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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 08:32
De quoi Philippe Martinez est-il le nom ?

Source :  Arrêt sur Info le 26 mai 2016 par Bruno Guigue[1]

- Prétendre que la classe ouvrière organisée prend en otage le peuple français quand elle défend ses droits menacés, comme le répète la presse, restera sans doute dans les annales.

Comme si ces travailleurs en lutte, hier chauffeurs-routiers, aujourd’hui salariés des raffineries, représentaient une minorité de nantis prêts à immoler l’intérêt général sur l’autel de leurs revendications catégorielles ; comme si une grève qui leur impose des sacrifices personnels était pour eux une partie de plaisir ; comme si leur combat n’était pas un combat pour tous, y compris pour ceux qui ont fait vœu de soumission à leurs maîtres et crachent sans vergogne sur leurs défenseurs.

 

Il faut croire que le capital soumet le prolétariat médiatique à des exigences de rentabilité aussi impératives que celles qu’il impose au prolétariat ouvrier. Car, à l’évidence, il lui ordonne de jeter le discrédit sur la mobilisation populaire ; il lui extorque cet invraisemblable tissu de mensonges comme une vulgaire plus-value ; il met les médias en concurrence, comme si chacun devait emporter la palme de la haine contre la CGT, ce syndicat honni parce qu’il est à la fois le plus ouvrier et le plus combatif. Cette résistance syndicale parfaitement légitime, le capital réclame à cor et à cri qu’on la couvre de calomnies. La presse quasi unanime s’y emploie.

 

Contrairement à la classe ouvrière, la cohorte de plumitifs dont le capital s’est attaché les services, il est vrai, ne risque pas de s’insurger contre un système dont elle a pour vocation de chanter les louanges. Comment cette presse française soumise aux sept milliardaires qui en détiennent la propriété et déterminent sa ligne éditoriale, de BFM/TV à « Libération », du « Monde » à « L’Express » et de TF1 au « Figaro », pourrait-elle se comporter autrement que sur le mode d’une servilité à toute épreuve ?

 

Cette sujétion des médias, en effet, pousse un journaliste à prendre parti pour les détenteurs de capitaux et leurs valets comme si ses propres intérêts de classe étaient en jeu ; elle le range aussitôt du côté de la caste privilégiée qui rémunère ses services. Ce journaliste a beau être un salarié, le voilà qui crache son venin sur la classe ouvrière, comme si, piteusement assigné à la fonction expresse de combattre ses propres défenseurs, ce mercenaire devait aussi se faire renégat.

 

 

- Mais ce constat de la servilité médiatique n’est pas le seul.

Le gouvernement socialiste trahit tous ses engagements électoraux, mais ce n’est pas suffisant. Il entreprend aussi à la demande expresse du capital une démolition que la droite n’avait pas osé entreprendre. Redoublant de zèle pour satisfaire leurs maîtres, les socialistes entendent mener aussi loin que possible la mise en cause des conquêtes sociales, chaque régression, même si elle n’aboutit pas, permettant de franchir un nouveau seuil symbolique. A force de porter le fer contre les droits des travailleurs, espère-t-on, on finira bien par les persuader que leurs droits ne sont pas légitimes et qu’ils auraient tout à gagner à y renoncer. Pour les salariés, le droit du travail est un système immunitaire. Le parti socialiste, lui, est son virus.

 

Pour ceux qui ont la mémoire courte, il faut rappeler que les principaux acquis des travailleurs français ont été conquis de haute lutte ; que sans les massives occupations d’usines de l’été 36, les travailleurs ne partiraient jamais en congés payés ; que sans les combats héroïques de la Résistance et de la Libération, la Sécurité sociale et les comités d’entreprise n’auraient jamais vu le jour ; que sans les puissantes grèves ouvrières de juin 68, la revalorisation des bas salaires exigée par la croissance des Trente Glorieuses serait restée un vœu pieux ; que sans l’alliance avec un parti communiste français à 15-20% les conquêtes initiales de 1981 seraient restées lettre morte.

 

 

- Mais le parti socialiste, historiquement, n’a jamais accompli la moindre réforme en faveur des travailleurs de ce pays.

Il a pris acte d’un rapport de forces en 1936 ; il n’a joué qu’un rôle secondaire à la Libération, où le général de Gaulle confia les postes-clé aux communistes ; en 68 le PS était aux abonnés absents ; quant aux avancées de 1981, il les a reniées, en même temps qu’une souveraineté nationale dont il est avec la droite française l’un des fossoyeurs. En revanche, il réprima dans le sang les grèves des mineurs en 1947, faisant appel à l’armée contre cette avant-garde des luttes ouvrières depuis le XIXème siècle. C’est ainsi que les socialistes rendirent hommage aux héros de Germinal : en les faisant fusiller.

 

L’expérience historique nous l’a appris, le rôle des socialistes français, c’est :

  • d’accréditer la fiction d’une opposition entre la droite et la gauche qui n’existe que dans les représentations collectives, et non dans la réalité des rapports sociaux ;
  • d’organiser au nom de cette opposition artificielle une alternance politique dont le principal résultat est d’empêcher une véritable alternative à la tyrannie de la finance mondialisée ;
  • de substituer à la véritable question, celle de la répartition effective du produit de l’activité sociale et de l’exercice de la souveraineté populaire qui en est la condition, toute une série de contre-feux et de querelles grotesques, de la théorie du genre à l’antisémitisme, et du voile islamique à la réforme de l’orthographe.

 

Quoiqu’il advienne de la crise sociale actuelle, on peut dire qu’elle a déjà manifesté une vertu pédagogique des plus précieuses. Car elle révèle, s’il en était besoin, que l’agitation qui se donne en spectacle à la surface du marécage politicien est l’expression voilée d’une réalité plus profonde ; que le véritable clivage social ne passe pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui vivent de leur travail et ceux qui se contentent d’en toucher les dividendes. Dans cette division fondamentale de la société, la dignité du peuple français est d’un seul côté. A la Libération, le général de Gaulle nomma des communistes aux postes-clé. Parmi eux, Ambroise Croizat, modeste ouvrier français, créa la Sécurité sociale. En 2016, la dignité du peuple français a un nom : c’est Philippe Martinez.

 

Note :

[1] Normalien, énarque, Bruno Guigue est aujourd’hui professeur de philosophie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 08:12
REUTERS

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Depuis l’annonce de son projet de loi dit travail, le gouvernement a refusé toute forme de concertation avec l’ensemble des organisations syndicales et singulièrement la CGT. Une réunion sur des sujets très larges et puis… plus rien !

 

Sources : L'Humanité par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

D’ailleurs, la première version de ce texte n’a pas été remise en premier lieu aux organisations syndicales mais à la presse.

 

  • La CGT dénonce un gouvernement qui impose des reculs sociaux successifs par la loi de sécurisation de l’emploi ou la loi Macron.
  • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise en bafouant d’abord la démocratie sociale, puis la démocratie politique avec l’utilisation du 49-3 à l’Assemblée nationale.
  • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors que 74 % de l’opinion publique se dit opposée au projet de loi travail.
  • La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors qu’un mouvement social porté par quatre organisations syndicales de salariés et trois organisations de jeunesse dure depuis plus de deux mois. Sans compter le fait qu’un cinquième syndicat de salariés conteste de nombreux articles du projet de loi, dont l’inversion de la hiérarchie des normes.

 

Plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux en tête, refusent le dialogue et le débat de fond et ont fait le choix délibéré de l’invective et de l’autoritarisme en ciblant le premier syndicat de France, la CGT, et ouvrant ainsi la voie à la surenchère et aux insultes de la droite et de l’extrême droite.

 

Le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’Économie font la preuve qu’ils sont bien engagés dans un combat, mais un combat loin des réalités sociales du pays et des préoccupations des citoyens, celui de la candidature à l’élection présidentielle en 2017.

