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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 09:56
Macron-Le Pen, le piège avait savamment été organisé…

Ces élections présidentielles sont conformes à la volonté de l’oligarchie politico médiatique qui a tout fait pour que le deuxième tour soit celui qui aura lieu le 7 mai. Macron-Le Pen, une affiche qui devrait consacrer le candidat du Cac40, des banques, des médias et de l’union européenne devant lequel il faudrait se prosterner au risque d’être taxés de lepénistes ou de fascistes. Toute résistance, tout refus serait un soutien direct au FN.

Les partisans de Macron vont d’injonction en injonction, accusant de diviseurs tous ceux qui ne veulent se résoudre à donner leur voix au porteur officiel du programme de régression sociale de l’union européenne.

Division ? Mais qui a organisé ce stratagème incroyable qui repose sur une 5ème république moribonde dont le caractère anti démocratique éclate au grand jour dans cette élection présidentielle, voulant contraindre de choisir entre deux candidats qui ne représentent même pas ensemble 40% du corps électoral.

 

Sources : La Sociale par Jacques Cotta

- La division, c’est le PS et la gauche bien-pensante qui l’ont organisée.

Ils n’ont de cesse d’injurier sur les « réseaux sociaux » tous ceux qui non seulement ne voteront pas Macron, mais qui même s’ils votent pour lui refusent de faire ses louanges. Après les responsables socialistes, députés, ministres, élus, après l’ancien premier ministre Valls, après Hollande lui-même, mais aussi après les Juppé, Fillon, Raffarin ou autres Madelin, après les caciques du PS ou de LR, il faudrait à tout prix dire « je vote Macron et plus, j'aime Macron ». Mais que cherchent-ils donc ? Une victoire ? Non pas seulement. Ce qui compte à leurs yeux, c’est un plébiscite pour permettre au candidat une fois élu d’appliquer sans contestation aucune le programme terrible qu’il aura évité de développer devant les français. Remise en cause toujours plus de la sécurité sociale, remise en cause aussi des retraites, remise en cause du code du travail jusqu’au bout, ubérisation de toute la société, soumission aux directives de l’union européenne, négation de ce qui reste de notre souveraineté… C’est pour tout cela entre-autres que Macron et son entourage –« gauche » et « droite » d’hier réunis- ne veulent pas qu’une seule voix ne manque. Et c’est précisément pour cela que la grande majorité des insoumis, mais aussi d’autres votants du premier tour, refuseront de se rendre aux urnes pour le second.

La division pouvait être déjouée sans difficulté. Il suffisait à ceux qui clament « vive Macron » aujourd’hui, à ceux qui proposent de « voter pour lui au deuxième tour pour le combattre ensuite », à ceux qui suggèrent de mettre toute réticence de côté car « l’ennemi, c’est Le Pen », bref il suffisait à tous ceux-là d’appeler à voter Mélenchon au premier tour pour avoir le choix au second. Voir aujourd’hui ceux-là même qui portent cette responsabilité vouloir faire la morale est à la fois pathétique et un peu énervant. Ils ont tout fait pour que le scénario soit celui-là. Monsieur Urvoas du parti socialiste, en substituant « l’équité » à « l’égalité » a interdit à Jean Luc Mélenchon, le seul à avoir fait reculer Marine Le Pen, d’être au deuxième tour. 600 000 voix manquaient. A temps d’antenne égal, Mélenchon battait Marine Le Pen ( Voir l’article de Marianne « A temps de parole égal, le deuxième tour aurait opposé Mélenchon à Fillon ». Chaque minute de parole a rapporté 668 voix au candidat de la France Insoumise, 558 à Emmanuel Macron, 517 à Marine Le Pen. Mais du 1er février au 21 avril, Mélenchon a bénéficié de 176 heures et 2 minutes de télé ou radio, Macron 245 heures et 13 minutes soit +56% et Marine Le Pen 247 heures et 22 minutes soit +58%[
1]). 


La presse écrite dans son ensemble qui a consacré plus de 8000 articles à Macron de Janvier 2015 à janvier 2017, dont les plus en vue ont troqué leur carte de presse contre celle de la morale et de la bien-pensance. Tout ce beau monde fait écho au plan machiavélique de François Hollande dont Macron a été un temps le plan B. Mais la popularité du chef de l’état en a fait son plan A, son ombre portée, son double. Ils osent tous faire la leçon alors qu’ils ont travaillé de longue date à ce scénario catastrophe. Les Poutou, Arthaud, ou autre Hamon avec des candidatures de témoignage, leur quart d’heure de gloire à la télévision, feraient mieux eux aussi de garder le silence. Tous ont chacun à leur façon organisé la division et portent donc l’entière responsabilité d’un deuxième tour de dupes, car sur le fond Macron et Le Pen ne sont pas loin l’un de l’autre.

 

 

- Un programme commun Macron Le Pen

Argument choc, il s’agirait de voter Macron car il incarnerait face à Le Pen « le moindre mal ». Mais sur le fond, Macron et Le Pen ont des positions communes, identiques. Et pour cause. Sur toutes les questions, les propositions du FN sont favorables à la finance et aux banques ; Par exemple :

  •  Le FN est partisan de la mise en coupe réglée du mouvement syndical indépendant, partisan de l’amputation du code du travail, de négociations par branches et par entreprises en lieu et place de la loi au niveau national… Comme Macron.
  • Démagogie aidant, le FN propose l’augmentation des salaires des ouvriers (salaire net) sans augmenter le salaire versé par les patrons mais en baissant les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut. Donc, comme tous les autres candidats du « système », Le Pen propose la baisse du salaire différé, c'est-à-dire la remise en cause de la Sécurité sociale… Comme Macron.

 

Voilà pourquoi les macronistes ne disent mot du fond de la question. Le Pen et Macron sont chacun à leur manière exactement sur les mêmes objectifs. 

  • Alors que Macron vante « l’esprit entrepreneurial » et l’ambition de « devenir millionnaire », Le Pen vise à opposer les faibles aux plus faibles qu’eux pour permettre au système de perdurer. Les immigrés et la xénophobie de Le Pen trouvent là leur raison d’être. 
  • Alors que Macron annonce la couleur en renforçant la soumission de la France à l’Union Européenne, la souveraineté nationale de Le Pen a bon dos. Le FN est déjà revenu sur « la rupture avec l’UE » dont les institutions sont prêtes à avoir à son égard la même bienveillance qu’à l’égard d’Orban en Hongrie ou du PIS polonais.

 

Les macronistes privilégient l’invective contre Mélenchon et la France Insoumise à la discussion sérieuse car Marine Le Pen et Emmanuel Macron divergent sur l’emballage, mais renferment sur le fond le même contenu au compte du capital et au détriment du travail. L’un et l’autre servent les mêmes maitres. Aussi critiquer Le Pen sur le fond revient à critiquer Macron sur les mêmes questions. Voilà pourquoi Macron n’en dit mot. L’histoire de la peste et du choléra… Voilà pourquoi les deux sont affligeants, d’autant plus affligeants qu’ils sont confrontés l’un à l’autre, comme dans le débat de l’entre-deux tour, qui fait l’unanimité sur sa nullité.

 

 

- Un moindre mal ? Non, un mal absolu

Que signifie dans les faits la ligne Macron ? La soumission à l’union européenne dans laquelle s’inscrit la politique de Macron a une histoire. Comme l’indique à juste titre Raoul Marc Jennar, « jamais il n'a été possible de revenir sur une avancée néo-libérale depuis 1983. Jamais, il n'a été possible de revenir sur un traité européen ». Lorsque le peuple français a décidé de mettre un coup d’arrêt à cette politique d’abandon de souveraineté en votant Non au référendum européen de 2005, unis, PS et LR (à l’époque UMP) ont décidé un terrible déni de démocratie en trahissant le vote français et en adoptant en 2007 au congrès le texte qui deux ans plus tôt avait été rejeté. Les directives européennes s’imposent. Tous critiquent par exemple la directive sur les travailleurs détachés qui organise la concurrence déloyale entre travailleurs de différents pays de l'UE, sans pour autant que celle-ci n’ait été révisée . Aucune mesure anti sociale initiée par l'Union européenne n'a pu être contrariée.


Comme l’indique Jennar : « A-t-il été possible de revenir sur les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne dont certains membres détiennent tout à la fois du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ? Jamais. A-t-il été possible de modifier les décisions européennes une fois qu'elles ont été intégrées dans le droit national ? Jamais. A-t-il été possible d'empêcher les opérations successives de démantèlement du droit du travail ? A-t-il été possible de revenir sur les reculades successives du régime des retraites ? ».
La position de Macron affirmant qu’ « il ne cédera rien » nous ramène aux années 80 dans la lignée de Margareth Thatcher ou de Ronald Reagan. Fort du soutien de l’oligarchie médiatico-politico-financière, c’est par ordonnance qu’il décidera de mettre en place les mesures dont il se réclame et qui en organisant la dislocation et la paupérisation du peuple français, la démoralisation et le désespoir de couches de plus en plus importantes, préparera l’avènement futur de Le Pen qu’il qualifie pourtant pour l’occasion de mal total.

 

 

- L’argument du fascisme

L’argument ultime qui devrait faire accepter le programme de liquidation de Macron est celui du fascisme. Si en effet le danger fasciste menaçait avec Le Pen, il n’y aurait pas d’hésitation possible. Le vote Macron, comme le vote pour n’importe quel autre candidat se réclamant de la démocratie, s’imposerait pour sauver les libertés démocratiques, éviter la dictature. Encore faudrait-il pour être efficace que la politique suivie ne féconde pas à nouveau et avec force le ventre d’où sort la bête immonde. Que la rupture des solidarités et des protections, que la liquidation du bien commun ne jettent pas plus encore dans les bras du FN des bataillons de démoralisés.

Mais le caractère réel du FN assez rebutant tel quel nécessite-il d’en rajouter avec une caractérisation de fascisme pour le moins discutable.

Le fascisme est une forme de domination du capital qui dans une situation extrême a besoin de détruire physiquement les organisations ouvrières, les syndicats, les associations, les partis, les militants. Lorsque la bourgeoisie ne parvient plus à désamorcer les contradictions explosives de la société, ce sont les bandes armées qui doivent assurer l’essentiel, la centralisation du pouvoir d’état, la destruction des conquêtes ouvrières, la liquidation des organisations ouvrières et démocratiques, l’anéantissement des syndicats, des associations, des partis. Pour exister, pour durer, pour remplir son rôle, un mouvement fasciste doit de plus obtenir le soutien actif d’une partie significative du capital. Il lui faut avant de prendre le pouvoir avoir fait la preuve de l’efficacité de ses bandes armées, de ses milices organisées. Il faut à un mouvement fasciste avoir testé son efficacité dans des épreuves de force contre le monde salarié, contre le monde ouvrier.


Aujourd’hui, la bourgeoisie se trouve fort bien servie par les Hollande et consorts, par le PS ou les LR. Et dans les manifestations du premier mai, ce ne sont pas les chemises brunes qui dominent. Ce constat ne rend pas le FN plus agréable. Son idéologie demeure nauséabonde et la vie dans les villes qu’il dirige des plus inconfortable. Mais cela n’en fait pas pour autant un parti fasciste.

Ce n’est évidemment pas sur une analyse sérieuse que les macronistes qualifient de fasciste le front national. Il s’appuie sur des questions sociétales, sur son racisme, sur sa xénophobie. Mais cela ne fait pas un parti fasciste. Ou alors il faut élargir la liste aux LR, à Fillon, à la manif pour tous, à tout ce qui est particulièrement réactionnaire sur la question des différences, de la vie commune, des mœurs. Non, le front national n’a pas besoin d’être qualifié de fasciste pour être rejeté. Il est un parti semblable au PIS polonais, et madame Le Pen est plus proche du hongrois Orban que de Mussolini. Une fois encore, cela suffit pour un rejet franc et massif. Nul besoin d’en rajouter pour les besoins de la cause.

 

 

- Une seule conclusion

Les diviseurs, les responsables de la situation sont donc clairement ceux-là mêmes qui accusent à longueur de colonnes ou de messages les citoyens qui refusent la politique ultra libérale que veut imposer Macron.


Quel que soit le résultat du deuxième tour, la crise politique, conséquence des institutions anti démocratiques de la 5ème république, va prendre un nouvel élan. C’est cela qui compte. Les élections législatives censées donner une majorité au parlement risquent fort de mener le système à une impasse. D’autant que la décision de ne voter ni pour l’un, ni pour l’autre au deuxième tour est combattante, dans la perspective de concrétiser aux législatives le rejet du système et de ses candidats, Macron et Le Pen, en votant notamment pour les candidats de la France Insoumise.


En attendant donc, sur le simple terrain électoral, Marine Le Pen dont le programme veut opposer les faibles aux plus faibles pour assurer les intérêts du capital ne peut trouver aucun appui de quiconque est attaché aux intérêts du plus grand nombre, des travailleurs, des retraités, des jeunes. Emmanuel Macron, s’il est élu, veut gouverner tout de suite par ordonnance pour faire passer le plus vite possible ses mesures de misère sociale en comptant sur l’anesthésie estivale des français. Il sera sans doute élu. Il veut un plébiscite, et donc que pas une voix ne manque.

 

C’est précisément pourquoi son score, le plus étriqué possible, avec un nombre de bulletins blancs ou d’abstentions le plus élevé possible, pourrait être une première réponse au programme qu’il se propose de mettre en œuvre.

 

Note :

[1] Présidentielle : à temps de parole égal, le second tour aurait pu opposer... Mélenchon à Macron

 

Pour en savoir plus :

- Législatives : finalement, Valls pourra être investi par En Marche! sans quitter le PS

- Législatives: Macron renonce à exiger de ses candidats qu’ils quittent leur parti

- Le PS passe à la trappe plusieurs propositions phares de Benoît Hamon dans sa "plateforme législative"

- 100 ans de trahisons socialiste (des origines à nos jours)

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 09:28

Sources : Le blogule rouge

- Vous rêvez d'une autre société, vous voulez un autre système.... et si on parlait programme ?

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

- A moins que vous préfériez jeter un oeil là !

Un petit visuel pour ceux prétendent que la France insoumise a le même programme que la Le Pen.

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

-

Evidemment, aux élections présidentielles, il y aura bien d'autres candidats. Prenons en quelques uns et survolons leur programme...

- Nicolas Dupont-Aignant

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

C'est la copie conforme des idées du Font National  : racistes, xénophobes et pétainistes ; moi, j'étais plutôt gaulliste, chabaniste, chiraquien, mais aussi villiériste, souverainiste...

En définitive, Debout la France et Nicolas Dupont-Aignan, ne sont qu'un réservoir de voix à droite et  surtout au FN.

 

 

- Emmanuel Macron

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

Moi, j'ai un programme : Votez pour moi, mettez vous en marche, je suis le plus moderne et le plusse beau... parce-que le plus jeune....

Son programme ? Des mesures déjà usées jusqu’à la corde avant lui par la ribambelle des gouvernements libéraux « de droite comme de gôche ».

 

Macron, ce sont des propositions "illusions" !

Prenons un seul exemple : supprimer les cotisations maladie et chômage à la charge des salariés. Elles seraient remplacées par une hausse de la CSG.

D'entrée , la proposition Macron apparaît généreuse à l'égard des actifs et beaucoup moins envers les retraités, dont la CSG augmenterait sans aucune avantage en contrepartie.

On crée de l'illusion d'augmentation du pouvoir d'achat en baissant les cotisations sociales d'un côté.... mais récupéré en augmentant l'impôt CSG de l'autre !

Dans le même temps (et c'est là l'objectif réel de la mesure) c'est le principe du salaire différé socialisé qui est remis une fois de plus remis en cause..... et là on s'attaque au fondement même du financement de la protection sociale ! L'exemple même de la fausse bonne idée !

 

Macron, c'est comme un nouveau masque pour le vieux monde.

 

En définitive : Pour les patrons, tout est bon dans le macron...

 

 

- Ah Manuel Valls qui se découvre de gauche ! Il fallait oser le faire !

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

Moi, Je, Valls, Calife à la place du Président, ...

Avec Valls, vous allez voir ce que vous allez voir ! La gôche va se trouver un nouveau défenseur !

 

Son programme, c'est d'abord d'assumer et de défendre le bilan d'Hollande (Ben oui, c'est normal, son bilan, c'est le sien) et de l'aggraver si possible..... en essayant de nous faire croire le contraire !

Que le MEDEF se rassure, il aime toujours autant l'entreprise !

 

 

- Reste Yannick Jadot d'EELV

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme

C'est pas moi le plusse pire ?

