fini rincés par excès d’appétit, le Parti Socialiste de François Rebsamen continue ses yeux doux au Macronisme. Inutile de rappeler les positions du Maire de Dijon en 2017 sur son appel à voter Macron[7]. Il avait même jusqu’à tenter de pistonner Macron pour lui refiler une circonscription dijonnaise en 2015… L’on constate que le cordon ombilical du PS dijonnais avec le Macronisme a de beaux jours devant lui. François Rebsamen avait intégré des marcheurs[9] et des « radicaux sociaux-libéraux » sur sa liste, ayant déjà depuis 2008 le MoDem dans sa majorité. Sans compter les verts Jadoïstes présents depuis 2001… Tout le Macronisme est présent.

 

Le choix du libéralisme le plus échevelé est acté depuis longtemps mais la composition de la métropole permet de le voir de façon claire. Parmi les vice-présidents, on constate :

  • François Deseille (MoDem, et candidat MoDem/LaREM en 2017 aux législatives) ;
  • Danielle Juban (soutien d’Emmanuel Macron à la présidentielle) ;
  • Dominique Grimpret (maire d’Ahuy ayant parrainé Macron, et ayant tenté d’avoir l’investiture LaREM aux législatives) ;
  • et Jean-Philippe Morel (« radical social-libéral », avocat bien connu des Gilets Jaunes localement).

Le Macronisme est donc bien présent à tous les étages.

 

C’est bien tout cela qu’il faudra garder en tête lorsqu’il faudra demander au Peuple français de trancher par le vote les orientations politiques qui seront mises sur la table. Ni tambouille, ni accord de coin de table. Pour une présidentielle, il faut convaincre, et cela ne pourra se faire que dans la cohérence et la clarté.

 

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Présidentielles de 2022 : l'appel de Hollande
La peur d'une possible victoire du peuple les terrorise !
Venant d'un individu qui a largement contribué à faire que la notion de " gauche politique " soit rejetée par plus de 85% de nos compatriotes, cet appel de Hollande au PS dont la droitisation n'est plus à démontrer (en vue rejoindre Y. Jadot) doit être un argument supplémentaire pour, construire un rassemblement citoyen autour du programme populaire L'Avenir en commun.

 

Et pour clore temporairement le sujet, je dirai que si le PS s'empare de l'écologie comme il s'est emparé du " travail " avec la Loi ElKhomri !... on connait le résultat !

 

Mais pourquoi en serait-il autrement face à un PS qui, aujourd'hui plus qu'hier et moins que demain, est imbibé par le macronisme !

Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

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Commentaire

 

- La trahison de trop ? Dans le livre " un Président ne devrait pas dire ça[12] ", F. Hollande annonce clairement qu'il a fondé "en Marche", le mouvement d'E. Macron. Édifiant !

 

Source : http://eric.et.le.pg.over-blog.fr/2017/04/100-ans-de-trahisons-socialistes-des-origines-a-nos-jours.html

Source : http://eric.et.le.pg.over-blog.fr/2017/04/100-ans-de-trahisons-socialistes-des-origines-a-nos-jours.html

Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

[7] Présidentielle 2017 : François Rebsamen en faveur d'une collaboration avec Emmanuel Macron 

[8] François Rebsamen propose de pistonner Emmanuel Macron pour un mandat de député à Dijon

[9] "François Rebsamen et Sylvain Comparot, candidats d’Emmanuel Macron"

[10] DIJON MÉTROPOLE : Les nouveaux vice-présidents

[11] La Rochelle pas épargnée :

- La Rochelle : le maire Jean-François Fountaine soutient Emmanuel Macron

- Municipales à La Rochelle : les socialistes s’allient à Jean-François Fountaine

- Municipales à La Rochelle : Jean-François Fountaine adoubé par La République en marche

- Municipales à La Rochelle : Jospin plaide pour Fountaine

[12] Sous-titré " Les secrets d'un quinquennat ", " Un président ne devrait pas dire ça... " est un livre des journalistes d'investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié le 12 octobre 2016 par les éditions Stock, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la majorité du moment, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

 

Pour en savoir plus :

- Laurent Joffrin, un homme neuf pour un nouveau parti

- Le PS n'est pas de gauche !

- LE GRAND RETOUR DE LA GAUCHE PLURIELLE

- Bordeaux. EELV, PS et PCF main dans la main avec la droite pour faire barrage à Poutou, candidat soutenu par la France insoumise

- Laurent Joffrin, instrument de la victoire du capitalisme dans la gauche

- Rouges, verts et recomposition : ce dont il est question.

- Un socialiste accepte de devenir directeur du Maire Louis Alliot RN/FN

- Il a fait Faure, Olivier : la honte socialiste en 2 tweets (nécrologie du quinquennat de la Honte, celui de F. Hollande) !

- 100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

- Solfériniens (on pourrait dire mactonien) : le PS et le PRG en actes !


 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 16:00
Réforme de la SNCF : un cas d’école

Le projet de réforme de la SNCF constitue un magnifique cas d’école, à tout point de vue. Il permet d’expliciter les divers positionnements politiques, les différentes conceptions économiques, et cristallise les enjeux idéologiques et sociétaux. Une occasion rêvée de se livrer à un examen approfondi, avec en ligne de mire cette question : faut-il sauver le soldat SNCF ?

 

Sources : POLITICOBOY Analyses politiques d'un expatrié au Texas  le 27 février 2018

- 1) Ce que contient le projet de réforme

Commençons par planter le décor. La SNCF résulte de la nationalisation des différentes sociétés de chemins de fer régionales, agrégées en une entité unique en 1937.

 

Suite à l’intégration européenne, elle devient sujette à l’ouverture à la concurrence et à la privatisation, comme de nombreux autres services publics. La première étape est franchie en 2014 lorsque la SNCF est scindée en trois branches distinctes : une holding et deux filiales (« SNCF mobilité » chargée de faire rouler les trains, et « SNCF réseau » responsable de l’entretien des voies).

 

La réforme portée par Emmanuel Macron s’inscrit dans la logique de l’ouverture au marché prévu pour 2020. Ses modalités sont décrites dans un rapport commandé par le gouvernement, et dont le Premier ministre épouse désormais les conclusions[1].

 

Jean-Cyril Spinetta, l’auteur du rapport, s’était illustré comme PDG d’Air France entre 1999 et 2007, organisant la privatisation de l’entreprise avec un bilan contestable, sur fond de conflits sociaux permanents, avant de mener le fleuron industriel Areva à la banqueroute en tant que président du conseil d’administration[2].

 

Que contient son rapport ? Selon la CGT cheminots, il s’agit de la plus grande transformation du rail français depuis la création de la SNCF. On y retrouve les éléments clés suivant :

  • La fermeture de 9000 km de lignes déficitaires (environ un quart du réseau) et leur remplacement par des lignes de bus
  • La remise en cause des droits des salariés définis par la convention collective (le statut de cheminot)
  • La généralisation de l’embauche d’employés en CDD dans le but affirmé de faire baisser les salaires.
  • L’ouverture à la concurrence. Pour les TER, chaque ligne sera gérée par un opérateur privé unique, choisi suite à un appel d’offres. Pour les grandes lignes, différents opérateurs privés feront rouler leurs trains sur les mêmes voies.
  • La transformation du statut de la SNCF en Société Anonyme, étape nécessaire en vue de la privatisation
  • Le rachat de la dette de la SNCF par l’état français (47 milliards) et la recapitalisation (4 milliards) de la branche « fret » déjà sujette à la concurrence
Lignes devant être supprimées: En bleu: lignes de plus de vingt trains par jour, en jaunes, moins de 20 trains par jours. Source: SNCF

Lignes devant être supprimées: En bleu: lignes de plus de vingt trains par jour, en jaunes, moins de 20 trains par jours. Source: SNCF

Dans cette étude, aucune référence aux notions de réchauffement climatique ou d’environnement. Des problématiques étrangères à l’auteur du rapport, qui déclarait préférer faire Paris Marseille en avion, malgré une empreinte carbone 20 fois plus importante et un temps de parcours porte à porte légèrement supérieur[3]. Les 9000 km de voies supprimées seront remplacés par les fameux « cars Macron », tandis que le rapport préconise d’abandonner les projets de nouvelles grandes lignes au profit du transport aérien, contredisant ainsi la stratégie d’Eurostar qui prend des parts de marchés importantes aux compagnies aériennes avec ses liaisons Londres-Bruxelles-Amsterdam[4].

Les trains Eurostar à la conquète du marché aérien, au départ de Londres.. (Wikicomons)

Les trains Eurostar à la conquète du marché aérien, au départ de Londres.. (Wikicomons)

Ceci étant, on peut cependant reconnaître à ce rapport une véritable cohérence idéologique. Si on pose comme conditions indépassables l’ouverture à la concurrence et la privatisation de la SNCF, alors les mesures prescrites semblent « pragmatiques ». Elles permettent de réduire les salaires et d’éponger la dette de la SNCF tout en abandonnant les lignes non rentables en vue d’une privatisation. Mais cela découle d’un choix politique précis qui est tout sauf naturel.

 

 

- 2) La question du cadre politique : l’indépassable ouverture à la concurrence ?

Il faut lire l'enquête d'Acrimed sur la couverture médiatique de ce projet de réforme pour se rendre compte de l’ampleur du parti pris idéologique des médias dominants, qui se contentent de faire le service après-vente du gouvernement en martelant le caractère inévitable et nécessaire de cette réforme.

 

Or, rien d’indépassable ne force l’état français à ouvrir ses chemins de fers à la concurrence. Non seulement il aurait pu s’opposer aux différentes directives européennes (ce qu’il n’a pas fait), mais il aurait également pu éviter cette situation en faisant exclure les services public des différentes directives, comme c’est le cas d’autres secteurs régaliens (police, pompiers, éducation…). Il s’agit d’un choix purement politique et réversible[5].

 

De même, le gouvernement pourrait décider de freiner l’ouverture à la concurrence, ou de mener une politique protectionniste en organisant de manière habile l’ouverture du réseau, comme l’a fait l’Allemagne en maintenant son fleuron « Deutch Bahn » en situation de quasi-monopole public sur les grandes lignes[6].

 

Le gouvernement a fait un choix politique et idéologique diamétralement opposé. Est-il pertinent ? La science économique nous fournit des réponses accablantes.

 

 

- 3) Conceptions économiques : de la pertinence de l’ouverture à la concurrence

En théorie, la concurrence doit permettre de faire baisser les prix et d’augmenter la qualité du service.

 

Pourtant, la science économique est de plus en plus sévère avec la notion de concurrence. On pourra citer Joseph Stiglitz, prix Nobel 2001 pour sa démonstration de l’inefficacité des marchés, tout comme la célèbre théorie des jeux de John Nash (Nobel 1995) qui démontre le caractère contre-productif de la compétition, et la supériorité de la coopération. Mais surtout, les grands industriels savent que les économies d’échelles font beaucoup plus que la concurrence pour baisser les prix.

 

En réalité, la concurrence fonctionne dans des cas très particuliers, et nécessite de remplir des conditions spécifiques, parmi lesquelles un grand nombre d’acteurs (plusieurs dizaines au minimum) et l’absence de barrière à l’entrée de nouveaux concurrents sur le marché.

 

Le marché du rail constitue le contre-exemple parfait, un cas d’école systématiquement repris par les manuels d’économie. En effet, il semble aberrant de faire construire cinquante lignes ferroviaires côte à côte, et on comprend bien qu’une compagnie disposant de ses propres infrastructures possède un avantage permettant de barrer l’entrée d’un nouveau concurrent, qui devra supporter les coûts de mise en place de son propre rail avant de pouvoir gagner des parts de marché.

 

Pour toutes les activités de réseau, on parle de monopole naturel. C’est le cas pour l’électricité, le gaz, les routes, et dans une moindre mesure les télécoms.

 

À chaque fois, les économies d’échelles induisent une baisse du coût marginal. En clair, chaque client supplémentaire coûte moins cher que le précédent et permet de réduire le prix global du service. Dans le cas du rail, c’est particulièrement intuitif : plus on augmente le nombre de passagers dans un train, et plus le coût du billet diminue.

Le rail anglais 40% plus cher que le reste de l’Europe, selon le Financial Times qui dresse un bilan alarmiste de l’ouverture à la concurrence.

Le rail anglais 40% plus cher que le reste de l’Europe, selon le Financial Times qui dresse un bilan alarmiste de l’ouverture à la concurrence.

Les coûts fixes de construction et d’entretien du réseau étant particulièrement important, ils nécessitent une forte intégration qui conduit naturellement à l’établissement d’un monopole. Or les monopoles privés alignent leur prix sur le maximum supportable par le client, afin de maximiser leur profit. C’est ce que conclut la Cour des comptes au sujet de la privatisation des autoroutes françaises, dans un rapport accablant qui condamne les hausses alarmantes des prix et l’inacceptable baisse de la qualité des services[7].

 

Ceci explique l’aspect naturel des monopoles publics, ou service public, dans les activités de réseaux à forte capitalisation.

 

  • Du monopole naturel à la concurrence organisée

L’idéologie libérale n’allait pas baisser les bras face à l’implacable logique scientifique qui détermine les cas de monopoles naturels. Ses promoteurs ont imaginé un système permettant de contourner les solutions pragmatiques.

 

Leur logique est simple : puisqu’il est absurde de construire 50 lignes de TGV en parallèle, on scinde la SNCF en deux : la partie responsable de l’entretien du réseau facture un droit d’usage à la filiale responsable du transport des passagers, qui peut être mise en concurrence avec des acteurs privés payant les mêmes droits que la SNCF pour rouler sur les mêmes rails.

 

Le problème d’une telle approche, qui tient beaucoup de l’entêtement dogmatique, c’est qu’elle multiplie la complexité et s’oppose aux économies d’échelles et synergies en multipliant les intermédiaires, les instances de régulation et les acteurs. Sans parler du problème de sécurité.

 

  • Les contre-exemples anglais et allemands

Le Financial Times dresse un bilan détaillé et accablant de la privatisation du rail en Grande-Bretagne. Le journal économique de référence évoque une hausse des tarifs (corrigé de l’inflation) variant entre +30 % et +300 % selon les lignes. En parallèle, on observe une hausse spectaculaire des accidents, une baisse drastique de la qualité du service et un surcoût pour l’ensemble des contribuables du fait des milliards d’argent public injectés pour pallier aux faillites de nombreux opérateurs.

 

Le bilan du Financial Time est à sens unique : le rail anglais est le plus cher d’Europe, et ses équipements sont les plus vieux et les plus mal entretenus.

Le rail anglais, jadis à la pointe de l’UE, accuse un retard de développement flagrant sur les autres pays européens. (Financial Times)

Le rail anglais, jadis à la pointe de l’UE, accuse un retard de développement flagrant sur les autres pays européens. (Financial Times)

En Allemagne, la privatisation récente des petites lignes (le modèle ayant inspiré le rapport Spinetta) nécessite une subvention constante de la part des contribuables, à hauteur de huit milliards d’euros par an[8].

 

En suède, 70 % des citoyens demandent la renationalisation du rail et un retour au service public, écœurés par les effets de la privatisation amorcée en 2001. En Finlande, une gare sur huit a été supprimée, et les temps de trajets ont été multipliés par deux ou trois dans les zones désertées[9].

 

 

- 4) Faut-il s’inquiéter de la privatisation de la SNCF ?

Privatiser un service public revient à introduire la recherche de rentabilité, ce qui doit permettre de gagner en efficacité par la réduction des coûts. Mais cela risque de se faire au détriment de la sécurité, que ce soit par une baisse des dépenses ou en pressurisant les employés pour qu’ils travaillent plus vite.

Collision entre un train de marchandise et un train de passager en Caroline du Sud. Image NPR.

Collision entre un train de marchandise et un train de passager en Caroline du Sud. Image NPR.

D’après Arthur H, ingénieur SNCF travaillant dans la maintenance des lignes sur le grand Ouest, « Le risque c’est de sacrifier la sécurité pour dégager du profit ». « Les pannes actuelles qui augmentent la grogne des usagers sont liées au gel des dépenses de maintenance ». Un argument à mettre en perspective des nombreux accidents survenus en Europe après les privatisations, et les nombreuses collisions observées entre trains de différentes compagnies aux USA et en Grande-Bretagne.

 

  • Les externalités positives du service public

Le service public génère des externalités positives : maintien de la cohésion des territoires, commerces aux abords des gares, futures économies d’échelles dans la perspective d’une augmentation du réseau ferroviaire (dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique par exemple). L’abandon des lignes non rentables sacrifie un bien public et va augmenter drastiquement le temps de trajet des citoyens, empirer les embouteillages et la pollution liée à l’usage du bus et de la voiture, enclaver des populations et aggraver les inégalités.  

 

La chambre de commerce de la région du Nord a estimé le surcoût économique des embouteillages à 1,4 milliard d’euros, soit six fois plus que le budget alloué aux TER[10].

 

  • Qui va payer la dette de la SNCF ?

Emmanuel Macron avait promis de transférer la dette de la SNCF sur les comptes de l’État, à condition que les cheminots renoncent à leur statut. Cette dette de 47 milliards n’est pas le fruit du hasard, mais le transfert délibéré des investissements effectués pour les projets de lignes à grandes vitesses, doublés de l’accumulation des déficits résultant des coupes budgétaires. Car la mission de la SNCF n’est pas d’être rentable, mais d’assurer un service public. De fait, les réductions imposées par l’état ont conduit à une baisse de l’offre et in fine de la fréquentation des trains. La SNCF a elle-même vampirisé ses ventes en introduisant des services de covoiturage et d’autocars pour concurrencer ses propres lignes. Selon Le Monde diplomatique, cette politique commerciale aberrante est directement responsable de la situation actuelle[11].

 

La facture sera supportée par les contribuables, tandis que les endettements futurs de la SNCF perdront la garantie de l’état. La SNCF verra son coût de financement augmenté et sa nouvelle dette soumise aux marchés, ce qui lui imposera de sacrifier les investissements au profit d’une logique de rentabilité. C’est le but de la proposition de Spinetta, qui cherche ainsi à soumettre la SNCF au contrôle des marchés[12].

 

  • L’expérience des privatisations antérieures

 Il suffit de porter un regard critique sur la privatisation des autres services publics pour tirer les conclusions qui s’imposent.

 

La meilleure analogie de la privatisation des TER provient de celle des autoroutes, qualifiée par la Cour des comptes de scandale d’état du fait de l’augmentation prodigieuse des tarifs couplés à une baisse de qualité du service[13].

 

Le cas de La Poste est également exemplaire : une hausse des prix de 40 % depuis 2011, et la tarification à l’acte de ce que les facteurs faisaient jadis de bon cœur : tisser du lien social. Le service « veiller sur mes parents » qui permet de garantir un passage du facteur coûte 19,90 euros/mois, pour un contact par semaine (et 139 euros/mois pour un sourire quotidien)[14].

 

La vague de suicide qui a frappé les employés de la Poste nous rappelle celle qui avait traversé France Télécom. Cette autre privatisation avait engendré le ralentissement de la couverture du territoire, et une hausse spectaculaire des prix sous fond d’entente avec SFR et Bouygues.

 

GDF (devenu Engie) a fermé l’ensemble de ses centres d’assistance physique pour délocaliser et sous-traiter auprès de call-centers situés au Maghreb. On se souvient de cette femme cancéreuse qui, de retour de chimiothérapie, découvre qu’on lui a coupé le gaz et l’électricité sans préavis. Le call-center lui refuse tout arrangement : « le cancer et la chimio ne sont pas des motifs recevables pour notre société », lui répond-on[15].

 

Auguste Honrat, directeur relation client d’Engie explique : « c’est indéniable qu’il y ait moins de contact physique, et comme le contact physique est ce qu’il y a de plus humain, et bien il y a moins d’humanité »[16].

 

Mais le champion toute catégorie reste EDF, passé en quelques années du statut de première entreprise française à celui d’une société menacée de faillite.

 

La raison ? Une baisse des budgets qui entraîne des pannes à répétition dans les centrales nucléaires, des chantiers EPR sous-estimés qui cumulent les retards, et surtout une concurrence intenable concurrence intenable sur un marché intérieur désormais saturé par les excès de capacité de production. Les opérateurs privés laissent EDF assurer la base de la demande électrique et lui revendent à prix d’or les kWh de pointe en période de forte demande. Le rachat d’Areva (coulé par Mr Spinetta) et la vente forcée des barrages hydro-électriques (la branche la plus rentable d’EDF) devraient achever de pousser l’ancien leader mondial vers la faillite[17]. Socialisation des pertes aux frais du contribuable et privatisation des profits au bénéfice des actionnaires, l’histoire se répète[18] [19].

 

 

- 5) Libéralisme contre socialisme : la lutte des classes au cœur du train SNCF

La privatisation du rail et sa mise en concurrence constituent une aberration économique confirmée par tous les retours d’expériences.

 

Pourquoi un tel entêtement idéologique de la part de nos gouvernements successifs ?

Il s’agit d’une lutte qui oppose deux conceptions de l’économie : la concurrence et le marché à tout prix, contre le bon sens et la mutualisation des « biens communs » de l’autre. Mais cela va plus loin.

 

Les intérêts privés cherchent à capter un marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros qui leur échappe totalement. Le modèle économique « communiste » consistait à sortir le rail du marché en lui donnant le statut de service public.

Un train Amtrak déraille dans l’état du Washington. Photo NBC.

Un train Amtrak déraille dans l’état du Washington. Photo NBC.

La SNCF défend également un modèle salarial « communiste », hérité du CNR à la libération : ses employés disposent d’un salaire à vie (qui s’oppose au revenu universel promu par les libéraux) et permet de déconnecter le salaire de l’emploi. La valeur d’un « cheminot » n’est pas déterminée par le marché, mais par sa qualification et son grade, comme dans la fonction publique[20].

 

C’est pour cela que Macron commence par s’attaquer au statut de cheminot, avant de lancer la privatisation des TER et la fermeture des lignes non rentables.