 

Si la CGT salue l’annonce de mesures spécifiques aux jeunes faites par Matignon et obtenues grâce aux premières mobilisations unitaires, alors que le gouvernement fustigeait et dénigrait la jeunesse accusée de ne rien comprendre, elle ne peut que constater qu’elles n’ont rien à voir avec le projet de loi travail. La CGT sera pour autant vigilante à l’application concrète de ces mesures.

 

Si la CGT salue les avancées dans un accord signé à l’unanimité des syndicats et du patronat de la profession du spectacle sur l’indemnisation du chômage, obtenues là encore par les mobilisations, elle ne peut que condamner l’opposition du Medef et le silence inquiétant du gouvernement.

 

La CGT dénonce un texte guidé par la baisse du « coût » du travail qui donnerait moins de protection aux salariés et baisserait la rémunération. Ainsi, il faudrait précariser et licencier plus pour embaucher plus ?

 

La CGT ne peut accepter que, avec ce texte, chaque employeur pourra comme il le voudra « faire sa loi » dans l’entreprise. Le principe de la dérogation au droit collectif deviendra donc la règle.

 

 

- C’est pour ces raisons que la CGT demande le retrait du projet de loi travail et l’ouverture de véritables négociations pour un nouveau Code du travail identique pour tous, basé sur :

  • La mise en place du nouveau statut du travail salarié et de la Sécurité sociale professionnelle pour répondre aux enjeux du monde du travail d’aujourd’hui et de demain. C’est-à-dire des droits (emploi, carrière, reconnaissance des qualifications, formation professionnelle, protection sociale…) rattachés à la personne, évolutifs et progressifs qui empêchent tout retour en arrière et transférables et opposables aux employeurs.
  • Dans le même temps, la CGT revendique de travailler moins, travailler mieux et travailler tous afin de concilier création d’emplois et progrès social.
  • Parce que oui, la modernité, c’est le progrès social, c’est plus de droits et de sécurité pour l’ensemble des salariés et des citoyens. Pas un retour au XIXe siècle.

 

C’est pour ces raisons que la CGT demande le retrait du projet de loi travail et demande l’ouverture de véritables négociations pour un nouveau Code du travail identique pour tous.

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- Droit du travail : contre-projets CGT pour un Code du travail du XXIe siècle

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 08:56
Bernard Friot « Un capitalisme rentier qui n’assume plus d’être employeur »

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

 

Sources :  L'Humanité par Olivier MORIN le 18 mars 2016

- L'Huma. : Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot : Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

 

 

- L'Huma. : Le compte personnel d’activité (CPA) est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot : Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

 

 

- L'Huma. : Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot : La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

 

 

- L'Huma. : Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot : Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

 

 

- L'Huma. : Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot : Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

 

 

- L'Huma. : On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot : C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

 

 

- L'Huma. : Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot : L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

 

 

- L'Huma. : L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot : Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être entièrement récupéré par le capital à travers des dispositifs dans lesquels les jeunes en question sont autonomes dans leur travail, collaborent sans hiérarchie, dans un dispositif horizontal… tout en alimentant par un travail gratuit, par exemple dans le logiciel libre, le profit des ­propriétaires de Google. Se développe un capitalisme rentier qui n’assume plus les responsabilités de l’employeur, qui renvoie les travailleurs à la valorisation de leur travail sur le marché des services : il faut vendre 150 km de covoiturage, une semaine de son appartement, avec l’effarante marchandisation du quotidien que cela représente. Tout comme les employés sont sous le joug des aléas du marché du travail, ces indépendants sont sous le joug du marché des biens et services tout en alimentant la rente de propriétaires de bases de données affranchis de leur responsabilité dans la conduite du travail.

 

 

- L'Huma. : Il y a donc une volonté des capitalistes de se ­dédouaner de leur rôle d’employeur ?

Bernard Friot : Oui, ils ne veulent plus lier le profit au fait d’assumer sur le long terme des salaires, des cotisations sociales, le fonctionnement d’un comité d’hygiène et de sécurité, les droits des CE, etc. C’est pour cela qu’ils construisent avec tant de continuité depuis 1992, avec la CFDT, une « sécurisation des parcours » qui renverse la logique de responsabilité. Ce ne sont plus les employeurs, mais les intermédiaires du marché du travail, qui sont le « pôle emploi » ! Et les droits des salariés sont renvoyés à leur capacité à alimenter un CPA au prorata de leur performance sur des marchés, qu’ils soient du travail ou des biens, sur lesquels ils n’ont aucune prise. Car un des points de la loi travail, très insuffisamment souligné, est l’extension du CPA aux indépendants. Vont donc se trouver fongibles des droits nés dans l’emploi et dans l’indépendance : inutile de dire que celle-ci va être massivement instrumentée.

 

 

- L'Huma. : En parallèle à cette production de valeur qui est faite hors du contrat de travail se développe aussi l’idée d’un revenu de base…

Bernard Friot : Ça va tout à fait ensemble. Le filet de sécurité que va offrir un revenu de base est la condition du recul de la sécurité qu’offre le Code du travail. Si le capital n’est absolument plus déterminé à assumer la sécurité d’emploi, en revanche cela ne lui pose aucun problème d’assumer la sécurité d’un minimum de ressources qui lui permettra, non seulement de baisser les salaires puisqu’il invoquera l’existence de ces ressources pour ne pas pratiquer des salaires normaux, mais aussi de récupérer la valeur produite par ces personnes en dehors de l’emploi, dès lors que la propriété lucrative n’est pas supprimée. Car le revenu de base ne supprime pas la propriété lucrative, et les capitalistes seront en capacité de récupérer la valeur produite. Et ce ne sont pas eux qui paieront, puisque c’est l’impôt qui financera le revenu de base. Bref ils ont tout intérêt à ce qu’un revenu de base vienne, à côté d’un CPA étendu aux indépendants, étayer l’autoentrepreneuriat.

 

 

- L'Huma. : Quelle alternative proposez-vous ?

Bernard Friot : Le salaire à vie, qui est inséparable de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les travailleurs et donc de la maîtrise par eux de l’investissement, tant il est vrai que la propriété lucrative, au cœur du capitalisme de rente, doit être supprimée. Il s’agit d’actualiser la bataille qui a conduit à la mise en place à la Libération du régime général comme caisse unique à gestion ouvrière, et du statut de la fonction publique. Le régime général a fait la preuve jusqu’aux années 1970 que nous pouvons produire la santé avec des travailleurs payés à vie, qu’ils soient fonctionnaires ou indépendants conventionnés, sans mettre en valeur aucun capital actionnaire ou prêteur : l’investissement hospitalier des années 1960 a été largement subventionné grâce à la hausse du taux de cotisation maladie. Nous pouvons tout produire sans emploi et sans capital. Ce n’est pas 45 % du salaire qui doit aller aux caisses de Sécurité sociale comme aujourd’hui, mais 100 % (et au seul régime général, qui, à nouveau géré par les seuls travailleurs, sera chargé de payer les salaires à vie). Le reste de la valeur ajoutée pourrait se partager entre autofinancement de l’outil de travail décidé par les travailleurs copropriétaires des entreprises, et cotisation économique allant à des caisses, elles aussi gérées par les seuls travailleurs, chargées de subventionner le reste de l’investissement (y compris par création monétaire sans crédit) et d’assurer les ­dépenses de fonctionnement courantes des services publics. Je vous renvoie aux travaux que mène sur toutes ces questions Réseau Salariat.

 

Pour en savoir plus :

- mon dossier : Revenu Universel

- De la socialisation du salaire. Auteur d’une thèse d’État portant sur la construction de la sécurité sociale, Bernard Friot axe son travail en défendant « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire ». Dans son dernier ouvrage, Émanciper le travail : entretiens avec Patrick Zech, paru aux éditions La Dispute et au sein de l’association Réseau Salariat, il développe l’idée de « salaire à vie » et de la « copropriété d’usage des moyens de production ».