Peut-être pas, mais je trouvais Eva Joly beaucoup trop à gauche quand elle critiquait le PS... Un programme ? Je n'ai pas encore eu vraiment le temps, mais ça vient. On en a déjà un (en anglais) pour l'Europe...

 

Moi je suis juste là pour témoigner..... et prendre des voies au porteur d'un projet écosocialiste... Jean-Luc Mélenchon !

C'est tout dire, je n'ai même pas le soutien de Nicolas Hullot !

 

Mais c'est loin de faire l'unanimité chez EELV ! Ainsi la Coopérative écologie sociale (dont sont notamment membres Francine Bavay, conseillère fédérale EELV, Sergio Coronado, député EELV des Français de l'étranger, Patrick Farbiaz, conseiller fédéral EELV, Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale d’Île de France EELV), profite de l’occasion pour «reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle».

 

Je ne joue pas pour gagner, mais peut-être pour me placer. D'autres l'ont fait avant moi avec succès. Mais ça leur a permis plein de choses. Voyez comme les dossiers écologiques ont bien avancé depuis qu'il y a des ministres écolos !

 

En définitive.....

  • Il faut vous y faire, le seul programme digne de ce nom qui tienne la route et fasse rêver, c'est “ L'Avenir en commun “ !
  • C'est le programme de la France insoumise le mouvement qui soutient Jean-Luc Mélenchon.
  • C'est ce programme qui serait mis en oeuvre après son élection comme Président de la République et soutenu par les candidats de la France insoumise aux élections législatives de juin.

 

FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme
FN-LR.... et France insoumise : programme contre programme
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 08:32
Lettres aux français qui croient que 5 ans d'extrême droite remettraient la France debout !

Chercheur au C.N.R.S., spécialiste des droites extrêmes, Nicolas Lebourg s’adresse à ceux qui bientôt, pour la première fois, voteront F.N. Il leur démontre avec beaucoup de rigueur, d’intelligence et de données statistiques en quoi ils se trompent.

Derrière ce titre racoleur (LETTRES AUX FRANÇAIS QUI CROIENT QUE CINQ ANS D’EXTRÊME DROITE REMETTRAIENT LA FRANCE DEBOUT) qui annonce le pamphlet, se cache une véritable analyse sociologique du vote frontiste appuyée sur de nombreuses études dont celles du C.E.V.I.P.O.F., ventilant sur plusieurs profils les différentes motivations des électeurs, parfois très contradictoires. Chercheur au C.N.R.S., spécialistes des droites extrêmes, Nicolas Lebourg s’adresse à ceux qui bientôt, pour la première fois, voteront F.N.

 

 

- À chacun de ses destinataires, il explique les raisons de leur décision, commentant leur parcours et l’évolution de leur pensée.

Il leur démontre avec beaucoup de rigueur, d’intelligence et de données statistiques en quoi ils se trompent.

  • Le professeur d’histoire-géographie justifie son vote par son soutien à la laïcité et à la République qu’aurait trahies la gauche. La fin de la transmission du patrimoine historique et identitaire du pays par l’Éducation Nationale expliquerait sa vision mélancolique et décliniste de l’histoire de France. L’imaginaire droitier du déclin est nourri par cette dislocation des représentations qui alimenteraient les communautarismes. Nicolas Lebourg lui répond que le viatique moraliste se trompe de cible car notre système éducatif est le plus inégalitaire des 37 pays de l’O.C.D.E. Restaurer l’autorité et la chronologie ne suffira pas. Encenser « l’école du mérite » contre « la fabrique du crétin » est le bavardage d’une société ankylosée, non une démonstration de raison.
  • À l’attention d’une retraitée de droite, il revient sur l’histoire des relations ambigües entre sa famille politique et l’extrême droite. Aujourd’hui, à force de lisser son discours, la droite n’a plus de colonne vertébrale idéologique. Elle légitime le transfert des voies vers le parti lepéniste lorsqu’elle cherche à lui ressembler.
  • Aux agriculteurs, il explique plutôt comment Marine Le Pen a su si bien s’adresser à « la France des oubliés » que la corrélation entre la disparition des services publics et des commerces de proximité, l’isolement et le vote frontiste peut être constatée. Pourtant ses propositions anti-réglementations sont avant tout démagogiques et n’envisagent pas de réappropriation réelle des territoires.
  • À propos d’une caissière de Perpignan, il reproche aux politiques en faveur des femmes de s’attaquer plus aux violences symboliques (parité, féminisation des mots,… ) qu’aux violences sociales. Par ailleurs, les interprétations nationalistes font écho au sentiment de déclassement social réduit aux seules tensions interethniques. Prime est accordée à ceux qui donnent du sens aux expériences quotidiennes. L’interprétation ne devrait pourtant pas suffire car elle n’annonce pas nécessairement de changement.
  • Rassuré par la volonté affirmée du Front National de défendre la « civilisation judéo-chrétienne », c’est-à-dire finalement le marché, l’Occident et l’ordre, l’électorat de confession juive est passé de 4,5% en 2007 à 13,5% en 2012. Ce résultat des efforts de dédiabolisation est en même temps son plus fort symbole. Mais la vie en société n’est pas un choc permanent des civilisations, un projet vraiment collectif ne peut souscrire à un système multicommunautaire.
  • Le gendarme de Nantes est bien évidemment légaliste et républicain mais il réclame une politique autoritaire face à ce qu’il considère comme une désintégration de la société en communautés antagonistes dans laquelle les « autres » seraient organisés et la gauche au pouvoir à leur service.
  • Même l’étudiant gay est devenu l’image d’Épinal du nouveau F.N. depuis l’éthnicisation des questions sociales.

 

Le F.N. réussi un grand écart entre les groupes sociaux, s’adressant autant au médecin d’Aix-en-Provence craignant le déclassement et qui a quitté Marseille parce qu’il ne s’y sentait plus « chez nous », qu’au précaire d’Hénin-Beaumont convaincu que la « préférence nationale » sera un instrument de redistribution sociale. La demande autoritaire et de respect de la hiérarchie méritocratique libérale du premier, n’est plus suffisamment prise en compte par la droite. La réponse du FN n’est cependant « apaisée » que sur le papier. L’identité éthno-nationale a remplacé la conscience de classe du second et son souhait de justice passe par des valeurs profondément discriminatoires. Pourtant les gestions municipales du F.N. montrent qu’il n’est pas si simple d’aller au-delà de l’agitation islamophobe.

 

Cette approche par segments sociaux professionnels, confessionnels, géographiques permet une lecture critique du programme du F.N., un décryptage de sa stratégie de communication. Les analyses chiffrées et documentées de Nicolas Lebourg sont riches d’enseignements, très utiles pour comprendre le phénomène dans toute sa complexité et dépasser les commentaires habituels trop souvent réducteurs.

 

- Par : Nicolas Lebourg

Éditions : Les Échappés

ISBN : 978-2-35766-124-0

Parution : août 2016

Disponibilité : chez l'éditeur Les Échappés

Pages : 136
Prix papier TTC : 13,9 €

 

 

- Le programme du Front national par le petit bout de la lorgnette.

Mesure par mesure, Médiapart présente la vraie nature du projet de Marine Le Pen. Ce décryptage doit permettre de se mobiliser et de combattre ce que prépare le FN.
Et la meilleure façon c'est d'expliquer et de rassembler le peuple autour de L'AVENIR EN COMMUN

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 08:23
6 (très) bonnes raisons pour les femmes de fuir le FN

Elles ont été nombreuses, au vu des résultats du scrutin des régionales du 6 novembre 2015, à glisser dans l'urne un bulletin du Front National et nombre d'entre elles s'apprètent (beaucoup trop) à le faire à l'occasion des présidentielles de 2017. Et pourtant, si le parti fondé par Jean-Marie Le Pen est certes incarné aujourd'hui par deux femmes, cette égérisation tout en marketing trompeur cache une forêt bien obscure pour la gent féminine. Faisons bref et simple : femmes, faites barrage à ce Front qui ne vous veut pas du bien. La preuve par 6.

 

Sources : TERRAFEMINA par Adèle Bréau

- 1. On vous veut au foyer

Les femmes au foyer pour libérer des emplois ? C'est la proposition faite par Dominique Martin, eurodéputé FN, au Parlement européen en mars dernier. L'égalité des hommes et des femmes face à l'emploi ? Le charmant monsieur a balayé d'un revers de la main ces préoccupations accessoires pour prôner, au contraire, le retour des femmes à la maison pour régler à la fois le problème du chômage mais aussi de... la sécurité. Ben oui, "ça aurait l'avantage de donner une meilleure éducation à nos enfants, ça aurait l'avantage de sécuriser nos rues parce qu'ils ne traîneraient pas dans nos rues et ne seraient pas soumis à la drogue", a ainsi argumenté l'éminent économiste et sociologue, pas peu fier de sa trouvaille, avant de conclure, fort d'une solide base culturelle : "Je voudrais rappeler que les femmes viennent de Vénus et que les hommes viennent de Mars"...

 

Opposé à la parité, le FN affirme par ailleurs dans son programme, disponible sur Internet, qu'elle est "une idéologie différentialiste et multiculturelle, qui n'est qu'une forme de racisme inversé [dont] les premières victimes (...) sont les hommes blancs hétérosexuels .

"Tu as bien travaillé, mon chéri ?"

"Tu as bien travaillé, mon chéri ?"

 

 

- 2. On vous soupçonne d'avorter comme on va chez le coiffeur

"Je considère qu'aujourd'hui, ce sont des associations politisées qui véhiculent une banalisation de l'avortement." Pour Marion Marechal-Le Pen, c'est bien simple, les plannings familiaux sont des facilitateurs d'IVG destinés à des femmes aujourd'hui habituées à aller se faire avorter aux frais de la princesse comme on va se faire faire un balayage. Du coup, couic, elle a décidé de couper les subventions. Les jeunes filles en difficulté, les contraceptifs délivrés aux plus précaires, fragiles, isolées, l'écoute de femmes souvent victimes de violences, de discriminations dans leur accès à la santé ? Hop, au panier, dépensières ! Si elle a feint de prendre ses distances avec cette décision toute personnelle, n'oublions pas que Tata Marine est l'auteure, en 2012, de la célèbre notion d'"avortement de confort". Quant au parti lui-même, il parlait il y a quelques années de l'avortement en évoquant un... "génocide anti-Français".

 

 

- 3. On vous utilise

Radicalement contre le port du voile, le FN ferait-il montre d'un combat pour la libération des femmes, dont il ne supporterait pas qu'on les contraigne de la sorte ? Non. En revanche, utiliser cet argument pour stigmatiser et rejeter une partie d'entre elles semble avoir de longue date séduit les membres du parti, qui utilisent même ces arguments délirants pour menacer les électeurs des pires sanctions divines s'ils reculaient devant les urnes. "Si nous perdons, le voile sera imposé à toutes les femmes, la charia remplacera notre constitution, la barbarie s'installera", a récemment tweeté Marine Le Pen. Oui, et des licornes maléfiques tomberont du ciel, des sorcières brûleront les ongles de pieds des enfants et transformeront les résistants en statues de pâte à sel. Brrr.

6 (très) bonnes raisons pour les femmes de fuir le FN

 

- 4. On veut vous punir comme des enfants

Histoire d'appâter le chaland, le FN propose plein de petits trucs sympas pour la famille, et notamment pour les mamans. Abaissement de l'âge de la retraite pour les courageuses qui auront eu trois enfants, aide à la garde (laquelle ? mystère), fameux salaire parental pour celles et ceux qui souhaiteraient rester au foyer (mis en place "dès que les finances le permettront" précise toutefois le texte)... Mais ATTENTION, avertit le projet, gare à celles qui sortiraient du droit chemin, car "si une telle politique crée des droits, elle implique aussi des devoirs. Les facilités qu'elle procure supposent que les parents assument leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants. En cas de manquement, ils devraient en être partiellement ou même totalement privés, sur décision de justice." Bim. Quant à savoir quels sont ces fameux "manquements" à ces responsabilités de parents, on n'en sait guère davantage...

 

 

- 5. Les mères célibataires clouées au pilori

Si elles sont brossées dans le sens du poil, Marine Le Pen ne manquant jamais une occasion de rappeler qu'elle est elle-même une mère de trois enfants divorcée, les mères seules sont cependant accusées de bien des maux qui les dépassent. Abordant le suicide des enfants, le parti tente d'analyser ce mal-être juvénile bien français : "Cet état dépressif et cette grave détresse des jeunes et des enfants sont le résultat de la destruction de la cellule familiale, ayant perdu ses repères, sa valeur d'exemple, d'absences de limites clairement définies (autorité, respect mérite), de la situation économique précaire particulièrement des mères seules pour élever leurs enfants, de l'isolement moral et psychique créé par internet, face book et autres jeux vidéo sans surveillance", mettant dans un même sac un peu foutraque "face book" donc (oui, en deux mots), la diabolique Toile et les mères seules manifestement incapables d'autorité sans expliquer par ailleurs le rôle du fameux papa hétérosexuel blanc parti on ne sait où...

6 (très) bonnes raisons pour les femmes de fuir le FN

 

- 6. La régression du droit des femmes

Systématiquement, les deux députés FN siégeant à l'Assemblée nationale (à commencer par la benjamine du parti Marion Maréchal-Le Pen) votent "NON" à l'avancée du droit des femmes. Loi pour l'abolition du système prostitutionnel ? Contre. Loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes ? Contre. Loi sur le harcèlement sexuel ? Contre encore.

 

Alors à moins que vous ne souffriez d'un sérieux syndrome de Stockholm qu'il serait bon de rapidement soigner, vous l'aurez compris, chères détentrices de cette précieuse carte d'électeur/trice que nombre de femmes opprimées nous envient, ne vous y trompez pas.

 

Pour faire valoir ces droits si chèrement acquis par nos mères et grand-mères afin de nous offrir une vie plus belle, libre et juste, faites le bon choix.

 

 

6 (très) bonnes raisons pour les femmes de fuir le FN
6 (très) bonnes raisons pour les femmes de fuir le FN
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 09:35
Le néolibéralisme est un fascisme

Sources : Le Soir le 2 mars 2016 par Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats belge

Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

 

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

 

  • Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
  • Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

 

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

 

L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.

 

Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

 

 

- Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

 

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

 

 

- Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : «  There is no alternative  ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

 

Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

 

 

- La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.

 

De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

 

 

- Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

 

Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

 

Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.

 

Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

 

 

- Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

 

 

- Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?

 

Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des Etats italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).

 

Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

 

  • Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

 

Pour en savoir plus :

- Réflexions sur le confusionnisme et le néofascisme

- La crise de la démocratie et le néolibéralisme

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 09:32
Réflexions sur le confusionnisme et le néofascisme

Au lendemain d’élections régionales dont le résultat a pu provoquer chez certains un sentiment momentané de soulagement malgré un taux d’abstention supérieur à 40 % et des niveaux inhabituels de votes blancs et nuls , il n’est pas inutile de rappeler que l’économie française, entrainée dans la politique déflationniste de l’Union européenne et de l’Euro, reste installée depuis la crise de 2008 dans une quasi stagnation , que le chômage continue à s’élever à des niveaux record , que le commerce extérieur reste durablement déficitaire.

Le gouvernement , enfermé désormais dans la forteresse autocratique de l’état d’urgence , continue à s’impliquer, dans ou hors OTAN, dans de multiples opérations guerrières contribuant à accroitre des tensions internationales dangereuses et qu’il affiche systématiquement une préférence marquée pour les gouvernements les plus réactionnaires : Ukraine, Arabie Saoudite, Qatar, Israël, Turquie en même temps qu’un soutien constant aux bourgeoises compradores africaines.

 

Sources : Le Grand Soir par Robert Charvin[1]

- Confusionnisme et neofascisme

S’il est une idéologie dominante aujourd’hui en France et dans de nombreuses régions du monde, c’est le « confusionnisme ». Les questions majeures qui déterminent l’essentiel des comportements sont noyées dans un fatras de références pseudo-morales, religieuses, instrumentalisées pour gommer les inégalités sociales, la précarité en voie de généralisation dans les pays développés, la fracture nord-sud et l’incapacité du système économique à avoir une quelconque efficacité contre la destruction de l’environnement.

 

Ce n’est pas encore un monde nouveau qui se profile à l’horizon, c’est le vieux monde poursuivant sa logique qui se dégrade à grande vitesse et accentue toutes ses perversions. La richesse se concentre entre quelques mains de moins en moins nombreuses dans un monde où les difficultés sociales et la crise environnementale s’aggravent, sans que le système dominant n’ouvre aucune issue.