 

La « bataille du rail » est donc avant tout une lutte des classes entre les salariés bénéficiant d’un revenu indépendant des aléas du marché, et le capital qui cherche à s’approprier leurs moyens de production dans une logique de profit.

 

La direction de la SNCF elle-même cherche à privatiser l’entreprise. Ses cadres dirigeants rêvent d’une introduction en bourse qui leur donnera accès aux niveaux de rémunérations du privé.

 

Arthur H en témoigne : « En tant qu’ingénieur et chef d’équipe, je ne peux pas vraiment me syndiquer, car c’est très mal vu par la direction. Tu te fais sucrer tes primes et ton avancement. Mais je ferai grève malgré tout ».

 

Enfin, la SNCF est une des rares branches professionnelles encore capables de peser dans les luttes sociales par sa capacité de blocage du pays. Casser le statut de cheminot permettra de faire passer plus facilement la réforme des retraites prévues pour cet été.

 

Cette réforme du rail impacte de fait tous les salariés et travailleurs indépendants, et devrait être combattue par l’ensemble des Français.

 

 

- 6) Comment faire passer une réforme libérale (et prendre les Français pour des imbéciles)

Dès 1984, Alain Minc livrait la recette de la casse des services publics :« Le système public ne reculera que pris en tenaille entre des déficits devenus insupportables et des budgets en voie de rétraction[21]. »

 

Cette recette miracle n’a jamais fait défaut, et a été maniée avec brio pour déliter la SNCF. Le souci de rentabilité et l’introduction des tarifications inspirées des compagnies aériennes ont détruit la logique de service public, conduisant les prix des billets dernière minute à exploser sur les grandes lignes. Le gel des investissements génère pannes et retards, et la réduction des embauches entraîne une pénurie volontaire de conducteurs, qui cause des annulations de dernière minute.

 

L’usager frustré trouve les micros des journaux de 20h pour exprimer sa colère, sans aucune réflexion ou prise de recul sur ce que les enquêtes sérieuses démontrent comme étant une opération de sabotage volontaire de la part de la direction de la SNCF et de l’État[22].

 

Comme pour la réforme de l’enseignement supérieur, on provoque sciemment une situation « intenable » mais parfaitement évitable (les retards et pannes de train, la sélection par tirage au sort pour l’inscription à la fac, les hôpitaux débordés) pour proposer une solution « inévitable » : la privatisation. Et pour mettre toutes les chances de son côté, on rajoute un gros discours réactionnaire sur les « privilèges » des cheminots.

 

 

- 7) La question du statut privilégié des cheminots et le point de vue des usagers

La presse et le gouvernement jettent en pâture à l’opinion publique le statut « privilégié » des cheminots. Mais entre les contre-vérités (la prime charbon n’existe plus depuis 1970) et les clichés, les chiffres témoignent d’une réalité très différente.

 

Leur salaire moyen est légèrement inférieur à celui du privé, le nombre de jours de congé total (en comptant les week-ends et jours fériés) est supérieur d’une seule journée et le départ à la retraite à taux plein nécessite 42 annuités de cotisation, comme dans le privé[23].

 

Le seul avantage significatif concerne la sécurité de l’emploi. Elle se « paye » par des horaires décalés, la garantie de seulement 12 week-ends de libre par an et pour beaucoup de travailleurs, les joies des trois-huit.  

 

La véritable question que devraient se poser tous les Français ne concerne pas les soi-disant privilèges dénoncés par les nantis qui sévissent sur les plateaux audiovisuels, mais le fait que ce droit à la sécurité de l’emploi ne soit pas accessible à tous.

 

Plutôt que d’encourager le gouvernement à prendre des mesures qui vont nécessairement augmenter le prix des billets, dégrader la qualité du service et affaiblir les droits de l’ensemble des Français tout en faisant payer la dette de la SNCF au contribuable, les usagers seraient particulièrement avisés de combattre cette réforme et d’exiger le retour à un vrai service public.

 

 

- 8) Des positionnements politiques révélateurs.

En Marche et ses alliés (le Modem, les constructifs et le PS) sont cohérents dans leur démarche de privatisation des biens communs au service des intérêts privés qu’ils défendent, et appuient bien entendu la réforme.

 

À gauche, l’opposition de la France Insoumise s’inscrit elle aussi dans une cohérence. Son programme de transition écologique et d’extension des droits sociaux (salaire à vie, sécurité sociale intégrale) repose en partie sur des services publics puissants et efficaces. Elle sera logiquement aux côtés des syndicats.

 

À droite, les Républicains se retrouvent assis entre deux chaises. D’un côté, ils ont bien compris que pour exister, ils devaient renouer avec les valeurs conservatrices et se rapprocher de la ruralité, ce qui rend délicat le soutien à une réforme qui va renvoyer les zones rurales au moyen âge.

 

De l’autre, LR a largement contribué au démantèlement de la SNCF et soutient le projet libéral. En décidant de taper sur les cheminots comme Sarkozy avant lui, Macron offre à la droite un prétexte pour défendre la réforme.

 

Le Front National n’a que faire des contradictions. Il a beau être le premier à s’attaquer aux syndicats, cela ne l’empêche pas de dénoncer une réforme qui menace la cohésion des territoires.

 

Conclusion

La réforme du rail représente un formidable retour en arrière de quatre-vingts ans. Compte tenu des données objectives, elle passerait pour de l’aveuglement idéologique et dogmatique, si elle ne servait pas de cheval de Troie à la destruction du modèle social français.


En termes économiques et écologiques, la privatisation tient de l’absurde. La réforme pourrait pratiquement être qualifiée de criminelle compte tenu de son impact environnemental et social, et du nombre de morts qu’elle va nécessairement entraîner, entre les accidents de trains et les suicides des employés.

 

Combattre la réforme de la SNCF, c’est défendre une autre vision de la société, plus solidaire et coopérative, tournée vers le progrès social et la transition écologique. Mais se contenter de protéger les acquis n’est pas suffisant. Il faut proposer une alternative au statu quo, comme le fait la CGT.

 

Une extension des droits des cheminots aux autres branches professionnelles, des investissements importants pour améliorer la qualité du réseau ferroviaire et la planification de la généralisation des transports publics pour lutter contre réchauffement climatique et la pollution atmosphérique devraient être au cœur des exigences des Français ! 
 

Notes :

[1] D’après Médiapart

[2] Pour mieux connaître Mr Spinetta, on peut lire cet article et le corroborer par les pages Wikipédia des différentes entreprises qu’il a dirigées. 

[3] Comme l’expliquait Thomas Legrand sur France-Inter le 23/02/2018 dans son édito politique

[4] Lire sur Médiapart : le rapport téléguidé pour justifier le démantèlement de la SNCF

[5] idem 4.

[6] Comme nous l’explique cet article des Échos ici, et un reportage du 20h de TF1 repris par Acrimed là

[7] Le média Osons causer a produit une analyse fascinante sur la privatisation des autoroutes, dont les différentes sources et le rapport de la Cour des comptes est accessibles ici.

[8] Acrimed via le JT  de TF1

[9] Lire: Le Monde Diplomatique : Accélération de la privatisation du rail en Europe, juin 2016 

[10] Lire: Le Monde Diplomatique : Quand l’état sabote le train

[11] Idem 11

[12] Marianne : SNCF pourquoi la privatisation de la SNCF est une aberration

[13] Idem 7.

[14] Site de la poste : https://www.laposte.fr/particulier/veiller-sur-mes-parents et enquête Que choisir : https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-service-universel-postal-les-consommateurs-voient-rouge-n47868/

[15] Propos rapportés par le journal Fakir, édition janvier 2018, page 6 : « Engie, l’inhumanité à une histoire »

[16] Idem 15.

[17] Lire cet article sur la privatisation des barrages https://humanite.fr/lidee-dune-privatisation-des-barrages-prend-leau-591600

[18] Lire Médiapart : « Et si EDF faisait faillite » https://www.mediapart.fr/journal/dossier/economie/et-si-edf-faisait-faillite

[19] SNCF, le rapport Spinetta c'est : nationaliser les pertes et privatiser les profits !

[20] Lire Bernard Friot : Vaincre Macron, et donc le Medef. Edition La Révolte, 2017. 

[21] Cité par Serge Halimi dans les colonnes du Monde Diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/HALIMI/11242

[22] Cf. 10.

[23] Marianne : https://www.marianne.net/economie/reforme-de-la-sncf-les-privileges-des-cheminots-existent-ils-toujours

 

Pour en savoir plus :

- Démantèlement de la SNCF : avec 30 ans de retard, Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs que les Britanniques ?

- Au Royaume-Uni, la privatisation des chemins de fer déraille –publié dans La Tribune de Genève

- La SNCF coûte moins cher que les accidents de la route

- Contribution à l’étude du surcoût des Partenariats-Publics-Privés (PPP) dans le ferroviaire

- Pourquoi l’Europe veut libéraliser le train ?

- SNCF. Un document dévoile la volonté de la direction d’aller vers la privatisation

- le rapport Spinetta sur « l’avenir du transport ferroviaire » ne s’interrogent pas vraiment sur la place que devrait occuper le train dans un monde décarboné et aux ressources énergétiques de plus en plus contraintes.

Réforme de la SNCF : un cas d’école

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 12:01
Mélenchon a rempli le mot « gauche » au lieu de le brandir comme un étendard

Sources : POLITIS entretien avec Clémentine Autain le 14 février 2018.

- Politis : Quelles leçons tirez-vous des législatives partielles à Belfort et dans le Val-d’Oise, où la droite l’a emporté dimanche dernier ?

Clémentine Autain : L’enseignement majeur, c’est l’abstention grimpante. Pour le reste, je ne vois pas comment on peut tirer de grandes conclusions stratégiques. Dans ces circonscriptions de droite, la baisse de La République en marche profite malheureusement au parti Les Républicains, qui engrange sur la chute du FN. Le PS s’effondre de façon impressionnante ! La France insoumise [FI] s’ancre, s’affirmant comme le seul mouvement qui tient debout sur le flan gauche, ce qui lui donne de grandes responsabilités pour l’avenir. Mais elle ne capitalise pas pour l’instant sur l’effacement des autres partis de gauche. Or, pour passer des près de 20 % de la présidentielle à la majorité, il nous faut devenir plus attractifs et convaincants pour les abstentionnistes mais aussi pour des électeurs de gauche qui désertent. La marche est haute.

 

 

- Politis : Adrien Quatennens a estimé que, pour la partielle de Belfort, où la candidate de la FI était soutenue par le Mouvement républicain et citoyen (MRC) et le PCF, la « soupe de logos » avait agi comme un « repoussoir ». Est-ce aussi votre analyse ?

Clémentine Autain : Non. D’abord, parce que la candidate de la FI à Belfort avait un matériel de campagne siglé FI, loin de la kyrielle des logos. Ensuite, parce que le résultat dans le Val-d’Oise n’est pas meilleur. Enfin, parce que l’on pourrait voir les choses à l’inverse : le score de la candidate FI étant à peu près le même qu’en juin, où elle n’était soutenue par aucun autre parti, on pourrait aussi se dire que les électeurs du MRC et du PCF ne sont pas allés voter pour une candidate FI, pas plus que les anciens électeurs PS. Il faut s’interroger.

 

 

- Politis : Sur la capacité de la FI à faire l’unité à gauche ?

Clémentine Autain : J’ai toujours prôné l’unité. Mais, si pas plus aujourd’hui qu’hier les militants et électeurs de notre gauche ne veulent la division, le cartel d’organisations a perdu sa force propulsive. Jean-Luc Mélenchon l’a compris en se lançant dans la présidentielle avec un nouveau mouvement, la France insoumise. L’addition de sigles n’est pas l’élément déclencheur de la dynamique politique. L’unité des partis existants ne suffit plus, ne serait-ce que parce qu’ils se sont terriblement affaiblis. Pour autant, je suis convaincue que le pluralisme politique est un atout indispensable pour nous faire grandir, que la diversité des parcours militants est une richesse. Une force à vocation majoritaire est nécessairement diverse, et non un bloc monolithique.

 

 

- Politis : Jean-Luc Mélenchon s’est montré rude avec les syndicats cet automne…

Clémentine Autain : Sur le fond, il a posé la bonne question : comment peut-on construire un front social et politique ? Les syndicats y ont vu une forme d’arrogance ou de domination, je le regrette. Il faut travailler au dépassement du clivage entre syndicalisme et politique sans penser que cela signifiera la fin des distinctions entre les deux sphères. Depuis un siècle, les syndicats veulent, à raison, se défaire de leur inféodation aux partis politiques, mais cela nuit à tout le monde de penser le social et la politique comme deux univers distincts. Infliger une défaite à Macron suppose d’unir les forces qui n’acceptent pas ce mélange de libéralisme effréné et d’autoritarisme. La FI a un rôle moteur à jouer dans la constitution d’un front d’opposition sociale et politique.

 

 

- Politis : Que dire de vos rapports avec le PCF ?

Clémentine Autain : La discussion stratégique doit être menée clairement avec eux mais sans humilier ou mépriser. Sur le fond, la FI et le PCF partagent l’essentiel, même s’il reste des désaccords, sur le nucléaire par exemple. D’ailleurs, le PCF a fini par soutenir Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et les deux groupes à l’Assemblée nationale (FI et GDR) rament de concert contre la majorité. C’est sur la stratégie que le bât blesse aujourd’hui. Reste à savoir quelle est l’orientation du PCF pour les années à venir[1]…

 

 

- Politis : Celle de la FI semble claire, en tout cas.

Clémentine Autain : La boussole stratégique de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, qui s’est clairement démarqué du PS, a permis de crédibiliser notre proposition politique, totalement distincte du naufrage socialiste. Mélenchon a rempli le mot « gauche » au lieu de le brandir comme un étendard. Il a mis l’accent sur le mouvement, la nouveauté. Aujourd’hui, nous devons agréger plus encore pour bâtir l’alternative à Macron : des individus écœurés par la gauche et par la politique, mais aussi des courants historiques, des forces constituées, des intellectuels et des artistes, des corps intermédiaires. Une chose est de dire : on range les drapeaux rouges, c’est passé de mode. Une autre est de donner le sentiment qu’on jette dans les poubelles de l’histoire les acteurs et héritiers du mouvement ouvrier. Si le neuf doit dominer, l’histoire ne peut être balayée d’un revers de la main, et si l’on vise la constitution de majorités, aucune voix éprise de rupture sociale et écologiste ne peut manquer.

 

 

- Politis : Dans son interview au JDD, Adrien Quatennens fustige le rassemblement mais affirme que la FI pourrait rebâtir des liens avec le PS si celui-ci se choisissait Emmanuel Maurel pour premier secrétaire. N’est-ce pas contradictoire ?

Clémentine Autain : La gauche est en lambeaux. Mais pas toutes ses composantes pour les mêmes raisons. Les socialistes s’étiolent de n’avoir pas su proposer une alternative au libéralisme débridé et généralisé. Nous nous séparons de la gauche qui s’est laissée prendre par le pouvoir et l’argent. Si nous voulons prendre le pouvoir à ces destructeurs de vie et de liens, il faudra bien refaire une majorité d’idée et des alliances politiques. Que chacun fasse son boulot. Et que le dialogue reprenne sur les bases de la rupture avec quarante ans de politiques néolibérales et productivistes. Je souhaite une stratégie cohérente et fédératrice. Porteuse de colère mais plus encore d’espoir. Il faut que nous passions plus nettement d’un statut d’opposant à un rôle de proposant.

 

 

- Politis : À l’Assemblée, n’avez-vous pas peur d’être condamnés à l’impuissance comme l’étaient les frondeurs que vous critiquiez ?

Clémentine Autain : Notre présence à l’Assemblée permet de faire caisse de résonance dans le pays. C’est un point d’appui. Nous apparaissons comme l’opposition principale à la macronie. La droite est pétrifiée devant ce gouvernement qui lui emprunte le cœur de son logiciel. Les socialistes, éclatés et déboussolés, peinent à frapper les esprits. Face à cette politique qui aggrave les précédentes mais leur ressemble, notre projet représente l’autre chemin. Et il se manifeste avec cohérence, énergie et créativité.

 

 

- Politis : Quel bilan faites-vous de la construction du mouvement de la FI ?

Clémentine Autain : Je trouve très intéressant que le mouvement FI se garde de reproduire les schémas classiques des partis traditionnels, avec leur fonctionnement pyramidal. Je plaide pour une forme plus polycentrique, s’appuyant sur différentes légitimités, différents espaces d’impulsion. Inventer de nouvelles façons de faire mouvement commun est un pari nécessaire mais audacieux, et forcément fragile. Une fois que l’on s’émancipe des formes classiques, il faut encore trouver les mécanismes qui permettent la délibération collective. En période électorale, un candidat, un programme et les militants s’activent pour les défendre, les populariser. En dehors des élections, le temps vient du débat, des sujets à trancher. Comment faire vivre la conflictualité aussi inéluctable que souhaitable pour un mouvement démocratique ? Qui décide de la manière dont on dépense l’argent ? Comment se tranchent les grandes orientations stratégiques ? C’est précisément parce que la FI est une force vivante et non une secte que ces discussions émergent. On doit réfléchir à comment faire vivre le pluralisme en interne, sinon cela va finir par aller à l’encontre de l’efficacité

 

Note :

[1] Au PCF, une partie des militants montent au créneau pour faire prévaloir l’idée d’une gauche structurée par les deux grands partis du XXe siècle, le PS et le PCF

 

Pour en savoir plus :

- Jumel (député PCF) plaide pour "une addition des convergences" avec la France insoumise

- " Le bois mort et le radeau de la Méduse " par Manuel Bompard

- Manuel Bompard : « Être la 1ère force alternative et gagner la bataille culturelle »

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 19:25
Christophe Aguiton : «  Les biens communs deviennent aujourd’hui une alternative tant au capitalisme qu’à l’étatisme »

Christophe Aguiton, un chercheur militant

 

Entré à France Télécom à la fin des années 1990, le militant syndical participe à la création de SUD PTT. Militant associatif et politique dans les milieux altermondialistes, Christophe Aguiton participe à la création d’Agir ensemble contre le chômage (AC  !) et d’Attac. L’auteur de Le monde nous appartient (éditions Plon) dirige un séminaire sur «  Internet, communication et société  » à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et est enseignant en sociologie du Web au sein de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

Le membre d’Attac et chercheur en sciences sociales analyse dans son dernier ouvrage[1] l’histoire récente de la gauche à l’échelle internationale. Il cible les «  problèmes stratégiques  » afin de «  réactualiser la doctrine de la gauche  », à travers des expériences comme celles de Syriza, de Podemos ou du Parti des travailleurs brésilien.

 

Sources : L'Humanité entretien par Audrey Loussouarn

- L'HUMA : Quelle est votre analyse de la période électorale de laquelle nous sortons ?
Christophe Aguiton : Ce qui s’est passé pendant la période électorale est tout à fait comparable à ce qui se passe dans d’autres pays européens où la social-démocratie s’effondre ou baisse de façon significative et où s’affirment la gauche radicale mais aussi les forces populistes et xénophobes d’extrême droite. Juste avant les élections françaises on a vu ainsi, en Islande, la gauche radicale réaliser un score de plus de 25% et aux Pays-Bas le Parti socialiste, membre de la GUE[2] et qui vient historiquement de l’extrême-gauche, et le parti des animaux, parti d’extrême-gauche là-bas, ont fait presque 15%.

 

- L'HUMA : Macron poursuit le travail de Hollande, en pire. Peut-on vraiment dire que la social-démocratie a échoué en France ?

Christophe Aguiton : Toute une partie de l’appareil du PS, mais aussi de leurs électeurs, ont basculé d’autant plus facilement chez Macron qu’ils partageaient beaucoup de ses orientations. Le PS, ce n’est pas nouveau, a un électorat très composite incluant de nombreux sociaux-libéraux. Ce qui s’est passé en France a des analogies avec ce qui s’est passé en Italie : la majorité du Parti communiste italien s’était social-démocratisé, puis transformé en parti démocrate en ouvrant la voie à Matteo Renzi. Comme François Hollande et Manuel Valls l’ont fait pour Emmanuel Macron ces cinq dernières années. Mais l’extrême centre, comme l’appellent des dirigeants de Podemos, s’effondre. Car attention aux illusions d’optique liées à la victoire de Macron. Il n’a obtenu que 24 % au premier tour et cela en captant l’essentiel de l’électorat du PS et une partie de celui de la droite et du centre. Les partis de gouvernement, l’axe traditionnel de l’alternance, n’ont obtenu, tous ensemble, que 50 % des voix !

 

 

- L'HUMA : Comment analysez-vous ce chamboule-tout politique ?

Christophe Aguiton : La crise de 2007-2008 a ouvert une toute nouvelle situation. Avant cette crise, beaucoup pensaient que la mondialisation libérale était inévitable. Le mouvement altermondialiste avait commencé à combattre cette idée, mais sans réussir à faire évoluer le cœur de l’électorat. Les choses basculent dans la dernière décennie parce que les classes populaires et les couches moyennes sont directement touchées. On l’a vu aux États-Unis mais aussi en Europe, où la crise de la dette va aggraver encore la situation avec les mesures d’austérité qui vont se multiplier. En Espagne, par exemple, le mouvement des indignés va démarrer en 2011 sur la crise du logement et le refus des expulsions. À partir de là, on assiste partout à un rejet de la mondialisation libérale. Il va profiter à deux types de forces : celles du populisme de droite, xénophobe ou fasciste selon les pays, et celles de la gauche radicale. Et ce n’est pas fini. Les politiques d’austérité qui continuent dans toute l’Europe, et notamment en France comme le montrent les premières mesures d’Emmanuel Macron, vont produire les mêmes effets. La chance que nous avons est que la gauche est tout aussi forte sur le plan électoral que l’extrême droite.

 

 

- L'HUMA : Comment expliquer que Jean-Luc Mélenchon ait obtenu 19,6 % des votes exprimés ?