Bernard Friot : Le « Salaire à Vie » de Bernard Friot vu par Usul

- Bernard Friot : "Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire"

- Bernard Friot : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

- Bernard Friot : On en parle : revenu inconditionnel ou salaire à vie ?

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 08:07
Pour en finir avec le 49.3, passons à la 6e République

La Ve République est morte, vive la 6e République sociale !

 

Le Mouvement pour la 6e République (https://www.m6r.fr) s’oppose fermement au passage en force antidémocratique auquel le gouvernement vient de procéder. Preuve nouvelle que la Ve République est oligarchique et lutte contre les intérêts du peuple opposé à la loi El-Khomri. La nécessité de refonder notre communauté politique en convoquant une Constituante est plus que jamais à l'ordre du jour.

 

Sources :  Le blog de Pierre-Yves Cadalene par 

- Pierre-Yves Cadalen

- Emmanuelle Gaziello

- Tayeb Tounsi

Porte-parole du Mouvement pour la 6e République

 

Notre vie publique prend chaque jour un peu plus des airs de fin de régime. Le gouvernement, paniqué et déterminé à faire voter une loi injuste, a décidé de faire de nouveau usage de l’article 49.3. Il souhaite, un an après la loi Macron, réussir ce prodige de paraître isolé, borné et autoritaire face au peuple. Il confirme sa volonté de passer outre les parlementaires, faute de majorité, pour un texte de loi qu’il présente lui-même comme l’un des plus importants du quinquennat.

 

Ce gouvernement oligarchique sert les intérêts des plus fortunés du pays et se couche à chacune de leur plainte. Il est si habitué à entendre uniquement ces gémissements d’enfants trop gâtés qu’il semble ignorer la mobilisation sociale massive qui a lieu dans le pays depuis le mois de mars. D. de Villepin, en son temps, avait déjà tenté le passage en force contre un mouvement social puissant, en utilisant le 49.3 pour imposer le CPE. Avant de devoir piteusement abandonner le projet. Aujourd'hui encore, dans les rues, sur les places comme dans les sondages, le peuple ne veut pas de cette nouvelle loi antisociale.

 

 

Le dialogue social, pour M. Valls, F. Hollande et leur cour, revient sans doute à des discussions feutrées dans les salons de l’Elysée avec leurs amis du Medef. Le renvoi du vote de l’article premier alors que l’examen du texte venait de commencer en dit long sur la volonté délibérée, de la part du gouvernement, d’étouffer tout débat et d’éviter toute défaite.

 

Mais ils ont déjà perdu. Ce déni de démocratie répété conforte le dégoût légitime que les citoyens et citoyennes de ce pays éprouvent pour les institutions présentes. Ce vieux monde se décompose, et le peuple est d’ores et déjà prêt à dessiner les contours de celui qui vient.

 

Nombre de places sont occupées, l’envie de débat et de démocratie est présente partout. Nuit Debout et la mobilisation syndicale sont deux expressions fortes du peuple en train de se constituer comme force politique. Cette volonté de se réapproprier nos vies naît précisément de l’injustice sociale orchestrée par ce gouvernement, c'est un refus net d’un texte rétrograde et de son monde. Preuve en est que la question sociale est profondément mêlée à la question politique. Des politiques de justice sociale ne sont pas possibles dans cette Ve République verrouillée par les plus puissants. Cette loi écrite directement sous les ordres des dogmatiques libéraux de Bruxelles en est le symbole.

Pour en finir avec le 49.3, passons à la 6e République

Le pouvoir, aujourd’hui concentré dans les mains d’une oligarchie sans scrupules, nous appartient de droit en démocratie. Il ne tient qu’à nous de le reprendre, de continuer à construire et faire avancer l’idée qu’il est grand temps de faire le ménage : la 6e République est à portée de main.

 

Ce nouvel usage du 49.3 nous renforce dans cette conviction. Les dérives autoritaires du gouvernement, de cette loi aux atteintes aux libertés civiles et politiques contenues dans les lois Urvoas, ne sont plus supportables. Ils croient peut-être vivre dans l’impunité. Ils ont oublié qu’en politique, le peuple est le juge ultime, et avec lui l’histoire. Ils resteront demain comme des traîtres à leurs promesses et des fossoyeurs d’idéal.

 

Mais nous n’avons pas besoin d’eux pour imaginer et accomplir nos projets. Le Mouvement pour la 6e République va lancer une campagne de pétition pour un référendum d'initiative citoyenne et parlementaire pour la convocation d’une Constituante dans le pays sur la base de l'article 11  de l'actuelle constitution. Pas à pas, nous grandissons et sentons autour de nous cette envie d’écrire une nouvelle page de l’histoire de France.

 

La Ve République est morte, vive la 6e République sociale !

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 20:17
A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

Alors que l’opinion, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités restent massivement opposés au projet de loi travail, le gouvernement reste sourd à l’appel de la rue !


C’EST INTOLÉRABLE !


Les mobilisations des dernières semaines et les actions ont contraint le gouvernement à modifier son texte et il vient de reculer sur les heures supplémentaires des routiers en rétablissant leur paiement au taux initial.


Cependant, ce projet de loi reste dangereusement régressif pour les autres salariés notamment sur le paiement des heures supplémentaires, ce qui conduirait à être payé moins pour travailler plus. C’est pourquoi la mobilisation doit désormais être amplifiée pour obtenir son retrait définitif.


D’ores et déjà, dans plusieurs secteurs professionnels, des appels à la grève et à sa reconduction ont été lancés à travers des assemblées générales.


A partir de tous ces éléments, les organisations syndicales CGT, FO, FSU, US Solidaires, et les organisations syndicales de jeunesse UNEF et UNL appellent le jeudi 26 mai et le mardi 14 juin, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités, à rejoindre le mouvement de grève et de manifestations.

 

A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

- et

A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!

- L'appel départemental pour les 26 mai&14 juin en version imprimable

 

- Le 14 juin, on ne se déplace pas pour rien à Paris

Le 14 juin marque une nouvelle étape dans la mobilisation pour le retrait du projet de loi Travail Valls/EL-KHOMRi et un code du travail du 21ème siècle

 

La CGT considère que l'URGENCE EST A LA MOBILISATION et dans ce cadre l'UD CGT de Charente Maritime souhaite organiser un départ massif vers Paris pour la grande manifestation nationale.

 

Inscrivez-vous auprès de votre syndicat d'entreprise ou de l'UD CGT17 :

 

 

- Sachez reconnaître les vrais responsables de la situation...

A La Rochelle : le 26 mai on touche au capital, et le 14 juin tous à la Capitale!!!
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 08:03
26 mai&14 juin.... la Charente Maritime continue la lutte !

Communiqué commun

Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie : retrait du projet de loi Travail

 

Les journées de mobilisation des 17 et 19 mai 2016 ont confirmé la détermination des salariés, des retraités, des jeunes, des privés d’emploi, pour le retrait du projet de loi Travail.

 

En Charente-Maritime, ces deux mobilisations à la Rochelle, Rochefort et Saintes ont rassemblé plus de 2000 manifestants.

 

La participation en hausse le 19 mai 2016 s’est traduite par diverses actions notamment des manifestations, le blocage des bus RTCR et du dépôt pétrolier de la Pallice.

 

Malgré tout, le gouvernement s’obstine à vouloir passer en force, refusant d’entendre la volonté des 71 % de la population qui s’exprime pour le retrait du projet.

 

C’est pourquoi la mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier dans les jours prochains.

 

D’ores et déjà, les organisations syndicales départementales, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNL, UNEF appellent leurs structures locales à se rencontrer afin de faire du 26 mai 2016 une journée de grève et d’actions interprofessionnelles et à organiser des Assemblées Générales dans les entreprises, les établissements et les services.