 

En Amérique du Sud, après une dizaine d’années de victoires progressistes permettant d’affirmer pour la première fois l’indépendance vis-à-vis des États-Unis de plusieurs États et le recul de la pauvreté, la contre-révolution reprend le dessus, grâce à des alliances confuses extrême-droite – conservateurs et social-démocratie ! La Bolivie d’Evo Morales résiste, mais le Venezuela chaviste s’affaiblit tandis que l’Argentine change de camp : le retour des États-Unis et des grandes firmes privées s’annonce !

 

En Afrique, le désordre et la misère atteignent des sommets particulièrement depuis la destruction de la Libye par la France et les États-Unis qui a déstabilisé une large partie des États africains voisins. Les inégalités, la mal-gouvernance et les interventions extérieures renforcent le chaos qui se répand sous couleur de conflits religieux. Le développement n’a pas de réalité pour le plus grand nombre.

 

En Asie, la Chine qui a pour priorité l’édification d’une économie nationale puissante, n’a pas encore une stratégie lisible à l’échelle planétaire. Sa tradition exclut toute « précipitation » dans le domaine politique. Il est difficile de savoir ce qu’il en sera demain.

 

Les États-Unis, divisés entre conservateurs de plus en plus ultras et démocrates très modérés et dont les positions varient d’un État à l’autre au sein de la Fédération, poursuivent cependant quelle que soit la présidence une politique à visée hégémonique, usant du recours à la force ou de l’ingérence « soft » pour maintenir des intérêts économiques et stratégiques, sous couvert d’un humanitarisme frelaté. Son « exceptionnalisme » affirmé exclut tout respect de la légalité internationale.

 

Les États européens qui se sont ligotés dans le cadre de l’Union Européenne, qui n’a créé qu’une structure affairiste au service des lobbies les plus riches, est politiquement malade. Malgré des dispositions « constitutionnelles » pro-démocratiques, l’Union Européenne accepte sans réaction des gouvernements qui associent diverses droites et des mouvements fascisants (comme en Hongrie ou en Lettonie, par exemple). Elle se propose même d’accepter l’adhésion de la Turquie autoritaire, islamiste et opportuniste de l’A.K.P, tandis qu’elle n’a pas hésité à détruire la gauche grecque qui avait remporté les élections, avec un parfait mépris de la démocratie électorale. La social-démocratie qui, dans une période récente, était presque partout au pouvoir en Europe, n’a rien modifié à la situation sociale détériorée. Aujourd’hui, elle est souvent associée à la droite conservatrice, comme en Allemagne qui devient le modèle politique de la France et d’autres pays européens.

 

La France, quant à elle, a perdu tous ses repères. Il n’y a pas « modernisation » de la vie politique malgré la prétention de certains « socialistes » qui en réalité ne le sont pas. Il y a au contraire pourrissement de toutes les valeurs, effacement de tous les principes, sous l’égide d’un « tripartisme » dont les composantes FN, PS, ex-UMP sont dotées d’un programme quasi identique, chacune ayant fait les poubelles des deux autres. Le PS et l’ex-UMP ont intégré par exemple la ligne anti-immigration et les revendications autoritaristes du FN, tandis que le FN a récupéré des éléments du programme économique et social de la gauche. Au P.S, comme à l’ex-UMP, on ne combat pas le F.N, on l’évite au maximum, dans l’espoir du ralliement de ses électeurs et d’alliances (y compris contre-nature) éventuelles ultérieures. Le fascisme imbécile de Daesh conforte l’influence des pires ennemis de l’Islam en France et en Europe, qui cultivent surtout (c’est plus facile) le racisme anti-arabe, substitut au vieil antisémitisme, sous couleur de laïcité ou de défense de la civilisation.

 

Plus personne ne s’y retrouve clairement, y compris dans l’intelligentsia, malade d’un pseudo humanitarisme et d’un droitdel’hommisme obsessionnels et inefficaces pour les droits de l’homme eux-mêmes. Cette pseudo-idéologie se voulant consensuelle contribue à tuer le politique de plus en plus discrédité, conduisant les citoyens au repli sur la vie privée et à l’indifférence vis-à-vis des luttes sociales. Le travail de mémoire de cette intelligentsia est discriminatoire. Complexée vis-à-vis de la Shoah, l’intelligentsia est devenue muette sur les massacres anticommunistes en Indonésie, au Vietnam, au Chili, etc. et oublie les massacres de la décolonisation. Cette intelligentsia-mode est aussi coupable d’un travail d’opacification des réalités socio-économiques et de la lutte des classes (concept devenu obscène), qui pourtant sous des formes complexes, avec des drapeaux renouvelés, se poursuit, malgré le sociétal médiatisé à outrance.

 

 

- Ce confusionnisme contribue fortement à préparer un avenir, sans que le pire soit certain, de type néo-fasciste

L’Histoire ne se répète pas, mais elle peut produire des phénomènes de même nature, par-delà les décennies, que l’on ne reconnaît pas. Les drapeaux n’ont pas la même couleur, le discours présente des différences, et surtout le style est différent.

 

Dans une société « américanisée », comme l’est la société françaises, dont plusieurs générations ont connu les « 30 Glorieuses », Mein Kampf (malgré sa réédition) est illisible, même si l’arabe a remplacé le juif et le bolchevik ! La pitoyable « pensée » d’un Zemour suffit !

 

Les Ligues et les milices n’ont plus guère d’intérêts en raison des réseaux et plus généralement des moyens offerts par les nouvelles techniques de communication. La propagande n’a plus besoin de grands meetings avec des « chefs » charismatiques : n’importe qui grâce à sa médiatisation répétitive peut passer pour un « superman » ou une « superwoman », malgré son inculture ou sa médiocrité banale.

 

L’apathie politique est entretenue par une inculture de masse, des spectacles simplistes et des jeux stupides. L’émotivité remplace le rationnel. Le contrôle social, par un formatage conservateur, remplace la répression, rendue néanmoins facile par la transparence des citoyens (grâce au net et aux services de type NSA), alors que les pouvoirs restent opaques. Tout est entrepris pour effacer les contre-pouvoirs : les juges, les forces politiques et syndicats revendicatifs, les intellectuels critiques.

 

D’authentiques leaders ne sont plus nécessaires pour rallier les foules : une « belle gueule » ou l’image d’un « père tranquille » suffisent pourvu qu’ils sachent manipuler avec efficacité les gens, comme des VRP du néo conservatisme, pour ajuster l’État et la société aux seuls intérêts des pouvoirs privés dominants qu’il ne faut surtout pas « déranger » !

 

 

- La manipulation la plus classique est l’instrumentalisation de la peur, toujours au service des dominants

Cette intoxication à la peur est entretenue plus ou moins subtilement, y compris en la dénonçant et en assimilant le courage au fait de rester aux terrasses des bistrots ! Le chômage, la précarité généralisée et organisée, la répression antisyndicale sélective (comme celle des agents d’Air France), le recrutement préférentiel à tous les niveaux de conformistes (par exemple, pour les professeurs d’économie), la valorisation constante de l’armée et de la police dont tous les actes sont applaudis, assurent l’entretien de la crainte chez les individus de plus en plus isolés les uns des autres.

 

Les actes terroristes aveugles sont encore plus déterminants : ils imposent la recherche de protecteurs, c’est-à-dire des plus puissants. Pourtant, Daesh et ses complices sont combattus dans l’ambiguïté des alliances contre nature avec l’Arabie Saoudite et le Qatar qui nourrissent le salafisme et par des « états d’urgence », pouvant devenir permanents.

 

Les « experts » choisis parmi les courtisans du pouvoir passent en boucle sur tous les médias, imposant l’idée que le désordre établi est « naturel », même s’il est douloureux et que tout ordre différent serait pire ou irréaliste.

 

Les programmes des partis eux-mêmes peuvent être aujourd’hui ni sophistiqués ni réalistes : la V° République française notamment, avec son présidentialisme outrancier, a habitué les citoyens à un combat politique de « têtes » et non de projets. A partir des sondages et des revendications, les « programmes » sont édifiés pour plaire, et peu importe qu’il ne soit pas question de les mettre en œuvre ou qu’ils restent inconnus du plus grand nombre. Le Parti nazi avait, par exemple, un programme social avancé avant 1933 et qui n’a vu le jour que très partiellement, la « gauche » nazie, qui souhaitait une « révolution » nationale et socialiste, ayant été rapidement éliminée. Le monde des affaires avait décidé ! Rien d’étonnant à ce que tous les partis proposent des programmes sociaux avancés, y compris le FN : la logique du système les rend impraticables ! Néanmoins, une large partie de la classe ouvrière a été séduite. Il est vrai qu’en 1936, le chômage avait été résorbé par l’économie de guerre. La seule dénonciation des « profits abusifs », l’idée d’ « unité nationale » associant partis et ouvriers et rendant « la dignité » aux salariés, l’antisémitisme et l’antibolchevisme (les deux n’étant pas dissociés à l’époque) fabriquant le bouc-émissaire nécessaire, l’origine populaire des dirigeants et leur style inédit, « antiélitiste », ont parfaitement fonctionné : le peuple allemand avait été profondément déçu de la Ière République née en 1919, non remis de la défaite, il avait subi de plein fouet la crise de 1929-1930. Le parti nazi a pu ainsi se composer pour un tiers d’ouvriers ! L’idée dominante, pour la grande majorité, était qu’il valait mieux être encaserné dans le nazisme que supporter la misère et l’insécurité avec les siens !

 

En France, à la veille de la guerre de 1939-40, les mots d’ordre des droites étaient simples : « La France aux Français », « honneur, ordre et propriété ». S’ajoutait l’hostilité venue de loin aux « judéo-marxistes », « ferment de la décomposition nationale » ! Aujourd’hui, à la crise économique et sociale, s’additionnent le souvenir de la guerre d’Algérie, source d’un racisme anti-arabe chronique et nourrissant l’anti-immigration, le simplisme venu de Bush et des États-Unis enseignant doctement le « Bien » et le « Mal » dans le monde, distinguant les « États voyous » du monde « civilisé » : dans « l’air du temps », la Russie, la Chine, l’Iran, le monde arabe, l’Islam sont les « méchants » étrangers d’aujourd’hui. Le dérivatif au mécontentement social est efficace : les antagonismes sociaux sont transformés en haine raciale, en xénophobie, en crainte généralisée des « pauvres » : le « réfugié », par exemple, devient « l’étranger type », venu d’on ne sait où, voler notre pain et notre travail, dangereux par nature. Les sommets sont atteints lorsque tous les conflits sont délibérément transformés en affrontements de type religieux !

 

Dans la plupart des pays européens, les droites extrêmes (y compris de type nazi, en Grèce, en Ukraine, dans les pays baltes), et le FN en France « surfent » sur ce climat sociopolitique confus mais pénétrant. Le FN, par exemple, est à la fois porteur de revendications populaires (qui ne l’engagent pas pour la suite) et reprend à son compte les réactions populaires les plus instinctives et les plus primitives, avec la complaisance des grands médias et des partis de gouvernement qui se dispensent à son égard de toute mesure répressive, en espérant au contraire pouvoir s’en servir. Les forces de droite extrême qui travaillent l’Europe et contaminent toute la société ont donc des origines précises.

 

De même, Daesh n’est pas de génération spontanée. Les puissances occidentales ont détruit dans le monde arabe toutes les forces qui les contestaient. L’Islam unifiant l’Empire Ottoman allié de l’Allemagne a été contourné par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale par l’utilisation des nationalismes locaux permettant le démembrement de l’adversaire turc. La France, la Grande Bretagne ont « fabriqué » les « États » du Moyen Orient, dans des cadres plus ou moins artificiels, en instrumentalisant les minorités et en accentuant les différents clivages ethniques ou religieux : le résultat a été une mosaïque ingouvernable et surtout sans contenu démocratique. Les États-Unis, après 1945, ont pris le relais des interventionnismes en tout genre, pétrole oblige. Les Occidentaux ont éliminé toutes les forces qui les dérangeaient : les communistes et progressistes, puis les nationalistes nassériens ou autres, pour ne soutenir que l’armée (comme en Égypte, financée directement par les États-Unis) ou des noyaux de privilégiés corrompus et de pratique dictatoriale. L’inévitable a suivi : une montée des Islamistes (en commençant par les Frères Musulmans, longtemps soutenus aussi par les Américains) a été la réponse de peuples brimés qui rêvent de leur ancien Califat et de sociétés moins misérables et moins soumises à l’étranger.

 

Les succès électoraux du FN en France et de la droite extrême en Europe résultent de même des essais infructueux des partis de gouvernements (de droite ou de gauche), dont les pratiques sont identiques et dont les dirigeants professionnalisés (quelle que soit la sincérité de leurs électeurs) n’ont que des plans de carrière, liés qu’ils sont aux milieux d’affaires qui comptent sur eux pour faire à tout prix leur politique, sous couvert de ce qu’ils appellent « l’Entreprise » parée de toutes les vertus ! La vulgarité de pensée des Sarkozistes et les trahisons « socialistes » ont accoutumé les Français, notamment les jeunes, à la « pensée » de la droite extrême, accessible aux plus incultes et aux plus défavorisés, lassés d’attendre.

 

Pour seule perspective, la droite et la social-démocratie en France ont l’arrière-pensée de gouverner ensemble, avant ou après 2017. La seule question qui les sensibilise est le rapport de forces entre elles qui déterminera le rôle de l’une et de l’autre : comme en Allemagne ! Cette collaboration, qui se généralise en Europe, est l’aboutissement d’un long chemin parallèle, toujours profondément « respectueux » du système capitaliste, quels que soient les dommages qu’il provoque.

 

Mais rien n’exclut, si nécessaire, une alliance de toutes les droites, si par hasard, la complicité PS-ex-UMP buttait sur certains obstacles. Un fort courant néo-sarkoziste est tout disposé à cette autre collaboration, excluant éventuellement même la « gauche » la moins à gauche ! De son côté, un fort courant social-démocrate est prêt à toutes les alliances avec les droites, y compris en cassant le parti qui les abrite encore. Mais cette collaboration est plus dangereuse pour la suite : elle est donc source d’hésitations.

 

 

- En tout état de cause, la démocratie, qui se porte mal, s’en portera encore plus mal

Peut s’installer ainsi en France (mais pas seulement) dans un climat d’ « état d’urgence » permanent (voir les lois successives de 1996, 2001, 2003, 2004, 2006, 2014, 2015) sur le renseignement et la prorogation de l’état d’urgence pour 3 mois, reconductible) un régime ultra-présidentialiste, sans contestation réelle possible, se voulant acteur d’une « fin de l’histoire », celle des libertés (relatives) et des acquis sociaux qui survivent.

 

Les milieux d’affaires, dont les positions sont de plus en plus décisives, quant à eux sont en réflexion. Aujourd’hui le MEDEF de France condamne le FN, exclusivement pour son programme économique et social, dénoncé comme étant « d’extrême-gauche » ! Il est indifférent à son programme sociétal de type néofasciste. Cela peut « s’arranger » dans le futur, tout comme l’industrie lourde s’est en définitive associée au nazisme, comme l’aristocratie italienne s’est aussi ralliée au fascisme mussolinien, malgré son mépris de classe. Durant les affrontements politiques, en effet, les « affaires continuent », de même que Daesh sait conclure des contrats pétroliers avec différents trafiquants et diverses compagnies occidentales, tout en prônant la « pureté » de l’Islam ! Les milieux d’affaires ne sont pas dogmatiques : ils peuvent soutenir indifféremment les droites ou la fausse gauche, ou toutes les forces politiques simultanément, et si cela leur apparaît utile, ils n’ont pas d’hostilité de principe à l’instauration d’un régime autoritaire. Pour les affairistes, qui se prennent pour une nouvelle aristocratie, « la démocratie submerge les élites sous le flot des médiocres et des incompétents ». Ils sont pour « une société stable et efficace qui a besoin de l’autorité allant de haut en bas et de la responsabilité qui monte de bas en haut. Il faut favoriser et non entraver l’élévation des meilleurs, c’est la loi de la nature » On croirait entendre le MEDEF ou BFM ! Mais non, c’est l’auteur de Mein Kampf qui s’exprime !!

 

Il y a au sein du patronat le culte de la « libre » concurrence : elle en fait toujours faussée ! Par contre, elle est de plus en plus vive entre les individus : c’est la guerre de chacun contre tous pour parvenir à survivre, créant l’hostilité à l’égard des autres. Toutes les structures collectives craquent pour le plus grand profit des puissants. La conscience d’appartenir à une caste cohérente est vivante chez les privilégiés. Elle implose chez les démunis.