Christophe Aguiton : Il a mis en avant deux éléments clés, qui ont aussi été au cœur des stratégies de Podemos et de Syriza. Tout d’abord, il a mis en avant sa certitude qu’il était possible de gagner et d’arriver au pouvoir. Cet élément est une véritable rupture par rapport aux discours traditionnels du PCF et de l’extrême gauche. Cette dernière se présente aux élections « pour défendre ses idées », comme l’ont fait Arlette Laguiller puis Nathalie Artaud, ou pour « favoriser les luttes », comme la LCR puis le NPA. Le PCF, depuis les années 1980, est candidat pour « rééquilibrer la gauche », pour qu’elle comprenne un pôle vraiment de gauche. En mettant en avant la possibilité de gagner, Jean-Luc Mélenchon a débloqué les votes dans deux secteurs, pas forcément pro-Mélenchon au départ. Les quartiers populaires, pour qui le discours républicain et laïc n’allait pas de soi, ont voté massivement pour lui en voyant dans sa candidature le moyen de sortir de la crise et de l’abandon de leurs quartiers. Et puis il y a l’électorat des centres-villes, des intellectuels précaires présents dans Nuit debout, qui n’étaient pas forcément en phase avec une campagne autocentrée autour du candidat mais qui ont vu eux aussi l’opportunité de bousculer l’ordre établi. C’est la même stratégie qui a permis à Syriza de décoller face au KKE, le parti communiste traditionnel en Grèce, qui était pourtant mieux implanté socialement et électoralement, et qui a donné à Podemos son élan initial. C’est la « révolution par les urnes », comme le disaient aussi Chavez et d’autres dirigeants sud-américains. L’autre argument, qu’a repris Jean-Luc Mélenchon, c’est la rupture avec l’ancien monde, comme en Grèce avec le Pasok ou en Espagne avec le PSOE. C’est une double stratégie qui a été gagnante sur le plan électoral mais qui peut aussi poser problème pour demain. Vous avez des militants qui vont être convaincus qu’ils vont gagner vite. L’idée de perdre du temps dans des assemblées syndicales, associatives ou populaires n’est pas leur culture. Tout cela peut rendre compliquée l’articulation entre les mouvements sociaux et la France insoumise.

 

 

- L'HUMA : Loi travail XXL, baisse des APL… les mobilisations sociales sont en passe de se multiplier. Qu’est-ce que cela augure pour la gauche ?

Christophe Aguiton : Il ne faut pas croire à un lien direct entre mobilisations sociales et recomposition politique. Après mai 1968 les législatives ont vu la victoire massive de la droite et c’est plus tard que la gauche s’est réorganisée autour de l’union de la gauche. En Espagne, on met souvent les indignés et Podemos sur le même plan. Certes, Podemos s’est appuyé sur l’expérience du 15-M (le mouvement des indignés – NDLR) mais après sa disparition. Quand il existait encore, il n’était pas question d’une traduction politique. Idem en France : ce n’est pas Nuit debout qui a créé la France insoumise mais Jean-Luc Mélenchon, homme politique, ancien socialiste devenu dirigeant du Parti de gauche. Il a réussi à capter cet électorat mais, entre les deux, il n’y a pas de lien direct. Le bon score du candidat à la présidentielle va peser dans le rapport de forces futur, quand il y aura des mobilisations. Et ce sera avec l’expérience des nombreuses luttes que nous venons de connaître, contre la loi travail, pour le soutien aux réfugiés, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre les discriminations, etc.

 

 

- L'HUMA : Pour agglomérer ces revendications très parcellaires, un défi de taille s’annonce pour la gauche. Qu’entendez-vous par la nécessité d’organiser une « alliance nouvelle » ?

Christophe Aguiton : Au siècle dernier, les forces de gauche partageaient l’idée que seule la classe ouvrière ou le prolétariat pouvaient porter une alternative au capitalisme. Les dernières expériences de victoire de la gauche, en Amérique du Sud en particulier, ont été conduites par des forces sociales différentes, paysans ou indigènes en Bolivie, par exemple. Le discours des mouvements et de la gauche a alors évolué en parlant du « peuple » ou des « 99 % » popularisés par Occupy Wall Street. Des catégories trop larges pour permettre une compréhension pragmatique de ce qui se passe sur le terrain et pour donner des outils pour une action réflexive des acteurs sociaux sur leur propre devenir. Pour ce qui est de la France, il me semble qu’il faut, sur le plan stratégique, partir de trois types d’acteurs. Le mouvement ouvrier qui, en France, est centré autour des services publics, qui ont été au cœur des mobilisations syndicales de ces dernières années. Celui-ci est très affaibli mais il ne disparaît pas et c’est le seul secteur qui a des organisations pérennes. Deuxième élément, les couches intellectuelles qui sont le produit d’une génération qui a eu accès à l’enseignement supérieur. Quel que soit leur statut précis, ils se vivent pour la plupart comme dans une situation de précarité et ils ont été au cœur de Nuit debout et votent très à gauche. Les troisièmes sont les habitants des quartiers populaires, souvent d’origine immigrée. On les retrouve dans beaucoup de luttes, comme dans le soutien à Gaza ou contre les discriminations et les violences policières mais, comme les jeunes intellectuels, ils n’ont pas d’organisations pérennes et s’informent et se mobilisent par les réseaux sociaux. On voit bien qu’il existe des différences importantes entre ces trois secteurs, tant dans leurs modes de mobilisation que dans leurs cultures politiques, mais œuvrer à leur articulation me semble essentiel. Beaucoup y travaillent et on a pu voir, à Nuit debout, des invitations de dirigeants syndicaux ou des appels à agir avec les migrants et réfugiés. Rien ne va de soi, mais c’est la seule voie possible.

 

 

- L'HUMA : Quels sont, selon vous, les questionnements que doit mener la gauche ?

Christophe Aguiton : Le premier vise à rompre avec une logique binaire où face au capitalisme, au marché et à la propriété privée, la gauche défend les nationalisations et la planification économique, c’est-à-dire un recours massif à l’État. Cette vision s’était imposée au début du XXe siècle dans la social-démocratie et le travaillisme britannique puis dans le mouvement communiste, à un moment où se refermait la mondialisation du XIXe siècle et où se développaient dans des États-nations très puissants la grande entreprise intégrée et les grands réseaux techniques, trains, électricité, télécommunications. Cette opposition binaire est remise en cause aujourd’hui et on voit se développer une autre perspective qui est celle des biens communs avec l’idée de la gestion directe par les travailleurs, en retrouvant les coopératives qui étaient au cœur du socialisme du XIXe siècle, ou l’émergence de nouveaux biens communs comme ceux du numérique. Les défis écologiques nous obligent également à réfléchir différemment en cessant de considérer l’eau et les autres ressources de la nature comme de simples biens à exploiter. Les biens communs deviennent aujourd’hui une alternative tant au capitalisme qu’à l’étatisme.

 

 

- L'HUMA : Vous évoquez également l’idée que la question démocratique doit être au centre des préoccupations à gauche...

Christophe Aguiton : Oui, et c’est une question qui est cohérente avec la façon d’organiser la société et la production. La démocratie représentative est aujourd’hui l’objet de critiques répétées car elle est basée sur une compétition visant à sélectionner les « meilleurs », ce qui conduit à la reproduction d’un système dominé par les élites et en phase avec le capitalisme et la loi du marché. Face à cela, la pratique du pouvoir en Amérique du Sud, en particulier au Venezuela, en Bolivie et Équateur, a vu des présidents de gauche élus au suffrage universel utiliser leur pouvoir et leur charisme pour s’opposer aux élites traditionnelles qui contrôlaient l’économie et les médias. Cette pratique a été théorisée par des intellectuels comme Ernesto Laclau et Chantal Mouffe ainsi que par les dirigeants de Podemos. Ce modèle-là défend le volontarisme politique qui va résoudre les problèmes par le haut, en renforçant de facto le poids de l’État. Face à cette opposition binaire un troisième choix est possible : la « démocratie radicale » qui s’appuie sur l’implication directe des acteurs que l’on retrouve dans la gestion des biens communs, avec des pratiques telles que les référendums d’initiative populaire, le tirage au sort ou les décisions au consensus. Certes, de même que les « communs » ne se substitueront pas totalement au marché, qui existait bien avant le capitalisme, ou à l’État, nous continuerons à élire des représentants. Mais une stratégie qui s’appuie sur les communs et la démocratie radicale redonne le pouvoir aux acteurs populaires.

 

Note :

[1] La Gauche du XXIe siècle, éditions la Découverte, 242 pages, 17 euros.

[2] GUE : Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 20:07
Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise

@Pierre Laurent : " en plein mouvement contre les #OrdonnancesMacron, l'adversaire c'est macron et le Medef, pas Jean Luc Mélenchon " #faute

 

(Sce : Canard enchainé)

(Sce : Canard enchainé)

Sources : Chroniques du YETI par Pierrick Tillet

-Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, se lâche
Fête de l’Huma : en s'en prenant à Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent (PCF) rend un service inestimable à celui-ci et à son mouvement.

 

Qu’est-ce qui lui a pris, au secrétaire national du vieux PCF, d’éreinter aussi stupidement le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, absent de la fête à la Courneuve pour cause de déplacement à la Réunion ?

Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise
Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise

Mais certains de ses lieutenants étaient bien présents, à écouter ce discours fort indélicat à leur encontre. Ils s’en émurent, comme quantité d’insoumis sur les réseaux sociaux.

 

Ceux-ci ont pourtant tort de se formaliser. Pierre Laurent, fort probablement à l’insu de son plein gré et plus certainement par excès de dépit, a juste coupé le cordon ombilical entre son vieux monde politique et un nouveau en pleine ébullition.

 

Partant, il aide finalement la force montante insoumise à s’affranchir sans état d’âme des pesanteurs du passé. Il pourrait même avoir dissuadé les derniers accros à la stratégie de l’union (Clémentine Autain)

 

La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !
La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !

La @FranceInsoumise présente en nombre à l'allocution de @plaurent_pcf à la #FetedeLhuma !

-Aller de l’avant sereinement sans regarder sur les bas-côtés

L’union fantasmée des forces de gauche est un leurre éventé. Celle-ci n’interpelle plus guère que les militants fatigués. Elle n’est en rien un gage d’une convergence de l’opinion publique autour d’un projet. comme on a hélas pu le vérifier en 2012 avec feu le Front de gauche.

 

Ce qui se passe actuellement, c’est une recomposition complète du paysage politique, avec « dégagisme » sans pitié des vieilles lunes obsolètes du monde d’avant : LR, EELV, PS, PCF…  Même le FN vient de se prendre un sacré coup sur le nez. Et Besancenot n’est plus qu’une ombre pathétique.

 

Tant pis si les chiens aboient au passage de la caravane. Tant mieux si la meute médiatique gueule à s’en égosiller. C’est juste signe qu’elle sent le danger et panique. Ne reste à ces fantômes qu’à décrocher en répandant leurs aigreurs (Pierre Laurent) ou tenter de raccrocher leur wagonnet à une locomotive qui les dépasse (Hamon le 23 septembre).

 

La France insoumise doit continuer d’aller sereinement de l’avant, sans regarder sur les bas-côtés, encore moins derrière elle.  À la fête de l’Huma, Pierre Laurent vient de lui donner un sacré coup-de main.

 

Pierrick Tillet

 

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Rassembler OUI ! Mais rassembler quoi ?

Si c'est les partis, c'est NON... si c'est le peuple, c'est OUI !

 

-C'est le type de rassemblements que la France insoumise met en œuvre

Depuis le début de la campagne des élections présidentielles, nous n'avons eu de cesse de tenir le même langage " C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis " !

 

Car certains ont tellement la mémoire courte......

Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise

.... qu'ils sont prêts à remettre ça !

Le PS à la fête de l'Huma pour prêcher l'unité http://www.parti-socialiste.fr/parti-socialiste-present-a-fete-de-lhumanite/

Le PS à la fête de l'Huma pour prêcher l'unité http://www.parti-socialiste.fr/parti-socialiste-present-a-fete-de-lhumanite/

Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise

- Il n'y a pas " d'enjeu de pouvoir " pour la France insoumise

Nous sommes au cœur d'une bataille politique sur la conception du rassemblement à mettre en œuvre pour battre politiquement Macron, la droite et l’extrême droite.

 

Contrairement à ce qu'affirme Pierre Laurent, en ayant l'ambition de " RASSEMBLER LE PEUPLE " la France insoumise n'a pas vocation à rassembler le pays derrière J.L. Mélenchon, mais à rassembler une majorité sur un programme en l’occurrence aujourd'hui, L'AVENIR EN COMMUN.

 

Soit rassembler " la gauche " comme le préconisent Laurent, Hamon, Ensemble, le PS, EELV ce qui exclue d'entrée ceux qui ne se retrouvent plus dans " la gauche ", ne votent plus ou votent FN....... ou RASSEMBLER LE PEUPLE dans une démarche transversale et hors parti ce qui vise à intégrer tous les exclus de la politique ou qui ne se retrouvent plus dans les partis traditionnels....... et ils sont des millions ! Environ 40% du corps électoral.

 

La France insoumise est sur cette démarche là depuis 2 ans.... et nous n'en changerons pas n'en déplaise à Laurent, Hamon et les autres !

 

 

-

Et si, finalement, nous prenions ça avec une note d'humour !

Le service rendu par Pierre Laurent à la France insoumise

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 20:02
1973-2017 : l’effondrement idéologique de la “gauche” française

Sources : Le Grand*Soir par Bruno GUIGUE

-D'hier.... à aujourd'hui
En 1973, le coup d’État du général Pinochet contre le gouvernement d’Unité populaire au Chili provoqua une vague d’indignation sans précédent dans les milieux progressistes du monde entier. La gauche européenne en fit le symbole du cynisme des classes dominantes qui appuyèrent ce “pronunciamiento”. Elle accusa Washington, complice du futur dictateur, d’avoir tué la démocratie en armant le bras meurtrier des militaires putschistes. En 2017, au contraire, les tentatives de déstabilisation du pouvoir légitime au Vénézuéla ne recueillent au mieux qu’un silence gêné, un sermon moralisateur, quand ce n’est pas une diatribe antichaviste de la part des milieux de gauche, qu’il s’agisse des responsables politiques, des intellectuels qui ont pignon sur rue ou des organes de presse à gros tirage.

 

Du PS à l’extrême-gauche (à l’exception du “Pôle de renaissance communiste en France”, qui a les idées claires), on louvoie, on ménage la chèvre et le chou, on reproche au président Maduro son “autoritarisme” tout en accusant l’opposition de se montrer intransigeante. Dans le meilleur des cas, on demande au pouvoir légal de faire des compromis, dans le pire on exige qu’il se démette. Manuel Valls, ancien premier ministre “socialiste”, dénonce la “dictature de Maduro”. Son homologue espagnol, Felipe Gonzalez, trouve scandaleux l’appel aux urnes, et il incrimine “le montage frauduleux de la Constituante”. Mouvement dirigé par la députée de la “France Insoumise” Clémentine Autain, “Ensemble” condamne le “caudillisme” du pouvoir chaviste. Eric Coquerel, également député de la FI et porte-parole du Parti de gauche, renvoie dos-à-dos les fauteurs de violence qui seraient à la manœuvre “des deux côtés”, tout en avouant ingénument qu’il n’a “pas envie de critiquer Maduro”.

 

 

- Entre 1973 et 2017, que s’est-il passé ?
Il y a un demi-siècle, la gauche française et européenne était généralement solidaire - au moins en parole - des progressistes et révolutionnaires des pays du Sud. Sans méconnaître les erreurs commises et les difficultés imprévues, elle ne tirait pas une balle dans le dos à ses camarades latino-américains. Elle ne distribuait pas les responsabilités entre les putschistes et leurs victimes en rendant une sorte de jugement de Salomon. Elle prenait parti, quitte à se tromper, et ne pratiquait pas, comme la gauche actuelle, l’autocensure trouillarde et la concession à l’adversaire en guise de défense. Elle ne disait pas : tout cela, c’est très vilain, et tout le monde a sa part de culpabilité dans ces violences regrettables. La gauche française et européenne des années 70 était sans doute naïve, mais elle n’avait pas peur de son ombre, et elle ne bêtifiait pas à tout bout de champ lorsqu’il s’agissait d’analyser une situation concrète. C’est incroyable, mais même les socialistes, comme Salvador Allende, pensaient qu’ils étaient socialistes au point d’y laisser leur peau.

 

 

- A voir l’ampleur du fossé qui nous sépare de cette époque, on est pris de vertige.
La crise vénézuélienne fournit un exemple commode de cette régression parce qu’elle se prête à une comparaison avec le Chili de 1973. Mais si l’on élargit le spectre de l’analyse, on voit bien que le délabrement idéologique est général, qu’il traverse les frontières. Lors de la libération d’Alep par l’armée nationale syrienne, en décembre 2016, les mêmes “progressistes” qui font la fine bouche devant les difficultés du chavisme ont fait chorus avec les médias détenus par l’oligarchie pour accuser Moscou et Damas des pires atrocités. Et la plupart des “partis de gauche” français (PS, PCF, PG, NPA, Ensemble, EELV) ont appelé à manifester devant l’ambassade de Russie, à Paris, pour protester contre le “massacre” des civils “pris en otage” dans la capitale économique du pays.


Bien sûr, cette indignation morale à sens unique occultait la véritable signification d’une “prise d’otages” qui eut lieu, en effet, mais par les milices islamistes, et non par les forces syriennes. On put le constater dès que les premiers couloirs d’évacuation furent mis en place par les autorités légales : les civils fuirent en masse vers la zone gouvernementale, parfois sous les balles de leurs gentils protecteurs en “casque blanc” qui jouaient au brancardier côté cour et au djihadiste côté jardin. Pour la “gauche”, le million de Syriens d’Alep-Ouest bombardés par les extrémistes customisés en “rebelles modérés” d’Alep-Est ne comptaient pas, la souveraineté de la Syrie non plus. La libération d’Alep restera dans les annales comme un tournant de la guerre par procuration menée contre la Syrie. Le destin aura aussi voulu, malheureusement, qu’elle signale un saut qualitatif dans l’avachissement cérébral de la gauche française.

 

 

- Syrie, Venezuela : ces deux exemples illustrent les ravages causés par l’indigence de l’analyse conjuguée à la couardise politique.

Tout se passe comme si les forces qui tenaient lieu de “forces vives” dans ce pays avaient été anesthésiées par on ne sait quel puissant sédatif. Parti des sphères de la “gauche de gouvernement”, le ralliement à la doxa diffusée par les médias dominants est général. Convertie au néo-libéralisme mondialisé, l’ancienne social-démocratie ne s’est pas contentée de tirer une balle dans le dos à ses ex-camarades des pays du Sud, elle s’est aussi tirée une balle dans le pied. Transformé en courant minoritaire - social-libéral - au sein d’une droite plus dévouée que jamais au capital, le PS s’est laissé cannibaliser par Macron, la savonnette à tout faire de l’oligarchie capitaliste euratlantique. Dans les années 70, même la droite française “libérale éclairée”, avec Giscard d’Estaing, était plus à gauche que le PS d’aujourd’hui, ce résidu vermoulu dont l’unique fonction est de distribuer les sinécures aux rescapés du hollandisme.

 

 

- La page de Solférino une fois tournée, on pouvait alors espérer que la “gauche radicale” prendrait le relais en soldant les comptes des errements passés.
Mais la “France insoumise”, malgré son succès électoral du 23 avril 2017, est un grand corps mou, sans colonne vertébrale. On y trouve des gens qui pensent que Maduro est un dictateur et d’autres qui pensent qu’il défend son peuple. Ceux qui dénoncent l’adhésion de la France à l’OTAN pleuraient à chaudes larmes sur le sort de ses mercenaires wahhabites à Alep. La main sur le cœur, on se proclame contre l’ingérence étrangère et l’arrogance néo-coloniale au Moyen-Orient, mais on veut “envoyer Assad devant la CPI”, ce tribunal d’exception réservé aux parias du nouvel ordre mondial. Le président syrien, nous dit-on, est un “criminel”, mais on compte quand même sur le sacrifice de ses soldats pour éliminer Daech et Al-Qaida. Ces contradictions seraient risibles, si elles ne témoignaient d’un délabrement plus profond, d’un véritable collapsus idéologique.

 

Elle a beau vouloir rompre avec la social-démocratie, cette gauche adhère à la vision occidentale du monde et à son droit-de-l’hommisme à géométrie variable. Sa vision des relations internationales est directement importée de la doxa pseudo-humaniste qui partage le monde en sympathiques démocraties (nos amis) et abominables dictatures (nos ennemis). Ethnocentrique, elle regarde de haut l’anti-impérialisme légué par les nationalismes révolutionnaires du Tiers Monde et le mouvement communiste international. Au lieu de se mettre à l’école d’Ho Chi-Minh, Lumumba, Mandela, Castro, Nasser, Che Guevara, Chavez et Morales, elle lit Marianne et regarde France 24. Elle croit qu’il y a des bons et des méchants, que les bons nous ressemblent et qu’il faut taper sur les méchants. Elle est indignée - ou gênée - lorsque le chef de la droite vénézuélienne, formé aux USA par les néo-conservateurs pour éliminer le chavisme, est mis sous les verrous pour avoir tenté un coup d’Etat. Mais elle est incapable d’expliquer les raisons de la crise économique et politique au Venezuela. Pour éviter les critiques, elle répugne à décrire comment la rupture des approvisionnements a été provoquée par une bourgeoisie importatrice qui trafique avec les dollars et organise la paralysie des réseaux de distribution en espérant saper la légitimité du président Maduro.

 

 

- Indifférente aux mouvements de fond, cette gauche se contente de participer à l’agitation de surface.

En proie à une sorte de divertissement pascalien qui la distrait de l’essentiel, elle ignore le poids des structures. A croire que pour elle, la politique n’est pas un champ de forces, mais un théâtre d’ombres. Elle prend parti pour les minorités opprimées à travers le monde en omettant de se demander pourquoi certaines sont visibles et d’autres non. Elle préfère les Kurdes syriens aux Syriens tout court parce qu’ils sont minoritaires, sans voir que cette préférence sert leur instrumentalisation par Washington qui en fait ses supplétifs et cautionne un démembrement de la Syrie conforme au projet néo-conservateur. Elle refuse de voir que le respect de la souveraineté des États n’est pas une question accessoire, qu’elle est la revendication majeure des peuples face aux prétentions hégémoniques d’un Occident vassalisé par Washington, et que l’idéologie des droits de l’homme et la défense des LGBT servent souvent de paravent à un interventionnisme occidental qui s’intéresse surtout aux hydrocarbures et aux richesses minières.

