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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 20:20
Réflexions pour le Front de gauche

Source : Médiapart le blog de Roger Martelli  le 30 mai 2014

- 1. La gauche dans son ensemble est au plus bas.

Elle vient d’enregistrer son plus bas pourcentage en suffrages exprimés depuis 1936, toutes élections confondues. La gauche de gauche est elle aussi mal en point : le total du Front de Gauche (FDG) et de l’extrême gauche (8 %) est le plus modeste en scrutin européen, un des trois plus faibles toutes élections confondues (pour le total PCF-extrême gauche). Pendant des décennies, le PCF a reculé sans que nul, à la gauche du PS, ne se montre en état de récupérer ce qu’il a perdu. Entre 1997 et 2008, l’extrême gauche trotskisante a fait une percée non négligeable. Elle s’effondre aujourd’hui, sans que le FDG récupère ce qu’elle perd.

 

 

- 2. Nous avons affaire à une crise politique qui est en même temps une crise de la politique.

Non pas de la politique en général, mais de la politique dans sa forme instituée. Les partis dits de gouvernement sont pénalisés par le recul de l’État, qui les rend incapables de répondre à la demande sociale « d’en bas ». De façon plus générale, le fonctionnement vertical des partis contredit le désir de délibération et de décision directe des individus. Il ne parvient plus à maîtriser le rapport complexe du social et du politique. Désormais, la reconstruction des cadres mêmes de la démocratie et la relance politique doivent se penser en même temps, selon des logiques voisines, à partir des mêmes exigences

 

 

- 3. Il n’y a donc pas de solution purement partisane à la crise politique actuelle.

Inutile d’envisager un parti central, au cœur d’une galaxie étendue, comme le PCF y parvint pendant quelques décennies ; mais un front de partis, fût-il élargi, ne suffit pas non plus. Le contact entre formations politiques est utile ; il n’est pas « la » solution. S’il faut reconstruire, c’est dans deux directions : associer à la construction de projets et d’initiative politique des forces et des individus qui ne sont pas dans le champ étroitement partisan ; bâtir des formes de fonctionnement collectif selon des modèles coopératifs, en réseaux, qui contredisent la tendance forte à confondre centralité et verticalité hiérarchique.

 

 

- 4. Le champ de cette reconstruction n’est pas « toute la gauche ».

Non pas qu’il faille renoncer au dualisme gauche-droite constitutif de la politique française. Non pas qu’il faille cesser de viser des majorités, pas simplement ponctuelles, mais autour de projets transformateurs globaux. Mais cette majorité ne se formera pas en dehors de médiations de plus ou moins longue durée. Depuis que le PCF a cessé d’être « central » à gauche, cette médiation est celle de la formation d’un pôle transformateur, ancré immédiatement dans le refus de la méthode sociale-libérale. La gauche existe encore. Il n’y a pas deux gauches hermétiquement fermées l’une à l’autre. Mais la gauche est polarisée entre la tentation de l’adaptation et de l’accommodement d’un côté, et de l’autre côté la propension à la rupture et au dépassement. Le second pôle est trop faible : il faut le conforter.

 

La structuration de ce pôle n’est pas une fin en soi. Mais si on ne s’y attelle pas de façon spécifique, hors élection et à l’occasion des élections, la gauche tout entière restera en panne. Il ne faut plus reproduire la cacophonie des municipales. Ce qui fit naguère la force de la stratégie d’union de la gauche tenait à deux choses en même temps : le PCF était à 20 % et il proposait la formule de l’union de la gauche partout. Pour assurer la présence d’un pôle transformateur (aujourd’hui minoritaire à gauche), il faut l’affirmer de façon cohérente, si possible à toutes les élections. Si des ajustements concrets doivent se faire, ils se font sur la base d’une orientation commune, valable sur la durée et opiniâtrement suivie.

 

 

- 5. La gauche de gauche française n’a pas disparu, comme elle l’a fait un moment en Italie.

Mais elle est en panne. Quatre traits, à mes yeux, contribuent à la pénaliser : la « peur de gagner », le jeu de la concurrence partisane, l’art de mettre en évidence les sujets qui fâchent, la propension à identifier modernisation et renoncement.

 

  • La « peur de gagner » : chaque fois que l’occasion se présente de prolonger électoralement une dynamique sociopolitique, la gauche de gauche s’emballe et échoue. En 1995, le grand mouvement de novembre-décembre bouscule un paysage politique qui semblait totalement bouché à gauche. Peu après, le PCF choisit la gauche plurielle et la LCR l’enfermement avec LO : à l’arrivée le PC est laminé et l’extrême gauche confortée mais isolée. En 2005, la victoire du Non ouvre un espace formidable à l’affirmation électorale d’un vote de gauche franchement en rupture avec les recentrages de vingt ans. La LCR fait la moue, le PC croit qu’il est le mieux placé : à l’arrivée, les comités antilibéraux explosent et la gauche de gauche est cruellement affaiblie. En 2012, le FDG fait une percée remarquée à la présidentielle. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

  • Le jeu de la concurrence partisane : au mieux, la gauche de gauche sait faire des cartels ; mais un cartel ne fait pas nécessairement « mouvement ». Chaque organisation tient d’abord à son existence : tout se passe comme si le commun (le cartel) n’était accepté que dès l’instant où il servait les intérêts du particulier (le parti). En pratique, chacun est plus ou moins persuadé qu’il est « le mieux placé pour… ». Autant dire que les autres sont moins bien placés pour… Dès lors, dans un cartel, chacun observe l’autre, comme en attente de la faille du partenaire. Au départ, on a des tête-à-tête ; à l’arrivée, on bute sur des face-à-face.

 

  • La passion des sujets qui fâchent. Globalement la gauche de gauche se caractérise par des traits de communauté majeurs : la critique des ajustements « sociaux-libéraux », le refus de la mondialisation financière, la conviction que le développement économe des capacités humaines vaut beaucoup mieux que la concurrence libre et non faussée, le désir d’avancer vers une démocratie d’implication… Mais dès qu’on semble parvenu à un consensus, on s’ingénie à trouver la ligne de clivage qui montre que l’entente est factice. En 2005-2006, la convergence antilibérale fait la preuve de sa force face au PS recentré ? La LCR se met alors à théoriser sur la différence jugée fondamentale et discriminante entre les « antilibéraux » et les « anticapitalistes ». On s’accorde, à la gauche de la gauche, sur la prééminence de la question des droits ? On se débrouille pour s’écharper sur le voile ou sur le post-colonialisme. En quelques années, on a pris l’habitude de penser ensemble les combats locaux, nationaux, européens, planétaires ? C’était trop beau : voilà que renaissent les débats sanglants entre « européistes » et « souverainistes », comme on s’égorgeait naguère entre « fédéralistes » et « confédéralistes », ou entre « girondins » et « jacobins ». À la gauche de la gauche, on aime bien se trouver des ennemis irréductibles dans son propre camp. L’ennemi le plus pernicieux, c’est celui qui vous ressemble le plus.

 

  • La confusion du mouvement et du renoncement. Dans la gauche de gauche, les jours heureux sont volontiers derrière nous. Du temps de la grande Union soviétique, du CNR, de l’État-providence, du keynésianisme, de l’unité jacobine, du jauressisme, de l’union de la gauche… Chacun choisit ses jours heureux. Mais ils sont dans le passé. Si le PS est fustigé, c’est parce qu’il tourne le dos au passé. Tant de renoncements ont été menés au nom de la « modernité » (souvenez-vous de « Vive la crise ! ») que l’on finit par identifier désir de bouger et capitulation devant le capital. Cette méfiance peut se comprendre ; il n’en reste pas moins qu’elle est mortifère. En fait, il faudrait dénigrer le PS parce qu’il tourne le dos à l’avenir. Et pour cela, s’il faut cultiver la mémoire du combat ouvrier et démocratique, il ne faut surtout pas la rejouer sur le même registre. Aimer son passé, ce n’est pas le répéter. Le FDG n’est pas identifié à de la novation : c’est dommage. Y remédier se travaille.

 

-  Pour compléter la réflexion, l'analyse, le débat sur l'avenir du Front de Gauche, lire aussi :

- Par : Gros travail d'introspection qui attend le Front de gauche

- Par François Delapierre, Secrétaire national du Parti de Gauche : Agir pour Reconstruire

- Initiative citoyenne : Appel pour un nouveau départ du Front de gauche

- Débat l'Humanité.fr : Après le choc des européennes, quel type de rassemblement à gauche ?

- Sur le blog Eric Durand : APPEL NATIONAL pour des assises du FRONT de GAUCHE

- Par Eric DURAND : Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- Par Myriam Martin : Du Front de gauche au front commun anti-austérité

- Par Raoul Marc Jennar : Sauver la gauche, ce n’est pas sauver le PS !

- Par Samy Johsua : Gauche, gauche…et gauche

- Par Brice Errandonea pour "Ensemble" : Souveraineté nationale ou souveraineté populaire ?

- Par Eric FAssin :  La gauche, avec ou contre le PS ?

- Par Corinne Morel-Darleux : Réflexions post-européennes en 7 citations...

- Par Eric Coquerel, Secrétaire National du Parti de Gauche : Refondations

- Par Robert Duguet : Résistance ou collaboration, il faut choisir !

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 20:53
Bernard   Stiegler «Le Front national prospère 
dans le désert des idées politiques»

Source : l'Humanité  le 26 avril 2014 entretien réalisé par Grégory Marin

Dans son dernier ouvrage,  Pharmacologie du Front national, le philosophe Bernard Stiegler établit un lien entre la montée du parti des Le Pen et ce qu’il nomme « la destruction de l’attention » par le marketing et la société de consommation.  Avec son collectif  Ars Industrialis, il propose la mise en place d’une politique qui fasse appel à « l’intelligence des ‘‘gens’’ ».
- Dès votre première phrase, vous écrivez : «Cet ouvrage est un instrument.»
Bernard Stiegler. Les livres d’Ars Industrialis (Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit) sont en effet des instruments qui tentent d’appréhender ce que nous arrive et luttent contre la déconceptualisation généralisée qui détruit la vie politique. La politique ne peut pas avancer sans concepts. L’opposition de la droite et de la gauche résulte d’une opposition entre des modèles conceptuels forgés par la République des lettres. Plus récemment, il y avait en France une droite gaulliste qui pensait et à laquelle la gauche opposait ses propres concepts. Aujourd’hui, le marché inonde la sphère publique de « concepts marketing » qui court-circuitent la pensée et tuent la vie politique.

- Vous tentez de reconstruire d’autres concepts ?

Bernard Stiegler. Nous renouons avec une vieille tradition qui vient de Marx. Mais nous ne nous disons pas « marxistes » : Marx a été mal interprété par le marxisme. Lui-même a d’ailleurs « dérivé » : le dernier Marx, celui du Capital, est moins intéressant que celui des années 1840 et 1850. Le sujet de Pharmacologie du Front national est l’idéologie dont Marx parle dans l’Idéologie allemande (en 1845, avec Engels – NDLR). Il y pose que l’être humain est avant tout un être technique. Penser l’humain, c’est penser la technique formant le milieu dans lequel se nouent les relations sociales. Or on a progressivement oublié cette idée chez Marx – et Althusser a minoré ce texte que l’on a arrêté de lire.