 

Les attentats islamistes de Daesh, financés par des alliés de la France (350 victimes en France en 30 ans) qualifiés trop souvent de « guerre », relèguent la crise sociale au second plan des préoccupations. Les éloges permanents aux « forces de l’ordre » et les méthodes de répression aident au développement d’un climat sécuritaire, dans lequel on met la justice à l’écart tandis que l’éducation nationale et tous les services publics font l’objet au contraire des critiques les plus systématiques. Les grands médias entre les mains des groupes financiers loin d’être un quatrième pouvoir, sont le relais des idées dans « l’air du temps ».

 

Tous les ingrédients du fascisme, mouture des années 2000, sont donc réunis. Le « capitalisme de la séduction », rendu possible par les « 30 Glorieuses » avec sa consommation de masse, ne fonctionne plus : la caste dominante estime ne plus avoir les moyens d’offrir aujourd’hui ce qu’elle fournissait hier. Un « capitalisme de l’oppression », plus ou moins délicate, tend à lui succéder. Pour faire avaliser cet autoritarisme, on renforce le « faste » entourant les « chefs » de l’État, pourtant plus mussolinien que républicain. On met en exergue les « valeurs » démocratiques mais on annihile les citoyens en les empêchant d’être des centres d’initiative. Le degré de « délicatesse » de l’oppression dépendra des réactions plus ou moins fortes qu’il suscitera nécessairement : en attendant, le système se sert de tous les événements et de tous les prétextes pour prévoir le pire, en discréditant les juges qui font leur métier. Le système ne manque pas d’ores et déjà de traiter avec une condescendance méprisante l’authentique opposition de gauche très affaiblie, tout comme la Commission Européenne a réduit à l’impuissance, avec arrogance, hier Syriza et demain sans doute Podemos ou le nouveau parti travailliste britannique !

 

Aucune perspective de progrès (ni même de croissance à retombée sociale) n’est réaliste dans le cadre du capitalisme financier. Il ne peut qu’essayer de produire des fictions manipulatrices ou frapper.

 

Beaucoup ne croient pas encore, surtout dans la « Patrie des Droits de l’Homme » à une telle régression, comme si les dictatures et les autoritarismes c’était toujours pour les autres ! Il y a amnésie sur l’Europe des années 1930-1940 ; il y a ignorance de certaines réalités en Europe de l’Est. Il y a volonté de ne pas savoir ce que vivent réellement les peuples du Sud. Il n’y a qu’une crainte stupide vis-à-vis des progrès de la Chine et de la volonté de la Russie de reprendre sa place dans le concert des Nations, traitées comme des ennemies.

 

Tout est en place pour que les archaïsmes politiques et économiques les plus frelatés apparaissent comme le comble de la modernité.

Un seul obstacle, heureusement de taille : l’intelligence et la mobilisation des citoyens.

 

Note :

[1] Par Robert Charvin, professeur émérite de droit à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Il était doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice. Consultant Droit International, droit des relations internationales

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:10
Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite

Sources : Association VISA

- Qui est l'Association VISA ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

 

Les militants de VISA, depuis 1996, recensent, analysent, dénoncent, les incursions de l’extrême droite et plus particulièrement du Front national sur le terrain social. VISA se veut être un outil d’information et de réflexion pour toutes les forces syndicales qui le souhaitent afin de lutter collectivement contre l’implantation et l’audience de l ’extrême droite dans le monde du travail.

 

Les 17,9 % de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2012, confirmés dans de nombreuses régions aux législatives, montrent que le discours fasciste s ’est installé durablement dans la société française. Cette situation ne peut nous laisser indifférents tant les « valeurs » et l’idéologie portées par le FN sont aux antipodes des idéaux de solidarité et de progrès défendus par nos organisations syndicales.

 

Nous, syndicalistes, avons une responsabilité particulière pour dénoncer les pseudos solutions du FN qui consistent à dresser les uns contre les autres les précaires, les immigrés, les chômeurs et ceux qui ont un emploi. Notre devoir est de défendre, de façon intransigeante, dans notre propagande et nos actions, la solidarité de tout le salariat quels que soient son origine ou son statut.

 

Ce combat antifasciste doit être pris en charge par toutes les organisations syndicales, de la base au sommet. Autant que possible, cette contre offensive syndicale doit se faire dans l’unité la plus large. VISA est partie intégrante de ce combat et y contribue :

- En informant sur les dangers et le développement de l’extrême droite en France, en Europe et dans le monde ainsi que sur les « passerelles » avec la droite dure.
- En analysant de manière critique les propositions dites sociales de l’extrême droite.
- En relayant sur son site toutes les prises de positions, actions des organisations syndicales contre l’extrême droite.
- En dénonçant toutes les discriminations racistes, sexistes, homophobes au sein et hors des entreprises.
- En se faisant l’écho de toutes les actions de solidarité avec les sans papiers.
- En aidant, par des outils adaptés (journées de formation, brochures, affiches etc.), les équipes syndicales à se former et se mobiliser pour démystifier, aux yeux des salarié-e-s les propositions prétendues sociales de l’extrême droite.
- En alertant sur la présence dans les structures syndicales de militants d’extrême droite se prétendant responsables syndicaux.

 

 

- VISA met des outils à notre disposition

  • L’association VISA a publié, en 2010, une brochure intitulée « FN, le pire ennemi des salarié-e-s » dont la version papier est épuisée..... elle est disponible ICI en lecture et téléchargement direct et gratuit.
Des outils pour combattre le FN et l'idéologie d'extrême droite
  • L’association VISA a aussi publié la brochure « Contre le programme du FN», un outil à la disposition des citoyens et militants syndicaux

Décortiquer le programme du Front National n’est pas chose aisée, pour une raison fondamentale : pour les fascistes, les questions programmatiques sont secondaires et essentiellement tactiques. Leur vrai et unique programme est l’Etat fort ; entendons par là un Etat où les libertés démocratiques sont fortement restreintes, en attendant d’être liquidées, un Etat où le mouvement ouvrier - partis et syndicats - est muselé, détruit, ou transformé en officine corporatiste ; un Etat où l’idéologie nationaliste et chauvine tient le haut du pavé, d’abord contre les immigrés soit disant responsables de tous les maux, puis contre « l’étranger », individu ou pays, contre lequel il faut se prémunir voire s’armer (…)

 

Cette brochure de 48 pages a donc l’ambition de livrer une analyse syndicale pour contrer le discours et le programme du FN qui risquent de tromper un nombre important de salariés et de fonctionnaires. Mise sous presse mi-février, cette brochure a été réalisée alors que le FN n’avait pas encore publié tout son programme dans le détail. Néanmoins, sa lecture permet de convaincre tout un chacun de la nature toujours profondément d’extrême droite, donc anti-sociale, du FN.

 

Au sommaire de cette brochure, préfacée par Jean Paul Gautier (politologue) :

• L’économie vue du FN : « nationaliser » et aggraver la crise !
• Social, emploi, pouvoir d’ achat : poudre aux yeux et mise au pas
• Le programme fiscal du FN : incohérent et malhonnête !
• Le Front national et l’école :  le faux tournant républicain
• « Préférence nationale » ou « Priorité nationale » : un projet raciste
• Marine Le Pen : Femmes et Homos ... le double langage
• Du marigot fasciste à Ron Paul, Poutine ... et Lieberman

Elle peut être commandée ICI

 

  • L’association VISA a également publié la brochure « Lumière sur mairies brunes », un outil pour Garder la mémoire… pour mieux combattre la progression de l’extrême droite dans les têtes et dans les urnes.

Garder la mémoire… pour démontrer que le Front national n’a pas changé depuis 1972, qu’il est toujours un parti raciste, xénophobe, nationaliste et férocement hostile à l’action syndicale.


Composé par Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes (VISA), ce livre est une  «boîte à outils». On y trouve le récit détaillé des faits et méfaits du Front national et de ses alliés au terme d’une année d’exercice du pouvoir municipal dans les quinze villes qu’ils occupent depuis le printemps 2014.


Si depuis cette date, le FN ne transforme pas brutalement les villes conquises en laboratoires d'expérimentations fascistes, il n'en demeure pas moins que nombre de leurs délibérations sont marquées du sceau de la destruction des politiques sociales, du racisme, de la stigmatisation des étrangers et des populations d'origine immigrée et de la mise au pas des opposants.


Attaques frontales contre la culture, baisses drastiques des subventions aux associations non soumises, surarmement des policiers municipaux, noms de rues changés, appropriation et falsification de symboles ouvriers, fonctionnaires territoriaux mis sous pression, ségrégation dans l'attribution des logements sociaux... Tel est le quotidien dans les municipalités brunes dont ce livre dresse le catalogue accablant, mais indispensable, pour amplifier la riposte.


On peut également y découvrir les analyses et communiqués de VISA ainsi que les expressions syndicales (CGT, Solidaires, FSU, CFDT) et intersyndicales qui sont autant de coups de projecteurs sur les réponses à apporter aux incursions du FN sur le terrain social. La lecture de ce livre permettra à chacun-e, de contrer les discours haineux et la démagogie sociale de l’extrême droite.

  • Elle peut être commandée ICI

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier extrême droite

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 08:09
Mythes et réalité du vote FN

Les grands médias expliquent régulièrement les bons résultats du FN par une prétendue adhésion massive des jeunes et des travailleurs aux idées d’extrême-droite. La France connaîtrait une « droitisation » de sa population. Cette thèse est parfois reprise par les directions des syndicats et des partis de gauche. Par exemple, elle a été avancée par des dirigeants du Front de Gauche pour expliquer ses échecs répétés depuis la percée électorale de Mélenchon en 2012. Qu’en est-il en réalité ?

 

Source :  Le Parti de Gauche Midi-Pyrénées par Andreas Coste, groupe Révolution le 21 octobre 2015

- L’abstention : premier parti de France

La thèse de la droitisation de la classe ouvrière s’appuie notamment sur des résultats électoraux, des sondages et des enquêtes. Nous reprendrons ici les résultats d’une longue étude Ispos réalisée au lendemain des élections européennes de juin 2014. La donnée la plus frappante, c’est le haut niveau de l’abstention – en particulier chez les jeunes (73 %), les « ouvriers » (65 %) et des « employés » (68 %) [1]. Les bons scores du FN dans ces trois catégories de l’électorat sont donc très relatifs. Si on tient compte des abstentionnistes, le score du FN passe de 40 à 13 % sur l’ensemble de la classe ouvrière ; il tombe de 30 à 8 % sur chez les 18-30 ans. On est loin d’une « adhésion massive » !

 

Les jeunes et les travailleurs sont les plus touchés par la crise et l’austérité, réclamée à grands cris par la bourgeoisie, ses médias et les partis à son service. Leur abstention prend donc un sens particulier. Selon la même enquête, l’abstention s’explique par une hostilité au gouvernement Hollande (16 %) et aux responsables politiques en général (26 %), mais surtout par la conviction que les élections « ne changeront rien » (32 %). Cette hostilité au « système » ne bénéficie qu’en partie à la démagogie du FN, qui a beau jeu de fustiger une classe politique incapable d’enrayer la régression sociale et empêtrée dans des scandales à répétition. A ce stade, l’opposition au système se traduit surtout par une passivité – provisoire – des masses, faute d’alternative radicale et crédible au capitalisme en crise. Le FN ne fait que combler les espaces vides et progresse là où il n’y a pas d’adversaire.

 

La crise ouvre certes la possibilité d’une croissance relative du vote FN, sans pour autant parler d’adhésion massive chez les ouvriers et les jeunes. Le fait qu’une minorité d’entre eux vote pour l’extrême droite n’est d’ailleurs pas un phénomène nouveau. En 1984, l’extrême droite obtenait déjà 9 % des voix des jeunes électeurs, alors que l’abstention était bien plus faible.

 

 

- Qui vote FN ?

Le FN exprime la ligne la plus dure de la bourgeoisie. Il lui permet de diviser la classe ouvrière suivant des lignes ethniques, religieuses, etc. Mais la capacité du FN à capter la colère populaire a des limites. Du fait de ses liens historiques avec le fascisme, le FN est perçu à juste titre par une majorité de jeunes comme un danger et un ennemi à combattre – comme l’ont démontré les manifestations de masse qui ont ponctué chacune de ses ascensions, ces dernières décennies.

 

L’électorat de base du FN, comme sa base militante, reste majoritairement composé des classes intermédiaires, des petits-bourgeois et commerçants frappés par la crise – ou craignant de l’être bientôt. Son électorat est essentiellement vieux. Par exemple, 40 % des électeurs du FN aux élections européennes de 2014 avaient plus de 60 ans. Le vote pour le FN est d’abord un vote contestataire et de dépit : 69 % des électeurs FN l’ont fait « pour s’opposer au gouvernement » – et non pour soutenir son programme. Ceci se reflète dans les scores très volatiles du FN ces deux dernières décennies.

 

 

- Danger fasciste ?

Le FN est un danger qu’il faut combattre énergiquement. S’agit-il pour autant d’un danger fasciste ? Nous ne le pensons pas. La base de masse du fascisme est la petite-bourgeoisie. Jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la petite-bourgoisie – petits paysans, artisans, commerçants, etc. – constituait encore une nette majorité de la population active en France. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui : le salariat (la classe ouvrière) représente 90 % de la population active. La petite paysannerie, en particulier, a été pratiquement liquidée, réduite à moins de 5 % de la population active. Autrement dit, le fascisme n’a plus de base de masse ; il n’existe aucune force sociale massive pour mener une politique de guerre civile contre la classe ouvrière – la définition marxiste du fascisme.

 

Marine Le Pen et ses sbires en sont bien conscients. Or ils veulent le pouvoir, ils veulent entrer à l’Assemblée nationale et dans les ministères. C’est pour cela qu’ils insistent sur la « dédiabolisation » du FN. C’est pour cela que la fille a récemment exclu le père. Si à l’avenir le FN participe à un gouvernement de coalition avec la droite « traditionnelle », il mènera une politique pro-capitaliste classique (coupes, contre-réformes, cadeaux au grand patronat), sous le masque de la démocratie bourgeoise. Mais cela provoquera une explosion de la lutte de classe – et, au passage, un effondrement de la base électorale du FN, dont le caractère pro-capitaliste et pro-austérité apparaîtrait au grand jour.

 

Cette perspective, cependant, n’a rien d’inéluctable. La période actuelle se caractérise par une extrême volatilité politique. On doit s’attendre à de brusques oscillations politiques vers la droite et vers la gauche. Nul doute que le FN a encore un potentiel de croissance électorale chez les électeurs de la droite traditionnelle (UDI-Républicains) et dans la masse des abstentionnistes. Mais le potentiel est nettement plus important de l’autre côté de l’échiquier politique, c’est-à-dire pour une force de gauche s’opposant fermement aux politiques d’austérité. Au Front de Gauche d’incarner cette alternative et, ainsi, d’enrayer la progression du FN.

 

Note

[1] Cette distinction entre « ouvriers » et « employés » n’a aucune pertinence, à notre avis, ces deux catégories constituant, ensemble, ce que nous appelons la classe ouvrière (le salariat). Mais cela ne change pas grand-chose aux résultats de l’étude.

 

Pour en savoir plus :

- Gendarmes mobiles : un danger pour la république ?

- Pourquoi le Front national est-il l’ennemi du monde du travail ?

- Valérie Igounet, historienne : “Il faut attaquer politiquement le FN en déconstruisant calmement son discours”

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 08:33
Front National, service d’ordre, barbouzeries et opérations armées

Comment et pourquoi l’Etat français a-t-il laissé le Front National agir à sa guise depuis 20 ans ? infiltration d’organisations, déstabilisation de quartiers et villes par incitation à la violence, bande armée avec faux-papiers et salaire en liquide, vente d’armes, intervention barbouzarde à l’étranger pour des assassinats de chefs d’état et coups d’état...

Le DPS ("service d’ordre" du Front National) n’a pas seulement une fonction d’affichage et de protection des réunions. Claude Hermant, animateur de la Maison du peuple flamand (Lambersart, banlieue de Lille) l’explique parfaitement.

En mars 1999, il fait partie d’un groupe de mercenaires envoyé au Congo, sur ordre de Bernard Courcelle, l’ancien chef du service d’ordre du Front national Département Protection et Sécurité, DPS.

 

Sources : Parti de Gauche Midi-Pyrénées le 07/09/2015 | Entretien par LASKE Karl | modifié 30/08/2016

- Etiez-vous au courant que des membres du DPS soient enrôlés pour des missions de ce genre ?