 

On pourra chercher longtemps, dans la production littéraire de cette gauche qui se veut radicale, des articles expliquant pourquoi à Cuba, malgré le blocus, le taux de mortalité infantile est inférieur à celui des USA, l’espérance de vie est celle d’un pays développé, l’alphabétisation est de 98% et il y a 48% de femmes à l’Assemblée du pouvoir populaire (merci à Salim Lamrani et à Flavien Ramonet, enfin, de l’avoir fait). On n’y lira jamais, non plus, pourquoi le Kérala, cet Etat de 33 millions d’habitants dirigé par les communistes et leurs alliés depuis les années 50, a l’indice de développement humain de loin le plus élevé de l’Union indienne, et pour quelle raison les femmes y jouent un rôle social et politique de premier plan. Car les expériences de développement autonome et de transformation sociale menées loin des projecteurs dans des contrées exotiques n’intéressent guère nos progressistes, fascinés par l’écume télévisuelle et les péripéties du barnum politicien.

 

 

- Et pendant ce temps là....
Dopée à la moraline, intoxiquée par le formalisme petit-bourgeois, la gauche boboïsée signe des pétitions, elle intente des procès et lance des anathèmes contre des chefs d’État qui ont la fâcheuse manie de défendre la souveraineté de leur pays. Ce manichéisme lui ôte la pénible tâche d’analyser chaque situation concrète et de regarder plus loin que le bout de son nez. Elle fait comme si le monde était un, homogène, traversé par les mêmes idées, comme si toutes les sociétés obéissaient aux mêmes principes anthropologiques, évoluaient selon les mêmes rythmes. Elle confond volontiers le droit des peuples à s’auto-déterminer et le devoir des États de se conformer aux réquisits d’un Occident qui s’érige en juge suprême. Elle fait penser à l’abolitionnisme européen du XIXème siècle, qui voulait supprimer l’esclavage chez les indigènes en y apportant les lumières de la civilisation au bout du fusil. La gauche devrait savoir que l’enfer de l’impérialisme aujourd’hui, comme du colonialisme hier, est toujours pavé de bonnes intentions. Lors de l’invasion occidentale de l’Afghanistan, en 2001, on n’a jamais lu autant d’articles, dans la presse progressiste, sur l’oppression des femmes afghanes et l’impératif moral de leur libération. Après quinze ans d’émancipation féminine au canon de 105, elles sont plus couvertes et illettrées que jamais.

 

Pour en savoir plus :

- Emmanuel Maurel : « Ce n’est pas un départ du PS, c’est une scission »

Une partie de la droite vénézuellienne en action
Une partie de la droite vénézuellienne en action
Une partie de la droite vénézuellienne en action

Une partie de la droite vénézuellienne en action

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 09:27
Jean-Luc Mélenchon : Seul le cas par cas peut fonctionner.

Le << rassemblement de l'opposition de gauche >> ne peut pas avoir lieu avec des gens qui ont choisi de ne pas s'opposer.

 

Tirant le bilan de la cession parlementaire qui se termine, Jean-Luc Mélenchon revient notamment sur ce que certains souhaitent remettre sur la table : « l’union de l’opposition de gauche » ou qui voient au travers de la saisine du Conseil constitutionnel sur la loi travail, un " acte fondateur " pour la gauche.

 

Sources : Penser après l'hémicycle  par Jean-Luc Mélenchon

- La méthode des additions ponctuelles
Pendant cette session extraordinaire de l’Assemblée, nous avons été conduits à tester beaucoup de méthodes de combat politique. Certaines notamment que nous n’avions jamais pratiqué dans le passé. On connait notre refus absolu de tout retour à la tambouille mortifère du « rassemblement de la gauche ». Il s’est renforcé quand nous avons vu pour quelle réponse nous avons pris au mot le PS qui prétendait que devait se rassembler « l’opposition de gauche ». Nous avions dit : « il y a un ticket d’entrée, le vote contre la confiance au nouveau gouvernement d’Edouard Philippe ».

 

La réponse est venue en deux temps. D’abord cinq membres du groupe PS ont voté la confiance pour trois seulement qui ont voté contre et vingt-quatre autres se sont s’est abstenus. Ensuite, sans un mot d’argumentation, le secrétaire général du PS, Jean-Christophe Cambadélis, toujours en poste, a dénoncé mon « gauchisme autoritaire » et mon « populisme échevelé » en réponse à une question passe plat du « Monde » qui demandait si on pouvait « encore » parler avec moi quand on est socialiste. Le final est arrivé quand est venue l’heure de voter sur les ordonnances contre le code du travail. Quatorze députés PS ont voté contre mais la majorité du groupe, soit dix-huit députés, n’a pas participé au vote. En toute hypothèse, le « rassemblement de l’opposition de gauche » ne peut donc avoir lieu avec des gens qui ont choisi de ne pas s’opposer.

 

Ce tour d’horizon de « l’opposition de gauche » étant achevé, j’en viens à la tactique de combat adoptée à l’assemblée pour unir des efforts quand cela est possible. Car la ligne d’action reste de dénouer par l’action tout ce que les intrigues de Palais quelles qu’elles soient embrouillent et clouent au sol. Sans complexe et sans a priori passer à guet en s’appuyant sur chaque point de passage disponible.

 

 

- Seul le cas par cas peut fonctionner.
Nous l’avons testé avec un amendement pour faire « sauter le verrou de Bercy ». Nous avions vu qu’à une voix près, un amendement pour le faire avait été repoussé en commission après un épisode assez rocambolesque de trois votes confus, conclu par « assis/debout » d’anthologie. L’initiative fut donc prise de proposer à tous ceux qui le voudraient de déposer ensemble un amendement commun en séance plénière. Six groupes sur sept, c’est-à-dire tout le monde, de LR à FI en passant par le Modem, le PS et les communistes, tout le monde sauf « La République en Marche » se retrouva sur un amendement commun. Une conférence de presse commune a même eu lieu pour présenter l’initiative. C’est d’ailleurs pour effacer l’impression d’isolement total de la majorité que le président de séance se lança dans des manœuvres de présentation des amendements qui tourna à la foire d’empoigne généralisée. Mais l’expérience nous a parue efficace.

 

Nous l’avons donc renouvelée pour déposer un recours constitutionnel contre l’ordonnance sur la loi travail. En effet pour déposer un tel recours il faut disposer de soixante signatures de députés ou de sénateurs. Aucun de nos groupes ne les a. Et la somme des insoumis et des communistes ne réunit que trente-trois signatures. L’accord a pu se faire du PS à des autonomistes corses incluant les insoumis et les communistes.

 

En vain cherchera-t-on à en faire un accord « d’union de l’opposition de gauche ». Les raisons que j’ai évoquées suffisent pour comprendre pourquoi ce ne peut être le cas. Mais de même que nous signons avec LR pour « faire sauter le verrou de Bercy », nous signons avec le PS quand bien même la majorité de ses membres n’a pas voté contre l’ordonnance sur le code du travail. Telle est la méthode des « additions ponctuelles ». Elle n’a pas valeur d’accord politique global. Elle ne préjuge d’aucune suite. Elle existe pour un objet clairement délimité. Et conforme à notre programme.

 

Comme ce sont des étapes spectaculaires et significatives, je les cite. Mais il faut savoir que la même méthode a été appliquée à des dizaines d’amendements de LR ou du PS : nous les avons appuyés de nos votes quand ils étaient conformes à notre programme. La méthode des « additions ponctuelles » doit être lue pour ce qu’elle est : le refus des attitudes sectaires, la volonté de ne pas s’en tenir aux étiquettes pour avancer dans l’action que nous avons choisie. Et d’un autre côté, c’est le refus de donner des blancs-seings ou des amnisties à qui que ce soit. Et nous admettons évidemment qu’il en aille de même pour ceux qui sont ponctuellement nos alliés dans une bataille. Je veux dire qu’ils ne doivent se sentir lié à rien d’autres nous concernant quand ils agissent avec nous.

 

Pour en savoir plus :

- Saisine du Conseil constitutionnel sur la loi travail : Chassaigne (PCF) évoque "un acte fondateur" pour la gauche

- Réunis à Angers, les militants du Parti communiste français préparent la rentrée sociale, appellent à l’union et pourfendent Jean-Luc Mélenchon.

- « Universités d’été : Emmanuel Maurel, un socialiste chez les insoumis » – Le Point, samedi 26 août 2017

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 20:04
La gauche est morte ? Vive la France Insoumise ?

Nous sortons d’un long cycle politique marqué par la domination hégémonique du parti socialiste. En simplifiant les composantes de la gauche, on peut dire qu’il y a une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire. La stratégie d’union de la gauche, que le PCF porte encore, a échoué.

 

Sources : Le blog Médiapart d'Alain Duparquet

- Elle part du présupposé qu’il est impossible pour le courant révolutionnaire d’accéder au pouvoir.

C’est d’ailleurs d’autant plus vrai que le déclin du PCF a rendu totalement inconcevable une victoire communiste à l’élection présidentielle.On élit la social démocratie, car elle seule peut passer au second tour. On cherche à passer le compromis politique le plus haut possible et on espère que l’action syndicale et populaire fera le reste. Penser que le PS pouvait-être le cheval de Troie pour entrer au pouvoir et ensuite et que le « changement » s’impose par la suite petit à petit, pas à pas… Cette stratégie a échoué en 1981, puis en 1998 et encore plus en 2012.  Fondamentalement, la cause de cet échec est d’abord dans l’échec de la social démocratie elle-même. Il n’y a pas de compromis entre les intérêts capitalistes et les intérêts du peuple. Le capital veut toute le politique libérale et rien que le politique libérale. C'est dit et sans appel, l'union de la gauche a abouti à la loi-travail. On ne doit pas permettre à cette gauche de survivre.

 

Assurément, ce qui a changé depuis les années 1970, c’est le carcan européen, singulièrement avec les traités de Maastricht, de Lisbonne et l’avènement de l’euro. C’est même sur ce terrain là que ce joue concrètement la traditionnelle distinction entre révolutionnaires et réformistes. Toute proposition de politique de gauche qui n’indique pas comment elle va s’attaquer à ce problème est vouée à l’échec. C’est le préalable indispensable à toute union. C’est le clivage majeur. On peut toujours réajuster en permanence le plan A et le plan B proposés dans l’avenir en commun, en fonction des évolutions de l’Europe elle-même et des traités commerciaux, mais on ne peut pas éluder ce combat là, et on ne peut pas gagner sans éducation populaire sur ce sujet. Il y aura rassemblement contre cette Europe là ou il n’y aura rien car dans ce carcan rien n’est possible.

 

D’autant plus, que si d’aventure, un pouvoir de gauche dominé par le PS ou son successeur, venait à voir le jour et continue d’appliquer les directives de Bruxelles, il ne causera que malheur et désillusion, faisant le lit du Front National.

 

 

- Il vaut mieux que la gauche perde pour longtemps que de faire cela. 

Mélenchon a eu raison de dire :"Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahi pendant cinq ans".

 

Notre peuple ne s'en sortira pas en retournant dans les vieilles ornières. Après l'échec de Macron, ce sera soit le FN qui incarne l'horreur, soit le programme l'Avenir en commun qui incarne l'espoir. La FI est le grain de sable qui mettra en échec les combines conduisant de nouveau à la social démocratie.

 

Dans toutes les élections intermédiaires, il faudra une stratégie claire qui évite toute compromission...quitte à perdre. Car quand on gagne avec des illusions, on les perd ensuite plus durement avec tout le reste.

 

Servir de nouveau de force d’appoint de la social –démocratie serait donc une très mauvaise solution. L’union n’est donc souhaitable que sur la base d’une politique de rupture claire. Les socialistes ont échoué, qu’ils fassent preuve d’humilité, qu’ils passent leur tour et acceptent de nous soutenir.

 

Le programme l'Avenir en commun, élaboré par le croisement d'experts, basé sur le programme l'humain d'abord et amendé par des milliers d'internautes doit être le ciment de la reconstruction de l'alternative au capitalisme. Contrairement au programme commun qui était un compromis entre partis, le programme l'avenir en commun doit mettre tout le monde d'accord, si je puis dire. Le PS et le PC et bien d'autres ont leur place pour le soutenir et aider les citoyens sans carte dans leurs efforts. Si ils veulent être utiles, ils doivent se mettre au service du mouvement populaire.

 

Certes, la France insoumise n’est pas parfaite, ni d’ailleurs aboutie mais elle est assurément le point de départ de quelque chose de neuf, le prolongement des luttes sociales contre les politiques européennes, comme est une des suites du formidable non de gauche du 29 mai 2005, la correction du brouillon qu’a constitué le Front de gauche et une réponse aux questionnements de Nuit Debout.

 

 

- Et maintenant

Que faire de la France Insoumise ? Comment avoir les avantages des partis traditionnels sans en avoir les inconvénients ? Comment faire agir les 500 000 soutiens tout en laissant à chacun son indépendance et sa liberté d’action ? Comment se structurer dans le local afin de conquérir de villes, des régions, des départements ?

 

Voici entre autres les questions qui sont maintenant ouvertes.

La tâche est immense.

 

Pour en savoir plus :

- PCF-France insoumise, l’impossible unité

- La France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée

- Xavier Bertrand : "Méfions-nous du danger de la France insoumise"

- Emmanuel Maurel : « Ce n’est pas un départ du PS, c’est une scission »

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 18:18
Le bulletin de vote efficace contre M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et les 560 candidats de La France Insoumise.

Campagne législative, situation actuelle du Parti socialiste et de l’extrême-gauche, rapports avec le Parti communiste, l’élection d’Emmanuel Macron... Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière revient pour Atlantico sur tous les sujets brûlants pour la France Insoumise.

 

Sources : Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées

-

Atlantico : Quels sont les premiers enseignements que vous tirez de la composition du nouveau gouvernement ? Finalement, cette recomposition n’est-elle pas pour vous une bonne nouvelle, permettant de clarifier une ambiguïté que vous dénoncez depuis plusieurs années à gauche de l’échiquier politique ?

Aléxis Corbière : D’abord, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France. Il s’agit très clairement d’un gouvernement d’aspiration libérale qui se met à l’œuvre avec à sa tête M. Edouard Philippe un homme connu pour ses convictions d’homme de droite, il y a également un libéral économique assumé, en la personne de M. Bruno Le Maire qui prend la tête de Bercy, et un sarkozyste avec M. Darmanin aux Comptes publics… La voie économique que ce gouvernement va prendre est donc claire, nette et ne souffre d’aucune ambigüité.

 

Pour notre population il n’y a rien de bon à attendre de la part de cette équipe sur le terrain social. Les mêmes politiques vont être continuées et même aggravées.

 

Cela doit donc attirer l’attention de tout le monde sur l’importance des élections législatives qui viennent. Elles doivent être une façon démocratique de stopper cette équipe et leurs projets. Je suis convaincu qu’ils n’ont pas une majorité politique pour agir.

 

Nous avons assisté à un second tour de rejet de Madame Le Pen, mais certainement pas d’adhésion au programme de Monsieur Macron. Et pourtant, c’est ce gouvernement de choc sur le terrain social et économique qui se met au travail, qui va assurément aggraver des inégalités, alors que les Français veulent les résoudre. D’ici le mois de juin, il va sans doute dissimuler ses attaques, mais aucune confiance naïve ne doit lui être accordée.

 

Donc les élections législatives qui viennent peuvent être l’occasion de porter une majorité sur une autre orientation à l’Assemblée Nationale. Et donc par conséquent, un autre gouvernement en sortirait. C’est ce que nous proposons avec Jean-Luc Mélenchon et tous les candidats de La France Insoumise. Un vieux monde politique s’est effondré le 23 avril, en raison des choix économiques qu’il avait porté ces dix dernières années et en même temps un nouveau monde émerge dont La France Insoumise.

 

Il est frappant d’observer que l’on retrouve beaucoup du personnel du vieux monde dans ce gouvernement placé aux postes essentiels et même les visages nouveaux sont en réalité porteurs des orientations passées, à l’exception notable de Nicolas Hulot. Mais je prends les paris qu’il ne durera pas dans ce gouvernement, ou alors au prix de renoncement, ce qui serait bien triste.

 

 

-

Atlantico : La France Insoumise n’est pas parvenue à obtenir des accords nationaux avec les autres mouvements de gauche. S’agit-il d’une volonté de votre part ?

Aléxis Corbière : Non. Nous avons cherché, sincèrement avec le PCF, à trouver un accord. Il y a eu plus de 6 réunions pendant plusieurs mois, beaucoup d’heures de discussions et d’échanges. Mais la direction actuelle du PCF n’a pas compris ce qu’était La France Insoumise qui n’a rien à voir avec ce qui a pu exister précédemment.

 

Sept millions de personnes se sont retrouvées sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sur son programme. Nous avons remobilisé des gens qui s’abstenaient (c’est l’une de nos fiertés), nous avons fait reculer l’abstention dans beaucoup de quartiers populaires de certaines villes, nous arrivons en tête dans la jeunesse, chez les chômeurs…tout cela est à mettre à notre actif. Ce mouvement, notre responsabilité, c’est d’en maintenir toute la cohérence et toute la dynamique en permettant qu’il reste rassemblé. Je crois qu’il est normal que les candidats que nous présentons soient en continuité avec la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les gens n’ont pas voté pour un homme, Jean-Luc Mélenchon, mais bien pour un programme de 357 propositions qui se nomme "L’avenir en commun".

 

Certains ont considéré que malgré le fait qu’ils étaient restés à l’écart de la campagne de La France Insoumise et de la logique de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ils devaient avoir une représentation très importante des candidats que nous allions soutenir aux législatives. Nous avons cherché à trouver les conditions d’un accord mais la gourmandise obstinée de certains a empêché que cet accord puisse aboutir. Dommage. Je le regrette.

 

Mais, nous sommes des gens responsables et nous restons rassembleurs, nous soutiendrons les députés communistes sortants qui ont parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon et nous ne présenterons pas de candidats contre eux. Qui fait mieux ? De manière plus générale, nous soutenons beaucoup de candidats anciennement EELV, militants associatifs, des personnalités comme François Ruffin, Juan Branco, etc… Nous avons tendu la main à d’autres, mais certains ont fait d’autres choix. C’est regrettable mais la dynamique de la FI reste claire et forte sur le terrain. Que tous ceux qui ont voté Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle soient rassurés, il y aura dans la totalité des circonscriptions des candidats et des candidates qui porteront le programme de Jean-Luc Mélenchon. Ils pourront donc renouveler leur vote.

 

Du côté du Parti socialiste, je crois que la tambouille épicée des cuisines de Solférino continue de faire sentir ses odeurs peu engageantes. En juin, on ne sait plus vraiment sur quel programme le PS se présente. Il varie selon les circonscriptions. C’est assez incohérent. J’ai entendu M. Hamon sur France 2 taper très rudement sur le Parti socialiste, à tel point que l’on s’interroge s’il appelle à voter ou pas pour les candidats du PS. Tout cela est assez confus. Et à l’inverse il y a beaucoup d’endroits ou des candidats socialistes annoncent clairement qu’ils soutiennent d’ores et déjà le gouvernement d’Emmanuel Macron. Puis d’autres n’osent pas le dire mais le pensent très fort. Tout cela fait partie de cette décomposition du vieux monde politique et de ses appareils, c’est assez dangereux, et nous y répondons par l’émergence d’un nouveau mouvement avec La France Insoumise.

 

 

-

Atlantico : Faites-vous le pari d’un effondrement du Parti communiste et du PS, qui vous permettrait de devenir la première force d’opposition, de gauche, à une majorité qui se profile ?

Aléxis Corbière : votre question est mal posée. Je ne mets pas le PCF et le PS sur le même plan. En politique, il n’y a jamais rien de mécanique qui se produit sans forces agissantes et il faut créer des dynamiques. Moi, j’invite au rassemblement à ceux qui sont d’accord avec notre programme. Tout le monde est le bienvenu quel que soit ses engagements passés. Je verrai d’ailleurs d’un oeil intéressant qu’il y ait des ruptures au sein du PS pour que des gens nous rejoignent pour qu’ensemble nous travaillions à quelque chose de nouveau. Je pense notamment à M. Montebourg.

 

La difficulté que nous avons, c’est que bien souvent, après le premier tour de la présidentielle, des gens du Parti socialiste auraient souhaité être soutenu par La France Insoumise mais ne voulaient pas rompre avec le PS pour autant. Ce qui rendait les choses plutôt incompréhensibles et irréalisables. Je laisse chacun pour l’instant face à ses contradictions et nous avançons. Et nous verrons quelle sera la physionomie de ce nouveau monde qui émergera en juin. Nous travaillerons avec tous ceux qui partageront nos objectifs essentiels qui sont de mettre la question sociale, la question démocratique et la question écologique au coeur de la vie politique.

 

Notre peuple veut des réponses précises à ses problèmes et non des carabistouilles de partis qui parlent abstraitement « d’unité » mais ont souvent pour seul objectif de maintenir des gens à leurs postes coûte que coûte. Ce que nous recherchons, c’est d’abord et avant tout l’application de notre programme « L’avenir en commun » et non repeindre des anciens pro-Hollande en insoumis de circonstances, qui changeront d’opinion demain.

 

 

-

Atlantico : Le nouveau Président a pu confirmer sa volonté de réformer le droit du travail par ordonnances, et en fait une priorité. Par quels moyens comptez-vous vous opposer à cette volonté du chef de l’Etat ?

Aléxis Corbière : Si nous sommes le 18 juin majoritaires à l’Assemblée Nationale l’affaire est entendue, nous dirigerons le pays et rien de tout cela n’aura lieu. Mais dans votre question, il y a deux aspects : le fond et la forme.