 

Cette journée du 26 mai 2016 s’inscrit dans la préparation de la grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin 2016, début des débats au Sénat.

 

L’intersyndicale départementale se rencontrera pour organiser le déplacement massif le 14 juin 2016 à Paris.

 

Fait le 20 mai 2016

A la Rochelle

26 mai&14 juin.... la Charente Maritime continue la lutte !

 

- L'appel départemental unitaire 26 mai&14 juin en version imprimable

 

 

- L'appel national unitaire 26 mai&14 juin en version imprimable

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 08:32
Face au 49-3, insoumission générale

Sources : Le Parti de Gauche par Danielle Simonnet Coordinatrice du Parti de Gauche le 14 mai 2016

- Le 49-3 est tombé et l’adoption de la loi travail a donc été imposée sans débat lors de son passage en première lecture à l’Assemblée Nationale.

Ce 49-3 est l’arme brutale des faibles, obligés d’user des rouages les plus anti-démocratiques et autoritaristes de la 5ème République. Ce gouvernement est en effet plus qu’affaibli. Sans aucune majorité au Parlement, François Hollande et Manuel Valls ont préféré bâillonner les représentants du peuple que de reconnaître l’illégitimité du gouvernement à imposer un texte rejeté par plus de 70% de la population et contesté sans relâche par un mouvement social et citoyen déterminé depuis plus de 2 mois !

 

 

- Hélas, les 56 député-e-s de gauche opposé-e-s au texte de loi ont manqué de deux signatures pour déposer la motion de censure initiée par les parlementaires du Front de Gauche.

Ils ne furent que 14 pour utiliser l’ultime outil dont ils disposaient pour faire barrage à la loi et censurer le gouvernement : la motion de censure déposée par la droite. Si nous saluons la cohérence de ces 14 parlementaires, et de son initiateur André Chassaigne, nous déplorons l’inconsistance de l’opposition des autres. Comment considérer comme plus grave de voter une motion de censure de la droite que de laisser adopter une loi de droite ?

 

 

- De quoi ont-ils eu peur ?

De se voir censurer leur prochaine investiture parlementaire ? Ce sinistre épisode du 49-3 révèle la logique intrinsèque des institutions de la 5ème République : un régime plus proche de la monarchie présidentielle que du parlementarisme républicain. Un régime autoritaire de concentration des pouvoirs dans l’exécutif au mépris du Parlement, des représentants du peuple et de la délibération collective contradictoire. Un régime à la solde de la caste dominante et de ses intérêts contre le peuple, qui réduit ses partis à de vulgaires godillots, exécutants des basses oeuvres et l’ambition de ses élu-e-s à la seule préoccupation de leur propre réélection, quand un référendum révocatoire aurait dû les évincer de l’assemblée avant la fin de leur mandat.

 

Et dans ce régime oligarchique, son premier valet Manuel Valls n’a pas hésité à revenir sur un des maigres engagements pris en réponse à la mobilisation de la jeunesse et des salariés : la surtaxation des CDD n’aura pas lieu via la loi travail. Le MEDEF n’en voulait pas, Valls l’a retiré de la loi et renvoyé à la négociation des “partenaires sociaux” dans laquelle le MEDEF pourra opposer son véto…

 

 

- Mais rien n’est fini : le texte de loi doit dorénavant passer par le Sénat puis de nouveau à l’Assemblée Nationale

D'ailleurs le gouvernement n’ yaura toujours pas de majorité.

N’oublions pas que le CPE fut retiré après avoir été adopté par le 49-3. La loi travail peut donc être battue soit par une nouvelle motion de censure au Sénat ou à l’Assemblée, soit par la censure du mouvement social et citoyen dans la rue. Si le gouvernement veut jouer la montre et étirer ce calendrier pour exploiter la coupe d’Europe de football et le début des grandes vacances pour enrayer la mobilisation, sachons au contraire la construire et l’amplifier sans relâche. Loin de l’essouffler, la mise sous haute tension du système par un autoritarisme à coup de 49-3 et une mise en scène de violences et de répression policière pourrait bien au contraire accroître la mobilisation comme elle accroît de fait la colère.

 

 

- Les semaines à venir vont être décisives.

D’ores et déjà, deux journées de grève sont appelées les mardi 17 et jeudi 19 mai contre la loi, et des grèves sectorielles sont prévues notamment à EDF, à la SNCF, chez les routiers. Plus que jamais, la convergence des luttes doit être suscitée et encouragée, à l’instar des mobilisations des intermittents, chômeurs et précaires qui ont occupé à Paris le jour de la manifestation du 12 mai le siège de l’autorité des marchés financiers puis l’école des Beaux arts. A l’instar des mobilisations des Nuits Debout qui partout en France se recentrent sur la loi travail et la convergence des luttes locales et nationales.

 

 

- Quelle que soit l’issue de la bataille, cette mobilisation est en train de fédérer le peuple dans sa conscience sociale et politique.

Dans un tel contexte, le défilé des insoumis du 5 juin doit jouer un double rôle bien particulier : contribuer à renforcer la détermination pour le retrait de la loi travail et construire, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, l’espoir de l’insoumission générale pour 2017.

 

Face au 49-3, insoumission générale
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 08:24
Crédit Photo:  Barrage routier lors de la grève générale du 13 avril 2016. DR

Crédit Photo: Barrage routier lors de la grève générale du 13 avril 2016. DR

Sources :   Le NPA  par Jacques Chastaing[1]

La domination française sur les Comores ne s’est pas imposée sans engendrer de nombreuses révoltes. A Mayotte, il y a eu en 1856 un soulèvement des travailleurs des plantations, et des mouvements de résistance spectaculaires ont traversé les trois autres îles, notamment à Anjouan en 1891, avec une véritable révolution des paysans pauvres et des esclaves.

 

En 1968,  la France concédait aux Comores une autonomie interne, tout en réveillant les rivalités entre les îles. Puis Paris poussa un riche d’Anjouan, Ahmed Abdallah, à diriger le pays. Mais à Mayotte, une partie de la population féminine d’origine malgache, moins islamisée et avec des traditions matriarcales, craignait de voir ses droits réduits. Les « mamies chatouilleuses » s’élevèrent alors contre une indépendance qu’elles craignaient anjouane et islamique.

 

Lors du référendum de 1974 sur l’indépendance, les Comoriens se prononcèrent à 95 % pour l’indépendance, mais les Mahorais votèrent contre à 63 %. En 1975, les Nation unies et l’Organisation de l’unité africaine réaffirmèrent « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores». Mais la France exigea que la nouvelle constitution soit approuvée île par île. Elle fut rejeté à Mayotte, cependant qu’Ahmed Abdallah proclamait l’indépendance. Moins d’un mois plus tard, il était renversé par un mercenaire français, Bob Denard. Puis le nouveau gouvernement fut à nouveau renversé en 1978 par le même Denard (parfois soutenu par la France et parfois non, qui récidivera encore en 1995). Les Comores, baptisées « République islamique », se trouvaient de fait sous le contrôle des mercenaires français. En 1976, ne voulant pas retrouver le chaos comorien, les Mahorais exprimèrent à nouveau par référendum, à 99 %, leur volonté de rester français.

 

En 1996, Mohéli et Anjouan se séparaient de la Grande Comore, demandaient leur rattachement à la France – qui refusait – et proclamaient alors leur indépendance propre en 1997. L’Union africaine, rejetant toute modification des frontières coloniales, organisa un blocus d’Anjouan dont de nombreux habitants fuirent alors vers Mayotte. Après bien des péripéties, en 2001, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan se réunirent dans une République fédérale, non sans coups de force fréquents et même l’invasion d’Anjouan, en 2008, par des troupes africaines venues renverser un gouverneur qui avait proclamé l’indépendance. Soit 23 coups d’Etat en tout depuis 1975, le dernier en 2013, avec encore des émeutes en avril 2016 à Anjouan.