J’ai commencé à travailler pour le DPS en 1994. Le rôle officiel du DPS est d’assurer la protection des meetings, des permanences, des défilés. Ou la protection rapprochée des cadres du Front. Mais, en 1997, j’ai été contacté par Bernard Courcelle pour faire partie d’une structure spéciale. C’était un groupe composé de 30 à 60 personnes, chargé d’opérations clandestines en France ou à l’étranger à la demande de pays alliés. Les membres de ce groupe spécial sont appelés les « fantômes ». Ils ont tous une formation militaire ou paramilitaire.

 

 

- De quel genre d’opération s’agit-il ?

En 1997, j’ai suivi une formation de 90 jours au siège du Front national. Ces cours, très techniques, nous étaient donnés par d’anciens fonctionnaires du renseignement. Ils portaient notamment sur l’infiltration et la manipulation de foule. Après cette formation, il m’a été demandé d’infiltrer des organisations telles que Ras l’Front dans le Nord. Il s’agissait d’être informé et de prévenir les actions de contre-manifestation lors de nos meetings. J’ai recruté moi-même des membres du DPS pour cette mission. Au plan national, Ras l’Front, Sos Racisme et Act Up étaient nos priorités pour l’infiltration. Je sais qu’une infiltration a été possible au siège national de Sos Racisme. C’est du renseignement. C’est malsain. Le second type de mission demandé aux « fantômes » consiste à organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front. Là encore, il faut infiltrer. Prendre contact avec des bandes. Inciter à la violence ou à la rébellion. Fournir la logistique dans des quartiers sensibles pour donner aux jeunes la possibilité de s’exprimer par la violence. Dans un quartier, si vous mettez le feu à une voiture, dans l’heure qui suit, neuf fois sur dix vous en avez quinze autres qui brûlent.

 

 

- Est-ce que ça vous paraît correspondre au discours du Front national ?

Non, mais en faisant avancer l’insécurité vous faites progresser l’électorat du Front. Si l’insécurité gagne le coeur des Français, le Front peut être là avec ses solutions.

 

 

- Quand avez-vous été chargé de ce type d’opération ?

Après avoir effectué ma formation. Nous étions chargés de constituer, chacun, une équipe. Dès lors, Bernard Courcelle nous donnait les missions. C’était géré au niveau national. Les quartiers favorables au Front ne sont pas concernés. Par contre, on va nous demander de mettre la pression sur les quartiers ou les villes où le Front fait de trop faibles scores.

 

 

- Comment s’organisent concrètement les contacts entre les membres de ce groupe ?

Nous ne sommes plus sous les ordres de nos responsables départementaux, et nous prenons nos ordres directement de Bernard Courcelle. C’est une structure à part. Entièrement auto financée par Courcelle. Les « fantômes » sont autonomes financièrement. Ils reçoivent un salaire en liquide, des faux papiers et tous les moyens nécessaires à leurs opérations. Quand vous avez des besoins spécifiques, on vous les donne. Pour payer un jeune pour mettre le bordel dans les quartiers, pour avoir les moyens de se déplacer, de louer une chambre d’hôtel. Les « fantômes » sont en autarcie complète. Ils font leurs demandes à travers ce qu’on appelle des « boîtes aux lettres ». En l’occurrence, il s’agit d’une permanence téléphonique assurée, pendant une heure, une fois par semaine, dans une cabine publique.

 

 

- D’autres missions plus violentes vous ont-elles été demandées ?

Lors de certaines réunions, j’ai entendu parler d’attentats à l’explosif sur la région de Nice. De missions de surveillance ou d’écoutes de membres de l’opposition ou d’élus dans certaines villes. Mais aussi de surveillances demandées par des autorités étrangères amies, comme le Congo.

 

 

- D’où provenait à votre avis l’argent de ces opérations ?

Les opérations étaient entièrement financées, si ce n’est par le Front, en tout cas par Bernard Courcelle au moyen de contrats de sécurité à l’étranger, du mercenariat ou du trafic d’armes.

En 1996, Bernard Courcelle a été mis en cause avec le trafiquant belge Marti Cappiau, pour une vente d’armes litigieuse aux forces tchétchènes.

 

 

- Qu’avez-vous su de cette opération ?

M. Courcelle a proposé aux Tchétchènes de leur fournir des instructeurs et des armes. Il a demandé à Marti Cappiau d’ouvrir des comptes en banque, et les Tchétchènes ont fait un premier versement d’un million de dollars. Ils ont demandé un matériel spécifique, assez récent comme des Kalachnikov AK-74, que Bernard Courcelle était capable de vendre sous 24 heures. Mais, à ma connaissance, on leur a fourni des armes datant de l’après-guerre, des AK-47. Les Tchétchènes ont demandé réparation. M. Courcelle a toujours les Tchétchènes derrière lui, pour payer sa dette.

 

 

- Qu’est-ce que l’ex-DPS venait faire, en mars 1999, dans une fausse tentative de putsch au Congo ?

Le DPS a été très présent en Afrique, ces quatre dernières années. En 1997, on avait déjà des membres du DPS engagés dans le soutien à Mobutu au Zaïre. Au Congo, quand Denis Sassou N’Guesso a repris le pouvoir, il a été proposé à Bernard Courcelle d’ouvrir une entreprise de sécurité à Pointe-Noire pour récupérer les « Cobras » revenant du front et les former au renseignement et aux combats de ville. Les instructeurs étaient membres du DPS. En 1999, Bernard Courcelle a vu l’opportunité de rendre un nouveau service au pouvoir. Marti Cappiau, son associé dans l’affaire tchétchène, avait vendu des armes au précédent président, Pascal Lissouba renversé en 1997. Il rencontrait régulièrement des membres de l’opposition. Moyennant finances, et à travers moi, Courcelle lui a demandé de faire croire à l’opposition qu’il venait de décrocher un contrat de sécurité auprès du Président, et qu’il était possible de le faire assassiner. Quand nous sommes partis au Congo, plusieurs responsables militaires de l’opposition étaient persuadés que leurs hommes étaient en place là-bas. C’est ce qu’on appelle une intoxication. Le ministre de l’Intérieur Pierre Oba en était informé.

 

 

- Dans ce cas, pourquoi avez-vous été incarcéré ?

J’ai recruté moi-même les membres de l’équipe, au sein du DPS. Nous avons effectué des missions d’encadrement militaire sur Pointe-Noire et Brazzaville, jusqu’au mois de mai. Nous avons continué à faire croire à l’opposition que nous étions en mesure d’effectuer un coup d’Etat. Tous les soirs, je téléphonais en ce sens à Paris. Ces appels étaient enregistrés par moi-même et l’un des responsables de la sécurité présidentielle. Courcelle et Marti Cappiau avaient fait venir trois hommes qui n’étaient pas dans le secret, et qui ont été arrêtés dès le 29 mars. L’idée du ministre de l’Intérieur Pierre Oba était d’en faire les responsables du faux coup d’Etat, de les faire abattre sur une tentative d’évasion. Je me suis opposé à cette exécution. C’est pourquoi j’ai été moi aussi arrêté le 17 mai. Je me suis retrouvé accusé comme les autres de complot. Je n’ai évidemment pas baigné dans un réel projet de coup d’Etat. Pendant trois semaines, j’ai formé des Saspen (Service d’actions spéciales de la police nationale) aux combats de ville. Avec d’autres DPS, nous avons aussi participé à des opérations de police.

 

 

- Dans quelles conditions avez-vous été graciés ?

Nous étions quatre emprisonnés, et nous avons réussi à nous évader des locaux de la sûreté congolaise, le 5 juin 1999. Nous avons rejoint l’ambassade de France, qui nous a remis aux autorités six jours plus tard. Mais les Congolais ont cherché un compromis pour obtenir notre silence. J’ai écrit au président Denis Sassou N’Guesso pour lui expliquer que j’avais travaillé dans cette affaire à la demande du ministre de l’Intérieur, pour infiltrer l’opposition et mettre un coup d’arrêt à la déstabilisation du pays. Nous avons été graciés au lendemain de notre condamnation. Mais l’ancien président Pascal Lissouba et son ministre de finances Moungounga N’Guila ont été condamnés à vingt ans de prison par contumace.

 

 

- Avez-vous été dans la confidence d’autres opérations à caractère international ?

D’abord l’ex-Zaïre. Lorsque Mobutu a été rapatrié en France, c’est avec l’aide du DPS. Nous avons eu le projet de l’aider à reconquérir le pouvoir. Militairement, il s’agissait d’utiliser deux planeurs pour bombarder la résidence de Kabila. Ils devaient porter chacun une bombe de 250 kilos, afin de percer le plafond blindé de la résidence. L’opération, qui devait démarrer de Brazzaville, a été annulée sur intervention de Denis Sassou N’Guesso. Ensuite, il y a eu le Niger. C’était un projet d’assassinat du président Ibrahim Baré Maïnassara. Nous devions monter un projet de formation de la garde présidentielle, et profiter de cette position pour le faire exécuter. Finalement, le contrat nigérien n’a pas été signé : nous sommes partis au Congo. Mais j’ai appris là-bas l’exécution du président nigérien par des membres de sa garde personnelle.

 

 

- Avez-vous eu connaissance de missions de ce type sur le territoire français ?

Fin 1998, le ministre de l’Intérieur congolais Pierre Oba a demandé à Courcelle de surveiller l’ancien ministre Moungounga N’Guila. Oba le soupçonnait d’être le bailleur de fonds du soulèvement. M. N’Guila vit dans la région parisienne. La mission nous a été confiée par Courcelle. Avec d’autres DPS, nous avons monté notre planque, dans un bosquet. Equipés de jumelles le jour, et de lunettes infrarouges, la nuit. On arrivait au matin, vers 6 heures, et on repartait vers minuit. Cette mission a duré trois mois, de décembre 1998 à mars 1999. Je me suis alors aperçu que la surveillance avait pour but la préparation d’un attentat. Courcelle avait réuni les conditions et le matériel nécessaires : deux pains de 250 grammes de plastic et un dispositif de traction qui devait être posé sur la roue de la voiture de M. N’Guila. Tout ceci a été préparé dans une ferme prêtée pour l’occasion par un membre de la famille de Courcelle. A aucun moment durant cette période, je n’ai été mis au courant d’un projet d’attentat sur le territoire français. Je me suis violemment opposé à cette action. Devant ma désapprobation totale, le projet a été annulé in extremis. Je me tiens prêt à témoigner devant la justice sur cette affaire, comme sur les autres d’ailleurs.

 

Pour en savoir plus :

- Front national: qui se cache derrière son service d'ordre ?

- Qui aurait fourni les armes des attentats islamistes de janvier 2015 ? un ex-cadre DPS du FN

- Ukraine : Les docs qui montrent l’implication de l’extrême droite française dans la guerre

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 08:03
Le grand basculement réactionnaire

Texte extrait du numéro d’hiver de Regards, rubrique "Enquête intellectuelle".

L’espace public, intellectuel et médiatique connaît un basculement, sans précédent depuis les années 50, vers la pensée d’extrême droite. Amorcée avec le tournant libéral et conservateur des années 80, la dérive idéologique actuelle est d’une autre gravité.

 

Source : regards.fr par Gildas Le Dem | 9 août 2015

Journal pourtant réputé sérieux, le quotidien Le Monde titrait, il y a peu, sur une "polémique" entre Eric Zemmour et Robert Paxton. Maladresse éditoriale ou faute intellectuelle et politique, peu importe : comment n’être pas stupéfait que l’on puisse mettre sur un même plan, voire sur un pied d’égalité, la figure d’un historien internationalement reconnu et celle d’un éditorialiste, reconnu, au mieux, des lecteurs du Figaro et de quelques spectateurs d’i>Télé ? Et, donc, que l’on puisse accorder à Éric Zemmour tout ce dont il rêve, être considéré comme un intellectuel ? Le succès éditorial du Suicide français doit-il valoir argument, et reconnaissance intellectuelle ?

 

Depuis les Lumières, un intellectuel se définit par sa résolution à mettre en œuvre un savoir rationnel, mais autonome à l’égard de la raison d’État. Et à adresser au public des propositions critiques qui prétendent tout, sauf parler au nom de l’opinion ou du peuple. À cette aune, Éric Zemmour n’est pas un intellectuel. Mais c’est justement contre cette tradition des Lumières que Zemmour s’inscrit. Tout au contraire, Robert Paxton avait su, en son temps, s’adresser au public pour lever le voile sur ce refoulé socio-historique que représentait l’histoire de la collaboration de l’État français avec le régime nazi. Il mettait au défi une opinion encore réticente à s’approprier la face la plus obscure de sa propre histoire. Et contestait l’autorité de la raison d’État qui effaçait, raturait, réécrivait tout ce qui troublait ou entachait une prétendue "identité française", réputée homogène et pure dans sa version républicaine.

 

 

- Un deuxième temps de la révolution conservatrice

Tout ceci serait de peu d’importance, si ce conflit n’était l’exemple le plus frappant d’une lente érosion structurelle de l’espace public et intellectuel. L’apparition d’idéologues réactionnaires au premier plan de la scène publique n’est pensable que sur fond de révolution conservatrice, telle que décrite par Pierre Bourdieu, puis par Didier Eribon [1]. Les dispositifs idéologiques du tournant réactionnaire des années 2000-2010 prolongent la révolution néo-libérale des années 1980-1990. Aux "intellectuels médiatiques" d’alors succèdent les éditorialistes d’aujourd’hui. Les François Furet, Marcel Gauchet, Luc Ferry, Pierre Rosanvallon ont laissé la place aux figures d’Élisabeth Lévy, Henri Guaino, Philippe Cohen. Les premiers se regroupaient autour de la Fondation Saint-Simon, véritable "think tank" visant à inspirer une politique néolibérale à la gauche de gouvernement. Et prenaient leurs références intellectuelles chez les plus conservateurs et les plus académiques des universitaires, comme Raymond Aron. Les seconds, auxquels on peut agréger Éric Zemmour, Natacha Polony, se sont d’abord retrouvés autour de la Fondation Marc Bloch, en visant à inspirer, à la gauche comme à la droite, une politique souverainiste-républicaine.

 

Le déplacement idéologique n’est pas neutre : l’idéologie nationale-républicaine se construit contre l’idéologie néolibérale. Mais l’une et l’autre ont en commun leur opposition à la pensée critique, qu’elle se réfère à la lutte des classes, ou encore aux conflictualités entre dominants et dominés, gouvernants et gouvernés. Toutes deux s’entendent à récuser le clivage gauche / droite. L’idéologie néolibérale tend à nier la pertinence du clivage de classes, l’idéologie nationale-républicaine, elle, tend désormais à lui substituer le clivage nationaux / non-nationaux Or, on le sait depuis les travaux de l’historien Zeev Sternhell, cette négation est une prémisse fondatrice d’une pensée fascistoïde [2]. Enfin, il faut ajouter que c’est ce glissement qui affecte le vote d’une partie des classes populaires, comme l’a montré Didier Eribon dans Retour à Reims. L’abandon, par la gauche de gouvernement, des classes populaires et du discours de classe qui structurait leur imaginaire politique a contribué à reformer un vote de classe qui se portait autrefois vers le Parti communiste, et cette fois en faveur du Front national. Ce vote est désormais ancré dans une cohérence culturelle, qui agrège humiliation de classe, ressentiment contre la gauche socialiste, hostilité envers les populations immigrées [3].

 

C’est sur ce terrain que prospèrent les analyses de Christophe Guilluy. Le géographe médiatique n’hésite pas à opposer, à la manière de Maurras, deux France, l’une périphérique et « réelle », l’autre centrale et « privilégiée ». Variante moderne du "eux" et du "nous" qui brouille plus que jamais les pistes. Au lieu de rassembler les couches populaires, ce "nous" les divise : les immigrés de la banlieue sont classés du côté des "favorisés" de la France métropolitaine, quand les ouvriers "natifs" de la périphérie sont renvoyés du côté des défavorisés. Dans ces analyses, l’exploitation et la domination s’effacent. Reste le ressentiment des seconds à l’encontre des premiers.