 

Sur le fond, je dis danger ! Le nouveau gouvernement veut réformer le Code du travail pour aller dans le sens d’une loi "El Khomri +++" ( c’est-à-dire approfondir l’inversion de la hiérarchie des normes, faciliter les licenciements, précariser les gens…) et en quelque sorte « ubériser » les conditions de travail de millions de femmes et d’hommes. Je ne suis pas d’accord et je pense que nous sommes très majoritaires à ne pas l’être.

 

Sur la forme, je m’élève contre l’utilisation annoncée de la procédure d’ordonnance qui consiste à ce que le Parlement abdique sa responsabilité et ne délibère pas de ce qui doit être modifié du Code du travail. Il s’agit de s’en remettre à la décision du président qui lui seul arbitrera ce qui doit être fait et il sera demandé, in fine, par un vote de valider ou non sa seule décision.

 

Je trouve cette méthode autoritaire, contournant la représentation nationale et le rôle des parlementaires. Je trouverais d’ailleurs assez indigne de la part de parlementaires prochainement élus de voter cette procédure. Moi, je suis attaché à la souveraineté du peuple, impossible dans le cadre de la Ve République et c’est pourquoi je défends le passage en VIe République, où des droits nouveaux, comme celui de pouvoir révoquer les élus, la prise en compte du vote blanc, etc. devrait exister.

 

Je n’oublie pas qu’au premier tour M. Macron n’a obtenu seulement 18% des électeurs inscrits, que beaucoup d’études montrent que 41% des gens qui ont voté pour lui au premier tour ne l’ont pas fait par adhésion à son projet. Au second tour, c’est un vote de rejet de Mme. Le Pen qui le porte au pouvoir et 66% de ceux qui ont voté Macron au second tour ne l’ont, encore une fois, toujours pas fait par adhésion. Donc, nul part il n’a été démontré que les Français souhaitent cette casse du Code du travail par ordonnance. C’est une question sensible qui nous concerne tous. Quel que soit notre activité, nous sommes tous protégés par le Code du travail. Et qu’il soit volumineux est dû à la jurisprudence qui précise les choses pour que chacun soit bien protégé, car les métiers ont évolués.

 

Je ne suis donc pas pour utiliser les ordonnances, je suis républicain dans la société et jusque dans l’entreprise où je pense que la loi doit toujours défendre la justice, la sécurité et l’égalité.

 

Donc, tant sur le fond que sur la forme, il y a un danger. Mais par le bulletin de vote du mois de juin nous pouvons régler démocratiquement et rapidement cette affaire en donnant une majorité à ceux qui disent non à cela, et disent oui à un projet humaniste et écologiste. C’est le cas de La France Insoumise.

 

 

-

Atlantico : Selon un sondage IFOP pour Atlantico, 46% des Français se considèrent comme des victimes de la mondialisation alors que seuls 21% d’entre eux se considèrent en être les gagnants. Alors que ce thème est largement défendu par le France insoumise, et qu’Emmanuel Macron est régulièrement présenté comme le candidat des gagnants, comment expliquer vous le résultat du suffrage ?

Aléxis Corbière : A nouveau, c’est la Ve république pourrissante qui permet cela. C’est un scrutin qui déforme l’expression du peuple. Au premier tour, porté par des médias qui le présentaient comme la quintessence de la modernité, comme le seul barrage contre le FN, et paré de toutes les vertus, M. Macron est arrivé en tête. Mais de peu de points finalement. Tout cela c’est joué à 600 000 voix sur un corps électoral de 47 millions de personnes. Cette cinquième république attribut ensuite énormément de pouvoirs au vainqueur qui devient pour cinq années une sorte de monarque élu. C’est infantilisant. On a vu d’ailleurs que cette déformation était patente dans l’ancienne représentation nationale. J’ai été frappé de voir que le 23 avril, quand on additionne le PS et Les Républicains on obtient seulement moins de 20% du corps électoral alors que jusque-là ils détenaient 85% de la représentation nationale.

 

Sur la mondialisation de toute façon, je crois que tout le monde est favorable à des échanges entre les êtres humains du monde entier. Depuis que le monde est monde, les êtres humains et les peuples échangent entre eux. Mais quand on parle aujourd’hui de mondialisation, on parle de Traités de libre-échange qui souvent favorisent les économies dominantes et pillent et exploitent les autres. C’est ce déséquilibre dans les relations qui est insupportable. Beaucoup de concitoyens ont compris que c’est un modèle dangereux pour la planète et pour les êtres humains, qui ne vise qu’à se généraliser. Je crois qu’il y a une majorité contre cela et il ne faut pas se laisser abuser par le résultat des élections présidentielles.

 

Je continu à penser que nous avons un président faible sur le plan de sa base sociale, mais hélas devenu fort institutionnellement. Nous vivons dans une démocratie de faible intensité.

 

 

 

-

Atlantico : Marine Le Pen a reconnu avoir fait un mauvais débat d’entre deux tours, et le FN pourrait enregistrer une érosion de son électorat en vue des législatives. Que dites-vous à cet électorat qui a voté Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle ?

Aléxis Corbière : Que le FN a démontré clairement qu’il est un très mauvais opposant face à des libéraux comme M. Macron. C’est le meilleur service que l’on pouvait rendre à Emmanuel Macron que de l’opposer au Front national et à Marine Le Pen. Le vrai adversaire efficace face au projet de M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise.

 

On en a eu la démonstration entre les deux tours, M. Macron ne pouvait gagner que contre Marine le Pen.

 

Premièrement, parce que c’est un programme xénophobe et que ce pays n’est pas xénophobe et ne souhaite pas montrer du doigt nos concitoyens - notamment de confession musulmanes - comme responsable du chômage, de la pauvreté ou même de l’insécurité. Il y en a assez de ces simplifications.

 

On voit aussi qu’elle parle fort mal le discours prétendument social et anti-libéral. Elle vient d’une famille politique d’extrême droite ou l’on se fiche comme d’une guigne des droits des salariés dans une entreprise. C’est d’ailleurs bien ce qui avait de marquant, face à Emmanuel Macron, elle n’avait rien à lui dire puisqu’elle n’a jamais proposé des droits nouveaux pour nos concitoyens tant dans la cité que dans l’entreprise. Alors que nos concitoyens ont soif de justice d’égalité et c’est ça qui peut être majoritaire. Donc le bulletin de vote efficace contre M. Macron, c’est Jean-Luc Mélenchon et ses 560 candidats de La France Insoumise.

 

Pour en savoir plus :

- L'Union de la gauche, c'est l'union pour quoi faire et avec qui ?

- Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 13:00
La nostalgie quand tu nous tiens !

La nostalgie quand tu nous tiens !

Que cachent en réalité les appels à l'union qui viennent du PS, du PCF, ou d'ailleurs ?

 

Depuis que la France Insoumise a commencé à s’affirmer comme la principale –et seule- force d’opposition au candidat puis au président Macron, les appels à l’union de la gauche viennent de toute part. Mais que signifient donc ces appels aussi soudains à l’unité ?

Le parti socialiste, dans la voix de ceux qui n’avaient de mots assez durs contre Jean Luc Mélenchon, y vont sans retenue. Plus d’amour, tu meurs !

De la part du PCF, idem. Les mêmes qui n’en voulaient pas comme candidat déclarent des sentiments inattendus. Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage.

Du coup, le candidat de la France Insoumise ferait par son « intransigeance » la démonstration d’un « sectarisme » coupable. La condamnation de la « France Insoumise », voilà déjà une base d’union entre le PS, le PCF et quelques « éclairés » qui relaient sans retenue ces positions anti-Mélenchon.

« L’argument » de ces partisans de l’union semble être très cohérent. Dans une élection, l’union augmente les chances au contraire de la division. Oui mais, l’union sur quoi, et pour quoi ? Derrière tout cela se pose une autre question de fond. Quelle est la pertinence du clivage gauche-droite réactivé en campagne électorale ?

 

Sources : La Sociale par Jacques Cotta le 23 mai 2017

- La Gauche, mais c’est quoi la gauche ?

Au départ, l’appellation de « gauche » venait simplement d’une position géographique au sein de l’hémicycle. Puis un clivage politique s’est imposé entre conservateurs d’une part –la droite- et progressistes de l’autre –la gauche- attachés à une vision du progrès social, de l’amélioration de vie des travailleurs, avec toutes les nuances que cela comporte. Comme nous l’avons expliqué sur le site « La Sociale » depuis maintenant plusieurs années, comme nous l’avions à l’époque indiqué à Jean Luc Mélenchon et à Marc Dolez lors de leur rupture avec le parti socialiste, comme nous l’avons dessiné Denis Collin et moi-même dans « l’illusion plurielle, pourquoi la gauche n’est plus la gauche » ( « L’illusion plurielle, Pourquoi la gauche n’est plus la gauche », Denis Collin et Jacques Cotta - éditions Jean Claude Lattès - 2001) , comme j’ai tenté de l’actualiser dans « l’imposteur »  (« L’imposteur », Jacques Cotta - éditions Balland - 2014) , le terme de gauche n’a plus aucun sens politique, sinon de brouiller toute compréhension des politiques mises en oeuvre. Et comme le dit fort justement Jean Luc Mélenchon aux accusateurs de la « France Insoumise », ce sont les programmes qui comptent. Force est de constater qu’entre celui des gouvernements successifs du parti socialiste ou des gouvernements de l’UMP, les divergences sur le fond n’occupent pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Les politiques dites de gauche et de droite divergent parfois sur la méthode, le rythme, mais nullement sur le fond. Le capital a toujours été servi au détriment du travail par les uns et par les autres, et c’est dans la continuité que les pouvoirs successifs –dits de gauche ou de droite- ont permis que le capital précisément capte plus de 10% de la valeur créée au détriment des ouvriers, des retraités, des salariés en quelques années.

 

 

- Des appels à l’unité plutôt cocasses, du PS…

Commençons par le parti socialiste, ou certains de ses membres. Les anciens présumés « frondeurs », les Hamonistes, ou encore Gérard Filoche, ont fait du combat anti Mélenchon, au nom de l’unité évidemment, leur spécialité. Cela a commencé durant les présidentielles, Mélenchon étant sommé de se retirer au nom de « l’unité de la gauche » au profit du candidat du PS, Benoît Hamon. Puis cela a continué, Mélenchon étant accusé de la défaite avec 19% des voix alors que Hamon n’en recueillait que 6%. En réalité, que cherchaient donc ces « partisans » de l’unité ? Quel en était la cohérence ?

C’est Jean Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, qui donne la clé, et une fois n’est pas coutume, remet chacun à sa juste place. Il indique ainsi que « Jean Luc Mélenchon qualifie lui-même son programme de révolutionnaire, et ce n’est pas ce qu’il faut pour le pays ». La divergence est donc claire, sans ambiguïté. Elle concerne le programme. Dès lors quelle unité possible entre Cambadélis et la « France Insoumise » ? Aucune, le premier secrétaire du PS plaçant son parti sur une orientation opposée à celle des insoumis. Mais Cambadélis va plus loin. Il veut évidemment un maximum de députés car « les valeurs de justice sociale doivent être défendues ». Cynique, amnésique, ou simplement moqueur ? Il fait mine d’oublier que le nouveau gouvernement sur les questions sociales ne fait qu’emboiter le pas au gouvernement socialiste de Hollande et Valls. D’ailleurs, s’il se veut, pour le symbole, opposé à l’investiture PS pour Manuel Valls dès lors qu’il a celle de la « majorité présidentielle », il est plus embarrassé par le cas de Myriam El Khomri, l’ancienne ministre du travail dont la loi que veut prolonger Macron porte le nom, qui aura à la fois l’investiture PS et celle de la majorité présidentielle. Une passeuse de témoin idéale ! Il exprime d’ailleurs à peine entre les lignes sa position vis à vis du nouveau pouvoir. « Sur les actions régaliennes, nous allons partager son action », dit-il avant de poursuivre « sur le plan économique et social, pas à cette étape ». A la suivante donc. Avant de préciser qu’il ne se situe « ni dans la majorité présidentielle, ni dans son opposition… ».

Les Hamonistes, les frondeurs d’hier, les Filoche et autres qui réclament donc « l’union de la gauche » demeurent dans le parti socialiste. Leur chef demeure Cambadélis, et la ligne que ce dernier dégage est donc celle qu’ils reconnaissent. On voit immédiatement la duplicité, l’absurdité, l’arrivisme contrarié de tous ceux qui font fi du fond pour tenter en fait de ne sauver que leur voiture de fonction.

Gérard Filoche depuis les présidentielles réclame le « front unique », terme qui rappelle une histoire et tradition bien précise. Pour les trotskistes, le front unique a toujours été l’expression d’une double exigence. L’exigence d’unité bien sûr. Mais aussi l’exigence d’indépendance de classe vis à vis de la bourgeoisie, sans quoi l’unité est une arme qui se retourne en son contraire. Le parti socialiste par son programme, sa pratique, et son expérience défend les intérêts de la finance et du capital. Ses objectifs sont opposés aux intérêts des salariés, des ouvriers, des retraités, des jeunes. C’est en cela que l’unité avec le PS n’est envisageable que pour ceux qui aspire à finir aux côtés du pouvoir Macronien nouvellement élu.

 

 

- … Et aussi du PCF

Le parti communiste n’est pas en reste. Si le but premier du parti socialiste dans ses appels à Mélenchon est d’enchaîner au clan majoritaire la « France Insoumise », d’annihiler son indépendance, et donc son pouvoir d’élaboration et d’action, le but du parti communiste est plus terre à terre.

Le PCF sait pertinemment qu’il a dû en passer par la candidature de Mélenchon aux présidentielles uniquement parce que toute autre l’aurait ramené à son état réel, celui d’une organisation en voie de marginalisation bien avancée, de plus en plus réduite à un appareil centralisé autour de sa direction nationale. En acceptant la candidature de la « France Insoumise », la direction du PCF a cédé à une pression importante de militants. Derrière le succès électoral des présidentielles, le PCF voyait la possibilité de récupérer un certain nombre de sièges dès lors que la confusion « France Insoumise » - PCF pouvait être entretenue. Voilà pourquoi la direction du parti communiste a très mal pris la position de la « France Insoumise » exprimée par Mélenchon, le refus de toute combinaison dont le programme serait évacué de fait.

Là encore, amnésie, hypocrisie, ou simplement cynisme ? Les dirigeants du PCF se sont insurgés contre « l’intransigeance et le sectarisme de Mélenchon », ont crié à « la division », ont accusé de préparer « la victoire de la droite », alors que dès janvier 2017 dans la presse, Pierre Laurent donnait la ligne : « il n’y aura pas de candidature unique avec la France Insoumise aux législatives ». ( Rencontre des secrétaires fédéraux du PCF du 4 janvier 2017 et « Humanité » du 11 janvier 2017).   

Ce que ne supportent ni les uns, ni les autres, c’est bien la référence programmatique qui interdit toutes les combinaisons à géométrie variable. Ils préfèrent l’opportunisme de circonstance, prêts à dire une chose et son contraire sans contestation possible. Ainsi dans l’Eure par exemple. Le même qui réclamait une candidature d’unité avec la « France insoumise » est candidat PCF-PS sans aucune gêne. Nul doute qu’à ce rythme, comme l’indiquait fort justement Jean Luc Mélenchon, dès lors que le programme se trouve relégué au rang des accessoires, les « candidatures d’union de la gauche », dont se font les hérauts membres du PS et du PCF, ont pour destinée naturelle la « Macronie » qui déjà en son sein rassemble LR, PS, et se prépare au soutien de ceux qui n’y sont pas encore officiellement mais qui trouveront prétexte –celui de l’extrême droite par exemple- pour faire le pas.

 

 

- Ce que change la France Insoumise

La campagne des présidentielles et des législatives marque une modification sur trois questions fondamentales, exprimée régulièrement par Jean Luc Mélenchon. Trois questions qui précisément sont l’enjeu de cette fumeuse « union de la gauche » qui n’aurait d’autre but que de faire reculer la « France Insoumise ».
 

  • La question de la gauche d’abord.

Elle n’est plus le point de repère à partir duquel se situer. Le point de départ n’est pas l’étiquette, mais le programme. L’union oui, mais il faut alors rompre avec les attaches qui sont contradictoires avec les intentions affichées. Le repère doit être la cohérence du programme. La démocratie, la république, La Sociale, la république sociale… Et l’attitude qui en découle, le respect de la parole donnée, du mandat, du peuple, des militants.

  • La question nationale ensuite.

La tenue des rassemblements de la France Insoumise a permis de se réapproprier les symboles de la république laissés jusque-là dans les mains du Front National. Le drapeau de la révolution française, l’hymne national, qui n’ont rien de contradictoire –contrairement aux accusations lancées par certains gauchistes qui ne comprennent rien à la nation- avec l’Internationale et le poing levé. Le rappel d’une exigence absolue de souveraineté nationale, qui détermine une position claire sur les instances supranationales, l’union européenne par exemple avec la sortie des traités, ou la rupture, en en appelant aux peuples d’Europe dont les intérêts sont liés. La souveraineté qui dicte le refus du Tafta, ou encore la sortie de l’OTAN…
 

  • La question des clivages enfin.

Le clivage n’est pas celui qui opposerait gauche et droite, clivage purement idéologique dans le meilleur des cas, coupé des réalités matérielles. Celui qui nous occupe concerne le peuple d’une part, l’oligarchie ou les élites d’autre part, le travail d’une part, le capital et la finance d’autre part, qu’on trouve tout autant parmi ceux qui se définissent de droite, comme ceux qui se définissent de gauche.

Il est insupportable aux représentants du PS comme du PCF de voir enfin érigé comme principe premier celui du mandat et par voie de conséquence la possibilité de voir tout représentant être révoqué dès lors qu’il a failli à sa parole et à ses engagements. C’est cela aussi que menaçait ouvertement cette fumeuse « union de la gauche » réclamée indépendamment du programme sur lequel se retrouver. La période électorale va s’achever et viendra alors la réflexion nécessaire sur la forme d’organisation plaçant au centre la démocratie et le programme qui permettra d’affronter les combats futurs. C’est pour préserver l’avenir qu’il est fondamental de demeurer fidèle à ses valeurs à tout moment et en toute circonstance.

 

Pour en savoir plus :

- Appel concernant le deuxième tour des présidentielles, contre "le pacte républicain" bâti autour d'Emmanuel Macron - 01/05/17

- Au lendemain du premier tour des présidentielles… - 25/04/17

- A propos de la position du POID sur la question du 1er tour des Présidentielles. - 22/04/17

- Je voterai Mélenchon… - 17/04/17

- La Grèce c'est la France - 23/03/17

- MACRON, L'ombre portée de HOLLANDE... - 21/03/17

- Manifeste pour un XXIe siècle plus heureux - 26/02/17

- Il est temps d’en finir avec l’association de malfaiteurs qu’est l’Union européenne - 17/01/17

- Libre discussion pour l'élection présidentielle de 2017 - 23/12/16

- Le parti socialiste ou l'explosion annoncée et programmée - 20/11/16

- C'est le peuple que nous voulons rassembler, pas les partis !

- Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 20:38
STOP à la confusion !  Pour un vote sans ambiguïté aux législatives

Déclaration des communistes rassemblés dans l'espace politique de la France insoumise

 

Sources : Le journal Catalan.com

-  Par Christian Audoin, Bernard Bandelier, Francis Parny, David Pellicer, Françoise Quainquard

"Alors que la confusion des valeurs s’établit au sommet de l’Etat, les communistes rassemblés dans la France insoumise sont inquiets de la multiplication d’accords aux législatives qui en rajoutent sur le brouillage politique actuel.

 

Le PS, EELV et le PCF successivement dans trois départements, le Jura les Yvelines et la Marne et de façon plus éparpillée dans des circonscriptions diverses en France ont conclu des alliances sans clarté.

 

Ces alliances du type « union de la gauche » ont été condamnées par les électeurs de gauche justement, dès lors qu’ils et elles se sont rendu compte du ralliement de Hollande et de ses gouvernements aux politiques libérales menées par la droite.

 

Ces alliances ne donnent pas non plus de sécurité aux électeurs sur l’attitude à venir de ces candidats puisque nombre de députés socialistes sont déjà passé dans le camp du président et d’autres sont prêts à le rejoindre sitôt élus.

 

Le vote des citoyens et des citoyennes ne peut être confisqué par les politiciens qui s’entendent entre eux pour faire toujours la même politique.

 

Le seul vote non récupérable est celui en faveur de toutes les candidates et de tous les candidats soutenus par la France insoumise.

 

Si les 7 000 000 d’électrices et d’électeurs qui ont soutenu le programme « l’avenir en commun » confirment leur vote aux législatives et invitent celles et ceux qui se sentent floués ou abandonnés par les partis pour lesquels ils ou elles ont voté à faire de même, alors une nouvelle majorité est possible.

 

La seule majorité qui respectera votre vote et ne fera aucun compromis avec le président libéral.

 

Nous appelons au rassemblement le plus large autour de ce vote sans ambiguïté aux élections législatives en faveur des candidates et des candidats soutenus par La France insoumise."

 

Espace politique les communistes insoumis :

Christian Audoin, Bernard Bandelier, Francis Parny, David Pellicer, Françoise Quainquard.

 

STOP à la confusion !  Pour un vote sans ambiguïté aux législatives

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 00:04
Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

La rupture des négociations entre le PCF et la France Insoumise pour les législatives de juin 2017 est consommée à cette heure mais un accord global est encore possible par une volonté strictement politique.

 

Sources : Blog Médiapart par  Camel Mekrez  

-  Le déclenchement des hostilités !

Lors du Référendum sur le Traité pour une Constitution Européenne (TCE) en 2005 proposé par le Président de la République Jacques Chirac, le PCF sous l’impulsion de Marie-George Buffet lança une campagne pour en dénoncer les méfaits et invita, cela est tout à son honneur, les partisans du NON à se joindre à lui et partagea son temps de parole avec Jean-Luc Mélenchon (PS), José Bové, Olivier Besancenot (LCR)… Des dirigeants socialistes, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Manuel Valls, Vincent Peillon.