- Et si on relisait ce texte ?
Bernard Stiegler. On n’entendrait plus des leaders politiques de gauche dire : « Il nous faut une bonne idéologie. » Dire cela, c’est avoir tout oublié du concept de Marx pour qui il n’y a pas des idéologies, mais l’idéologie, c’est-à-dire une illusion produite par une inversion de causalité qui légitime des dispositifs de domination. L’idéalisme qui en est la matrice prétend que la technique est produite par l’esprit. Marx affirme au contraire que l’esprit surgit de la vie technique.
- Le marketing politique s’est substitué 
à la pensée critique dites-vous. Vous parlez aussi d’un « effondrement de l’attention » comme d’une des causes de ce renoncement.
Bernard Stiegler. Le marketing détourne le désir de ses objets primordiaux (parents, proches, savoirs, culture) vers la marchandise. Pour cela, il capte l’attention comme l’expliquait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 : « Mon travail, c’est de vendre à Coca-Cola du temps de cerveau disponible. » Or cette captation détruit l’attention, qui est la forme ordinaire du désir, lequel régresse ainsi au stade de la pulsion. Le désir prend soin de son objet ; la pulsion détruit son objet.
- Notre cerveau est ainsi préparé à aller vers n’importe qui peut le manipuler. Y compris
le Front national ?
Bernard Stiegler. La destruction de l’attention pousse de plus en plus de gens vers le Front national parce qu’elle fait souffrir ceux qui la subissent tout en les empêchant de comprendre de quoi ils souffrent. L’attention est produite par l’éducation. Mais si on peut et on doit la former, on peut aussi la déformer. Le marketing la déforme en la manipulant avec d’énormes moyens. La formation de l’attention produit des savoirs – savoir vivre, faire ou conceptualiser. Politesse, chaudronnerie et mathématiques sont des formes d’attention. La déformation de l’attention est le désapprentissage de ces savoirs. Privé de ces savoirs, on est privé de place sociale : on n’est plus soi-même un objet d’attention. Les électeurs du Front national souffrent de cette destruction de l’attention psychique et du manque d’attention sociale qui en résulte.
- Vous écrivez qu’il ne faut pas accuser 
les électeurs du Front national, mais en prendre soin, car « prendre soin des électeurs du FN, c’est prendre soin de la société tout entière ».
Bernard Stiegler. Combattre la destruction de l’attention, c’est mettre en question le modèle consumériste qui a fait faillite en 2008. Parce qu’ils n’ont pas le courage d’affronter cet état de fait, les politiques font la morale aux électeurs du Front national, voire les insultent, telle Eva Joly parlant d’une « tache sur la démocratie », au soir de la présidentielle. Si le FN n’est pas bon pour la démocratie, ce n’est pas en insultant ses électeurs qu’on les ramènera vers la démocratie. Faire en sorte que celui qui souffre parce qu’il est malade soit accusé d’être la cause de sa maladie, c’est en faire un bouc émissaire – tout comme le FN fait des immigrés la cause d’une souffrance que ceux-ci subissent en général plus que quiconque.
- Voulez-vous dire que la dénonciation morale 
est vaine ?
Bernard Stiegler. Cette rhétorique morale sert à dissimuler une incurie politique. Le succès du Front national résulte de la révolution conservatrice. C’est elle qu’il faut analyser et combattre. C’est à mesure qu’elle s’impose que les idées du FN se répandent dans la société.
- Paradoxe, aujourd’hui le FN n’affiche plus 
ses croyances libérales, mais se donne une image sociale.
Bernard Stiegler. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen se fait appeler le « Reagan français » et promeut l’ultralibéralisme qui constitue l’idéal du FN – dont la croissance repose sur la manipulation du mal-être que provoquent les effets calamiteux de cet « idéal » pour aveugler les esprits. La souffrance est ce qu’il y a de plus manipulable. L’idéologie en général fait passer les effets pour les causes et le FN accomplit cette tâche en exploitant le mécanisme du bouc émissaire qui fait que, quand on souffre, et que l’on ne comprend pas la cause de sa souffrance, on recherche une victime expiatoire. Cependant, à mesure que les effets catastrophiques de l’idéologie néoconservatrice deviennent patents, et, en particulier après 2008, la fille Le Pen complexifie cette tactique : elle profite de l’absence totale de discours politique sérieux sur le renouveau de la puissance publique de la part des partis de gauche – réformistes aussi bien que radicaux – pour s’engouffrer dans ce qui fait dire de ce fait que son discours ressemble à celui de Jean-Luc Mélenchon…
- En quoi ?
Bernard Stiegler. Ce que dissimule le FN, c’est la cause véritable de la catastrophe en cours, à savoir l’hyperconsumérisme que l’idéologie conservatrice a généralisé dans le monde entier en remplaçant les institutions publiques par le marketing. Jusqu’à la fin des années 1970, les États contrôlent la socialisation de l’innovation technique pour limiter les effets toxiques qu’elle risque toujours d’engendrer – en détruisant l’attention, la santé, les emplois, l’éducation, l’environnement, etc. Une technique est toujours un pharmakon au sens de Platon : à la fois un poison et un remède. Comme le médicament, ce pharmakon peut tuer celui qu’il est censé soigner – faute d’une véritable thérapeutique. La politique est cette thérapeutique. On a vu se succéder ces dernières années les scandales sanitaires donnant l’impression que les pharmaciens devenaient des dealers. Mais il ne peut en aller autrement dès lors que l’on ne conditionne plus la consommation pharmaceutique à une prescription thérapeutique. Ce qui est vrai des médicaments l’est de toutes les techniques. Les ultralibéraux soutenus par Le Pen ont entrepris de détruire les thérapeutiques sociales en quoi consistent les savoirs sous toutes leurs formes, et tels que l’éducation les transmet. Ils ont été remplacés par des compétences adaptatives. Le résultat a été la généralisation de l’incurie et de l’irresponsabilité par l’hyperconsumérisme, les producteurs, les consommateurs, les investisseurs et les États devenant structurellement insolvables. En 2008, avec la crise des subprimes, il est apparu que ce modèle était devenu radicalement toxique. Mais comme la gauche ne propose aucune alternative à ce modèle et s’accroche à « la défense du pouvoir d’achat », au Front de gauche comme au Parti socialiste, le FN prospère dans ce désert des idées politiques en se posant en défenseur de la puissance publique – proposant l’instauration d’un État autoritaire qui ferait enfin régner l’ordre dans cette incurie généralisée… À l’inverse personne ne se demande à gauche le sens du fait que l’État que Lénine et Althusser voulaient détruire l’a bien été… mais par Reagan et Thatcher.
- Mais vous-même incitez le gouvernement 
à prendre ses responsabilités à travers
une série de mesures que vous détaillez dans une sorte de feuille de route...
Bernard Stiegler. Tandis que le consumérisme s’effondre, un autre modèle émerge, dont ni la gauche ni la droite ne disent un mot. Le rapport Gallois est à cet égard consternant. Les infrastructures numériques configurent depuis l’avènement du Web un modèle industriel qui ne correspond plus du tout à celui du XXe siècle parce qu’il dépasse l’opposition fonctionnelle entre production et consommation. La gauche n’en dit et n’en fait rien par manque de courage et de confiance dans l’intelligence des gens qui ne demandent qu’à penser et à se retrousser les manches pour fonder un nouveau monde – en particulier la jeunesse. Les gens veulent des concepts politiques porteurs d’une vision, la France veut savoir où elle va, et seul le courage de recommencer à penser et à inventer permettra de répondre à l’angoisse qui fait la fortune de Marine Le Pen. Le nouveau modèle participe à la fois de ce que l’on appelle l’économie des données, la production logicielle libre, la production matérielle décentralisée avec les fab labs, les smart grids en matière énergétique, etc. Ce modèle est « pharmacologique » lui-même : il peut être mis au service des pires politiques commerciales, comme le fait Facebook. Mais il ouvre des perspectives extrêmement prometteuses – pour autant qu’une action publique novatrice en crée les conditions de solvabilité. Cela nécessite de mettre en œuvre une politique du numérique requalifiant de concert et avec les Français toutes les politiques ministérielles et relançant ainsi une véritable stratégie industrielle pour le XXIe siècle : c’est ce que nous décrivons en conclusion de Pharmacologie du Front national.
- Vous préconisez ces mesures à partir d’une analyse détaillée du système consumériste ultralibéral mis en place il y a trente ans 
et qui a fini par s’autodétruire. Cette crise était-elle prévisible ?
Bernard Stiegler. Bien sûr, et nous l’avions assez bien décrite en 2005 dans notre premier manifeste (cf. arsindustrialis.org). C’est pour cela que nous sommes assez fâchés contre la gauche – et pas seulement contre le Parti socialiste. Nous discutons avec beaucoup de militants et syndicalistes, réformistes ou pas, sociaux-démocrates ou « à gauche de la gauche » : à chaque fois qu’on aborde ces questions, on nous dit « les gens ne sont pas prêts à l’entendre. » C’est absolument faux, c’est même exactement le contraire. « Les gens » sont tout à fait prêts à l’entendre : ils attendent un discours rationnel qui leur fait confiance. On dit que le populisme advient par les masses qui ne font pas confiance aux dirigeants. La réalité est que ce sont les dirigeants qui, ne faisant pas confiance aux citoyens, permettent aux populistes de manipuler la misère. Nos dirigeants de droite ou de gauche ne croient pas à l’intelligence « des gens ». Nous, nous croyons « aux gens » : nous sommes ces « gens ».
- Ce Front national qui se réclame des petites gens, pour vous, est-ce la maladie dont souffre la société ou un symptôme ?
Bernard Stiegler. La maladie, ce n’est pas le Front national. La maladie, c’est le consumérisme et la révolution conservatrice qui a été intériorisée par tous, y compris l’extrême gauche. Le FN en est le symptôme le plus violent, mais il y en a bien d’autres sur tout le nuancier politique. Cette maladie, c’est le désespoir qui fait croire et accepter que la régression serait inéluctable. Il est honteux et lâche de s’y soumettre.
Nota : Intelligence collective Bernard Stiegler a fondé l’Association internationale pour une politique industrielle des technologies 
de l’esprit (Ars Industrialis) en 2005. Une initiative 
de  philosophes, universitaires, juristes et artistes 
« très préoccupés par la situation de désarroi qui 
règne dans les pays du monde entier, et singulièrement les pays industriels, et plus encore dans notre pays, 
la France », depuis ouverte aux citoyens de tous horizons. 
Sur la base d’un travail intellectuel partagé, 
« intellectuel mais pas forcément réalisé par 
les intellectuels », précise Stiegler, ses 500 membres s’intéressent aux mutations des « technologies 
de l’esprit ». Ars Industrialis, qui se veut force 
de propositions autant que de réflexion, met en place des outils contributifs. Il est par exemple possible 
de débattre de Pharmacologie du Front national (1) sur un site dédié : http;//pharmakon.frwordpress/le-seminaire/
(1) Pharmacologie du Front national, de Bernard Stiegler, 
suivi du Vocabulaire d’Ars Industrialis, par Victor Petit, Flammarion, 2013, 448 pages, 23 euros.
Dans son dernier ouvrage,  Pharmacologie du Front national, le philosophe Bernard Stiegler établit un lien entre la montée du parti des Le Pen et ce qu’il nomme « la destruction de l’attention » par le marketing et la société de consommation.  Avec son collectif  Ars Industrialis, il propose la mise en place d’une politique qui fasse appel à « l’intelligence des ‘‘gens’’ ».

Dès votre première phrase, vous écrivez : «Cet ouvrage est un instrument.»

Bernard Stiegler. Les livres d’Ars Industrialis (Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit) sont en effet des instruments qui tentent d’appréhender ce que nous arrive et luttent contre la déconceptualisation généralisée qui détruit la vie politique. La politique ne peut pas avancer sans concepts. L’opposition de la droite et de la gauche résulte d’une opposition entre des modèles conceptuels forgés par la République des lettres. Plus récemment, il y avait en France une droite gaulliste qui pensait et à laquelle la gauche opposait ses propres concepts. Aujourd’hui, le marché inonde la sphère publique de « concepts marketing » qui court-circuitent la pensée et tuent la vie politique.

Vous tentez de reconstruire d’autres concepts ?

Bernard Stiegler. Nous renouons avec une vieille tradition qui vient de Marx. Mais nous ne nous disons pas « marxistes » : Marx a été mal interprété par le marxisme. Lui-même a d’ailleurs « dérivé » : le dernier Marx, celui du Capital, est moins intéressant que celui des années 1840 et 1850. Le sujet de Pharmacologie du Front national est l’idéologie dont Marx parle dans l’Idéologie allemande (en 1845, avec Engels – NDLR). Il y pose que l’être humain est avant tout un être technique. Penser l’humain, c’est penser la technique formant le milieu dans lequel se nouent les relations sociales. Or on a progressivement oublié cette idée chez Marx – et Althusser a minoré ce texte que l’on a arrêté de lire.

Et si on relisait ce texte ?

Bernard Stiegler. On n’entendrait plus des leaders politiques de gauche dire : « Il nous faut une bonne idéologie. » Dire cela, c’est avoir tout oublié du concept de Marx pour qui il n’y a pas des idéologies, mais l’idéologie, c’est-à-dire une illusion produite par une inversion de causalité qui légitime des dispositifs de domination. L’idéalisme qui en est la matrice prétend que la technique est produite par l’esprit. Marx affirme au contraire que l’esprit surgit de la vie technique.

Le marketing politique s’est substitué 
à la pensée critique dites-vous. Vous parlez aussi d’un « effondrement de l’attention » comme d’une des causes de ce renoncement.

Bernard Stiegler. Le marketing détourne le désir de ses objets primordiaux (parents, proches, savoirs, culture) vers la marchandise. Pour cela, il capte l’attention comme l’expliquait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 : « Mon travail, c’est de vendre à Coca-Cola du temps de cerveau disponible. » Or cette captation détruit l’attention, qui est la forme ordinaire du désir, lequel régresse ainsi au stade de la pulsion. Le désir prend soin de son objet ; la pulsion détruit son objet.

Notre cerveau est ainsi préparé à aller vers n’importe qui peut le manipuler. Y compris
le Front national ?

Bernard Stiegler. La destruction de l’attention pousse de plus en plus de gens vers le Front national parce qu’elle fait souffrir ceux qui la subissent tout en les empêchant de comprendre de quoi ils souffrent. L’attention est produite par l’éducation. Mais si on peut et on doit la former, on peut aussi la déformer. Le marketing la déforme en la manipulant avec d’énormes moyens. La formation de l’attention produit des savoirs – savoir vivre, faire ou conceptualiser. Politesse, chaudronnerie et mathématiques sont des formes d’attention. La déformation de l’attention est le désapprentissage de ces savoirs. Privé de ces savoirs, on est privé de place sociale : on n’est plus soi-même un objet d’attention. Les électeurs du Front national souffrent de cette destruction de l’attention psychique et du manque d’attention sociale qui en résulte.

Vous écrivez qu’il ne faut pas accuser 
les électeurs du Front national, mais en prendre soin, car « prendre soin des électeurs du FN, c’est prendre soin de la société tout entière ».

Bernard Stiegler. Combattre la destruction de l’attention, c’est mettre en question le modèle consumériste qui a fait faillite en 2008. Parce qu’ils n’ont pas le courage d’affronter cet état de fait, les politiques font la morale aux électeurs du Front national, voire les insultent, telle Eva Joly parlant d’une « tache sur la démocratie », au soir de la présidentielle. Si le FN n’est pas bon pour la démocratie, ce n’est pas en insultant ses électeurs qu’on les ramènera vers la démocratie. Faire en sorte que celui qui souffre parce qu’il est malade soit accusé d’être la cause de sa maladie, c’est en faire un bouc émissaire – tout comme le FN fait des immigrés la cause d’une souffrance que ceux-ci subissent en général plus que quiconque.