 

 

- La libération d’une parole essentialiste et raciste

Ainsi, la question de l’identité, et notamment de l’identité nationale, occupe une place organisatrice dans le débat aujourd’hui, dominé par les idéologues réactionnaires. Avec, en son coeur, la tentative de suturer trois grandes blessures narcissiques, qui constituent autant de refoulés historiques de la société française : la Collaboration (et notamment le rapport aux Juifs), la Guerre d’Algérie (et notamment le rapport aux populations maghrébines immigrées), Mai 68 enfin (qui allia grèves ouvrières et débuts de la révolution sexuelle pour les femmes et les homosexuels). Comme tout refoulé, ces blessures ressurgissent au travers de compromis linguistiques euphémisés, donnant lieu, par la suite, à une libération progressive d’une parole violemment essentialiste et raciste (qu’il s’agisse d’antisémitisme, de misogynie, d’homophobie, de racisme de classe). Il est significatif que l’on emploie aujourd’hui le terme de « citoyens musulmans » pour parler des populations immigrées, expression dont il faut rappeler qu’elle provient du vocabulaire officiel de l’administration coloniale en Algérie [4].

 

Il est utile, pour expliquer ce basculement dans une idéologie d’extrême droite, de faire un détour par l’histoire intellectuelle européenne des années 30. Et de revenir à l’exemple du philosophe allemand Martin Heidegger. Pierre Bourdieu a mis à jour la manière dont Heidegger pratiquait un discours antisémite et contre-révolutionnaire dans les termes les plus sophistiqués de la philosophie la plus pure [5]. Tout en puisant, d’une autre main, au creuset du discours le plus populiste (contre les Juifs, la Sécurité sociale, la politique du logement, etc.). Pour finir par exprimer ouvertement ses pulsions réactionnaires dans son adhésion politique au national-socialisme [6]. Jacques Derrida ou Marlène Zarader avaient déjà montré, dans Heidegger et la question ou La dette impensée, combien les questions de l’histoire, du destin de la nation allemande, d’une identité intellectuelle européenne homogène à elle-même, jouaient un rôle organisateur dans la pensée heideggerienne. Poursuivant cette logique d’exclusion de toute forme d’hétérogénéité, qui voudrait que l’identité européenne n’ait pour seules racines que l’héritage grec et chrétien, Heidegger se voyait contraint, pour ainsi dire, de biffer, raturer l’héritage intellectuel du judaïsme dans l’histoire de l’Occident.

 

On pourrait ajouter, avec le médiéviste Alain de Libéra, qu’Heidegger a, comme tant d’autres, également passé sous silence l’héritage des traducteurs et des intellectuels musulmans formés à la lecture du Coran, et dont on il faut réaffirmer l’importance dans la transmission de l’héritage grec en Europe [7]. Ce sont ces mêmes biffures, ces mêmes ratures qui structurent à nouveau le discours réactionnaire, sur un mode évidemment moins sophistiqué que chez Heidegger. Les vaticinations hebdomadaires de Finkielkraut et Zemmour sur l’identité, l’histoire et la civilisation française et européenne, inspirées par Renaud Camus, n’en sont jamais qu’une pâle copie.

 

 

- L’étrange coalition des réactionnaires

On sait combien Renaud Camus imprègne aujourd’hui la rhétorique d’un Zemmour sur le "Grand remplacement", euphémisation d’un racisme ordinaire qui dévoilerait le grand complot visant à effacer la race blanche par les indigènes. Renaud Camus joue, dans la constitution de cet espace de pensée réactionnaire, un rôle déterminant et central. En 2000, alors que la publication de son journal, La Campagne de France, révélait des propos antisémites à peine voilés (sur le nombre de journalistes juifs à France Culture notamment), on vit les réseaux éditoriaux et médiatiques de la pensée libérale et réactionnaire se mobiliser, au nom du libéralisme et du pluralisme, pour défendre l’indéfendable.

 

De la même façon, Élisabeth Lévy défendra les spectacles de Dieudonné au nom de la lutte contre l’anti-politiquement correct [8]. Étranges alliances, où au nom de l’identité culturelle française et de l’amour de la République, des "intellectuels" juifs, mais homophobes ou islamophobes, se solidarisent d’ "écrivains" ou d’ "artistes" homosexuels ou musulmans, mais antisémites. Il ne s’agit évidemment pas de réassigner chacun à ses appartenances sociales, culturelles, religieuses ou sexuelles, mais de relever l’instrumentalisation de ces appartenances pour renvoyer chacun au devoir de les sacrifier sur l’autel d’une identité nationale ou républicaine. C’était pourtant l’une des dernières leçons politiques d’Hannah Arendt, dont il arrive à ces "intellectuels" réactionnaires de se réclamer : ne jamais s’attacher à ses propres appartenances, mais ne rien en renier, s’il s’agit de les sacrifier au nom de l’identité nationale et de récuser les valeurs d’égalité et de justice sociale [8].

 

Il est grand temps de réaffirmer, de manière offensive, les valeurs d’une pensée authentiquement critique et de gauche. Bref, d’appeler de ses vœux, en théorie et en pratique, la venue de ce que Jacques Derrida nommait des termes énigmatiques de « nouvelles Lumières », de « démocratie à venir » ou de « nouvelle Internationale ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes

[1] Contre-feux, tomes 1 et 2, de Pierre Bourdieu, Liber-Raisons d’agir. Et D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, de Didier Eribon, Éd. Léo Scheer.

[2] Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France, de Zeev Sternhell, Folio-Gallimard.

[3] Il faut noter que, si Didier Eribon évoque évidemment l’homophobie ordinaire des classes populaires, il se garde d’ y rapporter le vote en faveur de l’extrême-droite ; si cette homophobie culturelle reste prégnante, elle ne se traduit pas en terme de mobilisation comme on l’a vu avec la Manif pour Tous, dont les rangs étaient, de manière écrasante, constitués d’une population blanche, bourgeoise et catholique.

[4] Cf. 1962, Comment l’indépendance algérienne a transformé la France (Payot) de Todd Shepard. Todd Shepard prépare actuellement un livre, qui montre combien la question algérienne a, par ailleurs, continué de travailler l’inconscient de la société française après l’indépendance algérienne, notamment au travers du prisme de la question sexuelle (La France le sexe et "les arabes", de 1962 à 1979, à paraître chez Payot). On ne s’étonnera pas, dès lors, que la figure sexuelle du "garçon arabe", occupe obsessionnellement les discours comme ceux d’Eric Zemmour, Pascal Bruckner ou Renaud Camus, qui ne cessent de dénoncer, par exemple, une dévirilisation du mâle blanc français ou, plus généralement, occidental. Et l’on pourrait bien évidemment comparer cette panique sexuelle et morale à celle qui s’empare des hommes blancs américains, lorsqu’il s’agit d’évoquer la place et la visibilité des hommes afro-américains dans la société étasunienne.

[5] L’Ontologie politique de Martin Heidegger, de Pierre Bourdieu, Minuit.

[6] On peut consulter aujourd’hui le livre de Peter Trawny, Heidegger et l’antisémitisme, Sur les "Cahiers noirs", qui revient sur les expressions d’antisémitisme les plus effarantes qui peuplent les écrits intimes d’Heidegger.

[7] Alain de Libera : Le don de l’Islam à l’Occident (Maisonneuve et Larose), ainsi que Les Grecs, les Arabes et nous : Enquête sur l’islamophobie savante (Fayard).

[8] Dans son journal en ligne, Renaud Camus (aux entrées en date du mois de mai 2013) relate l’existence de soirées réunissant Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Paul-Marie Couteaux, Richard Millet, Charles Consigny, ou encore Robert Ménard. Tous ces individus, pris à l’état isolés, partagent, outre leur détestation de l’Islam, une prétention commune à l’originalité, la provocation vaguement esthète ou distinguée qui feraient d’eux de nouveaux dandys, quand ils n’ont évidemment pas le début de génie d’un Baudelaire ou même d’un Godard. Godard qui, aujourd’hui, dans une sorte de surenchère ou de provocation esthète qui s’emballe, en vient à "espérer" une victoire du Front national.

 

Pour en savoir plus :

- Pharmacologie du Front national, de Bernard Stiegler, Flammarion.

- Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d’État, d’Éric Fassin, La Découverte.

- Les mots sont importants, de Sylvie Tissot, Libertalia, ainsi que le site du collectif "Les mots sont importants" : lmsi.net.

- Vers l’extrême. Extension des domaines de la droite, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, éditions Dehors.

- Pour les musulmans, d’Edwy Plenel, La Découverte.

- Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, de Philippe Corcuff, Textuel.

- "La gauche dans le piège de Guilluy", Roger Martelli.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 08:30
Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire

L’ouvrage de William Blanc et Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015) est un livre important.

Motivé par la récupération de la figure du maire du palais par l’extrême droite identitaire, il fait le point sur l’état des connaissances historiques autour de cet événement qui a vu s’opposer en 732 les armées franques et arabo-berbères dans la vallée de la Vienne, sur la pérennité de sa mémoire depuis le Moyen Âge et sur les mésusages dont il fait aujourd’hui l’objet.

 

Sources : Confusionnisme.info  par Ornella Guyet jeudi 12 juin 2015

- Au fil des pages, on découvre des aspects méconnus de la bataille de Poitiers.

En effet on n'en connaît ni la date ni la localisation exactes, elle n’a sans doute pas été vue comme un événement prépondérant et n’a en tout cas, jusqu’à une période récente, jamais été au centre d’enjeux mémoriels majeurs. Une des choses qui frappe d’ailleurs l’historien étudiant la période est l’absence de source immédiatement contemporaine de l’événement, et la rareté des sources qui lui sont postérieures, tant dans le monde chrétien que dans le monde musulman. Que ce soit au travers de l’étude de légendes médiévales comme celle de Geneviève de Brabant et de ses différents avatars, de celle des écrits mentionnant la bataille ou le personnage de Charles Martel à travers les âges et les espaces culturels, de celle de la statuaire de la 3e République, de celle des livres d’enseignement primaire en histoire entre 1942 et 1956 ou encore d’œuvres de la culture populaire, tout porte à croire que la bataille de Poitiers a été perçue depuis l’époque médiévale comme un élément relativement anecdotique – au mieux secondaire – de l’histoire et même de la construction du roman national français, qui se cristallise au cours du 19e siècle.

 

Mieux : on apprend avec étonnement à la lecture de ce livre que le personnage de Charles Martel a longtemps été voué aux gémonies, promis aux enfers pour avoir confisqué des biens de l’Église, à une époque où le clergé cherchait à affirmer son pouvoir face aux autorités temporelles. De même, on découvre que le terme « Sarrasins » désignait au Moyen Âge pour les chrétiens l’ensemble des peuples païens (l’islam étant considéré comme un culte païen), donc y compris des peuples germaniques comme les Vikings. D’ailleurs, les quelques représentations médiévales de la bataille de Poitiers ne distinguent pas ou peu les deux camps en présence, notamment en matière d’équipements, soulignant bien que dès cette époque, les enjeux religieux et culturels étaient très secondaires voire absents.

 

En effet, la bataille est bien plutôt à resituer dans le contexte plus général de l’extension de l’empire islamique et des rivalités au sein des mondes wisigothiques et francs qui lui profitent. Ainsi, si les possessions wisigothiques (à savoir la péninsule ibérique) ont pour l’essentiel été conquises, il semble que ce soit plus du fait d’un concours de circonstances que d’une véritable entreprise planifiée. En effet, certains princes wisigoths ont fait appel aux armées arabo-berbères pour les soutenir dans leurs combats contre leurs rivaux. S’agissant du monde franc, aucune tentative massive de conquête n’a en réalité eu lieu et la bataille de Poitiers se situe plutôt dans le cadre d’un raid destiné à piller du butin pour payer les armées, pratique qui est loin d’être propre aux armées arabo-berbères. Le vrai perdant de cette bataille, soulignent les auteurs, n’est d’ailleurs pas musulman mais bien chrétien, puisqu’il s’agit du duc Eudes d’Aquitaine, qui a été obligé, face à cette incursion, de faire appel à l’aide de son grand rival Charles Martel et qui y a perdu de larges pans de son autonomie. D’autre part, le fait que tout au long de la période, des alliances stratégiques ont pu être conclues entre princes musulmans et chrétiens contre d’autres princes musulmans ou chrétiens montrent bien que les enjeux du moment étaient bien plus politiques que religieux, d’autant qu’au 8e siècle, les concepts de djihad et de croisade n’avaient pas encore été théorisés.

 

 

- Poitiers mythifié

Ceci rappelé, les auteurs s’attachent à étudier les mémoires de la bataille depuis l’époque médiévale, toujours liées aux enjeux politiques du moment. Événement alors mineur des récits, Poitiers a connu un relatif regain d’intérêt sous la plume de Voltaire puis au 19e siècle, à l’aune des divers changements de régimes et dans le cadre de la constitution du roman national, sans toutefois en constituer un axe central, au contraire d’autres événements et personnages historiques, tels Vercingétorix, Clovis ou Jeanne d’Arc[3]. L’écrivain François-René de Chateaubriand, qui a tenté de réhabiliter le Moyen Âge chrétien comme source de la supériorité de la civilisation occidentale vue comme émancipatrice, a envisagé Poitiers comme une victoire ayant sauvé la France d’un imaginaire péril islamique, au contraire de Voltaire qui un siècle auparavant interprétait la victoire de Charles Martel comme une catastrophe ayant condamné l’Europe a des siècles d’obscurantisme, alors que l’islam était vu comme porteur de civilisation. La première utilisation de la figure du maire du palais contre une partie de la population française a été le fait d’Edouard Drumont, qui en usa pour dénoncer ceux qu’il appelait les « Sémites » (terme englobant non seulement les Juifs mais tout ce qu’il percevait comme « oriental »), accusés de collusion avec les Allemands. De son côté, Jules Michelet, historien majeur du 19e siècle, a tenu au contraire à minimiser l’importance de la bataille, retirant même, par anti-cléricalisme, tout caractère chrétien à Charles Martel et rappelant que les grands enjeux militaires du moment se situaient du côté des peuples germaniques, Frisons et Saxons notamment.

Valeurs actuelles, décembre 2013 : l'image de Charles Martel sert le fantasme d'un "massacre" de l'enseignement de l'histoire par la gauche.
Valeurs actuelles, décembre 2013 : l’image de Charles Martel sert le fantasme d’un « massacre » de l’enseignement de l’histoire par la gauche.

Au cours du 20e siècle, Charles Martel n’a pas plus fait recette. Il a fallu attendre les années 2000 pour que de larges franges du camp réactionnaire et de l’extrême droite s’emparent du sujet, à la faveur d’un tournant qui a vu leurs discours se réorienter de plus en plus vers un racisme anti-Arabes et anti-musulmans qui jusque là était loin d’être dominant même de ce côté-ci de l’échiquier politique[4]. Aujourd’hui, de Valeurs actuelles aux identitaires en passant par Samuel Huntignton et son fameux « choc des civilisations » ou par Anders Behring Breivik, l’ensemble du camp réactionnaire use du mythe de Poitiers pour faire avancer l’idée d’un affrontement séculaire entre Occident chrétien et Orient musulman, qui tendrait à tourner pour les plus catastrophistes au détriment du premier. En France, les concepts de « grand remplacement » ou de « remigration » ainsi que les débats autour de la place de certaines grandes figures dans les programmes scolaires font ainsi florès à l’extrême droite, dont une partie n’a pas hésité à proclamer « Je suis Charlie Martel » suite aux attentats de janvier, appelant à rejeter tous ceux qu’elle assimile au monde arabo-musulman hors des frontières nationales, comme Charles Martel l’aurait fait autrefois. A contrario et sans doute en réaction à cette vision, des mémoires négatives de la bataille de Poitiers se sont aussi développées, plusieurs groupes et chanteurs de rap ayant par exemple introduit des références à cet événement dans des textes dénonçant le racisme de la droite, du Front national et plus largement de la société française. Plus marginalement, certaines mémoires locales revendiquent avec fierté un héritage sarrasin légendaire.

 

Loin de choisir leur camp entre légende dorée et légende noire, William Blanc[1] et Christophe Naudin[2] rappellent quant à eux que le rôle de l’historien est de tenter de comprendre et d’interpréter de manière dépassionnée les événements du passé et de les rendre accessibles au plus grand nombre, en s’appuyant sur l’état de ses connaissances en la matière.

 

Note :

[1] William Blanc est doctorant en histoire médiévale. Il collabore au magazine Histoire et images médiévales.

[2] Christophe Naudin est professeur d’histoire-géographie. Il a étudié l’histoire de la Méditerranée médiévale à Paris-1 et collabore au site Histoire pour tous.

Tous deux ont coécrit Les Historiens de garde – De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national (Inculte, 2013) avec Aurore Chery.

[3] Une polémique opposait alors le camp républicain au camp réactionnaire sur les origines de la France, les premiers considérant Vercingétorix comme un personnage fondateur, tandis que les seconds lui préféraient le baptême de Clovis. Jeanne d’Arc était  quant à elle une figure républicaine, tandis que Charlemagne faisait l’objet d’âpres débats entre historiens français et allemands pour déterminer à laquelle des deux mémoires nationales il devait appartenir.