 

Les partisans du OUI furent l’UMP, l’UDF, le PS et les Verts. Le Non l’emporta avec 54,7% des voix avec une participation de 70%. Constitution européenne : le peuple a bousculé les pronostics... pour lire la suite, c'est  ICI

 

 

C’est à cette occasion qu’à gauche fût mis en lumière le choix stratégique d’une politique anti-libérale pendant que le PS faisait une campagne agressive pour inciter la population à voter OUI au TCE afin de mettre en œuvre une politique ultra-libérale gravée dans le marbre de ce traité.

 

C’est à mon avis à ce moment là que les soutiens au NON au TCE membres et dirigeants du PS auraient dû trancher la question du positionnement de leur parti et le quitter éventuellement en 2005. Ils ne l’ont pas fait. JLM l’a quitté en 2008 après le congrès de Reims.

 

Le PCF n’a pas pris entièrement la mesure que le Parti Socialiste, en se positionnant pour le OUI au TCE, avait définitivement rompu avec l’essence même de ce qu’est une organisation ou un parti politique de gauche et progressiste et n’en a pas tiré les conséquences politiques de son lien historique avec ce dernier et notamment en continuant inlassablement son alliance dans les exécutifs et dans la gestion des Collectivités Territoriales (CT) avec le PS et ce, encore aujourd’hui.

 

C’est pour cela que le PCF est partagé entre continuer à négocier en permanence avec le PS ou au contraire rompre définitivement avec celui-ci lors des élections des Collectivités Territoriales malgré son combat contre la politique du Hollande/Ayrault/Valls au Parlement (Assemblée Nationale et Sénat où il fait un grand travail de résistance depuis 2012) et ainsi reconstruire une force autonome et indépendante vis à vis de ce dernier (le PS) et s’engager pleinement dans le FDG et maintenant la France Insoumise ! On retrouve cette même problématique entre EELV et le Parti Socialiste.

 

 

-  Aujourd’hui, le PCF tergiverse encore entre trouver des accords avec EELV et le PS et s’engager pleinement dans la dynamique de la FI et le score historique de 19,58% de JLM.

Le PCF avance comme argument principal l’obligation de signer la charte de la FI pour trouver un accord aux élections législatives de juin 2017. Cet argument n’est pas recevable ! Pourquoi ?

 

Les propres statuts du PCF stipulent :

« article 20. Les élu-e-s : Les élu-e-s communistes se regroupent, avec d’autres élu-e-s qui le souhaitent, dans l’Association nationale des élu-e-s communistes et républicains (ANECR). (…) La coopération et l’échange régulier entre les élu-e-s communistes et les différentes instances du Parti à tous les niveaux - dans le respect du rôle de chacun-e - contribuent à enrichir la réflexion, les propositions et l’efficacité des uns et des autres ».

 

Par ailleurs, les statuts de l'ANECR précisent :

« Article 4 : définir et mettre en œuvre des initiatives propres des élu-e-s qui en s’inspirant des valeurs de gauche et de l’apport de chacune et de chacun-e de ses adhérent-e-s contribuent à faire prévaloir des avancées libératrices et à changer la société. Des initiatives qui se nourrissent des travaux du Parti communiste français ».

 

Par ailleurs, une charte a bien été accepté par tous les candidats à l’élection régionale de 2015 en Occitanie y compris par ceux du PCF ! Alors ?

 

Pour ce qui concerne les versements financiers de l’État ? Là encore l’argument est irrecevable car la charte de la FI avance : « se rattacher à l’association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d’accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public » !

 

Alors, il existe bien un désaccord entre le PCF et la FI mais il est d’ordre strictement politique. Le PCF est porteur de son programme « La France en Commun » tandis que la FI celui de « L’Avenir en Commun et ses Livrets Thématiques ».

 

 

-  Comment résoudre cette problématique ?

Dans un premier temps, les candidatures potentielles du PCF et d’Ensemble ! peuvent intégrer la FI et signer la charte et ainsi peuvent être candidat(e)s aux législatives de juin 2017. Un accord national pourrait être trouvé sur les proportions par organisations respectives. Par exemple : 60% FI (348 candidats), 30% PCF (174 candidats), 10% Ensemble ! (58 candidats). Dans le Gard, 3 titulaires et 4 suppléant(e)s FI, 2 titulaires et 1 suppléant(e)s PCF, 1 titulaires et 1 suppléant(e)s Ensemble !.

 

Dans un deuxième temps, après les législatives, un groupe de travail pourrait être constitué comprenant les commissions thématiques de la FI, du PG, du PCF et d’Ensemble ! afin de mettre en accord les programmes respectifs de chaque organisation politique et notamment la thématique économique (Traités Européens, Union Européenne, BCE, Zone Euro, fiscalité, salaires, contributions et cotisations sociales...) celle de la stratégie politique, notamment les relations avec les autres organisations et partis politiques (PS, EELV, PRG,...) et les alliances de gestion dans les Collectivités Territoriales et lors des prochaines élections de celles-ci.

 

Dans un troisième temps, un socle programmatique européen avec comme critère le Plan A Plan B pourrait être constitué lors d’une conférence le jour anniversaire du Traité de Lisbonne afin de contester sa mise en application et proposer une alternative de coopération interne à une nouvelle construction européenne et coopération externe avec les continents africains et asiatiques et aussi l’Amérique du Sud.

 

Il est indispensable que la volonté politique de construction d’une réelle alternative aux politiques suivies par les Gouvernements et Présidents de la République depuis des décennies et notamment entre 2012 et 2017 (Hollande/Ayrault/Valls) l’emporte sur les tergiversations et incompréhensions successives de la part des organisations, partis politiques et personnalités qui se sont engagés pour lutter contre la mise en application du Traité de Lisbonne et sa genèse qu’est le TCE.

 

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-  C'est pour éviter ce genre de " tambouille " que la France insoumise voulait un accord national et la signature d'une " charte "

  • chaque jour dans les luttes nous avons combattu la politique du PS et du 1er d'entre eux, François Hollande ;
  • durant la campagne du 1er tour des élections présidentielles, avec l'Avenir en Commun et la France Insoumise, nous nous sommes opposés à leur candidats Macron et Hamon

 

Pour en arriver là ? Pour lire la suite, c'est  ICI

Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

 

-  C'est pour permettre ce genre de " tambouille " que Pierre Laurent son secrétaire national du PCF déclarait le 4 janvier 2017

 

«  il n’a jamais été question d’accord pour les législatives avec France insoumise, et il n’y en aura pas. Ce qui est primordial aujourd’hui pour les communistes, c’est d’apparaître nationalement dans toutes les circonscriptions. […] Il faut aller à la bataille dans un esprit constructif, en appelant à voter Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et pour les candidats soutenus par les communistes aux législatives.  »

Ci-dessus : extrait du bulletin "Communistes" du 11 janvier 2017) - Ce bulletin est publié chaque semaine en supplément du quotidien "L’Humanité", voire aussi ICI

 

Cet article dont la grande majorité des adhérents du PCF ignorent l'existence, (puisque non lecteurs ou lecteurs partiels de l'Humanité.. et non relayé par les cadres du PCF opposés au au vote des adhérents)  ne laisse aucun doute sur la volonté réelle des dirigeants du PCF.

 

 

- Alors pourquoi avoir fait mine de vouloir négocier, ces derniers jours, avec La France Insoumise ?

En faisant des propositions évidemment inacceptables et en rejetant les propositions de la France insoumise qui s’engageait à ne pas présenter de candidats face aux 7 députés PCF sortants et à laisser la place, dans nombres de circonscriptions, rendant de ce fait tout à fait possible, au minimum, le doublement des députés PCF quel jeu ont joué des dirigeants de ce parti ?

 

Et comment peuvent-ils se présenter comme les unitaires face au "diviseur" Mélenchon ?

 

Tout cela n’est pas raisonnable et fait plutôt penser à des petits calculs boutiquiers qui, au final, pourraient bien entraîner l’effacement de l’Assemblée Nationale de ce qui fut "le grand parti des travailleurs", le parti de la Résistance et des fusillés !

 

Il faut espérer que les militants communistes pour la plupart sincères et toujours aux premiers rangs des luttes vont en glisser deux mots à ceux qui mène leur parti au suicide collectif ?

Vite !

Pourquoi l’accord législative entre la FI, le PCF, Ensemble ! n’est pas possible aujourd’hui ?

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 09:56
Macron-Le Pen, le piège avait savamment été organisé…

8 français sur 10 n'ont pas voté pour Macron[2]

 

Ces élections présidentielles sont conformes à la volonté de l’oligarchie politico médiatique qui a tout fait pour que le deuxième tour soit celui qui aura lieu le 7 mai. Macron-Le Pen, une affiche qui devrait consacrer le candidat du Cac40, des banques, des médias et de l’union européenne devant lequel il faudrait se prosterner au risque d’être taxés de lepénistes ou de fascistes. Toute résistance, tout refus serait un soutien direct au FN.

Les partisans de Macron vont d’injonction en injonction, accusant de diviseurs tous ceux qui ne veulent se résoudre à donner leur voix au porteur officiel du programme de régression sociale de l’union européenne.

Division ? Mais qui a organisé ce stratagème incroyable qui repose sur une 5ème république moribonde dont le caractère anti démocratique éclate au grand jour dans cette élection présidentielle, voulant contraindre de choisir entre deux candidats qui ne représentent même pas ensemble 40% du corps électoral.

 

Sources : La Sociale par Jacques Cotta

- La division, c’est le PS et la gauche bien-pensante qui l’ont organisée.

Ils n’ont de cesse d’injurier sur les « réseaux sociaux » tous ceux qui non seulement ne voteront pas Macron, mais qui même s’ils votent pour lui refusent de faire ses louanges. Après les responsables socialistes, députés, ministres, élus, après l’ancien premier ministre Valls, après Hollande lui-même, mais aussi après les Juppé, Fillon, Raffarin ou autres Madelin, après les caciques du PS ou de LR, il faudrait à tout prix dire « je vote Macron et plus, j'aime Macron ». Mais que cherchent-ils donc ? Une victoire ? Non pas seulement. Ce qui compte à leurs yeux, c’est un plébiscite pour permettre au candidat une fois élu d’appliquer sans contestation aucune le programme terrible qu’il aura évité de développer devant les français. Remise en cause toujours plus de la sécurité sociale, remise en cause aussi des retraites, remise en cause du code du travail jusqu’au bout, ubérisation de toute la société, soumission aux directives de l’union européenne, négation de ce qui reste de notre souveraineté… C’est pour tout cela entre-autres que Macron et son entourage –« gauche » et « droite » d’hier réunis- ne veulent pas qu’une seule voix ne manque. Et c’est précisément pour cela que la grande majorité des insoumis, mais aussi d’autres votants du premier tour, refuseront de se rendre aux urnes pour le second.

La division pouvait être déjouée sans difficulté. Il suffisait à ceux qui clament « vive Macron » aujourd’hui, à ceux qui proposent de « voter pour lui au deuxième tour pour le combattre ensuite », à ceux qui suggèrent de mettre toute réticence de côté car « l’ennemi, c’est Le Pen », bref il suffisait à tous ceux-là d’appeler à voter Mélenchon au premier tour pour avoir le choix au second. Voir aujourd’hui ceux-là même qui portent cette responsabilité vouloir faire la morale est à la fois pathétique et un peu énervant. Ils ont tout fait pour que le scénario soit celui-là. Monsieur Urvoas du parti socialiste, en substituant « l’équité » à « l’égalité » a interdit à Jean Luc Mélenchon, le seul à avoir fait reculer Marine Le Pen, d’être au deuxième tour. 600 000 voix manquaient. A temps d’antenne égal, Mélenchon battait Marine Le Pen ( Voir l’article de Marianne « A temps de parole égal, le deuxième tour aurait opposé Mélenchon à Fillon ». Chaque minute de parole a rapporté 668 voix au candidat de la France Insoumise, 558 à Emmanuel Macron, 517 à Marine Le Pen. Mais du 1er février au 21 avril, Mélenchon a bénéficié de 176 heures et 2 minutes de télé ou radio, Macron 245 heures et 13 minutes soit +56% et Marine Le Pen 247 heures et 22 minutes soit +58%[
1]). 


La presse écrite dans son ensemble qui a consacré plus de 8000 articles à Macron de Janvier 2015 à janvier 2017, dont les plus en vue ont troqué leur carte de presse contre celle de la morale et de la bien-pensance. Tout ce beau monde fait écho au plan machiavélique de François Hollande dont Macron a été un temps le plan B. Mais la popularité du chef de l’état en a fait son plan A, son ombre portée, son double. Ils osent tous faire la leçon alors qu’ils ont travaillé de longue date à ce scénario catastrophe. Les Poutou, Arthaud, ou autre Hamon avec des candidatures de témoignage, leur quart d’heure de gloire à la télévision, feraient mieux eux aussi de garder le silence. Tous ont chacun à leur façon organisé la division et portent donc l’entière responsabilité d’un deuxième tour de dupes, car sur le fond Macron et Le Pen ne sont pas loin l’un de l’autre.

 

 

- Un programme commun Macron Le Pen

Argument choc, il s’agirait de voter Macron car il incarnerait face à Le Pen « le moindre mal ». Mais sur le fond, Macron et Le Pen ont des positions communes, identiques. Et pour cause. Sur toutes les questions, les propositions du FN sont favorables à la finance et aux banques ; Par exemple :

  •  Le FN est partisan de la mise en coupe réglée du mouvement syndical indépendant, partisan de l’amputation du code du travail, de négociations par branches et par entreprises en lieu et place de la loi au niveau national… Comme Macron.
  • Démagogie aidant, le FN propose l’augmentation des salaires des ouvriers (salaire net) sans augmenter le salaire versé par les patrons mais en baissant les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut. Donc, comme tous les autres candidats du « système », Le Pen propose la baisse du salaire différé, c'est-à-dire la remise en cause de la Sécurité sociale… Comme Macron.

 

Voilà pourquoi les macronistes ne disent mot du fond de la question. Le Pen et Macron sont chacun à leur manière exactement sur les mêmes objectifs. 

  • Alors que Macron vante « l’esprit entrepreneurial » et l’ambition de « devenir millionnaire », Le Pen vise à opposer les faibles aux plus faibles qu’eux pour permettre au système de perdurer. Les immigrés et la xénophobie de Le Pen trouvent là leur raison d’être. 
  • Alors que Macron annonce la couleur en renforçant la soumission de la France à l’Union Européenne, la souveraineté nationale de Le Pen a bon dos. Le FN est déjà revenu sur « la rupture avec l’UE » dont les institutions sont prêtes à avoir à son égard la même bienveillance qu’à l’égard d’Orban en Hongrie ou du PIS polonais.

 

Les macronistes privilégient l’invective contre Mélenchon et la France Insoumise à la discussion sérieuse car Marine Le Pen et Emmanuel Macron divergent sur l’emballage, mais renferment sur le fond le même contenu au compte du capital et au détriment du travail. L’un et l’autre servent les mêmes maitres. Aussi critiquer Le Pen sur le fond revient à critiquer Macron sur les mêmes questions. Voilà pourquoi Macron n’en dit mot. L’histoire de la peste et du choléra… Voilà pourquoi les deux sont affligeants, d’autant plus affligeants qu’ils sont confrontés l’un à l’autre, comme dans le débat de l’entre-deux tour, qui fait l’unanimité sur sa nullité.

 

Ainsi, on aurait tendance à croire que 65% des français ont voté pour Emmanuel Macron, un score non négligeable. Sauf que c’est faux. [2]

Ainsi, on aurait tendance à croire que 65% des français ont voté pour Emmanuel Macron, un score non négligeable. Sauf que c’est faux. [2]

- Un moindre mal ? Non, un mal absolu

Que signifie dans les faits la ligne Macron ? La soumission à l’union européenne dans laquelle s’inscrit la politique de Macron a une histoire. Comme l’indique à juste titre Raoul Marc Jennar, « jamais il n'a été possible de revenir sur une avancée néo-libérale depuis 1983. Jamais, il n'a été possible de revenir sur un traité européen ». Lorsque le peuple français a décidé de mettre un coup d’arrêt à cette politique d’abandon de souveraineté en votant Non au référendum européen de 2005, unis, PS et LR (à l’époque UMP) ont décidé un terrible déni de démocratie en trahissant le vote français et en adoptant en 2007 au congrès le texte qui deux ans plus tôt avait été rejeté. Les directives européennes s’imposent. Tous critiquent par exemple la directive sur les travailleurs détachés qui organise la concurrence déloyale entre travailleurs de différents pays de l'UE, sans pour autant que celle-ci n’ait été révisée . Aucune mesure anti sociale initiée par l'Union européenne n'a pu être contrariée.


Comme l’indique Jennar : « A-t-il été possible de revenir sur les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne dont certains membres détiennent tout à la fois du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ? Jamais. A-t-il été possible de modifier les décisions européennes une fois qu'elles ont été intégrées dans le droit national ? Jamais. A-t-il été possible d'empêcher les opérations successives de démantèlement du droit du travail ? A-t-il été possible de revenir sur les reculades successives du régime des retraites ? ».
La position de Macron affirmant qu’ « il ne cédera rien » nous ramène aux années 80 dans la lignée de Margareth Thatcher ou de Ronald Reagan. Fort du soutien de l’oligarchie médiatico-politico-financière, c’est par ordonnance qu’il décidera de mettre en place les mesures dont il se réclame et qui en organisant la dislocation et la paupérisation du peuple français, la démoralisation et le désespoir de couches de plus en plus importantes, préparera l’avènement futur de Le Pen qu’il qualifie pourtant pour l’occasion de mal total.

 

 

- L’argument du fascisme

L’argument ultime qui devrait faire accepter le programme de liquidation de Macron est celui du fascisme. Si en effet le danger fasciste menaçait avec Le Pen, il n’y aurait pas d’hésitation possible. Le vote Macron, comme le vote pour n’importe quel autre candidat se réclamant de la démocratie, s’imposerait pour sauver les libertés démocratiques, éviter la dictature. Encore faudrait-il pour être efficace que la politique suivie ne féconde pas à nouveau et avec force le ventre d’où sort la bête immonde. Que la rupture des solidarités et des protections, que la liquidation du bien commun ne jettent pas plus encore dans les bras du FN des bataillons de démoralisés.

Mais le caractère réel du FN assez rebutant tel quel nécessite-il d’en rajouter avec une caractérisation de fascisme pour le moins discutable.

Le fascisme est une forme de domination du capital qui dans une situation extrême a besoin de détruire physiquement les organisations ouvrières, les syndicats, les associations, les partis, les militants. Lorsque la bourgeoisie ne parvient plus à désamorcer les contradictions explosives de la société, ce sont les bandes armées qui doivent assurer l’essentiel, la centralisation du pouvoir d’état, la destruction des conquêtes ouvrières, la liquidation des organisations ouvrières et démocratiques, l’anéantissement des syndicats, des associations, des partis. Pour exister, pour durer, pour remplir son rôle, un mouvement fasciste doit de plus obtenir le soutien actif d’une partie significative du capital. Il lui faut avant de prendre le pouvoir avoir fait la preuve de l’efficacité de ses bandes armées, de ses milices organisées. Il faut à un mouvement fasciste avoir testé son efficacité dans des épreuves de force contre le monde salarié, contre le monde ouvrier.


Aujourd’hui, la bourgeoisie se trouve fort bien servie par les Hollande et consorts, par le PS ou les LR. Et dans les manifestations du premier mai, ce ne sont pas les chemises brunes qui dominent. Ce constat ne rend pas le FN plus agréable. Son idéologie demeure nauséabonde et la vie dans les villes qu’il dirige des plus inconfortable. Mais cela n’en fait pas pour autant un parti fasciste.

Ce n’est évidemment pas sur une analyse sérieuse que les macronistes qualifient de fasciste le front national. Il s’appuie sur des questions sociétales, sur son racisme, sur sa xénophobie. Mais cela ne fait pas un parti fasciste. Ou alors il faut élargir la liste aux LR, à Fillon, à la manif pour tous, à tout ce qui est particulièrement réactionnaire sur la question des différences, de la vie commune, des mœurs. Non, le front national n’a pas besoin d’être qualifié de fasciste pour être rejeté. Il est un parti semblable au PIS polonais, et madame Le Pen est plus proche du hongrois Orban que de Mussolini. Une fois encore, cela suffit pour un rejet franc et massif. Nul besoin d’en rajouter pour les besoins de la cause.

 

 

- Une seule conclusion

Les diviseurs, les responsables de la situation sont donc clairement ceux-là mêmes qui accusent à longueur de colonnes ou de messages les citoyens qui refusent la politique ultra libérale que veut imposer Macron.


Quel que soit le résultat du deuxième tour, la crise politique, conséquence des institutions anti démocratiques de la 5ème république, va prendre un nouvel élan. C’est cela qui compte. Les élections législatives censées donner une majorité au parlement risquent fort de mener le système à une impasse. D’autant que la décision de ne voter ni pour l’un, ni pour l’autre au deuxième tour est combattante, dans la perspective de concrétiser aux législatives le rejet du système et de ses candidats, Macron et Le Pen, en votant notamment pour les candidats de la France Insoumise.


En attendant donc, sur le simple terrain électoral, Marine Le Pen dont le programme veut opposer les faibles aux plus faibles pour assurer les intérêts du capital ne peut trouver aucun appui de quiconque est attaché aux intérêts du plus grand nombre, des travailleurs, des retraités, des jeunes. Emmanuel Macron, s’il est élu, veut gouverner tout de suite par ordonnance pour faire passer le plus vite possible ses mesures de misère sociale en comptant sur l’anesthésie estivale des français. Il sera sans doute élu. Il veut un plébiscite, et donc que pas une voix ne manque.

 

C’est précisément pourquoi son score, le plus étriqué possible, avec un nombre de bulletins blancs ou d’abstentions le plus élevé possible, pourrait être une première réponse au programme qu’il se propose de mettre en œuvre.