 

Le 31 mars 2011, Mayotte est devenue un département français d’outre-mer après que les Mahorais aient voté pour cette solution à une écrasante majorité dans le référendum de 2009.

 

En 1946, La Réunion, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique étaient devenues juridiquement des départements français. Cependant les  protections sociales y restaient inexistantes ; les maladies, la malnutrition, la misère y régnaient. A partir de la grande grève de 1953, chaque avancée vers « l’égalité réelle » fut gagnée par des luttes, souvent sanglantes, avant d’atteindre une presque égalité – malgré encore bien des séquelles tenaces du colonialisme. Un processus de même type s’est enclenché à Mayotte à partir de 1993.

 

Après la grève des lycéens de 1984 pour de meilleures conditions d’éducation, ce fut la grève générale de 1993 pour une hausse du salaire minimum ; puis un mois de grève en 2003 contre la réforme des retraites, mais aussi pour l’avenir de l’école ; en 2007, une grève de quatre mois des instituteurs pour ne pas restés bloqués dans une fonction publique au rabais ; en 2008, une grève illimitée dans la santé pour l’intégration dans la fonction publique ; en 2009, des manifestations contre la hausse du coût de la vie à Petite-Terre (la plus petite île de Mayotte) ; en 2011, quatre semaines de grève générale contre la vie chère. A chaque fois, avec de violents affrontements. Enfin, en octobre-novembre 2015 a débuté une nouvelle lutte pour « l’égalité réelle et la justice », pour l’application immédiate et intégrale à Mayotte du Code du travail et des conventions collectives de la métropole, l’alignement immédiat des pensions et prestations sociales au niveau de la métropole.

 

Un moment interrompu, le mouvement a redémarré les 30 et 31 mars 2016, en même temps qu’en France ou à la Réunion contre la loi El Khomri, toujours pour « l’égalité réelle » mais aussi contre la loi travail. Le 16 avril, dans un climat d’affrontements entre jeunes et gendarmes et de grosse pression médiatique contre les « violences », le mouvement a été suspendu par l’intersyndicale, malgré l’opposition de la base ; les avantages des fonctionnaires expatriés sont maintenus mais pour les autres, il n’y a que des promesses et un agenda de négociations : « rien », disait la majorité des grévistes.

 

Comme rien n’est réglé et au vu des luttes passées, on peut être sûr que le 16 avril 2016 n’est pas la fin d’une lutte mais seulement une étape dans un mouvement qui se cherche une direction – dans les deux sens du terme –, entre une mobilisation commune pour « l’égalité réelle » restant dirigée par les notables et un combat de classe où « l’égalité réelle » serait définie par les plus pauvres et la lutte dirigée par ces derniers.

 

 

- Une tumultueuse terre de culture et d’histoire

Située dans l’archipel des Comores qui comporte quatre îles principales (Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore), entre l’Afrique et Madagascar, Mayotte est elle-même constituée de deux îles. Sa population est officiellement d’un peu plus de 220 000 habitants. Vieille terre de culture et d’histoire, c’est un carrefour de civilisations, au croisement des cultures malayo-polynésienne d’Indonésie, africaine – bantoue et swahili –, malgache, arabe et française.

 

La majorité de la population parle une langue d’origine africaine, le shimaoré ; un tiers ou plus parle un ou des dialectes malgaches, dont le shibouski. A côté d’une écriture comorienne réservée aux  textes religieux ou littéraires, l’arabe a été longtemps la seule langue écrite pour l’administration ; le shimaoré comporte ainsi une syntaxe et de nombreux mots arabes. Enfin, le français, qui demeure une langue d’importation, est aujourd’hui utilisé à l’école et dans l’administration, sans qu’il existe une langue créole.

 

Jusqu’aux années 1990, la population a toujours eu l’habitude de se déplacer sans restrictions d’une île à l’autre dans des Comores qui ont une forte unité linguistique, culturelle et historique. Aujourd’hui, bien des familles se retrouvent divisées entre les différentes îles.

 

La majorité des habitants est musulmane sunnite, shaféite et confrérique : un islam très tolérant. Une partie de la population est animiste et de tradition matriarcale polyandre ou polygame. Il n’y a pas de femmes voilées à Mayotte. Le droit islamique, en perdition, est du ressort de 22 « cadis » salariés par le conseil général. L’école coranique encore présente s’efface peu à peu. La polygamie est en voie de disparition chez les nouvelles générations nées après 1985, où elle est interdite.

 

Les Comores ont longtemps été un des pivots du trafic négrier. Les sultans comoriens allaient chercher des esclaves sur la côte africaine, avant de les revendre à des européens ou des arabes, à destination surtout du Proche-Orient. Le sultan qui régnait sur Mayotte, vassal de son voisin d’Anjouan (les Comores étaient en voie d’unification sous l’autorité de l’Etat d’Anjouan) mais en conflit avec lui, appela la France à son secours en 1841 et lui vendit l’île.

 

L’archipel devint protectorat français en 1887, sauf  Mayotte qui resta colonie. L’esclavage y fut aboli en 1848 alors qu’il ne l’était pas dans les sultanats des Comores sous protectorat. Mayotte fut plus imprégnée par la présence française que les trois autres îles, avec une administration d’expatriés et des colons venus de La Réunion, sans qu’apparaisse pour autant une société créole. Après la fin du trafic négrier, les Comores surpeuplées, sans ressources, éloignées des grandes routes maritimes, n’intéressèrent plus guère l’administration coloniale française. 

 

La production agricole ou aquacole est aujourd’hui vivrière à 60 % ; les exportations, vanille,  parfum dérivé de l’ylang-ylang, sont faibles ; l’économie, de type colonial, vit de la commande publique et de la consommation privée autour du BTP et du commerce.

 

Mais tout pourrait changer avec l’exploitation pétrolière sur la zone des « îles éparses ». C’est ce qu’espèrent les notables qui poussent pour cela à la transformation de l’île en zone franche, sans taxes pour les patrons et sans droits pour les travailleurs, avec peut-être, à partir de là, l’idée de l’indépendance.

 

 

- Luttes sociales et question migratoire

En 1993, une importante grève générale pour l’augmentation du salaire minimum fit peur aux  leaders politiques mahorais qui agitèrent alors le chiffon rouge de l’immigration, devenue l’explication de tous les maux. Ils réclamèrent la mise en place d’un visa entre Mayotte et les autres îles. En 1995, Balladur l’instaura pour tout Comorien souhaitant se rendre à Mayotte. Un trajet devenu depuis très difficile, même si la progression – même relative – du niveau de vie à Mayotte et la crise sécessionniste de 1997 à Mohéli et surtout Anjouan ont conduit à une multiplication des départs. Selon les autorités comoriennes, on compte 20 000 morts de 1995 à 2015 pour la traversée maritime du « canal de la mort ».

 

La population de Mayotte est passée de 40 000 habitants en 1975 à officiellement 220 000 en 2016 – mais probablement 350 000, si ce n’est 500 000. Les migrants clandestins, qui selon la législation internationale sont à Mayotte dans leur pays, représentent désormais presque la moitié de la population. En 2005 Sarkozy, en pleine période « kärcher », a déclenché une chasse aux sans-papiers à Mayotte, avec 13 253 expulsions en 2006. Le chiffre n’a fait qu’augmenter depuis. De plus, beaucoup de migrants arrivés avant 1995 n’ont jamais demandé de titre de séjour puisqu’il n’y en avait pas besoin et sont donc aujourd’hui « sans papiers ». Tout le monde héberge des clandestins qui travaillent, cultivent les terres, etc.

 

Les plus grands bidonvilles de l’Etat français ont alors surgi, sans eau ni électricité, avec le règne des maladies et de la malnutrition, des bandes d’enfants abandonnés, d’autant que l’Etat français se met à chasser les Mahorais des bandes côtières où ils habitent majoritairement, sous prétexte de protection du littoral.