[4] L’extrême droite a en effet longtemps accordé la priorité à la lutte anti-communiste, mais aussi contre l’impérialisme américain, derrière lequel se cacherait selon elle le Juif. Les choses ont commencé à changer à partir de la guerre d’Algérie, mais ce n’est qu’en 1977, sous l’influence de François Duprat, qu’est apparue la thématique anti-immigration, et il a fallu attendre les attentats du 11 septembre 2001 et leurs suites pour qu’elle devienne vraiment prépondérante. Il est à noter que dans les années 1930, certaines théories raciales, marquées par l’orientalisme, ont développé une vision positive (mais néanmoins raciste, soulignons-le) des arabo-berbères, vus comme les « blancs » d’Afrique et plus facilement « assimilables » à la population française que les Espagnols ou les Italiens soupçonnés de commmunisme. L’un des défenseurs de cette vision, René Martial, est par la suite devenu un chantre de l’antisémitisme et l’un des théoriciens de la politique de Vichy à l’encontre des Juifs.

- Image de « bas de page » : « Bataille de Poitiers », Grandes chroniques de France, milieu du 14e siècle, British Library ms. Royal 16 GVI, folio 117 verso. Tirée d’un manuscrit commandé par le roi Jean II Le Bon, cette enluminure ne permet pas de distinguer chevaliers chrétiens et sarrasins, si ce n’est pas la présence à sa base d’une tête de Maure décapitée.

 

Pour en savoir plus :

– Voir la fiche du livre sur le site des éditions Libertalia, ainsi qu’une tribune des auteurs parue dans Le Monde du 7 juin 2015.

A lire : L’histoire, un combat au temps présent, de Nicolas Offenstadt
Le Journal de Béziers : comment le Front national réécrit l’histoire
Ce week-end, l’extrême droite se mobilise contre les migrants

– Écouter : l’émission que L’Actualité des Luttes a consacré au livre le 8 juin dernier sur Fréquence Paris Plurielle.

Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 08:58
TAFTA : Marine Le Pen et le FN complices de l’UMPS européen

La commission du commerce international du Parlement européen a voté hier en faveur du Traité de commerce transatlantique (TAFTA).

Loin de résister comme ils l’avaient fait croire, les députés PS, sous la houlette du rapporteur allemand Bernd Lange (SPD) ont voté en faveur des tribunaux d’arbitrage entre les Etats et les entreprises. Loin de préconiser des solutions alternatives dont ils avaient pourtant beaucoup parlé, ils se sont purement ralliés à la position de la Commission européenne.

Je dénonce cette nouvelle capitulation des sociaux-démocrates qui précipitent le désastre écologique et social dans lequel ce traité entraîne l’Europe.

Je salue la résistance des députés GUE, Verts et du socialiste français Emmanuel Maurel qui ont voté contre ce projet dangereux, comme je l’avais fait moi-même le 31 mars en Commission des affaires étrangères.

Je constate à l’inverse qu’en parfaite opposante de pacotille Marine Le Pen était absente lors de ce vote décisif. La volonté du FN de "laisser passer" est aussi avérée par l’absence de son suppléant Aymeric Chauprade.

Cela confirme le refus de Marine Le Pen de s’opposer à l’alignement transatlantique de l’Europe comme l’avaient déjà montré plusieurs de ses votes changeants sur l’OTAN.

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Sources : Le Parti de Gauche par Jean-Luc Mélenchon

La commission du commerce international du Parlement européen a voté hier en faveur du Traité de commerce transatlantique (TAFTA).

 

Loin de résister comme ils l’avaient fait croire, les députés PS, sous la houlette du rapporteur allemand Bernd Lange (SPD) ont voté en faveur des tribunaux d’arbitrage entre les Etats et les entreprises. Loin de préconiser des solutions alternatives dont ils avaient pourtant beaucoup parlé, ils se sont purement ralliés à la position de la Commission européenne.

 

Je dénonce cette nouvelle capitulation des sociaux-démocrates qui précipitent le désastre écologique et social dans lequel ce traité entraîne l’Europe.

 

Je salue la résistance des députés GUE, Verts et du socialiste français Emmanuel Maurel qui ont voté contre ce projet dangereux, comme je l’avais fait moi-même le 31 mars en Commission des affaires étrangères.

 

Je constate à l’inverse qu’en parfaite opposante de pacotille Marine Le Pen était absente lors de ce vote décisif. La volonté du FN de "laisser passer" est aussi avérée par l’absence de son suppléant Aymeric Chauprade.

 

Cela confirme le refus de Marine Le Pen de s’opposer à l’alignement transatlantique de l’Europe comme l’avaient déjà montré plusieurs de ses votes changeants sur l’OTAN.

 

Jean-Luc Mélenchon

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : TAFTA & TISA

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:05
Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo et de la Waffen SS, sur le front russe, en 1942.(1)

Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo et de la Waffen SS, sur le front russe, en 1942.(1)

L'idéologie des combattants volontaires des légions nazies contre le «judéo-bolchevisme» a alimenté les idées de l’extrême droite radicale d’après-guerre et lui a donné la capacité de se réorganiser.

 

Sources : SlateFR par Nicolas LebourgLebourg le 08.05.2014 | mis à jour le 20 janvier 2017

En faisant du 8 mai un jour férié, le Président François Mitterrand a voulu souligner comment la victoire contre le nazisme était celle de l’ensemble des Français. Il prolongeait ainsi le récit gaullo-communiste, opposant une France de la Résistance à un gouvernement de Vichy qui n’eût été que trahison de quelques élites. A dire vrai, la défaite de l’Axe fut aussi celle de certains Français.

 

En effet, sur ses 900.000 membres en 1944, la Waffen-SS était composée pour moitié de non-Allemands. Ce que l’extrême droite radicale nomme «la grande armée européenne» avait attiré son lot de Français, acquis à l’édification du «Nouvel ordre européen» promis par la propagande nazie. Quelles étaient ces unités françaises ? Quels hommes y trouvait-on ?...

 

 

- Cliquez ICI pour lire la suite.

 

 

- A titre d'exemple.....

Voici Léon Gaultier, un des co-fondateurs du Front National en 1972.

Les anciens SS ont reconstruit l'extrême droite française après 1945

Et cette photo date de 1943 où il était Waffen SS. Vous savez ceux qui ont participé à l'extermination de juifs, tziganes, homosexuels, handicapés, autistes et j'en passe... Non le FN n'a pas changé, il a juste repeint sa façade...

 

Note :

(1)  Archive photo du «United States Holocaust Memorial Museum, courtesy of James Blevins»

CONNAISSEZ VOUS LES FONDATEURS DU FN ?

- Pierre Bousquet, secrétaire général du Parti de l'Unité Française et ancien de la division SS Charlemagne
- François Brigneau, ancien milicien, condamné pour collaboration avec les nazis
- Dominique Chaboche, ancien de Occident ;
- André Dufraisse, ancien collaborateur

- François Duprat, journaliste et ancien de Ordre nouveau, diffuseur du négationnisme, assassiné en 1978
- Roland Gaucher, ancien collaborateur,
- Léon Gaultier, ancien proche collaborateur du Secrétaire général à l'Information du gouvernement du Maréchal

-
Pierre Marion, un des fondateurs de la Milice, il a combattu sous l'uniforme allemand de la Waffen- SS sur le Front de l'Est durant l'été 1944

- Roger Holeindre, ancien résistant, ancien de l’OAS
- Alain Robert, pour Ordre nouveau et le GUD.
-
Victor Barthélemy, ancien du Parti communiste français, puis de la LVF, puis secrétaire général du PPF (voir son livre de mémoires Du communisme au fascisme)
et comme il faut frapper le fer tant qu'il est chaud, qui sont les politiques suivants ?
- Jacques Bompard -Membre fondateur du Front national en 1972 - crée OAS Cambronne, un réseau de soutien à l'OAS. Il rejoint par la suite les rangs du mouvement étudiant d'extrême droite Occident dont il intégrera plus tard le secrétariat national puis à Ordre nouveau après la dissolution d'Occident en 1968
- Jack Marchal- Adhérent du mouvement Occident dès 1966, il rejoint en 1968 le noyau fondateur du Groupe union défense (GUD) et entre à la direction politique d'Ordre nouveau, dont il dirige la presse. Il participera à ce titre à la création du Front national en 1972 avant de rejoindre deux ans après le Parti des forces nouvelles. Il a rejoint le Front national en 1984.
- Jean-François Galvaire -Membre d'Ordre nouveau en 1970, il fut l'un des fondateurs du Parti des forces nouvelles (PFN). Il devient par la suite conseiller régional Poitou-Charentes pour le Front national et président des Amis de National Hebdo

- Pascal Gauchon - ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident, il fut membre d'Ordre nouveau, puis devint secrétaire général du Parti des forces nouvelles, mouvement d'extrême droite, de 1974 à 1981. En mai 1979, il participe, en 4e position, derrière Michel de Saint-Pierre, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Jean-Marie Le Pen, à la tentative de liste commune PFN/FN pour les élections européennes
- Martial Bild -organe du Parti des forces nouvelles (PFN), puis adhère deux ans plus tard, en septembre 1980
- Didier Lecerf -Il fut membre de la direction du Parti des forces nouvelles et l'un des principaux rédacteurs du journal Pour une force nouvelle. Il rejoint, en 1984, le Front national
- Georges-Paul Wagner – Ancien d’Action Française, élu député des Yvelines en 1986, sous les couleurs du Rassemblement national, fondateur avec Roland Hélie et Philippe Colombani, de l'Institut d'histoire et de politique, centre de formation au service du FN.

- Georges Theil - condamné en 2001 par la Cour d'appel de Grenoble pour contestation de crimes contre l'Humanité, condamné le 3 janvier 2006 à 6 mois de prison ferme pour des propos tombant sous le coup de la loi Gayssot qui réprime le négationnisme de la Shoah. conseiller régional FN en Rhône-Alpes de 1998 à 2004.

- Jean-Jacques Susini –Créateur de l’OAS, condamné deux fois par contumace, à la peine de mort par la Cour de sûreté de l'État, pour son appartenance à l'OAS et comme inspirateur de l'attentat manqué contre Charles de Gaulle. Amnistié sur décision du général de Gaulle en 1968, Candidat pour le Front national aux élections législatives de 1997 dans les Bouches-du-Rhône.
- Pierre Sergent - participant du putsch d'Alger, chef d'état major de l'OAS-Métropole en 1961, condamné à mort par contumace par deux fois en 1962 et 1964, lors du procès par la Cour de Sureté de l'État des 8 principaux dirigeants de l'OAS, amnistié en 1968. Élu en 1986 député des Pyrénées-Orientales sous l'étiquette du Front national qu'il avait rejoint en octobre 1972.
- Albert Rosset - a déclaré à propos des chambres à gaz (11 octobre 2004, Lyon, conférence de presse du FN, en présence de Bruno Gollnisch) : « Il faut faire la différence entre la mémoire vécue et la mémoire rapportée. Moi, j'ai vu les chambres à gaz, je les ai même utilisées. Elles ont servi à désinfecter des milliers de prisonniers, pouilleux ou atteint du typhus ». Conseiller régional Front National de la région Rhône-Alpes, élu sur le département de l'Ardèche.
- Fabrice Robert – Militant de troisième Voie (TV) organisation nationaliste révolutionnaire française, née en 1985 de la fusion du Mouvement nationaliste révolutionnaire avec des dissidents du Parti des forces nouvelles, dissoute en 1992, réactivée en 2010 sous l'impulsion de Serge Ayoub et dissoute de nouveau en 2013. Conseiller municipal du Front national à La Courneuve.

- Alain Renault -Secrétaire général d'Ordre nouveau, secrétaire général du Front national (FN) jusqu'en 1980
- Jean Madiran -décoré de la Francisque, secrétaire de Charles Maurras, collabore à l'hebdomadaire Rivarol et à L’Action Française. Ses écrits expriment sans retenue antisémitisme et antimaçonnisme, “Nous sommes à droite de l’extrême droite.” disait-il, Compagnon de route du Front national
- Guillaume Luyt -Ancien militant royaliste et dirigeant d'Unité radicale, il a succédé à Samuel Maréchal comme chef du Front national de la jeunesse (FNJ)

- Alain de La Tocnaye –OAS , Parti nationaliste français, Mouvement Travail Patrie, condamné à mort le 4 mars 1963. Le 11 mars, sa peine est commuée en prison à perpétuité. Il est gracié et libéré en 1968, Front national, au sein duquel il n'a pas de responsabilité particulière.
Il est le père de Thibaut de La Tocnaye, également militant et membre du front national.
- Serge Jeanneret - Action française, chef adjoint de cabinet d'Abel Bonnard dans le gouvernement Pierre Laval. En 1986, il adhère au Front national. Il est élu conseiller régional FN d'Île-de-France, puis vice-président du groupe FN
- Roger Holeindre –OAS, fait partie du service d'ordre de Jean-Louis Tixier-Vignancour, fondateur du Parti national populaire, participe à la fondation du FN.
- Gilbert Gilles - intègre la Waffen SS (au sein de la Division Charlemagne, avec le grade de Oberscharführer), a ensuite appartenu à l'OAS, puis adhéra au Front national.
- Pierre Descaves -s'engage en 1961 dans l'Organisation armée secrète (OAS), rejoint le Front national en 1984, membre du comité central.
- Jean-Pierre Cohen -adhère à 20 ans à l'OAS, Membre du comité central du Front national
- Christian Bouchet -rejoint en 1971 la Nouvelle Action française, cadre dirigeant du mouvement nationaliste-révolutionnaire européen, puis secrétaire-général des mouvements Troisième voie, Nouvelle résistance et Unité radicale, FN depuis 2008

 


- La proximité du Front national et du nazisme

"Ni de près ni de loin" va répétant Marine Le Pen pour situer son parti par rapport aux mouvements d'extrême droite radicale (nazisme, néo-nazisme, fascisme, etc.). Politproductions montre ici qu'en ce qui concerne tant le passé que le présent et l'avenir, cette antienne est un déni de la part de la Présidente du Front national qui discrédite totalement son entreprise de "dédiabolisation".

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 08:02
Argent caché en Suisse et famille Le Pen : mains sales et têtes folles

Sources : Le blog politique d'Alexis Corbière

- Où je commence par la fin, contre les Le Pen, c'est Mélenchon et Delapierre qui ont raison

L’aviez-vous oublié ? Pas nous. A distance de bien de bavardages lassants, depuis 2008, dans la lutte quotidienne contre le FN, il est assez fréquent que le PG et ses responsables soient en première ligne et premières cibles des attaques de l’extrême droite. Certes, on abdique pas l’honneur d’être une cible faisait dire heRostand au grand Cyrano. Mais, les ignorants et les « salauds », généralement tranquillement assis dans leurs fauteuils de notables politiques ou médiatiques, qui jugent parfois pertinent de tirer un signe égal entre le FN et nous (après une lecture assoupie des programmes) devraient le noter dans un coin de leur caboche. C’est nous que le FN frappe pas eux. Bien sûr, la justice nous donne souvent raison, mais un peu de solidarité élémentaire, quand nous sommes attaqués ne feraient pas de mal. Je pense en premier lieu à ceux qui bêlent qu’il faut d’urgence « s’unir contre l’extrême droite », formule qui dans leur esprit signifie uniquement qu’il faut appeler à voter pour eux (si possible dès le premier tour) et taire toute critique devant leur politique catastrophique. Vous les avez reconnu. A bon entendeur, salut !

 

Une fois ce rappel fait, je saisis l’actualité au vol. Elle me comble. Jugez-en. Quoi ! Le Président d’Honneur aurait un compte en Suisse nous dit Médiapart ? Merci de l’enquête fouillée que nous attendions tous, mais fondamentalement bonjour le scoop ! En novembre 2013, Jean-Marie Le Pen avait porté plainte contre Jean-Luc Mélenchon après publication d’un billet sur son blog portant pour titre « Le FN ami de la finance ». Manifestement, il n’avait pas apprécié de lire toute une série de vérités à commencer par le fait que, comme l’écrit Jean-Luc :« Loin d'affronter l'oligarchie financière, la famille Le Pen en applique les méthodes. C'est un proche conseiller de Marine Le Pen qui a ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac. Et Jean-Marie Le Pen a été condamné pour fraude fiscale. Ces pratiques sont aussi cohérentes avec les orientations du programme du FN en faveur de la finance. »Furieux, le vieux chef de l’extrême droite avait voulu étouffer qu’on lui rappela ses amours helvétiques pour dissimuler l’argent qu’il doit légitimement à la collectivité. Marine Le Pen s’était montré solidaire de son paternel dans cette attaque pour amener Jean-Luc Mélenchon devant un tribunal.