 

Note :

[1] Présidentielle : à temps de parole égal, le second tour aurait pu opposer... Mélenchon à Macron

[2] 8 français sur 10 n’ont pas voté pour Macron: Une autre analyse des résultats

 

Pour en savoir plus :

- Législatives : finalement, Valls pourra être investi par En Marche! sans quitter le PS

- Législatives: Macron renonce à exiger de ses candidats qu’ils quittent leur parti

- Le PS passe à la trappe plusieurs propositions phares de Benoît Hamon dans sa "plateforme législative"

- 100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

Retour historique

HITLER créature du Capital

 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 21:03
100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)
100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

Nombre d'entre vous l'ont compris le 24 avril en se réveillant avec la gueule de bois.... trop tard !

L'objectif de tout ce petit monde était de faire gagner Macron, la vraie ligne libérale du PS, Hamon était là pour pomper les voix de Melenchon et l'empêcher d'accéder au 2eme tour, ce qui amène à affirmer, aujourd'hui, que " Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste[1] " !

 

Sources : Le blog de Frico racing par frico-racing le 03 mars 2017 | mis à jour le 11/11/2020

Comme tous les PS d'Europe pour la plupart moribonds, le parti Socialiste Français est en crise, le rejet des peuples de "gauche" pour ces partis est historique. En France la candidature Hamon exacerbe un peu plus leurs contradictions. Ne nous y trompons pas, leur objectif est de sauvegarder, dans ce naufrage, la survie de l'appareil et leurs sièges d’élus, mais aussi leurs revenus en empêchant une poussée de la gauche dite radicale incarnée par Mélenchon et les communistes notamment. A l'image de la droite, certains parlent même de changer le nom de leur parti : En fait "Changer pour que rien ne change"...Sauver les apparences mais conserver sur le fond l’essentiel de leur raison d’être...Ne pas remettre en cause le système en empêchant tout changement de société.

 

La trahison est une constante de la sociale-démocratie et des partis socialiste partout dans le monde...

100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

Liste non exhaustive des trahisons socialistes :

 

- 1914-1918 où, Jaurès à peine enterré, quand, dans tous les pays concernés, ils ont voté les crédits de guerre alors qu’ils avaient dits le contraire...Et ont en plus saboté la grève internationale (contre la guerre)... C’est une des raisons de la scission entre Communistes, (troisième internationale) et Socialistes (deuxième internationale). En France, cette scission après la grande "boucherie" eu lieu au congrès de Tour en 1920, avec la naissance du PCF (majoritaire) et maintien de la SFIO (socialiste minoritaire).

- Après la défaite de l’Allemagne en 1918, la dynastie impériale des Hohenzollern a été démmissionnée et remplacée par la République de Weimar. Les socialistes, une fois au pouvoir en Allemagne en profitèrent pour laisser assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg qui à limage de l'URSS prônaient une vraie révolution, en cela ils contribuèrent à l'accession du nazisme en Allemagne et ce qu'il s'en suivi. 

 

  • 1936 : c'est l’abandon par le gouvernement de Léon Blum, de l'Espagne républicaine à Franco, soutenu par Hitler et Mussolini, (la non intervention)... ;
  • 1938 : c'est la signature de Munich, puis Pétain, à qui ils accordent, pour une partie d'entre eux les pleins pouvoirs, en votant la déchéance des députés communistes, ce qui conduira à leur emprisonnement puis à leur "livraison" aux nazis ;
  • 1946/47 : les grèves et le mécontentement se développent, c'est le socialiste Jules Moch, qui fait tirer à balles réelles sur les grévistes...A la même époque, les socialistes européens "travaillent" parallèlement avec le patronat et la CIA à organiser des scissions dans les syndicats dits "révolutionnaires" (CGT en tête), ce qui donnera la création de FO en France...Dans le même sens ils cautionnent le limogeage des ministres communistes,  (Belgique, France, Italie, etc...) ;
  • 1956 : François Mitterrand (pas encore "socialiste) mène une belle carrière ministérielle, il sera 8 fois ministre...Au moment de la guerre d'Algérie, ministre de l'intérieur sous la présidence de Pierre Mendès-France, puis ministre Garde des Sceaux ministre d'État sous Guy Mollet ou il fut solidaire de l'envoi du contingent en Algérie le 23 mai 1956 ;
  • 1958 : Suite au coup d'état de De Gaulle et sa 5ém République, les communistes vote contre, la moitié des socialistes votent pour, avec la droite ;
  • 1964 : Comme Mitterand allait le faire avec la SFIO, Eugène Déchamps transforme la CFTC vieillissante en CFDT (future courroie de transmission du PS) ;
  • 1965/1968/1969 :  A l'issue de la présidentielle de 1965, François Mitterrand apparaîssait comme le leader possible de la gauche...Mais les socialistes sont très divisés : il y a la SFIO de Guy Mollet et de Gaston Deferre, le PSU plutôt gauchiste de Rocard, la Convention des Institutions Républicaines de Mitterrand, ainsi qu'une multitude de clubs. Mitterrand était arrivé second de l'élection présidentielle de 1965. Mais son attitude après 1968 l'avait empêché de se présenter aux élections présidentielles de 1969. A cette élection, la gauche avait présenté plusieurs candidats dont Gastion Deferre, socialiste de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière, c'est-à-dire les socialistes) qui a réalisé un score catastrophique de 5%. Seul le candidat communiste Jacques Duclos s'en sortait avec les honneurs en obtenant 21% des voix ;
  • En juillet 1969 : un premier regroupement s'opère entre différents clubs et la SFIO qui change de nom et devient le parti socialiste avec à sa tête Alain Savary en remplacement de Guy Mollet. Mais le processus final de regroupement a lieu à Epinay en 1971, quand  François Mitterrand se rend au congrès du parti socialiste, (il n'en est pas membre) mais il y fait une OPA... C'est dans ces conditions que le 16 juin 1971, François Mitterrand prend la direction du Parti Socialiste avec 43 926 voix contre 41 757 pour Alain Savary. Les socialistes sont désormais unis autour d'un dirigeant "charismatique" prêt à prendre le pouvoir. Reste, pour y parvenir, à conclure une alliance avec les communistes ;
  • En 1970/1971 : Georges Marchais accède au poste de secrétaire général du parti communiste. L'année suivante, les communistes publient un programme de gouvernement qui doit servir de base de travail pour établir un programme commun avec les socialistes ;
  • 1972 : La naissance de l'Union de la gauche, le 27 juin 1972, est un épisode important de l'histoire des gauches et de la vie politique. Le parti socialiste et le parti communiste (majoritaire) adoptent alors un "programme commun de gouvernement". Les radicaux de gauche (MRG à partir de 1973) contresignent le 12 juillet...A la "finance" et aux américains qui s'inquiètent de cette alliance avec les communistes, F Mitterand les rassure en leur disant que c'est pour ramener le PC à 15%...(objectif plus qu'atteint depuis !)  ;
  • 1977 : les reculs socialistes quant aux projets d'application du programme amènent le PCF à conditionner le maintien de sa participation à une application effective des engagements communs. Les négociations s'engagent après les municipales ou la gauche a progressé. Le Parti communiste demande les nationalisations prévues et une augmentation du pouvoir des syndicats dans les entreprises nationalisées. Le PS refuse...C'est la rupture des négociations dans la nuit du 22 au 23 septembre 1977 entrainant celle du programme commun, qui explique la constitution de listes séparées au premier tour des élections de 1978. Malgré un "rabibochage" des trois partis entre les deux tours des législatives de 1978, la droite garde la majorité à l'Assemblée nationale. Pour la première fois le Parti socialiste obtient un score supérieur à celui du Parti communiste, ce qui a pu être interprété comme une validation à moyen terme de la "stratégie" de François Mitterrand ;
  • 1981 : avec la victoire de l'union de la gauche et l'arrivée au Pouvoir François Mitterrand certaines des grandes réformes promises furent mises en oeuvre...(l’augmentation du smic de 10 %, des allocations familiales et logement de 25 %, handicapés de 20 %, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux sur le droit du travail, loi Roudy sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, l’abrogation de la peine de mort, etc...Sur le plan économique, l’ensemble du secteur bancaire fut nationalisé ce qui devait logiquement permettre au Pouvoir de réorienter sa politique au service du Pays et de ses concitoyens ;
  • 1982 ; l'embellie n'aura durée qu'un an, en juin 1982, au congrès de la CGT qui se réuni à Lille (dont il est Maire), le premier ministre Pierre Mauroy, à la stupéfaction générale et sous les sifflets annonce "un plan de rigueur"...Ce tournant de la "rigueur" fut le signal du renoncement socialiste à poursuivre une véritable politique de Gauche et le signe annonciateur d’un changement de cap profond par l’alignement de la social-démocratie sur l'Europe et  l'économie de marché, non plus administrée, mais totalement livrée à la finance internationale (le libéralisme)... ;
  • 1984 : départ des ministres communistes...Ces derniers quittent le gouvernement pour n'avoir pu infléchir la politique d'austérité adoptée par le gouvernement Mauroy (voir ci dessus)...Dans la foulée craignant que la droite reprenne quelque vigueur, François Mitterrand voit la mise en avant du Front National comme un "grain de sable" à exploiter contre le RPR et l’UDF. « Pousser le Front National sur le devant de la scène pour rendre la droite inéligible, c’est une chance historique pour les socialistes ! ». Mais le grain de sable s’est aussi glissé dans les machiavéliques rouages mitterrandistes qui dérangeaient tant Roland Dumas, (vidéo ci dessous)...C’est la chance historique des socialistes ». Apparemment l'argument tient toujours l Le monstre façonné patiemment par le "stratège" PS, n’est pas retourné à la poussière sa mission terminée, il s’est fortifié, structuré et s’est émancipé sur le terreau des difficultés quotidiennes des Français ballottés de gauche à droite depuis plus de 35 ans, au gré des promesses non tenues, des désillusions et du désespoir ambiant...En cela le PS ne peut être "un barrage contre le FN, puisqu'il en est "le promoteur" historique !
     

 

  • 1986 : le gouvernement socialiste signait l’acte unique européen, qui allait être l’acte définitif de la construction d’une Europe libérale, qui préfigurait le traité de L’Union Européenne signé à  Maastricht le 7 février 1992 et pour lequel François Mitterrand s’était profondément investi... En définitive François Mitterrand avait choisi son camp, au nom du pragmatisme et du réalisme économique une France acquise au libre échange et à la finance qui allait devenir quelques années plus tard une économie mondialisée, sans garde fou et livrant notre Pays à la libre concurrence quel qu’en soit le prix à payer ;
  • 1992 : avec le soutien socialiste, le traité de Maastricht a été adopté de justesse avec 51% des votes pour. Depuis, on nous a demandé notre avis sur un autre traité européen : le traité établissant une Constitution pour l'Europe (TECE), en 2005. À l'époque, nous avions dit non à 55% par référendum mais le traité a finalement été ratifié par le Congrès en 2008 : il est devenu le traité de Lisbonne (également soutenu par le PS) ;
  • 2002 : avec un programme de droite, (Il avait notamment déclaré, "mon  programme n'est pas socialiste !")...Lionel Jospin candidat du PS est "sorti" dès le 1er tour de l'élection présidentielle, laissant Le Pen Chirac face à face !... ;
  • 2012/2016 : Cinq ans après le discours du Bourget, ("mon ennemi c'est la finance"), les électeurs proches du Parti socialiste ont présenté l’addition à Manuel Valls. Les guerres, Afrique, Libye, Syrie, La loi travail, le 49-3, (à 6 reprises), la déchéance de nationalité, les cadeaux mirifiques au patronat (sans contre partie)…François Hollande avait de bonnes raisons de fuir un vote sanction. L’ex-premier ministre espérait pourtant faire disparaître le passif du quinquennat derrière les masques de son expérience et de son autorité. Échec et un mat...

 

 

- Ne faisons pas table rase du passé :

  • 2017 : La candidature de Benoît HAMON est une véritable ARNAQUE ! Du même type que celle de HOLLANDE en 2012 !... Aux naïfs de gauche qui donneraient la moindre sincérité à HAMON dans son discours de « gôche », je suggère ceci : si vous souffrez des mêmes handicaps que les poissons rouges, si vous avez une tendance à oublier ce qui a été dit et fait hier et avant-hier, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire en étudiant, non pas seulement ses paroles, mais ses actes depuis des années. Étudiez par exemple ses votes à l’Assemblée Nationale depuis cinq ans, notamment ceux sur les textes les plus odieux, les plus régressif… Voyez qui il a soutenu dans les choix qui ont sali notre pays et dévasté nos acquis sociaux. Observez son courage politique quand il a préféré si souvent s’abstenir ou jouer les “frondeurs” de pacotille... En cela croire qu'on "pourrait ramener le PS à gauche", comme le défend le PCF depuis 35 ans est une tromperie, qui conduit d'ailleurs celui ci à sa perte et à la déshérence de ses militants et de son électorat !

 

- HAMON n’a qu’un objectif : mystifier une fois de plus un nombre suffisant d’électeurs de « gauche », faire en sorte que ceux-ci ne votent pas cette fois pour MÉLENCHON...

- HAMON a exprimé en 2012 son rôle : constituer un pilier gauche pour le PS en vue d’éviter une fuite des électeurs vers MÉLENCHON. “On assure à Hollande le flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon” a-t-il dit au Figaro dès 2012 !

 

"Le moindre mal c’est le mal en sursis"...En effet, voter pour le moindre mal, c'est aussi voter pour le mal. Plus jamais le PS, non je ne voterai pas Hamon, (et ses alliés), j’ai la conviction profonde que rien de nouveau ne repoussera sur les résidus d’une pseudo gauche dévoyée et corrompue...Terminé le coup de nous faire avaler n’importe quel glissement vers le pire pour éviter le pire. Car à ce petit jeu de dérive permanente, on finira par vous expliquer un jour qu’il vaut mieux la blonde que le père ! ...

 

Si on fait abstraction de la " nazillonne " : Méfiez vous et prévenez vos amis... Parmi les 4 autres candidats dont le nom se termine par "ON", il y a 3 pièges à CONS...

 

Melenchon sinon rien et aux 2 tours et aucune alliance avec le PS (et ses alliés) aux législative !

 

PS : Comme le dit JL MÉLENCHON : “ Si vous abandonnez vos convictions dans le bureau de vote, ne vous étonnez pas ensuite de ne plus les retrouver à la sortie ! ” On vote pour ses convictions, pas pour le moindre mal.


 

 

- La trahison de trop ? Dans le livre " un Président ne devrait pas dire ça[2", F. Hollande annonce clairement qu'il a fondé "en Marche", le mouvement d'E. Macron. Édifiant !

 

100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

Note :

[1] Le Macronisme, la maladie infantile du Parti Socialiste

[2] Sous-titré Les secrets d'un quinquennat, " Un président ne devrait pas dire ça... " est un livre des journalistes d'investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié le 12 octobre 2016 par les éditions Stock, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la majorité du moment, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

 

Pour en savoir plus :

- Solfériniens : le PS et le PRG en actes !

- 35 ans de promesses d'Europe sociale en bref

- Hamon ? Ha non ! Il ne veut même plus abroger la loi El Khomri (video)

- Le PS place la gauche de la gauche sous surveillance

- Présidentielle. Hollande craint un second tour Mélenchon-Le Pen 

- Macron-Le Pen, le piège avait savamment été organisé…

- Emmanuel Maurel : « Ce n’est pas un départ du PS, c’est une scission »

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:48
Sud-Ouest du 24 avril 2017

Sud-Ouest du 24 avril 2017

24,33% à La Rochelle ; 22,16% à Nieul-sur-Mer ; 20,91% à Perigny ; 22,81% à Puilboreau ; 20,65% à Saint-Xandre ; 22,73% à Esnandes...

 

Sources : Rue du Blogule rouge insoumis par Patrick Job

- Au vu des résultats électoraux nationaux, la déception était grande hier soir parmi les 444 000 insoumis français.

Car malheureusement, il a manqué des voix pour que Jean-Luc Mélenchon parvienne au second tour, soit élu président et que les mesures indispensables pour atteindre ses objectifs puissent être mises en chantier dès maintenant. Ne doutons pas que leur nécessité s’impose un jour, mais espérons seulement qu’il ne sera pas trop tard.

 

Faut-il parler de colère ?

À l’évocation des politiques proposées par les deux vainqueurs du 1er tour, à celle des turpitudes semble-t-il dédouanées par de nombreux électeurs de Fillon et Le Pen, sûrement !

 

 

- La question urgente qui se pose maintenant aux insoumis appelle une réponse  difficile : c’est celle du deuxième tour.

Pas question évidemment de parler en leur nom. C’est là le rôle de Jean-Luc Mélenchon. Il a d’ores et déjà proposé qu’une consultation des insoumis se tienne sur la plateforme jlm2017 pour décider de l’attitude à adopter pour le deuxième tour.

 

Tordons tout de suite le cou à l’indécente accusation aussitôt proférée par certains, comme Valls. Non, ce n’est pas la critique émanant des frondeurs du PS ni celle venue de la France insoumise qui ont propulsé l’extrême droite lepéniste à la deuxième place du scrutin et provoqué l’éclatement et la quasi disparition du PS, mais bel et bien les politiques de plus en plus droitières menées tant par Fillon sous Sarkozy que par Hollande et ses ministres PS et les trahisons successives de ses dirigeants eux mêmes.

 

Lorsqu’on banalise les mesures prônées par le FN, lorsqu’on enchérit même parfois sur elles, on accrédite l’idée qu’il pourrait avoir raison. Il est trop facile ensuite de le proposer comme l’épouvantail que tous devraient combattre.

 

Lorsqu’on défend le libre échange, les traités commerciaux signés contre l’accord du peuple, lorsqu’on les justifie par une soit disant politique de l’offre, on ouvre la porte à des personnages gonflés à l’hélium des médias mainstream, comme Macron. Il est trop facile ensuite de le présenter comme un vote utile pour éviter l’arrivée au pouvoir de l’extrémiste de droite.

 

 

- Et pourtant, malgré cet échec pour accéder au deuxième tour, les insoumis auraient bien des raisons de se réjouir.

C’est la première fois depuis très longtemps que leur courant de pensée atteint de tels scores. Rappelons que le dernier en date était celui réalisé par Georges Marchais pour le PCF et qu’il dépassait de peu les 15% (15,35% en 1981). Il faut remonter à Georges Duclos (21,27% en 1969) pour trouver mieux ! Et faut-il rappeler les 1,93% obtenus par Marie-Georges Buffet en 2007 ?

 

De presque 4 millions de voix en 2012 et 11% pour le Front de Gauche, la France insoumise est passée à presque 7 millions de voix  (6 792 000) et presque 20% (19, 64%) !

 

Alors, même si ce résultat n’est évidemment pas celui que tous attendaient,  il est loin d’être négatif. Quoi qu’on en ait, un poids électoral proche de 20%, n’est évidemment pas quelque chose de négligeable. Au contraire, quel encouragement pour la suite des combats politiques ! Avec un tel résultat, les insoumis  doivent rester déterminés à ne plus jamais abandonner la lutte idéologique et au contraire appeler tous ceux qui, par leur vote, ont montré leur attachement  aux idées de résistance à l’exploitation, aux perspectives de la paix et à une politique responsable dans l’intérêt du bien commun, à les rejoindre à leur tour dans le mouvement.

 

Ils pourront désormais s’appuyer sur lui pour résister au pouvoir oppressif et destructeur de l’oligarchie des Riches et défendre au contraire les idées de solidarité, de justice sociale, de rationalité écologique, de liberté, d’égalité, de fraternité et de démocratie qui ont constitué les fondations de l’Avenir en commun, le programme de la France insoumise proposé par Jean-Luc Mélenchon.

 

 

- Ce constat s’avère d’autant plus exact dans la région de La Rochelle

En effet, même si, comme souvent, la droite macroniste ou filloniste l’a emporté dans l’Île de Ré, à La Rochelle et dans sa région, les résultats apparaissent nettement meilleurs pour la FI.

 

Les quartiers populaires de Laleu, La Pallice, Port-Neuf et Mireuil ou Tasdon (33.89% et 26,62%), Bongraine (33.53%) et Villeneuve-les-Salines ont propulsé JLM en tête des candidats et une vingtaine de communes de la CDA l’ont placé en seconde position, avec de 20 à 25% des voix, ce qui constitue un événement politique local de première grandeur. Il totalise 9149 voix et 24,3% dans la commune de La Rochelle toute entière, en deuxième position, à 1789 voix et moins de 5% de Macron.

 

Les insoumis des groupes d’appui rochelais peuvent donc remercier toutes les électrices et les électeurs qui ont voté pour JLM lors de ce premier tour. Ce faisant, ils ont indiqué leur volonté de parvenir à une société nouvelle dans un cadre nouveau, celui d’une 6ème République, débarrassée des puissances de l’argent-roi et apte à relever les défis qui s’annoncent, tant dans les domaines de la justice sociale ou de la paix dans le monde que dans celui de la nécessaire mutation du système productiviste et d’une transition énergétique pour la sauvegarde de notre unique écosystème planétaire.

 

 

- De cette campagne électorale, ils peuvent donc, malgré tout, être fiers, même si le résultat n’est pas complètement à la hauteur de celui escompté.

Elle a été menée avec constance, passion et méthode et elle a permis aux idées progressistes de retrouver des couleurs ; une dynamique militante démocratique et solidaire s’est créée qu’il ne faudrait pas laisser retomber.

 

Pour la suite, s’ils devront réfléchir ensemble aux formes organisationnelles à donner à leur mouvement, les insoumis ont d’ores et déjà un objectif électoral qui s’annonce dans l’avenir immédiat : les élections législatives arrivent très vite et ils ont des candidats à proposer prêts à répandre, défendre et promouvoir encore les thèses de l’Avenir en commun.

 

C’est pourquoi ils souhaitent s’adresser à leurs électeurs rochelais :

Rochelais, faites connaître la candidature de Cédric Ruffié dans la 1ère circonscription, associée à sa suppléante, Yhlem Dekkiche et celle de Maud Assila dans la 2ème circonscription associée à son suppléant, Loïc Geffré.