Voulez-vous dire que la dénonciation morale 
est vaine ?

Bernard Stiegler. Cette rhétorique morale sert à dissimuler une incurie politique. Le succès du Front national résulte de la révolution conservatrice. C’est elle qu’il faut analyser et combattre. C’est à mesure qu’elle s’impose que les idées du FN se répandent dans la société.

Paradoxe, aujourd’hui le FN n’affiche plus 
ses croyances libérales, mais se donne une image sociale.

Bernard Stiegler. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen se fait appeler le « Reagan français » et promeut l’ultralibéralisme qui constitue l’idéal du FN – dont la croissance repose sur la manipulation du mal-être que provoquent les effets calamiteux de cet « idéal » pour aveugler les esprits. La souffrance est ce qu’il y a de plus manipulable. L’idéologie en général fait passer les effets pour les causes et le FN accomplit cette tâche en exploitant le mécanisme du bouc émissaire qui fait que, quand on souffre, et que l’on ne comprend pas la cause de sa souffrance, on recherche une victime expiatoire. Cependant, à mesure que les effets catastrophiques de l’idéologie néoconservatrice deviennent patents, et, en particulier après 2008, la fille Le Pen complexifie cette tactique : elle profite de l’absence totale de discours politique sérieux sur le renouveau de la puissance publique de la part des partis de gauche – réformistes aussi bien que radicaux – pour s’engouffrer dans ce qui fait dire de ce fait que son discours ressemble à celui de Jean-Luc Mélenchon…

En quoi ?

Bernard Stiegler. Ce que dissimule le FN, c’est la cause véritable de la catastrophe en cours, à savoir l’hyperconsumérisme que l’idéologie conservatrice a généralisé dans le monde entier en remplaçant les institutions publiques par le marketing. Jusqu’à la fin des années 1970, les États contrôlent la socialisation de l’innovation technique pour limiter les effets toxiques qu’elle risque toujours d’engendrer – en détruisant l’attention, la santé, les emplois, l’éducation, l’environnement, etc. Une technique est toujours un pharmakon au sens de Platon : à la fois un poison et un remède. Comme le médicament, ce pharmakon peut tuer celui qu’il est censé soigner – faute d’une véritable thérapeutique. La politique est cette thérapeutique. On a vu se succéder ces dernières années les scandales sanitaires donnant l’impression que les pharmaciens devenaient des dealers. Mais il ne peut en aller autrement dès lors que l’on ne conditionne plus la consommation pharmaceutique à une prescription thérapeutique. Ce qui est vrai des médicaments l’est de toutes les techniques. Les ultralibéraux soutenus par Le Pen ont entrepris de détruire les thérapeutiques sociales en quoi consistent les savoirs sous toutes leurs formes, et tels que l’éducation les transmet. Ils ont été remplacés par des compétences adaptatives. Le résultat a été la généralisation de l’incurie et de l’irresponsabilité par l’hyperconsumérisme, les producteurs, les consommateurs, les investisseurs et les États devenant structurellement insolvables. En 2008, avec la crise des subprimes, il est apparu que ce modèle était devenu radicalement toxique. Mais comme la gauche ne propose aucune alternative à ce modèle et s’accroche à « la défense du pouvoir d’achat », au Front de gauche comme au Parti socialiste, le FN prospère dans ce désert des idées politiques en se posant en défenseur de la puissance publique – proposant l’instauration d’un État autoritaire qui ferait enfin régner l’ordre dans cette incurie généralisée… À l’inverse personne ne se demande à gauche le sens du fait que l’État que Lénine et Althusser voulaient détruire l’a bien été… mais par Reagan et Thatcher.

Mais vous-même incitez le gouvernement 
à prendre ses responsabilités à travers
une série de mesures que vous détaillez dans une sorte de feuille de route...

Bernard Stiegler. Tandis que le consumérisme s’effondre, un autre modèle émerge, dont ni la gauche ni la droite ne disent un mot. Le rapport Gallois est à cet égard consternant. Les infrastructures numériques configurent depuis l’avènement du Web un modèle industriel qui ne correspond plus du tout à celui du XXe siècle parce qu’il dépasse l’opposition fonctionnelle entre production et consommation. La gauche n’en dit et n’en fait rien par manque de courage et de confiance dans l’intelligence des gens qui ne demandent qu’à penser et à se retrousser les manches pour fonder un nouveau monde – en particulier la jeunesse. Les gens veulent des concepts politiques porteurs d’une vision, la France veut savoir où elle va, et seul le courage de recommencer à penser et à inventer permettra de répondre à l’angoisse qui fait la fortune de Marine Le Pen. Le nouveau modèle participe à la fois de ce que l’on appelle l’économie des données, la production logicielle libre, la production matérielle décentralisée avec les fab labs, les smart grids en matière énergétique, etc. Ce modèle est « pharmacologique » lui-même : il peut être mis au service des pires politiques commerciales, comme le fait Facebook. Mais il ouvre des perspectives extrêmement prometteuses – pour autant qu’une action publique novatrice en crée les conditions de solvabilité. Cela nécessite de mettre en œuvre une politique du numérique requalifiant de concert et avec les Français toutes les politiques ministérielles et relançant ainsi une véritable stratégie industrielle pour le XXIe siècle : c’est ce que nous décrivons en conclusion de Pharmacologie du Front national.

Vous préconisez ces mesures à partir d’une analyse détaillée du système consumériste ultralibéral mis en place il y a trente ans 
et qui a fini par s’autodétruire. Cette crise était-elle prévisible ?

Bernard Stiegler. Bien sûr, et nous l’avions assez bien décrite en 2005 dans notre premier manifeste (cf. arsindustrialis.org). C’est pour cela que nous sommes assez fâchés contre la gauche – et pas seulement contre le Parti socialiste. Nous discutons avec beaucoup de militants et syndicalistes, réformistes ou pas, sociaux-démocrates ou « à gauche de la gauche » : à chaque fois qu’on aborde ces questions, on nous dit « les gens ne sont pas prêts à l’entendre. » C’est absolument faux, c’est même exactement le contraire. « Les gens » sont tout à fait prêts à l’entendre : ils attendent un discours rationnel qui leur fait confiance. On dit que le populisme advient par les masses qui ne font pas confiance aux dirigeants. La réalité est que ce sont les dirigeants qui, ne faisant pas confiance aux citoyens, permettent aux populistes de manipuler la misère. Nos dirigeants de droite ou de gauche ne croient pas à l’intelligence « des gens ». Nous, nous croyons « aux gens » : nous sommes ces « gens ».

Ce Front national qui se réclame des petites gens, pour vous, est-ce la maladie dont souffre la société ou un symptôme ?

Bernard Stiegler. La maladie, ce n’est pas le Front national. La maladie, c’est le consumérisme et la révolution conservatrice qui a été intériorisée par tous, y compris l’extrême gauche. Le FN en est le symptôme le plus violent, mais il y en a bien d’autres sur tout le nuancier politique. Cette maladie, c’est le désespoir qui fait croire et accepter que la régression serait inéluctable. Il est honteux et lâche de s’y soumettre.

 

Intelligence collective Bernard Stiegler a fondé l’Association internationale pour une politique industrielle des technologies 
de l’esprit (Ars Industrialis) en 2005. Une initiative 
de philosophes, universitaires, juristes et artistes 
« très préoccupés par la situation de désarroi qui 
règne dans les pays du monde entier, et singulièrement les pays industriels, et plus encore dans notre pays, 
la France », depuis ouverte aux citoyens de tous horizons. 
Sur la base d’un travail intellectuel partagé, 
« intellectuel mais pas forcément réalisé par 
les intellectuels », précise Stiegler, ses 500 membres s’intéressent aux mutations des « technologies 
de l’esprit ». Ars Industrialis, qui se veut force 
de propositions autant que de réflexion, met en place des outils contributifs. Il est par exemple possible 
de débattre de Pharmacologie du Front national (1) sur un site dédié : http://pharmakon.fr/wordpress/le-seminaire/

 

(1) Pharmacologie du Front national, de Bernard Stiegler, 
suivi du Vocabulaire d’Ars Industrialis, par Victor Petit, Flammarion, 2013, 448 pages, 23 euros.

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Dans son dernier ouvrage,  Pharmacologie du Front national, le philosophe Bernard Stiegler établit un lien entre la montée du parti des Le Pen et ce qu’il nomme « la destruction de l’attention » par le marketing et la société de consommation.  Avec son collectif  Ars Industrialis, il propose la mise en place d’une politique qui fasse appel à « l’intelligence des ‘‘gens’’ ».

Dès votre première phrase, vous écrivez : «Cet ouvrage est un instrument.»

Bernard Stiegler. Les livres d’Ars Industrialis (Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit) sont en effet des instruments qui tentent d’appréhender ce que nous arrive et luttent contre la déconceptualisation généralisée qui détruit la vie politique. La politique ne peut pas avancer sans concepts. L’opposition de la droite et de la gauche résulte d’une opposition entre des modèles conceptuels forgés par la République des lettres. Plus récemment, il y avait en France une droite gaulliste qui pensait et à laquelle la gauche opposait ses propres concepts. Aujourd’hui, le marché inonde la sphère publique de « concepts marketing » qui court-circuitent la pensée et tuent la vie politique.

Vous tentez de reconstruire d’autres concepts ?

Bernard Stiegler. Nous renouons avec une vieille tradition qui vient de Marx. Mais nous ne nous disons pas « marxistes » : Marx a été mal interprété par le marxisme. Lui-même a d’ailleurs « dérivé » : le dernier Marx, celui du Capital, est moins intéressant que celui des années 1840 et 1850. Le sujet de Pharmacologie du Front national est l’idéologie dont Marx parle dans l’Idéologie allemande (en 1845, avec Engels – NDLR). Il y pose que l’être humain est avant tout un être technique. Penser l’humain, c’est penser la technique formant le milieu dans lequel se nouent les relations sociales. Or on a progressivement oublié cette idée chez Marx – et Althusser a minoré ce texte que l’on a arrêté de lire.

Et si on relisait ce texte ?

Bernard Stiegler. On n’entendrait plus des leaders politiques de gauche dire : « Il nous faut une bonne idéologie. » Dire cela, c’est avoir tout oublié du concept de Marx pour qui il n’y a pas des idéologies, mais l’idéologie, c’est-à-dire une illusion produite par une inversion de causalité qui légitime des dispositifs de domination. L’idéalisme qui en est la matrice prétend que la technique est produite par l’esprit. Marx affirme au contraire que l’esprit surgit de la vie technique.

Le marketing politique s’est substitué 
à la pensée critique dites-vous. Vous parlez aussi d’un « effondrement de l’attention » comme d’une des causes de ce renoncement.

Bernard Stiegler. Le marketing détourne le désir de ses objets primordiaux (parents, proches, savoirs, culture) vers la marchandise. Pour cela, il capte l’attention comme l’expliquait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 : « Mon travail, c’est de vendre à Coca-Cola du temps de cerveau disponible. » Or cette captation détruit l’attention, qui est la forme ordinaire du désir, lequel régresse ainsi au stade de la pulsion. Le désir prend soin de son objet ; la pulsion détruit son objet.

Notre cerveau est ainsi préparé à aller vers n’importe qui peut le manipuler. Y compris
le Front national ?

Bernard Stiegler. La destruction de l’attention pousse de plus en plus de gens vers le Front national parce qu’elle fait souffrir ceux qui la subissent tout en les empêchant de comprendre de quoi ils souffrent. L’attention est produite par l’éducation. Mais si on peut et on doit la former, on peut aussi la déformer. Le marketing la déforme en la manipulant avec d’énormes moyens. La formation de l’attention produit des savoirs – savoir vivre, faire ou conceptualiser. Politesse, chaudronnerie et mathématiques sont des formes d’attention. La déformation de l’attention est le désapprentissage de ces savoirs. Privé de ces savoirs, on est privé de place sociale : on n’est plus soi-même un objet d’attention. Les électeurs du Front national souffrent de cette destruction de l’attention psychique et du manque d’attention sociale qui en résulte.

Vous écrivez qu’il ne faut pas accuser 
les électeurs du Front national, mais en prendre soin, car « prendre soin des électeurs du FN, c’est prendre soin de la société tout entière ».

Bernard Stiegler. Combattre la destruction de l’attention, c’est mettre en question le modèle consumériste qui a fait faillite en 2008. Parce qu’ils n’ont pas le courage d’affronter cet état de fait, les politiques font la morale aux électeurs du Front national, voire les insultent, telle Eva Joly parlant d’une « tache sur la démocratie », au soir de la présidentielle. Si le FN n’est pas bon pour la démocratie, ce n’est pas en insultant ses électeurs qu’on les ramènera vers la démocratie. Faire en sorte que celui qui souffre parce qu’il est malade soit accusé d’être la cause de sa maladie, c’est en faire un bouc émissaire – tout comme le FN fait des immigrés la cause d’une souffrance que ceux-ci subissent en général plus que quiconque.

Voulez-vous dire que la dénonciation morale 
est vaine ?