 

Mayotte est ainsi devenue une des pires sociétés coloniales. La moitié des Mahorais vit avec moins de 348 euros par mois, 82 % de la population se trouve sous le seuil officiel de pauvreté, avec le coût de la vie le plus élevé de tous les territoires français. Le taux de chômage est de 20 % (46,5 % pour les jeunes), sans compter les clandestins ; le taux d’illettrisme bat des records ; les services publics sont insuffisants et dégradés – tout cela, sur un territoire où 50 % de la population a moins de 20 ans.

 

Face à cette situation explosive, les autorités et les partis qui ont suscité à partir de 1993 la peur du migrant, la cultivent en mettant en avant la délinquance, comme dérivatif social et pour séparer blancs et noirs. Aussi voit-on  souvent des Mahorais qui réclament le renvoi des sans-papiers. Mais bien des manifestants hébergent eux-mêmes des clandestins. Ainsi se créent des milices (de mamans) de protection des villages, dont la lutte contre l’insécurité évolue souvent vers une mobilisation pour plus d’écoles, d’hôpitaux, de MJC, de restaurants populaires pour les enfants pauvres, etc.

 

Note :

[1] Jacques Chastaing, militant du NPA à Mulhouse

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:20
17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !
17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !

- Qui sème le mépris, récolte la colère :

Alors que l’opinion, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités restent massivement opposés au projet de loi travail, le gouvernement décide de passer en force en utilisant l’article 49.3.

 

C’EST INTOLÉRABLE !

 

Les mobilisations déjà engagées ces dernières semaines ont contraint le gouvernement à modifier son texte.

 

Cependant, ce dernier reste régressif. C’est pourquoi, la mobilisation doit désormais être amplifiée pour obtenir son retrait définitif.

 

D’ores et déjà, dans plusieurs secteurs professionnels, des appels à la grève et à sa reconduction ont été lancés à travers des assemblées générales.

 

A partir de tous ces éléments, les organisations syndicales départementales CGT, FO, FSU, US Solidaires, et les organisations syndicales de jeunesse UNEF et UNL appellent le mardi 17 mai et le jeudi 19 mai, les jeunes, les salariés, les privés d’emploi, les retraités, à rejoindre le mouvement de grève et de manifestations.

 

 

- POUR le retrait du projet de loi travail et POUR l’obtention de nouveaux droits 2 dates pour AGIR ENSEMBLE !

 

Le MARDI 17 MAI

 

17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !
Le JEUDI 19 MAI
17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !

- L'appel unitaire des 12 et 19 Mai en version imprimable

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

17&19 Mai en Charente Maritime : TOUS DEBOUT face au 49-3 !
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 08:01
Le Parti de Gauche propose une alternative à la Loi Travail et à son monde

Nous exigeons le retrait de la Loi El Khomri, qui va pourrir nos vies. Elle obéit aux exigences de Bruxelles et des traités européens en appliquant la politique de l’offre : baisse du «coût du travail», flexibilisation du marché du travail… Comme les autres lois du même genre adoptées depuis 30 ans, elle ne créera aucun emploi et augmentera la précarité.

A l’inverse, nous portons une alternative radicale et concrète, pour en finir avec le chômage, la misère et la précarité. Notre vie, notre travail, notre créativité valent mieux que ce qu’impose le système actuel.

En finir avec le chômage et la précarité, nous, on peut !

 

Sources :  Le Parti de Gauche par Paul Deboutin et Elyse Lethuillier le 6 mai 2016

- Des salaires décents pour relancer l’activité

Si un patron embauche un salarié, ce n’est pas parce qu’il ne coûte pas cher, mais parce qu’il a quelque chose à produire. C’est la demande qui crée de l’emploi, en stimulant le carnet de commande.

 

  • Pour relancer la demande, il faut garantir à tou-te-s un niveau de vie décent : augmenter le SMIC à 1.700€ brut, mais aussi augmenter le salaire des fonctionnaires pour rattraper le pouvoir d’achat perdu en 5 ans de gel du point d’indice, et augmenter le montant des indemnités chômage et la durée d’indemnisation ainsi que le RSA : aucun des minima sociaux ne devrait être inférieur au SMIC. Cela remplira le carnet de commande des entreprises, entraînant la création de 240 000 emplois.
  • Assurons aussi à tou-te-s des emplois stables : pour lutter contre la précarité, nous titulariserons les milliers de précaires de la fonction publique, nous encadrerons strictement le recours aux contrats courts et précaires (pas plus de 5% de CDD dans les effectifs d’une entreprises, 10% dans les PME et selon les secteurs) aux stages (pas plus de 6 mois, rémunération d’au moins 50% du SMIC) et le recours à la sous-traitance ne devra qu’être exceptionnel et justifié.
  • Nous renforcerons les effectifs et les missions de l’inspection du travail pour garantir les droits des salarié-e-s dans l’entreprise : égalité salariale femmes/hommes plus fortement encadrée, lutte contre les discriminations par l’instauration d’une loi sur les CV anonymes, etc. Face au développement des nouvelles formes de l’économie via le numérique, un encadrement très strict sera opéré pour empêcher le développement du recours aux contrats d’auto-entrepreneurs.
  • Un salaire maximum sera instauré : dans une entreprise, le plus haut salaire ne pourra être plus de 20 fois supérieur au plus bas. Si les dirigeants veulent s’augmenter, ils devront également augmenter leurs salariés. A cela s’ajoutera un revenu maximum de 300 000€ par an, pour permettre à l’argent de circuler dans l’économie réelle plutôt que de s’accumuler (taxation à 100% au-delà de 300.000€/an).

 

 

- L’investissement public pour stimuler l’activité

Plutôt que de tailler dans la dépense publique, l’investissement public doit être largement utilisé afin de stimuler l’activité économique. Son utilisation à la fois massive et ciblée permettra de réorienter la production vers les besoins réels de la population et de planifier la transition écologique pour répondre à l’urgence qui menace notre écosystème. L’investissement public participera ainsi au financement de grands projets dans plusieurs secteurs économiques, comme :

  • la construction de 200 000 logements par an, principalement dans l’habitat social (création de 100 000 emplois) ;
  • la création de 100 000 nouvelles places en crèche ;
  • la mise en place d’un nouveau modèle agricole, tourné vers une agriculture paysanne, biologique et de proximité (création de 300 000 emplois selon la Confédération paysanne) ;
  • le soutien à l’économie sociale et solidaire pour combler les 150 000 postes vacants ;
  • la transition énergétique : développement des énergies renouvelables, isolation énergétique des bâtiments, sobriété (création de 600 000 emplois selon le scénario Négawatt) ;
  • l’économie de la mer (production de plastiques à base d’algues, hydroliennes…)

 

 

- Le renforcement des services publics pour créer du travail

Sarkozy et Hollande ont fracassé les services publics. Il est impératif de revenir sur les 190 000 suppressions de postes opérées depuis 2007 !

 

Au-delà, les besoins sont énormes. De nombreux secteurs manquent de moyens humains pour assurer un service public de qualité dans de bonnes conditions de travail. Nous voulons créer 1 million d’emplois publics, avec un recrutement progressif et une formation de qualité. Ces nouveaux postes viendront renforcer les écoles, les universités, les hôpitaux, les crèches, la police, la défense, la justice, les services sociaux, les douanes et les services fiscaux.

 

Le gouvernement a augmenté de plus de 30 milliards par an de cadeaux aux entreprises et actionnaires du CAC40 via le CICE et le Pacte de responsabilité, sans aucune exigence de création d’emploi et sans aucun résultat. A titre de comparaison, cela correspond à plus d’1,5 millions de SMIC annuels bruts : il serait bien plus efficace de financer directement 1 million d’emplois publics !