Faites voter pour eux. Ils ont signé la charte du mouvement de la France insoumise. Ce ne sont pas des professionnels de la politique. Ils sont déterminés à vous représenter. Ils vont continuer à considérablement amplifier l’adhésion à vos idées.

Votez et faites voter pour eux !

 

Pour en savoir plus :

- Présidentielle. Hollande craint un second tour Mélenchon-Le Pen

- Insoumis en colère

Déception en France insoumise malgré un score historique

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 15:16
Élections : Voter « utile », c'est se laisser manipuler !

Voter nécessaire... c'est construire son avenir !

 

« Les gens doivent être détournés vers des buts inoffensifs. Il faut les noyer sous une masse d'informations qui ne leur laisse pas le temps de réfléchir. Il faut les persuader qu'ils sont incapables de provoquer des changements, il faut les convaincre que la révolte entraîne toujours le pire. Il faut les faire voter de temps à autre, leur donner l'illusion de décider, l'illusion nécessaire. » Walter Lippmann (penseur et commentateur politique américain)

 

Sources : Abdessata Klai | le 19 mars 2017

- A 40 jours du premier tour de la présidentielle en France, le vote utile est le refrain servi par les médias à la longueur de la journée  pour servir Emmanuel Macron !

Plusieurs ténors socialistes, ceux qu’on appelle les éléphants, ont choisi de soutenir Emmanuel Macron plutôt que le candidat désigné par leur propre parti. L’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë s'est justifié mercredi en disant vouloir « donner le maximum de force au premier tour au candidat qui peut battre Mme Le Pen ». Le ministre Jean-Yves le Drian devrait bientôt suivre. Et le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone choisira lui aussi de voter Macron « dès le premier tour » s’il « estime que la démocratie est en danger et que c’est la seule alternative ».

 

Comme ces trois-là, d’autres socialistes qui ne se retrouvent pas dans le projet et la campagne de Benoît Hamon pourraient faire de même. Avec un argument présenté comme irréfutable : Macron serait le plus à même de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle et d’y battre Marine le Pen - la présence de la dirigeante frontiste à ce stade étant donnée pour acquise.

 

Depuis le 21-Avril 2002 et l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de la présidentielle, les socialistes ont pris l’habitude d’appeler les électeurs de gauche au « vote utile » avec ce message subliminal : « Ne gaspillez pas votre voix au premier tour pour un petit candidat. » La montée du Front national et ses scores de plus en plus élevés aux scrutins intermédiaires ont depuis changé la donne. La notion de « vote utile » a elle aussi évolué. Pour les électeurs de gauche, la question est désormais d’éviter un duel droite - extrême droite. Ce nouveau « vote utile » profite aujourd'hui à Macron.

 

C’est donc aussi la première fois que la notion jusqu’alors mortifère du « vote utile » peut se retourner contre ses utilisateurs patentés. Et si le vote utile à gauche était cette fois un vote qui permet de remettre les pendules à l’heure ? Et si remettre les pendules à l’heure revenait à stopper radicalement une logique de renoncement à gauche engagée depuis plus de trente ans ? Or aucun socialiste en place ne peut incarner ce renoncement. Mélenchon a plus d’arguments pour le faire.

 

 

- C’est quoi le vote utile ?

Dans une élection, on appelle « vote utile » un vote que l'on considère comme le plus efficace pour vaincre un candidat que l'on ne souhaite pas voir élire. Il ne tient pas nécessairement compte des convictions politiques profondes des électeurs. C'est une tendance que l'on rencontre chez une partie des électeurs dans les systèmes où règne un bipartisme de fait. Les électeurs ne votent pas pour le courant politique le plus proche de leur sensibilité, mais pour le parti dominant le plus à même de battre le parti adverse dont ils redoutent l'élection.

 

 

 

- Pourquoi l'argument du vote utile porte-t-il atteinte au principe même de la démocratie, c’est à dire à la souveraineté du peuple ?

  • Tout d’abord, si vote utile il y a, alors de fait existe un vote inutile. Or, en démocratie où le peuple est souverain, il n’existe pas de vote inutile, il n’existe que des idées exprimant une idéologie synthétisées dans un programme politique, porté par une candidate ou un candidat commun d’un appareil politique. Et au risque de choquer les esprits socialistes, une démocratie qui préconise le vote « utile », est-ce encore une « réelle démocratie maintenant » ? Et puis peut-on encore parler de parti de « gauche » pour le parti socialiste ? On peut crier, s’indigner de la misère du monde et des pouvoirs des dictatures reconnues en place, au moins elles ont « le mérite » de porter leur nom sans mauvais jeux de mots.

 

  • Un concept vicieux. Par conséquent, « l’utile » ne renvoie pas à une quelconque « utilité », mais à la peur. Le concept de vote utile est un instrument vicieux, habilement manié par un seul parti politique. Pour un citoyen, il est d’usage de dire que l’instrumentalisation de le peur à des fins politiques est un moyen de développer et de maintenir la non implication citoyenne dans les choix politiques.

 

  • Les électeurs ne doivent pas endosser cette responsabilité. Au lieu d’analyser les causes de l’échec, la peur de l’échec est maintenue en faisant peser sur les électeurs une responsabilité qu’ils ne peuvent supporter ; il s’agit en effet de faire croire à certains électeurs que, si Macron ne gagne pas les élections, ils devront en porter la responsabilité et la culpabilité associée.

 

 

Seulement, en démocratie, le peuple est souverain, c’est à dire qu’il décide son représentant par le vote ; pour cela, les partis politiques ont le devoir d’annoncer clairement leur intentions en matière de gouvernance. Si ces intentions sont jugés mauvaises et non conformes aux intérêts du plus grand nombre, le peuple a le droit de ne pas voter pour celle ou celui qui les défend.

 

  • La manipulation des instituts de sondage. Voter utile, c’est obéir aux instituts de sondages qui n’ont aucune légitimité et aucune objectivité pour nommer ceux qui sont les mieux placés pour gagner. Les instituts de sondages instaurent un cadre normatif qui empêche la démocratie de s’exprimer, qui préfère simplifier celle-ci à un bipartisme quitte à laisser bon nombre d’électeurs dans le désarroi.

 

Le vote utile est un vote instrumentalisé qui repose sur la peur et qui assomme le peuple car il l’invite à culpabiliser en cas de nouvel échec du parti manipulateur. La classe médiatique dominante ainsi que les instituts de sondages usent de ce concept de vote utile pour simplifier le débat démocratique mais aussi par refus de changement.

 

 

- Voter, ce n'est pas « donner sa voix à... », C’est choisir un candidat

La notion de « vote utile » renvoie directement aux insuffisances d'un système électoral à deux tours pour représenter les préférences des citoyens. Le vote « utile » est un obstacle au véritable changement : c'est bien pour ça qu'il est mis en avant par ceux qui ne veulent rien changer ou juste changer un peu mais pas trop (les « raisonnables » comme ils disent).

 

 

Laissons le libre choix aux électeurs en leur demandant de voter, en leur âme et conscience, au plus près de ce qu'ils pensent meilleur pour leur pays et pour les citoyens, que l'on respecte l'idéal démocratique. Voter, ce n'est pas « donner sa voix à... », C’est choisir un candidat. Le vote utile est vraiment inutile et un vrai danger pour les démocraties.

 

Si nous votons utile aujourd’hui, qu’est-ce que ce sera la prochaine fois ? Le vote « forcé », le vote « qui rend service », le vote « opportun », le vote « profitable » ?

 

Walter Lippmann écrivait : « Il faut les faire voter de temps à autre, leur donner l'illusion de décider, l'illusion nécessaire. »

« Qui peut croire que c'est le vote utile ?

Pas utile aux enseignants, pas utile à celui qui a travaillé dur, pas utile à celle qui travaille dans un hôpital… utile à qui donc ? »

 

Élections : Voter « utile », c'est se laisser manipuler !

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 17:05
Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !

Si les électeurs ont en général la mémoire courte, nombre d'entre eux n’oublient pas qu’ Hamon est l’heureux héritier du bilan Hollande, qu'il est le complice de la Loi Travail, de la Loi Macron, auxquelles il s’est opposé bien mollement.

Mais il est surtout responsable, alors au gouvernement, du vote du traité budgétaire européen (TSCG) en 2012 et du CICE (40 milliards offerts gracieusement au MEDEF sans contrepartie).

Erreur de jeunesse diront certains ! Dont acte ! Regardons y néanmoins de plus près !

Quelle crédibilité, quels moyens possède Benoît Hamon candidat président pour mettre en œuvre, aujourd’hui, une politique de justice sociale après avoir été ministre d’un gouvernement qui l’a niée en bloc ?

 

Sources : E. DURAND  et  le blog d'Olivier Tonneau

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L'ambition de Benoit Hamon n'est pas d'accéder au pouvoir !

La tâche que lui a confié Hollande et le PS est d'empêcher l'émergence d'une force politique à la gauche du PS en capacité de prendre le pouvoir pour remettre en cause la politique qu'il met en œuvre en France et défend à l'échelle européenne : le sociallibéralisme.

 

A cette fin, en 2017, il sert, comme c'était déjà le cas en 2012 de " protection du flanc gauche ". En effet Hamon, déclarait déjà au Figaro en 2012, parlant de Hollande : « On lui assure un flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon ». Ce qui était vrai hier l'est encore aujourd'hui, non pas pour protéger Hollande, mais pour protéger le PS.

  • Ainsi, soit il arrive à rassembler les écologistes (qui eux aussi ne voient pas d'un bon œil émerger une force de gauche remettant en cause, entre autre, leur approche européenne) et la France Insoumise sous la bannière d'un PS dominant et..... in fine c'est, la même politique qui continue avec au passage une France insoumise totalement discréditée  ;
  • Soit il n'y arrive pas, les présidentielles sont perdues, et le PS même en lambeau se présente comme la seule force capable de rassembler contre l'extrême droite.... et la droite extrême constituant un socle pour se reconstruire et au passage la France insoumise est mise à l'index pour responsable de la défaite  ;
  • Dans ce dernier schéma Hollande et la direction du PS sacrifient définitivement Hamon et le PS au profit du tandem Macron/Bayrou rejoint par la partie la plus à droite du PS dans la perspective d’un second tour Macron – Fillon...... et le tour est joué au service de la même politique !

Dans les deux cas, toute perspective de transformation sociale pourrait être perdue à long terme. Voilà l'enjeu de la manœuvre Hollande/Hamon/Macron leur permettant d'atteindre par une autre voie l'objectif qu'ils s'étaient fixé dans le cadre de la primaire dite "de la gauche " mais que la France Insoumise a réussi a déjouer en n'y participant pas !

 

 

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Benoit Hamon n'a pas les moyens de mener une autre politique que celle de Hollande et de la majorité du PS

Si Benoit Hamon comptait que le PS s’épure de lui-même (vers Macron) pour pouvoir garder le logo sans les personnages, avec l'alliance Macron/Bayrou, c’est partiellement raté. Ceux-là même qui comptaient rejoindre Macron sont donc pour l'essentiel désormais assignés à résidence.

 

Enferré dans l’héritage du quinquennat et incapable de trancher et de rompre avec les politiques passée et ses dépositaires, Benoît Hamon va donc devoir gérer en plus l’effet rebond de l’ossification de l’appareil du PS autour de sa candidature. Plus que jamais le PS va être appelé à apparaître en tant que tel pour reconstituer des frontières. Et donc à s’immobiliser sur la politique passée car incapable de recréer la moindre dynamique populaire sur d'autres choix.

 

Benoit Hamon invite au rassemblement de la gauche, sous la forme d’une « majorité parlementaire » qu’il appelle Mélenchon et Jadot à constituer. Cette proposition est louche pour plusieurs raisons.

  • La première, rappelée par J.L. Mélenchon dans sa réponse, est que Hamon, candidat du PS, n’est pas pour autant secrétaire du parti. Il n’a donc pas le contrôle des investitures aux élections législatives, qui sont pour la plupart déjà décidées. Or si la primaire a confirmé que les sympathisants socialistes tendent à gauche, le parti tend à droite : ces candidats, investis sous l'oeil de Cambadélis sont majoritairement à la droite du PS et NE PERMETTRONT PAS L'ÉMERGENCE D'UNE AUTRE POLITIQUE QUE CELLE MENÉE SOUS LE QUINQUENNAT HOLLANDE. Qu’attendre de parlementaires nommés Valls, El Kohmri, Vallaud-Belkacem et consort ?
  • La seconde est que Benoit Hamon ne maitrise pas le Parti Socialiste, la motion B à laquelle il s'est rallié n'a obtenu que 29% au congrès du PS de juin 2015 à Poitiers (le courant qu'incarne Benoit Hamon est minoritaire au sein des parlementaires du PS).
  • Les pseudo " frondeurs " n'ont au maximum rassemblé autour d'eux qu'une cinquantaine de députés.... sur 577...... ça ne fait pas une majorité !

 

- Il serait par exemple incongru d’appeler à voter pour un candidat à la présidentielle dont le parti réinvesti, pour les législatives, les mêmes députés qui sont aujourd'hui majoritaires à l’Assemblée nationale, en faisant croire qu’ils voteront demain l’inverse que ce qu’ils ont voté depuis cinq ans.

- Alors que l'encre de l'accord Hamon/Jadot n'est pas encore sèche qu'il est déjà remis en cause par les pontes du PS, c’est pourtant ce que Hamon, Jadot et d'autres proposent à la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon au nom du " rassemblement de la gauche " sans se poser la question de " pour faire quoi et avec quelle majorité ? ".

- C'est pourtant ce que certains persistent à vouloir nous imposer à coup de pétitions et autres initiatives publiques en gestation !

 

 

Un fait mérite d’être souligné !

  • Après avoir prêché pendant des mois la loyauté et le rassemblement, le PS voit des députés, des ministres rallier ou être tentés de rallier le duo Macron/Bayrou. Or nous n'avons entendu aucun cacique appeler à ce qu’un tel ralliement soit sanctionné d’une exclusion du PS ou d’une déchéance de l’investiture. Sur la lancée d’une dynamique née d’une éventuelle victoire d’Hamon, le PS ferait donc élire des partisans de Macron aux législatives !
  • On ne saurait mieux se mettre en situation d’impuissance : être un président sans majorité. Qu’en pense Hamon ? Rien - mais son porte-parole Guillaume Balas balaie ces questions d'un revers de main avant de se faire accusateur : " se les poser, ce serait empêcher le rassemblement ".
  • Il faut pourtant être bien naïf pour ne pas s’inquiéter de l’attitude de la majorité du PS face à son candidat...... et tout observateur de la chose politique ou tout être humain échaudé par l'épisode de " mon adversaire c'est la Finance " comprendra qu'avant de s'engager il convient, comme l'a fait J.L. Mélenchon d'exiger des garanties de Benoit Hamon pour que cela ne constitue pas un nouveau coup de poignard dans le dos !
  • D'ailleurs l'accord Hamon/EELV (en vérité PS/EELV) en est le témoignage criant car typique des accords Verts-PS tels que signés depuis 1997 : des formules alambiquées qui cachent le fait que le PS ne compte pas mettre en œuvre ce qu'il signe. Il n'engage que ceux qui croient encore aux promesses en l'absence de rapport de force. Il permettra peut-être à EELV où ce qu'il en restera à la sortie de cette séquence de garder un nombre plus que réduit de députés mais sûrement pas de quoi constituer un groupe. Visiblement les leçons du passé ne sont pas tirées.

 

 

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Ce n'est donc pas une question " d'égo, de personne " contrairement à ce que certains s'évertuent à vouloir nous faire croire, mais une question éminemment politique !

    L’appel à une majorité parlementaire de Hamon est louche pour une autre raison : si le PS était de gauche, cette majorité parlementaire serait déjà à l’œuvre !

     

    Et pourtant, a t-on entendu Benoit Hamon émettre un désaccord, protester, quand, le 11 janvier 2017 le groupe des sénateurs PS à voté la non abrogation de la Loi El Khomri !  NON ! Benoit Hamon a-t-il désavoué les 99 sénateurs/trices PS qui ont voté contre l'abrogation de la loi travail  El Khomri le 11/01/17 ? La réponse, est NON !

     

    Pendant toute la durée du quinquennat, Mélenchon n’a eu de cesse d’appeler les députés PS à faire bloc avec les écologistes et le Front de Gauche pour voter contre le gouvernement. Le président n’aurait alors eu d’autre choix que de nommer un premier ministre qui aurait eu le soutien de la majorité, ministre choisi sur sa gauche : Hamon ou Montebourg, par exemple. Jamais les députés PS n’ont rompu les rangs, se contentant d’abstentions qui ne remettaient rien en cause.

    • Leur complaisance a été particulièrement évidente lorsque le gouvernement usa du 49.3. Les prétendus frondeurs n’ont jamais envisagé de voter une motion de censure, et se sont justifiés de leur dérobade par un seul argument : faire tomber le gouvernement, c’était remettre la droite au pouvoir.
    • Bien que tous les journaux aient entériné cet argument, il est totalement faux.
    • L’argument suppose que la censure du gouvernement entraînerait mécaniquement la dissolution de l’Assemblée Nationale et donc des élections législatives que la droite aurait gagnées.
    • Or ce n’est pas ce que prescrit l’article 50 de la Constitution : en cas de motion de censure, le premier ministre démissionne et le président doit en nommer un autre, qui forme un nouveau gouvernement.
    • Si les frondeurs avaient censuré le gouvernement, ils auraient tout simplement contraint Hollande à nommer l’un d’eux premier ministre, pour qu’il forme un gouvernement auquel la majorité parlementaire aurait accordé sa confiance.

     

    D'ailleurs les vents contraires ont commencé a souffler sur les promesses d'Hamon qui s'il n'y prend garde pourraient rapidement ressembler à un certain discours du Bourget :

    • Hamon veut " relancer l'Europe " alors que la France doit s'extraire des traités européens & adopter la stratégie prédéfinie planA/ planB ;
    • Hamon veut sortir à terme du nucléaire et atteindre 100% d'énergie renouvelable à l'horizon 2050..... et pour ça continue la construction de l’epr de Flamanville
    • Hamon annonçait vouloir abroger la Loi travail..... On oublie vite que Myriam El Khomri dans le 18ème et Manuel Valls à Evry  sont candidats aux législatives. Cela signifie que la ministre de la Loi Travail, et le 1er ministre du 49-3 se présentent en promettant – via Hamon – d’abroger la Loi Travail et le 49-3, ce qui se traduit aujourd'hui, résultat de cette situation par la promesse d'une "nouvelle loi travail " !
    Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !

    -

    Dans ce contexte, l'issue ne pouvait pas être autre !

    COMMUNIQUE de Jean-Luc Mélenchon : "J’ai rencontré Benoît Hamon vendredi soir. Longuement et sereinement nous avons fait l’examen de la situation. Nous avons fait le tour de nos convergences et de nos divergences.... À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe...."...

     

     

    -

    Conclusion : la mobilisation populaire est la seule issue pour écrire un autre scénario

    Cela fait quatre ans que Benoit Hamon pouvait s’atteler à « tourner la page » et réorienter le gouvernement vers la gauche. Il n’en a jamais rien fait ; il ne s’est livré qu’à quelques déclarations médiatiques, assorties d’abstentions sans conséquence, pour construire une crédibilité de gauche dont il recueille aujourd’hui les fruits. C’est bien joué - un beau bluff. Mais nous aurions bien tort de tomber dans le panneau.

     

    Bien sûr, un gentil Benoit Hamon qui propose de raser gratis avec le revenu universel, promet de renverser la forteresse néolibérale qu’est l’Union Européenne sans douleur ni violence ni éclats de voix, c’est plus agréable qu’un Jean-Luc Mélenchon qui appelle à la révolution citoyenne. Mais il faut voir les choses en face : nous ne vivons pas une époque agréable et les épreuves qui nous attendent ne seront pas une partie de campagne. Il n’y a pas de solution de facilité.

     

    En ces temps extrêmes, c’est la radicalité, et même la promesse de lendemains difficiles (qui imagine que nos adversaires de classe nous laisseraient faire sans réactions politiques, économiques...), qui devraient être les marques de la crédibilité.

     

    • Hamon minoritaire dans son parti n'a pas de majorité pour mettre en œuvre une autre politique que celle mise en pratique par le PS depuis 5 ans !
    • Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf si B. Hamon avait voulu s'affranchir du PS et travailler à rassembler le peuple !
    • En restant dans le giron du PS..... il ne rassemblera rien ! Ni le PS, ni le peuple !
    • Ce n'est pas nouveau :  " Avec des socialistes peut-être... avec le PS non ! "

     

     

    En définitive, notre responsabilité est donc (comme nous y appelle Jean-Luc Mélenchon : de convaincre cette moitié des Français qui n’a pas encore fait de choix de vote. Dans les cités et les entreprises, à la ville et dans le monde rural, par le débat et la formation mutuelle, faisons de cette élection un moment victorieux de mobilisation et d’adhésion à un projet construit..... c’est ce peuple que nous voulons fédérer contre l’oligarchie qui tient tous les pouvoirs. 

     

    Pour en savoir plus :
    -
    Mon dossier : Primaires - Elections présidentielles 2017

    - Congrès du PS : les motions A, B, C et D par le menu

    - Congrès du PS : "majorité absolue" pour la motion de Jean-Christophe Cambadélis, les frondeurs devront s'en contenter

    - Benoit Hamon: chronique d’un renoncement annoncé

    - Chronique d’un rendez-vous manqué !

    - Hamon : Bas les masques !

    - Accord Hamon-Jadot : un accord de dupes

    - Présidentielle: des députés de l'aile droite du PS rejettent l'accord Hamon-Jadot

    - Alliance Bayrou-Macron : à qui gagne perd

    - Tribune : L’unité de la gauche est-elle un mirage ? Par Philippe Légé

    - Le PS à la manœuvre : le vote futile des idiots utiles

    - En amont de l’échec de Mélenchon : Benoît Hamon.

    Hamon/Mélenchon : l'accord était impossible... sauf... !

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