Bernard Stiegler. Cette rhétorique morale sert à dissimuler une incurie politique. Le succès du Front national résulte de la révolution conservatrice. C’est elle qu’il faut analyser et combattre. C’est à mesure qu’elle s’impose que les idées du FN se répandent dans la société.

Paradoxe, aujourd’hui le FN n’affiche plus 
ses croyances libérales, mais se donne une image sociale.

Bernard Stiegler. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen se fait appeler le « Reagan français » et promeut l’ultralibéralisme qui constitue l’idéal du FN – dont la croissance repose sur la manipulation du mal-être que provoquent les effets calamiteux de cet « idéal » pour aveugler les esprits. La souffrance est ce qu’il y a de plus manipulable. L’idéologie en général fait passer les effets pour les causes et le FN accomplit cette tâche en exploitant le mécanisme du bouc émissaire qui fait que, quand on souffre, et que l’on ne comprend pas la cause de sa souffrance, on recherche une victime expiatoire. Cependant, à mesure que les effets catastrophiques de l’idéologie néoconservatrice deviennent patents, et, en particulier après 2008, la fille Le Pen complexifie cette tactique : elle profite de l’absence totale de discours politique sérieux sur le renouveau de la puissance publique de la part des partis de gauche – réformistes aussi bien que radicaux – pour s’engouffrer dans ce qui fait dire de ce fait que son discours ressemble à celui de Jean-Luc Mélenchon…

En quoi ?

Bernard Stiegler. Ce que dissimule le FN, c’est la cause véritable de la catastrophe en cours, à savoir l’hyperconsumérisme que l’idéologie conservatrice a généralisé dans le monde entier en remplaçant les institutions publiques par le marketing. Jusqu’à la fin des années 1970, les États contrôlent la socialisation de l’innovation technique pour limiter les effets toxiques qu’elle risque toujours d’engendrer – en détruisant l’attention, la santé, les emplois, l’éducation, l’environnement, etc. Une technique est toujours un pharmakon au sens de Platon : à la fois un poison et un remède. Comme le médicament, ce pharmakon peut tuer celui qu’il est censé soigner – faute d’une véritable thérapeutique. La politique est cette thérapeutique. On a vu se succéder ces dernières années les scandales sanitaires donnant l’impression que les pharmaciens devenaient des dealers. Mais il ne peut en aller autrement dès lors que l’on ne conditionne plus la consommation pharmaceutique à une prescription thérapeutique. Ce qui est vrai des médicaments l’est de toutes les techniques. Les ultralibéraux soutenus par Le Pen ont entrepris de détruire les thérapeutiques sociales en quoi consistent les savoirs sous toutes leurs formes, et tels que l’éducation les transmet. Ils ont été remplacés par des compétences adaptatives. Le résultat a été la généralisation de l’incurie et de l’irresponsabilité par l’hyperconsumérisme, les producteurs, les consommateurs, les investisseurs et les États devenant structurellement insolvables. En 2008, avec la crise des subprimes, il est apparu que ce modèle était devenu radicalement toxique. Mais comme la gauche ne propose aucune alternative à ce modèle et s’accroche à « la défense du pouvoir d’achat », au Front de gauche comme au Parti socialiste, le FN prospère dans ce désert des idées politiques en se posant en défenseur de la puissance publique – proposant l’instauration d’un État autoritaire qui ferait enfin régner l’ordre dans cette incurie généralisée… À l’inverse personne ne se demande à gauche le sens du fait que l’État que Lénine et Althusser voulaient détruire l’a bien été… mais par Reagan et Thatcher.

Mais vous-même incitez le gouvernement 
à prendre ses responsabilités à travers
une série de mesures que vous détaillez dans une sorte de feuille de route...

Bernard Stiegler. Tandis que le consumérisme s’effondre, un autre modèle émerge, dont ni la gauche ni la droite ne disent un mot. Le rapport Gallois est à cet égard consternant. Les infrastructures numériques configurent depuis l’avènement du Web un modèle industriel qui ne correspond plus du tout à celui du XXe siècle parce qu’il dépasse l’opposition fonctionnelle entre production et consommation. La gauche n’en dit et n’en fait rien par manque de courage et de confiance dans l’intelligence des gens qui ne demandent qu’à penser et à se retrousser les manches pour fonder un nouveau monde – en particulier la jeunesse. Les gens veulent des concepts politiques porteurs d’une vision, la France veut savoir où elle va, et seul le courage de recommencer à penser et à inventer permettra de répondre à l’angoisse qui fait la fortune de Marine Le Pen. Le nouveau modèle participe à la fois de ce que l’on appelle l’économie des données, la production logicielle libre, la production matérielle décentralisée avec les fab labs, les smart grids en matière énergétique, etc. Ce modèle est « pharmacologique » lui-même : il peut être mis au service des pires politiques commerciales, comme le fait Facebook. Mais il ouvre des perspectives extrêmement prometteuses – pour autant qu’une action publique novatrice en crée les conditions de solvabilité. Cela nécessite de mettre en œuvre une politique du numérique requalifiant de concert et avec les Français toutes les politiques ministérielles et relançant ainsi une véritable stratégie industrielle pour le XXIe siècle : c’est ce que nous décrivons en conclusion de Pharmacologie du Front national.

Vous préconisez ces mesures à partir d’une analyse détaillée du système consumériste ultralibéral mis en place il y a trente ans 
et qui a fini par s’autodétruire. Cette crise était-elle prévisible ?

Bernard Stiegler. Bien sûr, et nous l’avions assez bien décrite en 2005 dans notre premier manifeste (cf. arsindustrialis.org). C’est pour cela que nous sommes assez fâchés contre la gauche – et pas seulement contre le Parti socialiste. Nous discutons avec beaucoup de militants et syndicalistes, réformistes ou pas, sociaux-démocrates ou « à gauche de la gauche » : à chaque fois qu’on aborde ces questions, on nous dit « les gens ne sont pas prêts à l’entendre. » C’est absolument faux, c’est même exactement le contraire. « Les gens » sont tout à fait prêts à l’entendre : ils attendent un discours rationnel qui leur fait confiance. On dit que le populisme advient par les masses qui ne font pas confiance aux dirigeants. La réalité est que ce sont les dirigeants qui, ne faisant pas confiance aux citoyens, permettent aux populistes de manipuler la misère. Nos dirigeants de droite ou de gauche ne croient pas à l’intelligence « des gens ». Nous, nous croyons « aux gens » : nous sommes ces « gens ».

Ce Front national qui se réclame des petites gens, pour vous, est-ce la maladie dont souffre la société ou un symptôme ?

Bernard Stiegler. La maladie, ce n’est pas le Front national. La maladie, c’est le consumérisme et la révolution conservatrice qui a été intériorisée par tous, y compris l’extrême gauche. Le FN en est le symptôme le plus violent, mais il y en a bien d’autres sur tout le nuancier politique. Cette maladie, c’est le désespoir qui fait croire et accepter que la régression serait inéluctable. Il est honteux et lâche de s’y soumettre.

 

Intelligence collective Bernard Stiegler a fondé l’Association internationale pour une politique industrielle des technologies 
de l’esprit (Ars Industrialis) en 2005. Une initiative 
de philosophes, universitaires, juristes et artistes 
« très préoccupés par la situation de désarroi qui 
règne dans les pays du monde entier, et singulièrement les pays industriels, et plus encore dans notre pays, 
la France », depuis ouverte aux citoyens de tous horizons. 
Sur la base d’un travail intellectuel partagé, 
« intellectuel mais pas forcément réalisé par 
les intellectuels », précise Stiegler, ses 500 membres s’intéressent aux mutations des « technologies 
de l’esprit ». Ars Industrialis, qui se veut force 
de propositions autant que de réflexion, met en place des outils contributifs. Il est par exemple possible 
de débattre de Pharmacologie du Front national (1) sur un site dédié : http://pharmakon.fr/wordpress/le-seminaire/

 

(1) Pharmacologie du Front national, de Bernard Stiegler, 
suivi du Vocabulaire d’Ars Industrialis, par Victor Petit, Flammarion, 2013, 448 pages, 23 euros.

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Published by La Rochelle à gauche par les actes - dans Elections européennes 2014 Politique
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 00:04

C'est le peuple de gauche qui a boudé les urnes !

 

Aujourd'hui, l’austérité imposée au peuple non entendu, les promesses trahies provoquent une grave crise politique en France, constituant une véritable sanction contre les partis qui se partagent le pouvoir en Europe.


- En ces instants de choc, je partage l'émotion, la colère, les propos de Jean Luc Mélenchon tenus lors de sa conférence de presse du 26 mai.

 

- Les causes de cette Berizina politique et sociétale sont multiples, variées et cumulatives (voir l'article : "l'échec du Front de Gauche tient à lui même"), mais je soulignerai notamment qu'en France, on peut en effet dire :

  • Merci au PS qui, avec sa politique gouvernementale, est le premier pourvoyeur de voix du Front National et dont les premiers responsables sont à l’Elysée et à Matignon ;

  • Merci à, scrutin après scrutin, la sous représentation de candidats issus des couches populaires et modestes (ouvriers, employés, petits agriculteurs, chômeurs, etc...) ce qui alimente le sentiment d’abandon ;

  • Merci aussi à ceux qui, membres du Front de Gauche, ont choisi, de Paris à la Rochelle, de s'allier avec le PS au premier tour des municipales contribuant à semer la confusion, le trouble, à démobiliser et casser les équipes Front de Gauche, à discréditer la construction d'une alternative à gauche ;

  • Merci aussi à ceux qui, au sein du Front de Gauche, (du PG, du PCF et d'ailleurs) et parmi eux, nombre d'orthodoxes lors du 1er tour des élections municipales à La Rochelle, ont refusé de faire campagne ou de voter, soit pour des désaccords sur la stratégie du FdG vis à vis de l'Euro et de la construction européenne, soit considérant (apprentis sorciers dans une démarche "identitaire") que du chaos sortirait la solution. Ils ont commis une faute politique grave, sont complices et co-responsables du résultat du FN ;

  • Merci aux médias qui, en instrumentant le vote FN, ont servi avec zéle les intérêts de la classe de la finance, des actionnaires et autres possédants poussant, par la surenchére, à une politique encore plus à droite, encore plus austéritaire et anti-sociale.

- Cependant, à l’échelle européenne, avec 43 députés (+8) les partis de la Gauche européenne progressent (dont le Front de Gauche est une composante) et en Grèce, Syriza, avec Alexis Tsipras, est le 1er parti avec 28% constituant un motif d’espoir (voir carte interactive).

 

- Constatons aussi :

- qu'il n'y a pas de raz de marée FN ! Le FN perd 2 274 214 voix sur les présidentielles de 2012 (voir tableau 1 ci-dessous). Mais qui sont ses électeurs et leurs motivations ? (voir étude ICI) ;

- que le Front de Gauche est la seule force politique (hors FN et UDI) qui ne régresse pas selon les résultats définitifs (voir tableau 2 ci-dessous) et progresse même de 158 478 voix en France métropolitaine ;

- que la France ne bat pas des reccords d'abstention, qu'elle est même en recul de 1,8% par rapport à 2009 (voir tableau 3 et 4 ci-dessous) et que c'est le peuple de gauche qui a boudé les urnes !

 

L'urgence est maintenant de refondre la gauche (hors sociaux-libéraux) sur des bases opposées aux politiques libérales menées en France et en Europe et qui nous mênent vers l'abime.

 

Le succès de Syriza en Gréce ne vient-il pas de sa rupture totale avec le PASOK ? Le succès viendra pour le FDG après sa rupture totale avec le PS.

 

Nous devons dans ce cadre face à cet échec historique de la sociale-démocratie, remettre ce chantier en travail et face au gouvernement, à la droite et l'extrême droite, construire une alternative de gauche, élargir le Front de Gauche, construire un Front du Peuple !

 

Les forces existent, avec le Front de Gauche, la gauche du PS, EELV, le NPA...... il suffit qu'ensemble nous le voulions !

 

  • Quelques chiffres :

- 1 - Il n'y a pas de raz de marée FN !

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- 2 - Le Front de Gauche, la seule force politique de gauche qui ne régresse pas (résultats définitifs).

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- 3 - Comparatif global : PS - EELV et droite en déroute (résultats définitifs).

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- Le vote FN, c'est aussi la victoire des médias...

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- 4 - La France ne bat pas les reccords d'abstention (résultat définitif pour la France 57,57%)

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !

- 5 - Le rapport de force politique sur les inscrits (sans minimiser son résultat, le FN ne représente que 10,75% de trop du corps électoral).

Élections européennes : FN, une victoire par défaut !
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 22:40
Au soir des élections européennes : communiqué de la liste Front de Gauche Ouest et de Jean Luc Mélenchon

Source : site de campagne du Front de Gauche circonscription Ouest

Le score du FDG bien qu’en légère progression, est décevant et reste en dessous des possibilités ouvertes par la campagne des présidentielles.

 

Ce scrutin des européennes est à nouveau marqué par une abstention importante. Tout a été fait pour qu’il en soit ainsi, un gouvernement aux abonnés absents dans cette campagne, des médias relayant l’idée que quoi qu’il arrive l’abstention sera forte, et le FN deviendra la première force politique, et une campagne pour le moins atone.

 

Cette abstention qui touche toutes les catégories de la population est d’abord le signe d’un rejet des formes actuelles de la délégation de pouvoir, nos concitoyens considérant que de toute façon, les élus ne tiennent pas compte de leur avis. L’expérience du référendum qui a conduit au rejet du Traité constitutionnel européen aussitôt resservi au congrès et voté par une majorité de parlementaires leur donne en partie  raison. Notre faiblesse a été à cette occasion de ne pas porter un nouveau projet de constitution européenne basé sur la coopération entre les peuples et non sur le principe de concurrence libre et non faussée.