 

 

- Avec le protectionnisme, reconstruire un appareil de production national

Avec la libéralisation de l’économie, la compétition exacerbée et le dumping social et fiscal ont ravagé l’appareil productif français. Les délocalisations sont responsables, selon l’Insee, de 36 000 destructions d’emplois par an entre 2000 et 2005, et de 60 000 par an depuis la crise de 2008.

 

Il faut remettre de l’ordre dans ce chaos. Le protectionnisme commercial (quotas, droits de douane…) permettra de réorienter la consommation vers des produits fabriqués localement. La mise en place de normes sociales et écologiques valorisera les produits sains et de haute qualité.

 

Le protectionnisme a également un rôle à jouer dans la définanciarisation de l’économie (contrôle des mouvements de capitaux…). Celle-ci permettra à l’argent d’être réinvesti dans l’économie réelle, tout en réduisant la pression concurrentielle qui étouffe les PME-TPE.

 

 

- Partager le travail pour vivre mieux !

Depuis Balladur, les exonérations de cotisations sociales sont utilisées pour baisser le “coût” du travail. Elles représentent un coût cumulé de 300 milliards € selon la Cour des Comptes, sans impact positif réel pour l’emploi. Il est temps d’arrêter cette gabegie d’argent public.

 

Il faut plutôt partager le temps de travail, qui est aujourd’hui inégalitaire : 80% des temps partiel concernent des femmes. De plus, les 35 heures ne sont pas réellement appliquées: il y a de nombreuses dérogations possibles, régulièrement étendues depuis 2002. De ce fait, la durée moyenne de travail des salariés à temps plein est de 39,5 heures. Nous généraliserons les 35 heures dans des conditions favorables aux salariés, c’est-à-dire sans créer de surcharge de travail.

 

Puis, nous devrons aller vers les 32 heures et la semaine de 4 jours, en conditionnant les aides aux entreprises à des créations réelles de postes. Il sera indispensable d’augmenter en parallèle le pouvoir des salariés dans l’entreprise pour que la baisse du temps de travail ne conduise pas à une flexibilisation de l’emploi ni à une intensification du travail individuel. Pas de partage du travail sans démocratie dans l’entreprise !

 

Plus globalement, la place de l’emploi dans nos vies doit être revue pour penser l’émancipation individuelle et collective. Plaçons au coeur du débat la reconquête du temps libre, avec une 6ème semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, ou encore une allocation d’autonomie pour les jeunes en étude ou en formation. C’est garantir à chacun-e d’entre nous un temps personnel réel. C’est aussi valoriser d’autres activités et d’autres formes de travail que l’emploi comme, par exemple, les divers engagements citoyens (associatif, syndical, politique…).

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 08:27
Code du travail : le Parti socialiste m'a tuer

Pour la 4e fois, le pouvoir socialiste dégaine l'article 49-3 de la Constitution monarchique régissant la 5e République française. C'est à dire que sans débat au Parlement, il fait feu pour passer en force la destruction du Code du travail.

 

Sources :  le blog de Roger Colombier le 11 mai 2016 | mis à jour le 12 mai 2016

Lorsqu'ils ne sont pas aux affaires -au propre comme au figuré-, les socialistes parlent d'atteinte à la démocratie quand la droite fait fonctionner le 49-3. Mais le graphique ci-contre montre que la social-démocratie française au gouvernement gère pareillement les affaires du capitalisme français, avec les premier ministres qui en ont usé.

 

Code du travail: le Parti socialiste m'a tuer

A l'heure où j'écris ces lignes, nulle défection parmi les encartés rue à Paris, alors que plus de 70% des Français sont opposés à la loi El Khomri.

 

Les députés Fg trouveront-ils 58 députés pour déposer une motion de censure ? Rien n'est moins sûr, tant le groupe que dirige le député Pcf André Chassaigne n'est pas homogène. Et puis, il faut trouver des députés socialistes et écologistes voulant censurer le parti de l'Elysée qui les fait bien vivre.[1]

 

De plus, avec l'arme anti-démocratique de l'article 49-3 de la Constitution, les députés de l'Elysée n'ont plus à voter pour ou contre la loi réactionnaire El Khomri. Et cela en arrange beaucoup.

 

Dans la politique politicienne, summun entre autre de l'hypocrisie, même si un pouvoir prive la représentation nationale de son rôle majeur de législateur, des députés godillots restent jusqu'au bout des députés godillots. CQFD.

 

 

- Communiqué de la CGT :

 

Loi Travail et 49-3 : Le gouvernement affiche sa conception de la démocratie !

 

Depuis maintenant près de trois mois, une mobilisation exceptionnelle a pris racine en France pour combattre le projet de loi Travail et porter l’exigence de nouveaux droits sociaux pour les salariés.

 

Quelle est la réponse du gouvernement ? Le passage en force !

 

Ce projet de loi ne figurait pas dans le programme du candidat Hollande.

 

L’utilisation du 49-3 pour faire adopter une loi rejetée par plus de 70% de la population est inadmissible, une véritable honte ! Cette décision ne vient que s’ajouter à un processus antidémocratique depuis le début. Faut-il rappeler la non consultation des organisations syndicales avant l’écriture du texte, les rencontres éclair avec la Ministre du travail, le blocage des votes à l’Assemblée nationale ?

 

Les salariés sont méprisés, les citoyens bafoués et leurs représentants ignorés.

 

La CGT condamne ce déni de démocratie et la brutalité affichée par le gouvernement.

 

Elle poursuivra et amplifiera la mobilisation et appelle tous les salariés à s’inscrire dans le mouvement, se réunir en assemblées générales pour décider ensemble la poursuite de la mobilisation jusqu’au retrait et pour un code du travail du XXIème siècle.

 

Plus que jamais, l’urgence est à la mobilisation.

 

Montreuil, le 10 mai 2016

 

Note :

[1] Les députés FdG n'ont pas trouvé 58 députés pour déposer une motion de censure

Voir ci-dessous la liste des 56 signataires (sur 58 nécessaires) de la "motion de censure" initiée par les 13 députés Front de Gauche.
Ne reste plus qu'à voter la motion de la droite pour faire échec au projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri... ce que feront les députés Front de Gauche !
Mais les "frondeurs" du PS et les élus EELV ont d'ores et dèja annoncé qu'ils ne le feront pas !
Seul aspect positif, les "frondeurs" d'opérette et autres EELV ont définitivement tué les "primaires de la gauche" ! L'heure de vérité a sonné pour eux.. ! Quand on est de gauche on s'oppose jusqu'au bout au recul social !

Code du travail : le Parti socialiste m'a tuer
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 08:32
12 mai : poursuivons l'action unitaire en Charente Maritime

Communiqué commun en Charente Maritime
Appel aux manifestations le 12 mai 2016


- Renforcer le rapport de force pour gagner le retrait du projet de loi travail.
Nous sommes dans une étape importante du mouvement marqué par un processus unitaire qu’il faut conserver malgré les tentatives de division les actes de répression commandités par le gouvernement, les campagnes médiatiques menées contre nos organisation et la stigmatisation « d’actes de violence » n’ont pas détourné l’attention des salariés.

 

Au contraire, le mouvement social en cours a permis de renforcer l’hostilité contre le projet de loi dans l’opinion publique.


Le 12 mai 2016 reprendra le débat parlementaire prévu pour se poursuivre pendant plusieurs semaines.


 

Les organisations syndicales départementales CGT, FO, US Solidaires, FSU et les organisations syndicales de Jeunesse, UNEF, UNL appellent à une mobilisation le 12 mai 2016 :

  • À la Rochelle à 14h30 Place de la Motte Rouge, suivie d’une manifestation
  • À Saintes à 17 h devant la permanence de la députée Catherine Quéré

 

L’heure est à la tenue d’assemblée générale dans les entreprises, établissements et services pour mettre en discussion la poursuite de la mobilisation y compris par la grève jusqu’au retrait du projet de loi Travail El Khomri.
 