 

Pire même, prenant exemple, en février 2014, Marine Le Pen elle même, attaquait en justice mon camarade François Delapierre car, dans un article du Parisien, il avait fait le lien évident entre l’entourage de cette dernière et les proches amis de M. Jérome Cahuzac qui avaient aidé l’ex Ministre du Budget, spécialiste du cheveux (coupé en quatre ou non), pour, lui aussi, planquer son argent chez les helvètes.

 

Depuis fin 2013 et début 2014, ces deux plaintes courent toujours contre mes camarades. Raquel Garrido, notre avocate, elle même d'ailleurs attaquée en justice par Marine Le Pen (ce qui est, déontologiquement, assez inédit) préparait une défense de façon méticuleuse.

Mais désormais, si procès il y a, on va bien rire.

 

 

- Au bal des faux culs, les Le Pen ne seront pas à l'orchestre

marine-et-jean-marie-le-pen-2_m.jpgLe journal Médiapart a donc annoncé que le cellule de renseignements financiers Tracfin, a fait un signalement à la justice à propos d’un compte en banque en Suisse détenu par Jean-Marie Le Pen et caché chez HSBC puis à la Compagnie bancaire helvétique (CBH). Depuis l’argent serait partie vers des paradis fiscaux notamment aux Bahamas. Une enquête est donc ouverte. Tant mieux. Il est tout de même regrettable que tout ceci se déclenche après une longue séance électorale durant laquelle il eut été utile que toutes les faces sombres du FN soient connues. Les faits sont graves, s'ils sont avérés le fondateur du FN serait un délinquant financier.

 

Mais qui cela étonnent-ils vraiment ?

 

Au Front National on est officiellement gêné et beaucoup font mine d’être surpris avec une hypocrisie confondante. En coulisse, nul doute que cela n'étonne pas grand monde et cette révélation du Médiapart peut même être une des clefs d'explication de ce pour quoi Marine Le Pen cherche à prendre toutes ses distances, médiatiquement parlant, avec son père. Peut être savait-elle que cette nouvelle affaire allait sortir ? Et peut-être ceci, explique-t-il cela ?

 

Parlons franc, au FN, seuls des « crétins » , pour reprendre un mot cher à la députée FN Marion Maréchal, peuvent sérieusement s’étonner de ce compte en Suisse (ou ailleurs désormais). Cet argent dissimulé n’est qu’une des conséquences troubles dans lesquelles le fondateur du FN a fait fortune. Résumons l'affaire. Dans les années 70, l’héritier des ciments Lambert, militant d’extrême droite, intellectuellement totalement dégénéré et physiquement très malade a, peu de temps avant sa mort, cédé sa fortune à Jean-Marie Le Pen qui lui avait fait miroiter mille promesses totalement folles. Toutefois, l’argent de l’héritier Lambert devait servir à « la cause ». Jean-Marie Le Pen mélangea cette dernière avec ses intérêts personnels et mis dans sa poche personnelle. Ainsi, il assura le confort de sa famille. Ses trois filles vécurent dans le confort du Château de Montretout avec personnels de maison et majordome pour Monsieur. La prétendue fille du peuple est donc une « gosse de riche » dont le papa a acquis sa fortune dans des conditions opaques.

 

C’est donc de façon totalement parasitaire que ces gens là ont acquis une petite fortune.

 

 

- Déjà, dans un ouvrage rédigé en 1988, la première épouse de Le Pen racontait...

236868-jpg_177885.jpgVous voulez davantage de précisions ? Pas de problème. Dans un ouvrage rédigé en 1988 et non publié, mais dont certains chapitres furent publié par le site Backchich, la première femme de Jean-Marie Le Pen raconte les choses ainsi, avec forces détails :

« Il serait inconcevable d’écrire sur Jean-Marie Le Pen sans évoquer l’affaire Lambert. (…) Je l’affirme, et l’affirmerai jusqu’à la fin de mes jours, Jean- Marie n’a strictement rien fait pour hériter des Lambert, mère et fils. J’ajouterais qu’il s’est montré envers eux d’une telle désinvolture qu’à l’heure ultime l’héritage aurait très bien pu passer entre d’autres mains… (…)

 

[Après la mort d’Hubert Lambert, héritier sans enfants des Ciments Lambert, ami du couple Le Pen] Du jour au lendemain, des amis de la veille se retournèrent contre nous. Il y avait Jean Féraudy, il y avait les frères Sidos, dont il convient de dire qu’ils possédaient des testaments de la main d’Hubert Lambert, mais dépourvus de valeur légale, comme ce fut démontré au cours de nombreux procès, tous gagnés par Jean-Marie.

 

Évidemment, lorsqu’ils apprirent que Jean-Marie Le Pen héritait, ses coreligionnaires se persuadèrent qu’il s’agissait d’un "héritage politique". Chacun traduisait à sa manière et faisait des comptes intéressés. Ceux du Front National étaient dans le ravissement. Ils se voyaient déjà nantis, certains que le parti allait désormais rouler sur l’or.

 

Jean-Marie précisa dans les meilleurs délais que ce n’était pas un testament politique, mais un testament en faveur de sa famille. Ce fut un beau tollé. Sa cote de popularité tomba en flèche. Jean-Marie alla jusqu’à déclarer publiquement, ce qui écartait encore mieux le caractère hypothétique d’une donation en faveur du Front National : "Le choix des Lambert s’est arrêté définitivement sur nous grâce à la personnalité de Pierrette. Si les Lambert n’avaient pas reconnu en elle des qualités essentielles, si elle n’était pas ce qu’elle est, nous n’aurions peut-être pas hérité". (…)

 

Par la suite, avec sa malice habituelle, il "noya le poisson" en démontrant que le fisc lui avait tout pris, ou presque. Il oublie délibérément le plus important. L’autre "source d’eau claire", dont apparemment personne ne cherche à savoir si elle est "potable" ou pas. Je veux parler de la Suisse.

 

Il faut être un rude casse-cou pour narguer le fisc comme le fait Jean-Marie, reprochant à l’administration de l’avoir dépouillé à outrance sur ce fameux héritage Lambert en France, alors que l’essentiel de cet héritage se trouve en Suisse.

 

Il y est pour la bonne raison que les Lambert, eux aussi souhaitaient échapper au fisc (ils ne sont pas les seuls) et éviter ainsi, par le jeu des « Fondations », d’être assujetti à l’impôt.

 

Jean-Marie en bénéficiera totalement, ou presque. Il y avait certes les Philippe Lambert, mais un arrangement fut conclu, très heureux pour les deux parties…

 

Habile comme toujours, Jean-Marie fit tant et si bien qu’il ne laissa apparaître, aux yeux des jaloux et du fisc crédule, que la partie immergée de l’iceberg Lambert. Quand nous fûmes « envoyés en possession » à Saint-Cloud, nous devions découvrir des documents laissant apparaître qu’un trésor gisait en Suisse.

 

Encore fallait-il le récupérer. Depuis une vingtaine d’années, Jean-Marie usait et abusait des services gracieux d’un brillant avocat, Maître André Guibert, qui réussit l’étonnante performance de gagner trente-trois procès dans l’année contre Philippe Lambert, qui se jugeait injustement dépouillé par le testament. Maître Guibert l’accompagna, nanti du testament l’instituant légataire universel, pour faire valoir ses droits chez MM. Broccard, père et fils, gestionnaires d’une fiduciaire, Grand-Palace à Fribourg, lesquels leur révélèrent l’existence de la « Fondation Saint-Julien ».

 

Le principe des « fondations » est qu’il libère les héritiers de tous droits successoraux. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir recours à un notaire.

 

Jean-Marie choisit le plus averti, le plus célèbre de Genève : Maître Zyclounov, qui le remit entre les mains de Pierre Jaccoud (…), homme affable et sympathique. De surcroît fort efficace, il sut régler toutes les péripéties sans encombre et à notre avantage. Le capital de la « Fondation Saint-Julien » était composé de titres et de valeurs, d’actions, qui furent vendues dans d’excellentes conditions par des spécialistes au niveau de quatre milliards de centimes (1977) [environ 20 millions d’euros, ndlr], et le dépôt fut effectué à l’Union des Banques Suisses (…) »

 

 

- Collard, l'avocat du diable qui veut être dédiabolisé

96972447.jpgAussi, 25 ans plus tard, l’hypocrisie est totale. Après les révélations de Médiapart, feignant la surprise, Marine Le Pen affirme « attendre des explications ». Florian Philippot évoque une « affaire personnelle », comme si au FN, ce qui touche la famille Le Pen et son argent, ne concernait pas l’ensemble de l’organisation. Gilbert Collard, député FN et expert en « langue de con » qu’il pratique avec assiduité depuis longtemps affirme sur I Télé « Moi, a priori, par ma formation, tant qu'un juge ne m’a pas dit que l’infraction existe, je n’ai pas de raison d’y croire ».

 

C’est donc là que se noue une des dimensions politiques les plus grotesques du nouveau drame familial qui secoue les Le Pen, père, mère, fille, petite fille, gendre et avocat de la famille... Le film « Festen » passerait presque pour une gentille bluette. Car, chez les Le Pen et compagnie, comme pour la famille « tuyau de poêle », tout les histoires s’emboitent l’une dans l’autres. Plus ridicule encore, certains acteurs paraissent et réapparaissent parfois à des postes différents lors des différents épisodes qui se suivent. Les trahisons se succèdent, les vestes se retournent, et les adversaires d’hier se rallient avec opportunisme. Car on l'a vu, la première a évoqué l’existence d’un compte en Suisse détenu par Jean-Marie Le Pen est la propre mère de Marine Le Pen, Mme Pierrette Le Pen, à l’occasion en 1987 de son fracassant divorce avec Jean-Marie Le Pen. Plus croustillant, qui avait conseillé à Mme Pierrette Le Pen de faire cette révélation à la presse ? Réponse : Me Gilbert Collard, à l’époque avocat de Mme Le Pen mère contre Le Pen père. Et c’est à cette occasion, selon qu'ils en disent eux mêmes publiquement, que Marine Le Pen et Gilbert Collard se lièrent d’amitié et devinrent complices, ce qui en dit long sur le fait que la fille ne faisait en réalité pas reproche à sa mère (et son avocat) sur les « révélations publiques » de l’existence de ce compte en Suisse.

 

 

- Où l'INA ne sert pas uniquement à payer des notes de taxi...

En 2015, Marine Le Pen prétend demander des explications à son père. Serait-elle amnésique ? Ou nous prend elle pour des "crétins" ? Le mieux est qu’elle les demande à sa mère ou à Gilbert Collard. Mais, elle connaît déjà les réponses.

 

L’extrait qui suit, puisé dans les archives de l’INA, et datant de 1987 est éclairant.

- Ils ont toutes les tares de la Ve République... en pire

Pour conclure et compléter le tableau, faut-il rappeler que c'est l'avocat M. Philippe Péninque, amie de Marine Le Pen, qui a ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac qui avait fait scandale ? Ce même Péninque, ancien du GUD, aida longtemps les services financiers du FN aux côtés de l'actuelle présidente. Là encore, cette présence de proche des le Pen dans ces différents scandales financiers qui éclabousse la Ve République est éclairante. A l'extrême droite, on déteste toujours l'oeuvre de Jean-Paul Sartre, mais on connait les Mains sales... et pour nous c'est La Nausée.

 

Cumul des mandats, double discours, népotisme, opacité, fraudes fiscales… la famille Le Pen et les autres têtes folles qui composent leur entourage au FN accumulent depuis des décennies toutes les tares de la Ve République finissante.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:06
INDIGNE : Hollande compare le FN d’aujourd’hui au PCF des années 1970 !

- Hollande Un propos indigne ! (parmi d’autres) Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

Source :  le blog de Jean-Luc Mélenchon

En insultant le parti communiste des années 70, François Hollande oublie que c'était alors le programme commun qui conduisit à la grande victoire de 1981.

 

Son propos est d'une totale bassesse et indigence, indigne d'un président élu aussi par les communistes.

 

 

- Réactions du PCF

"Quand Hollande compare le FN au ’PCF des années 70’, sa faute est double. À l’égard des militantes et militants communistes. Mais c’est aussi une lâcheté intellectuelle face au FN d’aujourd’hui", a dénoncé sur Twitter Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, jugeant "navrante" et "pas à la hauteur" cette sortie de M. Hollande.

 

"La comparaison que Hollande vient de faire entre le FN et le PCF des années 70 est indigne et inepte", a de son côté réagi sur ce même réseau social Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris. "En parlant ainsi, Hollande contribue à dédiaboliser encore un peu plus le FN. C’est une faute politique et une faute morale", a-t-il fustigé.

 

 

- Hollande compare Marine Le Pen à "un tract du Parti communiste des années 1970", le PCF voit rouge

Sources :  Le Huffington Post

Le parti communiste voit rouge. Plusieurs responsables du PCF se sont indignés dimanche 19 avril de la comparaison faite par François Hollande entre Marine Le Pen et un "tract" communiste des années 70.

 

"Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 (...) sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu'on chasse les étrangers, qu'on fasse la chasse aux pauvres", a déclaré le chef de l’État, lors de l'émission "Le Supplément" sur Canal+.

 

Le numéro un communiste Pierre Laurent a même demandé lundi "des excuses publiques" à François Hollande. "Je suis scandalisé" par cette phrase qui est "lamentable", a déclaré sur France2 le secrétaire national du PCF. "C'est la seule chose que le président de la République a trouvé à répondre à des électeurs qui lui disaient leur désarroi dans un reportage qui dénonçait ses trahisons par rapport à ses promesses de 2012!", a déploré Pierre Laurent.

 

Le secrétaire national y voit "un aveu" de François Hollande qui "a décidé de tourner le dos à ses électeurs plutôt que de répondre à leurs urgences sociales". "Nous, nous n'avons pas renoncé", "le Parti communistes des années 70 comme des années 2000, lui, il continue le combat contre la finance", même si "nous avons changé beaucoup de choses" depuis ce temps.

 

Pour en savoir plus :

- Hollande et "l’odieuse insulte" faite au PCF

- Les InRocKs : Pourquoi la comparaison FN / “PCF des années 70″ n’a aucun sens

- Roger Martelli : « L’amalgame PCF-FN est une infamie »

- Ça ressemblait à quoi un tract du PCF dans les années 70 ?

- On est allé à Bobigny fouiller dans les archives du PCF

INDIGNE : Hollande compare le FN d’aujourd’hui au PCF des années 1970 !
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 09:00
Florilège de propos nauséabonds distillés sur les réseaux sociaux par les candidats FN.

Florilège de propos nauséabonds distillés sur les réseaux sociaux par les candidats FN.

Sources : PCF

L'image lisse que le Front national et Marine Le Pen tentent de se construire ne cesse de se fissurer dans la campagne des départementales. Les déclarations nauséabondes, racistes, et appelant à la violence se multiplient sur les blogs et les comptes des réseaux sociaux de candidats du Front national. La véritable nature du FN réapparait. Ainsi, Fabien Rouquette et Michèle Boisset, candidats dans le canton de Narbonne 2 appellent les « Socialistes, Communistes et musulmans » à faire « Un geste pour la planète : suicidez-vous ! ». « Hihi, un beau rêve » s'autorise même à commenter la candidate FN *. D'autres candidats dans le canton voisin appellent à des « battues contre les arabes »… Ce n'est plus supportable.

 

La banalisation et l'ultra-médiatisation du Front national libèrent totalement une parole répugnante, ordurière et violente. Chacun est aujourd’hui devant ses responsabilités et doit regarder la réalité en face : le Front national n'est pas « anti-système », il est « pro-haine ». Marine Le Pen répond que ses candidats ne « sont pas des professionnels de la politique ». Il faut probablement entendre par là qu'ils n'ont pas sa technique pour cacher la véritable nature raciste de son parti.

 

La foire à la haine des musulmans, des juifs ou des hommes et femmes engagés à gauche doit cesser. Nous appelons les hommes et femmes de ce pays à se mobiliser contre les ennemis de la République.

 

- Télécharger : La "liste de la honte" des candidats FN aux départementales"

 

- Si le téléchargement n'a pas commencé : Cliquez ici

 

Pour en savoir plus :

- Mon dossier : Elections départementales

- Le Front national vide son sac d’ordures

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