 

Le rejet des politiques en place, à l’échelle européenne et nationale, s’est largement exprimé. Le PS, seul aujourd’hui à gouverner, avec moins de 15%, subit une défaite cinglante qui contribue à délégitimer l’orientation de François Hollande et Manuel Valls. Le FN fait un score important y compris dans notre circonscription jusqu’alors préservée. La droite se refait une santé, EELV est en recul par rapport à son score de 2009. Les politiques d’austérité menées depuis plusieurs années provoquent des replis idéologiques et le FN apparait comme un recours aux yeux de nombreux concitoyens.

 

Mais relativisons ces résultats. Que représente le score de chacun quand il y a une telle abstention ?

 

Dans ce contexte le Font de Gauche conserverait 4 élus, en égalisant ou améliorant légèrement son score de 2009.

 

Avec la candidature de Myriam Martin dans l’Ouest, le Front de Gauche a mené une campagne unitaire, dynamique, multipliant les réunions publiques et les rencontres avec  les femmes et les hommes de cette grande région marquée comme d’autres par les fermetures d’entreprise, les plans de licenciements,  les difficultés économiques et sociales, les dégâts écologiques provoqués notamment par l’agriculture productiviste,  mais aussi par les luttes que toutes et tous  mènent pour construire d’autres solutions.

 

Avec tous les élus  soutenus par le Parti de la Gauche Européenne, dont le groupe GUE se renforce au Parlement européen, nous continuerons de mener des luttes pour plus de démocratie,  de justice sociale,  d’égalité, pour la transition écologique,  et pour la coopération entre les peuples européens et les peuples du monde : en commençant par exiger  le rejet de la directive européenne des travailleurs détachés, et la fin de l’indépendance de la banque centrale européenne.

 

Myriam Martin – Xavier Compain – Sylvie Mamet – Patrice Boutin – Marie Claude Robin – Alain Bergeot Candidats du Front de Gauche dans la circonscription Ouest

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Le 26 mai 2014, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse suite aux résultats des européennes.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 21:20

Tous les candidats du Front de Gauche en France ICI

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 01:07
L’ Europe que nous voulons, par Alexis Tsipras

Source : NEWEUROPE traduction par Vassiliki Papadaki

«Face à une Europe qui fait accroître les revenus des riches et la peur des pauvres, nous proposons une autre Europe, la nôtre, fondée sur la solidarité, la protection économique et sociale, l’emploi et la qualité de vie» souligne Alexis Tsipras, leader de SYRIZA et candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission Européenne.

 

La crise économique qui perdure a relevé les insuffisances et les limites du projet néolibéral d’intégration européenne. Il s’agit d’une intégration établie sur la libéralisation des mouvements des capitaux et une union monétaire confiée à la Banque Centrale Européenne, calque de la Banque Centrale Allemande. Ce processus d’intégration tend à la récession, il accentue les inégalités  tant à l’intérieur que parmi les états membres, il accroît le chômage et il tisse un fil de pauvreté qui enserre de plus en plus les classes sociales défavorisées. C’est surtout un mouvement offensif du capital envers le travail plutôt qu’un effort équitable et efficace de sortie de la crise.

 

En fait, l’établissement politique de l’ Europe a saisi l’occasion de la crise économique pour réviser les fondements de l’économie politique d’après guerre. La gestion politique de la crise de la dette publique s’inscrit dans la perspective d’une conversion institutionnelle de l’Europe de Sud vers un modèle anglo-saxon de capitalisme néolibéral. La diversité institutionnelle au niveau étatique n’est plus tolérée. L’imposition des politiques concrètes par l’intermédiaire des directives est le fer de lance de la réglementation récente de la Commission Européenne qui prétend à vouloir assurer une gouvernance économique de l’euro-zone. La chancelière allemande, Angela Merkel et l’élite des bureaucrates néolibéraux de Bruxelles considèrent la dignité humaine et la solidarité sociale comme des phénomènes altérant la marche de l’économie. La souveraineté nationale les importune pareillement. L’Europe est réduite à l’austérité, à la soumission, à la déréglementation. Et pour la première fois, les jeunes se projettent dans un avenir plus sombre que celui de leurs parents.

 

Cette Europe là n’est pas la nôtre. Cette Europe, nous voulons la changer. A la place d’une Europe livrée à la crainte du chômage, de la maladie, de la vieillesse, de la pauvreté, à la place d’une Europe au service des banques, nous soutenons une Europe au service des besoins de l’Homme.

 

Nous revendiquons la réorientation de l’Union Européenne vers la démocratie et le progrès. Nous souhaitons la fin du néolibéralisme, de l’austérité qui impose des sacrifices aux deux tiers d’une société pour assurer la prospérité du tiers restant.

 

La gauche européenne a à la fois la force d’âme et la vision politique nécessaire à la construction d’un consensus social plus large pour refonder l’ Europe sur une base démocratique, sociale et écologique.

 

C’est ce projet politique qui a guidé ma candidature pour la présidence de la Commission Européenne en tant que représentant du parti de la gauche européenne. Et cette candidature n’est pas  une simple formalité. Ce qu’elle est, tout au contraire, c’est l’engagement d’apporter l’espoir et le changement. C’est un appel pour mettre fin à l’austérité. Pour la démocratie, pour le redressement. C’est un appel adressé à tous les citoyens de l’ Europe plus attachés aux principes démocratiques qu’aux dogmes de leurs partis politiques. Car tant que la récession, la stagnation économique ou une croissance anémique incapable de stimuler l’emploi se répandent en Europe, l’austérité frappera les peuples du Nord au Sud.

 

Par conséquent, l’opposition à l’austérité dépasse les frontières nationales des états membres et crée  les alliances des forces sociales au niveau européen. L’austérité est préjudiciable à tous les gens qui travaillent, en dehors des critères géographiques. C’est pour cette raison que nous devons élargir l’indispensable alliance des pays du Sud en créant un mouvement plus large contre l’austérité, un mouvement pour la reconstruction démocratique de l’union monétaire.

 

La gauche européenne est la force politique fondamentale pour le changement en Europe.

- Nous soutenons la suppression immédiate des mémorandums et un redressement coordonné des économies des états membres.

 

- Nous voulons une Banque Centrale Européenne authentique, qui assumera un rôle de prêteur en dernier ressort, non seulement pour les banques, mais aussi pour les Etats.

 

- Nous soutenons que l’Europe a besoin de sa propre loi Glass-Steagall, en dressant une barrière entre les opérations des banques de dépôt et celles des banques d’investissement, afin d’éviter des opérations spéculatives à risque, liées à des entités bancaires incotrôlables.

 

-  Nous voulons une législation européenne concernant le contrôle fiscal des activités des sociétés offshore.

 

- Nous sommes aux premiers rangs de la lutte contre toute forme de corruption. Notre priorité est l’éradication de celle-ci dans le domaine des affaires, ainsi que le renforcement simultané des capacités des organismes de contrôle et de la résistance des peuples face à ce problème. Les fraudes des grandes sociétés représentent un coût économique et social immense, même pour les pays de leurs sièges sociaux.

 

- Nous soutenons des décisions collectives, crédibles, et d’une efficacité durable concernant la sortie de la crise de la dette européenne, avec l’organisation d’une conférence à l’instar de celle de Londres en 1953, pour le règlement de la dette allemande.

 

- Nous employons nos efforts pour faire reculer le fascisme et le nazisme en Europe et non pas la démocratie, contrairement aux politiques d’austérité.

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Alexis TSIPRAS : dimanche 25 MAI, c'est le jour des peuples.... votez FRONT de GAUCHE

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 02:19
Grand débat des européennes, Jeudi 22 mai !

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Grand débat des européennes, Jeudi 22 mai !
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 20:34
10 raisons pour voter Front de gauche aux élections européennes

Source : 19 mai 2014, le site du Parti de Gauche de Charente

Le 25 mai, le peuple va enfin pouvoir dire son mot sur les politiques européennes à l’occasion de l’élection du Parlement européen.

 

  • C’est un vote essentiel car l’Union européenne est en train d’imposer partout des politiques d’austérité avec des conditions dramatiques pour les populations. Les compétences du Parlement européen couvrent de nombreux domaines, il pourrait même bloquer une directive (une loi européenne) contre l’avis du Conseil européen (qui rassemble les représentants des gouvernements). Si des domaines importants lui échappent, comme par exemple la fiscalité ou la politique monétaire, il élit le président de la Commission européenne, le choix des autres membres de la Commission étant soumis à son approbation, et il peut censurer la Commission qui doit alors démissionner. Il faut élire dans ce Parlement un maximum de députés porteurs d’un autre avenir que l’austérité à perpétuité à l’opposé de ce qui est aujourd’hui défendu par la droite et les partis se réclamant de la social-démocratie. Les députés européens du Front de gauche ont été porteurs dans le Parlement européen, au sein du groupe de la Gauche unie européenne – Gauche verte Nordique (GUE-NGL), de propositions alternatives et sont intervenus en appui aux luttes.

 

- 1. Refusons l’Europe de l’austérité

Les peuples d'Europe subissent la crise mondiale du capitalisme financiarisé. Le chômage et la pauvreté explosent, en particulier chez les femmes et les jeunes. La stagnation économique s’installe et la déflation menace. Les dogmes ultralibéraux, les traités européens et ceux qui les défendent encore sont lourdement responsables de la crise en Europe. Hélas ils s’enferrent dans les politiques qui ont échoué. En France, François Hollande a trahi ses engagements et ceux qui lui ont fait confiance en 2012. Il est désormais l'allié de Merkel et de la droite européenne, du MEDEF et des marchés. Ces politiques d'austérité font aujourd'hui l'objet d'un rejet massif des peuples. Des millions de femmes et d'hommes se mobilisent contre ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail, qui attaquent leurs droits sociaux et politiques. Il faudra que cette colère s'exprime, il faudra que de cette colère puisse émerger un espoir, celui de celles et ceux qui n'ont pas renoncé au changement et au progrès humain. Avec nos bulletins de vote nous avons le devoir de ne pas laisser faire et d’ouvrir un autre chemin.

 

- 2. Refusons une Europe qui bafoue la démocratie

Les gouvernements n’ont pas cessé de bafouer la souveraineté populaire, tant au niveau national - par exemple en refusant de tenir compte du vote non au Traité constitutionnel européen en 2005 - qu’au niveau européen. Leur objectif est de se mettre à l’abri de de la souveraineté populaire, d’empêcher tout débat démocratique réel et d’exclure le plus possible l’intervention citoyenne dans la sphère économique. Ce processus s’est accéléré récemment avec l’adoption du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro que François Hollande s’est refusé à renégocier malgré sa promesse. Un fédéralisme autoritaire qui tient les peuples le plus possible à distance se met ainsi en place. Notre vote doit le refuser.

 

- 3. Refusons la loi de la finance et le libre échange destructeur

La résorption de la dette publique sert aujourd’hui de prétexte à mener des politiques d’austérité drastique. Les Etats sont obligés d’emprunter à des banques privées, à des taux qui peuvent aller jusqu’à 8 %, des sommes qu'elles empruntent aujourd’hui à 0,25 % à la Banque centrale européenne (BCE). La dette publique est sous l’emprise des marchés financiers qui peuvent spéculer en toute liberté. Les produits financiers toxiques et les opérations à hauts risques ne sont toujours pas interdits. Le libre-échange généralisé donne tout pouvoir aux firmes transnationales. Il est anti-écologique car il pousse à produire à l'autre bout du monde ce qui peut être produit plus près et à envoyer nos déchets toxiques vers les pays pauvres. Il organise un nivellement général par le bas des normes sociales et environnementales et la concurrence entre les salariés.

 

- 4. Refusons le dumping social et fiscal

Au lieu de promouvoir la solidarité entre les peuples, l’Europe actuelle est basée sur la concurrence entre les systèmes sociaux et fiscaux. Au nom d’une course sans fin à la compétitivité, le dumping social et fiscal est devenu la règle. Interdisant tout processus d’harmonisation sociale par le haut, les traités européens ne contiennent même pas le principe de non régression sociale qui protégerait les salariés en empêchant qu’un pays se voie imposer des normes européennes inférieures à ses normes nationales. Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes s’aggravent, la précarité du travail se développe, les bas salaires tendent à devenir la règle et l’injustice fiscale s’installe pour le plus grand bénéfice des multinationales et des rentiers.

 

- 5. Refusons le grand marché transatlantique

Le grand marché transatlantique (GMT) est un projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les États Unis, au service des grandes firmes transnationales. S’il devait être adopté, il destabiliserait nos industries, nos cultures, nos agricultures. Il permettrait l’arrivée en Europe de produits ne répondant pas à nos normes sociales ou environnementales. Le principe du recours à des tribunaux d'arbitrage privés, acté dans le mandat de négociations de la Commission européenne, est inadmissible. Ce mécanisme permettrait par exemple à une entreprise pétrolière de faire condamner la France parce qu’elle refuse l’exploitation des gaz de schiste ! Ce serait une remise en cause insupportable de la souveraineté populaire au profit du capital financier transnational.
Il faut rompre avec cette Europe là pour refonder une autre Europe solidaire et démocratique.