La Rochelle, le 10 mai 2016

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- Loi travail, interpellez votre député(e) !

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 08:43
Bernard Thibault : La troisième guerre mondiale est sociale

- Résumé

Le travail et les règles qui l’organisent sont au cœur des débats. Faut-il assouplir la loi pour s’adapter aux contraintes du marché ? Faut-il, au contraire, faire progresser les droits sociaux et soumettre le marché au respect des normes qui assurent à tous un travail décent ?

 

Dans son livre "La troisième guerre mondiale est sociale", Bernard Thibault[1], secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013 et administrateur de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), affirme la « primauté des aspects humains et sociaux sur les considérations économiques et financières ». Truffé d’informations sur l’état social du monde, ce livre propose que le respect des normes sociales de l’OIT conditionne les accords internationaux et s’impose aux multinationales et aux États. Ces normes peuvent devenir un levier pour faire progresser les droits sociaux en France et dans le monde.

 

A quelques jours du troisième anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza qui avait fait plus de 1100 victimes parmi les ouvriers et ouvrières du textile le 24 avril 2013 au Bangladesh, la lecture de ce livre incite à sortir du repli nationaliste et à construire une mondialisation qui donne la primauté aux droits humains sur le défilé ininterrompu des cours des bourses mondiales.

 

Dans cet ouvrage, Bernard Thibault dénonce ce culte du moindre coût qui sacrifie les salariés du monde sur l’autel de la concurrence. Contrairement au sentiment largement répandu, la solution à cette dérive n’est pas le repli sur soi nationaliste mais la promotion de l’égalité des êtres humains par l’adoption dans les divers pays du monde de normes protectrices tant du point de la rémunération par un salaire décent qu’en termes de conditions du travail.

 

- Par : Bernard Thibault

Éditions : Editions de l’Atelier

Pages : 224

Parution : 15 avril 2016

Disponibilité : en librairie ou chez l'éditeur Editions de l’Atelier
Prix TTC : 15 €

 

Note

[1] Il a écrit ce livre avec le concours de Pierre Coutaz.

 

Pour en savoir plus :

- Bernard Thibault : « La précarité sociale est à la source de nombreux conflits dans le monde »

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 08:44
12 mai : nouvelle journée d'actions et de manifestations contre la Loi Travail

Faisons du 12 mai une journée d’initiatives et d’interpellations des parlementaires.

 

Communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL

 

Les organisations syndicales de salarié-es, lycéen-nes et étudiant-es, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL FIDL réunies le 2 mai 2016 réaffirment leur détermination à obtenir le retrait du projet de loi travail et à gagner de nouveaux droits.

 

Elles rappellent une fois encore que manifester est un droit et que les pouvoirs publics doivent garantir la sécurité des manifestants dont l’objectif est d’obtenir le retrait du projet de loi. Elles contestent la stratégie du maintien de l’ordre mise en place dans certains départements.

 

Les organisations signataires en appellent encore au gouvernement avant l’ouverture du débat parlementaire.

 

Elles interpellent les députés qui vont examiner le projet dès le 3 mai en leur rappelant leur courrier du 31 mars 2016 et les exhortent à rejeter ce projet de loi qui accentue la précarité, marque la remise en cause des conventions collectives, ruine les garanties collectives. Elles exigent le maintien de la hiérarchie des normes et du principe de faveur protecteur des droits des salarié-es.

 

Ce 3 mai, elles s’exprimeront publiquement lors de meetings, notamment à Paris pour rappeler aux parlementaires leurs revendications. Elles tiendront des rassemblements sur tout le territoire pour parler d’une seule et même voix.

 

Elles demandent aux salarié-es dans les entreprises et les administrations de multiplier les assemblées générales pour débattre de l’amplification de la mobilisation, y compris par la grève, pour obtenir le retrait du projet de loi.

 

Elles demandent à leurs organisations régionales, départementales et locales de poursuivre les actions, manifestations ou grève pour faire pression pendant le débat parlementaire.

 

Elles conviennent de faire du 12 mai une journée d’initiatives et d’interpellations des parlementaires.

 

Une nouvelle réunion des organisations syndicales se tiendra dès le début de la semaine prochaine pour décider de nouvelles mobilisations.

 

Paris, le 2 mai 2016

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

- Loi travail, interpellez votre député(e) !

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 21:51
Loi travail, interpellez votre député(e) !

Le projet de loi travail, contre lequel la pétition (Loitravailnonmerci) a recueilli plus d’un million de signatures. Mardi 3 mai débute le débat à l'Assemblée Nationale débute, et, dans les semaines qui viennent, les élu-e-s vont être amenés à voter sur le texte de loi.

 

Prenez quelques minutes pour interpeller votre député(e) !

 

 

- Des outils pour agir :

  • Une plateforme est à votre disposition sur internet vous permettant de contacter votre député par mail ou sur Twitter pour lui demander de voter contre la loi travail.
  • La possibilité d’appeler également les parlementaires directement à leur permanence au 01.40.63.60.00 sera activée.

 

- A vous de jouer !
Vous trouverez ci dessous les liens vers :
- Un tutoriel pour appeler les parlementaires ICI ;
- Un document avec quelques arguments pour convaincre les député.e.s ICI ;

  • Toutes les coordonnées des député.e.s, par département, sont disponibles ICI

 

Les député-e-s ont été élu-e-s en 2012 pour mettre en oeuvre un programme politique dans lequel il n’y avait aucune trace d’un allongement du temps de travail ou d’une facilitation des licenciements. Nous leur demandons de respecter notre vote en votant contre la Loi travail.

 

Les prochaines élections sont dans 1 an. Nous nous souviendrons de leur vote en 2017.

Loi travail, interpellez votre député(e) !
Loi travail, interpellez votre député(e) !
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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 08:00
1er Mai unitaire en Charente Maritime pour le retrait du "projet de loi travail" !

Les nombreuses initiatives, grèves, manifestations et rassemblements qui se sont multipliés depuis le 9 mars renforcent la détermination des organisations syndicales de salariés, de lycéens et d’étudiants à obtenir le retrait du projet de loi travail et gagner de nouveaux droits pour les salariés.

 

Le mouvement est majoritaire dans l’opinion. Le gouvernement doit enfin entendre ces revendications et cesser de répondre aux exigences du patronat.

 

 

- Gagner le retrait du projet de loi travail est possible !

La grève et les manifestations dès 28 avril et 1er mai seront un moyen supplémentaire pour avancer vers cet objectif.

 

La tenue d’assemblées générales dans les entreprises, les services, les lieux d’étude pour débattre de la grève, de son ancrage dans la durée, des modalités d’action doit permettre d’aller plus loin jusqu’au retrait de la loi et l’obtention de nouvelles garanties collectives porteuses de progrès social.

 

Des luttes et mobilisations se développent et se construisent dans de nombreux secteurs autour des questions de conditions de travail et d’études, de salaires et de précarité... Elles doivent être entendues.

 

 

- Le 3 mai va s’ouvrir le débat parlementaire, qui se poursuivra pendant plusieurs semaines.

Les organisations syndicales appellent à faire de cette journée un nouveau temps fort de mobilisation et d’initiatives.

 

Ce 3 mai les organisations syndicales prendront la parole publiquement pour exiger des parlementaires réunis à l’Assemblée nationale le rejet du projet de loi et faire entendre leurs revendications.

 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU appellent  les salariés, les privés d’emploi, les retraités les étudiants, les lycéens à participer massivement aux manifestations du 1er mai en Charente Maritime

1er Mai unitaire en Charente Maritime pour le retrait du "projet de loi travail" !

- L'appel unitaire du 1er Mai en version imprimable

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier Loi Khomri/Valls

1er Mai unitaire en Charente Maritime pour le retrait du "projet de loi travail" !
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