 

- 6. Désobéir aux traités européens et prendre des mesures unilatérales coopératives

Dans la situation actuelle, l’élargissement à 28 Etats membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique. Un gouvernement de gauche devrait donc assumer un rapport de force diplomatique, économique et politique pour s'opposer aux projets dangereux, ouvrir le débat sur des propositions alternatives et créer les chocs diplomatiques visant une remise à plat de la construction européenne. Nous essayerons d’obtenir une modification des règles actuelles. Si cela s’avère impossible, il faudra, avec tous les pays qui le souhaiteraient, désobéir aux règles européennes et prendre un certain nombre de mesures unilatérales en expliquant qu’elles ont vocation à être étendues à l’échelle européenne. Il s’agit de mesures unilatérales coopératives, en ce sens qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays mais contre une logique économique et politique et que, plus le nombre de pays les adoptant est important, plus leur efficacité grandit. C’est donc au nom d’une autre conception de l’Europe qu’un gouvernement de gauche devrait mettre en œuvre des mesures qui rompent avec la construction actuelle de l’Europe.

 

- 7. Sortir la dette publique de l’emprise des marchés financiers pour relancer l’emploi et la transition écologique

Au niveau européen, nous proposons la tenue d'une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l'annulation d'une grande part des dettes insoutenables des Etats membres. Si cette solution s’avère impossible, faute d’accord des gouvernements des autres pays, un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures unilatérales : la dette publique ferait l’objet d’un audit citoyen qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement, un moratoire ou une annulation. Au-delà, il faut un changement radical de politique monétaire. Il faut refonder l’euro pour en faire une monnaie au service des peuples. Il est indispensable que la BCE puisse prêter directement aux Etats et aux collectivités territoriales pour financer les éventuels déficits publics nécessaires aux besoins sociaux et à la transition écologique. Si les autres gouvernements s’y opposent, le gouvernement prendrait des mesures unilatérales.

 

- 8. Contrôler la finance et réguler les échanges

La finance doit être mise au pas. L’impunité, ça suffit ! Les produits financiers doivent être placés sous une surveillance stricte des pouvoirs publics afin qu’ils soient mis au service de la société et non l’inverse. Il faut en finir avec les produits spéculatifs. Les mouvements de capitaux entre l’Union européenne et le reste du monde doivent être contrôlés et réellement taxés. Les conglomérats bancaires doivent être brisés et une stricte séparation instaurée entre les banques de dépôt tournées vers le financement de l’économie et les banques d’affaires intervenant sur les marchés. L’activité de ces dernières doit être strictement encadrée afin qu’elles ne puissent pas perturber le bon fonctionnement de l’économie. Nous proposons la création d'une taxe couvrant toutes les transactions financières. Sans décision européenne, nous appliquerons ces mesures en France. Nous bloquerons tout mouvement de capitaux allant vers un paradis fiscal, y compris au sein de l'UE (Luxembourg, etc.). Loin de la logique patronale de la « compétitivité » qui veut exporter à tout prix, nous favorisons la demande interne. La finalité de la production doit être la satisfaction des besoins. Pour cela, nous appliquerons une taxe kilométrique au niveau national et européen et des visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’Union européenne. Ces mesures favoriseront la relocalisation des activités et sont nécessaires au développement de circuit court de production et de consommation. Nous prônons une refondation de la Politique agricole commune (PAC) pour développer une agriculture écologique, paysanne, de proximité. Celle-ci devra favoriser le principe de souveraineté alimentaire.

 

- 9. Engager la transition écologique

La première nécessité de l’Humanité est la préservation de l’écosystème que nous avons en commun. Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique et impose l’application d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Nouvel outil de pilotage des politiques publiques, cette dernière permettra la transition vers un mode de développement qui ne consomme pas davantage de ressources que ce que la Terre peut renouveler chaque année. Cela implique également la mobilisation de budgets au niveau des pays européens pour accélérer la transition énergétique. Cela passe notamment par le développement accéléré des énergies renouvelables pour diminuer drastiquement les énergies productrices de gaz à effet de serre et un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France et la place du nucléaire qui se terminera par un référendum. L'Europe doit se mobiliser dès maintenant pour la lutte contre le réchauffement climatique et obtenir, à Paris, en 2015, un accord juridiquement contraignant et différencié de réduction des émissions des gaz à effets de serre, concernant tous les grands pays émetteurs, qui limite le réchauffement au plus à 2°C, ainsi que la création des fonds financiers incontournables dédiés à l’accompagnement des pays du Sud, des pays les moins développés et des pays les plus fragilisés dans leur projet de développement.

 

- 10. Agir pour la paix, les droits et l’égalité

  • Trop souvent, l’OTAN sert de prétexte pour contourner les décisions de l’ONU et s’affranchir du droit international. Nous prônons la sortie de la France de l'OTAN. Nous refusons le projet de bouclier anti-missile de l'OTAN en Europe. Nous mettrons en échec les accords qui livrent les données personnelles des citoyens européens au gouvernement des Etats-Unis sous couvert de lutte contre le terrorisme. Nous refusons le sort fait aux Rroms, érigés en boucs émissaires. Nous refusons cette Europe forteresse qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières. Nous supprimerons les zones de rétention administrative qui sont des zones de non droit. Nous renégocierons les accords de Schengen au profit d’une action résolue en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de codéveloppement. Nous mobiliserons au niveau européen pour l’abrogation de la « directive de la honte » de 2008 qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe et refuserons de l’appliquer en France. L’Europe doit être laïque et garantir la liberté de conscience. C'est une condition pour garantir l'égalité des citoyennes et des citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques et religieuses. Nous nous prononçons pour une stricte séparation entre les Eglises et les institutions européennes. Nous nous opposerons au statut particulier des Eglises dans le cadre des consultations européennes et à tout financement public d’activité religieuse. L'Europe doit être un espace qui garantit l'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, et qui protège le droit fondamental des femmes de choisir d’avoir un enfant ou non. Le droit européen doit – face à la menace qui plane dans de nombreux pays – garantir l'accès de toutes à l’avortement. Nous sommes pour un principe de non régression et d’harmonisation des droits par le haut. Il faut garantir l’égalité professionnelle et salariale et notamment la revalorisation des métiers féminisés. La précarité de l’emploi doit être combattue notamment par l’interdiction du temps partiel imposé. Les services publics assurant l’autonomie des femmes, notamment les services publics de la petite enfance, de la santé et d’aide aux personnes dépendantes, doivent être développés et améliorés. La lutte contre les violences faites aux femmes doit être assortie de moyens financiers suffisants dans un but de prévention et de protection des femmes, et intégrer une véritable politique abolitionniste par rapport à la prostitution.

 

  • Les peuples ne sont pas restés sans voix face aux politiques d'austérité. Des mouvements puissants se sont développés ces dernières années dans différents pays, ils doivent converger au niveau européen. Les citoyens de Grèce, d’Espagne et du Portugal affrontent courageusement les politiques libérales, alors même que leur gouvernement répond par la répression et la criminalisation des luttes. Ces combats montrent la voie pour unifier les résistances en Europe. Le Front de gauche y est engagé et contribuera à leur renforcement en France et en Europe. Voilà pourquoi il est important d’élire le maximum de député-e-s européens du Front de Gauche capables de relayer les luttes, d’alerter sur les dangers et de mobiliser sur des solutions.

 

  • Dans chaque vote Front de gauche aux élections européennes, il y aura la rupture avec cette Union Européenne libérale et, indissociablement, l'idée d’une Europe refondée sur des bases sociale, écologique, démocratique et pacifique, dans le respect de chaque peuple, de chaque nation, de la souveraineté populaire et la solidarité internationale. Dans chaque vote Front de gauche, il y aura la sanction de ceux qui nous ont conduit là, le refus du repli nationaliste et xénophobe, et surtout le rassemblement de celles et ceux qui sont prêts à prendre un autre chemin avec les peuples européens, les forces de gauche qui résistent et construisent l'alternative partout en Europe.


C'est la démarche de résistance et d'espoir que portera le Front de gauche en France, les listes de la gauche alternative dans les pays européens et Alexis Tsipras, notre candidat commun à la présidence de la Commission européenne.

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 23:10
(Déclaration de jean Luc Mélenchon)

(Déclaration de jean Luc Mélenchon)

Source du texte ci dessous : latribune.frle Parti de Gauche

Les Grecs votent ce dimanche pour leurs élections locales. Selon les premières estimations, Syriza arrive en tête à Athènes et dans l'Attique. Une défaite semble se dessiner pour le gouvernement Samaras.

Une semaine avant les élections européennes, on a voté en Grèce ce dimanche pour le premier tour des élections locales. Les électeurs helléniques sont appelés à renouveler les conseils des 325 municipalités et ceux des 13 régions. C'était un test important avant le scrutin européen et alors que la majorité du gouvernement d'Antonis Samaras est extrêmement réduite à la Vouli, le parlement grec.

 

Syriza en tête dans l'Attique et à Athènes

Selon les premières estimations sorties des urnes, dans la municipalité d'Athènes, le candidat de Syriza, la coalition de la gauche radicale d'Alexis Tsipras, arriverait en tête avec 20 à 24,5 % des voix, devant celui du Pasok (social-démocrate) avec 19 à 23 %. Le candidat Nouvelle démocratie (les Conservateurs d'Antonis Samaras) obtiendraient 15 à 19 % et celui d'Aube Dorée, le parti néo-nazi de 14 à 17 % ! Dans la région de l'Attique, la première du pays, là encore Syriza est en tête avec une avance encore plus large sur le Pasok : 27 à 31 % contre 20,5 à 24,5 %. ND ne pourrait prétendre qu'à 14 à 16 %. 

 

Dans les deux cas, on se dirige donc vers un ballotage favorable à Syriza contre le Pasok, avec une élimination du parti du premier ministre. Si la tâche au second tour de Syriza sera difficile, car elle a peu de réserve de voix, c'est déjà une défaite pour le gouvernement.

 

A noter en revanche qu'à Thessalonique, la deuxième ville du pays, le candidat de Syriza arrive en troisième position avec 14 à 16 % des voix, derrière ND (24-28 %) et un candidat Indépendant (36-39 %). Un autre candidat indépendant devance de vingt points celui du centre-droit dans la région de Macédoine centrale, celle de Thessalonique. Le candidat d'Antonis Samaras est devancé aussi au Pirée et à Patras, où le candidat communiste du KKE le devance de plus de sept points......

La nouvelle Europe commence à Athènes
La nouvelle Europe commence à Athènes
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 16:18
Six ans de lutte contre le Grand Marché Transatlantique

Source : le blog de Jean Luc Mélenchon

À un mois du vote pour les élections européennes, tout le monde semble se réveiller sur le Grand Marché Transatlantique : les médias en parlent ici et là, les Verts aussi, Marine Le Pen en a dit deux mots au salon de l’agriculture. Mais personne n’en a parlé à mesure qu’il avançait : ni la famille Le Pen, ni Cohn-Bendit et Bové, ni les socialistes, ni la droite. Au contraire, ils ont souvent approuvé ou se sont tus en complices du système. Pas moi.

J’ai donc rassemblé tout ce que j’ai dit sur le Grand Marché Transatlantique au cours de ces six dernières années, mais aussi tout ce qui a été fait par mon parti, le Parti de Gauche. On trouvera ici des extraits de notes de blog, des tracts, des brochures, des vidéos, des explications de votes au Parlement européen… Autant d’outils que j’ai utilisés pendant six ans pour parler de ce projet que les puissants préparent dans le dos des peuples..... pour lire la suite....

Six ans de lutte contre le Grand Marché Transatlantique
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 11:44
Le 25  mai, s’abstenir aux européennes : une faute grave !

Source : le blog de Raoul Marc Jennar

Il en est qui font campagne pour l’abstention lors du scrutin européen du 25 mai. Examinons leurs raisons.

 

Certains disent : « pourquoi voter pour un Parlement européen (P.E.) qui n’a aucun pouvoir ?»  Ce n’est pas exact ; ils devraient s’informer et lire les traités actuellement en vigueur. Ils devraient lire cet excellent petit livre « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » dont les auteurs qui ne peuvent être qualifiés d’européistes (B. Cassen, H.Michel, L. Weber). On n’argumente pas en travestissant la réalité. Reprenons leurs principales critiques :

-  le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire. Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des 157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des textes votés.

 

-  le P.E . n’est que co-législateur puisque tous les textes législatifs qu’il adopte doivent avoir l’agrément du Conseil des Ministres et de la Commission. C’est vrai. Mais encore une fois qu’en est-il au Parlement français ? Les textes adoptés ne doivent-ils pas, dans les faits, avoir l’accord du gouvernement ?

 

Par contre, ce qu’on passe trop souvent sous silence, c’est que le Parlement européen dispose du pouvoir de rejeter les textes proposés. Mais la majorité droite-pseudo gauche de ce Parlement préfère les approuver. Il est extrêmement rare qu’un texte législatif soit rejeté: au cours des trois dernières législatures (en quinze ans donc), seule la directive sur la libéralisation des services portuaires a été rejetée suite à l’intense mobilisation des dockers. Dans tous les autres cas, la majorité droite-PS a accepté les textes proposés.

 

Il ne fait aucun doute qu’au regard de l’idéal démocratique qui demeure à appliquer en France, le PE pourrait disposer de pouvoirs plus larges. Mais nous savons que ce sont les gouvernements des Etats qui limitent ces pouvoirs. C’est d’abord aux gouvernements successifs de la France qu’il faut s’en prendre si on veut changer d’Europe.

 

Ils affirment que « ce PE soutient les politiques néo-libérales proposées par la Commission européenne et adoptées par les 28 gouvernements réunis en Conseil des Ministres. » C’est vrai. Et cela prouve que le PE a du pouvoir. Puisqu’il pourrait ne pas les soutenir. Mais à qui la faute si les choix sont de droite ? Pas à l’institution qu’est le PE ! Mais bien aux partis politiques de droite et de la pseudo-gauche qui votent ensemble l’écrasante majorité des textes. Comme l’écrivent très justement les auteurs de cet excellent petit livre intitulé « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » c’est à l’alliance des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates qu’il faut attribuer le caractère néo-libéral des textes adoptés. Et les auteurs de conclure « si le Parlement veut, il peut ». Cette orientation dépend donc avant tout du vote des électeurs.

Enfin, ils proclament « il faut s’abstenir pour manifester notre rejet de cette Union européenne qui nie la démocratie et la justice sociale parce qu’elle nie la souveraineté des peuples ». Je suis d’accord sur le constat, mais je ne considère pas que ce soit la bonne méthode pour changer d’Europe, ni même pour changer l’UE. En effet, lors du précédent scrutin européen, en 2009, il y a eu, votes blancs et nuls compris, 62, 12% d’abstentions en France. En quoi cela a-t-il changé les choix politiques de l’UMP puis du PS ? En quoi cela a-t-il empêché la majorité PS – EELV de ratifier tel quel le pacte budgétaire Merkel-Sarkozy ? En quoi cela a-t-il modifié les orientations de l’UE ? Quelle révolution cela aurait été si seulement la moitié de ces abstentionnistes en 2009 avait soutenu l’une ou l’autre des listes de la gauche de gauche !

 

Quant à affirmer qu’en délégitimant le Parlement européen par un boycott massif de l’élection « les décisions européennes n’auront plus aucune portée en France », c’est oublier que les décisions européennes sont pour l’essentiel prises avec l’accord des 28 Etats, c’est-à-dire des 28 gouvernements et que ce sont donc aussi des décisions qui engagent le gouvernement français et qui s’appliquent en France.

 

De plus, cette année, alors que se négocie le grand marché transatlantique (GMT), nous allons élire les députés européens qui auront à le ratifier, si la négociation aboutit. Puisque, désormais, le Parlement européen a le pouvoir d’adopter ou de rejeter de tels traités. Il a usé de ce nouveau pouvoir le 4 juillet 2012 en refusant l’ACTA, un traité au contenu liberticide négocié par l’UE dans le plus grand secret. Affirmer, comme les partisans du boycott le prétendent que « le résultat du scrutin n’aura aucun impact » sur l’avenir du GMT, c’est tout simplement se faire les complices des partisans du GMT.

 

Il nous est donc possible de choisir des candidats qui sont radicalement et sincèrement opposés à ce projet funeste pour les peuples d’Europe. Et de faire de cette élection un référendum pour ou contre le GMT.

 

  • Je veux ajouter ceci. A côté de ceux qui s’abstiennent, il y a ceux qui ne s’abstiennent pas : les électeurs du FN. Et ce parti, on l’a vu aux récentes municipales, profite des abstentions pour gagner plus de sièges qu’il en obtiendrait s’il y avait moins d’abstentions. S’abstenir aux européennes, cela équivaudra à donner plus encore de députés européens au FN. Et ce choix discréditera la France et n’aura aucune influence sur la nécessité de faire rupture avec les orientations politiques de l’UE et les institutions qui les portent. Parce que ce sera un choix d’extrême-droite.

 

  • S’abstenir est une grave erreur. Une faute politique majeure. Il faut au contraire se mobiliser massivement pour ceux qui ont combattu le traité constitutionnel européen en 2005 au nom des valeurs de gauche et qui sont restés fidèles à ce choix, pour ceux qui au Parlement européen n’ont jamais mêlé leurs voix à la sainte alliance de la droite et des sociaux-démocrates, pour ceux qui rejettent le capitalisme rose comme le capitalisme vert.

 

  • S’abstenir, c’est faire du score du FN l’événement médiatique majeur du scrutin ; voter massivement Front de Gauche, c’est créer l’événement politique et annoncer aux peuples d’Europe, et en particulier au peuple grec martyr de l’UE, qu’un espoir est né en France de remplacer l’UE par une union des peuples d’Europe fondée sur la démocratie, la justice sociale, l’exigence écologique et le respect absolu de la souveraineté populaire.
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 08:27
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 14:16
Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) : conséquences dans nos campagnes et nos assiettes

Source : %attac lundi 9 décembre 2013, par Aurélie Trouvé

- Quelques rappels sur le Grand Marché Transatlantique

Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA - pour de plus amples informations lire notre dossier en ligne). Tous les États-membres ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier au nom de l’Union cet accord, avec comme seule exception – à relativiser – les services audiovisuels. Même si François Hollande a affirmé début octobre qu’il fera tout pour que l’agriculture soit préservée dans le cadre de ces négociations, l’agriculture n’est pas prévue comme un secteur d’exception.

 

Ces négociations sont l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens. Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI/TAFTA sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit [1]. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle, avec des conséquences pour tous les pays du monde.

 

Les négociations à l’OMC, qui ont été le moteur de la libéralisation du commerce notamment agricole depuis les années 90, sont actuellement bloquées. Face à ce constat, les grandes puissances, en particulier l’Union européenne et les États-Unis, se sont engagés dans une stratégie bilatérale et bi-régionale avec leurs partenaires commerciaux. Elles profitent alors d’un rapport de force très défavorable aux pays les plus pauvres, qui permet d’aller encore beaucoup plus loin que dans le cadre de l’OMC pour libéraliser les marchés [2]. Des centaines d’accord de ce type, dont fait partie le Grand marché transatlantique, sont conclus ou en cours. Ils doivent tous être notifiés auprès de l’OMC et permettre selon elle une « libéralisation substantielle de tout le commerce » entre les régions concernées.

 

Les multinationales européennes ont déployé un lobbying intense en perspective de l’ouverture des négociations du PTCI et ont eu de multiples contacts avec la Commission européenne. Dans le même temps, le public, leurs organisations, les élus n’ont pas accès aux informations de base. Ainsi, le mandat de la Commission européenne n’a pu être connu que grâce à des fuites. Il est impossible à l’heure actuelle de connaître les positions de part et d’autre au fur et à mesure des négociations et selon les sujets. Sans forte mobilisation citoyenne, l’opacité des négociations restera la règle.

 

- L’attaque des droits de douane agricoles [3]

Le mandat donné à la Commission européenne par le Conseil des ministres européen du commerce du 14 juin 2013 [4] appelle à une « réduction substantielle des tarifs douaniers ». Même s’il faut se méfier des comparaisons en termes de droits de douane moyens [5], elles donnent des premières indications. Si ces droits de douane sont en moyenne assez faibles de part et d’autre de l’Atlantique (2% selon le CEPII [6]), ils restent élevés dans certains secteurs. Dans l’agriculture par exemple, les droits de douane moyens s’avèrent, toujours selon le CEPII, de 7% côté Etats-Unis et de 13% côté Union européenne. Selon les produits, ils peuvent dépasser 200%, protégeant ainsi des secteurs hyper sensibles, notamment dans l’élevage. Les droits de douane sont souvent bien plus élevés du côté de l’Union européenne, en particulier sur les céréales, le sucre et les viandes. Par exemple, sur les carcasses congelées de viande bovine, ils s’avèrent plus de quarante fois supérieurs par rapport à ceux des Etats-Unis. Le même type de constat peut être fait sur beaucoup de produits laitiers et même sur les alcools, alors que la Commission avance l’idée qu’on pourrait davantage exporter dans ces secteurs avec une libéralisation des marchés [7].

 

Les droits de douane permettent à l’Union européenne de se protéger d’un taux de change plus favorable pour les productions états-uniennes. Ils permettent surtout de se protéger vis-à-vis d’une agriculture étatsunienne plus industrielle et plus « compétitive », du fait de la médiocrité des protections sociales et environnementales outre-Atlantique et d’une « restructuration agricole » beaucoup plus importante : une ferme dans l’Union européenne fait environ 13 hectares, contre 170 aux Etats-Unis. Sur 1000 hectares, on emploie 57 personnes dans l’Union européenne contre 6 aux Etats-Unis [8]. Il est faux de dire que l’Union européenne aurait une compétitivité éprouvée pour les produits agricoles et alimentaires : certes, les échanges agricoles sont excédentaires sur les dernières années, mais ils deviennent largement déficitaires si on enlève les boissons et si on inclue les produits de la pêche et les préparations alimentaires. Même FoodDrinkEurope, la Fédération des industries agroalimentaires européennes, conclut ainsi : « Considérant que le niveau tarifaire de la majeure partie des exportations aux USA de produits alimentaires et boissons est déjà tout à fait bas, nous pensons que l’industrie alimentaire et de boissons de l’UE dans son ensemble a relativement peu à gagner à un démantèlement tarifaire » [9].

 

Que se passerait-il si ces droits de douane étaient démantelés ? Face à la déferlante de produits agricoles américains, notre propre agriculture n’aurait d’autre possibilité que de s’engouffrer encore davantage dans un modèle agro-exportateur néfaste pour l’environnement et l’emploi. La Commission européenne reconnaît elle-même que les États-Unis souhaitent écouler une plus grande partie de produits alimentaires de base comme le blé et le soja (la plupart OGM). Ceci accentuerait encore les déséquilibres commerciaux et le renforcement en Europe du modèle d’alimentation animale maïs-soja, au détriment des prairies et protéines européennes, pourtant bénéfiques pour nos sols et l’environnement. La concurrence accrue aboutirait à la contraction des coûts de production, qui exigerait d’affaiblir les standards environnementaux, alimentaires, sociaux. Elle mènerait très certainement à une concentration des exploitations et à une spécialisation des régions, ainsi qu’à une réduction drastique des emplois agricoles. Les perspectives de promotion des circuits courts, de la relocalisation des activités agricoles et de l’agriculture paysanne seraient considérablement menacées. Un tel accord rendrait caduques les efforts menés par l’UE pour légitimer sa Politique agricole commune autour de pratiques plus agro-écologiques et de produits agricoles d’appellation géographiques et de qualité.

 

- L’introduction d’un nouveau mécanisme, le règlement des différends investisseurs-Etats

Normalement, les accords internationaux ne peuvent avoir d’effet règlementaire « direct » qu’après avoir été traduits dans la législation européenne, par l’Union elle-même. Ils peuvent faire également l’objet de plaintes entre les parties prenantes de cet accord, à savoir les États ou régions comme l’Union européenne. C’est le cas par exemple des accords de l’OMC, à travers des plaintes déposées auprès de l’Organe de règlement des différends et qui aboutissent parfois à des sanctions commerciales.

 

Mais, de la même façon que l’accord UE-Canada, qui est en passe d’être ratifié, le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI/TAFTA prévoit un mécanisme particulièrement menaçant : le règlement des différends investisseurs-Etats. Ce mécanisme permettrait à des multinationales de poursuivre directement l’Union européenne, des États ou des collectivités locales sous l’argument du non respect de l’accord établi, et ainsi de contester de nombreuses réglementations protectrices des consommateurs ou des économies locales. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » les bénéfices des investisseurs. Des experts « arbitres » délibèreraient alors indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires.

 

On trouve de nombreux exemples de plaintes de multinationales dans le cadre d’accords bilatéraux d’investissement déjà conclus. Certains Etats ont ainsi été condamnés à des amendes très dissuasives, se chiffrant souvent en millions, voire en milliards de dollars. C’est le cas de l’Etat canadien, suite à une plainte de la multinationale Lone Pine, dans le cadre de l’accord de libre-échange Canada/États-Unis/Mexique : Lone Pine a demandé 250 millions de dollars de réparation pour des profits qu’elle n’a pu réaliser à cause du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste mis en place par le Québec.

 

Les risques pour les normes européennes sanitaires, environnementales et de bien-être animal Tout porte à croire que les multinationales se saisiront de l’occasion offerte notamment par le règlement des différends investisseurs-États pour faire pression sur les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal. L’ONG américaine IATP et les Amis de la Terre Europe font ainsi état de nombreuses pressions déjà exercées par les multinationales, notamment américaines, auprès des décideurs publics dans le cadre des négociations transatlantiques [10]. Le représentant américain au commerce, Michael Froman, plaide déjà pour que les règlementations européennes s’alignent sur celles qui régissent l’agro-industrie américaine. Les lobbys de l’agro-business américain appellent quant à eux à prendre comme modèle l’accord transpacifique, en cours lui aussi de négociations, car cet accord « contient une partie sur les normes sanitaires et phytosanitaires avec de fortes disciplines allant plus loin que celles de l’OMC » [11]. Ils sont appuyées par certains États-membres européens, comme le Royaume-Uni dont le premier ministre David Cameron a déclaré : « Tout doit être sur la table. Et nous devons nous attaquer au cœur des questions règlementaires, de façon à ce qu’un produit accepté d’un côté de l’Atlantique puisse immédiatement entrer sur le marché de l’autre » [12].

 

L’Union européenne et les États-Unis présentent en effet de fortes différences de normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal. Le risque est grand d’une harmonisation vers le bas. La Commission européenne se positionne d’ores et déjà pour que « les mesures sanitaires et phytosanitaires [SPS] soient revisitées de façon collaborative », de façon à ce que les « SPS de chaque côté soient fondées sur la science et les standards internationaux » et avec l’objectif de « minimiser les effets négatifs des mesures SPS sur le commerce » [13]. Ces formulations font craindre le pire pour le principe de précaution, non reconnu par les États-Unis mais qui figure au contraire dans les traités européens : dans l’Union européenne, ceux qui souhaitent introduire de nouveaux produits ou procédés de fabrication doivent faire la preuve de l’absence de risque. S’il y a controverse scientifique, alors le principe de précaution peut s’appliquer. Au contraire, pour les Etats-Unis, il doit y avoir preuve de la nocivité de ces produits ou procédés, par exemple pour la santé humaine.

 

Dans l’Union, ce principe de précaution s’applique en particulier aux OGM : ils sont soumis à une procédure d’autorisation, avec une évaluation des risques obligatoire réalisée par la puissance publique. Mais aux Etats-Unis, les produits OGM sont considérés comme « substantiellement équivalents » aux produits non OGM et ne requièrent pas d’évaluation de ce type. La liste des OGM autorisés à la culture, à l’élevage et à la consommation animale et humaine est ainsi sans commune mesure avec celle de l’Union européenne - la Food and Drug Administration est ainsi sur le point d’accepter la production et la vente de saumon OGM -. Selon l’étude réalisée par le Parlement européen [14], il existe donc des risques importants d’affaiblissement des procédures d’autorisation des OGM importés en Europe, menaçant d’élargir considérablement la liste des variétés autorisées à l’importation - une cinquantaine actuellement, en maïs, coton, soja, colza essentiellement -.

Ces risques pèsent également sur les variétés autorisées à la culture sur le sol européen - pour l’instant, uniquement le maïs MON 810 – et sur les interdictions pures et simples des cultures d’OGM émises par certains États-membres, dont la France. Tous ces risques sont d’autant plus importants que les industries de biotechnologie américaines en ont fait clairement leur objectif numéro un dans les négociations. Enfin, les lobbys industriels comptent affaiblir l’obligation européenne d’étiqueter tout produit non OGM, mais également annihiler les progrès réalisés en la matière d’une trentaine d’Etats américains [15]. L’ensemble des règles visant l’information des consommateurs, par exemple celles relatives à l’origine des produits, sont d’ailleurs visées explicitement par les multinationales, qui espèrent les faire passer pour des entraves au commerce dans l’accord transatlantique.

 

La volaille désinfectée avec des solutions chlorées fait partie également des quelques sujets majeurs de préoccupation dans cette étude réalisée par le Parlement européen. Les Etats-Unis tentent en effet depuis longtemps d’obtenir la possibilité d’en exporter vers l’Union : tandis que l’Union n’accepte que l’eau pour laver les carcasses de volailles pour des raisons sanitaires, les Etats-Unis autorisent différents produits de traitement contre les pathogènes. Les États-Unis ont déjà contesté cette interdiction d’exportation, qui leur a coûté des centaines de millions de dollars, dans le cadre de l’OMC et d’accords bilatéraux. Les négociateurs américains comptent donc sur l’accord en cours pour faire avancer le sujet.

 

Des interrogations demeurent également quant à la question du bœuf aux hormones. Rappelons qu’aux Etats-Unis, la plupart du bœuf produit et consommé est traité avec des hormones de croissance. Les ÉtatsUnis et le Canada avaient porté plainte à ce sujet auprès de l’OMC. Celle-ci leur avait donné raison, autorisant des sanctions commerciales. L’accord de 2009 entre Etats-Unis et Union européenne allège ces sanctions en échange d’une augmentation des quotas d’imports de bœuf américain sans hormones par l’Union. Cet accord devrait permettre selon le Parlement européen d’éviter certainement une nouvelle remise en cause dans le cadre de l’accord transatlantique. Mais rien n’est garanti.

 

D’autres règles publiques d’importance pourraient se retrouver menacées dans cet accord, concernant les résidus de pesticides ou les additifs alimentaires. C’est le cas de l’interdiction dans l’Union européenne de l’usage de la ractopamine, utilisée par contre aux États-Unis dans l’alimentation animale pour stimuler la croissance et en modifier la qualité. La ractopamine apparaît pourtant dangereuse pour le bien-être animal et la santé humaine dans de nombreux articles de recherche, ce qui a amené une très grande majorité de pays dans le monde à en interdire la production et l’importation. Le Codex alimentarius, qui sert de standards internationaux alimentaires, a néanmoins récemment accepté dans ces standards un niveau minium possible de ractopamine, ce qui offre de nouveaux espoirs à l’industrie de la viande dans le cadre des négociations transatlantiques [16]. De même, la California Table Grape Commission vise les niveaux maximums de résidus de pesticides dans les fruits, dont beaucoup sont bien plus faibles en Europe qu’aux Etats-Unis.

 

En contrepartie, les autorités françaises et européennes soulignent la possibilité d’avancées sur le plan des Indications d’origine protégée, que les autorités états-uniennes pourraient reconnaître et qui permettraient d’empêcher, par exemple, la production de champagne états-unien. Mais rien n’est moins sûr, puisque les acteurs économiques côté États-Unis sont vent debout contre l’introduction de telles règlementations [17].

 

- Des risques pour les normes et l’agriculture paysanne américaines

Edouard Bourcieu, de la direction générale Commerce à Bruxelles, affirmait les intérêts des multinationales européennes en juillet dernier : « N’oublions pas que nous avons aussi des intérêts offensifs à défendre sur le volet agricole, afin de pouvoir exporter plus » [18]. Les ONG américaines soulignent ainsi les pressions exercées par les exportateurs européens, par la voix de BusinessEurope ou des industries agroalimentaires, pour affaiblir le « US Food safety Modernization Act » - lois votées en 2010 visant à prévenir les contaminations alimentaires -, les standards sur la qualité du lait [19] ou encore les lois américaines de protection des mammifères marins, qui induisent des restrictions aux importations. L’Union européenne pourrait également en profiter pour affaiblir certains niveaux de tolérance de présence de pathogènes dans les produits animaux, plus élevés outre-atlantique [20].

Un autre sujet d’importance intéresse les exportateurs européens : les politiques d’encouragement d’achat de produits locaux et plus sains par les écoles ou autres administrations publiques américaines. Ainsi, un programme fédéral encourage les partenariats entre écoles et fermes locales. Le mandat initial de la Commission européenne souligne son souhait de nouvelles règles de marchés publics dans tous les secteurs, menaçant ainsi ce type de politiques publiques et notamment le programme « Buy America », visant la relocalisation des activités.

 

- Une estimation biaisée des conséquences de l’accord

Concernant les conséquences de l’accord, la Commission Européenne s’appuie sur une étude du CEPR (Centre for Economic Policy Research), qui affiche une espérance de 0,21% de PIB d’ici 2027 dans le scénario qui semble le plus réaliste… soit 0,015% de croissance par an. Ces faibles résultats sont très inférieurs à la marge d’erreur du modèle et ne sont pas significatifs. Ils reposent sur des hypothèses éloignées de la réalité des marchés. En outre, les opportunités et les risques pour l’agriculture ne sont pas étudiés : l’agriculture est traitée comme un secteur industriel classique, occultant le fonctionnement spécifique des marchés agricoles [21]. Les impacts sur la sécurité sanitaire et bien d’autres sujets relatifs à l’agriculture et l’alimentation ne figurent pas dans le document final d’évaluation de l’accord de la Commission européenne [22]. Il est donc extrêmement important que d’autres institutions, mais aussi les organisations citoyennes, se saisissent de ces questions, mènent leurs propres investigations et informent le plus largement possible les citoyens sur les effets potentiellement désastreux de cet accord sur le plan social et environnemental.

 

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) : conséquences dans nos campagnes et nos assiettes
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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 23:42
Stupéfiante union sacrée au Parlement européen

Source : Politis.fr par Michel Soudais

« La droite et les socialistes se préparent à faire une alliance au sommet de l’Union européenne » , avertit avertit jean Luc Mélencho dans un communiqué. Exagération ? Pas vraiment. « Jeudi 3 avril dernier, les groupes de droite (PPE), libéraux (ALDE) et sociaux-démocrates (S&D) du Parlement européen ont adopté une déclaration commune, poursuit le député européen du Parti de gauche. Celle-ci prévoit que les trois groupes se concerteront dès les élections passées pour « soumettre conjointement » au Conseil européen une proposition de nom pour la présidence de la Commission européenne. »

 

Cette déclaration conjointe des groupes PPE, S&D et ADLE existe bien. Elle peut être consultée sur le site du groupe PPE (droite), sur celui du S&D (groupe socialiste et démocrate), celui de l'ADLE (libéraux&démocrates). Et leurs présidents respectifs, Joseph Daul, Hannes Swoboda et Guy Verhofstadt, « s’engagent à dialoguer et à se consulter dès que possible après les élections européennes » sur le nom du futur président de la Commission européenne qu’ils n’imaginent pas venir d’un autre camp que d’un des leurs.

 

- Voici le contenu de leur déclaration conjointe :

« Conformément à la lettre et à l’esprit du traité, et tenant pleinement compte des résultats des élections européennes, nous nous engageons à lancer aussi vite que possible après les élections européennes un dialogue et des consultations, qui viseront à désigner, au sein de la famille politique capable de constituer la majorité qualifiée requise au Parlement européen, le candidat européen à la présidence de la prochaine Commission. »

« Le candidat du plus grand groupe sera le premier à tenter de constituer la majorité requise. Sur cette base, nous soumettrons conjointement une proposition au Conseil européen afin de lancer les consultations institutionnelles conformément à la Déclaration 11. »
 
« Le prochain président de la Commission devra être élu dans le cadre d’un processus transparent et non de manœuvres en coulisse. »
 
« Nos familles politiques se présenteront aux élections européennes avec leurs candidats respectifs à la présidence de la Commission européenne. »

« Le prochain président de la Commission devra être choisi parmi ceux-ci. Il s’agit de respecter les attentes des citoyens et de rendre l'Union européenne plus proche d’eux et plus démocratique. »

 

- A moins de huit semaines des élections européennes, cette entente sur l’après-scrutin, symptomatique de la cogestion qui règne au sein du Parlement européen, irrite fort Jean Luc Mélenchon co-président du PG qui devrait être le candidat du Front de gauche dans le Sud-Ouest, qui appelle les électeurs à « régler [leurs] comptes avec cette Europe et cette alliance dégoûtante » :

« Imaginez la même chose en France : le PS et l’UMP s’accordant dans le dos des Français pour choisir le Premier ministre !
C’est une nouvelle preuve de l’alignement politicien du PS sur la droite européenne.
Cette Europe est définitivement irréformable. Il faut en finir pour rendre leur pleine souveraineté aux peuples. »

 

Nota

Mais est-ce nouveau ? Non !

- lire :  Sociaux-libéraux, droite européenne alliés permanents ; 

- lire : Majorités "soviétiques" au parlement européen : l'étude qui dérange

- lire : Qui vote quoi au Parlement européen ?

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 21:00
Rompre avec l'AUSTÉRITÉ pour REFONDER L'EUROPE
Rompre avec l'AUSTÉRITÉ pour REFONDER L'EUROPE
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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 10:30

Source : Regards.fr par Guillaume Liégard

Si la campagne des élections européennes ne passionne guère les foules, elle livre déjà quelques perles. Ne doutant de rien, le Parti socialiste a en effet décidé de placer sa campagne… sous le signe de la lutte contre l’austérité.

 

Dès le 4 avril, celui qui était encore premier secrétaire du PS, Harlem Désir déclarait : « Il s’agit de rompre avec les politiques d’austérité imposées par les conservateurs et donner la priorité à la croissance et l’emploi ». Dans la foulée, les socialistes et leurs alliés du PRG convoquaient un meeting européen au Cirque d’hiver en présence de Martin Schulz, candidat du Parti socialiste à la présidence de la Commission européenne. L’affiche met d’ailleurs en exergue une phrase de ce dernier : « L’austérité en Europe est une erreur ». Pour faire bonne mesure, le matériel de campagne pour la circonscription d’Ile-de-France creuse le sillon : « Je veux une Europe qui protège », « 1.000 milliards d’évasion fiscale en Europe par an ! », « Stop au dumping social », indiquent les têtes de chapitre. Sur le site de campagne Choisir notre Europe on trouve aussi des mots d’ordre comme « Refuser l’austérité », assorti de l’ambition de « réviser le pacte de stabilité pour donner la priorité à la croissance, la relance et l’emploi ».

 

Bigre, se dit-on, voilà un personnel politique qui gagnerait à être au pouvoir. Le problème est que, justement, ils y sont. Martin Schulz, par exemple, à la suite d’un accord avec les conservateurs, est l’actuel président du Parlement européen. Surtout, il appartient au SPD qui, depuis les dernières élections législatives, participe au gouvernement d’Angela Merkel dans le cadre d’une grande coalition. Depuis plus de trente ans, socialistes européens et conservateurs ont voté tous les traités qui ont organisé la dérégulation de l’économie, les privatisations et la casse des services publics. Quant aux socialistes français, se prévaloir d’une quelconque lutte contre les politiques d’austérité au moment même ou Manuel Valls va faire voter le Pacte de responsabilité à l’Assemblée nationale, il fallait oser.

Campagne des européennes : le PS sait-il qu’il est au pouvoir ?
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